Doigt écrasé par une portière, tendons sectionnés, fracture des métacarpiens, amputation partielle d'une phalange : les blessures de la main sont parmi les plus fréquentes — et parmi les plus mal indemnisées, car « ce n'est qu'un doigt ». Erreur : la main, c'est la préhension, le travail, l'écriture. Les barèmes médico-légaux le savent et attribuent à chaque doigt un poids précis ; à vous de faire valoir le vôtre.
Quelles blessures de la main ?
Les dossiers types : fractures des métacarpiens et des phalanges, sections de tendons (fléchisseurs ou extenseurs, souvent opérées en urgence), écrasements, plaies nerveuses avec perte de sensibilité, et amputations partielles ou totales d'un ou plusieurs doigts. Complications fréquentes : raideur des doigts malgré la rééducation, douleurs neuropathiques, intolérance au froid, algodystrophie.
Les fourchettes d'indemnisation
| Situation à la consolidation | Souffrances endurées | DFP indicatif | Ordre de grandeur total |
|---|---|---|---|
| Fracture consolidée, raideur légère d'un doigt | 2 à 3/7 | 1 à 3 % | 4 000 – 15 000 € |
| Tendons opérés, raideur nette, perte de force | 3/7 (4 000 – 8 000 €) | 3 à 8 % | 15 000 – 45 000 € |
| Perte d'un doigt (hors pouce), doigts enraidis multiples | 3 à 4/7 | 5 à 12 % | 30 000 – 80 000 € |
| Perte du pouce ou de plusieurs doigts, main dominante | 4/7 et plus | 12 à 25 % et plus | 80 000 € et bien plus |
Fourchettes indicatives : taux issus des barèmes médico-légaux de droit commun (le pouce représente à lui seul la valeur fonctionnelle la plus élevée de la main), montants calculés avec la valeur du point DFP du référentiel Mornet (éd. septembre 2020) pour un adulte de 30 à 50 ans. Seule l'expertise fixe votre taux.
Ce qui fait la différence à l'expertise
- Main dominante ou non : le même doigt ne « vaut » pas pareil à droite et à gauche chez un droitier — vérifiez que le rapport le précise ;
- Le pouce est à part : il assure la pince — sa perte ou son enraidissement pèse plus que tout autre doigt ;
- Votre métier : manuel, musicien, soignant, clavier toute la journée — la répercussion professionnelle peut dépasser le DFP ;
- La sensibilité : une pulpe insensible ou douloureuse (froid, contact) est une séquelle à part entière, souvent oubliée ;
- L'esthétique : une main mutilée se voit — préjudice esthétique à faire coter, serrer une main devient un acte social difficile.
Questions fréquentes
J'ai perdu la dernière phalange d'un doigt : est-ce que ça « vaut » quelque chose ?
Oui — chaque segment de doigt a une valeur au barème, et s'y ajoutent souffrances, gêne temporaire, retentissement professionnel et esthétique. Ne laissez pas dire que c'est négligeable.
Mes doigts restent raides après la rééducation : que faire ?
Ne pas consolider tant que la kiné progresse ; une fois l'état stabilisé, faire mesurer précisément les amplitudes de chaque articulation — c'est ce qui fonde le taux.
Accident de travail avec la main : mêmes règles ?
Le régime AT/MP est différent (indemnisation forfaitaire par la CPAM), mais si un tiers est responsable ou en cas de faute inexcusable de l'employeur, une indemnisation complémentaire de droit commun est possible — faites étudier les deux voies.
La permanence gratuite de victime-info.fr vous aide à faire coter chaque séquelle — mobilité, sensibilité, esthétique — avant toute signature.
Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 01/08/2026



