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Morsure de chien et indemnisation : guide complet des droits et recours des victimes

Chaque année en France, des milliers de personnes sont victimes de morsures de chien. Les conséquences peuvent être graves : blessures physiques, cicatrices, traumatisme psychologique, voire séquelles permanentes. Face à cette situation, la victime d’une morsure de chien dispose de droits lui permettant d’obtenir une indemnisation couvrant l’ensemble de ses préjudices. Encore faut-il connaître les démarches à entreprendre, savoir identifier le responsable et comprendre les mécanismes juridiques en jeu. Ce guide complet, rédigé par les experts de victime-info.fr en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), détaille toutes les étapes pour faire valoir ses droits après une morsure de chien et obtenir la réparation intégrale du préjudice corporel.

Morsure de chien et indemnisation
Morsure de chien et indemnisation
📊 Les morsures de chien en France

On estime à plus de 250 000 le nombre de morsures de chien par an en France, dont environ 10 000 nécessitent une hospitalisation. Les enfants de moins de 10 ans représentent près de 30 % des victimes.

Sommaire

Principes de l’indemnisation après une morsure de chien

Les dommages corporels subis à la suite d’une morsure de chien sont indemnisables sous certaines conditions. L’indemnisation prend la forme d’une compensation financière versée à la victime en contrepartie des dommages causés par l’animal.

Les blessures physiques (plaies, fractures, infections, cicatrices) et les souffrances psychiques (traumatisme, phobie des chiens, stress post-traumatique) constituent des préjudices ouvrant droit à réparation. Comme dans toute réparation de préjudices corporels, il est nécessaire d’évaluer et de quantifier l’ensemble des dommages subis pour obtenir une indemnisation juste.

📌 Le principe de réparation intégrale

En droit français, la victime d’une morsure de chien a droit à la réparation intégrale de son préjudice. Cela signifie que l’indemnisation ne doit entraîner ni appauvrissement ni enrichissement de la victime : chaque poste de préjudice doit être évalué et indemnisé.

Avant de demander réparation, il est indispensable d’identifier le responsable et de comprendre le fondement juridique de cette responsabilité. C’est un accident de la vie qui relève de règles spécifiques du Code civil.

La responsabilité du propriétaire du chien

Le principe fondamental est clair : le propriétaire de l’animal, ou celui qui s’en sert, est responsable des dommages causés par son animal. Cette responsabilité s’applique que l’animal ait été :

  • Sous sa garde directe au moment des faits
  • Confié temporairement à une tierce personne (voisin, dog-sitter, membre de la famille)
  • Égaré ou échappé de son domicile
⚖️ Article 1243 du Code civil (ancien article 1385)

Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé.

Il s’agit d’une responsabilité de plein droit (aussi appelée responsabilité sans faute). La victime n’a pas besoin de prouver une faute du propriétaire : il suffit de démontrer que l’animal a causé le dommage. Le propriétaire est présumé responsable.

Si, en plus, une faute est constatée dans la garde de l’animal, la responsabilité pénale du propriétaire peut également être engagée devant les juridictions. Les fautes les plus fréquentes sont :

  • Le défaut de sécurisation d’un chien classé dangereux (catégorie 1 ou 2)
  • Le défaut de muselière ou de laisse dans un lieu public
  • Le défaut de maîtrise du chien par son propriétaire
  • L’absence de déclaration en mairie pour un chien de catégorie
⚠️ Morsure par son propre chien

Si la victime est mordue par son propre chien, l’indemnisation n’est possible que si elle a souscrit une assurance garantie des accidents de la vie (GAV). En l’absence de cette assurance, aucun tiers responsable ne peut être mis en cause et la victime devra assumer seule les frais liés à ses blessures.

Si le chien s’en prend à une tierce personne, la responsabilité du propriétaire sera engagée, que ce soit sur le plan civil ou pénal. La victime pourra alors se retourner contre le propriétaire pour obtenir réparation via son assurance responsabilité civile.

Les cas d’exonération de la responsabilité du propriétaire

La responsabilité du propriétaire du chien n’est pas absolue. Elle peut être écartée totalement ou partiellement dans certaines situations précises :

La faute de la victime

Si la victime a adopté un comportement imprudent ayant contribué à la survenance de la morsure, la responsabilité du propriétaire peut être réduite, voire écartée. Il peut s’agir de situations comme :

  • La victime a provoqué volontairement le chien (gestes agressifs, jets de pierres)
  • La victime a pénétré sans autorisation dans une propriété privée malgré des panneaux de mise en garde (« Attention chien méchant »)
  • La victime a ignoré les avertissements du propriétaire
💡 Cas pratique : provocation du chien par la victime

Un voisin s’amuse régulièrement à taquiner un berger allemand à travers la clôture. Un jour, le chien parvient à attraper sa main et le mord sérieusement. Dans ce cas, le tribunal pourrait retenir un partage de responsabilité : le propriétaire reste en partie responsable (le chien n’était pas suffisamment sécurisé), mais la victime voit son indemnisation réduite en raison de son comportement provocateur. Une réduction de 30 % à 50 % de l’indemnisation est fréquente dans ces situations.

Le transfert de la garde de l’animal

Lorsque le propriétaire confie son animal à un tiers (pension canine, dog-sitter professionnel, membre de la famille) et que ce dernier exerce un contrôle total sur l’animal, la responsabilité peut être transférée au gardien temporaire. Ce transfert de garde doit être effectif et significatif.

La force majeure

Un événement imprévisible, irrésistible et extérieur ayant provoqué le comportement agressif de l’animal peut exonérer le propriétaire. En pratique, ce cas est extrêmement rare en matière de morsure de chien.

La charge de la preuve

C’est au propriétaire du chien qu’il incombe de prouver l’existence d’une cause d’exonération (faute de la victime, force majeure ou transfert de garde). La victime, quant à elle, doit simplement démontrer le lien entre l’animal et le dommage subi.

Les démarches et recours après une morsure de chien

Après une morsure de chien, il est essentiel d’agir rapidement et méthodiquement pour préserver ses droits à indemnisation. Voici les étapes à suivre :

1. Consulter un médecin immédiatement

La première priorité est de se faire soigner. Il est impératif de consulter un médecin ou de se rendre aux urgences, même si la blessure semble bénigne. Le médecin rédigera un certificat médical initial (CMI) décrivant les blessures et fixant une éventuelle durée d’incapacité totale de travail (ITT). Ce document est fondamental pour la suite de la procédure.

2. Rassembler les preuves

La victime doit réunir un maximum d’éléments de preuve :

  • Prendre des photographies des blessures (le jour de la morsure et lors de l’évolution)
  • Identifier le propriétaire du chien (nom, adresse, coordonnées d’assurance)
  • Recueillir les témoignages de personnes présentes lors de l’incident
  • Conserver tous les documents médicaux (ordonnances, arrêts de travail, comptes-rendus médicaux)

3. Déposer plainte

En cas de blessures sérieuses, il est fortement recommandé de déposer une plainte auprès du commissariat de police ou de la gendarmerie. La police ou la gendarmerie enregistrera la plainte et pourra mener une enquête. La plainte est particulièrement importante lorsque le chien est un chien de catégorie ou lorsque la blessure est grave (ITT supérieure à 3 mois).

⚠️ Signalement obligatoire en mairie

Toute morsure de chien doit faire l’objet d’un signalement en mairie. Le propriétaire est tenu de déclarer la morsure et de soumettre son chien à une surveillance vétérinaire de 15 jours (3 visites). En cas de non-déclaration, le propriétaire s’expose à des sanctions.

4. Demander une déclaration de sinistre au propriétaire

La victime doit demander au propriétaire de l’animal de faire une déclaration de sinistre auprès de son assureur habitation (responsabilité civile). L’assureur du propriétaire prendra alors en charge l’indemnisation des conséquences de la morsure.

Rédiger un constat amiable

Il est fortement conseillé d’établir un constat détaillé avec le propriétaire du chien, décrivant les circonstances exactes de l’agression : lieu, heure, race du chien, présence ou absence de laisse/muselière, comportement de l’animal et de la victime. Ce document facilite considérablement le processus d’indemnisation et évite les contestations ultérieures.

5. Faire réaliser une expertise médicale

Pour quantifier les préjudices subis, une expertise médicale est indispensable. Un médecin expert sera missionné par la compagnie d’assurance du propriétaire de l’animal. Toutefois, ce médecin expert défend les intérêts de l’assureur.

⚠️ Ne pas se rendre seul à l'expertise médicale

Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin conseil de victimes (aussi appelé médecin de recours) lors de l’expertise. Ce professionnel, indépendant de l’assureur, vérifie que tous les préjudices sont correctement évalués et défend les intérêts de la personne blessée.

L’indemnisation par l’assureur du propriétaire

La première voie d’indemnisation, et la plus courante, passe par l’assurance responsabilité civile du propriétaire du chien. Cette assurance est généralement incluse dans le contrat d’assurance habitation.

Lorsque le propriétaire déclare le sinistre, son assureur ouvre un dossier et prend en charge l’indemnisation de la victime. L’indemnisation doit être intégrale : il ne doit résulter ni appauvrissement ni enrichissement de la victime. L’entièreté du préjudice doit être réparée conformément à la nomenclature Dintilhac.

💡 Cas pratique : morsure au bras avec cicatrice

Une promeneuse est attaquée par un chien non tenu en laisse dans un parc. Elle subit une morsure profonde au bras droit, nécessitant des points de suture et laissant une cicatrice visible de 8 cm. Après une expertise médicale, les préjudices suivants sont retenus : souffrances endurées (3/7), préjudice esthétique permanent (2/7), déficit fonctionnel temporaire de 2 mois. L’indemnisation totale s’élève à environ 8 000 à 12 000 euros.

La négociation avec l’assureur

La victime ne doit pas hésiter à négocier l’offre d’indemnisation proposée par l’assureur. En pratique, les premières offres sont souvent sous-évaluées. La personne blessée peut se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel pour défendre au mieux ses intérêts.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

Les compagnies d’assurance proposent systématiquement une première offre d’indemnisation inférieure à ce que la victime est en droit de recevoir. Il est impératif de ne pas signer cette offre sans l’avoir fait analyser par un professionnel. L’écart entre la première offre et l’indemnisation finale obtenue avec un accompagnement juridique peut aller du simple au triple.

La demande de provision

Afin d’éviter les difficultés financières liées à l’accident, il est possible de demander à l’assureur du propriétaire le versement d’une provision (avance sur indemnité). Cette somme sera déduite de l’indemnisation finale. Un modèle de lettre de demande de provision est disponible sur victime-info.fr.

La consolidation : étape clé de l’indemnisation

L’indemnisation définitive ne peut intervenir qu’une fois la consolidation acquise, c’est-à-dire lorsque l’état de santé de la victime est stabilisé et ne connaîtra plus ni amélioration ni dégradation significative. Cette date est fixée par le médecin expert lors de l’expertise médicale.

📞 Besoin d'aide pour l'indemnisation ?

La permanence de victime-info.fr peut aider la victime à estimer le montant de son indemnisation et à vérifier si l’offre de l’assureur est correcte.

L’indemnisation par le juge pénal

Selon la gravité de l’attaque, il est possible d’obtenir une indemnisation par le juge pénal lorsque des poursuites sont engagées contre le propriétaire du chien. La victime doit alors se constituer partie civile dans le cadre de la procédure pénale.

Une action pénale peut être intentée dans les situations suivantes :

  • Homicide involontaire : l’attaque du chien a entraîné le décès de la victime (article 221-6-2 du Code pénal)
  • Blessures avec ITT supérieure à 3 mois : l’attaque a causé une incapacité totale de travail dépassant 3 mois (article 222-19-2 du Code pénal)
  • Blessures avec ITT inférieure ou égale à 3 mois : l’attaque a causé des blessures moins graves mais néanmoins significatives (article 222-20-2 du Code pénal)
  • Détention d’un chien dangereux sans déclaration ou en violation des obligations de sécurité
⚖️ Article 222-19-2 du Code pénal

Lorsque la maladresse, l’imprudence, l’inattention, la négligence ou le manquement à une obligation de sécurité ou de prudence prévue par la loi ou le règlement est commis par le propriétaire ou le détenteur d’un animal susceptible de présenter un danger, les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende si l’incapacité totale de travail est supérieure à trois mois.

En se constituant partie civile, la victime peut demander au tribunal correctionnel de condamner le propriétaire à verser des dommages et intérêts couvrant l’intégralité de ses préjudices. Cette voie est complémentaire de l’indemnisation par l’assureur et permet souvent d’obtenir des montants plus élevés.

Indemnisation possible même sans plainte

Même si la victime n’a pas déposé plainte, il reste possible de demander une indemnisation à l’assureur du propriétaire du chien par la voie civile. La plainte n’est pas un préalable obligatoire à l’indemnisation, mais elle renforce considérablement le dossier.

Le cas particulier des victimes mineures

Les enfants sont particulièrement exposés aux morsures de chien, notamment au visage. L’indemnisation d’un enfant victime présente des spécificités importantes.

La croissance de l’enfant n’étant pas achevée au moment de la morsure, les séquelles définitives ne peuvent être évaluées immédiatement. Il est donc recommandé d’attendre la fin de la croissance pour procéder à l’indemnisation finale. En attendant, les parents doivent demander rapidement des provisions à la compagnie d’assurance pour couvrir les frais médicaux et les besoins immédiats.

💡 Cas pratique : morsure de chien sur un enfant de 6 ans

Un enfant de 6 ans est mordu au visage par le chien du voisin, causant des plaies profondes à la joue et à la lèvre. Plusieurs interventions chirurgicales sont nécessaires au fil de sa croissance. Les parents obtiennent des provisions annuelles de l’assureur (environ 3 000 euros par an) en attendant la consolidation définitive, prévue vers 18-20 ans. L’indemnisation finale, incluant le préjudice esthétique permanent et les souffrances endurées, pourra atteindre 25 000 à 60 000 euros selon la gravité des séquelles.

📌 Délais de prescription pour les victimes mineures

Pour les victimes mineures, le délai de prescription de 10 ans (article 2226 du Code civil) ne commence à courir qu’à partir de la date de consolidation. De plus, la prescription est suspendue pendant la minorité : le délai ne court qu’à partir de la majorité de la victime (18 ans). Les parents ont donc tout le temps nécessaire pour engager les démarches.

Si la compagnie d’assurance refuse d’accorder le versement de provisions au motif que la consolidation n’est pas acquise, il est possible de saisir le juge des référés pour obtenir une provision judiciaire. Un avocat spécialisé en dommage corporel peut assister la famille dans cette démarche.

Morsures de chien subies par des professionnels

Certains professionnels sont plus exposés aux morsures de chien en raison de leur activité : facteurs, vétérinaires, agents de maintenance, livreurs, éducateurs canins, agents d’entretien des espaces verts, etc.

Lorsqu’un professionnel est mordu dans le cadre de son activité, la morsure peut être qualifiée d’accident du travail. La victime bénéficie alors de la prise en charge par la Sécurité sociale au titre de la législation professionnelle.

Toutefois, l’indemnisation au titre de l’accident du travail ne couvre pas l’intégralité des préjudices. Le professionnel mordu peut engager une action en responsabilité civile contre le propriétaire du chien pour obtenir une indemnisation complémentaire couvrant les préjudices non pris en charge (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, etc.).

Cumul des indemnisations

La victime professionnelle peut cumuler l’indemnisation au titre de l’accident du travail ET l’indemnisation en responsabilité civile contre le propriétaire du chien. Les prestations versées par la Sécurité sociale seront déduites de l’indemnisation civile pour éviter une double indemnisation, mais les préjudices personnels (douleurs, esthétique, agrément) seront intégralement indemnisés.

Les postes de préjudice indemnisables après une morsure de chien

L’indemnisation d’une morsure de chien couvre de nombreux postes de préjudice, définis par la nomenclature Dintilhac. Voici les principaux postes que la victime peut faire valoir :

Les préjudices patrimoniaux (pertes financières)

  • Dépenses de santé : frais médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques, soins infirmiers, rééducation
  • Pertes de revenus : salaires perdus pendant l’arrêt de travail et éventuellement la perte de chance professionnelle
  • Frais divers : déplacements pour les soins, aide ménagère temporaire, frais d’adaptation du logement
  • Assistance tierce personne : aide humaine nécessaire temporairement ou définitivement

Les préjudices extra-patrimoniaux (dommages personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de guérison
  • Souffrances endurées : douleurs physiques et morales liées à l’accident et aux soins
  • Préjudice esthétique : cicatrices, déformations visibles (particulièrement important pour les morsures au visage)
  • Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités sportives ou de loisirs
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : séquelles définitives avec un taux d’incapacité permanent
📊 Montants d'indemnisation pour une morsure de chien

Selon la gravité des blessures, l’indemnisation d’une morsure de chien varie considérablement :
– Morsure légère (quelques points de suture, pas de cicatrice) : 1 500 à 5 000 euros
– Morsure moyenne (cicatrice visible, arrêt de travail) : 5 000 à 15 000 euros
– Morsure grave (chirurgie reconstructrice, séquelles permanentes) : 15 000 à 80 000 euros
– Morsure très grave au visage d’un enfant : 30 000 à 100 000 euros et plus

Pour estimer le montant de l’indemnisation, il est possible de consulter le barème d’exemples d’indemnisation de dommage corporel ou d’utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels.

Le préjudice moral des proches

En cas de morsure très grave ou de décès, les proches de la victime (conjoint, enfants, parents) peuvent également demander une indemnisation au titre du préjudice d’affection. Ce préjudice couvre la souffrance morale liée à la situation de la personne blessée.

Les délais de prescription à connaître

La victime d’une morsure de chien doit agir dans les délais impartis pour ne pas perdre ses droits à indemnisation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé.

En matière pénale, les délais de prescription de l’action publique sont plus courts :

  • 6 ans pour les délits (blessures involontaires avec ITT supérieure à 3 mois)
  • 1 an pour les contraventions (blessures involontaires avec ITT inférieure ou égale à 3 mois)
⚠️ Agir rapidement pour préserver ses droits

Même si le délai de prescription civile est de 10 ans, il est fortement recommandé d’engager les démarches le plus tôt possible après la morsure. Plus le temps passe, plus il sera difficile de rassembler les preuves et de reconstituer les circonstances exactes de l’incident.

Les chiens dangereux : une réglementation spécifique

La loi française distingue deux catégories de chiens dits dangereux, soumis à des obligations renforcées pour leurs propriétaires :

  • Catégorie 1 (chiens d’attaque) : Staffordshire terrier non inscrit au LOF (communément appelé « pitbull »), Mastiff non inscrit au LOF, Tosa non inscrit au LOF
  • Catégorie 2 (chiens de garde et de défense) : American Staffordshire terrier, Rottweiler, Tosa inscrit au LOF

Les propriétaires de ces chiens doivent respecter des obligations strictes : déclaration en mairie, obtention d’un permis de détention, vaccination antirabique, assurance responsabilité civile spécifique, port de la muselière et de la laisse en tout lieu public.

📌 Aggravation de la responsabilité pour les chiens dangereux

Le non-respect des obligations liées à la détention d’un chien dangereux constitue une circonstance aggravante en cas de morsure. Les peines encourues par le propriétaire sont plus lourdes, et la victime a davantage de chances d’obtenir une indemnisation majorée. Le propriétaire d’un chien de catégorie 1 ou 2 qui n’a pas souscrit d’assurance spécifique s’expose à 6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, en plus de l’obligation d’indemniser la victime.

Si le propriétaire du chien dangereux n’est pas assuré, la victime peut envisager d’engager une action en justice directement contre lui ou de vérifier si elle dispose d’une garantie des accidents de la vie susceptible de la couvrir. Il est aussi possible de se rapprocher de la mise en cause du responsable pour engager sa responsabilité civile personnelle.

📞 Victime d'une morsure de chien ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France, accompagne gratuitement les victimes de morsures de chien dans leurs démarches d’indemnisation.

Questions fréquentes sur la morsure de chien et l’indemnisation

Questions fréquentes


Peut-on obtenir l'aide juridictionnelle après une morsure de chien ?

Oui, la victime d’une morsure de chien peut solliciter l’aide juridictionnelle si ses ressources sont inférieures aux plafonds fixés par la loi. Cette aide permet de bénéficier gratuitement ou partiellement d’un avocat pour engager les démarches judiciaires. La demande se fait auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire du lieu de domicile. Les plafonds de ressources sont réévalués chaque année.


Faut-il obligatoirement porter plainte pour être indemnisé après une morsure de chien ?

Non, le dépôt de plainte n’est pas un préalable obligatoire à l’indemnisation. La victime peut demander réparation directement à l’assureur du propriétaire du chien par la voie amiable ou saisir le tribunal civil. Toutefois, la plainte renforce considérablement le dossier et ouvre la voie à une indemnisation par le juge pénal si des poursuites sont engagées.


Que faire en cas d'attaque par plusieurs chiens appartenant à des propriétaires différents ?

Lorsque la victime est attaquée par plusieurs chiens appartenant à des propriétaires différents, chaque propriétaire est solidairement responsable des dommages causés par son animal. La victime peut demander l’indemnisation totale à n’importe lequel des propriétaires, à charge pour eux de se répartir ensuite la prise en charge. En pratique, chaque assureur responsabilité civile est mis en cause et les assureurs se répartissent l’indemnisation entre eux.


Qui prend en charge les soins médicaux après une morsure de chien ?

Les soins médicaux sont d’abord pris en charge par l’Assurance maladie dans les conditions habituelles (remboursements classiques). Le reste à charge (ticket modérateur, dépassements d’honoraires, soins non remboursés) sera ensuite réclamé à l’assureur du propriétaire du chien dans le cadre de l’indemnisation. La victime doit conserver toutes les factures et justificatifs de soins.


L'assurance du propriétaire du chien couvre-t-elle automatiquement la morsure ?

Oui, dans la grande majorité des cas. L’assurance responsabilité civile, incluse dans le contrat d’assurance habitation, couvre les dommages causés par les animaux du foyer. Le propriétaire doit déclarer le sinistre à son assureur, qui prendra en charge l’indemnisation de la victime. Cependant, certaines exclusions peuvent exister, notamment pour les chiens de catégorie non déclarés ou en cas de faute intentionnelle du propriétaire.


Quel est le délai de prescription pour demander une indemnisation après une morsure de chien ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). La consolidation correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé. Pour les victimes mineures, ce délai ne commence à courir qu’à partir de leur majorité (18 ans).


Conclusion : faire valoir ses droits après une morsure de chien

La morsure de chien est un accident de la vie aux conséquences parfois lourdes. Que les blessures soient légères ou graves, la victime dispose de droits solides pour obtenir une indemnisation couvrant l’intégralité de ses préjudices. La clé réside dans la rapidité des démarches (consultation médicale, collecte de preuves, déclaration de sinistre) et dans un accompagnement adapté par des professionnels du dommage corporel.

Il ne faut jamais accepter une offre d’indemnisation sans l’avoir fait vérifier par un spécialiste. Les dossiers thématiques de victime-info.fr et les conseils de l’Association d’Aide aux Victimes de France sont à la disposition de toute personne concernée.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr aide les victimes de morsures de chien à comprendre leurs droits, vérifier les offres d’indemnisation et se faire orienter vers des professionnels spécialisés. Ce service est gratuit et confidentiel.

Témoignages

Bon alors moi j’ai été mordu au mollet par le chien de mon voisin qui s’était échappé du jardin.. j’ai pas voulu faire d’histoires au début mais la plaie s’est infectée et j’ai eu 3 semaines d’arrêt de travail. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué que je pouvais demander l’indemnisation via l’assurance habitation du voisin. Au final j’ai touché 4200€ alors que le voisin voulait juste me rembourser les médicaments.. faut pas se laisser faire

— Stéphane, 38 ans, mordu par le chien du voisin

Franchement c’est le pire cauchemar d’une maman. Ma fille a été mordue au visage par un staff dans un parc, le chien était meme pas en laisse.. 12 points de suture et une cicatrice sur la joue. On a déposé plainte et l’assurance du propriétaire a proposé 3000€ au départ. Avec l’aide d’un avocat spécialisé qu’on a trouvé grace à ce site, on attend la fin de sa croissance pour l’indemnisation définitive mais on a déjà obtenu 8000€ de provision. C’est long mais au moins ma fille sera correctement indemnisée

— Camille, maman d'une petite fille de 5 ans mordue au visage

Honnêtement en 25 ans de métier c’était la première fois qu’un chien me mordait sérieusement. Un rottweiler qui a sauté par dessus le portail. J’ai eu une fracture au poignet en tombant et des morsures au bras. Accident du travail déclaré + j’ai fait une demande contre le propriétaire du chien. Entre la sécu et l’assurance du gars j’ai été bien indemnisé mais sans les infos que j’ai trouvé ici j’aurais pas su que je pouvais cumuler les deux

— Jean-Marc, 52 ans, facteur mordu en tournée