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Constituer un dossier d’accident médical : le guide complet pour obtenir une juste indemnisation

Après un accident médical, la constitution d’un dossier solide et complet est l’étape fondamentale qui conditionne toute la procédure d’indemnisation. Un dossier bien préparé permet de prouver la réalité du préjudice, de démontrer le lien entre l’acte médical et le dommage subi, et d’obtenir une réparation intégrale des préjudices corporels. À l’inverse, un dossier incomplet ou mal organisé expose la victime à des refus, des sous-évaluations ou des retards considérables.

Que la victime envisage de saisir la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) ou d’engager une action en justice, la qualité du dossier reste déterminante. Ce guide détaille toutes les pièces à réunir, les démarches à entreprendre et les pièges à éviter pour constituer un dossier d’accident médical irréprochable.

Un accompagnement gratuit existe

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents médicaux dans la constitution de leur dossier. Il est possible de contacter la permanence victime-info.fr à tout moment.

Sommaire

Pourquoi constituer un dossier d’accident médical solide ?

Un accident médical peut prendre de multiples formes : erreur chirurgicale, erreur de diagnostic, infection nosocomiale, aléa thérapeutique ou encore défaut d’information du patient. Dans chacun de ces cas, le dossier constitue la pierre angulaire de toute demande d’indemnisation.

La charge de la preuve repose sur la victime. C’est à elle de démontrer :

  • La réalité du dommage corporel subi (séquelles, handicap, douleurs persistantes)
  • Le lien de causalité entre l’acte médical et le dommage
  • L’existence d’une faute médicale ou d’un aléa thérapeutique remplissant les conditions d’indemnisation
  • L’étendue de l’ensemble des préjudices selon la nomenclature Dintilhac
📌 Le dossier, clé de voûte de l'indemnisation

Sans dossier solide, pas d’indemnisation juste. Chaque pièce manquante est une faiblesse que l’assureur ou l’ONIAM pourra exploiter pour minimiser l’offre d’indemnisation. La victime doit donc commencer à rassembler les preuves le plus tôt possible après l’accident médical.

⚖️ Article L.1142-1 du Code de la santé publique

Les professionnels de santé et les établissements de santé sont responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins en cas de faute. En l’absence de faute, l’indemnisation est possible lorsque l’acte médical a eu des conséquences anormales au regard de l’état de santé du patient et de son évolution prévisible (aléa thérapeutique), sous conditions de gravité.

Les pièces indispensables du dossier médical

Le cœur du dossier repose sur les documents médicaux. La victime doit réunir l’ensemble des pièces qui retracent son parcours de soins, avant, pendant et après l’accident médical. Voici la liste exhaustive des documents à rassembler.

Le dossier médical hospitalier complet

Le dossier médical hospitalier est la pièce maîtresse. Il contient l’ensemble des informations relatives à la prise en charge de la victime au sein de l’établissement de santé. Il inclut notamment :

  • Le compte-rendu opératoire détaillant l’intervention chirurgicale
  • Les comptes-rendus d’hospitalisation (entrée, séjour, sortie)
  • Les résultats d’examens (analyses biologiques, imagerie : IRM, scanner, radiographies)
  • Les prescriptions médicamenteuses et ordonnances
  • Les fiches de surveillance infirmière
  • Le dossier d’anesthésie
  • Les fiches de consentement éclairé signées avant l’intervention
  • Les courriers entre médecins (correspondance médicale)
⚠️ Demander l'intégralité du dossier

Il est essentiel de réclamer le dossier médical complet, et pas uniquement un résumé de sortie. Certains établissements ne transmettent spontanément qu’une partie des documents. La victime doit expressément demander l’ensemble des pièces, y compris les fiches de surveillance, les notes manuscrites des soignants et le dossier d’anesthésie.

Le certificat médical initial (CMI)

Le certificat médical initial est le premier document médical qui constate les lésions et les dommages subis par la victime. Il doit être rédigé le plus tôt possible après la survenue de l’accident médical, idéalement par un médecin indépendant de l’établissement mis en cause.

Ce document doit mentionner :

  • La nature et la localisation des lésions
  • L’incapacité temporaire de travail (ITT) prévisionnelle
  • Les traitements nécessaires
  • Le retentissement fonctionnel des blessures

Les examens et bilans complémentaires

Toute imagerie médicale (radiographies, IRM, scanner, échographies), tout résultat d’analyse biologique et tout bilan complémentaire réalisé avant et après l’accident médical doit être conservé. Ces documents permettent de comparer l’état de santé antérieur de la victime avec son état postérieur à l’acte médical incriminé.

Conserver les examens antérieurs à l'accident

Les examens médicaux réalisés avant l’accident médical sont tout aussi importants que ceux réalisés après. Ils permettent de prouver que certaines séquelles n’existaient pas avant l’intervention, ce qui renforce le lien de causalité. La victime doit donc conserver ses anciens bilans de santé et résultats d’imagerie.

Le certificat médical de consolidation

La consolidation médicale marque le moment où l’état de santé de la victime se stabilise. Le certificat médical de consolidation est un document essentiel car il permet de déterminer la date à partir de laquelle les préjudices permanents peuvent être évalués et chiffrés.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Il est donc indispensable de constituer son dossier avant l’expiration de ce délai.

Comment récupérer son dossier médical complet ?

La récupération du dossier médical est un droit fondamental du patient, consacré par la loi du 4 mars 2002 (dite loi Kouchner). Pourtant, dans la pratique, cette démarche peut s’avérer complexe et semée d’obstacles.

La demande écrite à l’établissement de santé

La première étape consiste à adresser une demande écrite à l’établissement de santé ou au médecin concerné. Cette demande doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception.

La lettre doit préciser :

  • L’identité complète du patient
  • Les dates d’hospitalisation ou de consultation
  • La demande explicite d’accès à l’intégralité du dossier médical
  • Le souhait de recevoir des copies (aux frais du patient, plafonnés par la loi)

Un guide complet est disponible sur la page dédiée : comment récupérer son dossier médical.

📊 Délai légal de transmission du dossier médical

L’établissement de santé dispose de 8 jours pour transmettre le dossier médical si les informations datent de moins de 5 ans, et de 2 mois si les informations sont plus anciennes. Passé ce délai, la victime peut saisir la CADA.

Que faire en cas de refus ou de silence de l’établissement ?

Si l’établissement ne répond pas dans les délais légaux ou refuse de communiquer le dossier, la victime peut contacter la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs). Cette commission intervient pour contraindre l’établissement à respecter ses obligations.

En cas de blocage persistant, il est également possible de saisir le directeur de l’établissement, le médiateur médical ou, en dernier recours, le tribunal administratif (pour les hôpitaux publics) ou le tribunal judiciaire (pour les cliniques privées).

💡 Cas pratique : récupération du dossier après une erreur chirurgicale

Madame D., 52 ans, subit une intervention chirurgicale du genou dans une clinique privée. Après l’opération, elle souffre d’une infection post-opératoire qui nécessite trois réinterventions et un arrêt de travail de 14 mois. Elle adresse une lettre recommandée à la clinique pour obtenir son dossier médical complet. Après 3 semaines sans réponse, elle saisit la CADA. Le dossier lui est finalement transmis sous 15 jours. Grâce à l’analyse du dossier par un médecin conseil de victimes, une faute dans le protocole d’asepsie est identifiée. Le dossier ainsi constitué permet d’obtenir une indemnisation de plus de 85 000 euros devant la CCI.

Les preuves complémentaires à rassembler

Au-delà des pièces strictement médicales, un dossier d’accident médical complet doit intégrer des éléments qui permettent de chiffrer l’ensemble des préjudices subis.

Les justificatifs de préjudices économiques

Les préjudices patrimoniaux nécessitent des preuves chiffrées :

  • Pertes de revenus : bulletins de salaire des 12 mois précédant l’accident, avis d’imposition, attestation de l’employeur, relevés Pôle emploi
  • Frais médicaux restés à charge : factures de soins, relevés de remboursements de la Sécurité sociale et de la mutuelle
  • Frais de déplacement : trajets pour les consultations, hospitalisations, séances de rééducation (justificatifs de kilométrage, tickets de transport)
  • Frais d’adaptation du logement ou du véhicule : devis et factures
  • Frais d’aide à domicile : factures ou attestations de proches (aide humaine par un tiers)
⚠️ Conserver toutes les factures sans exception

Même les petites dépenses doivent être conservées : frais de parking à l’hôpital, frais postaux pour les courriers administratifs, achat de matériel médical (attelles, béquilles, fauteuil). Chaque euro dépensé en lien avec l’accident médical peut faire l’objet d’une demande d’indemnisation.

Les attestations de proches (témoignages de l’entourage)

Les témoignages de l’entourage jouent un rôle crucial dans l’évaluation des préjudices extrapatrimoniaux. Ils permettent de démontrer l’impact concret de l’accident médical sur la vie quotidienne de la victime.

Les proches (conjoint, enfants, parents, amis, collègues) peuvent rédiger des attestations décrivant :

  • Les changements observés dans le comportement et l’humeur de la victime
  • Les activités de loisirs, sportives ou sociales abandonnées (préjudice d’agrément)
  • Les difficultés dans la vie intime du couple (préjudice sexuel)
  • Le retentissement sur la vie familiale
  • L’assistance quotidienne apportée à la victime

Ces attestations doivent être rédigées sur papier libre, accompagnées d’une copie de la pièce d’identité du témoin, conformément à l’article 202 du Code de procédure civile.

Les photographies et preuves visuelles

Les photographies constituent des preuves visuelles précieuses :

  • Photos des cicatrices à différents stades de l’évolution (utile pour le préjudice esthétique)
  • Photos de l’état de santé avant l’accident (activités sportives, voyages)
  • Photos montrant les aménagements du domicile nécessités par le handicap
Le journal de bord de la victime

Il est vivement recommandé de tenir un journal de bord quotidien dès la survenue de l’accident médical. La victime y note jour après jour ses douleurs, ses difficultés, ses rendez-vous médicaux, ses progrès et ses rechutes. Ce document, bien qu’il n’ait pas de valeur probante absolue, constitue un élément de preuve complémentaire particulièrement apprécié des experts et des juges.

Chronologie des démarches après un accident médical

Constituer un dossier d’accident médical ne s’improvise pas. Il est important de respecter un ordre logique dans les démarches afin de ne rien oublier et de ne pas compromettre ses droits.

Phase 1 : Les premiers jours (urgence)

  1. Consulter un médecin indépendant pour obtenir un certificat médical initial décrivant les lésions
  2. Conserver tous les documents remis par l’établissement (ordonnance de sortie, compte-rendu de séjour)
  3. Commencer à photographier les blessures et cicatrices
  4. Commencer le journal de bord

Phase 2 : Les premières semaines

  1. Adresser la demande de dossier médical complet par lettre recommandée
  2. Rassembler les justificatifs de revenus (bulletins de salaire, avis d’imposition)
  3. Conserver toutes les factures liées aux soins et aux déplacements
  4. Contacter un avocat spécialisé en dommage corporel ou une association d’aide aux victimes

Phase 3 : Les premiers mois

  1. Faire analyser le dossier médical par un médecin conseil de victimes (médecin conseil de recours)
  2. Solliciter des attestations de l’entourage
  3. Évaluer l’opportunité de déposer une plainte si une faute est suspectée
  4. Préparer la saisine de la CCI ou l’assignation en justice
📊 Délai moyen de procédure devant la CCI

La procédure devant la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) dure en moyenne 12 à 18 mois entre le dépôt du dossier et l’offre d’indemnisation. Ce délai inclut la phase d’expertise médicale ordonnée par la commission.

Phase 4 : Après la consolidation

  1. Obtenir le certificat médical de consolidation
  2. Faire évaluer les préjudices permanents : souffrances endurées, AIPP/DFP, préjudice d’agrément, préjudice esthétique
  3. Chiffrer le préjudice total à l’aide des barèmes d’indemnisation
  4. Formaliser la demande d’indemnisation
📞 Estimer le montant de son indemnisation

Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des différents postes de préjudice en quelques minutes.

Les erreurs fréquentes à éviter lors de la constitution du dossier

Certaines erreurs, parfois commises par méconnaissance, peuvent gravement compromettre les chances d’obtenir une indemnisation juste. Les erreurs les plus fréquentes en matière d’indemnisation du dommage corporel se retrouvent également dans le contexte des accidents médicaux.

Ne pas demander le dossier médical assez tôt

Plus le temps passe, plus le risque est grand que certaines pièces soient perdues ou archivées dans des conditions ne garantissant pas leur intégrité. Les établissements de santé ne sont tenus de conserver les dossiers médicaux que pendant 20 ans à compter du dernier passage du patient. La demande doit être faite dès que possible.

Se contenter du résumé de sortie

Le compte-rendu de sortie ne constitue qu’un résumé. Il ne contient ni les fiches de surveillance, ni le dossier d’anesthésie, ni les notes manuscrites des soignants. Or, ce sont précisément ces documents qui permettent souvent de détecter une faute ou une négligence.

Accepter la première offre de l’assureur sans analyse

⚠️ Ne jamais accepter la première offre d'indemnisation

Les compagnies d’assurance et l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) proposent fréquemment des offres d’indemnisation bien inférieures au préjudice réel. La victime ne doit jamais signer une offre sans l’avoir fait analyser par un avocat spécialisé ou un médecin conseil de victimes. Il est toujours possible de contester et négocier une offre d’indemnisation.

Ne pas se faire assister par un médecin conseil de victimes

Le médecin conseil de l’assureur défend les intérêts de l’assurance, pas ceux de la victime. L’expertise médicale constitue un moment déterminant où les préjudices sont évalués. Se présenter seul face au médecin expert, sans médecin conseil de recours, revient à négocier à armes inégales.

Oublier de documenter les préjudices extrapatrimoniaux

Les préjudices qui ne se traduisent pas directement en pertes financières (souffrances endurées, préjudice d’agrément, préjudice d’établissement, préjudice esthétique) sont souvent sous-estimés faute de preuves. Les attestations de proches, le journal de bord et les photographies sont essentiels pour appuyer ces postes de préjudice.

💡 Cas pratique : sous-évaluation par manque de preuves

Monsieur R., 45 ans, développe une infection nosocomiale à staphylocoque doré après une opération du dos. L’ONIAM lui propose une indemnisation de 12 000 euros. N’ayant pas constitué de dossier de preuves complémentaires (pas d’attestations de proches, pas de journal de bord, pas de photos), il accepte. Un an plus tard, il découvre que des victimes présentant des séquelles comparables ont obtenu plus de 40 000 euros grâce à un dossier mieux documenté. Malheureusement, ayant signé une quittance définitive, il ne peut plus revenir sur cette acceptation.

Le rôle des professionnels dans la constitution du dossier

La constitution d’un dossier d’accident médical est une démarche technique qui nécessite souvent l’intervention de professionnels spécialisés. La victime ne doit pas hésiter à s’entourer.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

Un avocat spécialisé en dommage corporel accompagne la victime à toutes les étapes : récupération du dossier médical, analyse des pièces, orientation vers la procédure la plus adaptée (CCI, tribunal), négociation de l’indemnisation. Son intervention est particulièrement recommandée dans les dossiers complexes ou impliquant des préjudices lourds.

Le médecin conseil de victimes (médecin conseil de recours)

Le médecin conseil de recours est un médecin indépendant qui défend exclusivement les intérêts de la victime. Son rôle est d’analyser le dossier médical pour identifier les fautes éventuelles, de préparer la victime à l’expertise médicale et d’assister la victime lors de cette expertise pour veiller à ce que tous les préjudices soient correctement évalués.

Médecin conseil de l'assurance ≠ Médecin conseil de la victime

Le médecin mandaté par la compagnie d’assurance ou par l’ONIAM n’est pas là pour aider la victime. Il défend les intérêts financiers de l’organisme payeur. Il est donc crucial de se faire accompagner par un médecin conseil de recours, choisi et rémunéré par la victime elle-même (ou pris en charge par l’avocat dans le cadre d’une convention d’honoraires).

L’association d’aide aux victimes

Les associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes offrent un soutien précieux : information juridique, orientation vers les bons professionnels, soutien moral. Victime-info.fr travaille en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) pour accompagner gratuitement les personnes victimes d’accidents médicaux.

Adapter le dossier selon la procédure choisie

Le contenu du dossier doit être adapté en fonction de la procédure d’indemnisation envisagée. Deux voies principales s’offrent à la victime d’un accident médical.

La procédure amiable devant la CCI (ex-CRCI)

La CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) est une instance gratuite qui permet d’obtenir une indemnisation sans passer par le tribunal. Pour saisir la CCI, le dossier doit contenir :

  • Le formulaire de demande d’indemnisation (formulaire Cerfa)
  • Le dossier médical complet
  • Le certificat médical descriptif des lésions et séquelles
  • Les justificatifs de tous les préjudices (patrimoniaux et extrapatrimoniaux)
  • Une copie de la pièce d’identité

La saisine de la CCI est possible lorsque le dommage présente un caractère de gravité suffisant : taux d’incapacité permanente supérieur à 24 %, arrêt de travail de plus de 6 mois consécutifs, ou troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence. Les adresses des CCI régionales sont disponibles sur la page adresses des CCI en France.

⚖️ Article L.1142-8 du Code de la santé publique

La CCI diligente une expertise médicale dans un délai de 6 mois suivant la réception du dossier complet. L’avis de la commission est rendu dans un délai de 6 mois à compter de la réception de l’avis de l’expert. Le processus est entièrement gratuit pour la victime.

La procédure judiciaire (tribunal)

Si la procédure amiable échoue ou si la victime préfère emprunter la voie judiciaire, le dossier doit être encore plus solide et structuré. En plus des pièces médicales et des justificatifs de préjudices, il faut préparer :

  • Une argumentation juridique démontrant la faute médicale ou les conditions de l’aléa thérapeutique
  • Un rapport d’expertise médicale privée (médecin conseil de recours)
  • Un chiffrage détaillé des préjudices poste par poste selon la nomenclature Dintilhac
  • Les référentiels d’indemnisation pour justifier les montants demandés

La procédure judiciaire se déroule devant le tribunal administratif (établissement public) ou le tribunal judiciaire (établissement privé ou praticien libéral). L’assistance d’un avocat spécialisé en droit médical est indispensable.

📌 Dossier CCI vs dossier judiciaire

La procédure devant la CCI est gratuite, plus rapide et ne nécessite pas d’avocat (même si l’assistance d’un avocat est vivement recommandée). La procédure judiciaire est plus longue et plus coûteuse, mais elle permet d’obtenir des indemnisations généralement plus élevées et de faire reconnaître officiellement la responsabilité du professionnel de santé.

La check-list du dossier d’accident médical

Voici un récapitulatif de toutes les pièces à réunir pour constituer un dossier complet :

Documents médicaux

  • Dossier médical hospitalier complet
  • Certificat médical initial (CMI)
  • Compte-rendu opératoire
  • Dossier d’anesthésie
  • Résultats d’examens (imagerie, biologie)
  • Comptes-rendus de consultations
  • Ordonnances et prescriptions
  • Certificat médical de consolidation

Documents administratifs et financiers

  • Bulletins de salaire (12 mois avant l’accident)
  • Avis d’imposition
  • Attestation de l’employeur (arrêt de travail)
  • Factures de soins et de médicaments
  • Relevés de remboursement Sécurité sociale et mutuelle
  • Factures de déplacement (transport, parking)
  • Factures d’aide à domicile
  • Devis d’aménagement du logement ou du véhicule

Preuves complémentaires

  • Attestations de proches (article 202 du Code de procédure civile)
  • Photographies des blessures et cicatrices
  • Journal de bord quotidien
  • Photographies de la vie quotidienne avant et après l’accident
📞 Besoin d'aide pour constituer le dossier ?

La permanence de victime-info.fr aide les victimes d’accidents médicaux à rassembler les pièces nécessaires et à orienter leur dossier. Ce service est gratuit et confidentiel.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Combien de temps faut-il pour constituer un dossier d'accident médical complet ?

La constitution d’un dossier complet peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois, selon la complexité de l’affaire et la rapidité de l’établissement de santé à transmettre le dossier médical. La phase de collecte des pièces médicales dure en moyenne 1 à 3 mois. L’évaluation définitive des préjudices n’est possible qu’après la consolidation médicale, qui peut intervenir plusieurs mois voire plusieurs années après l’accident médical.


La constitution du dossier a-t-elle un coût ?

La récupération du dossier médical n’engendre que des frais de reproduction limités (copie papier ou support numérique). La saisine de la CCI est gratuite. En revanche, les honoraires du médecin conseil de recours et de l’avocat spécialisé représentent un investissement. Certains avocats acceptent de travailler avec un honoraire de résultat, ce qui signifie que la victime ne paie qu’en cas de succès de la procédure. L’aide juridictionnelle est également accessible sous conditions de ressources.


Peut-on constituer un dossier sans avocat ?

Oui, il est juridiquement possible de constituer un dossier et de saisir la CCI sans avocat. Cependant, l’assistance d’un professionnel du droit est fortement recommandée, en particulier pour les dossiers impliquant des séquelles graves ou des responsabilités complexes. Un avocat spécialisé en dommage corporel maximise les chances d’obtenir une indemnisation juste.


Quel est le délai de prescription pour agir après un accident médical ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). Ce délai s’applique tant à la procédure amiable devant la CCI qu’à la procédure judiciaire. Il est impératif de ne pas attendre la dernière minute pour constituer son dossier, car la collecte des preuves est de plus en plus difficile avec le temps.


Que faire si des pièces du dossier médical ont été perdues par l'hôpital ?

Si des pièces ont été perdues ou détruites, la victime peut demander au tribunal de tirer les conséquences de cette perte. La jurisprudence considère que la destruction ou la perte de pièces médicales par un établissement de santé constitue un élément défavorable pour cet établissement, pouvant même faire présumer l’existence d’une faute. Il est essentiel de documenter les démarches effectuées (courriers, accusés de réception) pour prouver sa bonne foi.


Le dossier constitué pour la CCI peut-il servir devant le tribunal ?

Oui, le dossier constitué pour la CCI peut être réutilisé dans le cadre d’une procédure judiciaire. Le rapport d’expertise médicale réalisé par l’expert désigné par la CCI constitue un élément de preuve important devant le tribunal, même si le juge peut ordonner une nouvelle expertise. Il est donc essentiel de soigner la constitution du dossier dès la première procédure.


Conclusion

Constituer un dossier d’accident médical solide et complet est un travail minutieux qui conditionne directement le succès de la procédure d’indemnisation. De la récupération du dossier médical à la collecte des preuves de préjudices, en passant par le choix des bons professionnels, chaque étape compte. La victime d’un accident médical ne doit jamais sous-estimer l’importance de cette phase préparatoire.

Les fondamentaux du droit du dommage corporel garantissent à chaque victime le droit à une réparation intégrale de ses préjudices. Encore faut-il que le dossier soit à la hauteur de cette ambition.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents médicaux dans la constitution de leur dossier et les oriente vers les meilleurs professionnels. N’attendez pas que les délais expirent.

Témoignages

Bon alors moi ça a commencé par une simple opération du genou, et je me suis retrouvé avec une infection nosocomiale qui m’a pourri la vie pendant 2 ans. Au début je savais même pas que je pouvais être indemnisé.. c’est en cherchant sur internet que j’ai trouvé victime-info.fr. Grace a leurs explications j’ai pu constituer mon dossier correctement, demander mon dossier médical complet et surtout j’ai compris qu’il fallait un médecin conseil de mon coté. Au final j’ai obtenu 67 000€ alors que l’ONIAM m’en proposait 18 000 au départ. Franchement sans les infos de ce site j’aurais signé comme un idiot

— Marc, 58 ans, victime d'une infection nosocomiale

Honnêtement les démarches c’est un calvaire quand on y connait rien.. Mon médecin traitant a raté un cancer du sein pendant presque 1 an, diagnostic tardif du coup j’ai eu un traitement beaucoup plus lourd que ce qui aurait été necessaire. J’ai mis du temps a comprendre que c’était une faute médicale. Le plus dur c’est de récupérer le dossier médical, la clinique a trainé des pieds pendant 2 mois. Mais une fois que j’ai eu toutes les pièces mon avocate a pu monter un super dossier et on a obtenu une indemnisation correcte devant la CCI

— Isabelle, 43 ans, erreur de diagnostic

Moi j’ai eu une erreur chirurgicale suite à une fracture du bras, le chirurgien a mal posé la plaque et résultat j’ai perdu de la mobilité. Ce que je retiens c’est que le plus important c’est de pas se précipiter et de bien préparer son dossier. J’ai fait l’erreur au début de pas demander le dossier médical complet, juste le compte-rendu de sortie. Quand j’ai enfin eu le dossier complet on a vu plein de trucs que le résumé ne mentionnait pas.. Le conseil que je donne c’est demandez TOUT dès le départ, les fiches infirmières, le dossier d’anesthésie, les notes, tout.

— Thomas, 31 ans, erreur chirurgicale au bras