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Indemnisation des piétons victimes d'un accident de la route : guide complet

Chaque année en France, des milliers de piétons sont victimes d'accidents de la circulation. Qu'il s'agisse d'un piéton renversé sur un passage piéton ou heurté en traversant la chaussée, la loi française protège particulièrement ces usagers vulnérables. Grâce à la loi Badinter de 1985, l'indemnisation des piétons est quasi-automatique, même en cas de faute de la victime. Ce guide détaille les droits du piéton accidenté, les étapes pour obtenir une indemnisation corporelle juste, les montants auxquels il est possible de prétendre et les pièges à éviter face aux assureurs.

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les piétons blessés dans leurs démarches. Il est possible de contacter la permanence à tout moment pour un premier conseil personnalisé.

Indemnisation d'un piéton suite à un accident de la route. Des piétons traversent une route

Indemnisation d

La protection renforcée du piéton par la loi Badinter

Le piéton bénéficie d'un statut particulier en droit français : celui d'usager faible de la route. Ce statut, consacré par la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (dite loi Badinter), lui garantit une protection maximale en cas d'accident impliquant un véhicule terrestre à moteur.

Concrètement, cela signifie que le piéton renversé par une voiture, un camion, un scooter ou tout autre véhicule motorisé a droit à une indemnisation dans la quasi-totalité des cas, même s'il a commis une imprudence. La loi considère en effet que le déséquilibre de force entre un piéton et un véhicule à moteur justifie une protection particulière.

⚖️ Article 3 de la loi Badinter du 5 juillet 1985

Les victimes, hormis les conducteurs de véhicules terrestres à moteur, sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne qu'elles ont subis, sans que puisse leur être opposée leur propre faute, à l'exception de leur faute inexcusable lorsqu'elle a été la cause exclusive de l'accident.

Piéton fautif : une indemnisation quand même ?

La réponse est oui dans l'immense majorité des situations. Un piéton qui traverse au feu rouge, qui marche hors des passages piétons ou qui surgit brusquement sur la chaussée conserve son droit à indemnisation. La jurisprudence est constante sur ce point : la simple imprudence du piéton ne réduit pas son indemnisation.

La seule exception concerne la faute inexcusable du piéton, c'est-à-dire une faute volontaire d'une exceptionnelle gravité exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience. En pratique, cette exception est rarement retenue par les tribunaux.

💡 Cas pratique : piéton traversant hors passage piéton

Un homme de 55 ans traverse une avenue en dehors du passage piéton, à une vingtaine de mètres de celui-ci. Il est percuté par un véhicule roulant à 50 km/h. Malgré son imprudence, la loi Badinter lui garantit une indemnisation intégrale de ses préjudices corporels. L'assureur du conducteur ne peut pas réduire l'indemnisation en invoquant la faute du piéton, car celle-ci n'est pas inexcusable.

En revanche, si une personne se jette volontairement sous les roues d'un véhicule dans une intention suicidaire avérée, il peut s'agir d'une faute inexcusable excluant toute indemnisation. Ce cas de figure reste exceptionnel et doit être prouvé par l'assureur.

Il est important de distinguer la situation du piéton de celle du conducteur impliqué dans un accident de la circulation, pour lequel la faute peut réduire l'indemnisation. Les piétons et cyclistes accidentés bénéficient tous deux de cette protection renforcée.

Montant de l'indemnisation pour un piéton renversé

Le montant de l'indemnisation d'un piéton accidenté dépend de la gravité des blessures et de leurs conséquences sur la vie quotidienne, professionnelle et personnelle. Chaque situation est unique, mais il est possible de donner des ordres de grandeur à partir de cas réels.

L'indemnisation est calculée poste par poste, selon la nomenclature Dintilhac qui recense l'ensemble des postes de préjudices indemnisables. Plus les séquelles sont importantes, plus l'indemnisation sera élevée.

📊 Indemnisation moyenne d'un piéton blessé

Selon la gravité des blessures, l'indemnisation d'un piéton renversé varie de quelques milliers d'euros pour des blessures légères à plusieurs centaines de milliers d'euros en cas de séquelles graves (traumatisme crânien, paraplégie, etc.). Un piéton avec un taux d'AIPP de 8 à 10 % peut obtenir entre 12 000 et 25 000 € d'indemnisation globale.

Exemple n°1 : piéton percuté par une voiture sur un passage piéton

Un internaute ayant contacté la permanence de victime-info.fr après avoir été renversé sur un passage piéton par une voiture a reçu la proposition d'indemnisation suivante de la part de l'assureur :

  • Prétium doloris (souffrances endurées) : 2/7 — 2 000 euros
  • Préjudice esthétique : 2/7 — 2 000 euros
  • DFT (déficit fonctionnel temporaire) : 600 euros
  • DFP (déficit fonctionnel permanent) : 8 % — 7 000 euros
  • Frais de santé restant à charge : 467 euros

Total de la proposition : environ 12 067 euros.

⚠️ Première offre de l'assureur souvent insuffisante

Dans cet exemple, la proposition de l'assureur peut paraître correcte en apparence. Pourtant, après analyse par un professionnel, il s'est avéré que plusieurs postes de préjudice avaient été sous-évalués, notamment le DFP et les souffrances endurées. Il ne faut jamais accepter la première offre sans l'avoir fait vérifier par un professionnel de la défense des victimes.

Exemple n°2 : piéton renversé par un bus

Dans un second cas, un piéton a été heurté par un bus qui était masqué par un autre véhicule stationné. Après un accident avec un bus, l'assureur de la société de transport a formulé l'offre suivante :

Total de la proposition : environ 21 362 euros.

Ces deux exemples illustrent la grande variabilité des montants en fonction de la gravité des blessures et du type de véhicule impliqué. Pour obtenir une estimation personnalisée, il est recommandé d'utiliser le simulateur ci-dessous ou de consulter les exemples d'indemnisation en dommage corporel.

Simulateur d'indemnisation pour un piéton accidenté

Cliquez ici pour simuler votre indemnisation

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Le simulateur d'indemnisation des préjudices corporels permet d'obtenir une première approximation des montants auxquels un piéton blessé peut prétendre. Cet outil prend en compte les principaux postes de préjudice (souffrances endurées, déficit fonctionnel, préjudice esthétique, etc.).

✅ Limites du simulateur

Un simulateur en ligne donne une estimation indicative. De nombreux paramètres individuels (âge, profession, situation familiale, antécédents médicaux) influencent le montant final de l'indemnisation. Pour une évaluation précise, il est recommandé de faire appel à un avocat spécialisé en dommage corporel ou de contacter la permanence de victime-info.fr.

📞 Estimer son indemnisation

Cet outil gratuit permet d'obtenir une première estimation des indemnités auxquelles un piéton blessé peut prétendre.

Les étapes de l'indemnisation du piéton accidenté

La procédure d'indemnisation d'un piéton victime d'un accident de la route suit un parcours en plusieurs étapes encadrées par la loi Badinter. Connaître ces étapes permet de ne rien oublier et de défendre au mieux ses droits.

Étape 1 : le questionnaire corporel de la loi Badinter

Dans les six semaines suivant l'accident, l'assureur du véhicule responsable doit envoyer à la victime un questionnaire corporel. Ce document est prévu par la loi Badinter et permet de recueillir les informations nécessaires à l'évaluation du dommage.

Le questionnaire porte sur :

  • La situation personnelle et professionnelle de la victime (âge, emploi, situation familiale, revenus)
  • Les détails des blessures subies (certificats médicaux, arrêts de travail, hospitalisations)
  • Les circonstances de l'accident (lieu, heure, conditions météo, témoins)
⚠️ Bien remplir le questionnaire corporel

Le questionnaire corporel est un document crucial. La victime doit y joindre toutes les pièces justificatives disponibles : certificats médicaux initiaux, ordonnances, arrêts de travail, factures de soins, procès-verbal de police, photos des blessures, etc. Un dossier incomplet peut retarder l'indemnisation ou conduire à une sous-évaluation des préjudices.

Pour bien préparer ce dossier, il est utile de consulter le guide sur comment constituer son dossier d'indemnisation.

Étape 2 : déterminer la responsabilité de l'accident

L'identification du responsable de l'accident détermine quel assureur prendra en charge l'indemnisation. En cas d'accident impliquant un seul véhicule, c'est l'assureur de ce véhicule qui est tenu d'indemniser le piéton.

Lorsque plusieurs véhicules sont impliqués, c'est l'assureur du véhicule ayant la plus grande part de responsabilité qui doit envoyer le questionnaire et gérer l'indemnisation. En cas de doute sur la responsabilité, la convention IRCA (Indemnisation et Recours Corporel Automobile) organise les rapports entre assureurs pour accélérer le versement des indemnités.

✅ Accident avec un véhicule non assuré

Si le piéton est renversé par un véhicule non assuré ou dont le conducteur a pris la fuite, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) prend le relais pour indemniser la victime. Le piéton ne se retrouve jamais sans recours.

Étape 3 : le versement d'une provision

En attendant l'indemnisation définitive, l'assureur peut verser une provision à la victime. Cette avance financière a pour objectif d'éviter que le piéton blessé ne se retrouve en difficulté économique pendant la période de soins et de convalescence.

La provision couvre généralement les frais médicaux urgents, la perte de revenus immédiate et les dépenses courantes liées au handicap temporaire. Elle sera déduite du montant final de l'indemnisation une fois celui-ci calculé.

Il est tout à fait possible de demander une provision à l'assureur par courrier recommandé si celui-ci tarde à la proposer spontanément.

Étape 4 : l'expertise médicale

L'expertise médicale est une étape déterminante de la procédure d'indemnisation. Elle intervient généralement après la consolidation de l'état de santé du piéton, c'est-à-dire le moment où les blessures se sont stabilisées et ne sont plus susceptibles d'évoluer significativement.

Lors de cette expertise, un médecin expert examine la victime et évalue l'ensemble de ses préjudices selon la nomenclature Dintilhac :

  • Le déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne avant consolidation
  • Le déficit fonctionnel permanent (AIPP/DFP) : séquelles définitives
  • Les souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales
  • Le préjudice esthétique : cicatrices, déformations
  • Le préjudice professionnel : pertes de revenus, incidence professionnelle
  • Le préjudice d'agrément : impossibilité de pratiquer ses loisirs habituels
📌 L'importance de se faire accompagner à l'expertise

L'expertise médicale détermine directement le montant de l'indemnisation. La victime a le droit de se faire assister par un médecin conseil de victimes (différent du médecin expert de l'assurance). Ce professionnel veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués. Pour comprendre le déroulement de l'expertise médicale, un guide détaillé est disponible sur le site.

Étape 5 : l'offre définitive d'indemnisation

Après l'expertise médicale et la consolidation de l'état de santé, l'assureur dispose de cinq mois pour formuler une offre définitive d'indemnisation. Cette offre doit couvrir tous les postes de préjudices identifiés lors de l'expertise.

Si l'assureur ne respecte pas ces délais, le montant de l'indemnisation sera majoré par des intérêts de retard, ce qui constitue une incitation forte à respecter la procédure.

⚖️ Article L211-9 du Code des assurances

L'assureur qui garantit la responsabilité civile du fait d'un véhicule terrestre à moteur est tenu de présenter à la victime une offre d'indemnité comprenant tous les éléments indemnisables du préjudice, dans un délai maximum de huit mois à compter de l'accident. L'offre définitive doit être faite dans un délai de cinq mois suivant la date à laquelle l'assureur a été informé de la consolidation.

Indemnisation en cas de décès du piéton

Lorsqu'un accident de la route entraîne le décès d'un piéton, ce sont les ayants droit (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs) qui peuvent réclamer une indemnisation. Les proches de la victime décédée ont droit à la réparation de leurs propres préjudices.

Les postes de préjudice indemnisables pour les proches comprennent notamment :

  • Le préjudice moral (préjudice d'affection) : souffrance liée à la perte d'un être cher
  • Le préjudice économique : perte de revenus pour le foyer
  • Les frais d'obsèques
  • Le préjudice d'établissement pour le conjoint survivant
📊 Indemnisation du préjudice d'affection

En cas de décès d'un piéton, le préjudice d'affection est généralement indemnisé entre 20 000 et 40 000 € pour le conjoint, entre 15 000 et 30 000 € pour chaque enfant, et entre 8 000 et 20 000 € pour les parents et frères/sœurs. Ces montants varient selon les juridictions et les circonstances.

Les droits des familles en cas d'accident mortel sont détaillés dans un guide spécifique. Il est vivement recommandé aux proches endeuillés de se faire accompagner par un avocat spécialisé pour ne négliger aucun poste de préjudice.

Contester l'indemnisation proposée par l'assureur

La proposition d'indemnisation de l'assureur n'est jamais définitive tant que la victime ne l'a pas acceptée. Il est toujours possible — et souvent recommandé — de contester l'offre. Voici les principaux cas de figure.

L'expertise médicale semble incomplète ou sous-évaluée

Si la victime estime que l'expertise médicale n'a pas pris en compte l'ensemble de ses séquelles ou que certains préjudices ont été minimisés, elle peut demander une contre-expertise. Cette contre-expertise peut être réalisée à l'amiable ou ordonnée par un tribunal.

Il est fortement conseillé de se faire assister par un médecin conseil de victimes qui pourra relever les éventuelles insuffisances du rapport d'expertise initial.

⚠️ Ne pas se fier uniquement au médecin de l'assurance

Le médecin expert mandaté par l'assureur défend les intérêts de la compagnie d'assurance, pas ceux de la victime. Il est fréquent que certains préjudices soient sous-évalués (souffrances endurées, retentissement psychologique, classes de DFT). Se faire accompagner par son propre médecin conseil est un droit fondamental de la victime.

L'offre d'indemnisation paraît trop faible

Même si l'expertise médicale est correcte, l'assureur peut proposer des montants inférieurs à ce que les tribunaux accordent habituellement. La victime peut alors négocier en s'appuyant sur les barèmes du référentiel Mornet ou les exemples d'indemnisation publiés.

Il ne faut jamais hésiter à se méfier de son assureur et à comparer l'offre reçue avec les montants habituellement pratiqués par les tribunaux pour des préjudices similaires.

💡 Cas pratique : négociation après offre insuffisante

Une femme de 42 ans, renversée par un scooter alors qu'elle traversait sur un passage piéton, reçoit une offre d'indemnisation de 8 500 € de l'assureur. Accompagnée par un avocat spécialisé en dommage corporel, elle conteste l'évaluation des souffrances endurées (cotées 2/7 au lieu de 3/7) et du DFP (estimé à 5 % au lieu de 8 %). Après négociation puis saisine du tribunal, elle obtient finalement 19 200 €, soit plus du double de l'offre initiale.

Aucun accord n'est trouvé : saisir le tribunal

Si les négociations amiables échouent, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une indemnisation fixée par un juge. La procédure judiciaire est plus longue mais permet souvent d'obtenir des montants supérieurs aux propositions amiables des assureurs.

Un avocat spécialisé en dommage corporel est indispensable à ce stade. La procédure peut également inclure une expertise judiciaire réalisée par un médecin expert judiciaire indépendant.

Les délais de prescription à connaître

En matière d'indemnisation des piétons accidentés, il est crucial de respecter les délais de prescription, c'est-à-dire les délais au-delà desquels il n'est plus possible de réclamer une indemnisation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L'action en responsabilité née à raison d'un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Pour les victimes mineures, le délai ne commence à courir qu'à partir de leur majorité.

Le piéton victime dispose donc de 10 ans à compter de la date de consolidation de ses blessures pour agir. Ce délai est suffisamment long pour permettre une évaluation complète des séquelles, mais il ne faut pas le laisser expirer sans agir.

✅ Victimes mineures : un délai prolongé

Lorsque le piéton blessé est mineur au moment de l'accident, le délai de prescription de 10 ans ne commence à courir qu'à partir de ses 18 ans. Un enfant blessé à 8 ans peut ainsi agir jusqu'à ses 28 ans pour réclamer l'indemnisation de ses préjudices.

Les premiers réflexes après un accident de piéton

Les premiers gestes après un accident conditionnent la qualité du dossier d'indemnisation. Voici les réflexes essentiels à adopter :

  • Appeler les secours (15, 18 ou 112) et demander l'intervention de la police ou de la gendarmerie
  • Faire constater les blessures par un médecin le jour même (certificat médical initial)
  • Recueillir les coordonnées du conducteur, de son assureur et des témoins éventuels
  • Prendre des photos des lieux de l'accident, des véhicules et des blessures
  • Conserver toutes les pièces : ordonnances, arrêts de travail, factures, tickets de transport
  • Ne rien signer sans avoir consulté un professionnel

Le guide complet des premiers réflexes après un accident détaille l'ensemble des démarches à accomplir dans les premiers jours.

📌 Les 3 règles d'or du piéton accidenté

1. Ne jamais accepter la première offre de l'assureur sans l'avoir fait vérifier par un professionnel indépendant.

2. Se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de l'expertise médicale.

3. Conserver tous les justificatifs (médicaux, financiers, professionnels) depuis le jour de l'accident jusqu'à la consolidation et au-delà.

Les postes de préjudice indemnisables pour un piéton

L'indemnisation d'un piéton blessé dans un accident de la route couvre l'ensemble des préjudices identifiés par la nomenclature Dintilhac. Cette nomenclature distingue les préjudices temporaires (avant consolidation) et les préjudices permanents (après consolidation).

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans les actes de la vie courante pendant la période de soins. Le DFT est classé en plusieurs classes selon la gravité de la gêne.
  • Pertes de gains professionnels actuels : manque à gagner pendant l'arrêt de travail
  • Dépenses de santé actuelles : frais médicaux restant à charge après remboursement de la sécurité sociale
  • Frais divers : aide ménagère, transports, aménagement temporaire du logement

Les préjudices permanents (après consolidation)

Pour une vision complète de l'ensemble des postes indemnisables, la page dédiée aux différents postes de préjudice corporel recense chaque catégorie avec ses modalités de calcul.

Cas particuliers d'accidents de piétons

Piéton renversé par un vélo

Lorsqu'un piéton est heurté par un cycliste, la loi Badinter ne s'applique pas directement car le vélo n'est pas un véhicule terrestre à moteur. L'indemnisation relève alors du droit commun de la responsabilité civile (article 1240 du Code civil). Le piéton doit prouver la faute du cycliste. Pour en savoir plus, la page sur les accidents entre cycliste et piéton détaille cette situation.

Piéton victime d'une chute sur la voie publique

Si un piéton chute en raison d'un défaut d'entretien de la voirie (trottoir dégradé, plaque d'égout mal fixée, verglas non traité), il ne s'agit pas d'un accident de la circulation mais d'un accident lié à la responsabilité de la commune. La procédure d'indemnisation est différente et implique la collectivité territoriale responsable.

Accident de piéton à l'étranger

Un piéton français renversé à l'étranger peut faire valoir ses droits à indemnisation, mais les règles applicables varient selon le pays. La page consacrée aux accidents de la route à l'étranger explique les démarches spécifiques à accomplir.

✅ Accident sur le trajet domicile-travail

Si un piéton est renversé alors qu'il se rend à son travail ou en revient, l'accident peut être qualifié d'accident de trajet. Cette qualification ouvre des droits supplémentaires au titre de la législation sur les accidents du travail, en plus de l'indemnisation au titre de la loi Badinter.

Comprendre la loi Badinter et l'indemnisation du piéton

La loi Badinter du 5 juillet 1985 constitue le fondement du droit du dommage corporel en matière d'accidents de la circulation. Elle a été adoptée pour accélérer l'indemnisation des victimes et garantir une réparation intégrale de leurs préjudices.

Le principe de la réparation intégrale signifie que la victime doit être replacée dans la situation qui aurait été la sienne si l'accident n'avait pas eu lieu. Aucun préjudice ne doit rester sans compensation financière.

📌 L'essentiel de la loi Badinter pour les piétons

- Le piéton est un usager protégé : sa simple imprudence ne réduit pas son droit à indemnisation.

- L'assureur du véhicule impliqué doit envoyer un questionnaire dans les 6 semaines et proposer une offre dans les 8 mois.

- L'offre définitive doit intervenir dans les 5 mois suivant la consolidation.

- En cas de désaccord, la victime peut toujours saisir le tribunal.

- Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation.

Pour approfondir les bases de l'indemnisation corporelle, un dossier complet est disponible sur le site.

Questions fréquentes


Un piéton renversé est-il toujours indemnisé, même s'il a traversé au rouge ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. La loi Badinter protège le piéton en tant qu'usager faible de la route. Seule une faute inexcusable, cause exclusive de l'accident (par exemple, un acte volontaire de se jeter sous un véhicule), peut exclure l'indemnisation. La simple imprudence, comme traverser au feu rouge ou en dehors du passage piéton, ne réduit pas les droits à indemnisation du piéton.


Quel est le montant moyen d'indemnisation pour un piéton accidenté ?

Le montant dépend entièrement de la gravité des blessures et de leurs conséquences. Pour des blessures légères (fracture simple, contusions), l'indemnisation peut aller de 3 000 à 15 000 €. Pour des blessures moyennes avec séquelles (AIPP de 5 à 15 %), les montants se situent généralement entre 15 000 et 80 000 €. En cas de séquelles graves (traumatisme crânien, paraplégie), l'indemnisation peut dépasser plusieurs centaines de milliers d'euros.


La famille d'un piéton décédé dans un accident peut-elle être indemnisée ?

Oui. En cas de décès du piéton, les ayants droit (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs) peuvent réclamer l'indemnisation de leurs propres préjudices : préjudice d'affection, préjudice économique, frais d'obsèques. Le conjoint survivant peut notamment obtenir entre 20 000 et 40 000 € au titre du préjudice d'affection, et chaque enfant entre 15 000 et 30 000 €.


Combien de temps l'assureur a-t-il pour proposer une indemnisation au piéton ?

L'assureur doit envoyer le questionnaire corporel dans les 6 semaines suivant l'accident. Il dispose ensuite de 8 mois maximum à compter de l'accident pour faire une offre provisionnelle. L'offre définitive doit être présentée dans les 5 mois suivant la date de consolidation de l'état de santé de la victime. En cas de retard, des intérêts de pénalité s'appliquent.


Le piéton peut-il refuser l'offre d'indemnisation de l'assureur ?

Absolument. L'offre de l'assureur est une proposition, pas une décision imposée. La victime peut la négocier, demander une contre-expertise médicale, ou saisir le tribunal judiciaire si aucun accord n'est trouvé. Il est fortement recommandé de ne jamais accepter une offre sans l'avoir fait analyser par un avocat spécialisé en dommage corporel ou un professionnel de la défense des victimes.


Que faire si le conducteur qui a renversé le piéton a pris la fuite ?

Le piéton peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO), qui prend en charge l'indemnisation lorsque le responsable de l'accident n'est pas identifié ou n'est pas assuré. Il est essentiel de déposer plainte rapidement et de rassembler un maximum de preuves (témoignages, vidéosurveillance, certificats médicaux) pour constituer le dossier.


📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les piétons victimes d'accidents de la route. Un conseiller peut aider à évaluer le dossier, vérifier une offre d'assurance ou orienter vers un avocat spécialisé en dommage corporel.

Témoignages

Bon moi je me suis fait renverser en traversant au passage piéton, la voiture m'a pas vu et m'a tapé au niveau des jambes.. fracture du tibia et 4 mois d'arret de travail. L'assurance m'a proposé 6000€ au départ, franchement j'allais accepter parce que je connaissais rien du tout. Heureusement j'ai trouvé victime-info.fr qui m'a dit de surtout pas signer. Au final avec un avocat j'ai obtenu presque 22000€. Ca fait quand meme une sacré difference

— Marc, 58 ans, piéton renversé par une voiture

Honnêtement je savais même pas que j'avais le droit d'etre indemnisée vu que j'ai traversé en dehors du passage piéton.. un scooter m'a renversée et je me suis retrouvée avec une fracture du poignet et des cicatrices au visage. Quelqu'un m'a dit que la loi protege les pietons meme en cas de faute et effectivement j'ai eu mon indemnisation. Les démarches c'est long par contre, ca a duré presque 1 an et demi

— Amina, 33 ans, piétonne percutée par un scooter

Mon fils de 29 ans a été renversé par un camion en sortant du tram, traumatisme cranien sévère.. je peux vous dire que c'est un cauchemard. Les assurances essayent vraiment de payer le minimum. On a fait appel à un avocat spécialisé grace aux infos trouvées sur ce site et l'indemnisation qu'on a obtenu n'a rien a voir avec ce qu'ils proposaient au début. Si vous êtes dans cette situation faites vous aider c'est vraiment important

— Jean-Pierre, 67 ans, père d'un piéton gravement blessé

Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 28/02/2026