Être victime d’une agression est un événement traumatisant. Lorsque les faits se sont déroulés sans témoin direct, la situation peut sembler désespérée. Comment prouver ce qui s’est passé ? La parole de la victime suffit-elle ? Quels éléments réunir pour que la plainte aboutisse et qu’une indemnisation soit obtenue ?
Contrairement à une idée reçue très répandue, l’absence de témoin ne signifie pas qu’il est impossible d’obtenir justice. Le droit français admet de nombreux modes de preuve, et un dossier solide peut être constitué même lorsque personne n’a assisté aux faits. Ce guide complet détaille l’ensemble des preuves mobilisables, les démarches à suivre et les erreurs à éviter pour faire valoir ses droits après une agression sans témoin.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter gratuitement toute personne victime d’agression sans témoin. Il est possible de contacter la permanence victime-info.fr à tout moment.
Sommaire
- Le principe de la liberté de la preuve en matière pénale
- Les preuves médicales : le premier réflexe indispensable
- Les preuves matérielles et technologiques
- Témoignages indirects et déclarations de l’entourage
- Le dépôt de plainte : un acte fondateur
- Constituer un dossier d’indemnisation solide
- Agression sans témoin et indemnisation par la CIVI
- Les erreurs à éviter absolument
- L’importance d’un accompagnement juridique spécialisé
- Questions fréquentes
Le principe de la liberté de la preuve en matière pénale
En droit pénal français, un principe fondamental joue en faveur des victimes d’agression sans témoin : la liberté de la preuve. Contrairement au droit civil où certains modes de preuve sont imposés, le droit pénal permet au juge d’apprécier librement tous les éléments portés à sa connaissance.
« Hors les cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve et le juge décide d’après son intime conviction. »
Concrètement, cela signifie que le juge peut fonder sa décision sur un faisceau d’indices concordants même en l’absence de témoin oculaire. Un certificat médical, des images de vidéosurveillance, des messages menaçants, l’historique de géolocalisation d’un téléphone… Tous ces éléments, pris isolément, ne suffisent peut-être pas. Mais combinés, ils peuvent former une preuve solide et convaincante.
Le témoignage direct n’est d’ailleurs qu’un élément de preuve parmi d’autres, et il est lui-même faillible. La justice le sait. C’est pourquoi l’absence de témoin, si elle complique le dossier, ne le rend jamais impossible.
En droit pénal, la preuve est libre. Le juge statue selon son intime conviction. Un faisceau d’indices concordants peut suffire à établir la réalité d’une agression, même sans témoin direct. La victime doit réunir le maximum d’éléments matériels, médicaux et circonstanciels.
Les preuves médicales : le premier réflexe indispensable
Après une agression, la toute première démarche à accomplir est de se rendre aux urgences ou chez un médecin, même si les blessures semblent mineures. Les preuves médicales constituent le socle de tout dossier d’agression sans témoin.
Le certificat médical initial (CMI)
Le certificat médical initial est un document crucial. Établi par un médecin (urgentiste, médecin traitant ou médecin légiste), il décrit les blessures constatées et fixe une durée d’incapacité totale de travail (ITT). Cette ITT détermine la qualification pénale de l’infraction et la juridiction compétente.
Le certificat médical doit être établi le plus rapidement possible après les faits, idéalement dans les 24 à 48 heures. Plus le délai entre l’agression et la consultation est court, plus le lien de causalité entre les blessures et l’agression est difficile à contester.
Si la victime attend plusieurs jours avant de consulter, l’agresseur ou son assureur pourra argumenter que les blessures ont une autre origine. Il est impératif de consulter dans les heures qui suivent l’agression, même si la douleur semble supportable. Certaines lésions (traumatisme crânien, lésions internes) peuvent se révéler tardivement.
Les examens complémentaires
Selon la gravité des blessures, des examens complémentaires renforcent considérablement le dossier :
- Radiographies et scanners : fractures, fissures osseuses
- IRM : lésions des tissus mous, traumatismes crâniens
- Photographies médicales : ecchymoses, plaies, hématomes (avec date et heure sur les clichés)
- Bilan psychologique : stress post-traumatique, anxiété, troubles du sommeil
Le suivi médical dans la durée
Il ne suffit pas de consulter une seule fois. Un suivi médical régulier permet de documenter l’évolution des blessures et leur impact sur la vie quotidienne. Chaque consultation génère un document médical qui vient enrichir le dossier. Ce suivi sera déterminant lors de l’expertise médicale qui précède l’indemnisation.
Une femme de 35 ans est agressée dans un parking souterrain désert. Aucun témoin. Elle se rend immédiatement aux urgences : le médecin constate des ecchymoses au visage, des griffures sur les bras et un état de choc. L’ITT est fixée à 8 jours. Des photographies sont prises. Dans les semaines qui suivent, un psychologue diagnostique un syndrome de stress post-traumatique. Tous ces éléments médicaux, combinés aux images de vidéosurveillance du parking, permettent d’établir la réalité de l’agression et d’obtenir une indemnisation complète.
Les preuves matérielles et technologiques
Au-delà des preuves médicales, de nombreux éléments matériels et technologiques peuvent être rassemblés pour prouver une agression survenue sans témoin.
La vidéosurveillance
Les caméras de vidéosurveillance sont omniprésentes dans l’espace public et privé : rues, commerces, transports en commun, parkings, halls d’immeubles. Ces enregistrements constituent souvent la preuve la plus percutante en l’absence de témoin.
Il est essentiel d’agir rapidement car les images de vidéosurveillance sont généralement effacées automatiquement après 7 à 30 jours. La victime doit signaler l’existence potentielle de caméras aux enquêteurs dès le dépôt de plainte. Les forces de l’ordre ont le pouvoir de réquisitionner ces enregistrements.
Il est conseillé de retourner sur les lieux de l’agression (si possible accompagné) pour repérer les caméras de surveillance : commerces voisins, banques, pharmacies, immeubles résidentiels, caméras municipales. En noter l’emplacement et le communiquer rapidement aux enquêteurs. Pour les agressions dans les transports en commun, les opérateurs (RATP, SNCF) conservent les images pendant un délai limité.
Les preuves numériques et téléphoniques
Le téléphone portable de la victime et celui de l’agresseur (si identifié) peuvent fournir des éléments déterminants :
- Données de géolocalisation : preuve de la présence aux lieux et à l’heure des faits
- Messages et SMS menaçants : en amont ou en aval de l’agression
- Historique d’appels : appels passés juste après l’agression (appel aux secours, à un proche)
- Messages sur les réseaux sociaux : menaces, harcèlement, revendications de l’agresseur
- Enregistrements audio ou vidéo : si la victime a eu le réflexe d’activer l’enregistrement de son téléphone
Un enregistrement réalisé à l’insu de l’agresseur est en principe irrecevable en droit civil. Cependant, la jurisprudence pénale a évolué et la Cour de cassation admet désormais, sous certaines conditions, que de tels enregistrements puissent être versés aux débats. L’appréciation reste à la discrétion du juge. Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en agression pour évaluer la recevabilité de ce type de preuve.
Les traces matérielles sur les lieux
Des traces physiques peuvent corroborer le récit de la victime :
- Traces de sang sur les lieux
- Objets endommagés : lunettes cassées, vêtements déchirés, téléphone brisé
- ADN de l’agresseur : sous les ongles de la victime, sur les vêtements
- Empreintes digitales sur les objets touchés par l’agresseur
Il est important de conserver les vêtements portés lors de l’agression dans un sac en papier (pas en plastique, qui détériore les traces biologiques) et de ne pas les laver.
On estime à plus de 1,6 million le nombre de caméras de vidéosurveillance installées dans l’espace public en France. Dans les grandes villes, la probabilité qu’une caméra ait capté tout ou partie de la scène est significative.
Témoignages indirects et déclarations de l’entourage
Même en l’absence de témoin direct de l’agression, des témoignages indirects peuvent être déterminants pour étayer le dossier.
Les témoins de contexte
Plusieurs catégories de personnes peuvent apporter un témoignage utile :
- Les personnes ayant vu la victime juste après les faits : état de choc, blessures visibles, propos tenus à chaud
- Les voisins ayant entendu des cris, des bruits de lutte
- Les commerçants du quartier ayant remarqué un individu suspect
- Les secouristes, pompiers ou policiers intervenus sur place : leurs rapports d’intervention décrivent l’état de la victime
- Le personnel médical des urgences ayant accueilli la victime
Les attestations de proches
Les proches de la victime (famille, amis, collègues) peuvent rédiger des attestations sur l’honneur (conformes au modèle Cerfa n° 11527*03) décrivant :
- L’état de la victime avant et après l’agression
- Les confidences faites par la victime juste après les faits
- Le changement de comportement observé (peur, repli, cauchemars)
- Les conséquences sur la vie quotidienne et professionnelle
Les attestations de proches ne sont pas considérées comme des témoignages directs, mais elles sont recevables devant les tribunaux. Le juge leur accorde une valeur probante variable. Plus les attestations sont nombreuses, détaillées et concordantes, plus elles pèsent dans la balance. Elles sont particulièrement utiles pour prouver le préjudice moral lié à l’agression.
Les témoignages recueillis par les enquêteurs
Lors de l’enquête, les forces de l’ordre peuvent procéder à des auditions dans le voisinage, identifier des passants grâce à la vidéosurveillance, ou encore interroger des personnes ayant été en contact avec l’agresseur avant ou après les faits. La victime a tout intérêt à fournir aux enquêteurs le maximum d’informations pour orienter ces recherches.
Le dépôt de plainte : un acte fondateur
Le dépôt de plainte est une étape incontournable pour toute victime d’agression, qu’il y ait ou non des témoins. Il déclenche l’enquête judiciaire et permet de préserver les preuves.
Où et comment déposer plainte
La plainte peut être déposée :
- Au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie (le plus proche du lieu de l’agression ou du domicile de la victime)
- Par courrier recommandé adressé au procureur de la République
- En ligne via la pré-plainte en ligne (pour certaines infractions)
Aucun fonctionnaire de police ou de gendarmerie ne peut refuser d’enregistrer une plainte, même en l’absence de témoin. Si la victime se heurte à un refus, il est possible de saisir directement le procureur de la République par courrier recommandé, ou de contacter l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Ce refus constitue un manquement déontologique grave.
Les éléments à préparer pour le dépôt de plainte
Pour que le dépôt de plainte soit le plus efficace possible, la victime doit préparer en amont :
- Un récit chronologique détaillé des faits (lieu exact, heure, déroulement)
- Le certificat médical initial
- Les photographies des blessures
- Tout élément d’identification de l’agresseur (description physique, vêtements, véhicule, surnom)
- La liste des caméras de surveillance repérées à proximité
- Les captures d’écran de messages menaçants
- Les coordonnées de témoins potentiels
Un homme de 27 ans est agressé à 23h dans une rue peu fréquentée. Aucun témoin. Il note mentalement la description de l’agresseur, se rend aux urgences à 23h45 (certificat médical : ecchymose orbitaire, lèvre fendue, ITT 6 jours), photographie ses blessures avec son téléphone (horodatage automatique). Le lendemain, il retourne sur les lieux et repère une caméra de surveillance sur un commerce voisin. Lors du dépôt de plainte, il signale cette caméra. Les enquêteurs réquisitionnent les images qui montrent clairement l’agression. L’agresseur est identifié et poursuivi.
Constituer un dossier d’indemnisation solide
Prouver l’agression est une première étape. Obtenir une juste indemnisation en est une autre. Pour cela, la victime doit constituer un dossier complet documentant l’ensemble de ses préjudices.
Les différents postes de préjudice indemnisables
Conformément à la nomenclature Dintilhac, les préjudices indemnisables après une agression comprennent notamment :
- Les souffrances endurées (pretium doloris) : douleur physique et morale
- Le déficit fonctionnel temporaire et permanent (DFT et DFP/AIPP)
- Le préjudice esthétique : cicatrices, déformations
- Le préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisir
- Le préjudice moral : particulièrement important en cas d’agression
- Les pertes de revenus : arrêts de travail, perte d’emploi
- Les frais médicaux restés à charge
Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des montants auxquels la victime peut prétendre, poste par poste.
L’expertise médicale : un moment déterminant
L’expertise médicale est l’étape clé qui détermine l’évaluation des préjudices. Lors de cette expertise, un médecin examine la victime et évalue chaque poste de préjudice sur une échelle normée.
En cas d’agression sans témoin, l’expertise revêt une importance particulière car le rapport d’expertise constitue un élément de preuve supplémentaire : le médecin expert constate la compatibilité des blessures avec le mécanisme d’agression décrit.
La victime a le droit de se faire accompagner par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise. Ce praticien, indépendant de l’assureur et de la CIVI, veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués. Son intervention peut faire une différence considérable sur le montant final de l’indemnisation.
Agression sans témoin et indemnisation par la CIVI
Lorsque l’auteur de l’agression n’est pas identifié ou est insolvable, la victime peut saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI). Cette juridiction, présente dans chaque tribunal judiciaire, permet d’obtenir une indemnisation financée par le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI).
Les conditions pour saisir la CIVI
Pour être éligible à l’indemnisation par la CIVI, plusieurs conditions doivent être remplies :
- L’infraction doit avoir causé un dommage corporel ayant entraîné une ITT d’au moins 1 mois, OU l’infraction est un viol, une agression sexuelle, un attentat à la pudeur, un enlèvement ou une séquestration (aucune condition d’ITT dans ces cas)
- La victime doit être de nationalité française ou l’infraction doit avoir été commise sur le territoire français
- La demande doit être formulée dans les délais légaux
L’article 706-3 du Code de procédure pénale permet à toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non qui présentent le caractère matériel d’une infraction d’obtenir la réparation intégrale de son dommage. L’article 706-14 couvre les atteintes aux biens et les infractions légères (ITT inférieure à 1 mois) sous condition de ressources.
Le délai de saisine de la CIVI
Le délai pour saisir la CIVI est en principe de 3 ans à compter de la date de l’infraction. Toutefois, si des poursuites pénales sont engagées, ce délai est de 1 an à compter de la décision définitive de la juridiction pénale.
Le non-respect du délai de saisine de la CIVI entraîne l’irrecevabilité de la demande. La victime perd alors définitivement son droit à indemnisation par ce biais. Il est crucial d’agir rapidement et de ne pas laisser les délais courir. En cas de doute, consulter un avocat spécialisé ou la permanence de victime-info.fr.
La preuve devant la CIVI en cas d’agression sans témoin
Devant la CIVI, la charge de la preuve pèse sur la victime, mais le standard est celui de la vraisemblance et non de la certitude absolue. Les juges de la CIVI sont habitués à examiner des dossiers d’agression sans témoin et évaluent la cohérence globale du dossier :
- Le récit de la victime est-il constant et cohérent ?
- Les constatations médicales sont-elles compatibles avec l’agression décrite ?
- Existe-t-il des éléments matériels corroborants (vidéosurveillance, traces) ?
- Les attestations de l’entourage confirment-elles le changement d’état de la victime ?
Il est donc tout à fait possible d’obtenir une indemnisation par la CIVI même sans témoin direct, à condition de présenter un dossier complet et cohérent.
En 2022, le FGTI a versé plus de 370 millions d’euros aux victimes d’infractions pénales en France. De nombreux dossiers indemnisés concernaient des agressions sans témoin direct, la preuve ayant été établie par un faisceau d’indices concordants.
Les erreurs à éviter absolument
Certaines erreurs, souvent commises par méconnaissance, peuvent compromettre les chances de prouver une agression sans témoin et d’obtenir une indemnisation.
Erreur n° 1 : ne pas porter plainte par découragement
Beaucoup de victimes renoncent à déposer plainte parce qu’elles pensent que « sans témoin, ça ne sert à rien ». C’est faux. Le dépôt de plainte est le point de départ de l’enquête et conditionne l’accès à l’indemnisation. Sans plainte, pas d’enquête. Sans enquête, pas de réquisition de vidéosurveillance ni de prélèvements ADN.
Erreur n° 2 : tarder à consulter un médecin
Chaque jour qui passe après l’agression affaiblit la force probante du certificat médical. Idéalement, la consultation doit intervenir le jour même des faits.
Erreur n° 3 : laver les vêtements ou se laver avant les constatations
Les vêtements portés lors de l’agression peuvent contenir des traces ADN de l’agresseur. Se laver ou laver ses vêtements avant que des prélèvements aient été effectués détruit potentiellement des preuves cruciales.
Erreur n° 4 : ne pas signaler les caméras de surveillance
Les images de vidéosurveillance sont effacées après quelques jours ou semaines. La victime doit agir vite pour signaler leur existence aux enquêteurs.
Erreur n° 5 : accepter la première offre d’indemnisation
Le FGTI propose parfois une offre d’indemnisation basse, en espérant que la victime accepte rapidement. Il est fortement recommandé de faire analyser cette offre par un professionnel avant de l’accepter. Une fois signée, l’offre devient définitive. La victime peut contester et négocier l’offre d’indemnisation si elle est insuffisante.
Erreur n° 6 : ne pas se constituer partie civile
La constitution de partie civile permet à la victime de participer activement à la procédure pénale, d’accéder au dossier d’instruction et de demander des dommages et intérêts directement au tribunal. C’est un droit trop souvent négligé.
L’importance d’un accompagnement juridique spécialisé
Face à la complexité d’un dossier d’agression sans témoin, l’accompagnement par un professionnel du droit du dommage corporel est vivement recommandé.
Le rôle de l’avocat spécialisé
Un avocat spécialisé en dommage corporel peut :
- Conseiller la victime sur la stratégie probatoire à adopter
- Rédiger la plainte de manière optimale
- Solliciter des mesures d’investigation auprès du juge d’instruction
- Accompagner la victime lors de l’expertise médicale
- Saisir la CIVI et défendre le dossier devant cette juridiction
- Négocier avec le FGTI pour obtenir une indemnisation juste
L’aide juridictionnelle
Les victimes d’agression disposant de revenus modestes peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des honoraires d’avocat. Devant la CIVI, les frais de procédure sont par ailleurs réduits.
Les associations d’aide aux victimes, comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) partenaire de victime-info.fr, proposent un accompagnement gratuit : écoute, orientation juridique, aide aux démarches. Ce soutien peut être particulièrement précieux pour les victimes d’agression sans témoin qui se sentent isolées.
Le délai de prescription pour les actions en réparation de dommages corporels est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. Ce délai s’applique à l’action civile en indemnisation, distincte du délai de saisine de la CIVI.
Récapitulatif : les preuves à rassembler en cas d’agression sans témoin
Pour faciliter les démarches, voici un récapitulatif des éléments de preuve à réunir :
Preuves médicales : certificat médical initial (dans les 24h), photographies des blessures (horodatées), examens complémentaires (radio, IRM), suivi psychologique, bulletins d’hospitalisation.
Preuves matérielles : vêtements conservés dans un sac en papier, objets endommagés, prélèvements ADN.
Preuves technologiques : images de vidéosurveillance (signaler les caméras très vite), géolocalisation du téléphone, captures de messages menaçants, historique d’appels.
Témoignages indirects : attestations de proches (Cerfa 11527*03), rapport des secouristes, témoignages de voisins (bruits, cris).
Démarches administratives : dépôt de plainte détaillé, constitution de partie civile, saisine de la CIVI dans les délais.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
La parole de la victime suffit-elle pour prouver une agression sans témoin ?
La parole de la victime seule ne suffit généralement pas à entraîner une condamnation pénale. Cependant, elle constitue un élément de preuve qui, combiné à d’autres indices (certificat médical, vidéosurveillance, attestations de proches, traces matérielles), peut former un faisceau suffisant. Devant la CIVI, le standard de preuve est celui de la vraisemblance : un récit cohérent accompagné de preuves médicales peut permettre d’obtenir une indemnisation.
Peut-on déposer plainte pour agression même sans preuve ?
Oui, il est tout à fait possible — et recommandé — de déposer plainte même en l’absence de preuves immédiates. Le dépôt de plainte déclenche l’enquête, et c’est précisément cette enquête qui permettra de réunir des preuves (réquisition de vidéosurveillance, prélèvements ADN, auditions). Un policier ou gendarme ne peut légalement refuser d’enregistrer une plainte.
Quels sont les délais pour agir après une agression sans témoin ?
Le délai de prescription de l’action publique est de 6 ans pour les violences volontaires constitutives d’un délit. Le délai de saisine de la CIVI est de 3 ans à compter de l’infraction (ou 1 an après la décision pénale définitive). Le délai de l’action civile en réparation du dommage corporel est de 10 ans à compter de la consolidation (article 2226 du Code civil).
Comment obtenir les images de vidéosurveillance ?
La victime ne peut pas obtenir directement les images de vidéosurveillance d’un tiers. En revanche, en déposant plainte, elle peut demander aux enquêteurs de réquisitionner ces images. Il est essentiel d’agir rapidement car les enregistrements sont généralement effacés après 7 à 30 jours. La victime peut également signaler l’emplacement exact des caméras repérées sur les lieux.
L'agression sans témoin peut-elle être indemnisée par la CIVI ?
Oui, de nombreuses victimes d’agression sans témoin obtiennent une indemnisation par la CIVI. Les juges évaluent la cohérence globale du dossier : compatibilité des blessures avec le récit, constance des déclarations, éléments matériels corroborants. Un dossier bien préparé, accompagné d’un certificat médical détaillé et d’attestations de proches, a de bonnes chances d’aboutir.
Faut-il un avocat pour prouver une agression sans témoin ?
Un avocat n’est pas juridiquement obligatoire pour déposer plainte ni pour saisir la CIVI. Toutefois, dans un dossier d’agression sans témoin, l’assistance d’un avocat spécialisé est fortement recommandée. Ce professionnel peut orienter la stratégie probatoire, optimiser le dépôt de plainte, accompagner la victime lors de l’expertise médicale et défendre ses intérêts devant la CIVI pour obtenir une indemnisation maximale.
Conclusion
Être victime d’une agression sans témoin ne signifie pas être sans recours. Le droit français offre de nombreux mécanismes pour établir la réalité des faits et obtenir une indemnisation juste. Le certificat médical, les images de vidéosurveillance, les traces matérielles, les témoignages indirects et la cohérence du récit forment autant de briques qui, assemblées, construisent un dossier solide.
L’essentiel est d’agir vite — consulter un médecin, déposer plainte, signaler les caméras — et de se faire accompagner par des professionnels compétents. Chaque jour qui passe peut signifier la perte d’une preuve irremplaçable.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’agression sans témoin dans leurs démarches. Ne restez pas isolé face à cette situation.
Témoignages
— Mehdi, 31 ans, agressé dans la rue sans témoinBon moi ça m’est arrivé ya 1 an et demi, agressé en rentrant du boulot à 22h dans une rue déserte. J’ai cru que c’était foutu vu qu’il y avait personne autour.. mais en fait les flics ont trouvé une caméra sur un immeuble à 50m et ça a tout changé. J’avais aussi le certificat des urgences du soir même. Au final le gars a été identifié et moi j’ai eu 12 000€ d’indemnisation via la CIVI. Faut pas lacher même quand on a l’impression que c’est mort.
— Pauline, 44 ans, victime d'agression sur un parkingFranchement je voulais même pas porter plainte parce que je me disais sans témoin personne va me croire.. une amie m’a envoyé un lien vers victime-info.fr et j’ai compris que j’avais des droits. J’ai été aux urgences le soir même, j’ai gardé mes vêtements dans un sac, j’ai noté tous les détails. Mon avocat a demandé les images du parking, on voyait pas grand chose mais combiné avec le reste ça a suffit. Bref faut y aller même si on doute
— Rachid, 52 ans, père d'une victime d'agressionMon fils s’est fait agresser devant chez nous à 2h du mat, aucun témoin. On a déposé plainte dès le lendemain, certificat médical avec 15 jours d’ITT. Les voisins ont fait des attestations comme quoi ils avaient entendu des cris. La CIVI a accepté le dossier et mon fils a été indemnisé correctement. Merci à l’association qui nous a accompagné dans les démarches, sans eux on aurait probablement rien fait.



