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Comment contester une expertise médicale ? Guide complet pour les victimes

L’expertise médicale constitue une étape déterminante dans le parcours d’indemnisation d’une victime de dommage corporel. C’est sur la base du rapport d’expertise que seront évalués et chiffrés l’ensemble des préjudices subis. Mais que faire lorsque les conclusions de ce rapport ne reflètent pas la réalité des séquelles ? Lorsque des postes de préjudice ont été sous-évalués, voire oubliés ?

Contester une expertise médicale est un droit fondamental pour toute victime d’un accident ou d’une agression. Les démarches varient cependant selon le type d’expertise concerné : expertise amiable unilatérale, expertise contradictoire ou expertise judiciaire. Ce guide détaille, étape par étape, les différents recours possibles pour faire valoir ses droits et obtenir une indemnisation corporelle juste et complète.

Plusieurs personnes travaillant sur une expertise médical
Plusieurs personnes travaillant sur une expertise médical
📌 Les points clés à retenir

  • Toute victime a le droit de contester un rapport d’expertise médicale, qu’il soit amiable ou judiciaire.
  • La contestation d’une expertise amiable unilatérale passe par la demande d’une expertise contradictoire.
  • En cas de désaccord persistant, une expertise d’arbitrage ou judiciaire peut être sollicitée.
  • Se faire assister par un médecin expert de victimes est essentiel pour défendre ses intérêts.
  • Un avocat spécialisé en dommage corporel peut saisir le juge pour obtenir une contre-expertise judiciaire.

Qu’est-ce qu’une expertise médicale et pourquoi peut-elle être contestée ?

L’expertise médicale est un examen réalisé par un médecin expert, dont l’objectif est d’évaluer les conséquences physiques, psychologiques et fonctionnelles d’un accident ou d’une agression sur la victime. À l’issue de cet examen, le médecin rédige un rapport qui liste et quantifie les différents postes de préjudice selon la nomenclature Dintilhac.

Ce rapport sert de base au calcul de l’indemnisation. Il détermine notamment le taux d’AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique), les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le déficit fonctionnel temporaire, et bien d’autres postes. Or, les conclusions de ce rapport peuvent être contestables pour plusieurs raisons :

  • Sous-évaluation des séquelles : le médecin expert a minimisé la gravité des blessures ou des séquelles permanentes.
  • Oubli de postes de préjudice : certains préjudices n’ont pas été examinés ou mentionnés dans le rapport (préjudice d’agrément, préjudice sexuel, etc.).
  • Consolidation prématurée : l’état de santé de la victime n’était pas stabilisé au moment de l’expertise.
  • Partialité du médecin : le médecin mandaté par l’assureur peut avoir tendance à minorer les conclusions.
  • Erreur médicale : les conclusions contiennent des erreurs factuelles ou scientifiques.
⚠️ Attention à la consolidation prématurée

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à accepter une expertise alors que l’état de santé n’est pas encore stabilisé. La consolidation médicale est la date à partir de laquelle l’état de la victime n’évolue plus de manière significative. Si l’expertise est réalisée trop tôt, les séquelles définitives risquent d’être sous-évaluées. La victime doit alors contester la date de consolidation retenue.

Les différents types d’expertise médicale et leurs conditions de contestation

Les modalités de contestation dépendent directement du type d’expertise réalisée. Il existe quatre grands types d’expertise médicale en matière d’indemnisation du dommage corporel.

L’expertise médicale unilatérale (ou simple)

L’expertise médicale unilatérale est réalisée par le seul médecin conseil de la compagnie d’assurance. Ce médecin est mandaté et rémunéré par l’assureur. Il examine la victime seul, sans que celle-ci puisse être assistée par son propre médecin expert.

Ce type d’expertise est le plus courant dans les premières phases de la procédure amiable, notamment après un accident de la route. Le problème majeur est que le médecin de l’assurance a naturellement tendance à protéger les intérêts de son mandant, c’est-à-dire l’assureur.

Un droit souvent méconnu

La victime n’est jamais obligée d’accepter les conclusions d’une expertise unilatérale. Ce rapport n’a aucune force probante particulière. Il est toujours possible de demander une expertise contradictoire pour faire réévaluer ses préjudices. C’est même fortement recommandé dans la quasi-totalité des cas.

L’expertise médicale contradictoire

L’expertise médicale contradictoire met en présence deux médecins : le médecin conseil de l’assurance et le médecin expert de la victime. Les deux professionnels examinent conjointement la personne blessée et confrontent leurs analyses pour aboutir à un rapport commun.

Ce type d’expertise offre une meilleure protection des intérêts de la victime, à condition que celle-ci soit effectivement assistée par un médecin compétent en évaluation du dommage corporel. Si les deux médecins parviennent à un accord, le rapport est signé par les deux parties. En cas de désaccord, il est possible de recourir à une expertise d’arbitrage.

L’expertise médicale d’arbitrage

Lorsque le médecin de la victime et le médecin de l’assurance ne parviennent pas à se mettre d’accord sur l’évaluation des préjudices, une expertise d’arbitrage peut être organisée. Un troisième médecin expert, choisi d’un commun accord par les deux parties, est alors désigné pour trancher le litige.

⚠️ Piège à éviter lors de l'arbitrage

Il arrive fréquemment que l’assureur propose à la victime de choisir le médecin arbitre parmi une liste de trois noms qu’il a lui-même sélectionnés. Cette pratique n’est pas équitable. Pour garantir l’impartialité de l’arbitrage, la victime et l’assureur doivent choisir le médecin expert d’un commun accord. Le recours à un professionnel spécialisé (avocat ou association) est vivement recommandé pour éviter ce piège.

L’expertise médicale judiciaire

L’expertise judiciaire est ordonnée par un juge, qui désigne un médecin expert judiciaire inscrit sur les listes de la Cour d’appel. Ce médecin est indépendant des parties et agit en toute impartialité. L’expertise judiciaire a un caractère contradictoire : la victime peut être assistée de son propre médecin expert lors de l’examen.

L’expert judiciaire dépose d’abord un pré-rapport, sur lequel les parties peuvent formuler des observations (appelées « dires »). Le rapport définitif est ensuite déposé auprès du tribunal. Ce rapport, bien qu’il ne lie pas le juge, est en pratique très rarement écarté.

⚖️ Article 263 du Code de procédure civile

L’expertise judiciaire est ordonnée par le juge lorsqu’une question technique nécessite l’éclairage d’un spécialiste. Le juge n’est toutefois pas lié par les conclusions de l’expert et conserve son pouvoir d’appréciation souverain.

Comment contester une expertise médicale amiable unilatérale ?

L’expertise amiable unilatérale est la plus facile à contester, car elle n’a été réalisée que par le médecin de l’assurance, sans que la victime ait pu faire valoir ses observations par l’intermédiaire de son propre médecin.

Étape 1 : Faire appel à un médecin conseil de victimes

La première démarche consiste à consulter un médecin conseil spécialisé dans la défense des victimes. Ce professionnel va analyser le rapport d’expertise unilatérale, identifier les points de désaccord et préparer la contestation. Il connaît parfaitement la nomenclature Dintilhac et les barèmes d’évaluation du dommage corporel.

Étape 2 : Demander une expertise contradictoire

La victime (ou son médecin conseil) adresse un courrier à la compagnie d’assurance pour contester les conclusions du rapport unilatéral et demander la réalisation d’une expertise contradictoire. Ce courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception et détailler les points contestés.

Étape 3 : Participer à l’expertise contradictoire

Lors de l’expertise contradictoire, le médecin de la victime et le médecin de l’assurance examinent conjointement la personne blessée. Les deux médecins confrontent leurs analyses et tentent de parvenir à un accord sur l’évaluation des préjudices.

💡 Cas pratique : contestation d'une expertise unilatérale après un accident de la route

Monsieur D., 45 ans, a été victime d’un accident de la route ayant entraîné un traumatisme cervical et lombaire. Le médecin de l’assurance a évalué son taux d’AIPP à 3 %, avec des souffrances endurées cotées à 2/7. Estimant que ses séquelles étaient sous-évaluées, Monsieur D. a consulté un médecin expert de victimes. Celui-ci a identifié un syndrome post-traumatique non pris en compte et un retentissement professionnel significatif. Lors de l’expertise contradictoire, le taux d’AIPP a été réévalué à 8 % et les souffrances endurées à 3,5/7, ce qui a permis d’augmenter l’indemnisation de plus de 25 000 €.

À l’issue de l’expertise contradictoire, le médecin de l’assurance dispose de 20 jours pour adresser son rapport à la victime et à son médecin conseil. Si le rapport est conforme aux observations conjointes, le médecin de la victime le cosigne. Dans le cas contraire, la contestation peut se poursuivre.

📞 Besoin d'aide pour contester une expertise ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter toute personne concernée vers un médecin expert de victimes ou un avocat spécialisé.

Comment contester une expertise médicale amiable contradictoire ?

Lorsque l’expertise contradictoire n’a pas permis d’aboutir à un accord satisfaisant, ou lorsque le rapport du médecin de l’assurance reste non conforme malgré la présence du médecin de la victime, il existe deux recours principaux.

Recours n°1 : l’expertise d’arbitrage

Comme expliqué précédemment, une expertise d’arbitrage peut être demandée. Un troisième médecin, désigné d’un commun accord, tranche les points de désaccord. Cette solution reste dans le cadre amiable et permet d’éviter une procédure judiciaire plus longue et plus coûteuse.

Recours n°2 : la saisine du juge des référés

Si l’arbitrage n’aboutit pas ou si la victime estime que la procédure amiable ne permettra pas d’obtenir une évaluation juste, il est possible de saisir le tribunal. Le médecin conseil de la victime alerte alors l’avocat, qui saisit le juge des référés pour obtenir la désignation d’un expert judiciaire.

La saisine du juge des référés est une procédure rapide (quelques semaines à quelques mois) qui permet d’obtenir la désignation d’un médecin expert judiciaire inscrit sur les listes de la Cour d’appel. Ce médecin, indépendant des parties, réalisera une nouvelle expertise en toute impartialité.

Le coût de l'expertise judiciaire

Lorsque la victime saisit le juge des référés pour obtenir une expertise judiciaire, elle doit avancer les honoraires du médecin expert (généralement entre 800 € et 2 000 €). Ces frais pourront être récupérés auprès de la partie adverse en cas de succès de la procédure.

Comment contester une expertise médicale judiciaire ?

En principe, le rapport d’expertise judiciaire est difficilement contestable, car il a été réalisé par un expert indépendant désigné par le juge. Toutefois, la contestation reste possible dans certaines situations.

Formuler des observations sur le pré-rapport (les « dires »)

Avant de déposer son rapport définitif, l’expert judiciaire communique un pré-rapport aux parties. La victime dispose alors d’un délai (généralement fixé par l’expert, souvent de 4 à 6 semaines) pour formuler ses observations écrites, appelées « dires ». Ces dires permettent de signaler des erreurs, des omissions ou des points de désaccord. L’expert est tenu d’y répondre dans son rapport définitif.

⚠️ Ne pas négliger les dires

La phase des dires est le moment le plus important pour contester les conclusions d’une expertise judiciaire. Une fois le rapport définitif déposé, il est beaucoup plus difficile d’obtenir une nouvelle expertise. La victime doit impérativement se faire assister par son médecin conseil et son avocat pour rédiger des dires argumentés et étayés médicalement.

Demander une contre-expertise judiciaire

Si le rapport définitif contient des erreurs manifestes ou si des éléments nouveaux apparaissent, il est possible de demander au juge une contre-expertise médicale. Cette demande doit être solidement motivée et argumentée. Le juge n’accorde une nouvelle expertise que dans des cas exceptionnels : erreur manifeste, omission grave, ou découverte d’éléments nouveaux.

Contester le rapport devant le tribunal

Il est également possible de contester les conclusions du rapport d’expertise judiciaire lors de l’audience devant le tribunal. L’avocat de la victime peut produire un rapport médical de partie (rédigé par le médecin conseil de la victime) qui contredit les conclusions de l’expert judiciaire. Le juge, qui n’est pas lié par le rapport d’expertise, peut alors s’en écarter partiellement ou totalement.

⚖️ Article 246 du Code de procédure civile

Le juge n’est pas lié par les constatations ou les conclusions du technicien (expert). Il dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation et peut écarter tout ou partie du rapport d’expertise s’il l’estime nécessaire.

Récuser l’expert judiciaire

Dans certains cas, la victime peut demander la récusation de l’expert judiciaire avant même le début des opérations d’expertise. Cette demande est fondée lorsqu’il existe un motif sérieux de douter de l’impartialité de l’expert : lien avec l’une des parties, conflit d’intérêts, comportement partisan lors d’une précédente expertise, etc.

📊 Délai pour formuler des dires

La victime dispose généralement de 4 à 6 semaines après réception du pré-rapport pour formuler ses observations écrites (dires). Ce délai est fixé par l’expert judiciaire. Il est impératif de le respecter, car les dires tardifs peuvent être écartés.

Les bonnes pratiques pour maximiser ses chances lors d’une contestation

Contester une expertise médicale ne s’improvise pas. Voici les recommandations essentielles pour mettre toutes les chances de son côté.

Se faire accompagner par un médecin expert de victimes

La présence d’un médecin expert de recours est indispensable à chaque étape de la procédure. Ce professionnel connaît les techniques d’évaluation du dommage corporel, la nomenclature Dintilhac et les barèmes indicatifs. Il est le seul à pouvoir contredire efficacement le médecin de l’assurance sur le plan médical.

Constituer un dossier médical complet

La qualité de la contestation dépend en grande partie de la solidité du dossier médical. La victime doit constituer son dossier avec soin : certificats médicaux initiaux, comptes-rendus d’hospitalisation, imageries médicales, ordonnances, comptes-rendus de kinésithérapie, attestations du médecin traitant, etc.

Bien préparer l’expertise

Avant chaque rendez-vous d’expertise, il est essentiel de préparer l’expertise médicale minutieusement. La victime doit noter l’ensemble de ses doléances (douleurs, gênes, limitations fonctionnelles, retentissement sur la vie quotidienne, professionnelle, personnelle, etc.) et les transmettre à son médecin expert avant le rendez-vous.

Ne jamais accepter la première offre de l’assureur

Le rapport d’expertise conditionne directement le montant de l’offre d’indemnisation. Si les conclusions sont sous-évaluées, l’offre de l’assureur sera nécessairement insuffisante.

⚠️ Ne jamais signer sous pression

Les compagnies d’assurance ont tendance à formuler des offres d’indemnisation rapides, parfois avant même que la victime ait pu contester le rapport d’expertise. Il ne faut jamais accepter une offre sans avoir au préalable fait vérifier le rapport par un médecin conseil de victimes et un professionnel du droit. Une offre acceptée et signée est définitive et ne peut plus être contestée.

Respecter les délais de prescription

En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures. Ce délai laisse à la victime le temps de contester une expertise et d’engager les recours nécessaires. Toutefois, il est préférable d’agir le plus rapidement possible pour préserver les preuves et les témoignages.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

Les cas particuliers de contestation d’expertise médicale

Contestation après un accident de la route

En matière d’accident de la circulation, la loi Badinter de 1985 impose à l’assureur de formuler une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident. L’assureur mandate donc rapidement son médecin pour réaliser une expertise. La victime doit être vigilante et ne pas hésiter à contester si elle estime que son état n’est pas encore consolidé ou que les conclusions sont insuffisantes.

Pour trouver un médecin expert compétent après un accident de la route, la permanence de victime-info.fr peut orienter la victime vers des professionnels spécialisés.

💡 Cas pratique : consolidation prématurée après un accident de la route

Madame L., 38 ans, a été victime d’un accident de voiture ayant provoqué une fracture du plateau tibial. Le médecin de l’assurance a fixé la date de consolidation à 12 mois après l’accident. Or, Madame L. souffrait encore de douleurs importantes et suivait une rééducation intensive. Son médecin conseil a adressé un courrier à l’assureur contestant la date de consolidation, accompagné d’un certificat médical de son chirurgien attestant que l’état n’était pas stabilisé. L’expertise a finalement été reportée de 8 mois, permettant une évaluation plus juste des séquelles définitives.

Contestation après un accident de la vie

Après un accident de la vie (chute, accident domestique, accident de sport), la contestation d’expertise suit les mêmes principes généraux. Toutefois, le cadre juridique peut être différent : l’indemnisation dépend souvent d’une garantie des accidents de la vie (GAV) souscrite par la victime, ou de la mise en cause de la responsabilité d’un tiers.

Dans le cadre d’une GAV, c’est l’assureur de la victime elle-même qui mandate le médecin expert. La vigilance est donc d’autant plus nécessaire, car l’assureur a un intérêt financier direct à minimiser l’indemnisation.

Contestation après un accident du travail

En cas d’accident du travail, l’expertise est réalisée dans un cadre spécifique (Sécurité sociale, tribunal judiciaire pôle social). Les voies de contestation sont différentes : la victime peut contester le taux d’incapacité permanente fixé par la CPAM devant le tribunal judiciaire. L’assistance d’un médecin conseil spécialisé reste indispensable.

Contestation en cas d’aggravation de l’état de santé

Lorsque l’état de santé de la victime s’aggrave après la consolidation initiale, il est possible de demander une nouvelle expertise pour faire reconnaître cette aggravation du préjudice corporel. Cette démarche permet d’obtenir une indemnisation complémentaire pour les nouveaux préjudices apparus.

Aggravation et prescription

Le délai de prescription de 10 ans recommence à courir à compter de la date de consolidation de l’aggravation. La victime dispose donc d’un nouveau délai pour agir, même si l’indemnisation initiale a déjà été versée.

Tableau récapitulatif : comment contester selon le type d’expertise

Type d’expertise Motif de contestation Recours possible
Expertise unilatérale (médecin assurance seul) Sous-évaluation, partialité, consolidation prématurée Demander une expertise contradictoire avec son propre médecin expert
Expertise contradictoire (deux médecins) Désaccord persistant sur l’évaluation des préjudices Expertise d’arbitrage ou saisine du juge des référés
Expertise d’arbitrage Partialité du médecin arbitre, conclusions insuffisantes Saisine du juge des référés pour expertise judiciaire
Expertise judiciaire Erreur manifeste, omission grave, élément nouveau Dires sur le pré-rapport, demande de contre-expertise, contestation devant le tribunal
📊 Impact financier de la contestation

Selon les cas, la contestation d’un rapport d’expertise peut permettre d’augmenter l’indemnisation de 30 % à 300 %. Par exemple, la réévaluation d’un taux d’AIPP de 5 % à 10 % peut représenter une différence de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur l’indemnisation globale.

Les professionnels à solliciter pour contester une expertise médicale

La contestation d’un rapport d’expertise nécessite l’intervention de professionnels spécialisés.

Le médecin expert de victimes

Le médecin expert de victimes (ou médecin conseil de recours) est un médecin formé à l’évaluation du dommage corporel qui travaille exclusivement dans l’intérêt de la victime. Son rôle est d’analyser le dossier médical, de préparer la victime à l’expertise, de l’assister lors de l’examen et de contester les conclusions insuffisantes.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

L’avocat spécialisé en dommage corporel intervient pour les aspects juridiques de la contestation : rédaction des courriers de contestation, saisine du tribunal, négociation avec l’assureur, et représentation devant le juge. Son expertise juridique complète celle du médecin expert sur le plan médical.

Les associations d’aide aux victimes

Des associations spécialisées, comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, peuvent accompagner et orienter les victimes dans leurs démarches de contestation, souvent gratuitement.

📞 Un rapport d'expertise à contester ?

La permanence de victime-info.fr peut orienter toute victime vers un médecin expert de victimes ou un avocat spécialisé en dommage corporel pour contester un rapport d’expertise médicale.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Quel est le délai pour contester une expertise médicale amiable ?

Il n’existe pas de délai légal strict pour contester une expertise médicale amiable. Toutefois, la victime dispose d’un délai de prescription de 10 ans à compter de la date de consolidation (article 2226 du Code civil) pour engager une action en indemnisation. Il est néanmoins recommandé d’agir le plus rapidement possible pour préserver ses droits et faciliter la collecte des preuves médicales.


Combien coûte la contestation d'une expertise médicale ?

Les honoraires d’un médecin expert de victimes varient généralement entre 600 € et 1 500 € selon la complexité du dossier. Les frais d’expertise judiciaire (consignation) sont compris entre 800 € et 2 000 €. Ces frais peuvent être récupérés auprès de la partie adverse en cas de succès de la procédure. Certaines assurances de protection juridique prennent en charge tout ou partie de ces frais.


Peut-on contester une expertise médicale judiciaire définitive ?

Le rapport d’expertise judiciaire définitif est difficilement contestable mais pas impossible à remettre en cause. La victime peut produire un rapport médical de partie contredisant les conclusions de l’expert. Le juge, qui n’est pas lié par le rapport (article 246 du Code de procédure civile), peut s’en écarter. Dans des cas exceptionnels (erreur manifeste, élément nouveau), une contre-expertise peut être ordonnée.


Faut-il obligatoirement un avocat pour contester une expertise médicale ?

Un avocat n’est pas obligatoire pour contester une expertise amiable. La victime peut elle-même adresser un courrier de contestation à l’assureur et demander une expertise contradictoire. En revanche, pour saisir le tribunal et obtenir une expertise judiciaire, l’assistance d’un avocat spécialisé en dommage corporel est fortement recommandée, voire obligatoire selon la juridiction saisie.


Que se passe-t-il si la victime ne conteste pas une expertise défavorable ?

Si la victime ne conteste pas un rapport d’expertise défavorable, l’offre d’indemnisation de l’assureur sera calculée sur la base de ce rapport. Les préjudices sous-évalués ou oubliés ne seront pas indemnisés. La victime risque alors de recevoir une indemnisation très inférieure à ce qu’elle pourrait légitimement obtenir. C’est pourquoi il est essentiel de faire vérifier tout rapport d’expertise par un médecin conseil indépendant.


L'expertise amiable ou judiciaire : quelle procédure privilégier ?

La procédure amiable est plus rapide et moins coûteuse. Elle est à privilégier lorsque les chances de parvenir à un accord sont raisonnables. La procédure judiciaire, plus longue et plus coûteuse, offre en revanche de meilleures garanties d’impartialité. Le choix entre les deux dépend de la complexité du dossier, de l’attitude de l’assureur et des enjeux financiers en cause.


Conclusion : ne jamais renoncer à une indemnisation juste

Contester une expertise médicale est un droit essentiel pour toute victime de dommage corporel. Que l’expertise soit amiable ou judiciaire, les voies de recours existent et permettent, dans la grande majorité des cas, d’obtenir une réévaluation plus juste des préjudices subis.

L’accompagnement par un médecin expert de victimes et un avocat spécialisé en dommage corporel est la clé pour réussir une contestation d’expertise. Ces professionnels disposent des compétences médicales et juridiques nécessaires pour identifier les erreurs, argumenter la contestation et obtenir une indemnisation conforme au principe de réparation intégrale du préjudice.

📞 Besoin d'accompagnement pour contester une expertise ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes vers des médecins experts et des avocats spécialisés en dommage corporel.

Témoignages

Bon moi j’ai eu un accident ya 3 ans, fracture du bassin et séquelles au dos. Le médecin de l’assurance m’avait mis 4% d’AIPP et 2/7 en souffrances.. j’ai trouvé un médecin conseil de victimes grâce à victime-info.fr et au final après l’expertise contradictoire on est monté à 12% d’AIPP et 4/7. La différence sur l’indemnisation c’est genre 40 000€ de plus. Franchement faut jamais accepter la première expertise comme ça

— Laurent, 52 ans, accident de la route

Honnêtement j’y connaissais rien en expertise médicale.. je me suis cassé le poignet en glissant dans un magasin, l’assurance du magasin a envoyé un médecin qui a dit que j’avais plus rien alors que j’ai toujours des douleurs. Mon médecin traitant m’a dit de contester et j’ai fini par trouver un médecin expert qui m’a accompagnée. Résultat la contre expertise a montré que j’avais une perte de mobilité permanente. Si j’avais rien fait j’aurais eu 0

— Amina, 29 ans, chute dans un magasin

Je voulais juste témoigner pour dire que c’est possible de contester même quand on croit que c’est trop tard. Moi c’était un accident du travail, l’expertise avait été faite ya 2 ans et j’avais laissé tomber. En fait j’ai appris sur ce site qu’on avait 10 ans pour agir. J’ai repris le dossier avec un avocat spécialisé et un médecin conseil, et finalement j’ai obtenu une réévaluation. C’est pas simple mais ça vaut le coup

— Patrick, 61 ans, accident du travail