Après un accident ou une agression, la victime d’un préjudice corporel se pose naturellement une question essentielle : quel montant d’indemnisation est-il possible d’obtenir ? Le calcul indicatif de l’indemnisation du préjudice corporel repose sur une méthodologie précise, mais chaque dossier est unique. Comprendre les mécanismes de ce calcul permet à la personne blessée de mieux défendre ses droits et d’éviter d’accepter une offre sous-évaluée.
Ce guide détaillé explique toutes les étapes du calcul, les postes de préjudice selon la nomenclature Dintilhac, les barèmes utilisés, des exemples concrets d’indemnisation et les recours possibles en cas de désaccord. Pour toute question, la permanence de victime-info.fr est disponible gratuitement.

Sommaire
- Les différents postes de préjudice corporel
- Les étapes du calcul de l’indemnisation
- Barèmes et références utilisés pour le calcul
- La subjectivité de l’indemnisation corporelle
- Les calculs propres à chaque poste de préjudice
- Comment contester une indemnisation insuffisante
- Exemples concrets d’indemnisation de dommages corporels
- Notions essentielles à connaître
- Questions fréquentes
Les différents postes de préjudice corporel
Le préjudice corporel n’est pas un poste unique. Il constitue une grande famille regroupant de nombreux préjudices distincts, chacun correspondant à un aspect différent des souffrances et des pertes subies par la victime. La nomenclature Dintilhac, établie en 2005, sert de référence pour classer et recenser l’ensemble de ces postes.
Les préjudices temporaires (avant la consolidation)
Ces postes couvrent la période allant de l’accident jusqu’à la date de consolidation médicale, c’est-à-dire le moment où l’état de santé de la victime se stabilise :
- Dépenses de santé actuelles (DSA) : frais médicaux, hospitalisation, kinésithérapie, médicaments
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : perte de qualité de vie pendant la convalescence
- Pertes de gains professionnels actuels (PGPA) : salaires perdus pendant l’arrêt de travail
- Préjudice esthétique temporaire (PET) : altération de l’apparence pendant les soins
- Souffrances endurées (SE) : douleurs physiques et morales liées à l’accident et aux traitements
Les préjudices permanents (après la consolidation)
Ces postes concernent les séquelles définitives qui subsistent même après la consolidation :
- Déficit fonctionnel permanent (DFP, anciennement AIPP) : taux d’incapacité permanente
- Préjudice esthétique permanent (PE) : cicatrices, déformations visibles
- Préjudice sexuel (PS) : impact sur la vie intime
- Préjudice d’agrément (PA) : impossibilité de pratiquer des activités de loisirs
- Assistance tierce personne (ATP) : besoin d’aide au quotidien
La nomenclature Dintilhac recense environ 27 postes de préjudice. Le médecin expert l’utilise lors de l’expertise pour s’assurer qu’aucune séquelle n’est oubliée. La victime a tout intérêt à la consulter avant l’expertise pour vérifier que tous ses préjudices sont bien pris en compte. Un guide détaillé de la nomenclature Dintilhac est disponible sur victime-info.fr.
Les étapes du calcul de l’indemnisation du préjudice corporel
Le calcul indicatif de l’indemnisation du préjudice corporel suit un processus en plusieurs étapes bien définies. Chaque étape conditionne la suivante, ce qui rend la rigueur indispensable dès le début.
Étape 1 : la consultation médicale immédiate
Dès que l’accident survient, la victime doit consulter son médecin traitant le plus rapidement possible. Ce premier examen médical est fondamental : il permet d’établir un certificat médical initial (CMI) décrivant l’ensemble des blessures constatées.
Plus le délai entre l’accident et la consultation est court, plus il sera facile d’établir un lien de causalité entre l’accident et les lésions. Ce certificat constitue la première pièce essentielle du dossier d’indemnisation.
Un retard dans la consultation médicale peut être exploité par l’assureur pour contester le lien entre l’accident et certaines blessures. Idéalement, la victime doit consulter dans les 24 à 48 heures suivant l’accident, même si les douleurs semblent légères au départ.
Étape 2 : le suivi médical et la consolidation
Après les premiers soins, la victime entre dans une phase de traitement et de rééducation. Tout au long de cette période, il est crucial de conserver tous les justificatifs : ordonnances, factures de soins, comptes rendus d’examens, arrêts de travail.
La phase de traitement prend fin avec la consolidation médicale. Il ne s’agit pas nécessairement d’une guérison complète, mais du moment où l’état de santé se stabilise et n’évolue plus de façon significative. La date de consolidation est déterminée par le médecin et formalisée par un certificat médical de consolidation.
Étape 3 : l’expertise médicale
Une fois l’état consolidé, un médecin expert examine la victime. Cette expertise médicale est une étape déterminante : le médecin expert évalue chaque poste de préjudice selon la nomenclature Dintilhac et rédige un rapport détaillé.
Il est vivement recommandé de se faire accompagner par un médecin conseil de victimes lors de cette expertise. Ce professionnel, indépendant de l’assureur, veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués.
Le médecin expert mandaté par l’assureur défend les intérêts de la compagnie d’assurance. Le médecin conseil de victimes, lui, défend exclusivement les intérêts de la personne blessée. Sa présence lors de l’expertise peut faire une différence significative sur l’évaluation des préjudices. Les honoraires d’un médecin expert sont détaillés sur victime-info.fr.
Étape 4 : le chiffrage financier par l’assureur
Une fois le rapport d’expertise médicale établi, l’assureur procède au chiffrage financier de chaque poste de préjudice. Concrètement, il transforme les évaluations médicales (notes sur 7, taux en pourcentage, classes de DFT) en montants d’indemnisation.
Pour cela, l’assureur s’appuie sur des barèmes internes et des références de jurisprudence. Il rédige ensuite une proposition d’indemnisation adressée à la victime, qui dispose alors d’un délai pour l’accepter ou la contester.
Les compagnies d’assurance proposent souvent des montants inférieurs à ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal. Il est fondamental de faire vérifier la proposition par un professionnel avant de l’accepter. Une fois signée, la victime ne peut plus revenir en arrière (sauf dans un délai de rétractation de 15 jours prévu par la loi Badinter). Pour contester une indemnisation corporelle d’assurance, plusieurs solutions existent.
Barèmes et références utilisés pour le calcul de l’indemnisation
Le calcul indicatif de l’indemnisation du préjudice corporel ne repose pas sur un barème unique et officiel. Plusieurs outils de référence coexistent et sont utilisés par les assureurs, les avocats et les tribunaux.
Le référentiel Mornet
Le référentiel Mornet (aussi appelé référentiel indicatif des Cours d’appel) est un document régulièrement mis à jour qui propose des fourchettes d’indemnisation pour chaque poste de préjudice. Il est utilisé par de nombreuses juridictions en France.
Le référentiel Mornet n’a pas de valeur contraignante mais constitue un indicateur fiable des montants habituellement alloués par les tribunaux. Les versions les plus récentes sont le référentiel Mornet 2022 et le référentiel Mornet 2021.
Placement des indemnités victimes et handicap
Les barèmes d’indemnisation
Plusieurs barèmes permettent d’estimer le montant d’indemnisation selon le type de préjudice :
- Le barème d’indemnisation général
- Le barème AIPP pour le déficit fonctionnel permanent
- Le barème des souffrances endurées
- La valeur du point AIPP selon l’âge de la victime
Pour donner un repère indicatif : un déficit fonctionnel permanent (DFP) de 5 % chez une personne de 30 ans peut être indemnisé entre 8 000 et 14 000 euros environ. Pour des souffrances endurées cotées 3/7, les montants se situent généralement entre 6 000 et 12 000 euros. Ces chiffres varient considérablement selon les circonstances de chaque dossier.
Les simulateurs d’indemnisation
Pour obtenir une première estimation, la victime peut utiliser les simulateurs d’indemnisation disponibles sur victime-info.fr. Ces outils permettent d’obtenir un calcul indicatif en fonction des données propres à chaque situation.
Le simulateur de victime-info.fr permet d’obtenir une estimation indicative de l’indemnisation des préjudices corporels en quelques minutes.
La subjectivité de l’indemnisation corporelle
Il est important de comprendre que le calcul est différent pour chaque préjudice corporel. Mais surtout, chaque dossier est unique : le montant final dépend de l’âge, de la situation professionnelle, de la situation familiale et du mode de vie de la victime avant l’accident.
Le principe fondamental qui gouverne l’indemnisation en droit français est celui de la réparation intégrale du préjudice. Concrètement, l’indemnisation doit replacer la victime dans la situation qui aurait été la sienne si l’accident n’avait pas eu lieu.
« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Ce principe fondamental impose une réparation intégrale : la victime doit être indemnisée de l’ensemble de ses préjudices, ni plus ni moins.
Le calcul doit donc prendre en compte :
- Les pertes subies entre le jour du dommage et la consolidation (préjudices temporaires)
- Les séquelles permanentes qui ne disparaissent pas après la consolidation
- Les préjudices futurs : évolution de carrière rendue impossible, besoin d’aide à domicile, soins futurs
- Le retentissement sur la vie personnelle, familiale et sociale
Deux passagers d’une même voiture subissent le même accident et présentent des blessures similaires (fracture du poignet). Le premier passager est un pianiste professionnel de 28 ans : l’impact sur sa carrière et sa vie quotidienne est considérable. Le second est un retraité de 70 ans : le retentissement professionnel est moindre, mais les complications liées à l’âge peuvent être plus importantes. Le calcul de l’indemnisation sera donc très différent pour chacun, même si le préjudice physique initial est comparable.
Les calculs propres à chaque poste de préjudice corporel
Chaque poste de préjudice fait l’objet d’un mode de calcul spécifique. Voici les principaux postes et les méthodes utilisées pour les évaluer financièrement.
Déficit fonctionnel temporaire (DFT)
Le déficit fonctionnel temporaire est calculé sur la base d’un montant journalier (environ 25 à 30 euros par jour pour un DFT total) multiplié par le nombre de jours d’incapacité. Il existe 4 classes de DFT (de 25 % à 100 %) selon le degré de gêne.
Souffrances endurées (pretium doloris)
Les souffrances endurées sont évaluées par le médecin expert sur une échelle de 1 à 7. Chaque niveau correspond à une fourchette d’indemnisation. Le calcul du pretium doloris dépend du barème utilisé. Pour une estimation indicative, la page consacrée au calcul indicatif du pretium doloris fournit les fourchettes détaillées.
Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP)
Le déficit fonctionnel permanent est calculé en multipliant le taux d’AIPP par la valeur du point, cette dernière variant selon l’âge de la victime. Plus la victime est jeune, plus la valeur du point est élevée, car elle devra supporter les séquelles plus longtemps.
Préjudice esthétique
Le préjudice esthétique est évalué sur une échelle de 1 à 7 par le médecin expert. Le calcul indicatif du préjudice esthétique prend en compte la localisation et la visibilité des cicatrices ou déformations.
Préjudice sexuel
Le préjudice sexuel couvre trois aspects : l’atteinte aux organes sexuels, l’impossibilité ou la difficulté d’avoir des rapports, et l’impossibilité de procréer. Le calcul indicatif du préjudice sexuel est disponible sur victime-info.fr.
L’ensemble des postes de préjudice et leurs modes de calcul sont détaillés sur la page les différents postes de préjudices corporels. Il est recommandé de consulter chaque poste pertinent avant l’expertise médicale.
Comment contester une indemnisation insuffisante
L’offre d’indemnisation proposée par l’assureur n’est pas définitive. La victime dispose de plusieurs leviers pour la contester si elle estime que le montant ne reflète pas la réalité de ses préjudices.
Hypothèse 1 : l’expertise médicale est incomplète ou sous-évaluée
Si la victime considère que certains préjudices ont été mal évalués ou oubliés lors de l’expertise, il est possible de demander une contre-expertise médicale. Une nouvelle expertise sera alors réalisée, et le rapport actualisé sera transmis à l’assureur pour un nouveau chiffrage.
Pour bien préparer l’expertise médicale, il est essentiel de rassembler tous les documents médicaux et de lister l’ensemble des répercussions de l’accident sur la vie quotidienne. La page dédiée sur victime-info.fr explique en détail comment se déroule une expertise médicale.
Il n’existe pas de délai légal strict pour demander une contre-expertise, mais il est recommandé d’agir rapidement. Plus le temps passe, plus il sera difficile de démontrer que l’expertise initiale était incomplète. Pour connaître la marche à suivre, consulter le guide pour contester une expertise médicale.
Hypothèse 2 : la proposition financière est trop faible
La victime peut contester et négocier l’offre d’indemnisation point par point avec l’assureur. Pour chaque poste de préjudice jugé sous-évalué, il est possible de présenter des arguments étayés par la jurisprudence et les barèmes de référence.
Des modèles de lettres sont disponibles sur victime-info.fr pour faciliter cette démarche de contestation.
Hypothèse 3 : aucun accord n’est trouvé
Si les négociations n’aboutissent pas, la victime peut saisir la justice avec l’aide d’un avocat spécialisé en dommages corporels. Le tribunal compétent est celui du domicile du défendeur ou celui du lieu de l’accident.
En cas d’aggravation des préjudices corporels après la consolidation, une nouvelle demande d’indemnisation complémentaire peut être formulée.
Le délai de prescription pour les actions en réparation d’un dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. Ce délai relativement long permet à la victime de prendre le temps nécessaire pour évaluer correctement l’étendue de ses préjudices.
Exemples concrets d’indemnisation de dommages corporels
Pour mieux comprendre le calcul indicatif de l’indemnisation du préjudice corporel, voici trois exemples concrets tirés de situations réelles. Ces montants sont indicatifs et varient selon les circonstances de chaque dossier. D’autres exemples d’indemnisation de dommages corporels sont disponibles sur victime-info.fr.
Exemple 1 : indemnisation d’une victime d’accident de voiture
| Postes de préjudices | Proposition de l’assurance | contre-proposition de l’avocat | Indemnisation finale |
|---|---|---|---|
| Dépenses de santé actuelle | – | – | – |
| Déficit fonctionnel temporaire | 270,25 € | 270,25 | 270,25 |
| Pertes de gains professionnels actuels | – | – | – |
| Souffrances endurées | 3 000 € | 6 000 € | 5 000 € |
| Déficit fonctionnel permanent (2%) | 2 500 € | 3 540 € | 3 200 € |
| Préjudice esthétique temporaire | 600 € | 800 € | 700 € |
| Assistance par tierce personne | 219,36 € | 292,48 € | 219,36 € |
| Préjudice sexuel | – | – | – |
| Frais divers | – | 1 200 € | 1200 € |
| TOTAL | 10 589,61 € |

Une femme de 35 ans, passagère, est victime d’un accident de la route. Elle subit une fracture de la clavicule et un traumatisme cervical. Après 8 mois de soins, la consolidation intervient avec un DFP de 4 %, des souffrances endurées évaluées à 3/7 et un DFT total de 45 jours. L’indemnisation peut se décomposer ainsi : DFT (environ 1 350 euros), souffrances endurées (environ 8 000 euros), DFP (environ 7 500 euros), dépenses de santé restées à charge, préjudice esthétique si cicatrice visible. Total indicatif : entre 18 000 et 25 000 euros selon les circonstances.
Exemple 2 : indemnisation d’une victime d’accident de moto
| Postes de préjudices | Proposition de l’assurance | Contre proposition de l’avocat | Indemnisation finale |
|---|---|---|---|
| Frais médicaux à charge | 445,18 € | 445,18 € | 445,18 € |
| Dépenses de santé future | 320 € | 650 € | 500 € |
| Déficit fonctionnel temporaire | 1 718,75 € | 1 718,75 € | 1718,75 € |
| Souffrances endurées | 5 000 € | 10 000 € | 8 500 € |
| Déficit fonctionnel permanent | 11 200 € | 22 400 € | 18 500 € |
| Préjudice esthétique temporaire | 800 € | 1 600 € | 1 400 € |
| Assistance par tierce personne | 3 423 € | – | 3 423 € |
| Frais divers | 346 € | 346 € | 346 € |
| TOTAL | 34 832, 93 € |

Un homme de 28 ans percute un véhicule qui lui coupe la route. Il souffre d’une fracture ouverte du tibia nécessitant deux interventions chirurgicales. Consolidation après 14 mois. DFP évalué à 8 %, souffrances endurées 4,5/7, DFT total de 90 jours puis partiel (classe 3) de 10 mois. Préjudice d’agrément pour impossibilité de reprendre le football. Indemnisation totale estimée : entre 45 000 et 70 000 euros. La simulation d’indemnisation accident de la route peut aider à affiner l’estimation.
Exemple 3 : indemnisation d’une victime d’accident dans un bus
| Postes de préjudices | Proposition de l’assureur | Contre-proposition de l’avocat | Indemnisation finale |
|---|---|---|---|
| Dépenses de santé actuelles | 7 461,78 € | 7 461,78 € | 7 461,78 € |
| Frais divers | 6 697,10 € | 6 697,10 € | 6 697,10 € |
| Assistance tierce personne passée | 3 479,22 € | 3 479,22 € | 3 479,22 € |
| Déficit fonctionnel temporaire | 6 290,20 € | 6 290,20 € | 6 290,20 € |
| Souffrances endurées | 10 000 € | 20 000€ | 15 000 € |
| Préjudice esthétique temporaire | 750 € | 1 500 € | 900 € |
| Déficit fonctionnel permanent | 13 500 € | 27 000 € | 23 000 € |
| Préjudice esthétique permanent | 1 250 € | 3 000 € | 2 300 € |
| Préjudice d’agrément | 2 500 € | 5 000 € | 3 000 € |
| Préjudice sexuel | 7 000 € et 4 000 € pour sa femme | 15 000 € et 10 000 € pour sa femme | 10 000 € et 7 000 € pour sa femme |
| TOTAL | 85 128,30 € |

Une femme de 68 ans chute dans un bus lors d’un freinage brusque. Elle subit une fracture du poignet et un traumatisme crânien léger. Consolidation après 6 mois. DFP de 3 %, souffrances endurées 2,5/7, DFT total de 30 jours. L’indemnisation prend en compte son âge et les complications de la fracture. Total indicatif : entre 12 000 et 18 000 euros.
Selon les données de la jurisprudence, l’indemnisation moyenne pour un préjudice corporel modéré (DFP entre 3 % et 10 %) se situe entre 15 000 et 60 000 euros. Pour les cas plus graves (DFP supérieur à 20 %), les montants peuvent dépasser 200 000 euros, voire atteindre plusieurs millions dans les cas de tétraplégie ou de traumatisme crânien grave.
Notions essentielles à connaître pour le calcul du préjudice corporel
Plusieurs notions fondamentales doivent être maîtrisées pour comprendre le calcul de l’indemnisation du préjudice corporel.
Le préjudice corporel
Le préjudice corporel désigne toute atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’une personne résultant d’un dommage. Il couvre l’ensemble des conséquences d’un accident sur le corps et la santé. Les victimes de préjudice corporel ont droit à une réparation intégrale de leur préjudice.
La consolidation
La consolidation médicale n’est pas synonyme de guérison. Elle correspond au moment où l’état de santé est stabilisé et n’est plus susceptible d’évoluer de manière significative avec les traitements. C’est à partir de cette date que le calcul définitif de l’indemnisation peut être réalisé.
L’expertise médicale
L’expertise médicale est le moment clé du processus d’indemnisation. C’est lors de cette expertise que le médecin évalue et cote chaque poste de préjudice. La qualité de cette évaluation conditionne directement le montant de l’indemnisation finale.
Le préjudice moral
Le préjudice moral accompagne souvent le préjudice corporel. Il correspond à la souffrance psychologique ressentie par la victime : anxiété, dépression, stress post-traumatique. Ce poste est indemnisable et ne doit pas être négligé lors de l’expertise.
Plusieurs types de professionnels peuvent accompagner la victime dans ses démarches : avocat spécialisé en dommages corporels, médecin conseil de victimes, associations d’aide aux victimes. La page consacrée à la défense des victimes et ses professionnels détaille le rôle de chacun. Victime-info.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF).
L’estimation globale de l’indemnisation
Pour obtenir une vision d’ensemble, il est possible de consulter la page dédiée à l’estimation de l’indemnisation d’un accident corporel ou de calculer directement le montant d’indemnisation d’un accident de la vie.
Questions fréquentes sur le calcul de l’indemnisation du préjudice corporel
Questions fréquentes
Comment est calculé le montant d'indemnisation d'un préjudice corporel ?
Le calcul de l’indemnisation repose sur l’évaluation médicale de chaque poste de préjudice (déficit fonctionnel, souffrances endurées, préjudice esthétique, etc.) lors de l’expertise médicale. Le médecin expert cote chaque préjudice selon la nomenclature Dintilhac. L’assureur convertit ensuite ces évaluations en montants financiers en s’appuyant sur des barèmes et la jurisprudence. Le montant total correspond à la somme de tous les postes indemnisés.
Quel est le délai pour être indemnisé après un accident ?
Le délai varie selon la complexité du dossier. Pour un accident de la route, la loi Badinter impose à l’assureur de faire une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident, ou de 3 mois après la consolidation. En pratique, l’ensemble du processus (soins, consolidation, expertise, négociation) peut prendre de 12 mois à plusieurs années pour les cas les plus complexes.
Peut-on contester une offre d'indemnisation de l'assurance ?
Oui, la victime n’est jamais obligée d’accepter la première offre de l’assureur. Il est possible de contester l’offre en demandant une contre-expertise médicale, en négociant poste par poste avec l’assureur, ou en saisissant le tribunal avec l’aide d’un avocat spécialisé. De nombreuses victimes obtiennent des montants significativement supérieurs après contestation.
Faut-il obligatoirement un avocat pour obtenir une indemnisation corporelle ?
Non, un avocat n’est pas juridiquement obligatoire pour obtenir une indemnisation corporelle dans le cadre d’une procédure amiable avec l’assureur. Cependant, l’accompagnement d’un avocat spécialisé en dommages corporels est vivement recommandé, surtout pour les dossiers complexes ou lorsque les montants en jeu sont importants. Un avocat permet en moyenne d’obtenir une indemnisation 20 à 40 % supérieure à celle proposée initialement par l’assureur.
Quel est le délai de prescription pour demander une indemnisation corporelle ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage corporel (article 2226 du Code civil). Cela signifie que la victime dispose de 10 ans après la stabilisation de son état de santé pour engager une action en indemnisation. En cas d’aggravation ultérieure, un nouveau délai de 10 ans commence à courir.
Comment estimer le montant de son indemnisation avant l'expertise ?
Avant l’expertise médicale, il est possible d’obtenir une estimation indicative en utilisant les simulateurs d’indemnisation en ligne. Le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels de victime-info.fr permet d’entrer les données connues (type de blessure, durée d’arrêt, séquelles estimées) pour obtenir une fourchette approximative. Cette estimation reste indicative et ne remplace pas l’expertise médicale.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes de préjudice corporel dans la compréhension de leurs droits et l’estimation de leur indemnisation.
Témoignages
— Marc, 45 ans, accident de voitureBon franchement quand j’ai reçu la première offre de l’assurance j’ai failli signer tellement j’en avais marre des démarches.. 12 000 euros pour une fracture du tibia avec 6 mois d’arrêt de travail. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui explique bien comment calculer ce qu’on devrait vraiment toucher. J’ai contesté avec un avocat et au final j’ai obtenu 34 000€. Comme quoi faut jamais signer la premiere offre
— Amina, 32 ans, passagère d'un busMoi j’ai eu un accident dans le bus ya un an et demi, le chauffeur a freiné d’un coup et je me suis retrouvée au sol avec le poignet cassé. J’avais aucune idée qu’on pouvait etre indemnisé pour ça.. c’est en cherchant sur internet que je suis tombée sur ce site. Ils expliquent tous les postes de préjudice un par un, le DFT, les souffrances endurées etc. J’ai eu 14 000 euros au final en négociant bien avec l’assurance du transporteur
— Philippe, 55 ans, accident de motoHonnêtement les démarches c’est long et compliqué. Mon accident de moto c’était en 2021, j’ai attendu la consolidation en 2023 et là l’assurance m’a proposé 28 000€. Grâce au simulateur de victime-info j’ai vu que c’etait largement en dessous de ce que je pouvais prétendre avec mon taux d’AIPP à 9%. J’ai pris un medecin conseil de victimes pour la contre expertise et un avocat spécialisé, resultat final : 67 000€. Ca change tout



