Logo victime-info.fr victime-info.fr Cliquez ici pour contacter la permanence

Accident de trottinette électrique : indemnisation et droits des victimes

Les accidents de trottinette électrique se multiplient en France, avec des conséquences parfois très graves pour les utilisateurs comme pour les tiers. Fractures, traumatismes crâniens, lésions dorsales : les blessures peuvent être lourdes et entraîner des séquelles durables. Face à cette réalité, la question de l’indemnisation du préjudice corporel se pose avec acuité. Quel régime juridique s’applique ? Quelles démarches engager ? Comment obtenir une réparation intégrale du préjudice ?

Ce guide complet détaille les droits des victimes d’accident de trottinette électrique, les différents cas de figure selon les circonstances de l’accident, et les étapes indispensables pour faire valoir ses droits. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes blessées dans leurs démarches.

📊 Accidents de trottinettes en France

Selon le bilan de la Sécurité routière, on dénombre chaque année plus de 3 000 accidents corporels impliquant des trottinettes électriques en France, avec une tendance à la hausse constante depuis 2019. Les blessés graves représentent environ 15 % des victimes.

Sommaire

Le régime juridique applicable aux accidents de trottinette électrique

La trottinette électrique occupe une place particulière dans le paysage juridique français. Depuis le décret du 23 octobre 2019, elle est classée dans la catégorie des Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM). Cette classification a des conséquences directes sur le régime d’indemnisation applicable en cas d’accident.

La question centrale est de savoir si la trottinette électrique est considérée comme un véhicule terrestre à moteur (VTM) au sens de la loi Badinter du 5 juillet 1985. La jurisprudence a évolué sur ce point, et la réponse détermine entièrement le cadre juridique de l’indemnisation.

⚖️ Article L. 321-1-1 du Code de la route

Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) sont définis comme des véhicules sans place assise, conçus et construits pour le déplacement d’une seule personne et dépourvus de tout aménagement destiné au transport de marchandises, équipés d’un moteur non thermique et dont la vitesse maximale par construction est supérieure à 6 km/h et ne dépasse pas 25 km/h.

La trottinette électrique est-elle un véhicule terrestre à moteur ?

C’est la question fondamentale. La Cour de cassation a tranché dans un arrêt du 15 mars 2023 : une trottinette électrique, en tant qu’EDPM, est bien un véhicule terrestre à moteur au sens de la loi Badinter. Cette qualification emporte des conséquences majeures :

  • Le conducteur de trottinette électrique impliqué dans un accident avec un piéton est soumis au régime favorable de la loi Badinter en tant que responsable potentiel
  • Le conducteur de trottinette percuté par une voiture bénéficie de la protection de la loi Badinter en tant que victime
  • L’obligation d’assurance responsabilité civile est renforcée
Double statut du conducteur de trottinette

Le conducteur de trottinette électrique peut être tantôt considéré comme un conducteur de VTM (et donc potentiellement responsable envers les piétons), tantôt comme une victime protégée (lorsqu’il est percuté par un autre véhicule). Sa situation juridique dépend entièrement des circonstances de l’accident.

Les différents scénarios d’accident et les responsabilités

L’indemnisation d’un accident de la circulation impliquant une trottinette électrique varie considérablement selon les circonstances. Il convient de distinguer plusieurs cas de figure.

Collision entre une trottinette et un véhicule motorisé (voiture, moto, bus)

C’est le cas le plus fréquent. Lorsqu’une trottinette électrique entre en collision avec un autre véhicule terrestre à moteur, la loi Badinter du 5 juillet 1985 s’applique pleinement. Le conducteur de trottinette bénéficie alors du statut de victime, avec un régime d’indemnisation protecteur.

L’assurance du véhicule impliqué doit prendre en charge l’indemnisation de la victime, sauf si cette dernière a commis une faute inexcusable, cause exclusive de l’accident. En pratique, cette exception est rarement retenue par les tribunaux, surtout lorsque la victime souffre de blessures graves.

Ce scénario est comparable à celui d’un accident de scooter ou d’un accident de piéton.

💡 Cas pratique : collision trottinette/voiture en ville

Marc, 32 ans, circulait en trottinette électrique sur une piste cyclable lorsqu’une voiture qui tournait à droite l’a percuté. Il a subi une fracture du poignet et un traumatisme du genou avec 4 mois d’arrêt de travail. La loi Badinter s’applique : l’assurance du véhicule est tenue de l’indemniser. Après expertise médicale, Marc a obtenu la réparation intégrale de ses préjudices : frais médicaux, perte de revenus, souffrances endurées et déficit fonctionnel temporaire. Montant total : environ 28 000 euros.

Collision entre une trottinette et un piéton

Lorsqu’un conducteur de trottinette électrique percute un piéton, c’est le piéton qui bénéficie de la protection maximale offerte par la loi Badinter. En effet, le piéton est toujours considéré comme une victime privilégiée face à un VTM.

Le conducteur de trottinette engage sa responsabilité, et c’est son assurance responsabilité civile qui doit indemniser le piéton. Si le conducteur n’est pas assuré, le piéton peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO).

Accident de trottinette seul (chute, obstacle, défaut de chaussée)

Dans le cas d’un accident de trottinette sans tiers impliqué — chute sur un nid-de-poule, obstacle imprévu, défaut de chaussée — la situation juridique est différente. La loi Badinter ne s’applique pas, puisqu’il n’y a pas de collision avec un autre véhicule.

Plusieurs fondements juridiques peuvent être invoqués :

  • Responsabilité de la commune ou du gestionnaire de voirie si l’accident est causé par un défaut d’entretien de la chaussée (nid-de-poule, plaque d’égout, trottoir dégradé)
  • Responsabilité du fabricant si l’accident résulte d’un défaut de la trottinette (frein défaillant, guidon qui se détache, batterie défectueuse)
  • Garantie Accidents de la Vie (GAV) si la victime a souscrit ce type de contrat — en savoir plus sur la GAV
⚠️ Chute sans tiers : pensez à documenter l'état de la chaussée

En cas de chute due à un défaut de voirie, il est crucial de photographier immédiatement l’obstacle ou le défaut en cause, de relever sa localisation exacte (adresse, coordonnées GPS), et si possible de recueillir des témoignages. Ces éléments seront indispensables pour engager la responsabilité de la collectivité gestionnaire de la voirie.

Collision entre deux trottinettes ou entre une trottinette et un vélo

En cas de collision entre une trottinette électrique et un vélo classique (non motorisé), la loi Badinter s’applique au bénéfice du cycliste, considéré comme une victime non motorisée face à un VTM.

En cas de collision entre deux trottinettes électriques, les deux conducteurs sont considérés comme conducteurs de VTM. La répartition des responsabilités se fait au cas par cas, selon les circonstances de l’accident. Chaque assurance prend en charge les dommages de son assuré, sauf faute prouvée de l’un ou de l’autre.

L’application de la loi Badinter en cas de collision avec un véhicule

La loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, constitue le socle de l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation. Son application aux accidents de trottinette électrique représente un atout majeur pour les victimes.

⚖️ Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, article 3

Les victimes, hormis les conducteurs de véhicules terrestres à moteur, sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne qu’elles ont subis, sans que puisse leur être opposée leur propre faute à l’exception de leur faute inexcusable si elle a été la cause exclusive de l’accident.

Le statut protecteur de la victime non-conductrice

Les piétons, cyclistes et passagers percutés par une trottinette électrique bénéficient du régime le plus protecteur : seule une faute inexcusable, cause exclusive de l’accident, peut leur être opposée. En pratique, il est extrêmement rare que cette exception soit retenue.

Les personnes de moins de 16 ans, de plus de 70 ans, ou présentant un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %, bénéficient d’une protection absolue : aucune faute ne peut leur être opposée, sauf la recherche volontaire du dommage.

Le cas du conducteur de trottinette victime

Lorsque le conducteur de trottinette est lui-même victime d’un accident (percuté par une voiture, par exemple), sa situation est plus nuancée. En tant que conducteur de VTM, ses droits à indemnisation peuvent être réduits ou supprimés en cas de faute.

Les fautes susceptibles de limiter l’indemnisation du conducteur de trottinette comprennent :

  • Circulation sur le trottoir (interdit sauf exception municipale)
  • Non-respect d’un feu rouge ou d’un stop
  • Vitesse excessive (au-delà de 25 km/h)
  • Usage d’écouteurs ou du téléphone au guidon
  • Circulation à deux sur la trottinette
  • Absence de port d’équipements obligatoires (gilet rétro-réfléchissant de nuit)
📌 Indemnisation du conducteur de trottinette : ce qu'il faut retenir

Le conducteur de trottinette électrique impliqué dans un accident avec un autre véhicule est traité comme un conducteur de VTM au sens de la loi Badinter. Sa faute éventuelle peut réduire ou exclure son droit à indemnisation. Il est donc essentiel de constituer un dossier solide dès les premières heures suivant l’accident.

Les démarches à entreprendre après un accident de trottinette

La qualité de l’indemnisation dépend en grande partie des actions menées dans les heures et les jours suivant l’accident. Voici les étapes essentielles à respecter.

Sur les lieux de l’accident

La première priorité est évidemment la prise en charge médicale. Ensuite, si l’état de santé le permet, il est important de :

  • Appeler les secours et la police : le rapport de police ou la main courante constituera une preuve essentielle
  • Photographier les lieux : position des véhicules, dégâts, état de la chaussée, signalisation
  • Relever les coordonnées des témoins
  • Ne rien admettre ni signer sur place
  • Remplir un constat amiable si un autre véhicule est impliqué

Dans les jours suivants

Il est impératif de consulter un médecin pour obtenir un certificat médical initial (CMI) décrivant précisément toutes les blessures. Ce document est la pierre angulaire du dossier d’indemnisation.

La victime doit également :

  • Déclarer l’accident à son assurance dans les 5 jours ouvrés
  • Conserver tous les justificatifs : ordonnances, factures, arrêts de travail, tickets de transport
  • Porter plainte si un tiers est responsable et surtout si l’auteur a pris la fuite
Le certificat médical initial est déterminant

Le certificat médical initial doit être le plus complet possible. Chaque blessure, chaque douleur, chaque gêne doit y figurer. Un traumatisme non mentionné au CMI sera très difficile à faire reconnaître ensuite lors de l’expertise médicale. La victime ne doit pas minimiser ses symptômes.

Déclarer l’accident à l’assurance

La déclaration doit être faite dans un délai de 5 jours ouvrés. Elle doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception et contenir :

  • Les circonstances détaillées de l’accident
  • Le constat amiable ou le numéro de procès-verbal de police
  • Le certificat médical initial
  • Les coordonnées des témoins
  • Les premiers justificatifs de frais

Des modèles de lettres sont disponibles sur victime-info.fr pour faciliter cette démarche.

📞 Besoin d'aide pour déclarer un accident de trottinette ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), aide gratuitement les victimes à constituer leur dossier et à engager les bonnes démarches dès le départ.

Les postes de préjudice indemnisables

L’indemnisation d’un accident de trottinette électrique obéit aux mêmes règles que toute indemnisation corporelle. Elle est organisée selon la nomenclature Dintilhac, qui recense l’ensemble des postes de préjudice réparables.

Les préjudices patrimoniaux (économiques)

Ces préjudices correspondent aux pertes financières directes et indirectes subies par la victime :

  • Dépenses de santé : frais d’hospitalisation, consultations, médicaments, rééducation, appareillage
  • Pertes de revenus : salaires perdus pendant la période d’arrêt de travail et au-delà si la reprise est impossible ou partielle
  • Incidence professionnelle : perte de chance de promotion, nécessité de reconversion, pénibilité accrue
  • Frais d’assistance par tierce personne : aide nécessaire dans la vie quotidienne
  • Frais de véhicule adapté et d’aménagement du logement en cas de handicap

Les préjudices extra-patrimoniaux (personnels)

Ces préjudices touchent à la qualité de vie, à la souffrance et à l’intégrité physique de la victime :

📊 Indemnisation moyenne d'un accident de trottinette

En fonction de la gravité des blessures, l’indemnisation corporelle d’un accident de trottinette électrique varie de 3 000 à 5 000 euros pour des blessures légères (contusions, entorse) jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros pour les cas les plus graves (traumatisme crânien, paraplégie, séquelles neurologiques). Le simulateur d’indemnisation permet d’obtenir une première estimation.

L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation

L’expertise médicale est le moment décisif du processus d’indemnisation. C’est lors de cette étape que le médecin expert évalue chaque poste de préjudice. Le rapport d’expertise servira de base au calcul de l’indemnisation finale.

Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin conseil de victimes, indépendant de l’assurance, pour garantir une évaluation juste et complète des séquelles.

⚠️ Ne jamais se rendre seul à l'expertise médicale de l'assurance

Le médecin expert mandaté par l’assureur défend les intérêts de la compagnie d’assurance, pas ceux de la victime. Les séquelles risquent d’être sous-évaluées si la personne blessée n’est pas accompagnée par son propre médecin conseil. Cette assistance peut faire une différence de plusieurs milliers d’euros sur l’indemnisation finale.

Assurance et trottinette électrique : obligations et garanties

Depuis la classification des trottinettes électriques comme EDPM, l’obligation d’assurance est clairement établie. Tout utilisateur de trottinette électrique doit disposer d’une assurance responsabilité civile spécifique.

L’obligation d’assurance responsabilité civile

Comme tout véhicule terrestre à moteur, la trottinette électrique doit être couverte par une assurance responsabilité civile automobile. L’assurance habitation classique ne suffit pas.

En cas de défaut d’assurance, le conducteur responsable s’expose à :

  • Une amende pouvant aller jusqu’à 3 750 euros
  • La confiscation de la trottinette
  • La prise en charge personnelle de l’intégralité des dommages causés à un tiers
⚖️ Article L. 324-2 du Code de la route

Le fait de circuler avec un véhicule terrestre à moteur sans être couvert par une assurance garantissant la responsabilité civile est puni de 3 750 euros d’amende. La juridiction peut prononcer la confiscation du véhicule.

Accident avec un conducteur de trottinette non assuré

Si la victime est percutée par un conducteur de trottinette non assuré, elle peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO). Ce fonds prend en charge l’indemnisation des victimes lorsque le responsable n’est pas assuré ou n’est pas identifié. Le même recours existe en cas de conducteur non identifié (délit de fuite).

Les garanties complémentaires utiles

Au-delà de la responsabilité civile obligatoire, d’autres garanties peuvent s’avérer précieuses :

  • Garantie du conducteur : couvre les dommages corporels du conducteur de trottinette lui-même, même en cas d’accident seul
  • Garantie Accidents de la Vie (GAV) : indemnise les accidents de la vie courante, y compris les chutes sans tiers
  • Protection juridique : prend en charge les frais d’avocat et de procédure en cas de litige
La GAV : un filet de sécurité en cas de chute seul

La Garantie Accidents de la Vie (GAV) est souvent la seule solution d’indemnisation lorsque le conducteur de trottinette chute seul sans qu’un tiers puisse être mis en cause. Il est conseillé de vérifier si une telle garantie figure dans les contrats d’assurance existants (assurance habitation, carte bancaire, mutuelle).

Les erreurs à éviter pour protéger son indemnisation

De nombreuses victimes d’accidents de trottinette électrique commettent des erreurs qui compromettent gravement leur indemnisation. Voici les pièges les plus courants.

Accepter la première offre de l’assureur

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. L’assureur est tenu de formuler une offre d’indemnisation, mais cette première proposition est presque toujours largement inférieure à la valeur réelle du préjudice.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre d'indemnisation

Les premières offres des assureurs sont systématiquement sous-évaluées, parfois de 30 à 70 % par rapport à ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal. Il est indispensable de faire analyser cette offre par un professionnel avant de signer quoi que ce soit. Un modèle de lettre pour contester et négocier une offre d’indemnisation est disponible sur victime-info.fr.

Négliger le certificat médical initial

Un CMI incomplet ou trop succinct peut avoir des conséquences désastreuses. Toute blessure, toute douleur, tout symptôme non mentionné dans ce document sera extrêmement difficile à faire valoir par la suite.

Ne pas conserver les preuves

Factures de soins, ordonnances, arrêts de travail, justificatifs de déplacements médicaux, attestations de proches aidants : chaque document compte. La constitution rigoureuse du dossier conditionne le montant final de l’indemnisation.

Se rendre seul à l’expertise médicale

Comme évoqué plus haut, l’expertise médicale diligentée par l’assureur n’est pas neutre. La victime a tout intérêt à être assistée par un médecin conseil indépendant, spécialisé dans la défense des victimes. Les honoraires du médecin expert sont un investissement largement rentabilisé.

💡 Cas pratique : l'impact d'un accompagnement professionnel

Léa, 27 ans, a été renversée en trottinette par une voiture qui grillait un feu rouge. L’assurance lui a proposé 9 500 euros en première offre. Après s’être fait accompagner par un avocat spécialisé et un médecin conseil de victimes, elle a finalement obtenu 34 000 euros, soit plus de 3,5 fois l’offre initiale. Le médecin conseil avait notamment relevé un stress post-traumatique et des douleurs chroniques que l’expert de l’assurance avait sous-évalués.

Se faire accompagner par des professionnels

Face à la complexité du droit du dommage corporel, la victime d’un accident de trottinette électrique a tout intérêt à s’entourer de professionnels compétents. Plusieurs acteurs peuvent intervenir.

L’avocat spécialisé en dommages corporels

Un avocat spécialisé en dommages corporels maîtrise les subtilités de la nomenclature Dintilhac, les barèmes d’indemnisation et les techniques de négociation avec les assureurs. Son intervention permet généralement d’obtenir une indemnisation sensiblement supérieure.

Le médecin conseil de victimes

Le médecin conseil de victimes est un médecin expert qui accompagne la personne blessée lors de l’expertise médicale. Il s’assure que tous les préjudices sont correctement identifiés et évalués. Son rôle est crucial pour contrebalancer l’expertise de l’assureur.

Les associations d’aide aux victimes

Des associations comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, proposent un accompagnement gratuit : information sur les droits, orientation vers les bons professionnels, aide à la constitution du dossier.

📌 Les 3 professionnels clés pour une indemnisation juste

Pour maximiser ses chances d’obtenir une réparation intégrale, la victime d’un accident de trottinette électrique devrait idéalement s’appuyer sur trois professionnels : un avocat spécialisé en dommages corporels, un médecin conseil de victimes, et une association d’aide aux victimes. Ensemble, ils forment un trio indispensable face aux assureurs.

Délais de prescription et droit à indemnisation

Il est essentiel de ne pas laisser passer les délais légaux pour agir. En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (et non de la date de l’accident).

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel, engagée par la victime directe ou indirecte des préjudices qui en résultent, se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

Ce délai relativement long laisse le temps d’engager les démarches avec sérénité, mais il ne faut pas pour autant tarder à agir. Plus le dossier est constitué tôt, meilleures sont les chances d’obtenir une indemnisation juste. En cas d’infraction pénale (conducteur en fuite, infraction au Code de la route), des délais spécifiques de prescription de l’action pénale s’ajoutent.

Demande de provision en cas de besoin financier urgent

La victime qui se trouve en difficulté financière suite à l’accident peut demander une provision sur indemnités. Il s’agit d’une avance versée par l’assureur avant même que le montant définitif de l’indemnisation soit fixé. Cette provision permet de faire face aux dépenses urgentes (soins, loyer, charges courantes).

L’indemnisation des proches de la victime

En cas d’accident grave de trottinette, les proches de la victime (conjoint, enfants, parents, frères et soeurs) peuvent également prétendre à une indemnisation de leur préjudice propre. Ce droit existe que la victime soit décédée ou qu’elle survive avec de lourdes séquelles.

Les postes de préjudice indemnisables pour les proches comprennent :

  • Préjudice d’affection : souffrance morale liée à la blessure ou au décès d’un être cher
  • Préjudice économique : perte de revenus du foyer, frais d’obsèques en cas de décès
  • Préjudice d’accompagnement : bouleversement du mode de vie lié à l’assistance au quotidien

La page dédiée à l’indemnisation des proches et de la famille détaille ces droits.

💡 Cas pratique : indemnisation du conjoint d'une victime grave

Thomas, 38 ans, a été gravement blessé dans un accident de trottinette électrique causé par un véhicule utilitaire. Hospitalisé pendant 3 mois, il conserve des séquelles neurologiques importantes. Sa conjointe Marie a obtenu une indemnisation de 18 000 euros au titre du préjudice d’affection et du préjudice d’accompagnement, en plus de l’indemnisation corporelle de Thomas lui-même.

Questions fréquentes sur l’indemnisation des accidents de trottinette électrique

Questions fréquentes


La trottinette électrique est-elle considérée comme un véhicule terrestre à moteur ?

Oui. Depuis le décret du 23 octobre 2019 et la jurisprudence de la Cour de cassation, la trottinette électrique est classée comme un Engin de Déplacement Personnel Motorisé (EDPM) et est assimilée à un véhicule terrestre à moteur (VTM). Cela entraîne une obligation d’assurance responsabilité civile et l’application de la loi Badinter en cas d’accident de la circulation.


Quelle indemnisation peut espérer la victime d'un accident de trottinette ?

L’indemnisation dépend de la gravité des blessures, des séquelles, de l’impact sur la vie professionnelle et personnelle. Pour des blessures légères, l’indemnisation peut aller de 3 000 à 10 000 euros. Pour des blessures graves (fractures multiples, traumatisme crânien), elle peut atteindre plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de milliers d’euros. Le simulateur d’indemnisation permet d’obtenir une première estimation.


Que faire si le conducteur de trottinette responsable n'est pas assuré ?

La victime peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO), qui prend en charge l’indemnisation des victimes d’accidents causés par des véhicules non assurés. La demande doit être adressée au FGAO dans un délai de 3 ans à compter de l’accident. Ce recours est également possible en cas de conducteur non identifié.


La victime peut-elle être indemnisée en cas de chute seule en trottinette ?

Oui, sous certaines conditions. Si la chute est causée par un défaut de voirie, la responsabilité de la collectivité gestionnaire peut être engagée. Si la trottinette présentait un vice de fabrication, le fabricant peut être tenu responsable. Enfin, si la victime dispose d’une Garantie Accidents de la Vie (GAV), celle-ci peut intervenir quel que soit le responsable.


Quel est le délai pour demander une indemnisation après un accident de trottinette ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil). La consolidation correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé, même s’il subsiste des séquelles. Il est toutefois recommandé d’engager les démarches le plus tôt possible pour préserver les preuves.


Faut-il un avocat pour être indemnisé après un accident de trottinette électrique ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est vivement recommandé. Un avocat spécialisé en dommages corporels connaît les barèmes d’indemnisation, les techniques de négociation avec les assureurs, et peut saisir le tribunal si nécessaire. En pratique, les victimes accompagnées obtiennent des indemnisations significativement plus élevées que celles qui négocient seules.


📞 Besoin d'accompagnement après un accident de trottinette ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents de trottinette électrique dans toutes leurs démarches d’indemnisation. Un conseiller peut analyser la situation et orienter vers les professionnels adaptés.

Témoignages

Bon j’ai eu un accident en trottinette en septembre dernier, une voiture m’a grillé la priorité à un carrefour. Résultat fracture du poignet + entorse cervicale. L’assurance du mec m’a proposé 4200€ direct.. j’ai failli accepter parceque je connaissais rien au sujet. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué comment contester. Au final avec un avocat j’ai eu 19 500€ c’est quand même autre chose

— Romain, 29 ans, accident de trottinette vs voiture

Franchement moi j’ai chuté en trottinette à cause d’un trou dans la chaussée qui était pas signalé du tout. Je me suis pété l’épaule et j’ai eu 2 mois d’arrêt. Je pensais que j’avais aucun recours vu que y’avait pas de voiture impliquée.. mais en fait non on m’a expliqué que la mairie pouvait être responsable. J’ai fait un dossier avec photos et témoins et au final j’ai été indemnisée par la commune. Renseignez vous bien parce que c’est pas du tout évident comme situation

— Amandine, 35 ans, chute en trottinette sur un nid-de-poule

Mon fils de 15 ans s’est fait renverser par un scooter alors qu’il était en trottinette electrique. Hospitalisé 4 jours, genou + cheville touchés. L’assurance trainait des pieds pour nous repondre, on était complètement perdu. Sur ce site j’ai trouvé toutes les infos pour savoir quoi faire étape par étape, on a pris un medecin conseil comme c’était recommandé et ça a fait une grosse difference. Merci à toute l’équipe de victime-info

— Kamel, 42 ans, papa d'un ado blessé en trottinette