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Erreur de diagnostic médical : recours, indemnisation et droits des victimes

Une erreur de diagnostic peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé d’un patient : retard de traitement, aggravation de la maladie, séquelles irréversibles, voire décès. Lorsqu’un professionnel de santé commet une telle erreur, la victime dispose de droits pour obtenir une indemnisation de son préjudice corporel. Encore faut-il savoir comment la caractériser, quels recours engager et dans quels délais agir.

Ce guide complet, rédigé par les experts de victime-info.fr en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), détaille toutes les étapes pour faire reconnaître une erreur de diagnostic et obtenir une réparation intégrale du préjudice. La victime d’une erreur de diagnostic y trouvera des informations claires sur la qualification de la faute, les procédures amiables et judiciaires, les délais de prescription, ainsi que des exemples concrets d’indemnisation.

Erreur de diagnostic - Erreur médicale
Erreur de diagnostic – Erreur médicale
📌 Sommaire de cette page

  • Qu’est-ce qu’une erreur de diagnostic ? Définition et qualification juridique
  • Comment prouver l’erreur de diagnostic ? Expertise médicale et constitution du dossier
  • Délai de prescription pour agir en cas d’erreur médicale
  • Les recours possibles : voie amiable (CCI, transaction) et voie judiciaire
  • Quels préjudices sont indemnisés ? Postes de la nomenclature Dintilhac
  • Exemples concrets d’erreurs de diagnostic et cas pratiques d’indemnisation
  • FAQ sur l’erreur de diagnostic

Qu’est-ce qu’une erreur de diagnostic ? Définition et qualification juridique

L’erreur de diagnostic survient lorsqu’un professionnel de santé — médecin généraliste, spécialiste, chirurgien, radiologue — identifie mal la pathologie dont souffre le patient, ou ne la détecte pas du tout. Il peut s’agir d’un diagnostic erroné (le médecin identifie une maladie alors que le patient en a une autre), d’un diagnostic tardif (la maladie est identifiée avec un retard préjudiciable) ou d’un diagnostic manqué (la pathologie n’est tout simplement pas détectée).

En droit français, l’erreur de diagnostic constitue une faute médicale lorsqu’elle résulte d’un manquement aux règles de l’art et aux données acquises de la science médicale. Elle fait partie de la catégorie des fautes techniques du praticien.

⚖️ Article L.1142-1 du Code de la santé publique

Les professionnels de santé ne sont responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu’en cas de faute. La responsabilité du praticien est engagée lorsque l’erreur de diagnostic résulte d’une faute caractérisée, c’est-à-dire d’un manquement aux obligations qui s’imposent à tout médecin normalement diligent placé dans les mêmes conditions.

L’obligation de moyen du médecin

Le médecin n’a pas une obligation de résultat mais une obligation de moyen. Cela signifie qu’il doit mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour parvenir au bon diagnostic : examens cliniques, analyses biologiques, imagerie médicale, avis spécialisés. La simple erreur de diagnostic ne suffit pas à engager sa responsabilité. Il faut démontrer que le praticien n’a pas agi comme un médecin normalement compétent et diligent l’aurait fait dans les mêmes circonstances.

Concrètement, la responsabilité du médecin sera retenue si celui-ci :

  • N’a pas prescrit les examens complémentaires nécessaires face aux symptômes présentés
  • N’a pas interprété correctement des résultats d’analyses ou d’imagerie pourtant clairs
  • N’a pas orienté le patient vers un spécialiste compétent alors que la situation l’exigeait
  • A ignoré des signes d’alerte évidents ou des antécédents du patient
  • N’a pas réévalué le diagnostic face à l’absence d’amélioration du patient
💡 Cas pratique : diagnostic erroné aux urgences

Un patient se présente aux urgences avec de violentes douleurs thoraciques. Le médecin urgentiste diagnostique une douleur intercostale et le renvoie chez lui avec des antidouleurs, sans réaliser d’électrocardiogramme ni de dosage des troponines. Deux jours plus tard, le patient fait un infarctus du myocarde avec des séquelles cardiaques graves. L’absence d’examens complémentaires face à des symptômes évocateurs constitue une faute technique caractérisée, ouvrant droit à indemnisation.

Les différents types d’erreur de diagnostic

La faute technique liée au diagnostic peut prendre plusieurs formes :

  • Erreur dans l’établissement du diagnostic : le professionnel de santé se trompe sur la nature de la pathologie et met en place un traitement inadapté.
  • Retard de diagnostic : la maladie est identifiée tardivement, entraînant une perte de chance de guérison ou d’amélioration de l’état de santé.
  • Erreur dans la mise en œuvre du traitement consécutive au mauvais diagnostic : le praticien opère le mauvais côté, prescrit un médicament contre-indiqué ou met en place un protocole inadapté.
  • Défaut d’information : le médecin n’informe pas le patient des risques ou des alternatives, ce qui constitue un manquement distinct mais souvent associé à l’erreur de diagnostic.
⚠️ Ne pas confondre erreur de diagnostic et aléa thérapeutique

Toute complication médicale ne constitue pas une erreur de diagnostic. L’aléa thérapeutique désigne un accident médical non fautif, c’est-à-dire un événement imprévisible survenu malgré des soins conformes aux règles de l’art. Dans ce cas, la victime peut être indemnisée par la solidarité nationale (ONIAM), mais le régime juridique est différent. Seule une expertise médicale permet de distinguer la faute de l’aléa.

Comment prouver l’erreur de diagnostic ? L’expertise médicale, étape clé

Pour faire reconnaître une erreur de diagnostic et obtenir une indemnisation, la victime doit apporter la preuve de trois éléments : la faute du praticien, le préjudice subi et le lien de causalité entre les deux. Cette démonstration repose essentiellement sur l’expertise médicale.

L’importance du médecin-conseil de victimes

Avant d’engager tout recours, il est indispensable de faire constater l’erreur par un médecin expert de recours (ou médecin-conseil de victimes). Ce praticien indépendant va :

  • Analyser le dossier médical complet du patient
  • Déterminer si les actes médicaux étaient conformes aux données acquises de la science
  • Évaluer les séquelles et les préjudices qui en découlent
  • Rédiger un rapport médical argumenté qui servira de base au dossier d’indemnisation
Récupérer son dossier médical : un droit fondamental

Toute personne a le droit d’accéder à son dossier médical complet dans un délai de 8 jours (ou 2 mois pour les informations de plus de 5 ans). Ce droit est garanti par la loi Kouchner du 4 mars 2002. Récupérer l’intégralité de son dossier médical est la première étape indispensable avant toute démarche d’indemnisation.

Le déroulement de l’expertise médicale

Qu’elle soit amiable (dans le cadre d’une procédure devant la CCI) ou judiciaire (ordonnée par un tribunal), l’expertise médicale se déroule généralement en trois temps :

  1. Étude du dossier : l’expert analyse l’ensemble des documents médicaux (comptes rendus opératoires, examens d’imagerie, résultats biologiques, courriers médicaux).
  2. Examen clinique : l’expert examine la victime pour constater les séquelles actuelles.
  3. Rédaction du rapport : l’expert rend ses conclusions sur l’existence d’une faute, le lien de causalité et l’évaluation des préjudices selon la nomenclature Dintilhac.
⚠️ Ne jamais se rendre seul à une expertise médicale

Lors de l’expertise, la partie adverse (assureur de l’établissement ou du médecin) sera représentée par son propre médecin-conseil. La victime doit impérativement être assistée de son propre médecin-conseil de victimes pour garantir l’équilibre des débats. Se présenter seul à l’expertise, c’est risquer une sous-évaluation des préjudices.

Délai de prescription pour agir en cas d’erreur de diagnostic

La victime d’une erreur de diagnostic doit agir dans un délai de prescription précis, sous peine de perdre définitivement ses droits à indemnisation. Il est donc capital de connaître ce délai de prescription en matière d’accident médical.

⚖️ Article L.1142-28 du Code de la santé publique

Les actions tendant à mettre en cause la responsabilité des professionnels de santé ou des établissements de santé publics ou privés à l’occasion d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins se prescrivent par dix ans à compter de la consolidation du dommage.

Concrètement, le délai de 10 ans commence à courir à partir de la date de consolidation du dommage, c’est-à-dire le moment où l’état de santé de la victime est considéré comme stabilisé. Tant que la consolidation n’est pas établie, le délai ne court pas.

📊 Délai de prescription

La victime d’une erreur de diagnostic dispose de 10 ans à compter de la consolidation de son état de santé pour engager une action en indemnisation. Au-delà de ce délai, les droits sont définitivement éteints.

Attention : pour les victimes mineures au moment de l’erreur, le délai de prescription ne commence à courir qu’à leur majorité. Par ailleurs, certains actes interruptifs (comme une assignation en justice ou une saisine de la CCI) permettent de faire repartir le délai à zéro.

📞 Peur de dépasser le délai ?

En cas de doute sur le délai de prescription applicable, il est vivement recommandé de consulter rapidement un professionnel. La permanence de victime-info.fr peut orienter la victime vers les bons interlocuteurs.

Les recours possibles contre une erreur de diagnostic

Le droit français offre plusieurs voies de recours aux victimes d’erreur de diagnostic. Ces recours se divisent en deux grandes catégories : la voie amiable et la voie judiciaire. Dans tous les cas, il est essentiel de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit médical et un médecin-conseil de victimes.

Le recours amiable : CCI, transaction et commission des usagers

La saisine de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI)

La Commission de Conciliation et d’Indemnisation (anciennement CRCI) est un organisme public gratuit qui permet aux victimes d’obtenir une indemnisation sans passer par un tribunal. La procédure devant la CCI est entièrement gratuite et ne nécessite pas obligatoirement un avocat (même si la présence d’un professionnel est fortement recommandée).

Pour être recevable devant la CCI en règlement amiable, le dommage doit dépasser un certain seuil de gravité :

  • Un taux d’atteinte à l’intégrité physique ou psychique (AIPP) d’au moins 24 %
  • Ou un arrêt temporaire des activités professionnelles de minimum 6 mois consécutifs ou non sur 12 mois
  • Ou un déficit fonctionnel temporaire d’au moins 50 % pendant 6 mois minimum sur 12 mois
  • Ou une incapacité définitive à reprendre l’activité professionnelle exercée avant l’accident médical
  • Ou des troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence
CCI et seuil inférieur à 24 % : la conciliation reste possible

Lorsque le seuil de gravité est inférieur à 24 %, la victime peut tout de même saisir la CCI pour une mission de conciliation. Cette procédure permet de faciliter le dialogue entre le patient et le professionnel de santé, notamment en cas de désaccord sur les soins reçus ou de difficultés à obtenir des explications sur ce qui s’est passé.

La transaction directe avec l’assureur du praticien

Il est également possible d’entamer une négociation amiable directement avec l’assureur du professionnel de santé ou de l’établissement mis en cause. La victime adresse une réclamation motivée, accompagnée de son dossier complet (rapport d’expertise, justificatifs de préjudices, pièces médicales).

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

Les compagnies d’assurance proposent systématiquement des offres d’indemnisation basses en première intention. La victime ne doit jamais signer un accord transactionnel sans l’avoir fait analyser par un avocat ou un professionnel de l’indemnisation. L’offre initiale est souvent 2 à 5 fois inférieure au montant réellement dû. Il est possible de contester une offre d’indemnisation de l’assurance.

La commission des usagers (CDU)

Chaque établissement de santé public ou privé dispose d’une commission des usagers. Cette instance peut être saisie pour faciliter les démarches du patient, obtenir des explications sur la prise en charge et éventuellement orienter vers une médiation. Ce n’est pas un recours indemnitaire en soi, mais un premier interlocuteur utile.

Le recours judiciaire : tribunal administratif ou tribunal judiciaire

Si la voie amiable échoue ou ne donne pas satisfaction, la victime peut saisir la justice pour faire valoir ses droits.

Devant les tribunaux, la présence d’un avocat spécialisé en droit médical est indispensable. Le juge ordonnera généralement une expertise judiciaire pour établir la réalité de la faute et évaluer les préjudices.

💡 Cas pratique : retard de diagnostic d'un cancer

Une patiente de 45 ans consulte son médecin traitant pour une grosseur au sein. Le médecin la rassure et ne prescrit pas de mammographie. Dix-huit mois plus tard, un cancer du sein de stade III est diagnostiqué. L’expertise révèle que si la mammographie avait été prescrite dès la première consultation, le cancer aurait été détecté à un stade I, avec un pronostic beaucoup plus favorable. Le tribunal retient une perte de chance de guérison évaluée à 60 % et condamne le médecin à indemniser la victime à hauteur de 120 000 euros, correspondant à 60 % de l’indemnisation totale théorique.

Quels préjudices sont indemnisés après une erreur de diagnostic ?

L’indemnisation d’une erreur de diagnostic obéit au principe de réparation intégrale du préjudice. Tous les postes de préjudice prévus par la nomenclature Dintilhac peuvent être mobilisés. Chaque situation est unique et le montant de l’indemnisation dépend de la gravité des séquelles, de l’âge de la victime, de sa situation professionnelle et familiale.

Les principaux postes de préjudice corporel

Voici les postes de préjudice les plus fréquemment indemnisés en cas d’erreur de diagnostic :

📊 Exemples d'indemnisation pour erreur de diagnostic

Les montants d’indemnisation pour erreur de diagnostic varient considérablement selon la gravité des séquelles :
– Erreur de diagnostic avec séquelles modérées : 15 000 à 80 000 euros
– Retard de diagnostic d’un cancer avec perte de chance : 50 000 à 300 000 euros
– Erreur de diagnostic ayant entraîné un handicap lourd : 200 000 à plus d’un million d’euros
Ces montants sont indicatifs et varient selon chaque situation. Des exemples concrets d’indemnisation sont consultables sur victime-info.fr.

La notion de perte de chance

En matière d’erreur de diagnostic, les tribunaux raisonnent souvent en termes de perte de chance. La question n’est pas de savoir si le patient aurait guéri à coup sûr avec le bon diagnostic, mais si le retard ou l’erreur lui a fait perdre une chance réelle d’obtenir un meilleur résultat médical. L’indemnisation est alors calculée en proportion de cette perte de chance, exprimée en pourcentage.

💡 Cas pratique : erreur de diagnostic et perte de chance

Un médecin diagnostique une simple entorse alors qu’il s’agit en réalité d’une fracture du scaphoïde. Le traitement inadapté entraîne une pseudarthrose nécessitant une intervention chirurgicale et des séquelles fonctionnelles définitives. L’expert estime que si la fracture avait été correctement diagnostiquée et immobilisée immédiatement, la victime aurait eu 80 % de chances de guérir sans séquelle. L’indemnisation totale des préjudices (évaluée à 35 000 euros) est donc calculée sur la base de 80 %, soit 28 000 euros.

Exemples concrets d’erreurs de diagnostic ouvrant droit à indemnisation

Les erreurs de diagnostic sont malheureusement fréquentes et peuvent survenir dans toutes les spécialités médicales. Voici des exemples d’erreurs médicales reconnues par les tribunaux et les commissions d’indemnisation :

  • Anneau gastrique mal posé : la victime développe une oesophagite sévère et une broncho-pneumopathie obstructive en raison d’un mauvais diagnostic préopératoire et d’une indication chirurgicale inadaptée.
  • Biopsie ganglionnaire au niveau de la clavicule : le praticien endommage un nerf lors de la biopsie, la victime perd l’usage de son coude. Le diagnostic initial n’avait pas identifié le risque anatomique spécifique.
  • Pose de cage arthrodèse L5-S1 : une erreur de diagnostic sur la localisation exacte de la pathologie entraîne un endommagement du système lombo-aortique lymphatique.
  • Appendicite non diagnostiquée : un patient présentant des douleurs abdominales est renvoyé chez lui avec un diagnostic de gastro-entérite. L’appendice se perfore, entraînant une péritonite.
  • AVC non détecté : un patient présentant des signes neurologiques (troubles de l’élocution, paralysie faciale) est diagnostiqué comme souffrant d’une crise d’angoisse. Le retard de prise en charge de l’AVC provoque des séquelles irréversibles.
L'erreur de diagnostic concerne aussi la radiologie et le laboratoire

L’erreur de diagnostic ne se limite pas au médecin traitant. Un radiologue qui ne détecte pas une lésion visible sur une imagerie, un anatomopathologiste qui interprète mal une biopsie, ou un biologiste qui fournit des résultats erronés peuvent tous être responsables d’une erreur de diagnostic engageant leur responsabilité et celle de leur établissement.

L’indemnisation d’une erreur de diagnostic : quelles spécificités ?

En droit français, il n’existe pas de barème fixe d’indemnisation pour les erreurs médicales. Chaque situation donne lieu à une évaluation individualisée des préjudices. Le montant de l’indemnisation d’une erreur médicale dépend de nombreux facteurs :

  • La nature et la gravité des séquelles
  • L’âge de la victime au moment de l’erreur
  • L’impact sur la vie professionnelle, familiale et sociale
  • Le pourcentage de perte de chance retenu par l’expert
  • Les besoins en assistance tierce personne
  • La durée du déficit fonctionnel temporaire

Les juridictions s’appuient sur le référentiel Mornet pour évaluer les montants des différents postes de préjudice, tandis que les simulateurs permettent d’obtenir une première estimation. La victime peut utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels de victime-info.fr pour se faire une idée des montants en jeu.

📌 Les 3 conditions pour obtenir une indemnisation

Pour obtenir une indemnisation suite à une erreur de diagnostic, la victime doit prouver :

  1. Une faute : le médecin n’a pas agi conformément aux données acquises de la science.
  2. Un préjudice : l’erreur a causé un dommage (aggravation, séquelles, perte de chance).
  3. Un lien de causalité : le préjudice est bien la conséquence directe de l’erreur de diagnostic.

Fiscalité de l'indemnisation

Les indemnités versées en réparation d’un dommage corporel consécutif à une erreur de diagnostic sont, dans la majorité des cas, exonérées d’impôt sur le revenu. Pour en savoir plus, consulter la page dédiée à la fiscalité de l’indemnisation.

Les étapes pour être indemnisé après une erreur de diagnostic

Voici un résumé des étapes clés que doit suivre la victime d’une erreur de diagnostic pour obtenir la meilleure indemnisation possible :

  1. Récupérer son dossier médical complet auprès de l’établissement de santé ou du praticien (droit garanti par la loi Kouchner).
  2. Consulter un médecin-conseil de victimes pour faire analyser le dossier et établir s’il y a eu faute.
  3. Constituer un dossier solide avec toutes les pièces médicales, les justificatifs de préjudice (arrêts de travail, frais, attestations) — consulter les modèles de lettres disponibles.
  4. Choisir la voie de recours adaptée : CCI, transaction amiable ou action en justice, avec le conseil d’un cabinet d’avocats spécialisé en droit médical.
  5. Se faire assister lors de l’expertise médicale par son médecin-conseil pour défendre ses intérêts.
  6. Négocier ou plaider pour obtenir la juste indemnisation de tous les postes de préjudice.
⚠️ Ne pas tarder à engager les démarches

Plus le temps passe, plus il est difficile de rassembler les preuves d’une erreur de diagnostic. Les souvenirs s’estompent, les praticiens changent d’établissement, les dossiers peuvent être archivés. Il est recommandé d’agir dès que l’erreur est suspectée, sans attendre la consolidation pour commencer à constituer son dossier.

📞 Victime d'une erreur de diagnostic ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes d’erreur médicale vers les professionnels adaptés : avocats spécialisés, médecins-conseils de victimes, associations d’aide.

FAQ : erreur de diagnostic et indemnisation

Questions fréquentes


Comment savoir si l'on a été victime d'une erreur de diagnostic ?

Lorsqu’un traitement n’apporte pas les résultats attendus, qu’un second médecin identifie une pathologie différente de celle initialement diagnostiquée, ou que l’état de santé s’est aggravé de manière anormale, il peut s’agir d’une erreur de diagnostic. La seule façon de le confirmer est de faire analyser le dossier médical par un médecin-conseil de victimes indépendant. Ce professionnel pourra déterminer si les actes médicaux étaient conformes aux règles de l’art.


Combien de temps la procédure d'indemnisation prend-elle ?

La durée varie selon la voie choisie. Devant la CCI, la procédure dure en moyenne 12 à 18 mois. En justice, le délai est généralement de 2 à 4 ans, voire davantage en cas d’appel. La phase d’expertise médicale (6 à 12 mois) représente souvent la partie la plus longue. Il est possible de demander une provision d’indemnisation en attendant le règlement définitif.


Faut-il obligatoirement un avocat pour agir contre une erreur de diagnostic ?

L’avocat n’est pas obligatoire pour saisir la CCI, mais il est vivement recommandé pour toute procédure. En revanche, l’avocat est indispensable devant le tribunal administratif ou le tribunal judiciaire. Un avocat spécialisé en droit médical maîtrise les subtilités de la responsabilité médicale et saura évaluer correctement les préjudices pour éviter une sous-indemnisation.


Peut-on être indemnisé si l'erreur de diagnostic n'a pas entraîné de séquelles définitives ?

Oui, même sans séquelles définitives, la victime peut être indemnisée pour les préjudices temporaires : souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire, perte de revenus pendant l’arrêt de travail, frais médicaux supplémentaires, préjudice moral lié à l’angoisse. Le retard de traitement causé par l’erreur de diagnostic constitue en lui-même un préjudice indemnisable.


Que faire si le médecin nie avoir commis une erreur de diagnostic ?

Le médecin niera presque systématiquement sa responsabilité. C’est précisément le rôle de l’expertise médicale de déterminer objectivement s’il y a eu faute. La victime ne doit pas se décourager. Il faut constituer un dossier solide avec un médecin-conseil de victimes, récupérer l’intégralité du dossier médical et, si nécessaire, saisir la CCI ou le tribunal compétent qui ordonnera une expertise contradictoire.


L'erreur de diagnostic lors d'un accouchement peut-elle être indemnisée ?

Oui, les erreurs de diagnostic lors de l’accouchement (non-détection d’une souffrance foetale, retard dans la décision de césarienne, mauvaise interprétation du monitoring) peuvent entraîner des séquelles graves pour l’enfant, notamment un traumatisme crânien ou des lésions neurologiques. Ces situations donnent lieu à des indemnisations souvent très élevées, pouvant dépasser le million d’euros en cas de handicap lourd.


Conclusion : ne pas rester seul face à une erreur de diagnostic

L’erreur de diagnostic est une situation complexe qui nécessite un accompagnement adapté. Que les séquelles soient légères ou graves, la victime a des droits et peut obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice réellement subi. Le chemin peut sembler long, mais les résultats obtenus grâce à un accompagnement professionnel sont sans commune mesure avec ce que proposent spontanément les assureurs.

victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France, accompagne gratuitement les victimes d’erreurs médicales dans leurs démarches d’indemnisation. Que ce soit pour comprendre ses droits, choisir un avocat en dommage corporel ou simplement obtenir un premier avis, la permanence est accessible à tous.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr oriente gratuitement les victimes d’erreur de diagnostic vers des avocats spécialisés en droit médical et des médecins-conseils de victimes. Un premier échange permet d’évaluer la situation et de définir la meilleure stratégie.

Témoignages

Bon alors moi ca fait 3 ans maintenant.. mon médecin traitant me disait que c’était une bronchite chronique alors que j’avais un cancer du poumon stade II. Un autre médecin l’a trouvé 8 mois après quand j’ai changé. J’ai fini par faire un recours avec un avocat trouvé grace a victime-info.fr et j’ai obtenu 87 000€ d’indemnisation après expertise. Franchement sans ce site j’aurais jamais su que je pouvais agir.

— Marc, 52 ans, erreur de diagnostic d'un cancer du poumon

Honnêtement je suis encore un peu en colère.. je suis allée aux urgences pour mon poignet après une chute, on m’a dit entorse, bandage et rentrez chez vous. 3 semaines après toujours mal, je vais voir un autre médecin, radio et bam fracture du scaphoïde. Résultat opération + 4 mois d’arrêt de travail. J’ai saisi la CCI avec l’aide d’un medecin conseil et j’ai eu 12 000€. C’est pas énorme mais au moins j’ai été reconnue comme victime.

— Isabelle, 38 ans, retard de diagnostic d'une fracture

Mon fils de 28 ans a eu une erreur de diagnostic sur une méningite. Les urgences l’ont renvoyé 2 fois chez lui avec du doliprane.. au final il a gardé des séquelles auditives. On a galéré pour comprendre nos droits, c’est un vrai parcours du combattant mais grace aux infos qu’on a trouvé ici et l’avocat spécialisé qu’on nous a orienté, on est en procédure et ca avance. Si quelqu’un lit ca, surtout n’abandonnez pas.

— Thierry, 61 ans, père d'une victime d'erreur de diagnostic