Vol à l’arraché dans la rue, braquage à main armée, car-jacking ou home-jacking : le vol avec violence est une infraction grave qui laisse des traces bien au-delà des biens matériels dérobés. La victime subit souvent des blessures physiques et un traumatisme psychologique durable. Or, de nombreuses personnes ignorent que la loi française leur ouvre des droits importants à l’indemnisation de l’ensemble de leurs préjudices, même lorsque les auteurs n’ont pas été identifiés ou sont insolvables. Ce guide complet, rédigé en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), détaille la qualification pénale du vol avec violence, les démarches immédiates à accomplir, les voies d’indemnisation des victimes d’agression et les montants auxquels la victime peut prétendre. Pour toute question personnalisée, il est possible de contacter la permanence de victime-info.fr gratuitement.
Vol avec violence : définition et qualification pénale
Le vol avec violence désigne tout acte de vol accompagné de violences physiques ou de menaces à l’encontre de la victime. Contrairement au vol simple (qui est un délit puni de 3 ans d’emprisonnement), la présence de violences aggrave considérablement la qualification pénale et les peines encourues par l’auteur. Le Code pénal français distingue plusieurs niveaux de gravité selon l’intensité des violences exercées.
| Qualification | Article du Code pénal | Peines maximales |
|---|---|---|
| Vol simple | Art. 311-1 | 3 ans et 45 000 € |
| Vol avec violence n’ayant pas entraîné d’ITT | Art. 311-5 | 5 ans et 75 000 € |
| Vol avec violence ayant entraîné une ITT ≤ 8 jours | Art. 311-6 | 7 ans et 100 000 € |
| Vol avec violence ayant entraîné une ITT > 8 jours | Art. 311-7 | 10 ans et 150 000 € |
| Vol avec arme (braquage) | Art. 311-8 | 20 ans de réclusion criminelle |
| Vol avec violence ayant entraîné la mort | Art. 311-10 | Réclusion criminelle à perpétuité |
Le vol est défini par l’article 311-1 du Code pénal comme « la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui ». Lorsqu’il est commis avec violence, les peines sont graduées selon la gravité des blessures infligées à la victime :
- Vol avec violence n’ayant pas entraîné d’ITT : 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (article 311-4)
- Vol avec violence ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 8 jours : 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende (article 311-6)
- Vol avec violence ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours : 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende (article 311-7)
- Vol avec violence ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente : 15 ans de réclusion criminelle (article 311-8)
- Vol avec violence ayant entraîné la mort : 20 ans de réclusion criminelle (article 311-9). Réclusion criminelle à perpétuité si la mort résulte de tortures ou d’actes de barbarie (article 311-10)
De nombreuses circonstances aggravantes peuvent se cumuler et augmenter la peine encourue :
- Vol commis en bande organisée
- Vol commis de nuit
- Vol commis dans un transport en commun (bus, métro, train)
- Vol commis sur une personne vulnérable (personne âgée, personne handicapée, femme enceinte)
- Vol commis avec arme (arme à feu, couteau, objet assimilé)
- Vol commis avec séquestration de la victime
- Vol commis par un auteur dissimulant son visage
La présence d’une arme transforme le vol avec violence en vol à main armée, un crime passible de 20 ans de réclusion criminelle minimum. Pour en savoir plus sur les droits des victimes d’agression physique.
Les démarches immédiates après un vol avec violence
Après un vol avec violence, il est essentiel d’agir rapidement pour protéger la santé de la victime, préserver les preuves et enclencher les démarches d’indemnisation. Voici les étapes à suivre dans l’ordre chronologique.
1. Appeler les secours et signaler les faits
Si la victime est blessée, il convient d’appeler immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d’urgence européen). Si l’agression vient de se produire, un appel au 17 (police/gendarmerie) permet de signaler les faits en temps réel et de faciliter une intervention rapide, voire l’interpellation des auteurs en flagrant délit.
2. Faire constater les blessures par un médecin
La victime doit se rendre aux urgences ou chez un médecin le plus rapidement possible pour obtenir un certificat médical initial (CMI). Ce document décrit les blessures constatées et fixe une durée d’incapacité totale de travail (ITT). Il est fondamental à double titre :
- Sur le plan pénal, l’ITT détermine la qualification de l’infraction et les peines encourues
- Sur le plan de l’indemnisation, il constitue la première pièce médicale du dossier
Même en l’absence de blessure physique visible, le choc psychologique (état de stress aigu, anxiété, troubles du sommeil) doit impérativement être mentionné dans le certificat médical. Le stress post-traumatique est un préjudice indemnisable à part entière, particulièrement fréquent après un vol avec violence. La victime a tout intérêt à consulter rapidement un psychologue ou un psychiatre pour documenter ce préjudice.
3. Déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie
Le dépôt de plainte est une étape indispensable. La victime doit décrire avec précision :
- Les circonstances exactes des faits (lieu, heure, déroulement)
- Le signalement des auteurs (apparence, vêtements, signes distinctifs)
- La liste des objets volés avec leur valeur estimée
- Les violences subies (coups, menaces verbales, usage d’une arme)
- L’identité d’éventuels témoins
Le récépissé de dépôt de plainte doit être demandé et conservé précieusement : il sera nécessaire pour toutes les démarches d’indemnisation ultérieures. Si la victime n’est pas satisfaite de l’accueil au commissariat, elle peut déposer plainte directement auprès du procureur de la République par lettre recommandée.
4. Prévenir la banque et les assurances
- Faire opposition immédiatement sur les cartes bancaires et chéquiers volés
- Déclarer le vol à l’assurance habitation (garantie vol) et à l’éventuelle assurance téléphone
- Vérifier si le contrat d’assurance comporte une garantie individuelle accident ou une garantie des accidents de la vie (GAV)
- En cas de vol de papiers d’identité, faire une déclaration de perte sur le site du ministère de l’Intérieur
Il est recommandé de photographier les blessures (même légères), de conserver les vêtements endommagés, les tickets de caisse des objets volés et toute correspondance avec la banque ou l’assurance. Ces éléments seront précieux pour constituer un dossier d’indemnisation solide.
L’indemnisation du préjudice corporel : CIVI, partie civile et SARVI
Le vol avec violence entraîne presque toujours des préjudices corporels et psychologiques dont la valeur dépasse largement celle des biens matériels dérobés. Plusieurs voies d’indemnisation sont ouvertes à la victime, chacune présentant des avantages et des conditions spécifiques. Comprendre les fondamentaux du droit du dommage corporel permet de mieux orienter ses démarches.
La CIVI : voie principale pour les cas graves
La Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) est la voie privilégiée lorsque les violences ont été particulièrement graves. Cette commission, rattachée au tribunal judiciaire, permet d’obtenir une indemnisation intégrale de tous les préjudices — corporels, psychologiques et matériels — versée par le Fonds de Garantie des Victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI).
- Régime intégral (article 706-3 du Code de procédure pénale) : le vol avec violence a entraîné une ITT d’au moins 1 mois, une incapacité permanente, ou constitue un crime (vol à main armée). L’indemnisation est intégrale, sans plafond et sans condition de ressources.
- Régime subsidiaire (article 706-14 du Code de procédure pénale) : l’ITT est inférieure à 1 mois. L’indemnisation est plafonnée et soumise à des conditions de ressources.
- La saisine est possible même si les auteurs n’ont pas été identifiés ou sont insolvables.
- Le délai de saisine est de 3 ans à compter de la date des faits, ou de 1 an après la dernière décision de la juridiction pénale.
La constitution de partie civile au procès pénal
Lorsque les auteurs du vol avec violence sont identifiés et poursuivis, la victime a le droit de se constituer partie civile lors du procès pénal. Cette démarche permet de demander des dommages et intérêts directement au tribunal correctionnel ou à la cour d’assises. Le juge fixe le montant de l’indemnisation pour chaque poste de préjudice identifié.
La constitution de partie civile est complémentaire de la saisine de la CIVI. La victime peut engager les deux démarches en parallèle.
Le SARVI : quand le condamné ne paie pas
Si les auteurs ont été condamnés à verser des dommages et intérêts mais ne s’exécutent pas, la victime peut saisir le Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions (SARVI). Ce service, géré par le FGTI, verse une provision à la victime et se charge ensuite de recouvrer les sommes auprès du condamné.
Sophie, 32 ans, se fait arracher son sac à main dans le métro parisien. Déséquilibrée, elle tombe et se fracture le poignet. Elle souffre également d’un stress post-traumatique qui l’empêche de reprendre les transports en commun. L’ITT fixée par le médecin est de 45 jours. Les auteurs n’ont pas été retrouvés.
- Sophie dépose plainte et obtient un certificat médical initial
- Elle saisit la CIVI (ITT supérieure à 1 mois : régime intégral)
- Une expertise médicale est ordonnée par la commission
- Au total, Sophie obtient 18 500 € d’indemnisation pour l’ensemble de ses préjudices (souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire, stress post-traumatique, perte de gains professionnels)
Cet exemple illustre que l’absence d’identification des auteurs ne prive pas la victime de son droit à indemnisation.
Le simulateur de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des indemnités auxquelles la victime d’un vol avec violence peut prétendre.
Les préjudices indemnisables après un vol avec violence
L’expertise médicale évalue l’ensemble des postes de préjudice corporel selon la nomenclature Dintilhac, qui constitue le référentiel utilisé par les juridictions françaises. Voici les principaux postes concernés dans le cas d’un vol avec violence.
Préjudices corporels et psychologiques
- Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques lors de l’agression et des soins qui ont suivi. Ce poste est évalué sur une échelle de 1 à 7. La victime peut estimer ce poste grâce au simulateur de pretium doloris.
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant toute la période de convalescence, jusqu’à la consolidation. Ce poste est divisé en classes de 1 à 4.
- Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : séquelles physiques ou psychologiques durables qui subsistent après la consolidation. Ce taux est exprimé en pourcentage et détermine une indemnisation calculée selon la valeur du point d’AIPP.
- Préjudice esthétique : cicatrices visibles résultant de l’agression (entailles au visage, abrasions, etc.). Ce poste est évalué selon un barème de 2 à 7.
- Stress post-traumatique / préjudice psychologique : anxiété, troubles du sommeil, phobie des transports en commun ou de la rue, hypervigilance. Ce préjudice est particulièrement fréquent et important après un braquage ou un home-jacking.
- Pertes de gains professionnels temporaires : revenus perdus pendant l’arrêt de travail
- Pertes de gains professionnels futurs : impact sur la carrière professionnelle si les séquelles empêchent la reprise du même poste
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités sportives ou de loisir antérieures à l’agression
Les montants varient considérablement selon la gravité des blessures. À titre indicatif :
- Vol à l’arraché avec chute (fracture, entorse) : 5 000 à 20 000 €
- Vol avec coups et stress post-traumatique modéré : 10 000 à 35 000 €
- Braquage avec séquelles psychologiques durables : 20 000 à 80 000 € et plus
- Vol avec violences graves (arme blanche, séquelles permanentes) : 50 000 à 200 000 € et plus
Pour consulter des exemples concrets : exemples de montants d’indemnisation pour agression.
Préjudices matériels
- Valeur des objets volés non remboursés par l’assurance
- Vêtements endommagés lors de l’agression (déchirés, tachés de sang)
- Frais de remplacement des documents d’identité, du permis de conduire, des clés
- Frais de serrurerie si les clés du domicile ont été volées (changement de serrure)
- Frais divers : déplacements pour les soins, les démarches administratives, etc.
Lorsque le FGTI ou un assureur propose une offre d’indemnisation, la victime ne doit jamais accepter la première proposition sans l’avoir fait analyser par un professionnel. Ces offres initiales sont très souvent sous-évaluées, parfois de 50 % ou plus par rapport à ce que les tribunaux accordent. Il est vivement recommandé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel ou une association d’aide aux victimes.
Cas particuliers : braquage, car-jacking, arrachage
Le vol avec violence recouvre des situations très variées, chacune présentant des spécificités en termes de qualification pénale et d’indemnisation.
Le braquage (vol à main armée)
Le braquage — ou vol à main armée — est un crime puni de 20 ans de réclusion criminelle minimum. La victime (commerçant, employé de banque, de bureau de tabac, de station-service, ou simple particulier) subit presque systématiquement un traumatisme psychologique majeur. La confrontation avec une arme génère un sentiment d’impuissance et de terreur qui constitue un poste de préjudice très important.
En tant que crime, le braquage ouvre automatiquement droit à l’indemnisation intégrale par la CIVI, sans condition d’ITT minimum.
Marc, 55 ans, est boulanger. Deux individus cagoulés braquent sa boutique avec un pistolet. Marc est contraint de vider la caisse sous la menace. Il n’est pas blessé physiquement mais développe un stress post-traumatique sévère : insomnies, cauchemars, incapacité de travailler seul dans sa boutique. Après expertise médicale, les préjudices suivants sont retenus :
- Souffrances endurées : 4/7 → 12 000 €
- Déficit fonctionnel temporaire (6 mois d’arrêt) → 4 800 €
- Déficit fonctionnel permanent (10 % pour stress post-traumatique chronique) → 18 000 €
- Perte de gains professionnels temporaires → 14 000 €
- Préjudice d’agrément → 3 000 €
Total : environ 51 800 €, obtenus via la CIVI.
Le car-jacking et le home-jacking
Le car-jacking désigne le vol d’un véhicule avec violence exercée sur le conducteur ou les passagers. Le home-jacking est un vol commis au domicile avec séquestration ou violence sur les occupants. Ces deux infractions sont particulièrement traumatisantes car elles impliquent une violation de l’espace intime de la victime (voiture, domicile).
Le sentiment de violation de l’intimité et la peur durable (peur de rentrer chez soi, de conduire seul) constituent des préjudices psychologiques spécifiques qui doivent être évalués lors de l’expertise médicale. En cas de séquestration, la peine encourue par les auteurs est aggravée et la victime peut saisir la CIVI au titre du régime intégral.
L’arrachage de sac ou de téléphone
L’arrachage constitue un vol avec violence au sens juridique, même si les violences semblent légères. En pratique, les conséquences physiques sont souvent sous-estimées :
- La victime peut être déséquilibrée et projetée au sol, entraînant fractures, entorses, contusions
- Si la lanière du sac s’enroule autour du poignet, des luxations ou fractures peuvent survenir
- En cas d’arrachage depuis un deux-roues, la victime peut être traînée sur plusieurs mètres
Ces blessures sont indemnisables au même titre que celles résultant d’une agression directe. La victime d’un arrachage dans les transports en commun bénéficie en outre de circonstances aggravantes.
Le préjudice d’angoisse ou d’inquiétude est un poste de préjudice reconnu par la jurisprudence. La peur ressentie pendant l’agression, la crainte pour sa vie, l’angoisse des représailles : tous ces éléments peuvent faire l’objet d’une évaluation et d’une indemnisation spécifique.
L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation
Qu’elle soit ordonnée par la CIVI, par le tribunal pénal ou par un assureur, l’expertise médicale est l’étape déterminante du processus d’indemnisation. C’est au cours de cette expertise que le médecin expert évalue chaque poste de préjudice et fixe la date de consolidation (moment où l’état de santé de la victime est stabilisé, sans amélioration ou aggravation prévisible).
Se faire accompagner par un médecin-conseil de victimes
La victime a le droit d’être assistée lors de l’expertise par un médecin-conseil de victimes. Ce professionnel, distinct du médecin expert judiciaire, est présent pour défendre les intérêts de la victime et veiller à ce que tous les préjudices soient correctement évalués. Son intervention est particulièrement importante pour faire reconnaître :
- Le stress post-traumatique, souvent sous-évalué par les experts
- Les douleurs chroniques qui persistent après la consolidation
- L’impact sur la vie professionnelle et sociale
L’expertise médicale est un moment crucial. Il est indispensable de se préparer en amont en rassemblant tous les documents médicaux (certificats, ordonnances, comptes rendus d’hospitalisation, attestations de suivi psychologique). Le déroulement de l’expertise doit être compris avant le rendez-vous pour éviter les pièges.
Les experts judiciaires et leur rôle
Lorsque la CIVI ordonne une expertise, elle désigne un médecin expert judiciaire inscrit sur la liste de la cour d’appel. Cet expert est tenu à l’impartialité, mais la victime doit rester vigilante et active dans la description de ses préjudices.
Délais de prescription et pièges à éviter
Le respect des délais est fondamental pour ne pas perdre ses droits à indemnisation. Plusieurs délais courent simultanément et la victime doit en être consciente dès les premiers jours suivant l’agression.
- Saisine de la CIVI : 3 ans à compter de la date des faits (ou 1 an à compter de la dernière décision de la juridiction pénale si des poursuites ont été engagées)
- Prescription de l’action civile en réparation : 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil)
- Saisine du SARVI : 1 an à compter du jour où la décision de condamnation est devenue définitive
- Prescription pénale du vol avec violence (délit) : 6 ans à compter des faits
- Prescription pénale du vol à main armée (crime) : 20 ans à compter des faits
La principale erreur des victimes de vol avec violence est de tarder à engager les démarches d’indemnisation. Plus le temps passe, plus les preuves s’effacent et plus les préjudices sont difficiles à documenter. Il est recommandé d’agir dans les semaines suivant l’agression, même si l’enquête pénale est toujours en cours.
La permanence de victime-info.fr aide gratuitement les victimes de vol avec violence à vérifier leurs délais et à identifier les démarches prioritaires.
Questions fréquentes sur le vol avec violence
Questions fréquentes
Les auteurs du vol avec violence n'ont pas été retrouvés. La victime peut-elle être indemnisée ?
Oui. La CIVI permet d’obtenir une indemnisation même lorsque les auteurs n’ont pas été identifiés ni interpellés. Il suffit que l’infraction soit établie (dépôt de plainte, certificat médical) et que les conditions de gravité soient remplies (ITT supérieure ou égale à 1 mois pour le régime intégral). Le FGTI verse l’indemnisation au titre de la solidarité nationale. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de cette commission : guide de la CIVI.
L'assurance habitation couvre-t-elle les violences subies lors du vol ?
L’assurance habitation (garantie vol) couvre généralement les biens matériels volés, mais pas les préjudices corporels ni le préjudice psychologique. Pour l’indemnisation des blessures, il faut se tourner vers la voie pénale (constitution de partie civile) et/ou la CIVI. Cependant, certains contrats incluent une garantie des accidents de la vie (GAV) qui peut couvrir les dommages corporels. Il est important de vérifier les clauses de son contrat.
Un commerçant victime de braquage : quels sont ses recours spécifiques ?
Le commerçant victime d’un braquage peut cumuler plusieurs voies d’indemnisation : saisine de la CIVI pour ses préjudices corporels et psychologiques, constitution de partie civile au procès pénal, déclaration de sinistre auprès de son assurance professionnelle pour les pertes d’exploitation et les biens volés. Le stress post-traumatique et l’impact sur l’activité professionnelle (arrêt de travail, baisse de chiffre d’affaires, nécessité d’engager un remplaçant) sont des postes de préjudice indemnisables. Il est également possible de demander une provision d’indemnisation pour faire face aux difficultés financières immédiates.
Le vol avec violence a eu lieu à l'étranger. La victime peut-elle être indemnisée en France ?
Si la victime est de nationalité française ou réside habituellement en France, elle peut saisir la CIVI même si le vol avec violence a eu lieu à l’étranger (article 706-3, alinéa 2, du Code de procédure pénale). L’indemnisation est versée par le FGTI. Il est toutefois recommandé de déposer plainte dans le pays où les faits se sont produits, puis de faire une déclaration auprès du consulat de France.
Quel est le délai pour saisir la CIVI après un vol avec violence ?
Le délai de saisine de la CIVI est de 3 ans à compter de la date de l’infraction. Si des poursuites pénales ont été engagées, ce délai est prolongé de 1 an à compter de la dernière décision de la juridiction pénale. Au-delà de ces délais, la demande sera irrecevable sauf cas exceptionnel de relevé de forclusion.
La victime d'un vol avec violence peut-elle obtenir une indemnisation pour son préjudice moral ?
Oui. Le préjudice moral est pleinement indemnisable. Il englobe les souffrances psychologiques, l’angoisse, la peur, le sentiment d’insécurité durable. Ce poste est évalué lors de l’expertise médicale et fait partie intégrante de l’indemnisation versée par la CIVI ou par le tribunal pénal. Les barèmes d’indemnisation du préjudice moral donnent des ordres de grandeur.
Conclusion : ne pas rester sans recours après un vol avec violence
Le vol avec violence est une infraction grave qui ouvre des droits importants à indemnisation. Que les blessures soient physiques ou psychologiques, que les auteurs aient été identifiés ou non, la victime dispose de voies de recours efficaces pour obtenir la réparation intégrale de ses préjudices. La saisine de la CIVI, la constitution de partie civile et le SARVI sont autant de dispositifs mis en place par le législateur pour garantir que personne ne reste sans indemnisation.
Il est essentiel de ne pas attendre pour engager les démarches. Chaque jour compte pour préserver les preuves et respecter les délais de prescription. La victime d’un vol avec violence a tout intérêt à se faire accompagner par des professionnels compétents : avocats spécialisés en dommage corporel, médecins-conseil de victimes, associations d’aide.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes de vol avec violence dans toutes leurs démarches d’indemnisation. Chaque situation est unique : un échange personnalisé permet d’identifier les recours adaptés et d’optimiser l’indemnisation.
Témoignages
— Karine, 39 ans, victime de vol à l'arrachéBon alors moi je me suis fait arracher mon sac en sortant du tram il y a 1 an et demi. Je suis tombée et je me suis cassé le poignet. Au début je pensais que c’était juste les objets volés qu’on pouvait récupérer par l’assurance.. mais en fait j’avais droit à une indemnisation pour mes blessures et le stress. J’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué comment saisir la CIVI. Résultat j’ai obtenu 14 000€ alors que je pensais avoir droit à rien du tout pour le côté physique. Faut pas hésiter à se renseigner
— Mehdi, 47 ans, gérant de tabac braquéFranchement c’est le truc le plus traumatisant que j’ai vécu. 2 mecs cagoulés avec un flingue dans ma boutique un samedi matin.. physiquement rien de grave mais psychologiquement c’etait l’enfer, j’arrivais plus à dormir, je voulais plus ouvrir le magasin. Mon avocat m’a aidé à saisir la CIVI et j’ai eu une expertise medicale. Au final j’ai touché plus de 40 000€ pour le stress post traumatique et les pertes de revenus pendant mon arrêt. Si vous êtes dans ce cas faites vous aider c’est super important
— Pauline, 24 ans, victime de car-jackingHonnêtement j’aurais jamais imaginé que ça pouvait arriver.. on m’a volé ma voiture à un feu rouge, le mec m’a sorti de force en me tirant par les cheveux. J’ai eu des bleus partout et surtout une peur panique de conduire pendant des mois. Ma mère a trouvé ce site et grâce aux infos j’ai compris que je pouvais saisir la CIVI meme si les gars ont jamais été retrouvés. Les démarches c’est long mais au moins on est pas tout seul quand on sait ou chercher les informations



