À la suite d’un accident de la route, d’une agression ou d’un accident de la vie courante, une victime peut conserver des séquelles visibles qui altèrent durablement son apparence physique. Cicatrices, déformations, perte de mobilité apparente, nécessité d’un appareillage… ces atteintes constituent ce que le droit de l’indemnisation appelle le préjudice esthétique. Reconnu par la nomenclature Dintilhac, ce poste de préjudice est évalué sur une échelle de 0,5 à 7 et donne droit à une indemnisation spécifique.
Comprendre le fonctionnement du barème, connaître les montants indicatifs selon chaque degré et savoir comment contester une offre insuffisante sont des étapes essentielles pour toute personne accidentée. Ce guide détaille l’ensemble des règles applicables au préjudice esthétique — temporaire comme permanent — afin de permettre à chaque victime de défendre efficacement ses droits. Pour toute question, il est possible de contacter la permanence de victime-info.fr.

Sommaire
- Simulateur d’indemnisation du préjudice esthétique
- Qu’est-ce que le préjudice esthétique ?
- Le préjudice esthétique temporaire
- Le préjudice esthétique permanent
- Comment le préjudice esthétique est-il évalué ?
- Comment obtenir l’indemnisation du préjudice esthétique ?
- Les différents barèmes et référentiels
- Les montants selon l’échelle de 0,5 à 7
- Contester le montant de l’indemnisation
- Exemples concrets d’indemnisation
- Questions de victimes
- FAQ
Simulateur d’indemnisation du préjudice esthétique
Le simulateur ci-dessous permet d’obtenir une estimation indicative de l’indemnisation du préjudice esthétique en fonction du degré retenu par le médecin expert. Il s’appuie sur les fourchettes habituellement observées devant les juridictions et dans les protocoles transactionnels.
Les résultats du simulateur donnent un ordre de grandeur. Les montants d’indemnisation peuvent varier considérablement d’un dossier d’indemnisation à un autre, en fonction de l’âge de la victime, de la localisation des séquelles, de la juridiction saisie et de la qualité de l’argumentation. Il est fortement recommandé de se faire accompagner par un professionnel.
Pour une estimation globale prenant en compte l’ensemble des postes de préjudice, la victime peut également utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels.
Qu’est-ce que le préjudice esthétique ?
Le préjudice esthétique est un poste de préjudice extrapatrimonial prévu par la nomenclature Dintilhac. Il vise à réparer l’altération de l’apparence physique subie par la victime à la suite d’un fait dommageable : accident, agression, erreur médicale, etc.
Concrètement, le préjudice esthétique couvre toute modification visible de l’aspect extérieur de la personne : cicatrices, déformations corporelles, amputation, brûlures, modification de la démarche, utilisation d’un appareillage (fauteuil roulant, prothèse, béquilles), modification de la voix, troubles dermatologiques consécutifs à l’accident, etc.
Le préjudice esthétique ne se limite pas à un « défaut physique ». Il prend en compte le regard des tiers sur la victime et les conséquences psychologiques qui en découlent : gêne sociale, perte de confiance, sentiment de dévalorisation. L’indemnisation intègre donc aussi la dimension de préjudice moral liée à l’altération de l’image de soi.
Ce préjudice se subdivise en deux catégories distinctes, correspondant à deux périodes différentes de la vie de la victime après l’accident :
- Le préjudice esthétique temporaire (PET) : avant la date de consolidation
- Le préjudice esthétique permanent (PEP) : après la date de consolidation
La consolidation correspond au moment où l’état de santé de la victime est considéré comme stabilisé : il ne connaîtra plus d’amélioration ni de dégradation significative. C’est une étape clé dans le processus d’indemnisation corporelle.
Le préjudice esthétique temporaire (PET)
Définition du préjudice esthétique temporaire
Le préjudice esthétique temporaire concerne l’altération de l’apparence physique de la victime pendant la période allant de l’accident jusqu’à la consolidation.
Le préjudice esthétique temporaire vise à indemniser « une altération de son apparence physique, certes temporaire, mais aux conséquences personnelles très préjudiciables, liée à la nécessité de se présenter dans un état physique altéré au regard des tiers ».
Exemples de préjudice esthétique temporaire
Les atteintes esthétiques temporaires les plus fréquemment constatées sont :
- Les hématomes, ecchymoses et tuméfactions visibles
- Les plaies et brûlures en cours de cicatrisation
- Le port d’appareillages temporaires : attelles, plâtres, béquilles, fauteuil roulant provisoire
- La perte temporaire de cheveux (suite à un traumatisme crânien ou un traitement)
- Les gonflements post-opératoires
- La nécessité de porter une tenue d’hôpital, d’être perfusé ou intubé
Les référentiels et barèmes ont tendance à réserver l’indemnisation du préjudice esthétique temporaire aux cas d’altération majeure (brûlures graves, traumatismes faciaux importants). Or, le principe de réparation intégrale impose que toute altération de l’apparence soit indemnisée, même modérée. La victime a intérêt à documenter son état avec des photographies datées à chaque étape de la guérison.
Le mot « temporaire » ne signifie pas « mineur » ou « transitoire ». Il indique simplement que l’atteinte se situe dans la période avant la consolidation. Si des séquelles persistent après la consolidation, elles relèvent alors du préjudice esthétique permanent.
Le préjudice esthétique permanent (PEP)
Définition du préjudice esthétique permanent
Le préjudice esthétique permanent indemnise les atteintes définitives à l’apparence physique de la victime, constatées après la date de consolidation.
Le préjudice esthétique permanent vise « à réparer les atteintes physiques et plus généralement les éléments de nature à altérer l’apparence physique de la victime » de manière définitive après la consolidation.
Exemples de préjudice esthétique permanent
L’altération physique permanente s’entend au sens large et peut inclure :
- Les cicatrices permanentes : au visage, sur le corps, les membres (voir le dossier sur le préjudice esthétique lié aux cicatrices du visage)
- Les déformations corporelles : asymétrie, amputation visible
- Les appareillages définitifs : prothèse, fauteuil roulant, corset
- La modification de la démarche : boiterie, posture anormale
- Les modifications de la voix : suite à un traumatisme laryngé
- Les troubles cutanés persistants : brûlures, greffes de peau
- Les modifications pondérales importantes : maigreur ou prise de poids liée à l’immobilité
- Les odeurs corporelles : liées à certains appareillages ou pathologies séquellaires
Mme D., 32 ans, a été victime d’un accident de la route en tant que passagère. Le choc a provoqué une plaie profonde au front et à la joue gauche. Malgré une chirurgie réparatrice, une cicatrice de 8 cm reste visible sur le visage. Le médecin expert a retenu un préjudice esthétique permanent de 4/7, compte tenu de la localisation (visage), de l’âge de la victime et de la visibilité de la cicatrice. L’indemnisation obtenue a été de 18 000 euros pour ce seul poste de préjudice.
Comment le préjudice esthétique est-il évalué ?
L’évaluation du préjudice esthétique repose sur l’expertise médicale, étape incontournable du processus d’indemnisation. C’est le médecin expert qui procède à un examen détaillé de la victime et attribue une note sur une échelle de 0,5 à 7.
Le rôle du médecin expert
Lors de l’expertise, le médecin expert :
- Examine la victime physiquement
- Rédige une description détaillée des atteintes esthétiques (nature, localisation, dimensions, couleur, relief)
- Prend en compte la visibilité des séquelles (zone habituellement découverte ou couverte par les vêtements)
- Évalue l’impact sur la présentation générale de la victime
- Attribue une note de 0,5 (très léger) à 7 (exceptionnel)
Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin-conseil de victimes lors de l’expertise. Ce professionnel indépendant défend les intérêts de la personne blessée et veille à ce que l’ensemble des atteintes esthétiques soient correctement décrites et évaluées. Le médecin désigné par l’assurance, lui, peut avoir tendance à minimiser les séquelles.
Les critères d’évaluation
L’évaluation du préjudice esthétique repose sur plusieurs critères :
- La localisation : une cicatrice au visage sera cotée plus haut qu’une cicatrice sur le torse, habituellement couverte
- La nature de l’atteinte : cicatrice, déformation, amputation, appareillage…
- Les dimensions : longueur, largeur, surface de la zone atteinte
- La couleur et le relief : cicatrice hypertrophique, chéloïde, dyschromique…
- L’âge et le sexe de la victime : la jurisprudence tient compte de ces éléments pour individualiser l’indemnisation
- L’impact fonctionnel visible : boiterie, posture anormale, nécessité d’un appareillage
Évaluation du préjudice esthétique temporaire
Pour le préjudice esthétique temporaire, le médecin expert recense toutes les traces qui ont disparu ou se sont atténuées entre la date de l’accident et la consolidation. Il est donc crucial de documenter ces atteintes dès le début (photographies, certificats médicaux datés).
Évaluation du préjudice esthétique permanent
Pour le préjudice esthétique permanent, le médecin expert évalue les séquelles stabilisées après la consolidation. L’examen se fait en consultation, avec une description minutieuse de chaque atteinte. Le rapport d’expertise servira de base au calcul de l’indemnisation, que ce soit dans le cadre d’une négociation amiable ou devant un tribunal.
Comment obtenir l’indemnisation du préjudice esthétique ?
Le processus d’indemnisation du préjudice esthétique suit les étapes classiques de l’indemnisation du dommage corporel :
- L’expertise médicale : le médecin expert évalue les préjudices esthétiques et les note dans son rapport.
- La transmission du rapport : le rapport est communiqué à l’assureur (ou au tribunal en cas de procédure judiciaire).
- L’offre d’indemnisation : l’assureur propose un montant pour chaque poste de préjudice, y compris le préjudice esthétique.
- La négociation ou le jugement : la victime peut accepter, négocier ou refuser l’offre et saisir la justice.
Les compagnies d’assurance proposent systématiquement une première offre inférieure à ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal. Il est essentiel de faire vérifier le montant proposé par un avocat spécialisé en dommage corporel avant de signer quoi que ce soit. Une offre acceptée et signée est définitive.
Le préjudice esthétique étant intimement lié à la personne, l’évaluation de l’indemnisation doit être fortement individualisée. Deux victimes ayant la même note de préjudice esthétique ne recevront pas nécessairement le même montant.
Le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels permet d’obtenir une estimation pour l’ensemble des postes de préjudice, en complément du préjudice esthétique.
Les différents barèmes et référentiels d’indemnisation
Plusieurs référentiels servent de base indicative pour le calcul de l’indemnisation du préjudice esthétique. Aucun n’a de valeur contraignante, mais ils constituent des outils de référence largement utilisés par les assureurs, les avocats et les magistrats.
Le référentiel Mornet (Cours d’appel)
Le référentiel Mornet est utilisé par les cours d’appel pour harmoniser les indemnisations. Il propose des fourchettes de montants pour le préjudice esthétique permanent selon l’échelle de 0,5 à 7. En revanche, il ne prévoit pas de barème pour le préjudice esthétique temporaire.
Le guide du FGTI
Le Fonds de Garantie des Victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) publie un guide proposant des fourchettes d’indemnisation pour le préjudice esthétique permanent. Ce guide est notamment utilisé dans les procédures devant la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions).
Le référentiel de l’ONIAM
L’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) propose également un référentiel, utilisé dans les cas de responsabilité médicale et d’accident médical. Il prévoit des indications tant pour le préjudice esthétique temporaire (réservé aux altérations majeures) que permanent.
Aucun barème n’est juridiquement contraignant. Les montants indiqués sont des ordres de grandeur. Un juge peut accorder un montant supérieur au barème si les circonstances le justifient (âge jeune, localisation au visage, impact social important). L’accompagnement par un avocat permet souvent d’obtenir une indemnisation dans la fourchette haute.
Les montants d’indemnisation selon l’échelle de 0,5 à 7
L’échelle d’évaluation du préjudice esthétique va de 0,5/7 (très léger) à 7/7 (exceptionnel). Voici les montants indicatifs généralement observés, ainsi que les types d’atteintes correspondant à chaque niveau.
Préjudice esthétique 0,5/7, 1/7 ou 1,5/7 — Très léger à léger
Types d’atteintes correspondantes :
- Cicatrice de bonne qualité, peu visible, habituellement cachée par les vêtements
- Petite cicatrice sur le visage, peu perceptible
- Légère modification de la démarche, à peine perceptible
Les montants habituellement constatés se situent entre 500 € et 3 000 € selon le degré exact, l’âge de la victime et la localisation de l’atteinte.
Préjudice esthétique 2/7 ou 2,5/7 — Léger à modéré
Types d’atteintes correspondantes :
- Cicatrice visible sur une zone habituellement découverte (avant-bras, mains)
- Petite cicatrice sur le visage, perceptible en conversation
- Légère boiterie visible
Les montants habituellement constatés se situent entre 3 000 € et 6 000 €.
Préjudice esthétique 3/7 ou 3,5/7 — Modéré
Types d’atteintes correspondantes :
- Cicatrice visible au visage de taille moyenne
- Boiterie nette et constante
- Déformation modérée d’un membre
- Nécessité d’un appareillage discret mais visible (canne)
Les montants habituellement constatés se situent entre 5 000 € et 10 000 €.
Préjudice esthétique 4/7 ou 4,5/7 — Moyen
Pour un détail complet de ce degré, consulter le dossier sur le préjudice esthétique 4/7.
Types d’atteintes correspondantes :
- Cicatrice importante au visage (plusieurs centimètres, relief, dyschromie)
- Amputation d’un ou plusieurs doigts
- Boiterie prononcée avec déformation visible
- Nécessité d’un appareillage visible (orthèse, prothèse partielle)
Les montants habituellement constatés se situent entre 10 000 € et 20 000 €.
Préjudice esthétique 5/7 ou 5,5/7 — Important
Types d’atteintes correspondantes :
- Cicatrices multiples et étendues sur le visage et/ou le corps
- Amputation d’un membre (main, avant-bras, pied)
- Brûlures étendues avec séquelles visibles
- Déformation faciale significative
- Nécessité permanente d’un fauteuil roulant
Les montants habituellement constatés se situent entre 20 000 € et 35 000 €.
| Nature de l’accident | Conséquences de l’accident | Echelle | Montant de l’indemnisation |
| Accident causé par un tiers | Fracture du poignet gauche | 0,5/7 | 500€ |
| Accident de la vie | Traumatisme grave au pied droit | 1/7 | 600€ |
| Accident de la route en 2018 | Perte de connaissance, plaie à l’oreille droite, contusion pulmonaire, fracture vertébrale T12 | 1,5/7 | 2100€ |
| Accident de la vie | Chute du troisième étage | Non indiqué | 4000€ |
| Opération chirurgicale digestive | Syndrome des loges | 2,5/7 période avec deux cannes 1,5/7 période avec une canne |
Environ 1000€ |
Préjudice esthétique 6/7 ou 6,5/7 — Très important
Types d’atteintes correspondantes :
- Brûlures très étendues avec greffes multiples
- Défiguration partielle
- Amputation de plusieurs membres
- Déformation majeure du corps
- Paralysie avec appareillage lourd visible en permanence
Les montants habituellement constatés se situent entre 35 000 € et 55 000 €.
Préjudice esthétique 7/7 — Exceptionnel
Pour un détail complet de ce degré, consulter le dossier sur le préjudice esthétique 7/7.
Types d’atteintes correspondantes :
- Défiguration complète
- Brûlures sur la quasi-totalité du corps
- Atteintes corporelles majeures cumulées : amputations multiples, déformations sévères, appareillage lourd
- Altération totale de l’image corporelle
Les montants habituellement constatés dépassent 55 000 € et peuvent atteindre 80 000 € ou plus dans les cas les plus graves.
À degré de préjudice esthétique égal, une victime jeune (20-30 ans) obtiendra généralement une indemnisation plus élevée qu’une personne plus âgée, car elle devra vivre avec cette altération pendant plus longtemps. Ce critère est systématiquement pris en compte par les juridictions.
Contester le montant de l’indemnisation du préjudice esthétique
Il arrive fréquemment que la victime soit en désaccord avec l’évaluation du préjudice esthétique ou avec le montant d’indemnisation proposé. Trois situations principales peuvent se présenter.
L’expertise médicale semble incomplète ou inexacte
Si la victime estime que le médecin expert n’a pas correctement décrit ou évalué ses atteintes esthétiques, il est possible de demander une contre-expertise médicale. Cette démarche est d’autant plus légitime si la victime n’était pas assistée d’un médecin-conseil lors de l’expertise initiale.
La victime a toujours le droit de contester le rapport d’expertise médicale. La demande de contre-expertise peut être formulée auprès de l’assureur (amiable) ou auprès du tribunal (judiciaire). Pour en savoir plus, consulter le dossier sur la contre-expertise médicale.
La proposition d’indemnisation est trop faible
Si le montant proposé par l’assureur est inférieur aux fourchettes habituellement constatées par les tribunaux, la victime peut :
- Refuser l’offre par écrit
- Formuler une contre-proposition argumentée, en s’appuyant sur les référentiels (Mornet, FGTI) et la jurisprudence
- Se faire assister par un avocat spécialisé en dommage corporel pour négocier
Un modèle de lettre pour demander une provision d’indemnisation est disponible sur le site.
Aucun accord n’est trouvé
En l’absence d’accord entre l’assureur et la victime, il est possible de saisir la justice. Le juge ordonnera le plus souvent une expertise médicale judiciaire et fixera lui-même le montant de l’indemnisation en se fondant sur les référentiels indicatifs et sa propre appréciation du préjudice.
L’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. La victime dispose donc d’un délai raisonnable pour agir, mais il est recommandé de ne pas trop attendre pour constituer son dossier.
Exemples concrets d’indemnisation du préjudice esthétique
Pour donner un aperçu des montants réellement obtenus, voici des exemples issus de décisions de justice ou de protocoles transactionnels. D’autres exemples d’indemnisation de dommage corporel sont disponibles sur le site.
M. T., 26 ans, s’est fracturé le bras lors d’un accident de sport. L’intervention chirurgicale a laissé une cicatrice de 12 cm sur l’avant-bras, visible en été. Le médecin expert a retenu un préjudice esthétique permanent de 2/7. Après négociation, l’indemnisation obtenue a été de 4 500 € pour ce poste.
Mme L., 40 ans, a été victime d’une agression ayant causé une brûlure sur la joue droite. La cicatrice résiduelle a été évaluée à un préjudice esthétique permanent de 5/7 compte tenu de la gravité, de la localisation et de l’aspect chéloïde de la cicatrice. Devant la CIVI, l’indemnisation a été fixée à 28 000 € pour le préjudice esthétique permanent, auxquels se sont ajoutés 3 500 € pour le préjudice esthétique temporaire.
M. R., 55 ans, a perdu trois doigts de la main droite dans un accident de la circulation. L’expertise a retenu un préjudice esthétique permanent de 4,5/7 combiné avec un taux d’AIPP significatif. L’indemnisation du seul préjudice esthétique permanent s’est élevée à 16 000 €.
Questions de victimes
Préjudice esthétique suite à un accident sportif
« Après un accident de sport, la victime conserve une cicatrice importante au niveau du genou. Quel est le niveau de préjudice esthétique envisageable ? »
Une cicatrice au genou, habituellement couverte par les vêtements sauf en été, est généralement évaluée entre 1/7 et 2,5/7 selon sa taille, sa couleur et son relief. La victime peut consulter le calcul indicatif du préjudice esthétique pour une première estimation.
Préjudice esthétique permanent suite à une agression
« Suite à une agression, la victime a une cicatrice visible au visage. Peut-elle être indemnisée même si l’agresseur est insolvable ? »
Oui. Lorsque l’auteur de l’agression est insolvable ou non identifié, la victime peut saisir la CIVI pour obtenir une indemnisation intégrale. La procédure de constitution de partie civile est également une option à envisager.
Indemnisation du préjudice esthétique temporaire
« Pendant 6 mois, la victime a porté un corset et des béquilles après son accident. Peut-elle prétendre à une indemnisation du préjudice esthétique temporaire ? »
Absolument. Le port d’appareillages visibles (béquilles, corset, plâtre, fauteuil roulant) pendant la période pré-consolidation constitue un préjudice esthétique temporaire indemnisable. Ce poste est souvent évalué en lien avec le déficit fonctionnel temporaire mais reste distinct.
Évaluation globale de l’indemnisation
« La victime voudrait avoir une idée globale de son indemnisation, pas uniquement pour le préjudice esthétique. Comment faire ? »
Le préjudice esthétique n’est qu’un des nombreux postes de la nomenclature Dintilhac. Pour une estimation complète, il est possible d’utiliser le simulateur d’indemnisation globale qui prend en compte les souffrances endurées, le calcul de l’ITT, le déficit fonctionnel permanent et d’autres postes.
Questions fréquentes sur le préjudice esthétique
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le préjudice esthétique temporaire et permanent ?
Le préjudice esthétique temporaire couvre l’altération de l’apparence physique entre la date de l’accident et la date de consolidation (moment où l’état de santé est stabilisé). Le préjudice esthétique permanent concerne les séquelles définitives constatées après la consolidation. Les deux postes sont indemnisés séparément.
Comment est évalué le préjudice esthétique sur l'échelle de 0,5 à 7 ?
C’est le médecin expert qui attribue une note en fonction de la nature, de la localisation, de la taille et de la visibilité des atteintes esthétiques. Un 1/7 correspond à une cicatrice discrète habituellement cachée, tandis qu’un 7/7 correspond à une défiguration complète ou des atteintes corporelles majeures. La victime a intérêt à se faire assister par un médecin-conseil indépendant lors de l’expertise.
Peut-on contester l'évaluation du préjudice esthétique par le médecin expert ?
Oui. Si la victime estime que l’évaluation est trop basse ou que certaines atteintes n’ont pas été prises en compte, elle peut demander une contre-expertise médicale. Cette demande peut être formulée à l’amiable auprès de l’assureur ou par voie judiciaire auprès du tribunal. L’assistance d’un avocat spécialisé et d’un médecin-conseil est fortement recommandée.
Le préjudice esthétique est-il indemnisé en cas d'agression ?
Oui. Que la victime ait été blessée dans un accident de la route, un accident de la vie, une agression ou un accident médical, le préjudice esthétique est toujours indemnisable. En cas d’agression, la victime peut saisir la CIVI si l’auteur est insolvable ou non identifié.
Quel est le délai pour demander l'indemnisation du préjudice esthétique ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). Cependant, il est recommandé d’engager les démarches le plus tôt possible pour constituer un dossier solide et ne pas laisser les preuves se perdre.
Les photos sont-elles importantes pour prouver le préjudice esthétique ?
Oui, les photographies sont des preuves essentielles. Il est recommandé de prendre des photos datées à toutes les étapes : juste après l’accident, pendant la convalescence et après la consolidation. Ces clichés permettront au médecin expert et au juge d’apprécier pleinement l’évolution et l’ampleur des atteintes esthétiques.
Conclusion : faire valoir ses droits à l’indemnisation du préjudice esthétique
Le préjudice esthétique est un poste de préjudice souvent sous-estimé par les compagnies d’assurance. Pourtant, les atteintes à l’apparence physique ont des conséquences profondes sur la vie quotidienne, sociale et psychologique de la victime. Qu’il s’agisse d’une cicatrice au visage, d’une amputation ou d’un appareillage permanent, chaque atteinte mérite une indemnisation juste et complète.
Pour maximiser ses chances d’obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice subi, il est essentiel de se faire accompagner dès le début du processus par un avocat spécialisé en dommage corporel et un médecin-conseil de victimes. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter chaque personne vers les bons interlocuteurs. Il est également recommandé de lire les conseils essentiels à connaître avant toute démarche.
La permanence de victime-info.fr aide les victimes à comprendre leurs droits et les oriente vers les professionnels adaptés à leur situation. Le service est gratuit et confidentiel.
Témoignages
— Mehdi, 29 ans, accident de motoBon alors moi j’ai eu un accident de moto il y a 3 ans, une grosse cicatrice sur tout le bras gauche plus une au visage.. le médecin de l’assurance m’avait mis 2/7 pour le préjudice esthétique. Franchement j’allais accepter mais j’ai lu les articles sur victime-info.fr et j’ai demandé un médecin conseil de victimes. Résultat : passage à 3,5/7 et une indemnisation de 9000€ au lieu de 3500€ pour ce poste. Faites pas la même erreur que moi, prenez un médecin de votre côté
— Isabelle, 52 ans, victime d'une erreur médicaleHonnêtement je savais même pas qu’on pouvait être indemnisée pour le préjudice esthétique.. suite a une opération qui s’est mal passée j’ai une grosse cicatrice sur le ventre et la hanche. L’ONIAM me proposait vraiment pas grand chose. J’ai pris un avocat spécialisé qui m’a été recommandé ici et au final on est passé devant le tribunal, j’ai eu 14000€ rien que pour l’esthétique. C’est long les démarches mais ça vaut le coup de se battre
— Romain, 35 ans, père d'une enfant brûléeMa fille de 8 ans a été brulée au visage dans un accident domestique.. c’est le pire cauchemard pour un parent. On savait pas du tout comment ça marchait l’indemnisation avec la GAV. Ce site nous a expliqué étape par étape le préjudice esthétique temporaire et permanent, les barèmes etc. On est accompagnés maintenant par un avocat et un médecin conseil, l’expertise est en cours. Merci pour toutes ces infos parce que sinon on serait vraiment perdus



