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Accident domestique : chutes et brûlures — Guide complet d’indemnisation

Chaque année en France, les accidents domestiques provoquent des millions de blessures et constituent la première cause de décès accidentel. Chutes dans les escaliers, brûlures en cuisine, glissade dans la salle de bain : ces événements du quotidien peuvent laisser des séquelles graves, tant physiques que psychologiques. La victime d’un accident domestique dispose pourtant de droits réels en matière d’indemnisation du préjudice corporel, à condition de connaître les démarches à entreprendre et les pièges à éviter.

Ce guide détaille tout ce qu’il faut savoir sur les accidents de la vie survenant au domicile : les mécanismes d’indemnisation, les assurances mobilisables, les postes de préjudice concernés et les recours possibles. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes accidentées dans ces démarches.

📌 Sommaire de cette page

  • Qu’est-ce qu’un accident domestique ? — Définition, chiffres et types de sinistres
  • Chutes à domicile — Causes, blessures fréquentes et prévention
  • Brûlures domestiques — Typologie, gravité et séquelles
  • Qui est responsable ? — Responsabilité civile et tiers impliqués
  • Les assurances mobilisables — GAV, responsabilité civile, mutuelle
  • Les postes de préjudice indemnisables — Nomenclature Dintilhac appliquée
  • Les démarches pour obtenir une indemnisation — Étape par étape
  • L’expertise médicale — Préparation et contestation
  • Les erreurs à éviter — Pièges des assureurs et délais
  • Cas particulier : accident domestique impliquant un enfant
  • FAQ

Qu’est-ce qu’un accident domestique ?

Un accident domestique est un accident survenant à la maison ou dans ses abords immédiats (jardin, garage, cave, terrasse). Il se distingue de l’accident de la circulation ou de l’accident du travail par le fait qu’il intervient dans la sphère privée, en dehors de toute activité professionnelle ou de déplacement sur la voie publique.

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Les accidents domestiques englobent une grande variété de sinistres :

  • Chutes : dans les escaliers, depuis un escabeau, dans la baignoire, sur un sol glissant
  • Brûlures : contact avec un liquide chaud, un appareil électroménager, un feu ouvert, un produit chimique
  • Intoxications : ingestion de produits ménagers, intoxication au monoxyde de carbone
  • Coupures et plaies : manipulation d’outils, bris de verre
  • Électrocutions : installations défectueuses, appareils défaillants
  • Étouffements et suffocations : notamment chez les jeunes enfants
📊 Accidents domestiques en France : les chiffres

Selon Santé publique France, les accidents de la vie courante provoquent chaque année environ 20 000 décès et plus de 4,5 millions de recours aux urgences. Les chutes représentent à elles seules 75 % des accidents domestiques chez les personnes âgées, et les brûlures touchent environ 400 000 personnes par an, dont un quart sont des enfants de moins de 5 ans.

Les chutes à domicile : première cause d’accident domestique

La chute est de loin l’accident domestique le plus fréquent, toutes tranches d’âge confondues. Elle peut survenir dans des circonstances très variées et entraîner des blessures allant de la simple contusion à des lésions graves nécessitant une hospitalisation prolongée.

Les causes les plus fréquentes de chutes à la maison

Les principales situations accidentogènes au domicile sont :

  • Escaliers : marches usées, absence de rampe, mauvais éclairage, chaussettes glissantes
  • Salle de bain : sol mouillé, baignoire sans tapis antidérapant, sortie de douche
  • Cuisine : sol gras, liquide renversé, tapis mal fixé
  • Jardin et terrasse : sol verglacé, dalles descellées, échelle ou escabeau instable
  • Chambre : tapis volant, fil électrique au sol, lever nocturne sans éclairage

Les blessures courantes après une chute domestique

Selon la violence de l’impact et l’âge de la personne, une chute à domicile peut provoquer :

  • Des fractures (poignet, col du fémur, cheville, côtes, vertèbres)
  • Des traumatismes crâniens, parfois graves même après une chute apparemment bénigne — un traumatisme crânien léger peut laisser des séquelles durables
  • Des entorses et luxations
  • Des plaies et contusions
  • Des lésions médullaires dans les cas les plus sévères (chute de hauteur)
💡 Cas pratique : chute dans les escaliers

Martine, 67 ans, chute dans l’escalier de son pavillon un matin en descendant au rez-de-chaussée. Le nez d’une marche était usé et glissant. Elle se fracture le col du fémur et nécessite la pose d’une prothèse de hanche. Après 3 mois d’arrêt et de rééducation, Martine conserve des douleurs chroniques et une boiterie. Elle active sa garantie accidents de la vie (GAV) souscrite auprès de son assureur. Après expertise médicale, son taux de déficit fonctionnel permanent (DFP) est fixé à 12 %. L’assureur propose 18 000 €. Accompagnée par un avocat spécialisé, elle obtient finalement 42 000 € d’indemnisation couvrant le DFP, les souffrances endurées, le préjudice d’agrément et l’aide humaine temporaire.

Les brûlures domestiques : des séquelles souvent sous-estimées

Les brûlures constituent le deuxième grand type d’accident domestique. Elles surviennent principalement en cuisine, mais aussi dans la salle de bain, près d’une cheminée ou lors d’activités de bricolage. Les séquelles peuvent être considérables, tant sur le plan physique qu’esthétique et psychologique.

Les différents types de brûlures à la maison

  • Brûlures thermiques : contact avec un liquide bouillant (eau, huile, café), un objet brûlant (plaque de cuisson, fer à repasser), une flamme (cheminée, barbecue)
  • Brûlures chimiques : projection de produits ménagers (soude caustique, déboucheur, eau de Javel concentrée)
  • Brûlures électriques : contact avec une prise défectueuse, un appareil mal isolé
  • Brûlures par friction : tapis roulant de sport, corde, etc.

Classification des brûlures par degré de gravité

La gravité d’une brûlure conditionne directement les séquelles et le montant de l’indemnisation :

  • 1er degré : rougeur simple (coup de soleil), guérison sans cicatrice en quelques jours
  • 2e degré superficiel : cloques (phlyctènes), douleur vive, guérison en 10 à 15 jours sans cicatrice majeure
  • 2e degré profond : atteinte du derme, cicatrice possible, nécessité de greffes parfois
  • 3e degré : destruction complète de la peau, greffe quasi systématique, cicatrices permanentes
⚠️ Brûlures chez l'enfant : une urgence absolue

Les enfants de moins de 5 ans sont les premières victimes de brûlures domestiques. Un simple bol de café renversé peut provoquer une brûlure du 2e degré profond sur un jeune enfant. En cas de brûlure grave, il est impératif de consulter un centre de traitement des brûlés et de faire constater les lésions par un médecin dès que possible. Le certificat médical initial est une pièce essentielle du dossier d’indemnisation.

Les séquelles fréquentes après une brûlure

Les brûlures graves laissent des séquelles qui relèvent de plusieurs postes de préjudice :

  • Cicatrices : rétractiles, chéloïdes, hyperpigmentées — elles fondent un préjudice esthétique souvent important
  • Limitations fonctionnelles : rétraction cutanée gênant la mobilité articulaire
  • Douleurs chroniques : hypersensibilité de la peau greffée, prurit, souffrances endurées
  • Préjudice psychologique : anxiété, phobie, troubles de l’image corporelle, syndrome de stress post-traumatique
📊 Indemnisation du préjudice esthétique lié aux brûlures

Pour des cicatrices de brûlure étendues et visibles, le préjudice esthétique permanent peut être évalué entre 3/7 et 6/7 selon la nomenclature Dintilhac, correspondant à des indemnisations allant de 8 000 € à plus de 50 000 € selon l’étendue, la localisation et l’âge de la victime.

Qui est responsable en cas d’accident domestique ?

La question de la responsabilité est fondamentale car elle détermine le mécanisme d’indemnisation applicable. Contrairement aux accidents de la route, régis par la loi Badinter, les accidents domestiques relèvent du droit commun de la responsabilité civile.

La victime est seule en cause

Dans la majorité des cas, l’accident domestique survient sans qu’un tiers soit impliqué : la personne chute toute seule ou se brûle par inadvertance. Dans cette hypothèse, aucun recours contre un tiers n’est possible. L’indemnisation repose alors exclusivement sur les contrats d’assurance souscrits par la victime (GAV, assurance individuelle accident, prévoyance).

Un tiers est responsable de l’accident

Certains accidents domestiques mettent en cause la responsabilité d’un tiers. L’indemnisation est alors plus complète car elle repose sur le principe de réparation intégrale du préjudice.

⚖️ Article 1240 du Code civil

« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » C’est le fondement de la responsabilité civile délictuelle, applicable lorsqu’un tiers est à l’origine de l’accident domestique.

Exemples de situations impliquant un tiers responsable :

  • Propriétaire ou bailleur : escalier non conforme, installation électrique défectueuse, vice de construction
  • Fabricant d’un produit défectueux : appareil électroménager à l’origine d’une brûlure ou d’une électrocution, escabeau défaillant
  • Prestataire ou artisan : travaux mal réalisés ayant créé un danger (sol glissant, installation de gaz défectueuse)
  • Gardien d’un animal : si un animal domestique est à l’origine de la chute — la victime peut aussi consulter la page dédiée à l’accident causé par un animal
Responsabilité du fait des choses

L’article 1242 alinéa 1 du Code civil pose le principe de la responsabilité du fait des choses : toute personne est responsable du dommage causé par une chose dont elle a la garde. Si une installation défectueuse du logement est à l’origine de l’accident, le propriétaire peut être tenu pour responsable, même sans faute prouvée de sa part.

Quelles assurances mobiliser après un accident domestique ?

L’une des premières étapes après un accident domestique consiste à identifier les contrats d’assurance pouvant être activés. Plusieurs garanties sont potentiellement concernées, et il n’est pas rare qu’une victime passe à côté d’une couverture dont elle ignorait l’existence.

La garantie accidents de la vie (GAV)

La GAV est le contrat le plus adapté aux accidents domestiques sans tiers responsable. Elle couvre les accidents de la vie privée (chutes, brûlures, noyades, intoxications) et verse une indemnisation dès lors que le taux de déficit fonctionnel permanent atteint un certain seuil, souvent fixé à 5 % dans les contrats standards (parfois 1 % dans les contrats haut de gamme).

Les postes de préjudice couverts par la GAV varient selon les contrats, mais incluent généralement :

  • Le déficit fonctionnel permanent (DFP)
  • Les souffrances endurées
  • Le préjudice esthétique
  • Le préjudice d’agrément
  • Les frais d’assistance tierce personne
⚠️ Attention au seuil d'intervention de la GAV

De nombreux contrats GAV ne se déclenchent qu’à partir d’un taux de DFP de 5 %. Or, beaucoup d’accidents domestiques entraînent des séquelles évaluées entre 1 % et 4 %. Dans ce cas, aucune indemnisation n’est versée. Il est essentiel de vérifier les conditions du contrat et, le cas échéant, de contester l’expertise médicale si le taux semble sous-évalué.

L’assurance responsabilité civile du tiers

Si un tiers est responsable de l’accident (propriétaire, fabricant, prestataire), c’est sa responsabilité civile qui prend en charge l’indemnisation de la victime. La réparation est alors intégrale, c’est-à-dire qu’elle couvre l’ensemble des postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac.

L’assurance individuelle accident et la prévoyance

Certains contrats d’assurance complémentaire (mutuelle, prévoyance, carte bancaire haut de gamme) peuvent inclure des garanties en cas d’accident de la vie. Il est recommandé de passer en revue l’ensemble de ses contrats après un accident domestique.

L’assurance scolaire pour les enfants

Si l’accident domestique concerne un enfant, l’assurance scolaire peut parfois être mobilisée lorsqu’elle inclut une garantie individuelle accident couvrant les événements en dehors du cadre scolaire (garantie dite « 24 heures sur 24 »).

📞 Estimer le montant de son indemnisation

Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des préjudices subis après un accident domestique.

Les postes de préjudice indemnisables après un accident domestique

L’indemnisation d’un accident domestique repose sur les postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac. Selon la gravité des blessures, de nombreux postes peuvent être mobilisés.

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : indemnise la gêne subie dans la vie quotidienne pendant la période de soins — les différentes classes de DFT (1, 2, 3, 4) correspondent à des niveaux de gêne croissants
  • Souffrances endurées : douleurs physiques et morales ressenties entre l’accident et la consolidation, évaluées sur une échelle de 0 à 7
  • Tierce personne temporaire : aide humaine nécessaire pendant la convalescence (toilette, ménage, courses, déplacements)
  • Perte de gains professionnels actuels : perte de revenus pendant l’arrêt de travail

Les préjudices permanents (après consolidation)

  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) : aussi appelé AIPP, il indemnise la réduction définitive des capacités physiques ou psychiques
  • Préjudice esthétique permanent : cicatrices, déformations — particulièrement important en cas de brûlure, avec un barème indicatif selon la gravité
  • Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté à pratiquer des activités sportives ou de loisirs — il peut être estimé à l’aide du simulateur de préjudice d’agrément
  • Préjudice sexuel : gêne dans la vie intime liée aux séquelles
  • Tierce personne définitive : aide humaine permanente en cas de handicap important
La consolidation : une étape clé

La consolidation médicale est le moment où l’état de santé de la victime se stabilise. C’est seulement après cette date que les préjudices permanents peuvent être évalués définitivement. L’obtention d’un certificat médical de consolidation est indispensable pour finaliser le dossier d’indemnisation.

Les démarches pour obtenir une indemnisation après un accident domestique

Obtenir une juste indemnisation après un accident domestique implique de suivre un parcours précis. Chaque étape compte et conditionne le montant final de la réparation. La victime peut s’appuyer sur le guide des premiers réflexes après un accident publié sur victime-info.fr.

Étape 1 : faire constater les blessures

Le premier réflexe après un accident domestique est de consulter un médecin, ou de se rendre aux urgences, pour obtenir un certificat médical initial (CMI). Ce document doit décrire précisément les lésions constatées et fixer une durée prévisionnelle d’incapacité totale de travail (ITT).

Étape 2 : rassembler les preuves

Il est essentiel de constituer un dossier solide comprenant :

  • Des photographies des lieux de l’accident et des blessures
  • Le certificat médical initial et les certificats de suivi
  • Les témoignages éventuels de proches présents
  • Les factures de soins, de médicaments, de matériel médical
  • Les justificatifs de perte de revenus
  • Le constat des circonstances de l’accident (description écrite détaillée)

Étape 3 : déclarer le sinistre à l’assurance

La déclaration de sinistre doit être effectuée dans les délais prévus au contrat. Pour la plupart des contrats GAV, le délai de déclaration est de 5 jours ouvrés à compter de la date de l’accident (ou de la date à laquelle la victime en a eu connaissance).

⚠️ Respecter impérativement le délai de déclaration

Un retard dans la déclaration de sinistre peut entraîner une déchéance de garantie, c’est-à-dire la perte du droit à indemnisation. Même si les blessures semblent bénignes au départ, il est fortement recommandé de déclarer l’accident à son assureur dès que possible. Les séquelles peuvent apparaître ou s’aggraver dans les semaines suivant l’accident.

Étape 4 : l’expertise médicale

L’assureur désigne un médecin expert pour évaluer les préjudices de la victime. Cette expertise médicale est déterminante car elle fixe les taux d’incapacité, la durée du DFT, le niveau des souffrances endurées, etc.

Se faire assister par un médecin conseil de victimes

La victime a le droit de se faire accompagner par un médecin conseil indépendant (aussi appelé médecin de recours) lors de l’expertise médicale. Ce professionnel, qui défend exclusivement les intérêts de la personne blessée, veille à ce que l’ensemble des séquelles soient correctement évaluées. Cette précaution est vivement recommandée pour éviter une sous-évaluation des préjudices.

Étape 5 : l’offre d’indemnisation et la négociation

Après l’expertise, l’assureur formule une offre d’indemnisation. C’est à cette étape que la vigilance est primordiale.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

Les compagnies d’assurance proposent systématiquement une première offre inférieure à ce que la victime est en droit d’obtenir. Il est possible de contester cette offre et négocier une indemnisation plus juste. Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel permet souvent d’obtenir un montant 2 à 5 fois supérieur à l’offre initiale.

Les erreurs fréquentes à éviter après un accident domestique

De nombreuses victimes d’accidents domestiques commettent des erreurs qui réduisent considérablement leur indemnisation ou compromettent définitivement leurs droits.

  • Ne pas consulter de médecin le jour même : sans certificat médical initial, le lien entre l’accident et les blessures est difficile à prouver
  • Ne pas déclarer l’accident à son assurance : beaucoup de victimes ignorent qu’elles possèdent une GAV ou pensent que leurs blessures sont trop légères
  • Accepter l’offre d’indemnisation sans la faire vérifier : la première offre est presque toujours sous-évaluée
  • Se rendre seul à l’expertise médicale : sans médecin conseil, la victime se retrouve face au médecin de l’assurance qui défend les intérêts de la compagnie
  • Signer un accord transactionnel trop vite : une fois signé, cet accord est définitif et interdit tout recours ultérieur
  • Dépasser le délai de prescription : si un tiers est responsable, la victime dispose de 10 ans à compter de la consolidation pour agir en justice
⚖️ Article 2226 du Code civil

« L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. » Ce délai de prescription de 10 ans s’applique lorsqu’un tiers est responsable de l’accident domestique.

💡 Cas pratique : brûlure en cuisine et négociation avec l'assureur

Lucas, 35 ans, renverse une casserole d’eau bouillante en cuisine et se brûle gravement le torse et le bras gauche (brûlure du 2e degré profond). Après 2 mois de soins, des greffes de peau et 8 mois de cicatrisation, la consolidation est prononcée. Le médecin de la GAV évalue le DFP à 4 %, les souffrances endurées à 3,5/7 et le préjudice esthétique à 3/7. L’assureur propose 9 500 €. Lucas, accompagné d’un avocat, conteste le taux de DFP (réévalué à 6 % après une contre-expertise) et négocie chaque poste de préjudice. Il obtient finalement 27 000 €, soit près de 3 fois l’offre initiale.

Cas particulier : l’accident domestique impliquant un enfant

Les enfants sont particulièrement exposés aux accidents domestiques. Brûlures, chutes depuis un meuble, chute dans les escaliers, ingestion de produits dangereux : les circonstances sont multiples et les conséquences parfois dramatiques.

Lorsqu’un enfant est victime d’un accident domestique, plusieurs particularités s’appliquent :

  • L’indemnisation est gérée par les parents (représentants légaux) mais les fonds sont dédiés à l’enfant
  • La consolidation peut être retardée : chez un enfant en pleine croissance, l’état final n’est souvent connu qu’à la fin de l’adolescence
  • Les préjudices esthétiques sont majorés : une cicatrice sur un enfant l’accompagnera toute sa vie, ce qui justifie une indemnisation plus élevée
  • La responsabilité d’un tiers peut être engagée : fabricant d’un jouet dangereux, défaut de sécurité d’un équipement, négligence d’un gardien d’enfant

Le recours à un avocat spécialisé en dommage corporel est d’autant plus recommandé lorsque la victime est un enfant, car les enjeux financiers à long terme sont considérables.

Protection des intérêts de l'enfant victime

Le juge des tutelles peut être saisi pour contrôler l’indemnisation versée à un enfant mineur, notamment lorsque les montants sont importants. Cette mesure protectrice garantit que les fonds seront utilisés dans l’intérêt de l’enfant, par exemple pour financer des soins futurs, des aménagements ou la compensation d’un handicap.

Se faire accompagner pour une indemnisation juste

L’accident domestique est un domaine dans lequel les victimes sont souvent isolées et mal informées de leurs droits. Contrairement aux accidents de la route, il n’existe pas de loi spécifique imposant une procédure d’indemnisation simplifiée. La complexité des démarches rend l’accompagnement indispensable.

Plusieurs professionnels peuvent intervenir :

  • Un avocat spécialisé en dommage corporel, qui maîtrise les fondamentaux du droit du dommage corporel et peut négocier avec l’assureur ou saisir le tribunal
  • Un médecin conseil de victimes, qui assiste la personne lors de l’expertise médicale
  • Une association d’aide aux victimes, comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr

La permanence de victime-info.fr permet d’obtenir des informations gratuites et d’être orienté vers les professionnels adaptés à chaque situation.

📞 Besoin d'aide après un accident domestique ?

Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes victimes d’accidents domestiques dans leurs démarches d’indemnisation.

Questions fréquentes sur l’indemnisation des accidents domestiques

Questions fréquentes


La victime d'un accident domestique peut-elle être indemnisée si aucun tiers n'est responsable ?

Oui, si la victime a souscrit une garantie accidents de la vie (GAV) ou un contrat d’assurance individuelle accident. Ces contrats indemnisent les blessures subies lors d’un accident de la vie privée, même sans tiers responsable. Le montant dépend du contrat et du taux de déficit fonctionnel permanent constaté après consolidation.


Quel est le délai pour déclarer un accident domestique à son assurance ?

Le délai standard est de 5 jours ouvrés à compter de la date de l’accident ou de la date à laquelle la victime en a eu connaissance. Ce délai peut varier selon les contrats. Il est recommandé de déclarer l’accident le plus rapidement possible, même si les blessures semblent légères au départ, pour éviter toute déchéance de garantie.


Combien peut-on obtenir d'indemnisation après une chute à domicile ?

Le montant varie considérablement selon la gravité des blessures. Une fracture du col du fémur chez une personne âgée, avec un DFP de 10 à 15 %, peut donner lieu à une indemnisation de 30 000 à 80 000 €. Une entorse sérieuse avec séquelles peut être indemnisée entre 5 000 et 20 000 €. L’utilisation d’un simulateur d’indemnisation permet d’obtenir une première estimation.


Faut-il prendre un avocat pour un accident domestique ?

Ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé dès que les blessures sont sérieuses (fracture, brûlure grave, hospitalisation, incapacité de travail prolongée). Un avocat spécialisé en dommage corporel connaît les barèmes d’indemnisation et sait négocier avec les assureurs. L’écart entre l’offre initiale de l’assureur et le montant finalement obtenu avec un avocat peut aller du simple au quintuple.


Quel est le délai de prescription pour agir en justice après un accident domestique ?

Si un tiers est responsable, la victime dispose de 10 ans à compter de la date de consolidation de ses blessures pour engager une action en justice (article 2226 du Code civil). Pour les contrats d’assurance (GAV), le délai de prescription est généralement de 2 ans à compter de l’événement ou de la consolidation, selon les clauses du contrat.


Les brûlures domestiques donnent-elles droit à une indemnisation du préjudice esthétique ?

Oui, les cicatrices de brûlure constituent un poste de préjudice esthétique permanent souvent significatif. L’évaluation dépend de la localisation (visage, mains, zones visibles), de l’étendue, de la couleur, du relief et de l’âge de la victime. Une brûlure grave du visage peut justifier une indemnisation de plusieurs dizaines de milliers d’euros au titre du seul préjudice esthétique.


Témoignages

Bon moi c’est tout bête, j’ai glissé dans mon escalier en décembre dernier, fracture du poignet + fissure au bassin. Je savais même pas que j’avais une GAV dans mon assurance habitation… c’est en allant sur victime-info.fr que j’ai compris que je pouvais être indemnisée. Au final j’ai obtenu 14 500€ alors que je pensais que j’avais droit à rien vu que c’était chez moi. Franchement renseignez vous bien sur vos contrats d’assurance

— Catherine, 62 ans, chute dans l'escalier

J’ai renversé de l’huile bouillante y a 1 an et demi, brûlure 2e degré profond sur l’avant bras et la main. L’assurance m’a proposé 4200€ j’allais signer parceque je pensais que c’était correct.. un ami m’a dit de pas signer direct et de voir un avocat. Résultat après expertise avec un médecin de recours et négociation j’ai eu 16 800€. La premiere offre c’est jamais la bonne retenez bien ça

— Mehdi, 38 ans, brûlure en cuisine

Mon fils a attrapé le manche de la casserole sur la cuisinière, il s’est brûlé tout le torse avec de l’eau bouillante. 3 semaines d’hopital, des greffes de peau… le pire moment de ma vie. On a eu beaucoup d’aide grâce à ce site pour comprendre les démarches, l’expertise médicale tout ça. C’est un vrai parcours du combattant mais au moins maintenant on a une indemnisation correcte pour notre petit qui va devoir vivre avec ces cicatrices toute sa vie

— Isabelle, maman d'un enfant de 3 ans brûlé