Chaque année en France, les accidents de bricolage et de jardinage provoquent environ 300 000 blessures nécessitant des soins médicaux. Coupures avec une scie circulaire, chutes d’échelle, brûlures chimiques, blessures avec une tondeuse ou une tronçonneuse : ces accidents de la vie courante surviennent le plus souvent au domicile et peuvent avoir des conséquences dramatiques. Amputation de doigts, fractures multiples, lésions oculaires ou perte de mobilité font partie des séquelles fréquentes. Pourtant, de nombreuses victimes ignorent qu’elles disposent de droits à indemnisation, que l’accident soit causé par un tiers ou non. Ce guide détaille l’ensemble des recours possibles, les démarches à suivre et les préjudices indemnisables après un accident de bricolage ou de travaux.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes d’accidents de bricolage dans leurs démarches d’indemnisation.
Accidents de bricolage et de jardinage : un risque majeur sous-estimé
Le bricolage et le jardinage figurent parmi les premières causes d’accidents de la vie courante en France. Selon les données de Santé publique France (anciennement Institut de veille sanitaire), ces accidents touchent principalement les hommes entre 25 et 65 ans, avec un pic notable le week-end et pendant les vacances.
| Type d’accident | Outils/causes en jeu | Blessures typiques |
|---|---|---|
| Coupures graves | Scie circulaire, scie sauteuse, meuleuse, cutter | Sections de doigts, plaies profondes, lésions tendineuses |
| Chutes de hauteur | Échelle, escabeau, toit, arbre | Fractures, traumatismes crâniens, lésions vertébrales |
| Projections oculaires | Perceuse, meuleuse, taille-haie, débroussailleuse | Lésions cornéennes, perte de vision |
| Électrocutions | Perceuse, rallonge, installation électrique | Brûlures, arrêt cardiaque |
| Blessures de jardinage | Tondeuse, tronçonneuse, sécateur, motoculteur | Amputations, lacérations, fractures |
| Brûlures chimiques | Décapants, solvants, acides, produits phytosanitaires | Brûlures cutanées, lésions respiratoires |
Les accidents les plus fréquents et les plus graves impliquent :
- Les scies circulaires et scies sauteuses : coupures profondes, amputations de doigts ou de phalanges
- Les échelles et escabeaux : chutes de hauteur entraînant des fractures du bassin, du poignet, des vertèbres ou des traumatismes crâniens
- Les meuleuses et disqueuses : projection de disque, coupures graves, blessures oculaires
- Les tondeuses et tronçonneuses : lacérations profondes, sections de tendons, amputations de doigts de pied
- Les produits chimiques : brûlures cutanées, inhalation de vapeurs toxiques, lésions oculaires par projection
- Les perceuses et visseuses : perforations, fractures de la main, lésions nerveuses
- Les travaux de toiture : chutes de grande hauteur, souvent à l’origine de polytraumatismes graves
Les accidents de la vie courante (dont le bricolage et le jardinage) causent environ 21 000 décès par an en France, soit près de 5 fois plus que les accidents de la route. Le bricolage représente à lui seul environ 300 000 passages aux urgences chaque année.
Contrairement à un accident de la route, l’accident de bricolage ne bénéficie pas d’un régime d’indemnisation automatique. La question centrale est toujours la même : existe-t-il un tiers responsable ? La réponse à cette question détermine les voies d’indemnisation disponibles.
L’indemnisation de l’accident de bricolage quand un tiers est responsable
Bien que les accidents de bricolage soient souvent perçus comme des accidents « auto-infligés », de nombreuses situations mettent en jeu la responsabilité d’un tiers et ouvrent droit à une indemnisation intégrale de l’ensemble des préjudices subis. La victime n’a pas à se contenter de sa seule assurance personnelle : elle peut se retourner contre le responsable et son assureur.
Un outil ou un appareil défectueux
Si l’accident résulte d’un outil ou d’un appareil défectueux — par exemple une scie qui se bloque, une échelle qui se replie, une meuleuse dont le disque se brise, ou une tondeuse dépourvue de carter de protection —, le fabricant ou le distributeur peut être tenu responsable au titre de la responsabilité du fait des produits défectueux.
La responsabilité du fait des produits défectueux permet à la victime d’obtenir réparation sans avoir à prouver une faute du fabricant. Il suffit de démontrer trois éléments : l’existence d’un défaut du produit (défaut de conception, de fabrication ou d’information), un dommage corporel subi par la victime, et un lien de causalité entre le défaut et le dommage. L’action doit être engagée dans un délai de 3 ans à compter de la connaissance du dommage.
En cas d’accident lié à un outil ou un appareil, il est impératif de conserver le produit en cause dans l’état exact où il se trouvait après l’accident. Ne jamais le réparer, le démonter ni le jeter. Cet objet constitue la pièce à conviction principale du dossier. Il est également essentiel de conserver le ticket de caisse, le bon de garantie, la notice d’utilisation et l’emballage si possible.
La victime peut agir contre le fabricant, l’importateur ou le distributeur. En pratique, se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels est fortement recommandé pour constituer un dossier solide et, si nécessaire, organiser une expertise technique du produit en cause.
Un défaut de conseil ou de formation
Le vendeur d’un outil de bricolage a une obligation de conseil envers son client. Si un vendeur a orienté la victime vers un outil inadapté à son usage sans la mettre en garde sur les risques, ou si la notice d’utilisation est insuffisante, absente ou rédigée uniquement dans une langue étrangère, la responsabilité du vendeur peut être engagée.
Un particulier se rend dans un magasin de bricolage pour acheter un outil afin de découper des carreaux de carrelage. Le vendeur lui conseille une disqueuse puissante, sans l’informer de la nécessité de porter des lunettes de protection et sans préciser le type de disque adapté au carrelage. Lors de l’utilisation, le disque éclate et provoque une blessure grave à l’oeil. Le vendeur ayant manqué à son obligation de conseil, la victime peut engager sa responsabilité et obtenir une indemnisation pour l’ensemble de ses postes de préjudice.
Un outil prêté par un tiers
Se blesser avec un outil prêté par un voisin, un ami ou un membre de la famille soulève des questions juridiques nuancées :
- Si l’outil était défectueux et que le prêteur le savait (ou aurait dû le savoir), sa responsabilité civile peut être engagée. Son assurance habitation prendra alors en charge l’indemnisation.
- Si l’outil était en bon état et que l’accident résulte d’une mauvaise utilisation par la victime elle-même, le prêteur n’est en principe pas responsable.
- Si l’outil présentait un vice caché que le prêteur ignorait lui-même, la responsabilité peut remonter au fabricant.
La plupart des contrats d’assurance habitation incluent une garantie responsabilité civile qui couvre les dommages causés à un tiers, y compris par le prêt d’un objet défectueux. La victime blessée avec un outil emprunté a tout intérêt à vérifier ce point auprès de l’assureur du prêteur.
Un artisan ou un professionnel intervenant au domicile
Si un artisan effectuant des travaux au domicile de la victime cause un accident (chute de matériaux, projection de débris, dégradation d’une installation), son assurance responsabilité civile professionnelle doit indemniser les victimes. De même, si une personne est blessée par un défaut dans les travaux réalisés par un professionnel — une marche mal fixée, une installation électrique défaillante, un balcon mal consolidé —, la garantie décennale ou la responsabilité contractuelle de l’artisan peut être engagée.
Dans ces situations, l’indemnisation couvre la totalité des préjudices subis, conformément au principe de réparation intégrale. La victime peut se faire assister par un avocat en dommage corporel pour optimiser la prise en charge de son dossier.
L’indemnisation d’un accident de bricolage sans tiers responsable
Lorsqu’une personne se blesse en bricolant par son propre fait — erreur de manipulation, inattention, fatigue, manque d’expérience —, aucun tiers ne peut être tenu responsable. Les recours sont alors plus limités, mais il en existe plusieurs qu’il est important de connaître.
La Garantie Accidents de la Vie (GAV)
La GAV constitue la principale source d’indemnisation en cas d’accident de bricolage sans tiers responsable. Les accidents domestiques, y compris le bricolage et le jardinage, font partie des risques couverts par ce type de contrat. L’indemnisation dépend du seuil d’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique) prévu au contrat.
Un contrat GAV avec un seuil de 30 % d’AIPP ne couvre que les accidents très graves (amputation d’un membre, paraplégie). Or, une section de doigt avec une scie circulaire est généralement évaluée entre 5 et 15 % d’AIPP selon le nombre de doigts atteints et les séquelles fonctionnelles. Il est donc essentiel de vérifier son contrat et, si possible, de privilégier un seuil de 5 % ou moins pour être couvert dans la majorité des situations.
La GAV indemnise plusieurs postes de préjudice : les souffrances endurées, le déficit fonctionnel permanent, le préjudice esthétique, le préjudice d’agrément, et parfois les pertes de revenus. Les plafonds d’indemnisation varient selon les contrats, généralement entre 1 et 2 millions d’euros par victime.
La prévoyance et la mutuelle
Les contrats de prévoyance (souvent souscrits via l’employeur ou à titre individuel) peuvent prévoir des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail ou un capital invalidité en cas de séquelles permanentes. La mutuelle santé complète la prise en charge de la Sécurité sociale pour les frais médicaux (consultations spécialisées, kinésithérapie, appareillage). Il est conseillé de vérifier l’ensemble de ses contrats après un accident.
Après un accident de bricolage, la victime a tout intérêt à recenser la totalité de ses contrats d’assurance : GAV, prévoyance, mutuelle, carte bancaire (certaines offrent une garantie accidents), assurance emprunteur, et même contrats souscrits par le conjoint (qui peuvent couvrir la famille). Chaque contrat peut apporter une indemnisation complémentaire.
La Sécurité sociale
La Sécurité sociale prend en charge les frais médicaux dans les conditions habituelles du régime général. En cas d’arrêt de travail, des indemnités journalières sont versées à hauteur de 50 % du salaire journalier de base (sous conditions d’affiliation). Toutefois, la Sécurité sociale ne couvre pas les préjudices extra-patrimoniaux : souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, déficit fonctionnel permanent. Seule une assurance complémentaire (GAV, prévoyance) ou la mise en cause d’un tiers permettent d’obtenir l’indemnisation de ces postes.
Les démarches à suivre après un accident de bricolage
Agir rapidement et méthodiquement après un accident de bricolage est essentiel pour préserver ses droits à indemnisation. Voici les étapes à suivre dans l’ordre.
1. Les premiers gestes
- Appeler les secours (15 – SAMU, ou 112 – numéro européen) en cas de blessure grave
- En cas d’amputation de doigt : récupérer le fragment, le placer dans un sac plastique propre entouré de glace et l’apporter aux urgences. La réimplantation est parfois possible dans les heures qui suivent.
- Photographier les lieux de l’accident, l’outil en cause, les blessures et l’environnement de travail
- Conserver l’outil ou l’appareil dans l’état exact (ne pas le jeter, ne pas le réparer, ne pas le nettoyer)
- Recueillir les coordonnées des témoins éventuels de l’accident
Photographier, conserver l’outil, noter les circonstances exactes et recueillir les témoignages. Ces éléments seront déterminants pour établir les responsabilités et constituer un dossier d’indemnisation solide.
2. Consulter un médecin et obtenir un certificat médical initial
- Obtenir un certificat médical initial (CMI) détaillé décrivant précisément les lésions constatées, le mécanisme de l’accident et la durée prévisible d’incapacité
- Conserver l’ensemble des documents médicaux : comptes rendus opératoires, radiographies, scanners, ordonnances, prescriptions de kinésithérapie
- Suivre scrupuleusement les prescriptions médicales et la rééducation
Le certificat médical initial est un document clé dans la procédure d’indemnisation. Il doit être le plus complet possible. En savoir plus sur la procédure d’expertise médicale.
3. Identifier les responsabilités
Analyser les causes de l’accident permet de déterminer s’il existe un tiers responsable :
- L’outil était-il défectueux ? (vice de fabrication, absence de protection, défaut de conception)
- La notice d’utilisation était-elle complète, compréhensible et rédigée en français ?
- Un tiers a-t-il prêté un outil défectueux ou conseillé une méthode dangereuse ?
- Un artisan est-il intervenu récemment et a-t-il laissé une installation dangereuse ?
- Le vendeur a-t-il correctement rempli son obligation de conseil ?
Si un tiers est identifié, la victime peut engager sa responsabilité et obtenir une indemnisation intégrale. Dans le cas contraire, il convient de se tourner vers ses propres assurances (GAV, prévoyance, mutuelle).
4. Déclarer le sinistre aux assurances
- Déclarer l’accident à sa GAV dans les 5 jours ouvrés suivant l’accident (ou dès que l’état de santé le permet)
- Déclarer à son assurance habitation si un tiers ou un produit défectueux est en cause
- Déclarer à sa prévoyance pour déclencher le versement d’indemnités journalières
- Si un produit défectueux est en cause, signaler le défaut à la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes)
La plupart des contrats d’assurance imposent un délai de 5 jours ouvrés pour déclarer un sinistre. Un retard excessif peut entraîner une réduction voire un refus de prise en charge. En cas d’hospitalisation prolongée, un proche peut effectuer la déclaration au nom de la victime.
5. L’expertise médicale
L’assureur organisera une expertise médicale pour évaluer les séquelles de la victime. Les accidents de bricolage entraînent souvent des préjudices fonctionnels importants, notamment au niveau des mains et des doigts, qui sont des organes essentiels dans la vie quotidienne et professionnelle.
Lors de l’expertise médicale organisée par l’assureur, la victime a le droit de se faire accompagner par son propre médecin conseil de victimes. Ce médecin indépendant veille à ce que l’ensemble des séquelles soient correctement évaluées. C’est une étape déterminante pour le montant de l’indemnisation finale.
L’expertise évalue notamment le déficit fonctionnel permanent (taux d’incapacité), les souffrances endurées, le préjudice esthétique et l’ensemble des postes de la nomenclature Dintilhac.
Les préjudices indemnisables après un accident de bricolage
L’indemnisation d’un accident de bricolage suit les mêmes principes que celle de tout dommage corporel. Les préjudices sont évalués selon la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux.
Préjudices patrimoniaux (pertes financières) :
- Dépenses de santé actuelles et futures (frais médicaux, chirurgie, rééducation, appareillage)
- Frais divers : aide ménagère temporaire, adaptation du domicile, frais de déplacement pour les soins
- Perte de gains professionnels : pendant l’arrêt de travail (pertes actuelles) et en cas de séquelles limitant la capacité de travail (pertes futures)
- Incidence professionnelle : déclassement, pénibilité accrue, impossibilité de reprendre son ancien poste
- Tierce personne : si la victime a besoin d’une aide humaine au quotidien (aide-ménagère, aide à la toilette)
Préjudices extra-patrimoniaux (souffrances et qualité de vie) :
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne subie pendant la période de soins et de convalescence
- Déficit fonctionnel permanent (DFP) : séquelles définitives après consolidation
- Souffrances endurées : douleurs physiques et psychologiques
- Préjudice esthétique : cicatrices, déformations, amputations visibles
- Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté à pratiquer des activités de loisirs (y compris le bricolage lui-même)
- Préjudice sexuel : si les blessures affectent la vie intime
L’amputation d’un doigt est généralement évaluée entre 5 et 10 % de DFP selon le doigt concerné et la main dominante. Pour une fracture du bassin consécutive à une chute d’échelle, le DFP peut atteindre 10 à 25 %. Les souffrances endurées pour ces types de blessures sont évaluées entre 4/7 et 6/7, soit une indemnisation pouvant aller de 8 000 à 40 000 euros pour ce seul poste.
Pour estimer le montant de son indemnisation, la victime peut utiliser un simulateur d’indemnisation ou se rapprocher de la permanence de victime-info.fr.
Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des montants auxquels la victime peut prétendre.
Cas particulier : les travaux réalisés en entraide entre particuliers
L’entraide entre voisins, amis ou membres de la famille est une pratique courante en matière de bricolage et de travaux. Mais elle soulève des questions juridiques importantes en cas d’accident.
Lorsqu’un tiers aide bénévolement une personne dans ses travaux et se blesse, la responsabilité du bénéficiaire de l’aide peut être engagée. En effet, la jurisprudence considère que celui qui tire profit d’une aide bénévole a une obligation de sécurité envers le bénévole. Son assurance responsabilité civile (incluse dans l’assurance habitation) est alors susceptible de prendre en charge l’indemnisation.
Monsieur D. demande à son voisin de l’aider à tailler un arbre dans son jardin. Le voisin, monté sur une échelle prêtée par Monsieur D., chute et se fracture le poignet. Le voisin peut engager la responsabilité civile de Monsieur D., qui bénéficiait de cette aide gratuite. L’assurance habitation de Monsieur D., via sa garantie responsabilité civile, prendra en charge l’indemnisation du voisin blessé. Le voisin pourra obtenir réparation pour ses frais médicaux, son arrêt de travail et ses souffrances.
Lorsqu’une personne prévoit de réaliser des travaux importants avec l’aide de proches (construction d’un abri de jardin, réfection d’une toiture, abattage d’arbres), il est prudent de prévenir son assureur au préalable et de vérifier que la garantie responsabilité civile couvre bien ce type de situation.
Cas particulier : les outils de location
La location d’outils de bricolage (ponceuses, bétonnières, tronçonneuses, échafaudages) dans les enseignes spécialisées ou entre particuliers est de plus en plus courante. En cas d’accident avec un outil loué, la question de la responsabilité se pose de manière spécifique.
Location auprès d’un professionnel :
- Le loueur professionnel a une obligation de délivrer un matériel en bon état de fonctionnement et conforme aux normes de sécurité
- Il doit fournir une notice d’utilisation et, pour les outils complexes ou dangereux, des consignes de sécurité adaptées
- Si l’outil loué était défectueux, le loueur engage sa responsabilité contractuelle et la victime peut obtenir une indemnisation intégrale
Location entre particuliers :
- Les plateformes de location entre particuliers se développent, mais les garanties sont souvent moins encadrées
- Le propriétaire de l’outil a une obligation de loyauté : il doit signaler tout défaut connu
- En cas d’accident, la responsabilité peut être partagée entre le propriétaire (outil défectueux) et l’utilisateur (mauvaise utilisation)
Avant d’utiliser un outil de location, il est essentiel de vérifier son état général, le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité (carter, interrupteur d’arrêt d’urgence) et la date du dernier contrôle. En cas de doute, la victime doit refuser l’outil et en demander un autre. Ces vérifications, et les éventuelles remarques faites au loueur, doivent être documentées (photos, échanges écrits).
Délais de prescription pour agir après un accident de bricolage
Les délais pour agir en indemnisation après un accident de bricolage varient selon la nature du recours :
- Responsabilité du fait des produits défectueux : 3 ans à compter de la connaissance du dommage, dans la limite de 10 ans après la mise en circulation du produit
- Responsabilité civile d’un tiers : 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures
- Contrat d’assurance (GAV, prévoyance) : 2 ans à compter du sinistre, mais les demandes d’indemnisation complémentaires restent possibles tant que les séquelles ne sont pas consolidées
L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai long permet aux victimes de faire valoir leurs droits même plusieurs années après l’accident.
Ne jamais accepter la première offre de l’assureur
Que l’indemnisation provienne de la GAV de la victime ou de l’assurance d’un tiers responsable, il est fréquent que la première offre d’indemnisation soit largement insuffisante. Les compagnies d’assurance ont tendance à sous-évaluer les préjudices, en particulier les souffrances endurées, le déficit fonctionnel et les pertes de revenus futures.
La première offre de l’assureur est rarement la bonne. Il est vivement conseillé de ne jamais signer un protocole d’accord sans l’avoir fait vérifier par un avocat spécialisé en dommages corporels ou par la permanence de victime-info.fr. Une fois le protocole signé, il est quasiment impossible de revenir en arrière et de demander un complément d’indemnisation.
La victime peut contester l’offre de l’assureur, demander une contre-expertise médicale et négocier un montant plus juste. Se faire accompagner par un avocat spécialisé ou une association d’aide aux victimes permet souvent de multiplier significativement le montant de l’indemnisation.
Questions fréquentes sur les accidents de bricolage
Questions fréquentes
Est-il possible de poursuivre le fabricant d'une scie circulaire défectueuse qui a causé une amputation de doigts ?
Oui. Si l’accident résulte d’un défaut du produit (blocage, absence de protection, défaut de conception), la victime peut engager la responsabilité du fabricant sur le fondement des articles 1245 et suivants du Code civil (responsabilité du fait des produits défectueux). Il suffit de prouver le défaut, le dommage et le lien de causalité. Il est essentiel de conserver l’outil en l’état et de se faire accompagner par un avocat spécialisé.
Quels sont les droits à indemnisation après une chute d'échelle sans tiers responsable ?
En l’absence de tiers responsable, la victime peut se tourner vers sa Garantie Accidents de la Vie (GAV) si elle en a souscrit une. La Sécurité sociale prend en charge les frais médicaux et verse des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail. Les contrats de prévoyance peuvent également compléter l’indemnisation. Si l’échelle elle-même était défectueuse, la responsabilité du fabricant ou du vendeur peut être recherchée.
Un voisin s'est blessé en aidant bénévolement lors de travaux : qui est responsable ?
Lorsqu’une personne se blesse en rendant un service bénévole (entraide entre particuliers), la jurisprudence reconnaît généralement la responsabilité du bénéficiaire de l’aide, c’est-à-dire celui qui profitait du travail gratuit. Son assurance responsabilité civile (incluse dans l’assurance habitation) prend en charge l’indemnisation du bénévole blessé.
Qui est responsable en cas d'accident avec un outil de location défectueux ?
Le loueur professionnel a une obligation de délivrer un matériel en bon état et conforme aux normes de sécurité. Si l’outil loué présentait un défaut à l’origine de l’accident, le loueur engage sa responsabilité contractuelle. La victime peut obtenir une indemnisation intégrale. Il est important de documenter l’état de l’outil et de conserver le contrat de location.
Quel est le délai pour agir en indemnisation après un accident de bricolage ?
Le délai varie selon le fondement juridique : 3 ans pour la responsabilité du fait des produits défectueux, 10 ans à compter de la consolidation pour la responsabilité civile d’un tiers (article 2226 du Code civil), et 2 ans pour les déclarations auprès de son assureur. Il est recommandé d’agir le plus tôt possible pour préserver les preuves.
Comment éviter la sous-indemnisation après un accident de bricolage ?
La victime doit se faire accompagner lors de l’expertise médicale par un médecin conseil de victimes, ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans l’avoir fait vérifier, et se faire assister par un avocat spécialisé en dommages corporels. Ces précautions permettent souvent de multiplier significativement le montant de l’indemnisation.
Accident de bricolage : faire valoir ses droits à indemnisation
Un accident de bricolage ou de travaux peut bouleverser la vie d’une personne : séquelles physiques durables, incapacité de travail, souffrances psychologiques, perte d’autonomie. Quelle que soit la cause de l’accident — outil défectueux, chute d’échelle, erreur de manipulation —, des solutions d’indemnisation existent. L’important est de réagir rapidement, de conserver toutes les preuves et de ne pas rester seul face aux assureurs.
Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents de bricolage dans leurs démarches : identification des recours, orientation vers un avocat spécialisé, aide à la constitution du dossier d’indemnisation.
La permanence de victime-info.fr est disponible pour orienter les victimes d’accidents de bricolage et de travaux. Un premier échange gratuit et sans engagement permet de faire le point sur les droits et les recours possibles.
Témoignages
— Philippe, 52 ans, blessé avec une scie circulaireBon moi j’ai perdu 2 doigts avec ma scie circulaire en coupant du bois pour ma terrasse. La scie s’est bloquée d’un coup et ma main a glissé.. J’avais même pas de GAV, je pensais que ça m’arriverait jamais. Heureusement un pote m’a parlé de victime-info.fr, ils m’ont expliqué que la scie était peut être défectueuse et qu’on pouvait aller contre le fabricant. Au final après expertise l’outil avait bien un problème de conception et j’ai pu obtenir une indemnisation correcte, autour de 45 000€ tout compris. Sans eux j’aurais rien eu
— Isabelle, 38 ans, chute d'échelleFranchement c’est un cauchemar ces accidents de bricolage.. je suis tombée de l’échelle en nettoyant mes gouttières, fracture du bassin + 2 vertèbres. 4 mois d’arrêt de travail et encore aujourd’hui j’ai mal au dos tous les jours. Ma GAV avait un seuil de 30% du coup ils voulaient pas me payer, j’ai du me battre pour prouver que mes séquelles dépassaient le seuil avec l’aide d’un médecin conseil. C’est vraiment important de bien lire son contrat AVANT
— Marc, 44 ans, accident lors de travaux d'entraideHonnêtement j’étais paniqué quand mon voisin s’est coupé le bras avec la tronçonneuse en m’aidant à couper un arbre chez moi. Je savais pas du tout que c’était ma responsabilité en tant que bénéficiaire de l’aide.. j’ai contacté la permanence de victime-info et ils m’ont bien expliqué le fonctionnement. Au final c’est mon assurance habitation qui a pris en charge via la responsabilité civile. Mon voisin a été indemnisé et on est toujours potes lol. Mais maintenant je fais appel à des pros pour les gros travaux



