Logo victime-info.fr victime-info.fr Cliquez ici pour contacter la permanence

Indemnisation suite à un accident de vélo : guide complet pour les cyclistes victimes

Chaque année en France, des milliers de cyclistes sont victimes d’accidents de la route. Qu’il s’agisse d’une collision avec une voiture, un bus ou un autre usager, la personne à vélo subit souvent des blessures importantes : fractures, traumatismes crâniens, lésions articulaires, cicatrices… La question de l’indemnisation du cycliste accidenté est alors centrale pour permettre une réparation juste des préjudices subis. Grâce à la loi Badinter, le cycliste bénéficie d’un statut protecteur en tant qu’usager vulnérable de la route. Ce guide complet détaille les droits de la victime, la procédure à suivre, les montants d’indemnisation possibles et les recours en cas de désaccord avec l’assureur. Pour toute question, la permanence de victime-info.fr est disponible gratuitement.

Indemnisation suite à un accident d'un cycliste
Indemnisation suite à un accident d

Le cycliste, un usager protégé par la loi Badinter

Le vélo n’est pas un véhicule terrestre à moteur (VTM). À ce titre, le cycliste est considéré comme un usager faible ou usager vulnérable de la route au sens de la loi Badinter du 5 juillet 1985. Cette loi, qui régit l’indemnisation des préjudices corporels en matière d’accident de la circulation, offre une protection renforcée aux cyclistes.

Concrètement, cela signifie que dès lors qu’un véhicule terrestre à moteur (voiture, moto, camion, bus) est impliqué dans l’accident, le cycliste sera indemnisé de ses dommages corporels, même s’il a commis une faute. L’absence de casque, le non-respect d’un feu rouge ou le fait de rouler sur un trottoir ne suppriment pas le droit à indemnisation.

⚖️ Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter), articles 1 à 6

La loi Badinter prévoit que les victimes non conductrices d’un véhicule terrestre à moteur — dont les cyclistes — sont indemnisées de leurs dommages corporels sans que leur propre faute puisse leur être opposée, sauf en cas de faute inexcusable, cause exclusive de l’accident (article 3). Cette exception est très rarement retenue par les tribunaux pour les cyclistes.

Il est important de noter que cette protection ne joue que si un véhicule à moteur est impliqué dans l’accident. Les collisions entre deux cyclistes, ou entre un cycliste et un piéton, relèvent d’un régime juridique différent (voir sections ci-dessous).

Le casque n'est pas obligatoire pour les adultes

En France, le port du casque à vélo n’est obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. Le fait de ne pas porter de casque ne constitue donc pas une faute pour un adulte cycliste et ne peut en aucun cas réduire l’indemnisation. Même pour un enfant sans casque, les tribunaux protègent très fortement les victimes mineures. Pour en savoir plus sur l’indemnisation d’un enfant mineur victime d’un accident, une page dédiée est disponible.

Montant de l’indemnisation d’un cycliste accidenté

Le montant de l’indemnisation d’un cycliste victime d’un accident de la route dépend de la nature et de la gravité des postes de préjudices subis. Conformément à la nomenclature Dintilhac, chaque préjudice est évalué individuellement lors de l’expertise médicale. Parmi les postes les plus fréquents pour un cycliste accidenté :

  • Les souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales liées à l’accident et aux traitements
  • Le déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins
  • Le déficit fonctionnel permanent (DFP ou AIPP) : séquelles définitives après consolidation
  • Le préjudice esthétique (préjudice esthétique permanent) : cicatrices, déformations visibles
  • Les dépenses de santé (frais médicaux) : consultations, rééducation, prothèses, etc.
  • Le préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisirs (dont le vélo lui-même)
  • Les pertes de revenus : arrêts de travail, incapacité professionnelle
📊 Indemnisation moyenne d'un cycliste accidenté

Selon la gravité des blessures, l’indemnisation d’un cycliste victime d’un accident de la route varie de 3 000 à 5 000 euros pour des blessures légères (contusions, entorse) à plus de 100 000 euros pour des blessures graves (fractures multiples, traumatisme crânien, handicap permanent). Les cas les plus graves avec séquelles lourdes peuvent dépasser 500 000 euros.

Exemple n°1 : cycliste percuté par une voiture (blessures modérées)

💡 Cas pratique : cycliste renversé par une voiture en ville

Un cycliste est renversé par une voiture qui n’a pas respecté une priorité à droite. Il souffre d’une fracture du poignet et de contusions multiples. Après 4 mois de soins et de rééducation, l’expertise médicale aboutit à la proposition suivante de l’assureur :

  • Souffrances endurées (pretium doloris 2,5/7) : 2 320 euros
  • Préjudice esthétique (0,5/7) : 350 euros
  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : 175 euros
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) à 2 % : 1 800 euros

Total proposé par l’assureur : environ 4 645 euros. Attention, cette première offre est souvent inférieure à ce que la victime pourrait obtenir avec un accompagnement adapté.

Exemple n°2 : cycliste renversé par un bus (blessures graves)

💡 Cas pratique : cycliste percuté par un bus

Un cycliste est percuté par un bus lors d’un changement de voie. Il subit des fractures multiples (fémur, bassin), des lésions ligamentaires et conserve des séquelles fonctionnelles importantes. L’assureur de la société de transport en commun propose :

  • Souffrances endurées (pretium doloris 4/7) : 4 000 euros
  • Préjudice esthétique (1/7) : 1 500 euros
  • AIPP (12 %) : 18 000 euros
  • Dépenses de santé restant à charge : 550 euros
  • Frais divers restant à charge : 786 euros

Total proposé par l’assureur : environ 24 836 euros. Là encore, un avocat spécialisé ou un médecin conseil de victime pourrait obtenir une indemnisation nettement supérieure, notamment en réévaluant le pretium doloris et l’AIPP.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

Les assureurs proposent quasi systématiquement des montants inférieurs à ce que la victime est en droit d’obtenir. Il est fortement recommandé de faire examiner toute proposition d’indemnisation par un professionnel (avocat spécialisé en dommage corporel ou association d’aide aux victimes) avant de signer quoi que ce soit. La signature d’un accord rend l’offre définitive. Pour en savoir plus, consulter la page sur comment contester une indemnisation d’assurance.

Simulateur d’indemnisation pour un accident de vélo

Cliquez ici pour simuler votre indemnisation
Cliquez ici pour simuler votre indemnisation

Le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels de victime-info.fr permet d’obtenir une estimation indicative des montants auxquels un cycliste accidenté pourrait prétendre. Il suffit de renseigner les taux de chaque préjudice tels qu’évalués lors de l’expertise médicale.

Le simulateur ne remplace pas un avis professionnel

Le simulateur fournit une approximation basée sur les barèmes habituellement pratiqués. Chaque situation est unique. Pour un chiffrage plus précis, il est conseillé de se rapprocher d’un avocat spécialisé en dommage corporel ou de contacter la permanence de victime-info.fr. D’autres simulateurs spécifiques sont également disponibles : simulateur AIPP, simulateur préjudice d’agrément.

📞 Estimer l'indemnisation d'un cycliste accidenté

Le simulateur permet d’obtenir une estimation en quelques minutes, poste par poste.

Accident entre deux cyclistes : quelles règles d’indemnisation ?

Lorsqu’un accident survient entre deux personnes circulant à vélo, la loi Badinter ne s’applique pas, car aucun véhicule terrestre à moteur n’est impliqué. Le régime juridique applicable est alors celui de la responsabilité civile de droit commun (articles 1240 et suivants du Code civil).

⚖️ Article 1240 du Code civil

Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Le cycliste responsable de l’accident devra donc indemniser l’autre cycliste via son assurance responsabilité civile.

Concrètement, la victime doit prouver la faute de l’autre cycliste pour obtenir l’indemnisation de ses préjudices. Si aucune faute ne peut être imputée à l’autre partie, la victime peut se tourner vers son propre contrat de garantie accident de la vie (GAV), s’il en dispose.

📌 Accident entre cyclistes : les points essentiels

  • La loi Badinter ne s’applique pas (pas de véhicule à moteur impliqué)
  • Il faut prouver la faute de l’autre cycliste (responsabilité civile)
  • L’assurance responsabilité civile de l’autre cycliste prend en charge l’indemnisation
  • À défaut, vérifier son propre contrat GAV (garantie accident de la vie)
  • Bien lire les conditions générales et particulières de son contrat d’assurance

Accident entre un cycliste et un piéton

La situation est similaire à celle d’un accident entre deux cyclistes : la loi Badinter ne s’applique pas. Le régime de la responsabilité civile de droit commun s’applique.

Si le cycliste percute un piéton : le cycliste est responsable et son assurance responsabilité civile devra indemniser le piéton blessé. Le piéton peut également saisir la CIVI si le cycliste n’est pas assuré ou s’il s’agit d’un délit de fuite.

Si le piéton est responsable de l’accident (par exemple, en traversant brusquement sans regarder) : le cycliste blessé devra prouver la faute du piéton. En pratique, il est souvent difficile d’obtenir une indemnisation dans ce cas, sauf si un contrat GAV couvre ce type de sinistre.

⚠️ Cyclistes sur les trottoirs : attention à la responsabilité

Un cycliste qui roule sur un trottoir est en infraction au Code de la route. S’il percute un piéton, sa responsabilité sera quasi automatiquement engagée. Toutefois, s’il est lui-même blessé dans l’accident, il conserve le droit d’être indemnisé si un véhicule à moteur est impliqué (loi Badinter). En revanche, s’il n’y a pas de véhicule à moteur, sa propre faute pourra lui être opposée.

Vélo électrique et trottinette électrique : cas particuliers

Le vélo à assistance électrique (VAE) classique, dont l’assistance se coupe au-delà de 25 km/h, est considéré comme un vélo ordinaire. Le cycliste sur un VAE bénéficie donc de la même protection que tout cycliste au regard de la loi Badinter.

En revanche, les speed bikes (vélos électriques rapides pouvant dépasser 25 km/h grâce à l’assistance) sont assimilés à des cyclomoteurs. Leur conducteur n’est plus considéré comme un usager vulnérable mais comme le conducteur d’un véhicule terrestre à moteur. Dans ce cas, le régime applicable est différent : la faute du conducteur peut réduire ou supprimer son droit à indemnisation.

Pour les trottinettes électriques, la situation est encore en cours de clarification jurisprudentielle. Elles sont généralement considérées comme des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), ce qui peut modifier le régime d’indemnisation applicable.

VAE classique = même protection qu'un vélo

Le cycliste sur un vélo à assistance électrique dont la vitesse d’assistance est limitée à 25 km/h bénéficie exactement de la même protection que le cycliste sur un vélo classique au sens de la loi Badinter. En revanche, si l’assistance dépasse 25 km/h, le véhicule est assimilé à un cyclomoteur et les règles changent.

Procédure d’indemnisation du cycliste victime d’un accident

Lorsqu’un cycliste est renversé par un véhicule à moteur, la procédure d’indemnisation suit un parcours bien défini. Voici les étapes clés que la victime doit connaître pour faire valoir ses droits. Pour approfondir, la page sur les fondamentaux du droit du dommage corporel détaille l’ensemble du processus.

Étape 1 : Obtenir un certificat médical initial (CMI)

La première démarche après un accident de vélo est de consulter un médecin ou de se rendre aux urgences le plus rapidement possible. Le médecin établira un certificat médical initial (CMI) qui liste l’ensemble des blessures constatées. Ce document est fondamental : il constitue la preuve médicale des dommages corporels en lien avec l’accident.

⚠️ Ne pas tarder à consulter un médecin

Même si les blessures semblent bénignes immédiatement après l’accident, certaines lésions (traumatisme crânien léger, lésions internes, entorses) peuvent se manifester dans les heures ou jours suivants. Plus le certificat médical est établi rapidement après l’accident, plus il sera difficile pour l’assureur de contester le lien entre les blessures et l’accident.

Étape 2 : Le questionnaire corporel de l’assureur

L’assureur du véhicule à moteur impliqué dispose de six semaines après l’accident pour transmettre à la victime un questionnaire corporel. Ce questionnaire, prévu par la loi Badinter, permet à l’assureur de recueillir des informations sur :

  • La situation personnelle et professionnelle de la victime
  • La nature et l’étendue des dommages corporels subis
  • Les conséquences de l’accident sur la vie quotidienne et professionnelle

Si plusieurs véhicules sont impliqués, c’est l’assureur du véhicule principalement responsable qui prend en charge la procédure et doit envoyer ce questionnaire. Cela vaut aussi pour l’indemnisation d’un mineur victime de l’accident.

Conserver tous les justificatifs

La victime a tout intérêt à conserver soigneusement l’ensemble des documents liés à l’accident : procès-verbal de police ou gendarmerie, certificats médicaux, ordonnances, arrêts de travail, factures de soins, photos des blessures et du vélo endommagé. Ces éléments seront indispensables lors de l’expertise médicale et de la négociation.

Étape 3 : L’expertise médicale

L’assureur mandate un médecin expert pour évaluer les préjudices du cycliste. L’expertise médicale est une étape déterminante car c’est elle qui fixe les taux de chaque poste de préjudice (souffrances endurées, DFP, préjudice esthétique, etc.).

La victime est fortement encouragée à se faire assister par un médecin conseil de victimes (aussi appelé médecin de recours) lors de cette expertise. Le médecin mandaté par l’assureur défend les intérêts de celui-ci et peut avoir tendance à minimiser les séquelles. Le déroulement de l’expertise médicale est détaillé sur une page dédiée.

📌 L'expertise médicale : ce qu'il faut savoir

  • L’expertise a lieu après consolidation des blessures (état stabilisé)
  • La victime peut se faire accompagner par un médecin conseil de son choix
  • Il est essentiel d’apporter tous les documents médicaux (imageries, comptes-rendus, certificats)
  • Les taux fixés lors de l’expertise déterminent le montant de l’indemnisation
  • En cas de désaccord, une contre-expertise peut être demandée

Étape 4 : La proposition d’indemnisation de l’assureur

Sur la base du rapport d’expertise médicale, l’assureur formule une offre d’indemnisation. La loi Badinter impose des délais précis :

  • 8 mois maximum après l’accident pour faire une offre provisionnelle (si la consolidation n’est pas encore acquise)
  • 5 mois maximum après la consolidation pour formuler l’offre définitive

Si l’assureur ne respecte pas ces délais, la somme offerte produit des intérêts au double du taux légal, ce qui constitue une pénalité financière pour l’assureur.

⚖️ Article L211-9 du Code des assurances

L’assureur doit présenter à la victime une offre d’indemnité dans le délai maximum de huit mois à compter de l’accident. Cette offre comprend tous les éléments indemnisables du préjudice. Elle peut avoir un caractère provisionnel lorsque l’assureur n’a pas été informé de la consolidation dans les trois mois de l’accident.

Contester l’offre d’indemnisation de l’assureur

Il est fréquent que l’offre proposée par l’assureur soit insuffisante. La victime dispose de plusieurs moyens pour contester l’indemnisation proposée.

Hypothèse 1 : L’expertise médicale semble incomplète ou sous-évaluée

Si la victime estime que l’expertise médicale n’a pas correctement évalué ses séquelles, il est possible de demander une contre-expertise. Un médecin conseil de victimes peut rédiger un rapport contradictoire, mettant en évidence les postes de préjudice sous-estimés ou omis. Cette étape est souvent décisive pour obtenir une meilleure indemnisation.

Hypothèse 2 : L’offre financière est trop faible

Même avec une expertise correcte, l’assureur peut proposer des montants inférieurs aux barèmes habituellement pratiqués. La victime peut alors négocier, appuyée par un avocat spécialisé en dommage corporel. Le référentiel Mornet sert de base de comparaison utile pour évaluer si l’offre est conforme à la jurisprudence.

Hypothèse 3 : Aucun accord n’est trouvé — la voie judiciaire

En dernier recours, si les négociations amiables n’aboutissent pas, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une indemnisation fixée par un juge. Un avocat spécialisé est alors indispensable. Les modèles de lettres disponibles sur victime-info.fr peuvent aider dans les premières démarches.

⚠️ Délai de prescription : 10 ans à compter de la consolidation

La victime dispose d’un délai de 10 ans à compter de la date de consolidation de ses blessures pour agir en justice. Passé ce délai, l’action est prescrite et il n’est plus possible d’obtenir une indemnisation. Il est donc essentiel de ne pas laisser le temps passer sans agir.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. Toutefois, l’action en responsabilité civile engagée à raison du décès de la victime se prescrit par vingt ans à compter de la date du décès.

Faut-il porter plainte après un accident de vélo ?

Porter plainte n’est pas obligatoire pour obtenir une indemnisation dans le cadre de la loi Badinter. En revanche, cela est fortement recommandé dans plusieurs situations :

Le dépôt de plainte permet d’enclencher une enquête policière qui documentera les circonstances de l’accident (auditions de témoins, relevés techniques). Le procès-verbal de police constitue une pièce importante du dossier d’indemnisation. Un modèle de plainte auprès du procureur de la République est disponible sur le site.

Le FGAO en cas de conducteur non identifié ou non assuré

Si le conducteur du véhicule responsable de l’accident a pris la fuite ou n’est pas assuré, la victime peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) pour obtenir une indemnisation. Le dépôt de plainte est alors un préalable indispensable. Pour plus d’informations sur les démarches en cas de conducteur non identifié.

Accident de vélo sur le trajet domicile-travail

De plus en plus de personnes utilisent le vélo pour se rendre au travail. En cas d’accident survenant sur le trajet domicile-travail, la victime bénéficie d’une double protection :

  • La loi Badinter si un véhicule à moteur est impliqué (indemnisation du dommage corporel)
  • La législation sur les accidents du travail : prise en charge à 100 % des soins par la Sécurité sociale, indemnités journalières majorées, et éventuellement une rente en cas d’incapacité permanente

Les deux régimes se cumulent. La victime peut être indemnisée au titre de l’accident du travail ET obtenir une indemnisation complémentaire au titre du dommage corporel. Il est essentiel de déclarer l’accident à l’employeur dans les 24 heures.

💡 Cas pratique : accident de vélo en allant au travail

Un salarié est renversé par une voiture à un carrefour en se rendant à son bureau à vélo. Il souffre d’une fracture de la clavicule et d’un arrêt de travail de 3 mois. Il bénéficie :

  • Des indemnités journalières accident du travail (60 % puis 80 % du salaire)
  • De la prise en charge intégrale de ses soins par la CPAM
  • D’une indemnisation complémentaire au titre de la loi Badinter pour les souffrances endurées, le DFT, le DFP et les autres postes de préjudice non couverts par la Sécurité sociale

Accident de vélo mortel : droits des proches

Lorsqu’un cycliste décède des suites d’un accident impliquant un véhicule à moteur, les proches (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs) ont droit à une indemnisation au titre de leur propre préjudice. Le préjudice moral (ou préjudice d’affection) est le poste principal, mais d’autres postes existent : préjudice économique, frais d’obsèques, préjudice d’accompagnement.

La page consacrée aux droits des familles en cas d’accident mortel détaille l’ensemble des démarches et des postes d’indemnisation pour les proches. Un barème d’indemnisation du préjudice moral est également disponible à titre indicatif.

📌 Accident mortel de vélo : ce que les proches doivent savoir

  • Les proches du cycliste décédé ont droit à une indemnisation propre
  • Le préjudice d’affection est indemnisé pour le conjoint, les enfants, les parents et la fratrie
  • Le préjudice économique compense la perte de revenus pour le foyer
  • Les frais d’obsèques sont remboursés
  • Un avocat spécialisé est vivement recommandé pour accompagner les familles

Questions fréquentes sur l’indemnisation d’un cycliste

Questions fréquentes


Un cycliste sans casque peut-il être indemnisé après un accident avec une voiture ?

Oui. Le port du casque n’est pas obligatoire pour les adultes en France. L’absence de casque ne constitue pas une faute au sens de la loi Badinter et ne peut pas réduire l’indemnisation du cycliste. Même pour un enfant de moins de 12 ans (pour qui le casque est obligatoire), les tribunaux protègent fortement les victimes mineures et l’absence de casque ne supprime pas le droit à indemnisation.


Comment est indemnisé un accident de vélo électrique ?

Le vélo à assistance électrique (VAE) dont l’assistance se coupe à 25 km/h est traité comme un vélo classique. Le cycliste bénéficie de la protection de la loi Badinter face à un véhicule à moteur. En revanche, les speed bikes (assistance au-delà de 25 km/h) sont assimilés à des cyclomoteurs : leur conducteur est considéré comme conducteur d’un VTM et sa propre faute peut lui être opposée.


Que faire si le conducteur a pris la fuite après avoir renversé un cycliste ?

La victime doit porter plainte immédiatement et relever tout indice utile (témoins, caméras de surveillance, plaque d’immatriculation partielle). Si le conducteur n’est pas identifié, la victime peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) pour obtenir une indemnisation. Le dépôt de plainte est un préalable indispensable.


Un cycliste renversé sur un passage piéton peut-il être indemnisé ?

Oui. Bien que le cycliste doive en principe descendre de son vélo pour emprunter un passage piéton, le fait de traverser en roulant ne supprime pas son droit à indemnisation face à un véhicule à moteur. La loi Badinter protège le cycliste en tant qu’usager vulnérable, même en cas de faute. Seule une faute inexcusable (exceptionnellement retenue) pourrait réduire l’indemnisation.


Quel est le délai pour être indemnisé après un accident de vélo ?

Le délai dépend de la gravité des blessures. L’assureur a 8 mois après l’accident pour faire une offre provisionnelle et 5 mois après la consolidation pour l’offre définitive. En pratique, pour des blessures légères, la procédure dure entre 6 mois et 1 an. Pour des blessures graves nécessitant une longue période de soins, la procédure peut s’étendre sur 2 à 5 ans avant l’offre définitive.


Peut-on demander une provision avant la fin de la procédure d'indemnisation ?

Oui. La victime peut demander une provision (avance sur indemnisation) à l’assureur pour couvrir ses besoins immédiats : frais médicaux, perte de revenus, aménagement du logement. Un modèle de lettre de demande de provision est disponible sur victime-info.fr. L’assureur est tenu d’y répondre dans un délai raisonnable.


Conclusion : les droits du cycliste accidenté sont protégés

Le cycliste victime d’un accident de la route impliquant un véhicule à moteur bénéficie d’une protection forte grâce à la loi Badinter. Le droit à indemnisation est quasi systématique, même en cas de faute. L’enjeu principal réside dans l’évaluation correcte des préjudices et la négociation avec l’assureur, qui proposera presque toujours un montant inférieur à la réparation intégrale.

Se faire accompagner par un professionnel — avocat spécialisé en dommage corporel, médecin conseil de victimes ou association d’aide aux victimes — est le meilleur moyen d’obtenir une indemnisation juste. Victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches.

📞 Besoin d'accompagnement après un accident de vélo ?

La permanence de victime-info.fr aide les cyclistes victimes d’un accident à comprendre leurs droits et à être orientés vers les professionnels adaptés.

Témoignages

Bon moi j’ai été renversé à vélo en allant au boulot, une voiture qui a grillé un cédez le passage.. j’ai eu le poignet cassé et des contusions un peu partout. L’assurance m’a proposé 3200€ au début, franchement j’allais signer parce que je connaissais rien à tout ça. Un collègue m’a parlé de victime-info.fr, j’ai lu leurs articles et j’ai compris que c’était sous-évalué. Au final avec un médecin conseil j’ai eu presque 7000€, soit plus du double. Moralité : signez jamais la première offre

— Julien, 36 ans, cycliste renversé par une voiture

Honnêtement c’est un cauchemard ce que j’ai vécu, j’ai été percutée par un bus qui tournait sans me voir. Fracture du bassin, 4 mois d’arrêt de travail, de la rééducation pendant presque 1 an. L’assurance du transporteur trainait les pieds, j’ai du prendre un avocat spécialisé. Résultat : 35000€ d’indemnisation au lieu des 15000 proposés au départ.. ça valait le coup de se battre même si c’est long et fatiguant

— Marie-Claire, 52 ans, percutée à vélo par un bus

Moi mon accident c’était entre deux vélos, pas de voiture impliquée. J’savais même pas que la loi Badinter s’appliquait pas dans ce cas. Heureusement j’avais un contrat GAV donc j’ai pu être indemnisé quand même mais c’est vrai que c’est moins simple. Le site victime-info m’a bien aidé à comprendre la différence entre les deux situations. Pensez à vérifier vos contrats d’assurance les gens c’est important

— Thomas, 28 ans, accident de vélo sans tiers responsable