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Harcèlement moral et physique : droits, démarches et indemnisation des victimes

Le harcèlement moral et le harcèlement physique constituent des infractions pénales graves qui affectent profondément la santé, la dignité et la vie quotidienne des personnes qui en sont victimes. Qu’il survienne au travail, au sein du couple, à l’école ou dans le voisinage, le harcèlement est un acte répétitif qui cause un préjudice moral et physique souvent considérable. Pourtant, de nombreuses victimes ignorent qu’elles disposent de droits solides et de voies de recours efficaces pour obtenir réparation.

Ce guide complet détaille les différentes formes de harcèlement, les démarches à entreprendre pour faire cesser les agissements, les recours judiciaires possibles et les modalités d’indemnisation auxquelles la victime peut prétendre. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes confrontées à ces situations.

Qu’est-ce que le harcèlement moral et physique ?

Le harcèlement se définit juridiquement comme le fait de soumettre une personne à des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie, de travail, ou une atteinte à ses droits, à sa dignité, à sa santé physique ou mentale. Le caractère répétitif est essentiel : un acte isolé, aussi grave soit-il, relève d’une agression mais pas du harcèlement au sens juridique strict.

⚖️ Article 222-33-2-2 du Code pénal

Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail.

Harcèlement moral : définition

Le harcèlement moral se caractérise par des agissements répétés qui visent à dégrader les conditions de vie ou de travail d’une personne. Il peut prendre des formes très variées :

  • Insultes, humiliations, moqueries répétées
  • Mise à l’écart, isolement social volontaire
  • Dénigrement systématique, critiques injustifiées
  • Menaces voilées ou explicites
  • Contrôle excessif des faits et gestes
  • Surveillance intrusive (appels, messages incessants)
  • Diffusion de rumeurs, atteinte à la réputation

Harcèlement physique : définition

Le harcèlement physique implique des gestes et contacts corporels répétés à caractère agressif, intimidant ou dégradant. Il peut s’agir de bousculades régulières, de coups légers mais fréquents, d’enfermement, de destruction d’objets personnels ou de toute forme de violence physique exercée de manière récurrente. Lorsque les violences sont graves, la qualification pénale peut évoluer vers des violences volontaires aggravées.

📌 La distinction essentielle

Le harcèlement moral atteint la santé psychologique de la victime (anxiété, dépression, stress post-traumatique). Le harcèlement physique cible l’intégrité corporelle. Dans de nombreux cas, les deux se combinent. La victime peut être indemnisée pour l’ensemble des préjudices subis, qu’ils soient moraux ou physiques.

Les différentes formes de harcèlement

Le harcèlement peut survenir dans des contextes très différents. Chaque situation obéit à des règles juridiques spécifiques, même si les mécanismes d’indemnisation se rejoignent souvent.

Le harcèlement au travail (moral et physique)

Le harcèlement moral au travail est l’une des formes les plus fréquemment dénoncées. Il est défini par le Code du travail et peut être exercé par un supérieur hiérarchique (harcèlement descendant), un collègue (harcèlement horizontal) ou même un subordonné (harcèlement ascendant). La victime de harcèlement au travail dispose de recours spécifiques devant le conseil de prud’hommes, en complément de la voie pénale.

⚖️ Article L1152-1 du Code du travail

Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

L’employeur a une obligation de sécurité envers ses salariés. S’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour prévenir ou faire cesser le harcèlement, sa responsabilité peut être engagée, ouvrant droit à des dommages et intérêts supplémentaires.

Le harcèlement conjugal et intrafamilial

Le harcèlement au sein du couple ou de la famille constitue une circonstance aggravante au sens du Code pénal. Les violences psychologiques répétées exercées par un conjoint, concubin ou partenaire de PACS sont punies plus sévèrement. La victime peut saisir la justice et demander des mesures de protection immédiates (ordonnance de protection, éloignement du conjoint violent).

📊 Statistiques sur le harcèlement conjugal

En France, environ 213 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année. Seules 18 % d’entre elles déposent plainte (source : enquête CVS, ministère de l’Intérieur).

Le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire touche près d’un élève sur dix en France. Depuis la loi du 2 mars 2022, il est spécifiquement incriminé par le Code pénal (article 222-33-2-3). Les parents d’un enfant victime de harcèlement scolaire peuvent porter plainte et demander réparation tant auprès de l’établissement que des auteurs (ou de leurs parents, s’ils sont mineurs). La question de l’agression commise par un mineur soulève des problématiques spécifiques en matière de recours.

Le cyberharcèlement

Le harcèlement en ligne (réseaux sociaux, messageries, forums) est puni des mêmes peines que le harcèlement classique, voire de peines aggravées lorsqu’il est commis par voie numérique. Les messages, captures d’écran et publications constituent des preuves facilement conservables, ce qui facilite parfois les démarches judiciaires.

⚠️ Le cyberharcèlement est une infraction pénale

Le fait de harceler une personne en ligne, même sous pseudonyme, est passible de 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. En cas de harcèlement en meute (raids numériques), chaque participant peut être poursuivi individuellement, même s’il n’a envoyé qu’un seul message, dès lors qu’il s’inscrit dans une action concertée.

Le harcèlement de voisinage

Le harcèlement de voisinage se manifeste par des nuisances répétées, des intimidations, des dégradations ou des provocations systématiques de la part d’un voisin. Bien qu’il soit souvent banalisé, il constitue un délit dès lors que les agissements sont répétés et qu’ils altèrent la santé ou les conditions de vie de la victime.

Comment prouver le harcèlement ?

La preuve est souvent la difficulté majeure dans les affaires de harcèlement. La victime doit rassembler un faisceau d’éléments concordants qui permettront au juge d’établir la réalité des agissements dénoncés. Il est essentiel de commencer à constituer son dossier le plus tôt possible.

Les éléments de preuve à rassembler

  • Certificats médicaux : attestations du médecin traitant, du psychiatre ou du psychologue mentionnant les symptômes liés au harcèlement (anxiété, dépression, insomnie, syndrome de stress post-traumatique)
  • Témoignages : attestations écrites de collègues, voisins, proches ayant constaté les faits ou leurs conséquences
  • Écrits et messages : SMS, e-mails, messages sur les réseaux sociaux, lettres menaçantes ou insultantes
  • Journal des faits : carnet chronologique notant chaque incident (date, heure, lieu, description, témoins éventuels)
  • Enregistrements : les enregistrements audio ou vidéo réalisés par la victime elle-même peuvent être recevables sous certaines conditions
  • Arrêts de travail : ils attestent de l’impact du harcèlement sur la santé et la capacité professionnelle
  • Constats d’huissier : pour des dégradations matérielles ou des nuisances de voisinage
L'aménagement de la charge de la preuve

En matière de harcèlement au travail, la charge de la preuve est aménagée en faveur de la victime devant le conseil de prud’hommes. Le salarié doit présenter des éléments de fait laissant supposer l’existence d’un harcèlement. C’est ensuite à l’employeur de prouver que les agissements ne constituent pas un harcèlement (article L1154-1 du Code du travail). Cet aménagement n’existe pas en matière pénale où la preuve incombe au ministère public.

Les erreurs dans la collecte de preuves

Certaines erreurs peuvent compromettre la recevabilité des preuves ou affaiblir le dossier :

  • Supprimer des messages ou des e-mails par lassitude ou peur
  • Ne pas dater précisément les incidents
  • Répondre aux provocations de manière agressive (ce qui pourrait être retourné contre la victime)
  • Attendre trop longtemps avant de consulter un médecin

Les démarches à entreprendre

Face au harcèlement, il est important d’agir de manière structurée. Voici les étapes à suivre pour protéger ses droits et engager les procédures adaptées.

Étape 1 : Consulter un médecin

La première démarche essentielle est de consulter un médecin afin de faire constater l’impact du harcèlement sur la santé. Le certificat médical est une pièce maîtresse du dossier. Si la victime souffre d’un syndrome de stress post-traumatique, une prise en charge spécialisée doit être mise en place rapidement.

💡 Cas pratique : harcèlement moral au travail

Marie, 38 ans, est cadre dans une entreprise de services. Depuis 18 mois, son nouveau directeur la convoque quotidiennement pour des remarques humiliantes, lui retire progressivement ses responsabilités et l’isole de son équipe. Marie développe une dépression sévère avec des insomnies chroniques. Son médecin traitant lui prescrit un arrêt de travail et rédige un certificat médical détaillé mentionnant le lien entre ses symptômes et sa situation professionnelle. Ce certificat constituera la première pièce essentielle de son dossier.

Étape 2 : Signaler les faits

Selon le contexte du harcèlement, la victime peut signaler les faits à différents interlocuteurs :

  • Au travail : alerter le CSE (Comité Social et Économique), le médecin du travail, l’inspection du travail, le référent harcèlement de l’entreprise
  • À l’école : prévenir le chef d’établissement, le CPE, l’académie (numéro 3020 — Non au harcèlement)
  • Dans le couple : appeler le 3919 (Violences Femmes Info), contacter une association d’aide aux victimes
  • Dans le voisinage : envoyer une mise en demeure par courrier recommandé, saisir un conciliateur de justice

Étape 3 : Porter plainte

Le dépôt de plainte est une étape déterminante. La victime peut se rendre au commissariat ou à la gendarmerie, ou adresser une plainte écrite directement auprès du procureur de la République. Cette seconde option permet de détailler précisément les faits et de joindre les preuves au dossier.

⚠️ Ne pas se laisser décourager par un refus de plainte

Certains commissariats tentent parfois de dissuader les victimes de déposer plainte pour harcèlement, notamment en évoquant un « simple conflit ». Or, tout citoyen a le droit de déposer plainte et le fonctionnaire de police ou de gendarmerie est tenu de la recevoir. En cas de refus, la victime peut saisir directement le procureur de la République par courrier recommandé.

Étape 4 : Se constituer partie civile

En se constituant partie civile, la victime de harcèlement devient partie au procès pénal. Elle peut alors demander réparation de l’ensemble de ses préjudices (moraux, physiques, financiers) directement devant le tribunal correctionnel, sans avoir à engager une procédure civile séparée.

📞 Besoin d'aide pour les démarches ?

La permanence de victime-info.fr oriente gratuitement les victimes de harcèlement vers les professionnels adaptés à leur situation et les aide à comprendre les étapes de la procédure.

Les recours judiciaires

Plusieurs voies de recours s’offrent à la victime de harcèlement, en fonction du contexte et de la gravité des faits.

La voie pénale

Le harcèlement moral est puni de peines pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende en présence de circonstances aggravantes (vulnérabilité de la victime, utilisation d’internet, harcèlement par le conjoint). Le harcèlement physique peut être qualifié de violences volontaires aggravées, avec des peines proportionnées à la gravité des blessures.

📊 Peines encourues pour harcèlement moral

  • Harcèlement moral simple : 1 an de prison et 15 000 € d’amende
  • Avec ITT inférieure à 8 jours : 2 ans de prison et 30 000 € d’amende
  • Avec circonstances aggravantes : 3 ans de prison et 45 000 € d’amende
  • Harcèlement ayant conduit au suicide ou à une tentative de suicide : 10 ans de prison et 150 000 € d’amende

La voie civile et prud’homale

En parallèle de la procédure pénale, ou indépendamment de celle-ci, la victime peut saisir le tribunal civil pour obtenir des dommages et intérêts. En matière de harcèlement au travail, le conseil de prud’hommes est compétent pour condamner l’employeur au versement de dommages et intérêts pour manquement à son obligation de sécurité. Il est possible de contester et négocier une offre d’indemnisation jugée insuffisante.

La saisine de la CIVI

Lorsque l’auteur du harcèlement est insolvable ou non identifié, la victime peut saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) pour obtenir une indemnisation. Cette voie est particulièrement utile lorsque le harcèlement a causé des préjudices corporels ou psychologiques importants. Les montants accordés par la CIVI varient selon la gravité des préjudices.

Le SARVI : une alternative à la CIVI

Lorsque l’auteur du harcèlement a été condamné pénalement mais ne paie pas les dommages et intérêts, la victime peut saisir le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions) pour obtenir le paiement des sommes dues. La demande doit être faite dans les 12 mois suivant la décision de justice devenue définitive.

L’indemnisation des victimes de harcèlement

Les victimes de harcèlement moral ou physique peuvent prétendre à une réparation intégrale de l’ensemble de leurs préjudices. L’indemnisation est évaluée selon la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux.

Les postes de préjudice indemnisables

Les principaux postes de préjudice qui peuvent être réparés dans le cadre d’un harcèlement sont :

Préjudices extrapatrimoniaux (non économiques) :

  • Souffrances endurées (pretium doloris) : souffrances physiques et psychiques liées au harcèlement. Le barème des souffrances endurées permet d’évaluer ce poste.
  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) : séquelles durables (dépression chronique, syndrome post-traumatique persistant). La valeur du point de déficit fonctionnel dépend de l’âge et du taux retenu.
  • Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté de pratiquer des activités de loisirs
  • Préjudice esthétique : si le harcèlement physique a laissé des traces visibles
  • Préjudice moral : atteinte à la dignité, à l’honneur, à la réputation. Le barème du préjudice moral offre des repères d’évaluation.

Préjudices patrimoniaux (économiques) :

  • Pertes de revenus : salaires perdus pendant les arrêts de travail
  • Incidence professionnelle : perte d’emploi, déclassement, reconversion forcée
  • Frais médicaux : consultations psychologiques, psychiatriques, traitements médicamenteux
  • Frais de déménagement : en cas de harcèlement de voisinage ou conjugal
📊 Exemples de montants d'indemnisation

Les montants varient considérablement selon la gravité et la durée du harcèlement :

  • Harcèlement moral au travail (souffrances modérées, arrêt de travail de 6 mois) : 8 000 à 25 000 €
  • Harcèlement moral grave avec dépression chronique et perte d’emploi : 30 000 à 80 000 €
  • Harcèlement physique conjugal avec séquelles psychologiques durables : 50 000 à 150 000 € et plus

Ces montants sont donnés à titre indicatif. Chaque situation est évaluée individuellement en fonction du dossier médical et des preuves.

L’expertise médicale

L’expertise médicale est une étape cruciale pour évaluer les préjudices liés au harcèlement. Le médecin expert évalue les souffrances endurées, le déficit fonctionnel, la date de consolidation et l’ensemble des séquelles. Il est fortement recommandé de se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de cette expertise afin de s’assurer que tous les préjudices sont correctement identifiés et évalués.

⚠️ Ne pas accepter la première offre d'indemnisation

Si la victime est indemnisée par une compagnie d’assurance (assurance de l’employeur, protection juridique, etc.), la première offre proposée est presque toujours insuffisante. Il est indispensable de faire évaluer cette offre par un professionnel avant de l’accepter, car la signature vaut acceptation définitive et renonciation à tout recours ultérieur. Une estimation préalable de l’indemnisation permet de négocier en connaissance de cause.

Les erreurs à éviter

Les victimes de harcèlement commettent parfois des erreurs qui peuvent affaiblir leur dossier ou compromettre leur indemnisation. Voici les pièges les plus courants à éviter.

⚠️ Les 7 erreurs fréquentes des victimes de harcèlement

  1. Attendre trop longtemps pour agir : les preuves s’effacent, les témoins oublient, et les délais de prescription courent.
  2. Ne pas conserver les preuves : supprimer des messages, ne pas garder les courriers, ne pas noter les incidents.
  3. Démissionner sous la pression (au travail) : la démission prive la victime de ses droits à indemnisation et aux allocations chômage. Il est préférable de se mettre en arrêt maladie.
  4. Répondre aux provocations : les réponses agressives peuvent être retournées contre la victime.
  5. S’isoler : ne pas en parler, ne pas consulter de professionnel de santé, ne pas chercher d’aide.
  6. Négocier seul avec l’auteur : sans témoin ni trace écrite, ces discussions n’ont aucune valeur probante.
  7. Accepter une indemnisation au rabais : signer sans avoir fait évaluer le montant proposé par un professionnel.

⚖️ Article 2226 du Code civil — Prescription

Le délai de prescription de l’action en réparation du dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. En matière pénale, le délai de prescription pour le harcèlement moral est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement.

Se faire accompagner : les professionnels à contacter

La victime de harcèlement ne doit pas rester seule face à sa situation. Plusieurs professionnels peuvent intervenir à différents stades de la procédure.

L’avocat spécialisé en droit du dommage corporel

Un avocat spécialisé en dommages corporels est le professionnel le plus à même d’accompagner la victime dans l’ensemble de ses démarches. Il maîtrise les fondamentaux du droit du dommage corporel et sait évaluer correctement l’ensemble des préjudices pour obtenir une juste indemnisation.

Le médecin conseil de victimes

Différent du médecin conseil de l’assurance, le médecin conseil de victimes intervient aux côtés de la personne harcelée lors de l’expertise médicale. Son rôle est de veiller à ce que tous les préjudices soient correctement identifiés et évalués, notamment les séquelles psychologiques qui sont souvent sous-estimées. La question de la consolidation médicale est particulièrement délicate dans les cas de harcèlement.

Les associations d’aide aux victimes

Les associations d’aide aux victimes offrent un accompagnement gratuit : écoute, orientation, aide aux démarches administratives et judiciaires. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), guide les victimes de harcèlement vers les interlocuteurs les plus adaptés à leur situation.

Les droits méconnus des victimes de harcèlement

La victime de harcèlement dispose de droits souvent ignorés :

  • Droit à l’aide juridictionnelle si les ressources sont insuffisantes pour payer un avocat
  • Droit à une protection fonctionnelle pour les agents de la fonction publique
  • Droit à un accompagnement psychologique pris en charge par l’assurance maladie
  • Droit à la prise en charge des frais de déménagement en cas de harcèlement de voisinage reconnu
  • Droit de faire reconnaître le harcèlement comme accident du travail ou maladie professionnelle en cas de harcèlement professionnel

📞 Estimation gratuite de l'indemnisation

Le simulateur de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation indicative des préjudices subis.

Questions fréquentes sur le harcèlement moral et physique

Questions fréquentes


Quelle est la différence entre harcèlement moral et harcèlement physique ?

Le harcèlement moral se caractérise par des agissements répétés qui dégradent les conditions de vie et altèrent la santé psychologique de la victime (humiliations, isolement, menaces, dénigrement). Le harcèlement physique implique des gestes corporels agressifs répétés (bousculades, coups, enfermement). Les deux formes sont punies pénalement et ouvrent droit à indemnisation. Dans la pratique, elles se combinent fréquemment.


Quel est le délai pour porter plainte pour harcèlement ?

Le délai de prescription en matière pénale est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement. Pour l’action en réparation civile (indemnisation du dommage corporel), le délai est de 10 ans à compter de la date de consolidation médicale (article 2226 du Code civil). Il est cependant recommandé d’agir le plus rapidement possible pour préserver les preuves.


Comment prouver un harcèlement moral sans témoin ?

Même sans témoin direct, il est possible de rassembler un faisceau de preuves suffisant : certificats médicaux attestant d’une dégradation de la santé, journal des faits tenu régulièrement, messages écrits (SMS, e-mails), arrêts de travail successifs, évolution des conditions de travail documentée. En matière prud’homale, la charge de la preuve est aménagée : la victime doit seulement présenter des éléments laissant supposer l’existence du harcèlement.


Peut-on être indemnisé pour un harcèlement moral au travail ?

Oui. La victime de harcèlement moral au travail peut obtenir des dommages et intérêts devant le conseil de prud’hommes (contre l’employeur pour manquement à l’obligation de sécurité) et devant le tribunal correctionnel (contre l’auteur du harcèlement). L’indemnisation couvre les souffrances endurées, les pertes de revenus, l’incidence professionnelle et tous les autres postes de préjudice identifiés.


La CIVI peut-elle indemniser les victimes de harcèlement ?

Oui, la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) peut accorder une indemnisation lorsque le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à un mois ou lorsque les faits constituent une infraction de nature sexuelle. Si l’ITT est inférieure à un mois, la CIVI peut intervenir sous conditions de ressources et si la victime ne peut obtenir réparation autrement.


Faut-il un avocat pour engager des poursuites pour harcèlement ?

L’assistance d’un avocat n’est pas juridiquement obligatoire pour porter plainte, mais elle est très fortement recommandée pour la constitution du dossier, la constitution de partie civile et l’évaluation des préjudices. Un avocat spécialisé en dommages corporels permet d’optimiser l’indemnisation et d’éviter les pièges procéduraux. L’aide juridictionnelle peut prendre en charge les honoraires si les revenus de la victime sont insuffisants.


Conclusion

Le harcèlement moral et physique est une réalité qui touche des centaines de milliers de personnes en France chaque année, dans des contextes aussi variés que le travail, le couple, l’école ou le voisinage. Les victimes disposent de droits solides et de voies de recours multiples pour faire cesser les agissements, obtenir la condamnation de l’auteur et être indemnisées de l’ensemble de leurs préjudices.

L’essentiel est de ne pas rester isolé, de collecter méthodiquement les preuves, de se faire accompagner par des professionnels compétents et de ne jamais accepter une offre d’indemnisation sans l’avoir fait évaluer. Chaque situation de harcèlement est unique et mérite une analyse approfondie pour que la victime obtienne la réparation à laquelle elle a droit.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes de harcèlement moral et physique. Orientation vers un avocat spécialisé, aide à la constitution du dossier, informations sur les droits : une équipe est disponible pour répondre à toutes les questions.

Témoignages

Bon alors moi ça a duré presque 2 ans le harcèlement de mon chef.. humiliations devant tout le monde, mails à 23h pour me mettre la pression, on m’a retiré mes dossiers petit à petit. J’ai fini en dépression sévère avec 8 mois d’arrêt. J’ai trouvé victime-info.fr par hasard et ils m’ont orientée vers un avocat spécialisé. Au final, les prud’hommes m’ont accordé 35 000€ de dommages et intérêts. Jamais j’aurais eu ça toute seule, je savais même pas que c’était possible d’avoir autant.

— Stéphanie, 42 ans, harcelée moralement au travail

Franchement je voulais juste témoigner parce que le cyberharcèlement c’est un enfer et on se sent vraiment impuissant.. des gens que je connaissais même pas qui m’insultaient sur les réseaux, des montages photos, des menaces.. j’ai porté plainte, ça a été long (presque 1 an d’enquête) mais 3 personnes ont été condamnées. J’ai eu 5000€ de dommages et intérêts. C’est pas énorme mais au moins y’a eu une condamnation, c’est ça l’important pour moi

— Julien, 29 ans, victime de cyberharcèlement

Ma fille de 14 ans a été harcelée pendant toute son année de 3ème. Insultes, moqueries, exclusion du groupe et même des bousculades dans les couloirs. L’école a mis du temps à réagir honnêtement. On a fini par porter plainte et saisir le rectorat. Grace aux informations trouvées sur ce site on a su quoi faire étape par étape. Ma fille voit encore un psychologue mais elle va beaucoup mieux. Le collège a fini par prendre des sanctions et on a obtenu une indemnisation de la famille des harceleurs principaux.

— Fatima, 55 ans, mère d'une ado harcelée à l'école