Chaque année en France, les accidents de la vie courante provoquent environ 11 millions de blessés et près de 20 000 décès. Chute dans les escaliers, brûlure en cuisine, accident de bricolage, blessure lors d’une activité sportive… Dans la majorité de ces situations, aucun tiers responsable ne peut être identifié. La victime se retrouve alors seule face à ses préjudices, sans possibilité de se retourner contre un responsable. C’est précisément pour combler ce vide que la Garantie Accidents de la Vie (GAV) a été créée.
Ce guide détaille le fonctionnement de la GAV, les accidents couverts, les conditions d’indemnisation, les exclusions à connaître, ainsi que les postes de préjudice corporel pris en charge. Il explique également comment déclarer un sinistre, contester une offre insuffisante et connaître les recours complémentaires lorsque la GAV ne suffit pas. En cas de doute ou de difficulté, la permanence de victime-info.fr est disponible pour orienter gratuitement toute personne accidentée.
Qu’est-ce que la Garantie Accidents de la Vie (GAV) ?
La Garantie Accidents de la Vie, communément appelée GAV, est un contrat d’assurance individuelle ou familiale. Son objet principal est de couvrir les dommages corporels résultant d’un accident de la vie privée, c’est-à-dire un accident survenu en dehors du cadre professionnel et hors accident de la circulation.
Créée en 2000 sous l’impulsion de la Fédération Française de l’Assurance (FFA), la GAV a été conçue pour répondre à un constat alarmant : les accidents de la vie courante tuent et blessent bien plus que les accidents de la route, mais les victimes ne bénéficient souvent d’aucune indemnisation spécifique. Contrairement à un accident de la route couvert par la loi Badinter, ou à un accident du travail pris en charge par la branche AT/MP de la Sécurité sociale, l’accident domestique ou sportif sans tiers responsable ne donne droit à aucune indemnisation automatique.
La GAV n’est pas obligatoire. Il s’agit d’un contrat souscrit volontairement, à titre individuel ou familial, auprès d’une compagnie d’assurance. Son coût varie généralement entre 100 et 250 € par an pour une couverture familiale. Certaines formules dites « premium » peuvent atteindre 300 à 400 € par an avec des garanties étendues et un seuil d’AIPP abaissé.
La GAV fonctionne sur le principe de l’indemnisation forfaitaire ou indemnitaire, selon les contrats. Elle intervient en complément des prestations de la Sécurité sociale et de la mutuelle. Son rôle est d’indemniser les préjudices corporels de la victime — douleurs, séquelles, perte de revenus, besoin d’aide humaine — lorsqu’aucun autre mécanisme d’indemnisation ne s’applique.
Quels accidents sont couverts par la GAV ?
Le socle minimal défini par la FFA prévoit la couverture de cinq grandes catégories d’accidents. Toutefois, chaque assureur peut élargir ou restreindre cette couverture. Il est essentiel de lire attentivement les conditions générales et particulières du contrat souscrit.
Les accidents domestiques
Les accidents domestiques représentent la première cause de sinistres couverts par la GAV. Ils incluent notamment :
- Chutes : escaliers, échelle, tabouret, baignoire, jardin
- Brûlures : cuisine, barbecue, produits ménagers, eau bouillante
- Intoxications : alimentaires, produits chimiques, monoxyde de carbone
- Accidents de bricolage et jardinage : scie, tondeuse, perceuse, tronçonneuse
- Électrocutions domestiques
Une personne de 58 ans chute dans les escaliers de son domicile en portant un carton. Elle se fracture le col du fémur et subit une opération chirurgicale. Après rééducation, le médecin expert retient un taux d’AIPP de 8 %. Si son contrat GAV prévoit un seuil de déclenchement à 5 %, elle sera indemnisée pour ses séquelles. En revanche, avec un seuil de 30 %, elle ne percevrait rien de sa GAV malgré des mois de convalescence et des séquelles durables.
Les accidents de sport et de loisirs
La pratique sportive amateur est une source fréquente de blessures couvertes par la GAV :
- Accidents de ski, vélo, randonnée, équitation, roller
- Accidents lors d’activités nautiques (kayak, voile, surf) ou aériennes (parapente, selon le contrat)
- Blessures lors de la pratique sportive en club ou en loisir
Il convient de noter que la page dédiée aux accidents de sport et leur indemnisation détaille les spécificités de chaque discipline. Les contrats GAV diffèrent considérablement d’un assureur à l’autre sur la couverture des sports dits « à risques ».
Les accidents médicaux
Certains contrats GAV couvrent les conséquences corporelles d’un accident médical :
- Accidents liés à un acte chirurgical ou médical (complication opératoire)
- Erreurs de diagnostic (dans certains contrats uniquement)
- Infections nosocomiales
Il est important de rappeler que les accidents médicaux disposent également de voies d’indemnisation spécifiques, notamment via la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI). La GAV peut intervenir en complément ou en substitution si la voie CCI n’aboutit pas.
Les catastrophes naturelles et technologiques
- Tempêtes, inondations, séismes
- Explosions industrielles
- Glissements de terrain
Les agressions et attentats
Dans le cas des agressions et attentats, d’autres mécanismes d’indemnisation existent en parallèle (CIVI, FGTI). La GAV intervient alors en complément pour assurer une indemnisation plus rapide ou compenser les postes de préjudice non couverts par ces fonds.
Les garanties varient considérablement d’un contrat à l’autre. Certains excluent les sports à risques (parachutisme, plongée sous-marine, sports de combat), les accidents survenus à l’étranger ou encore les accidents médicaux. Il est indispensable de vérifier les conditions générales et particulières du contrat avant toute souscription, et surtout avant toute déclaration de sinistre.
Ce que la GAV ne couvre pas
Connaître les exclusions de la GAV est aussi important que de connaître ses garanties. Voici les principales situations non couvertes :
- Les accidents de la route : ils relèvent de la loi Badinter du 5 juillet 1985 et de l’assurance automobile obligatoire
- Les accidents du travail et maladies professionnelles : couverts par la branche AT/MP de la Sécurité sociale
- Les accidents causés par un tiers identifié : dans ce cas, c’est l’assurance responsabilité civile du tiers responsable qui doit indemniser la victime (la GAV peut toutefois avancer les fonds puis exercer un recours subrogatoire)
- Les tentatives de suicide : exclues dans la quasi-totalité des contrats
- Les dommages matériels : la GAV ne couvre que les dommages corporels, pas la casse ou le vol de biens
- Les accidents liés à l’usage de drogues ou à l’ivresse : certains contrats prévoient une exclusion en cas de comportement délictuel
La GAV intervient en complément des régimes obligatoires (Sécurité sociale, mutuelles, assurance auto, AT/MP). Elle ne se substitue pas aux autres assurances. Son rôle est de couvrir les situations où aucun autre organisme ne prend en charge l’indemnisation des préjudices corporels de la victime. En cas de doute sur le mécanisme applicable, il est conseillé de consulter la page consacrée à l’essentiel de l’indemnisation corporelle.
Les conditions d’indemnisation de la GAV
L’activation de la garantie et le versement d’une indemnisation sont soumis à plusieurs conditions cumulatives. La plus déterminante est le seuil d’incapacité permanente.
Le seuil d’incapacité permanente (AIPP)
La quasi-totalité des contrats GAV prévoient un seuil de déclenchement lié au taux d’Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique (AIPP) de la victime, aussi appelé incapacité permanente partielle (IPP). Ce taux est fixé par un médecin expert à l’issue de la consolidation de l’état de santé de la victime.
Le socle minimal fixé par la FFA est un seuil de 30 % d’AIPP. Mais de nombreux contrats proposent un seuil abaissé :
| Seuil d’AIPP | Niveau de couverture | Observations |
|---|---|---|
| 30 % | Socle minimal FFA | Ne couvre que les accidents très graves |
| 10 % | Couverture intermédiaire | Couvre les handicaps significatifs |
| 5 % | Bonne couverture | Couvre la plupart des séquelles importantes |
| 1 % | Couverture optimale | Couvre presque toutes les séquelles, y compris légères |
- Seuil à 30 % (socle FFA) : correspond à des séquelles très graves (amputation d’une main, paraplégie partielle). La très grande majorité des victimes ne sont pas indemnisées avec ce seuil.
- Seuil à 10 % : couvre les séquelles moyennes (raideur articulaire importante, perte de mobilité significative d’un membre).
- Seuil à 5 % : couvre les séquelles modérées (entorse grave avec séquelles, fracture avec raideur résiduelle).
- Seuil à 1 % ou dès le 1er euro : couvre presque toutes les séquelles, y compris mineures. C’est le seuil le plus protecteur.
Un seuil de 30 % d’AIPP est extrêmement élevé. Avec un tel seuil, une personne qui se fracture le poignet avec séquelles (5-8 % d’AIPP), qui subit un traumatisme crânien léger (10-15 %) ou qui perd partiellement l’usage d’un genou (15-20 %) ne sera jamais indemnisée par sa GAV. Il est vivement recommandé de privilégier un contrat avec un seuil de 5 % ou moins, voire dès le 1er %.
Selon les données du marché, environ 80 % des accidents de la vie courante entraînent un taux d’AIPP inférieur à 10 %. Avec un seuil à 30 %, seuls 3 à 5 % des sinistres déclarés donnent lieu à indemnisation. Avec un seuil à 5 %, ce taux monte à environ 40 %. Le choix du seuil est donc déterminant.
Le cas du décès
En cas de décès de l’assuré suite à un accident couvert par le contrat, la GAV indemnise les ayants droit — conjoint, enfants, parents — pour leur préjudice moral et économique. Aucune condition de seuil d’AIPP ne s’applique dans cette hypothèse. Le capital décès prévu par le contrat est versé aux bénéficiaires désignés.
L’indemnisation des proches en cas de décès comprend généralement :
- Le préjudice d’affection des proches
- Les pertes de revenus du foyer consécutives au décès
- Les frais d’obsèques
Pour en savoir plus sur l’indemnisation des proches, la page consacrée à l’indemnisation des pertes de revenus d’un proche apporte des précisions complémentaires.
Quels préjudices sont indemnisés par la GAV ?
La GAV indemnise les principaux postes de préjudice corporel définis par la nomenclature Dintilhac, qui constitue le référentiel utilisé par les juridictions françaises pour évaluer les dommages corporels :
- Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) : indemnisation des séquelles physiques et psychiques permanentes après consolidation
- Déficit Fonctionnel Temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne entre l’accident et la consolidation
- Souffrances endurées (pretium doloris) : compensation des douleurs physiques et morales
- Préjudice esthétique permanent : cicatrices, déformations visibles
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisirs antérieures à l’accident
- Frais de logement et de véhicule adaptés : en cas de handicap nécessitant un aménagement du cadre de vie
- Tierce personne : aide humaine nécessaire au quotidien (aide-ménagère, auxiliaire de vie)
- Pertes de revenus : perte de gains professionnels actuels et futurs, incidence professionnelle
Contrairement à l’indemnisation obtenue devant un tribunal ou auprès du responsable de l’accident, la GAV prévoit souvent un plafond d’indemnisation, généralement fixé à 1 million d’euros par victime. Certains contrats haut de gamme proposent des plafonds supérieurs, jusqu’à 2 millions d’euros. Pour les accidents graves (traumatisme crânien sévère, tétraplégie), ce plafond peut s’avérer insuffisant au regard du préjudice réel.
Comment déclarer un sinistre GAV et obtenir son indemnisation ?
La procédure de déclaration et d’indemnisation d’un sinistre GAV suit un parcours en quatre étapes. Le respect des délais et la qualité du dossier constitué sont déterminants pour le montant de l’indemnisation obtenue.
1. Déclarer l’accident à l’assureur
La victime — ou un proche si elle est dans l’impossibilité de le faire — doit déclarer l’accident à l’assureur dans un délai de 5 jours ouvrés (sauf stipulation contraire du contrat). La déclaration se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle doit contenir :
- La date, le lieu et les circonstances de l’accident
- La description des blessures constatées
- Les coordonnées des témoins éventuels
- Les certificats médicaux initiaux
- Le numéro de contrat GAV
Des modèles de lettres pour la déclaration de sinistre sont disponibles sur victime-info.fr.
Même si le délai contractuel est de 5 jours, il est recommandé de déclarer l’accident le plus rapidement possible. Un retard dans la déclaration peut entraîner une réduction de l’indemnisation, voire une déchéance de garantie si le contrat le prévoit. En cas d’hospitalisation ou d’impossibilité, un proche peut effectuer la déclaration.
2. L’expertise médicale
Après réception de la déclaration, l’assureur mandate un médecin expert pour évaluer les dommages corporels de la victime. Cette expertise médicale est une étape cruciale : c’est elle qui détermine le taux d’AIPP, les souffrances endurées, le déficit fonctionnel, et l’ensemble des postes de préjudice.
Le médecin mandaté par l’assureur défend les intérêts de la compagnie d’assurance, pas ceux de la victime. Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin conseil de victimes (aussi appelé médecin de recours). Ce professionnel indépendant vérifie que tous les préjudices sont correctement évalués et que le taux d’AIPP retenu reflète la réalité des séquelles. Pour comprendre le déroulement de l’expertise médicale, un guide dédié est disponible.
3. L’offre d’indemnisation
À compter de la consolidation de l’état de santé de la victime (date à laquelle les séquelles sont considérées comme stabilisées), l’assureur dispose d’un délai de 5 mois pour formuler une offre d’indemnisation. Ce délai est fixé par le socle minimum de la FFA.
L’offre doit détailler les montants proposés pour chaque poste de préjudice. Elle doit être chiffrée, motivée et compréhensible. La victime dispose ensuite d’un délai de réflexion pour l’accepter ou la contester.
Les montants versés par les GAV varient considérablement selon la gravité des séquelles. À titre indicatif : pour un taux d’AIPP de 5 à 10 %, l’indemnisation se situe généralement entre 5 000 et 25 000 €. Pour un taux de 20 à 30 %, elle peut atteindre 50 000 à 150 000 €. Pour les cas les plus graves (AIPP supérieur à 50 %), les indemnisations peuvent dépasser 500 000 €, dans la limite du plafond contractuel.
4. Accepter ou contester l’offre
Deux situations se présentent après réception de l’offre de l’assureur :
- Accepter l’offre : la victime signe un accord transactionnel et reçoit l’indemnisation dans un délai d’un mois.
- Contester l’offre : si la victime estime que l’offre est insuffisante, elle peut demander une contre-expertise, négocier avec l’assureur, ou saisir un tribunal. L’assistance d’un avocat spécialisé en dommage corporel est alors fortement recommandée.
Les premières offres d’indemnisation des assureurs sont très souvent sous-évaluées, parfois de 30 à 50 % par rapport à ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal. Avant d’accepter, il est essentiel de faire vérifier l’offre par un professionnel indépendant (avocat ou association de victimes). Le site victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter gratuitement toute personne concernée.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France, aide gratuitement les victimes à analyser les offres d’indemnisation et à identifier les recours possibles.
| Critère | Responsabilité Civile (RC) | Garantie Accidents de la Vie (GAV) |
|---|---|---|
| Qui est protégé ? | Les tiers victimes de l’assuré | L’assuré lui-même (et sa famille) |
| Quand intervient-elle ? | Quand l’assuré cause un dommage à autrui | Quand l’assuré est victime d’un accident sans tiers responsable |
| Dommages couverts | Corporels, matériels, immatériels | Uniquement corporels |
| Obligatoire ? | Oui (incluse dans l’assurance habitation) | Non (contrat facultatif) |
GAV et responsabilité civile : quelles différences ?
La confusion entre la GAV et l’assurance responsabilité civile (RC) est fréquente. Pourtant, ces deux contrats n’ont pas du tout le même objet :
- La responsabilité civile (RC) couvre les dommages que l’assuré cause à autrui. Si une personne blesse quelqu’un en faisant du vélo, c’est sa RC qui indemnise la victime.
- La GAV couvre les dommages que l’assuré subit lui-même lors d’un accident de la vie courante, sans tiers responsable identifié.
Lors d’une randonnée en montagne, une personne glisse sur un sentier mouillé et se fracture la cheville. Personne ne l’a poussée, il n’y a pas de tiers responsable. Sa responsabilité civile ne peut pas intervenir (elle ne peut pas être « responsable envers elle-même »). Seule sa GAV, si elle en possède une, peut l’indemniser pour ses séquelles (douleurs, arrêt de travail, raideur résiduelle).
En résumé : la RC protège les autres contre les dommages que l’assuré pourrait leur causer. La GAV protège l’assuré lui-même. Les deux contrats sont complémentaires et ne font pas double emploi. La page dédiée à la mise en cause du responsable d’un accident de la vie détaille les cas où un tiers peut être identifié et mis en cause.
Comment bien choisir sa GAV ?
Le choix d’un contrat GAV ne doit pas se faire à la légère. Plusieurs critères permettent de distinguer une bonne couverture d’un contrat insuffisant :
Le seuil d’AIPP : le critère n°1
C’est le critère le plus déterminant. Un seuil de 30 % exclut la très grande majorité des sinistres. Il est recommandé de choisir un contrat avec un seuil de 5 % ou moins, voire dès le 1er %.
Le plafond d’indemnisation
Un plafond de 1 million d’euros est le standard du marché. Pour une famille avec enfants, un plafond de 2 millions d’euros est préférable, notamment pour couvrir les accidents graves pouvant entraîner un handicap lourd.
Le périmètre géographique
Certains contrats ne couvrent que les accidents survenus en France. D’autres étendent la couverture au monde entier ou à l’Europe. Pour les personnes qui voyagent régulièrement, une couverture internationale est indispensable. La page sur les accidents en hôtel ou en location de vacances aborde cette question.
Les activités sportives couvertes
Les sportifs doivent vérifier que leur pratique est bien couverte. Ski, VTT, escalade, sports nautiques : chaque contrat a sa propre liste d’exclusions. La page consacrée aux accidents de sport fournit des précisions sur les garanties spécifiques à chaque discipline.
La couverture des accidents médicaux
Certains contrats excluent les accidents médicaux. Si cette garantie est importante, il convient de s’en assurer avant la souscription.
Les membres du foyer couverts
Un contrat familial couvre généralement l’assuré, le conjoint et les enfants à charge. Il faut vérifier que les enfants majeurs encore étudiants ou vivant au foyer sont bien inclus. De même, les accidents scolaires des enfants méritent une attention particulière.
Avant de souscrire une GAV, il est utile de vérifier si le foyer ne bénéficie pas déjà d’une couverture similaire. Certaines assurances habitation multirisques, cartes bancaires premium ou contrats de prévoyance d’entreprise incluent une garantie « accidents de la vie » partielle. Attention toutefois : ces couvertures « incluses » sont souvent limitées (seuil élevé, plafond faible, peu de postes de préjudice couverts).
Quand la GAV ne suffit pas : les autres recours possibles
La GAV n’est qu’un des mécanismes d’indemnisation disponibles pour les victimes d’accidents corporels. Selon les circonstances de l’accident, d’autres voies peuvent être explorées :
L’action en responsabilité contre un tiers
Si un tiers est responsable de l’accident (défaut d’entretien d’un lieu public, animal d’autrui, produit défectueux), la victime peut engager une action en responsabilité civile contre ce tiers. La GAV peut alors intervenir en avançant l’indemnisation, puis exercer un recours subrogatoire contre le responsable.
Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Ce principe est le fondement de la responsabilité civile de droit commun. Si un tiers est responsable de l’accident, la victime peut agir directement contre lui, indépendamment de sa GAV.
Parmi les situations où un tiers peut être identifié : chute sur un trottoir mal entretenu (responsabilité de la commune), chute dans un commerce (responsabilité de l’exploitant), morsure de chien (responsabilité du propriétaire de l’animal).
La saisine de la CIVI (victimes d’infractions)
En cas d’agression physique, la victime peut saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) pour obtenir une indemnisation du Fonds de Garantie des Victimes (FGTI). Cette voie est complémentaire de la GAV et ne concerne que les victimes d’infractions pénales.
La CCI pour les accidents médicaux
Les victimes d’accidents médicaux graves peuvent saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI), procédure gratuite et amiable qui peut aboutir à une indemnisation par l’ONIAM.
La procédure judiciaire
En dernier recours, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la réparation intégrale de ses préjudices. Cette voie permet d’obtenir des indemnisations souvent supérieures à celles proposées par la GAV, car elle n’est pas limitée par un plafond contractuel. Les honoraires d’un avocat en dommage corporel sont détaillés dans un dossier spécifique.
L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai de prescription s’applique aux actions contre un tiers responsable, pas au délai de déclaration du sinistre GAV (qui est contractuel et beaucoup plus court).
Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des montants auxquels la victime peut prétendre, que ce soit au titre de la GAV ou d’un autre mécanisme d’indemnisation.
Questions fréquentes sur la Garantie Accidents de la Vie (GAV)
Questions fréquentes
La GAV intervient-elle pour une blessure lors de travaux de bricolage à domicile ?
Oui. Les accidents de bricolage et de jardinage font partie des accidents domestiques couverts par la GAV. Que ce soit une blessure avec une scie, une perceuse, une tondeuse ou une chute depuis une échelle, la GAV prend en charge l’indemnisation des dommages corporels, à condition que le taux d’AIPP atteigne le seuil prévu au contrat. La page consacrée aux accidents de travaux et bricolage détaille les situations couvertes.
Un enfant blessé en jouant dans le jardin est-il couvert par la GAV familiale ?
Oui, à condition que le contrat soit de type familial. Les enfants à charge de l’assuré sont généralement couverts par la GAV familiale. Une chute dans le jardin, un accident de trampoline ou une blessure avec un jeu d’extérieur peuvent donner lieu à indemnisation si les séquelles dépassent le seuil d’AIPP du contrat. Attention toutefois : les contrats individuels ne couvrent que le seul souscripteur.
La GAV couvre-t-elle un accident de la route ?
Non. Les accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur (voiture, moto, scooter) sont exclus de la GAV. Ils relèvent de la loi Badinter du 5 juillet 1985 et de l’assurance automobile obligatoire. En revanche, un accident de vélo sans véhicule motorisé impliqué (chute seul, par exemple) peut être couvert par la GAV, à condition que le contrat le prévoie.
L'assureur refuse d'indemniser car le taux d'AIPP est inférieur au seuil du contrat. Que faire ?
Si le taux d’AIPP retenu par le médecin de l’assureur est juste en dessous du seuil, il est possible de contester cette évaluation. La victime peut demander une contre-expertise par un médecin conseil de victimes, qui pourra réévaluer les séquelles. Si le désaccord persiste, une expertise judiciaire peut être demandée au tribunal. Par ailleurs, d’autres voies d’indemnisation (responsabilité d’un tiers, CIVI en cas d’agression) peuvent exister indépendamment de la GAV.
L'indemnisation de la GAV peut-elle se cumuler avec celle versée par le responsable de l'accident ?
En principe, oui, mais avec des nuances. La GAV intervient généralement « en complément » et prévoit un mécanisme de subrogation : si un tiers responsable est identifié et indemnise la victime, l’assureur GAV peut récupérer les sommes avancées. En pratique, la victime ne peut pas percevoir deux fois la même indemnisation pour le même préjudice, mais la GAV peut permettre une avance de trésorerie rapide en attendant l’indemnisation définitive par le responsable.
Quel est le délai de prescription pour déclarer un sinistre GAV ?
Le délai de déclaration contractuel est généralement de 5 jours ouvrés à compter de l’accident (ou de la connaissance du sinistre). Toutefois, la prescription de l’action contre l’assureur est de 2 ans à compter de l’événement qui y donne naissance (article L. 114-1 du Code des assurances). Une déclaration tardive peut entraîner une réduction d’indemnisation, mais pas nécessairement un refus total si le sinistre est déclaré dans le délai de prescription.
Conclusion : la GAV, une protection indispensable mais à choisir avec soin
La Garantie Accidents de la Vie constitue un filet de sécurité essentiel pour les victimes d’accidents de la vie courante. Face aux 11 millions de blessés annuels en France, elle offre une voie d’indemnisation là où aucun tiers responsable ne peut être identifié. Cependant, tous les contrats ne se valent pas. Le seuil d’AIPP, le plafond d’indemnisation, le périmètre géographique et les exclusions varient considérablement d’un assureur à l’autre.
Une victime confrontée à un accident de la vie courante ne doit pas accepter la première offre de son assureur sans vérification préalable. L’accompagnement par un avocat spécialisé en dommage corporel ou par une association de victimes permet souvent d’obtenir une indemnisation significativement plus élevée. Les exemples d’indemnisation en dommage corporel publiés sur le site permettent de se faire une idée des montants réellement obtenus.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents de la vie courante : analyse de l’offre d’indemnisation, orientation vers un médecin conseil de victimes, mise en relation avec un avocat spécialisé en dommage corporel.
Témoignages
— Laurent, 52 ans, accident de bricolageBon voila moi c’est une histoire classique, j’étais en train de couper du bois avec une scie circulaire et j’ai eu un mauvais geste.. résultat j’ai perdu 2 phalanges. Mon assureur GAV m’a proposé 8000€ au départ, je trouvais ça correct vu que je connaissais rien à tout ça. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr, ils m’ont expliqué que mon taux d’AIPP donnait droit à bien plus. Au final avec un avocat spécialisé j’ai obtenu 31000€. La première offre c’est jamais la bonne faut retenir ça
— Isabelle, 44 ans, maman d'un enfant blessé au trampolineMon fils de 9 ans s’est cassé le bras sur le trampoline du jardin, fracture compliquée avec opération et broches. On avait une GAV familiale heureusement mais avec un seuil à 10%.. le médecin de l’assurance avait évalué les séquelles à 8% donc en dessous du seuil. On a contesté, fait venir un médecin conseil de victimes qui a réévalué à 12%. Du coup on a été indemnisés, environ 14000€ pour notre fils. Moralité faut jamais accepter l’évaluation de l’assureur sans la faire vérifier
— Rachid, 37 ans, chute en randonnéeFranchement j’avoue que avant mon accident j’avais même pas regardé ce que couvrait ma GAV.. Je me suis pété le genou en glissant sur un sentier de randonnée, ligaments croisés + ménisque. 6 mois d’arrêt de travail, rééducation longue et au final une raideur du genou permanente. J’ai galéré pour comprendre les démarches mais ce site explique vraiment bien étape par étape. Mon conseil c’est de vérifier votre contrat AVANT d’en avoir besoin, parce que moi j’avais un seuil à 30% et j’ai rien touché de ma GAV… j’ai du passer par un avocat pour obtenir qqch par un autre biais



