Après une agression, qu’il s’agisse de violences physiques ou d’un vol avec violence, les premières heures et les premiers jours sont absolument déterminants. Chaque geste compte pour protéger ses droits, constituer un dossier solide et préparer l’indemnisation des victimes d’agression. Trop de victimes perdent des chances d’obtenir une juste réparation simplement parce qu’elles n’ont pas accompli les bonnes démarches au bon moment. Ce guide pratique détaille, étape par étape, tout ce qu’une personne agressée doit savoir et faire dans les heures, les jours et les semaines qui suivent les faits. Pour toute question urgente, la permanence en ligne de victime-info.fr est disponible gratuitement.
Étape 1 : Assurer sa sécurité immédiate après l’agression
La priorité absolue après une agression est de se mettre en sécurité. Si le danger est encore présent, la victime doit s’éloigner du lieu de l’agression et contacter les secours sans attendre. Voici les numéros d’urgence à connaître :
- 17 : Police / Gendarmerie (urgence)
- 15 : SAMU (urgence médicale)
- 112 : Numéro d’urgence européen (appel gratuit depuis tout téléphone)
- 114 : Numéro d’urgence par SMS (pour les personnes sourdes ou malentendantes, ou en cas d’impossibilité de parler)
La victime ne doit en aucun cas tenter de retenir ou de confronter l’agresseur. La sécurité personnelle passe avant tout. Il est essentiel de mémoriser le maximum de détails sur l’apparence physique de l’agresseur (taille, corpulence, vêtements, signes distinctifs, direction de fuite) et d’appeler immédiatement les forces de l’ordre au 17.
Si d’autres personnes sont présentes sur les lieux, la victime peut leur demander de rester pour témoigner ou, à défaut, de laisser leurs coordonnées. Ces témoins joueront un rôle crucial dans la suite de la procédure.
En cas de blessure grave, il est impératif d’appeler le SAMU (15) ou le 112 pour une prise en charge médicale d’urgence. La victime ne doit pas hésiter à se rendre directement aux urgences hospitalières si son état le nécessite.
Étape 2 : Faire constater ses blessures par un médecin
C’est sans doute la démarche la plus importante après une agression. La victime doit se rendre le jour même ou dans les 24 heures aux urgences, chez son médecin traitant ou dans une unité médico-judiciaire (UMJ) pour obtenir un certificat médical initial (CMI). Ce document est la pierre angulaire de tout dossier d’indemnisation pour préjudices corporels.
Que doit contenir le certificat médical initial ?
Le certificat médical initial doit mentionner avec précision :
- La description précise des blessures : localisation, nature (hématomes, fractures, plaies, brûlures), étendue
- La durée de l’incapacité totale de travail (ITT) : ce chiffre est fondamental car il détermine la qualification pénale de l’agression et conditionne l’accès à certaines voies d’indemnisation
- Les examens complémentaires prescrits (radiographies, scanner, IRM, etc.)
- Les traitements prescrits et l’arrêt de travail éventuellement délivré
- L’état psychologique de la victime (anxiété, troubles du sommeil, choc émotionnel)
L’ITT (incapacité totale de travail) au sens pénal désigne la gêne dans les actes de la vie courante, et non uniquement l’arrêt de travail professionnel. Même sans activité professionnelle (retraité, étudiant, personne au foyer), une victime peut avoir une ITT. Il est essentiel de demander explicitement au médecin de fixer la durée de l’ITT, car certains praticiens omettent de le faire spontanément.
Pourquoi consulter même en cas de blessures apparemment légères ?
La victime doit impérativement consulter même si ses blessures semblent mineures. Certains traumatismes ne se manifestent que plusieurs heures ou jours après l’agression :
- Les commotions cérébrales peuvent entraîner des symptômes retardés
- Les lésions internes (rate, foie) ne sont pas toujours immédiatement douloureuses
- Le stress post-traumatique (syndrome de stress post-traumatique, ou SSPT) apparaît souvent des jours ou des semaines après les faits
- Les séquelles invisibles (troubles cognitifs, anxiété chronique) nécessitent une prise en charge précoce
Le certificat médical initial constitue un élément de preuve fondamental. Sans ce document, il sera extrêmement difficile d’établir le lien entre l’agression et les blessures constatées ultérieurement. Plus la consultation est rapprochée de la date de l’agression, plus le document aura de valeur probante.
Étape 3 : Déposer plainte après l’agression
Le dépôt de plainte est une étape fondamentale. Il permet de déclencher l’enquête pénale, d’identifier et de poursuivre l’auteur de l’agression, et constitue la base de toute demande d’indemnisation future. Pour comprendre en détail cette démarche, la page consacrée à porter plainte après une agression apporte des informations complémentaires.
Où et comment déposer plainte ?
Plusieurs possibilités s’offrent à la victime :
- Au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche (pas nécessairement celle du lieu de l’agression)
- Par courrier recommandé avec accusé de réception adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction. Un modèle de lettre de plainte au procureur est disponible sur victime-info.fr
- Par pré-plainte en ligne sur le site pre-plainte-en-ligne.gouv.fr (la victime devra ensuite se rendre au commissariat pour signer sa plainte)
Les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions à la loi pénale. Toute personne a le droit de déposer plainte, et les forces de l’ordre ont l’obligation légale de l’enregistrer. Un refus de prendre une plainte est contraire à la loi.
Si un agent tente d’orienter la victime vers une simple main courante, il faut insister fermement pour déposer une plainte. La main courante est un simple enregistrement administratif qui ne déclenche aucune enquête et ne permettra pas d’engager des poursuites pénales. La victime peut rappeler l’article 15-3 du Code de procédure pénale qui oblige les forces de l’ordre à enregistrer sa plainte.
Que mentionner dans la plainte ?
La victime doit être la plus précise et détaillée possible dans sa déclaration :
- Date, heure et lieu exacts de l’agression
- Déroulement des faits dans l’ordre chronologique
- Description de l’agresseur : physique, vêtements, signes distinctifs, direction de fuite, véhicule éventuel
- Témoins : noms et coordonnées si la victime les a obtenus
- Blessures constatées (joindre le certificat médical initial)
- Objets volés ou endommagés le cas échéant (avec estimation de valeur)
- Existence de caméras de vidéosurveillance à proximité du lieu de l’agression
- Antécédents éventuels avec l’agresseur (menaces préalables, harcèlement)
La victime doit impérativement demander une copie du récépissé de dépôt de plainte. Ce document sera nécessaire pour toutes les démarches d’indemnisation ultérieures, notamment pour se constituer partie civile ou saisir la CIVI (Commission d’indemnisation des victimes d’infractions).
Étape 4 : Rassembler toutes les preuves après une agression
Plus le dossier sera étayé, plus les chances d’obtenir une réparation intégrale du préjudice seront élevées. La constitution du dossier de preuves doit commencer dès les premières heures.
Preuves médicales
- Certificat médical initial et certificats médicaux de suivi
- Comptes rendus d’hospitalisation et d’examens (radiographies, IRM, scanner)
- Ordonnances et factures de médicaments
- Arrêts de travail successifs
- Factures de consultations (médecin, kinésithérapeute, psychologue, psychiatre)
- Compte rendu de suivi psychologique (particulièrement important pour le préjudice d’anxiété et les souffrances endurées)
Preuves visuelles
- Photos des blessures prises à différents moments (jour de l’agression, jours suivants, évolution des hématomes et cicatrices)
- Photos des vêtements endommagés ou tachés de sang (les conserver dans un sac fermé)
- Photos du lieu de l’agression
- Captures d’écran de messages menaçants ou de harcèlement en ligne
Preuves testimoniales et matérielles
- Attestations de témoins rédigées sur papier libre, avec copie de la pièce d’identité du témoin (formulaire Cerfa n° 11527*03)
- Enregistrements de vidéosurveillance (demander rapidement leur conservation, car les images sont souvent effacées après quelques jours)
- Messages, appels ou échanges avec l’agresseur (en cas de menaces préalables ou de cyberharcèlement)
- Factures des objets volés ou endommagés
Marie, 29 ans, est agressée un soir en rentrant du travail. Un individu la bouscule violemment, lui arrache son téléphone et prend la fuite. Marie tombe et se blesse au poignet et au visage. Elle appelle le 17, se rend aux urgences le soir même (certificat médical avec 8 jours d’ITT), puis dépose plainte le lendemain en signalant la présence d’une caméra de vidéosurveillance devant un commerce voisin. Elle prend des photos de ses blessures chaque jour pendant deux semaines et conserve tous ses justificatifs médicaux. Grâce à ce dossier solide, elle pourra demander l’indemnisation de ses différents postes de préjudice : souffrances endurées, préjudice esthétique, déficit fonctionnel temporaire, et préjudice matériel.
Étape 5 : Se faire accompagner par des professionnels après une agression
Une personne victime d’agression n’est pas seule. De nombreuses structures existent pour l’accompagner dans ses démarches juridiques, médicales et psychologiques. L’accompagnement par des professionnels spécialisés est un facteur déterminant pour obtenir une indemnisation juste et complète.
| Structure | Contact | Services |
|---|---|---|
| France Victimes | 116 006 (gratuit, 7j/7) | Écoute, orientation, aide juridique gratuite |
| Bureau d’aide aux victimes | Dans chaque tribunal judiciaire | Information sur vos droits, aide aux démarches |
| Aide juridictionnelle | Bureau d’aide juridictionnelle du tribunal | Prise en charge des frais d’avocat sous conditions de ressources |
| Victime-info.fr | Permanence en ligne | Information, orientation, accompagnement juridique |
Les structures d’aide aux victimes
- Associations d’aide aux victimes : victime-info.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), qui accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches
- Bureau d’aide aux victimes au sein du tribunal judiciaire : accueil et orientation gratuits
- France Victimes (numéro national 116 006, appel gratuit) : écoute, information et orientation
- Maisons de la justice et du droit (MJD) : accès gratuit à des consultations juridiques
Les professionnels indispensables
Pour maximiser ses chances d’obtenir une indemnisation complète, la victime a tout intérêt à s’entourer de :
- Un avocat spécialisé en dommages corporels : il saura évaluer correctement l’ensemble des préjudices et négocier face aux assureurs. Pour bien choisir, consulter le guide sur comment choisir un avocat en dommage corporel
- Un médecin-conseil indépendant : il accompagnera la victime lors de l’expertise médicale pour défendre ses intérêts face au médecin désigné par l’assureur ou le tribunal
- Un psychologue ou psychiatre : le suivi psychologique est essentiel pour la reconstruction personnelle, et les frais seront indemnisables
Les victimes d’agression dont les ressources sont limitées peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des frais d’avocat. Certaines infractions graves (violences volontaires ayant entraîné une ITT de plus de 8 jours, violences sexuelles, etc.) ouvrent droit à l’aide juridictionnelle sans condition de ressources. Il est possible de se renseigner au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France, oriente gratuitement les victimes d’agression vers les bons interlocuteurs et les aide à constituer leur dossier.
Étape 6 : Suivre l’évolution de la plainte
Après le dépôt de plainte, le procureur de la République examine le dossier et peut décider de :
- Poursuivre l’auteur devant le tribunal correctionnel (pour les délits) ou la cour d’assises (pour les crimes)
- Proposer une alternative aux poursuites : rappel à la loi, médiation pénale, composition pénale, stage de citoyenneté
- Classer la plainte sans suite : manque de preuves, auteur non identifié, infraction insuffisamment caractérisée
Un classement sans suite ne signifie pas la fin de la procédure. La victime dispose de plusieurs recours :
- Porter plainte avec constitution de partie civile directement auprès du doyen des juges d’instruction (cette procédure oblige l’ouverture d’une information judiciaire)
- Citation directe devant le tribunal correctionnel si l’auteur est identifié
- Contester le classement auprès du procureur général près la cour d’appel
Par ailleurs, le classement sans suite de la plainte pénale n’empêche pas la victime de saisir la CIVI pour obtenir une indemnisation.
Se constituer partie civile au procès pénal
Si l’auteur de l’agression est poursuivi devant un tribunal, la victime a tout intérêt à se constituer partie civile. Cette démarche permet de :
- Demander des dommages et intérêts pour l’agression directement au tribunal
- Avoir accès au dossier pénal complet
- Être informé de toutes les étapes de la procédure
- Intervenir lors de l’audience pour exposer ses préjudices
L’action civile en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou une contravention appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par l’infraction. La constitution de partie civile permet à la victime de demander réparation dans le cadre du procès pénal.
Étape 7 : Engager les démarches d’indemnisation après une agression
L’indemnisation d’une victime d’agression peut emprunter plusieurs voies, selon que l’auteur est identifié ou non, solvable ou non. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour ne laisser aucun droit de côté. Le guide complet sur l’indemnisation des victimes d’agression détaille l’ensemble de ces procédures.
L’indemnisation par la CIVI
La Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) est la voie la plus fréquente pour les victimes d’agression. Elle permet d’obtenir une indemnisation même si l’auteur n’est pas identifié ou s’il est insolvable. L’indemnisation est versée par le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI).
Pour saisir la CIVI, la victime doit déposer un dossier auprès du tribunal judiciaire de son domicile dans un délai de 3 ans à compter de la date de l’infraction (ou de 1 an à compter de la décision pénale définitive).
Le recouvrement des dommages et intérêts via le SARVI
Si l’auteur a été condamné par un tribunal à verser des dommages et intérêts mais ne les paie pas spontanément, la victime peut saisir le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions). Ce service avance tout ou partie des sommes dues et se charge ensuite de recouvrer la créance auprès du condamné.
Les postes de préjudice indemnisables
L’indemnisation d’une victime d’agression couvre l’ensemble des postes de préjudice corporel définis par la nomenclature Dintilhac :
- Préjudices patrimoniaux : frais médicaux, perte de revenus, frais d’assistance par une tierce personne, frais de logement ou de véhicule adapté
- Préjudices extra-patrimoniaux temporaires : déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées (pretium doloris), préjudice esthétique temporaire
- Préjudices extra-patrimoniaux permanents : déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP), préjudice d’agrément, préjudice esthétique permanent, préjudice d’établissement
- Préjudice moral : souffrance psychologique, préjudice d’anxiété
Selon les données jurisprudentielles, les indemnisations pour agression physique varient considérablement selon la gravité des blessures :
- Agression avec ITT de 3 à 8 jours : 2 000 à 8 000 euros en moyenne
- Agression avec ITT de 8 à 30 jours : 5 000 à 25 000 euros
- Agression grave avec séquelles permanentes : 20 000 à plus de 200 000 euros
Pour consulter des cas détaillés, voir la page dédiée aux exemples de montants d’indemnisation après agression.
L’expertise médicale : une étape clé de l’indemnisation
L’expertise médicale est l’étape déterminante pour l’évaluation de l’indemnisation. Elle a lieu après la consolidation des blessures (le moment où l’état de santé de la victime se stabilise). Lors de cette expertise, un médecin évalue chaque poste de préjudice selon la nomenclature Dintilhac.
Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin-conseil indépendant lors de cette expertise. Ce professionnel veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués et empêche les sous-évaluations.
L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. Pour les victimes mineures au moment des faits, ce délai ne commence à courir qu’à leur majorité. Il est important de ne pas laisser passer ce délai, sous peine de perdre définitivement tout droit à indemnisation.
Les erreurs à ne pas commettre après une agression
Certaines erreurs, commises par méconnaissance, peuvent réduire considérablement les chances d’indemnisation d’une victime d’agression. Voici les pièges les plus fréquents :
- Ne pas consulter de médecin ou tarder à le faire : sans certificat médical initial, le lien entre l’agression et les blessures sera très difficile à prouver
- Accepter une main courante au lieu d’une plainte : la main courante ne déclenche aucune enquête
- Ne pas conserver les preuves : jeter les vêtements endommagés, ne pas photographier ses blessures, ne pas garder les justificatifs médicaux
- Accepter la première offre d’indemnisation sans l’avis d’un professionnel : les premières offres sont souvent très inférieures à ce que la victime peut réellement obtenir
- Ne pas demander la conservation des vidéosurveillances : les images sont souvent effacées après 7 à 30 jours
- Se passer d’un avocat spécialisé ou d’un médecin-conseil lors de l’expertise médicale
- Laisser passer les délais de prescription pour saisir la CIVI ou engager une action en justice
Pour éviter ces erreurs et se défendre efficacement, la victime a tout intérêt à se faire accompagner dès le début de ses démarches par des professionnels spécialisés en droit du dommage corporel.
Paul, 45 ans, est victime d’une agression dans un parking souterrain. Après consolidation, le Fonds de Garantie lui propose une indemnisation de 6 500 euros. Paul, sur les conseils de victime-info.fr, consulte un avocat spécialisé en agression qui conteste cette offre en produisant un rapport de médecin-conseil indépendant. Après négociation, l’indemnisation finale s’élève à 27 000 euros. La première offre ne prenait pas correctement en compte les souffrances endurées, le préjudice d’agrément et le retentissement psychologique.
Questions fréquentes après une agression
Questions fréquentes
La victime n'a pas déposé plainte le jour même. Est-il trop tard ?
Non, il n’est pas trop tard. Une victime d’agression dispose d’un délai de 6 ans pour déposer plainte en cas de délit (violences volontaires, vol avec violence, etc.) et de 20 ans en cas de crime (tentative de meurtre, viol, etc.). Toutefois, plus la plainte est déposée rapidement, plus les chances de retrouver l’auteur et les preuves sont élevées. Les premières 48 heures sont particulièrement cruciales pour l’enquête.
La victime peut-elle porter plainte sans certificat médical ?
Oui, le certificat médical n’est pas un préalable obligatoire au dépôt de plainte. La victime peut parfaitement porter plainte d’abord et obtenir le certificat médical ensuite. L’essentiel est de ne négliger aucune de ces deux démarches. Le certificat médical pourra être transmis ultérieurement au commissariat ou au procureur pour compléter le dossier.
L'agression n'a laissé aucune marque visible. La victime peut-elle quand même porter plainte ?
Absolument. Une agression ne se limite pas aux blessures physiques visibles. Les violences verbales accompagnées de menaces, les violences psychologiques, le choc émotionnel, le stress post-traumatique sont des préjudices reconnus par la loi. Le médecin peut établir un certificat médical faisant état de l’état psychologique de la victime et fixer une ITT même en l’absence de blessures physiques visibles.
La victime a peur des représailles si elle porte plainte. Que faire ?
La crainte de représailles est légitime et doit être signalée aux enquêteurs lors du dépôt de plainte. Plusieurs mesures de protection existent : interdiction pour l’agresseur d’approcher la victime (contrôle judiciaire), ordonnance de protection du juge aux affaires familiales (en cas de violences conjugales), téléphone grave danger, domiciliation de la plainte au commissariat (pour ne pas révéler son adresse). En cas de danger immédiat, contacter le 17.
Une personne étrangère ou en situation irrégulière peut-elle porter plainte ?
Oui, toute personne victime d’une infraction en France peut porter plainte, quelle que soit sa nationalité ou sa situation administrative. C’est un droit fondamental garanti par la loi. Les forces de l’ordre ne peuvent pas refuser d’enregistrer une plainte au motif que la victime est en situation irrégulière, et ne sont pas tenues de signaler cette situation aux services d’immigration.
Combien de temps dure la procédure d'indemnisation après une agression ?
La durée varie selon la complexité du dossier et la voie choisie. En cas de saisine de la CIVI, la procédure dure en moyenne entre 6 mois et 2 ans. Le Fonds de Garantie (FGTI) dispose de 2 mois pour faire une offre après réception du dossier complet. L’indemnisation ne peut intervenir qu’après la consolidation médicale de la victime, ce qui peut prendre plusieurs mois à plusieurs années selon la gravité des blessures. En attendant, la victime peut demander des provisions (avances sur indemnisation).
Les prochaines étapes pour la victime d’agression
Après une agression, chaque démarche compte. Le certificat médical initial, le dépôt de plainte, la constitution des preuves et l’accompagnement par des professionnels spécialisés sont les quatre piliers qui permettront d’obtenir une réparation intégrale du préjudice. La victime ne doit surtout pas rester seule face à ces démarches.
Pour aller plus loin, les pages suivantes apportent des informations complémentaires essentielles :
- Guide complet de la victime d’agression physique
- Saisir la justice après une agression
- Exemples concrets d’indemnisation en dommage corporel
- L’essentiel de l’indemnisation corporelle
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’agression dans toutes leurs démarches : dépôt de plainte, constitution du dossier, orientation vers un avocat spécialisé et un médecin-conseil indépendant.
Témoignages
— Julien, 33 ans, agressé dans la rueFranchement j’étais complétement perdu après mon agression, je savais même pas par où commencer.. un ami m’a envoyé le lien de victime-info.fr et ça m’a tout débloqué. J’ai suivi les étapes une par une, j’ai eu mon certificat médical le lendemain, j’ai déposé plainte, et au final j’ai obtenu plus de 12 000€ via la CIVI alors que j’aurais jamais pensé avoir droit à quoi que ce soit vu que l’agresseur a pas été retrouvé.
— Amina, 26 ans, victime de vol avec violenceBon moi on m’a arraché mon sac en me poussant violemment, je suis tombée et je me suis cassé le poignet. Au commissariat ils voulaient juste me faire une main courante, j’ai insisté pour déposer plainte comme c’est expliqué sur le site. Heureusement parce que après j’ai pu demander des dommages et intérêts. Les démarches c’est long mais quand on sait ce qu’il faut faire ça change tout. Merci à la permanence qui m’a rappelée le jour même
— Philippe, 52 ans, agressé sur un parkingHonnêtement au début je voulais même pas porter plainte, je me disais ça sert à rien ils trouveront jamais le gars.. mais ma fille a trouvé ce site et m’a convaincu. J’ai quand même eu 3 mois d’ITT avec un traumatisme au genou + stress post-traumatique. Au final j’ai été indemnisé à hauteur de 19000 euros par le fonds de garantie. Le conseil que je donne : allez voir un médecin TOUT DE SUITE et gardez absolument tout comme preuves.



