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L’expertise médicale : guide complet pour les victimes d’accident

L’expertise médicale constitue une étape décisive dans le parcours d’indemnisation d’une victime. C’est lors de cette évaluation que les séquelles sont chiffrées, que les préjudices sont évalués, et que le montant de l’indemnisation se dessine. Une expertise mal préparée ou réalisée dans des conditions défavorables peut coûter des milliers d’euros à la personne accidentée.

Que l’on parle d’un accident de la circulation, d’un accident de la vie, d’une agression ou d’une erreur médicale, l’expertise médicale est le pivot autour duquel s’articule toute la procédure de réparation du dommage corporel. Ce guide complet détaille les différents types d’expertises, leur déroulement, les pièges à éviter et les conseils pratiques pour que la victime aborde cette étape dans les meilleures conditions.

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans la compréhension de leurs droits. Il est possible de contacter victime-info.fr pour toute question sur l’expertise médicale.

L expertise médicale
L expertise médicale

Qu’est-ce qu’une expertise médicale ?

L’expertise médicale est un examen réalisé par un médecin expert dans le but d’évaluer les conséquences physiques, psychiques et fonctionnelles d’un accident ou d’une agression sur la victime. Cette évaluation médico-légale permet de déterminer avec précision les différents postes de préjudice ouvrant droit à une réparation intégrale du préjudice.

Concrètement, le médecin expert examine la personne blessée, consulte son dossier médical, analyse les comptes-rendus d’hospitalisation, les certificats médicaux et l’ensemble des pièces du dossier. Il rédige ensuite un rapport d’expertise qui servira de base au calcul de l’indemnisation.

Les objectifs de l’expertise médicale

L’expertise médicale poursuit plusieurs objectifs essentiels :

  • Établir le lien de causalité entre l’accident et les blessures constatées
  • Évaluer les préjudices temporaires : déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées, préjudice esthétique temporaire
  • Fixer la date de consolidation : le moment où l’état de santé de la victime est stabilisé
  • Chiffrer les préjudices permanents : taux d’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique), préjudice esthétique permanent, préjudice d’agrément, préjudice sexuel
  • Déterminer les besoins futurs : aide humaine, appareillage, aménagements du logement ou du véhicule
📌 L'expertise médicale en bref

L’expertise médicale est l’examen clé qui permet de chiffrer les différents postes de préjudice corporel selon la nomenclature Dintilhac. Elle conditionne directement le montant de l’indemnisation que la victime percevra.

Qui peut être soumis à une expertise médicale ?

Toute personne ayant subi un dommage corporel peut faire l’objet d’une expertise médicale, quelle que soit l’origine de l’accident :

L’expertise médicale avant la consolidation de la victime

Avant que l’état de santé de la personne accidentée ne soit stabilisé, l’assureur peut missionner un médecin expert pour évaluer financièrement le dossier. À ce stade, il ne s’agit pas véritablement d’une expertise médicale définitive, mais plutôt d’une visite médicale préliminaire.

Le médecin mandaté par l’assurance procède à un simple examen pour avoir une idée des séquelles prévisibles. Cette visite permet à l’assureur d’estimer le montant des provisions qu’il devra verser à la victime en attendant la consolidation.

Le certificat médical initial : la première pierre du dossier

À cette étape, le document fondamental est le certificat médical initial (CMI). Ce certificat, rédigé par le médecin qui a pris en charge la victime en premier (urgentiste, médecin traitant), recense :

  • Les circonstances de l’accident
  • La description précise des blessures constatées
  • La durée d’Incapacité Totale de Travail (ITT) prévisionnelle
  • Les examens réalisés (radiographies, scanner, IRM)
⚠️ Conserver précieusement le certificat médical initial

Le certificat médical initial est un document capital. Il constitue la preuve médicale des blessures au moment de l’accident. La victime doit en conserver une copie et ne jamais remettre l’original à l’assureur. En cas de perte, il est possible de demander une copie au médecin qui l’a rédigé ou à l’établissement hospitalier en faisant valoir son droit d’accès au dossier médical.

Comment bien préparer l’expertise préliminaire ?

Même s’il ne s’agit que d’une visite préliminaire, la victime a intérêt à la préparer soigneusement. Voici les étapes recommandées :

  • Préparer les doléances : la victime doit lister par écrit l’ensemble des gênes, douleurs et difficultés rencontrées au quotidien depuis l’accident
  • Rassembler les pièces médicales : comptes-rendus d’hospitalisation, ordonnances, résultats d’examens, arrêts de travail
  • Adopter une bonne attitude : ne rien minimiser, ne rien exagérer. La victime doit décrire précisément ses souffrances et leurs répercussions sur sa vie quotidienne

Pour en savoir plus sur la préparation du dossier, la page dédiée à comment constituer son dossier d’indemnisation détaille l’ensemble des pièces à rassembler.

La demande de provision

Avant la consolidation, la victime peut demander le versement d’une provision à l’assureur pour faire face aux dépenses urgentes (frais médicaux, perte de revenus). Un modèle de lettre de demande de provision est disponible sur victime-info.fr.

L’expertise médicale après consolidation de la victime

La consolidation correspond au moment où les séquelles de la victime sont fixées définitivement. L’état de santé de la personne accidentée est alors stabilisé : il ne connaîtra ni amélioration ni aggravation significative. Ce n’est pas synonyme de guérison. La victime peut conserver des séquelles importantes, mais celles-ci sont désormais permanentes.

Une fois la consolidation acquise, l’expertise médicale prend tout son sens. C’est à ce moment que le médecin expert va pouvoir évaluer de manière définitive l’ensemble des dommages corporels et psychologiques liés aux conséquences de l’accident.

⚖️ Article L. 211-9 du Code des assurances

Dans le cadre de la loi Badinter, l’assureur est tenu de faire une offre d’indemnisation dans un délai de 5 mois à compter de la date à laquelle il est informé de la consolidation de la victime. Cette offre doit couvrir l’ensemble des postes de préjudice.

Il existe plusieurs types d’expertises médicales, chacun faisant intervenir différents médecins dans des contextes différents. Il est fondamental pour la victime de comprendre ces distinctions pour défendre au mieux ses intérêts.

L’expertise médicale simple (ou unilatérale)

L’expertise médicale simple est réalisée uniquement par le médecin expert de l’assurance. La compagnie d’assurance mandate ce médecin pour évaluer seul les conséquences de l’accident, sans prendre en compte l’avis d’un médecin conseil de la victime.

Ce type d’expertise est le plus courant et aussi le plus défavorable pour la personne accidentée. Le médecin mandaté par l’assureur est rémunéré par celui-ci. Il a donc naturellement tendance à évaluer les préjudices à la baisse, ce qui entraîne une indemnisation inférieure à ce que la victime devrait normalement percevoir.

⚠️ Ne jamais se rendre seul à une expertise simple

La victime qui se rend seule face au médecin de l’assurance se place dans une situation de déséquilibre. Sans assistance, il est très difficile de contester les conclusions d’un médecin expert. Il est fortement recommandé de se faire accompagner, au minimum, d’un proche qui pourra prendre des notes et témoigner du déroulement de l’examen.

La bonne nouvelle, c’est que les conclusions d’une expertise simple ne sont pas définitives. La victime a le droit de contester cette expertise dans le cadre d’une expertise médicale contradictoire.

L’expertise médicale contradictoire

Lorsque la victime n’est pas d’accord avec les conclusions du rapport du médecin expert de l’assurance, il est nécessaire de réaliser une contre-expertise médicale, également appelée expertise contradictoire.

Le principe est simple : la victime désigne son propre médecin expert, appelé médecin conseil de victimes ou médecin de recours, qui va réaliser une expertise médicale contradictoire en confrontant ses conclusions à celles du médecin de l’assurance.

Lors de cette expertise, les deux médecins examinent ensemble la victime. Ils discutent de chaque poste de préjudice et tentent de trouver un accord. Ce processus est beaucoup plus équitable car les intérêts de la victime sont véritablement représentés.

💡 Cas pratique : l'intérêt de l'expertise contradictoire

Monsieur D., 45 ans, a subi un accident de la route ayant entraîné une fracture du fémur et des cervicalgies chroniques. Le médecin de l’assurance a évalué son taux d’AIPP à 5 % et ses souffrances endurées à 3/7. Monsieur D. a fait appel à un médecin conseil de victimes qui a réévalué le taux d’AIPP à 10 % et les souffrances endurées à 4/7. Lors de l’expertise contradictoire, les deux médecins se sont accordés sur un taux de 8 % et des souffrances de 3,5/7. Résultat : une indemnisation supérieure de plus de 25 000 € par rapport à l’offre initiale de l’assureur.

Si les deux médecins ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente, la procédure évolue vers une expertise d’arbitrage.

L’expertise médicale d’arbitrage

L’expertise médicale d’arbitrage intervient lorsque le médecin de l’assurance et le médecin de la victime ne parviennent pas à s’accorder. Les deux parties désignent alors un troisième médecin expert, dit « médecin arbitre », chargé de trancher et de fixer définitivement les séquelles.

Le choix du médecin arbitre est un enjeu crucial. L’assureur propose souvent immédiatement un arbitrage en demandant à la victime de choisir un médecin expert parmi une liste de trois noms qu’il a lui-même dressée. Cette pratique n’est absolument pas conforme aux intérêts de la victime.

⚠️ Attention au choix du médecin arbitre

La victime ne doit jamais accepter de choisir un médecin arbitre sur une liste proposée exclusivement par l’assureur. Pour que l’expertise soit véritablement équitable, le médecin arbitre doit être désigné d’un commun accord entre l’assureur et la victime. En cas de désaccord sur le choix de l’arbitre, il est préférable de s’orienter vers une expertise judiciaire.

L’expertise médicale judiciaire

Lorsque l’expertise amiable échoue ou que la victime décide de saisir directement la justice, le juge intervient pour désigner un médecin expert judiciaire. Ce médecin est inscrit sur la liste des experts près la Cour d’appel et est tenu à une obligation d’impartialité.

L’expertise médicale judiciaire présente plusieurs avantages :

  • L’impartialité de l’expert : nommé par le juge, le médecin expert judiciaire n’est payé ni par l’assureur ni par la victime (même si les frais d’expertise sont avancés par le demandeur)
  • Le caractère contradictoire : chaque partie peut se faire assister par son propre médecin conseil
  • Un pré-rapport est d’abord déposé, permettant à la victime d’émettre ses observations (dites « dires ») avant le rapport définitif
  • La force probante : le rapport d’expertise judiciaire a une valeur juridique forte devant le tribunal
La récusation de l'expert judiciaire

Si la victime a des raisons légitimes de douter de l’impartialité de l’expert judiciaire désigné (lien avec l’assureur, conflit d’intérêts avéré), il est possible de demander sa récusation au juge. Cette demande doit être formulée rapidement, avant le début des opérations d’expertise.

Comment bien se préparer à une expertise médicale ?

La préparation de l’expertise médicale est aussi importante que l’expertise elle-même. Une victime bien préparée obtient en moyenne une indemnisation nettement supérieure à celle d’une victime qui se présente sans préparation.

Constituer un dossier médical complet

Avant le jour de l’expertise, la personne accidentée doit rassembler l’intégralité de ses pièces médicales :

  • Le certificat médical initial
  • Tous les comptes-rendus d’hospitalisation
  • Les résultats d’examens (radiographies, IRM, scanner, bilans sanguins)
  • Les ordonnances et prescriptions médicales
  • Les comptes-rendus de consultation chez les spécialistes
  • Les arrêts de travail
  • Les justificatifs de frais médicaux restés à charge

La page consacrée à la constitution du dossier d’indemnisation fournit une check-list complète des documents à réunir.

Rédiger les doléances

Les doléances constituent un document dans lequel la victime décrit, de manière détaillée et chronologique, l’ensemble des répercussions de l’accident sur sa vie quotidienne. Ce document est essentiel car le médecin expert s’en servira comme base de travail.

Les doléances doivent aborder :

  • Les douleurs ressenties et leur évolution depuis l’accident
  • Les gênes dans les activités quotidiennes (toilette, habillage, courses, ménage)
  • Les répercussions sur la vie professionnelle (arrêts de travail, reclassement, perte d’emploi)
  • L’impact sur les loisirs et les activités sportives (ce que la victime faisait avant et ne peut plus faire)
  • Les conséquences psychologiques (anxiété, dépression, troubles du sommeil, stress post-traumatique)
  • Les retentissements sur la vie familiale et affective
💡 Cas pratique : les doléances qui font la différence

Madame L., 38 ans, victime d’un accident de la route, souffre de douleurs chroniques au dos et d’un syndrome anxio-dépressif. Lors de la rédaction de ses doléances, elle a précisé qu’elle ne pouvait plus porter ses enfants, qu’elle avait dû renoncer à la course à pied qu’elle pratiquait trois fois par semaine, que ses troubles du sommeil avaient entraîné une séparation conjugale, et qu’elle avait été reclassée à un poste sédentaire avec une perte de revenus de 300 € par mois. Ces doléances précises ont permis au médecin expert de retenir un pretium doloris de 4/7, un préjudice d’agrément significatif et une perte de gains professionnels futurs.

Se faire accompagner par les bons professionnels

La victime ne devrait jamais affronter seule l’épreuve de l’expertise médicale. Deux professionnels sont particulièrement recommandés :

  • Le médecin conseil de victimes : aussi appelé médecin de recours, c’est un médecin expert indépendant qui défend exclusivement les intérêts de la victime. Il connaît parfaitement la nomenclature Dintilhac et sait évaluer chaque poste de préjudice. Il est possible de trouver un médecin expert conseil de victimes via les annuaires spécialisés ou les associations d’aide aux victimes.
  • L’avocat spécialisé en dommage corporel : un avocat spécialisé en dommage corporel peut assister la victime lors de l’expertise et veiller au respect de la procédure. Il est aussi en mesure de négocier avec l’assureur sur la base du rapport d’expertise.

Pour bien choisir son avocat, la page comment choisir un avocat en dommage corporel fournit des critères objectifs de sélection. La question des honoraires d’avocat est également traitée en détail.

📞 Besoin d'un accompagnement pour une expertise médicale ?

victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), aide les victimes à trouver un médecin conseil de victimes et un avocat spécialisé dans leur région.

Les erreurs à éviter lors de l’expertise médicale

De nombreuses victimes commettent des erreurs qui peuvent réduire considérablement le montant de leur indemnisation. Voici les pièges les plus fréquents.

Minimiser ses souffrances

Par pudeur, par fierté ou simplement par habitude, beaucoup de personnes blessées ont tendance à minimiser leurs douleurs devant le médecin expert. C’est une erreur majeure. Le médecin expert évalue ce que la victime lui décrit. Si elle dit « ça va à peu près » alors qu’elle souffre quotidiennement, les préjudices seront sous-évalués.

Exagérer ses symptômes

À l’inverse, l’exagération est tout aussi préjudiciable. Les médecins experts sont des professionnels expérimentés qui détectent rapidement les incohérences. Une victime prise en flagrant délit d’exagération perd toute crédibilité, ce qui peut se retourner contre elle pour l’ensemble de son dossier.

Accepter la première offre de l’assureur

Après l’expertise, l’assureur formule une offre d’indemnisation. Cette première offre est presque toujours inférieure à ce que la victime est en droit de recevoir. L’assureur table sur la méconnaissance des victimes et sur leur besoin urgent d’argent.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre d'indemnisation

La première offre de l’assureur est généralement sous-évaluée de 30 à 50 % par rapport à ce qu’un tribunal accorderait. La victime dispose d’un délai de réflexion et n’est jamais obligée d’accepter immédiatement. Il est essentiel de faire vérifier cette offre par un professionnel avant de signer quoi que ce soit. La page consacrée à la négociation avec l’assurance donne des conseils précieux à ce sujet.

📊 Écart entre offre assurance et indemnisation judiciaire

Selon les retours d’expérience des associations de victimes, les premières offres d’indemnisation des assureurs sont en moyenne inférieures de 30 à 50 % par rapport aux montants obtenus devant les tribunaux. Pour un préjudice corporel moyen, cela peut représenter un écart de 10 000 à 80 000 €.

Les différents postes de préjudice évalués lors de l’expertise

Le médecin expert évalue les préjudices de la victime selon la nomenclature Dintilhac, qui constitue le référentiel officiel en matière de dommage corporel. Voici les principaux postes évalués lors de l’expertise médicale.

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : il correspond à la gêne dans les actes de la vie courante pendant la période de soins. Il est évalué en classes de 1 à 4 selon l’importance de la gêne.
  • Souffrances endurées : évaluées sur une échelle de 0 à 7, elles englobent les douleurs physiques et morales subies depuis l’accident jusqu’à la consolidation. Le calcul du pretium doloris dépend directement de cette cotation.
  • Préjudice esthétique temporaire : cicatrices, appareillages visibles, utilisation d’un fauteuil roulant pendant la période de soins.

Les préjudices permanents (après consolidation)

  • Taux d’AIPP/DFP : l’Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique, aussi appelée Déficit Fonctionnel Permanent, est exprimée en pourcentage. Un barème AIPP permet de convertir ce taux en montant d’indemnisation.
  • Préjudice esthétique permanent : coté de 0 à 7, il évalue l’atteinte à l’apparence physique de la victime.
  • Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté à pratiquer des activités sportives ou de loisirs.
  • Préjudice sexuel : atteinte à la vie sexuelle de la victime.
  • Incidence professionnelle : retentissement des séquelles sur la carrière professionnelle.
Le référentiel Mornet pour l'évaluation financière

Une fois les postes de préjudice évalués par le médecin expert, la traduction en montants financiers se fait notamment en se référant au référentiel Mornet, qui fournit des fourchettes d’indemnisation utilisées par les juridictions. Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation.

Les délais et prescriptions à connaître

La question des délais est cruciale dans le cadre de l’expertise médicale et, plus largement, de l’indemnisation du dommage corporel.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. La victime dispose donc de 10 ans après la consolidation pour agir en justice et demander réparation de son préjudice.

En matière d’accident de la circulation soumis à la loi Badinter, l’assureur est tenu de formuler une offre d’indemnisation dans les 8 mois suivant l’accident (ou dans les 5 mois suivant la connaissance de la consolidation). À défaut, des pénalités financières s’appliquent sous forme d’intérêts majorés.

La victime ne doit pas confondre ces délais avec le délai de prescription. Même si l’assureur tarde à formuler une offre, la personne accidentée conserve ses droits pendant 10 ans après la consolidation.

Le cas particulier du traumatisme crânien

L’expertise médicale dans le cadre d’un traumatisme crânien présente des spécificités importantes. Les séquelles d’un traumatisme crânien sont souvent des handicaps invisibles (troubles de la mémoire, de l’attention, fatigue chronique, changement de personnalité) qui sont difficiles à objectiver lors d’un simple examen clinique.

Il est alors indispensable que la victime soit examinée par un médecin expert ayant une compétence spécifique en neuropsychologie, et que des tests neuropsychologiques approfondis soient réalisés. Les taux d’AIPP en cas de traumatisme crânien varient considérablement selon la sévérité des lésions et l’expertise du médecin qui les évalue.

📊 Indemnisation du traumatisme crânien

Les montants d’indemnisation pour un traumatisme crânien peuvent varier de quelques milliers d’euros pour un traumatisme léger à plusieurs millions d’euros pour un traumatisme crânien sévère avec handicap lourd. L’expertise médicale est déterminante dans cette évaluation.

Tableau récapitulatif des types d’expertises médicales

Type d’expertise Qui désigne l’expert ? Équité pour la victime Possibilité de contestation
Expertise simple (unilatérale) L’assureur seul Faible Oui, par contre-expertise
Expertise contradictoire Chaque partie désigne son médecin Bonne Oui, par arbitrage
Expertise d’arbitrage D’un commun accord Correcte si choix équitable Oui, par voie judiciaire
Expertise judiciaire Le juge Très bonne Oui, par contre-expertise judiciaire
📌 Les 5 règles d'or de l'expertise médicale

  1. Ne jamais se rendre seul à une expertise médicale face au médecin de l’assurance
  2. Toujours préparer des doléances écrites détaillées
  3. Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes et/ou un avocat spécialisé en dommage corporel
  4. Ne rien minimiser ni exagérer lors de l’examen
  5. Ne jamais accepter la première offre d’indemnisation de l’assureur sans l’avoir fait vérifier

Questions fréquentes sur l’expertise médicale

Questions fréquentes


La victime est-elle obligée de se faire examiner par le médecin conseil de l'assurance ?

Oui, en principe, la victime est tenue de se soumettre à l’examen du médecin mandaté par l’assureur. Un refus pourrait être interprété comme un manquement à l’obligation de bonne foi et retarder le processus d’indemnisation. Toutefois, rien n’interdit à la victime de se faire assister par son propre médecin conseil lors de cet examen. C’est même fortement recommandé pour garantir une évaluation équitable des préjudices.


L'expertise médicale a-t-elle lieu avant ou après la consolidation ?

L’expertise médicale peut intervenir à différents stades. Avant la consolidation, il s’agit généralement d’une visite préliminaire destinée à évaluer les séquelles prévisibles et à fixer le montant d’éventuelles provisions. L’expertise médicale définitive, celle qui permettra de chiffrer précisément l’ensemble des postes de préjudice, a lieu après la consolidation, c’est-à-dire une fois que l’état de santé de la victime est stabilisé.


Comment estimer le montant de l'indemnisation après le rapport d'expertise médicale ?

Le rapport d’expertise médicale fixe les différents postes de préjudice (taux d’AIPP, souffrances endurées, préjudice esthétique, etc.). Pour convertir ces évaluations médicales en montants financiers, il faut se référer aux barèmes d’indemnisation comme le référentiel Mornet ou les jurisprudences récentes. Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation. Pour une évaluation précise, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en dommage corporel.


Comment choisir le médecin expert pour l'arbitrage ?

En cas d’expertise d’arbitrage, le médecin arbitre doit être choisi d’un commun accord entre l’assureur et la victime. La victime ne doit jamais accepter de choisir un nom sur une liste proposée unilatéralement par l’assureur. Il est conseillé de demander à son propre médecin conseil ou à son avocat de proposer des noms de médecins experts reconnus pour leur indépendance. En cas de désaccord persistant sur le choix de l’arbitre, il est préférable de saisir le tribunal.


Comment trouver un médecin conseil de victimes ?

Un médecin expert conseil de victimes peut être trouvé auprès des associations d’aide aux victimes (comme l’AVF, partenaire de victime-info.fr), des annuaires spécialisés en droit du dommage corporel, ou sur recommandation d’un avocat spécialisé. Il est important de vérifier que ce médecin est bien indépendant des compagnies d’assurance et qu’il a une expérience solide en évaluation du dommage corporel.


Combien coûte un médecin conseil de victimes pour une expertise ?

Les honoraires d’un médecin conseil de victimes varient selon la complexité du dossier et la région. En moyenne, il faut compter entre 600 et 1 500 € pour une assistance complète à l’expertise (préparation, présence le jour J, rédaction du rapport). Cet investissement est presque toujours rentabilisé par l’augmentation significative de l’indemnisation obtenue. Les honoraires du médecin expert sont détaillés dans un article dédié.


Conclusion

L’expertise médicale est sans conteste l’étape la plus déterminante du parcours d’indemnisation d’une victime de dommage corporel. Qu’il s’agisse d’un accident de la circulation, d’un accident de la vie courante, d’une agression ou d’une erreur médicale, c’est à ce moment que se joue l’essentiel du montant de l’indemnisation.

Une expertise bien préparée, avec des doléances complètes, un dossier médical solide et l’assistance d’un médecin conseil de victimes, peut multiplier par deux, voire par trois, le montant obtenu par rapport à une expertise subie passivement face au seul médecin de l’assurance.

La victime dispose de droits : le droit de contester une expertise simple, de demander une contre-expertise, de refuser un arbitre imposé par l’assureur, et de saisir le tribunal pour obtenir une expertise judiciaire impartiale. Ces droits doivent être connus et exercés.

📞 Besoin d'accompagnement pour une expertise médicale ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans la compréhension de leurs droits et les oriente vers les professionnels adaptés à leur situation (médecin conseil de victimes, avocat spécialisé en dommage corporel).

Témoignages

Bon moi j’ai fait l’erreur d’aller seul à la première expertise avec le médecin de l’assurance.. résultat il m’a mis 3% d’AIPP alors que j’ai des douleurs permanentes au dos et à l’épaule depuis 2 ans. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué que je pouvais contester et demander une contre-expertise. Mon médecin de recours a réévalué à 8% et au final on s’est mis d’accord à 7%. Ça change tout sur l’indemnisation, genre presque 20 000€ de plus. Franchement allez pas seul à l’expertise c’est le meilleur conseil que je puisse donner

— Philippe, 52 ans, accident de la route

Honnêtement j’y connaissais absolument rien en expertise médicale avant de tomber sur ce site. Moi j’ai été agressée en sortant du métro, fracture du poignet + stress post-traumatique. L’assurance voulait que j’aille voir leur médecin toute seule, j’allais le faire sans me poser de questions. Finalement j’ai pris un médecin conseil de victimes qui m’a aidée à préparer mes doléances et tout. L’expertise s’est beaucoup mieux passée et l’indemnisation a été correcte. Ça vaut le coup d’investir dans un médecin conseil croyez moi

— Samia, 29 ans, victime d'agression

J’ai eu un accident de vélo ya 18 mois, un automobiliste m’a pas vu. Fracture de la clavicule, entorse cervicale, 4 mois d’arrêt. La galère.. L’assureur m’a envoyé une offre après l’expertise de son médecin, 7200€ tout compris. J’ai trouvé ça bizarre du coup j’ai cherché sur internet et j’ai atterri sur victime-info.fr. Ils m’ont orienté vers un avocat spécialisé qui a demandé une expertise contradictoire. Au final j’ai obtenu 23 000€. Donc voilà la première offre c’est toujours non faut retenir ça

— Marc, 44 ans, accident de vélo