Le barème de l’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique) est un outil central dans l’évaluation de l’indemnisation des victimes souffrant de séquelles permanentes après un accident ou une agression. Désormais appelé déficit fonctionnel permanent (DFP), ce poste de préjudice représente souvent l’un des montants les plus importants de l’indemnisation globale. Comprendre comment fonctionne ce barème, comment le taux est déterminé et comment le chiffrage financier est réalisé est essentiel pour toute personne accidentée souhaitant obtenir une indemnisation juste et complète.
Ce guide détaillé explique étape par étape le fonctionnement du barème de l’AIPP, les référentiels utilisés, les méthodes de calcul du prix du point, les possibilités de contestation et les erreurs à éviter. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches souvent complexes.

- Définition de l’AIPP et du déficit fonctionnel permanent
- Le barème de l’AIPP : fonctionnement et référentiels
- Comment le taux d’AIPP est-il déterminé ?
- Le chiffrage financier de l’AIPP : prix du point et calcul
- Simulateur d’indemnités pour le préjudice d’AIPP
- Les étapes pour obtenir l’indemnisation liée au DFP
- Contester l’indemnisation du déficit fonctionnel permanent
- Les erreurs fréquentes à éviter
- FAQ sur le barème de l’AIPP
- Témoignages
Qu’est-ce que l’AIPP et le déficit fonctionnel permanent ?
L’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique) correspond à l’invalidité permanente qu’une victime conserve à vie après la consolidation de son état de santé. Concrètement, il s’agit des séquelles physiques, psychiques, sensorielles ou intellectuelles qui persistent une fois que l’état de santé est stabilisé.
Depuis la mise en place de la nomenclature Dintilhac, l’AIPP est désormais désignée sous le terme de déficit fonctionnel permanent (DFP). Les deux termes sont utilisés de manière interchangeable dans la pratique, même si le terme DFP est aujourd’hui le terme officiel.
Le déficit fonctionnel permanent indemnise « le préjudice découlant d’une incapacité constatée médicalement qui établit que le dommage subi a une incidence sur les fonctions du corps humain de la victime. Il s’agit de réparer les atteintes aux fonctions physiologiques (réduction du potentiel physique, psychosensorielle ou intellectuelle) qui demeurent même après la consolidation. »
Le DFP englobe donc plusieurs dimensions :
- Les atteintes physiques : perte de mobilité, amputation, douleurs chroniques, limitation fonctionnelle des membres supérieurs ou inférieurs
- Les atteintes psychiques : syndrome de stress post-traumatique, anxiété chronique, dépression
- Les atteintes sensorielles : perte d’audition, diminution de la vision, perte du goût ou de l’odorat
- Les atteintes intellectuelles : troubles cognitifs, perte de mémoire, difficultés de concentration
Lorsqu’une victime rencontre le terme « AIPP » dans un rapport d’expertise ou un courrier d’assurance, il s’agit exactement du même poste de préjudice que le « DFP ». L’ancien terme AIPP reste très utilisé en pratique, notamment par les médecins experts et les assureurs.
Le barème de l’AIPP : fonctionnement et référentiels utilisés
Le barème de l’AIPP est un outil médico-légal qui permet de traduire les séquelles constatées par le médecin expert en un taux d’invalidité exprimé en pourcentage. Ce taux va de 1 % (séquelles très légères) à 100 % (invalidité totale).
Les principaux barèmes médico-légaux
Plusieurs barèmes coexistent en France pour évaluer le taux d’AIPP. Le choix du barème dépend du contexte de l’accident :
- Le barème du « Concours médical » : le plus ancien et le plus utilisé en droit commun. Il évalue les séquelles par appareil fonctionnel (locomoteur, neurologique, sensoriel, etc.)
- Le barème de la Sécurité sociale : utilisé dans le cadre des accidents du travail et des maladies professionnelles
- Le barème du FGTI (Fonds de Garantie des Victimes des Actes de Terrorisme et d’autres Infractions) : utilisé pour les victimes d’infractions pénales et d’actes de terrorisme
- Le barème de l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) : utilisé dans le cadre de la responsabilité médicale
Selon le barème utilisé, le taux d’AIPP retenu pour une même séquelle peut varier significativement. Une même lésion peut être évaluée à 10 % selon un barème et à 15 % selon un autre. Il est donc essentiel que la victime sache quel barème a été appliqué lors de l’expertise médicale, et qu’elle s’assure que ce barème est adapté à sa situation.
Les référentiels d’indemnisation
Une fois le taux d’AIPP déterminé par le médecin expert, il faut le chiffrer financièrement. C’est le rôle des référentiels d’indemnisation. Parmi les plus utilisés :
- Le référentiel de Mornet : établi par les cours d’appel, il sert de base indicative pour les juges
- Le référentiel du FGTI : propre au Fonds de Garantie
- Le référentiel de l’ONIAM : propre aux accidents médicaux
- Les offres des compagnies d’assurance : souvent inférieures aux référentiels judiciaires
Le référentiel Mornet est régulièrement mis à jour et constitue la référence utilisée par la plupart des tribunaux pour fixer le montant de l’indemnisation du DFP. Il prend en compte le taux de DFP et l’âge de la victime au jour de la consolidation pour déterminer le prix du point.
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Comment le taux d’AIPP est-il déterminé ?
La détermination du taux d’AIPP est une étape cruciale qui conditionne directement le montant de l’indemnisation. Ce taux est fixé par le médecin expert au moment de l’expertise médicale finale, c’est-à-dire après la consolidation de la victime.
Le rôle du médecin expert
Le médecin expert examine la victime et évalue l’ensemble des séquelles permanentes. Pour chaque séquelle identifiée, il consulte le barème médico-légal applicable et attribue un taux correspondant. Si plusieurs séquelles coexistent, les taux ne s’additionnent pas simplement : le médecin applique la règle de Balthazard (capacité restante), sauf cas particulier.
Le rapport d’expertise détaille :
- La nature exacte de chaque séquelle
- Le taux d’AIPP correspondant à chaque séquelle
- Le taux global d’AIPP retenu
- La date de consolidation
Un homme de 42 ans est victime d’un accident de la circulation. Après 18 mois de soins et de rééducation, son état est consolidé. L’expertise médicale révèle une raideur permanente du genou droit et des douleurs chroniques à la marche. Le médecin expert retient un taux d’AIPP de 12 %. Selon le référentiel Mornet, le prix du point pour un homme de 42 ans avec un taux de 12 % est d’environ 1 580 €. L’indemnisation du DFP est donc estimée à : 12 x 1 580 = 18 960 €.
Les facteurs influençant le taux d’AIPP
Plusieurs éléments entrent en compte dans la détermination du taux :
- La gravité des séquelles : plus les séquelles sont invalidantes, plus le taux est élevé
- Le retentissement fonctionnel : une même lésion peut avoir un impact différent selon l’activité de la victime
- Les séquelles associées : troubles du sommeil, douleurs chroniques, impact psychologique
- L’état antérieur : si la victime présentait des pathologies préexistantes, le médecin doit distinguer l’aggravation liée à l’accident
Le taux d’AIPP est fixé par le médecin expert après consolidation. Il est exprimé en pourcentage de 1 à 100 %. Ce taux conditionne directement le montant de l’indemnisation du déficit fonctionnel permanent. Plus le taux est élevé et plus la victime est jeune, plus l’indemnisation sera importante.
Le chiffrage financier de l’AIPP : prix du point et méthode de calcul
Une fois le taux d’AIPP déterminé par le médecin expert, l’étape suivante consiste à transformer ce taux en indemnisation financière. Cette conversion repose sur le concept du prix du point de DFP.
La formule de calcul de l’indemnisation du DFP
Le calcul est relativement simple dans son principe :
Indemnisation DFP = Taux d’AIPP (en points) x Prix du point
Le prix du point varie en fonction de deux critères essentiels :
- L’âge de la victime au jour de la consolidation : une victime jeune sera davantage indemnisée qu’une victime plus âgée, car elle subira les séquelles pendant une durée plus longue
- Le taux de DFP retenu : le prix du point est généralement dégressif. Plus le taux est élevé, moins le prix unitaire du point est important (mais le montant total reste supérieur)
Selon le référentiel Mornet, un homme âgé de 35 ans atteint d’un taux de DFP de 50 % bénéficie d’un prix du point de 4 150 €. Le calcul de l’indemnisation est le suivant : 50 x 4 150 = 207 500 €. Ce montant ne concerne que le poste DFP et ne comprend pas les autres postes de préjudice (souffrances endurées, préjudice d’agrément, etc.).
Exemples de prix du point selon l’âge et le taux
Pour donner un ordre d’idée, voici des fourchettes indicatives du prix du point d’AIPP selon le référentiel Mornet :
- Taux de 1 à 5 % : de 800 € à 2 400 € le point selon l’âge
- Taux de 6 à 10 % : de 1 200 € à 2 800 € le point selon l’âge
- Taux de 11 à 25 % : de 1 400 € à 3 200 € le point selon l’âge
- Taux de 26 à 50 % : de 2 000 € à 4 500 € le point selon l’âge
- Taux supérieur à 50 % : de 3 000 € à 5 500 € le point selon l’âge
Pour un taux d’AIPP de 5 % chez une victime de 30 ans, l’indemnisation du DFP se situe généralement entre 8 000 € et 12 000 €. Pour un taux de 20 % chez une victime de 40 ans, l’indemnisation peut atteindre 40 000 € à 55 000 €. Ces montants sont purement indicatifs et varient selon le référentiel utilisé et les circonstances de chaque dossier.
De nombreux facteurs sont pris en compte dans l’indemnisation du déficit fonctionnel permanent. Chaque cas est particulier : deux victimes présentant un même taux d’AIPP ne bénéficieront pas nécessairement de la même indemnisation. L’âge, les circonstances de l’accident, le référentiel utilisé et la qualité de la défense de la victime jouent un rôle déterminant.
Simulateur d’indemnités pour le préjudice d’AIPP
Pour aider les victimes à estimer le montant potentiel de leur indemnisation au titre du déficit fonctionnel permanent, victime-info.fr met à disposition un simulateur d’indemnités pour le préjudice d’AIPP. Cet outil permet d’obtenir une estimation indicative en quelques clics.
Le simulateur fournit une estimation basée sur les référentiels en vigueur. Il ne remplace pas l’analyse personnalisée d’un professionnel. Pour un calcul précis adapté à la situation individuelle, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en dommages corporels ou de contacter la permanence de victime-info.fr.
Il est également possible de consulter le calcul indicatif de l’indemnisation de l’AIPP pour des informations complémentaires sur les méthodes de chiffrage.
Le simulateur de victime-info.fr permet d’obtenir une estimation gratuite de l’indemnisation du déficit fonctionnel permanent en quelques minutes.
Les étapes pour obtenir l’indemnisation liée au DFP
L’indemnisation du déficit fonctionnel permanent suit une procédure que l’on peut décomposer en deux grandes étapes : l’évaluation médicale puis le chiffrage financier.
Étape 1 : la prise en charge médicale et l’expertise
Dès que l’accident survient, il est impératif que la victime consulte un médecin dans les meilleurs délais. Ce premier rendez-vous médical permet d’établir un certificat médical initial (CMI) qui recense l’ensemble des blessures. Plus le délai entre l’accident et la consultation est court, plus il sera facile d’établir le lien direct entre les blessures et l’accident.
La victime doit ensuite suivre l’ensemble des soins prescrits et conserver tous les justificatifs (ordonnances, comptes rendus d’hospitalisation, résultats d’examens, factures). Ces documents constitueront le dossier d’indemnisation.
Une fois l’état de la victime consolidé — c’est-à-dire stabilisé, ne connaissant ni amélioration ni dégradation — un médecin expert examine la victime lors d’une expertise médicale finale. C’est lors de cette expertise que le taux d’AIPP est déterminé.
La victime a le droit d’être assistée par un médecin conseil de son choix (médecin de recours) lors de l’expertise médicale organisée par l’assureur. Cette assistance est vivement recommandée : le médecin de recours veillera à ce que toutes les séquelles soient correctement évaluées et fera valoir les intérêts de la victime.
Étape 2 : le chiffrage financier par l’assureur
Après l’expertise, le médecin transmet son rapport à l’assureur. Sur la base de ce rapport, l’assureur chiffre l’ensemble des préjudices identifiés et formule une offre d’indemnisation.
L’assureur applique son propre barème interne pour déterminer le prix du point de DFP. Or, ce barème est souvent inférieur aux référentiels judiciaires comme le référentiel Mornet. C’est pourquoi il est fondamental de ne jamais accepter la première offre sans vérification.
La première offre d’indemnisation de l’assureur est presque systématiquement sous-évaluée. Les compagnies d’assurance utilisent leurs propres barèmes, souvent inférieurs aux montants accordés par les tribunaux. Pour comprendre les stratégies des assureurs : Pourquoi ne pas faire confiance à l’assureur ?. Il est vivement conseillé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels ou par la permanence de victime-info.fr.
Contester l’indemnisation du déficit fonctionnel permanent
Lorsque la victime estime que l’indemnisation proposée ne reflète pas la réalité de ses séquelles, plusieurs voies de recours sont possibles. La contestation peut porter sur l’évaluation médicale, sur le chiffrage financier, ou sur les deux.
Hypothèse 1 : l’expertise médicale est contestée
Si la victime considère que le taux d’AIPP retenu par le médecin expert ne correspond pas à la réalité de ses séquelles — préjudices mal évalués, séquelles manquantes, état psychologique non pris en compte — elle peut demander une contre-expertise médicale.
Cette contre-expertise sera réalisée par un autre médecin expert, idéalement choisi par la victime ou son avocat. Le nouveau rapport sera transmis à l’assureur, qui devra réévaluer son offre d’indemnisation en conséquence.
Une femme de 52 ans a été victime d’une chute dans un commerce. L’expertise initiale organisée par l’assureur avait retenu un taux d’AIPP de 8 %, pour des douleurs chroniques au dos et une limitation de la mobilité. En se faisant accompagner d’un médecin de recours, une contre-expertise a révélé un syndrome dépressif réactionnel et des troubles du sommeil non évalués initialement. Le taux a été réévalué à 15 %. L’indemnisation du DFP est ainsi passée d’environ 11 000 € à plus de 24 000 €.
Hypothèse 2 : l’offre financière est jugée insuffisante
Si la victime accepte le taux d’AIPP retenu par le médecin expert mais considère que le chiffrage financier proposé par l’assureur est trop faible, il est possible de négocier point par point l’offre d’indemnisation. La comparaison avec les montants du référentiel Mornet constitue un argument solide dans cette négociation.
Hypothèse 3 : aucun accord amiable n’est trouvé
Lorsque la négociation amiable échoue, il devient nécessaire de saisir la justice. La victime peut, avec l’aide d’un avocat spécialisé en dommages corporels, assigner l’assureur devant le tribunal compétent. Le tribunal compétent est celui :
- Du domicile du défendeur (l’assureur)
- Du lieu où s’est produit le dommage
L’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. La victime dispose donc d’un délai important pour agir, mais il est recommandé de ne pas attendre pour constituer son dossier.
| Nature de l’accident | Conséquences de l’accident | Montant de l’indemnisation |
| Accident de la route en juillet 2021 | Douleurs aux cervicales | DFT de 16 jours (gêne temporaire partielle) : 100€ DFT de 169 jours (gêne temporaire partielle de classe 1) : 422,5€ DFP de 2% : 3200€ |
| Accident de voiture en juillet 2022 | Non indiqué | Gêne temporaire de 277 jours à 10% : 554€ DFP de 3% : 3891€ |
| Accident causé par un tiers | Fracture du poignet gauche (victime gauchère) | Gêne temporaire totale de 2 jours : 44€ Gêne temporaire partielle 144 jours : 642,40€ DFP de 4% : 4400€ |
| Accident scooter/poids lourd | Entorse cervicale, douleurs dorsales et au niveau des jambes | Gêne temporaire partielle : 362€ DFP de 3% : 3117 |
| Accident de la route en 2018 | Perte de connaissance, plaie à l’oreille, contusion pulmonaire, fracture vertébrale T12 | DFP 8% : 9600€ |
Les erreurs fréquentes à éviter lors de l’évaluation de l’AIPP
L’indemnisation du déficit fonctionnel permanent est un processus technique qui comporte plusieurs pièges. Voici les erreurs les plus courantes :
Ne pas se faire assister lors de l’expertise médicale
L’expertise médicale organisée par l’assureur est réalisée par un médecin mandaté par celui-ci. Sans assistance d’un médecin conseil de victimes, la personne accidentée risque de voir ses séquelles sous-évaluées.
Confondre le DFP avec d’autres postes de préjudice
Le DFP ne doit pas être confondu avec le déficit fonctionnel temporaire (DFT), qui indemnise les gênes subies avant la consolidation. Chaque poste de préjudice de la nomenclature Dintilhac est distinct et cumulable. Une victime peut percevoir à la fois une indemnisation pour le DFT et pour le DFP.
Accepter un taux d’AIPP sans vérification
Le taux proposé par le médecin de l’assureur n’est pas définitif. La victime peut toujours le contester en demandant une contre-expertise médicale.
1. Toujours se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise médicale.
2. Ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans la comparer aux référentiels judiciaires.
3. Ne pas hésiter à contester le taux d’AIPP ou l’offre financière si la victime estime que ses séquelles sont sous-évaluées.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans l’évaluation et la contestation de leur indemnisation au titre du déficit fonctionnel permanent.
FAQ sur le barème de l’AIPP
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l'AIPP et le DFP ?
L’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique) et le DFP (Déficit Fonctionnel Permanent) désignent le même poste de préjudice. Le terme DFP est issu de la nomenclature Dintilhac et est aujourd’hui le terme officiel. L’ancien terme AIPP reste très utilisé en pratique par les médecins experts et les assureurs. Le déficit fonctionnel permanent indemnise les séquelles permanentes conservées par la victime après consolidation.
Comment est calculé le montant de l'indemnisation de l'AIPP ?
Le montant de l’indemnisation du DFP/AIPP est calculé en multipliant le taux d’AIPP (en points) par le prix du point. Le prix du point varie selon l’âge de la victime au jour de la consolidation et le taux retenu. Les référentiels comme le référentiel Mornet fournissent des grilles de prix du point régulièrement mises à jour.
Peut-on contester le taux d'AIPP retenu par le médecin expert de l'assureur ?
Oui, la victime a tout à fait le droit de contester le taux d’AIPP retenu. Elle peut demander une contre-expertise médicale réalisée par un médecin de son choix. Si le désaccord persiste, le tribunal peut ordonner une expertise judiciaire.
Quel est le délai pour demander l'indemnisation de l'AIPP ?
En droit commun, le délai de prescription pour une action en réparation de dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation (article 2226 du Code civil). Toutefois, il est recommandé d’engager les démarches le plus tôt possible après la consolidation pour ne pas risquer de perdre des éléments de preuve.
Le barème de l'AIPP est-il le même pour un accident de la route et un accident médical ?
Non, les barèmes médico-légaux peuvent différer selon le contexte. En accident de la route, le barème du Concours médical est généralement utilisé. En accident médical, le barème de l’ONIAM peut s’appliquer. Le prix du point varie également selon le référentiel d’indemnisation retenu (Mornet, FGTI, ONIAM). Il est important de vérifier quel barème a été utilisé lors de l’expertise.
Pourquoi une victime jeune est-elle davantage indemnisée qu'une victime âgée ?
Le raisonnement est logique : une victime jeune vivra plus longtemps avec ses séquelles permanentes qu’une victime plus âgée. Le préjudice subi sur la durée est donc plus important. C’est pourquoi le prix du point de DFP est plus élevé pour les victimes jeunes, ce qui se traduit par une indemnisation globale supérieure.
Témoignages
— Laurent, 47 ans, accident de la routeBon moi j’ai eu un accident de voiture il y a 3 ans, fracture du bassin et séquelles au genou gauche. L’expert de l’assurance m’avait mis un taux d’AIPP de 8% et l’assureur me proposait genre 9000€ pour le DFP. J’ai pas accepté, j’ai fait une contre expertise avec un medecin conseil trouvé grace à victime-info.fr et résultat le taux est passé à 14%. Au final j’ai eu presque 25000€ rien que pour le DFP. Franchement faut pas accepter la premiere offre c’est clair
— Samira, 33 ans, victime d'une agressionHonnêtement j’y connaissais rien au barème AIPP et tout ça.. j’ai été agressée en 2021, séquelles psychologiques + cicatrice au visage. Le médecin expert de la CIVI m’a évalué à 6% d’AIPP. Ce site m’a aidée à comprendre comment c’était calculé et surtout que je pouvais contester parce que le stress post-traumatique avait pas été bien évalué. Les démarches c’est long mais au moins maintenant je comprends mes droits
— Michel, 58 ans, accident du travail sur un chantierMoi c’est suite à une chute sur le chantier, problème au dos et à l’épaule. Consolidé au bout de 2 ans. Le taux AIPP retenu était de 18% et l’assurance voulait me donner 22000€. J’ai comparé avec le referentiel Mornet comme expliqué sur le site et j’ai vu que c’etait bien en dessous. Avec l’aide d’un avocat spécialisé j’ai obtenu 38000€ au final. Faut vraiment se renseigner avant de signer quoi que ce soit



