Faire appel à un avocat spécialisé en dommage corporel représente souvent la meilleure décision qu’une victime puisse prendre pour obtenir une indemnisation juste et complète. Pourtant, la question des honoraires constitue un frein majeur pour de nombreuses personnes accidentées ou agressées. Combien coûte réellement un avocat en réparation du préjudice corporel ? Quels sont les différents modes de rémunération possibles ? Comment éviter les mauvaises surprises ?
Ce guide complet détaille l’ensemble des formules tarifaires pratiquées par les avocats en dommage corporel, les fourchettes de prix habituelles, les pièges à éviter et les aides financières mobilisables. Que la victime envisage une procédure amiable avec l’assureur ou un recours devant les tribunaux, comprendre les honoraires d’avocat est indispensable pour se défendre efficacement sans se ruiner.
Selon les statistiques du secteur, les victimes accompagnées par un avocat spécialisé en dommage corporel obtiennent en moyenne 2 à 5 fois plus que celles qui négocient seules avec l’assureur. L’honoraire de l’avocat est donc généralement largement compensé par le gain obtenu sur l’indemnisation finale.
Sommaire
- Pourquoi faire appel à un avocat en dommage corporel ?
- Les différents modes de rémunération d’un avocat en dommage corporel
- Fourchettes de tarifs pratiqués
- La convention d’honoraires : un document essentiel
- Focus sur l’honoraire de résultat
- Aides financières et prise en charge des honoraires
- Les pièges à éviter en matière d’honoraires
- Contester des honoraires excessifs
- Questions fréquentes
Pourquoi faire appel à un avocat spécialisé en dommage corporel ?
Avant d’aborder la question des tarifs, il est essentiel de comprendre pourquoi l’intervention d’un avocat spécialisé en dommage corporel est si déterminante dans le processus d’indemnisation. Le droit de la réparation du préjudice corporel est une matière complexe qui mobilise des connaissances juridiques très pointues : nomenclature Dintilhac, référentiel Mornet, barèmes de capitalisation, médecine légale, etc.
L’avocat spécialisé joue plusieurs rôles essentiels :
- Évaluation complète du préjudice : il identifie tous les postes de préjudice indemnisables, y compris ceux que la victime ignore souvent (préjudice d’agrément, préjudice sexuel, incidence professionnelle, etc.).
- Assistance lors de l’expertise médicale : il prépare la victime à l’expertise médicale et peut recommander un médecin-conseil de victimes pour contrebalancer le médecin de l’assurance.
- Négociation avec l’assureur : il conteste les offres insuffisantes et argumente pour obtenir une indemnisation conforme au principe de réparation intégrale.
- Procédure judiciaire : si la négociation amiable échoue, il saisit le tribunal et défend les intérêts de la victime devant le juge.
Une victime d’accident de la route ayant subi un traumatisme du rachis cervical (coup du lapin) peut se voir proposer 3 000 à 5 000 € par l’assureur dans le cadre d’une offre amiable rapide. Avec un avocat spécialisé, la même victime obtient fréquemment entre 10 000 et 25 000 €, voire davantage selon la gravité des séquelles.
Les différents modes de rémunération d’un avocat en dommage corporel
Les honoraires d’un avocat en dommage corporel ne sont pas réglementés par un barème officiel. Chaque avocat fixe librement ses tarifs. Cependant, plusieurs modes de rémunération se sont imposés dans la pratique. Il est fondamental de les connaître pour choisir l’avocat le mieux adapté à sa situation.
L’honoraire au forfait
L’avocat propose un prix global fixe pour l’ensemble de la mission ou pour certaines étapes précises du dossier. Ce mode de rémunération offre une visibilité totale sur le coût. Il est particulièrement courant pour des missions bien définies :
- Assistance à une expertise médicale amiable : entre 800 et 2 500 €
- Rédaction d’une demande indemnitaire complète : entre 1 500 et 4 000 €
- Phase amiable complète (expertise + négociation) : entre 2 000 et 6 000 €
Le forfait présente l’avantage de la prévisibilité. La victime sait exactement combien elle devra payer. En revanche, si le dossier se complique (expertise complémentaire, procédure judiciaire nécessaire), des honoraires supplémentaires seront facturés.
L’honoraire au temps passé (taux horaire)
L’avocat facture chaque heure de travail effectuée sur le dossier. Le taux horaire varie considérablement selon l’expérience de l’avocat, sa notoriété et sa localisation géographique.
Le taux horaire d’un avocat spécialisé en dommage corporel se situe généralement entre 150 € et 500 € HT de l’heure. En province, la moyenne tourne autour de 200 à 300 € HT. À Paris et dans les grandes métropoles, les tarifs se situent plutôt entre 250 et 450 € HT.
Ce mode de rémunération est transparent puisque l’avocat détaille le temps passé sur chaque tâche. Toutefois, il peut générer de l’incertitude : la victime ne sait pas à l’avance combien d’heures seront nécessaires. Il est recommandé de demander une estimation du nombre d’heures prévisible et de fixer un plafond dans la convention d’honoraires.
L’honoraire de résultat (ou honoraire complémentaire de résultat)
C’est le mode de rémunération le plus courant en dommage corporel. L’avocat perçoit un pourcentage de l’indemnisation obtenue pour la victime. Ce pourcentage vient généralement en complément d’un honoraire fixe de base (forfait ou temps passé).
La loi française interdit le pacte de quota litis, c’est-à-dire un accord dans lequel l’intégralité de la rémunération de l’avocat dépendrait exclusivement du résultat obtenu. L’honoraire de résultat doit toujours être un complément à un honoraire fixe de base, même modeste. Cette règle est prévue par l’article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
En pratique, le pourcentage de résultat oscille entre 5 % et 15 % de l’indemnisation obtenue, avec une moyenne autour de 8 à 10 %. Ce pourcentage peut s’appliquer :
- Sur la totalité de l’indemnisation perçue
- Uniquement sur le « supplément » obtenu par rapport à l’offre initiale de l’assureur
- Hors certains postes de préjudice (par exemple hors provisions déjà versées)
La base de calcul du pourcentage est un point crucial à négocier. La victime a tout intérêt à demander que l’honoraire de résultat soit calculé sur le gain supplémentaire par rapport à l’offre initiale de l’assureur plutôt que sur la totalité de l’indemnisation.
L’honoraire mixte : la formule la plus fréquente
La grande majorité des avocats en dommage corporel pratiquent un honoraire mixte combinant :
- Un forfait de base relativement modéré (par exemple 1 000 à 3 000 €), payé au début de la mission ou en plusieurs échéances
- Un honoraire complémentaire de résultat de 8 à 12 %, prélevé sur l’indemnisation finale
Cette formule présente un double avantage : le forfait de base rémunère le travail incompressible de l’avocat, tandis que l’honoraire de résultat aligne les intérêts de l’avocat et de la victime. Plus l’avocat obtient une indemnisation élevée, plus il est rémunéré.
Marc, 45 ans, est victime d’un accident de la route avec fracture du fémur. Son avocat propose une convention d’honoraires mixte : forfait de base de 2 000 € HT + honoraire de résultat de 10 % HT sur l’indemnisation obtenue. L’assureur proposait initialement 18 000 €. Grâce à l’intervention de l’avocat, Marc obtient 62 000 €. L’honoraire total de l’avocat s’élève à : 2 000 € + 10 % × 62 000 € = 2 000 € + 6 200 € = 8 200 € HT, soit 9 840 € TTC. Marc conserve donc plus de 52 000 €, soit presque trois fois l’offre initiale de l’assureur.
Fourchettes de tarifs pratiqués selon la complexité du dossier
Les honoraires d’un avocat en dommage corporel varient considérablement selon la nature et la complexité du dossier. Voici les fourchettes habituellement constatées dans la profession.
Dossiers de faible gravité (AIPP inférieure à 5 %)
Il s’agit par exemple des entorses cervicales (coup du lapin), des fractures simples sans séquelles majeures, ou des préjudices corporels légers. L’indemnisation finale se situe généralement entre 5 000 et 30 000 €.
- Forfait phase amiable : 1 000 à 3 000 € HT
- Honoraire de résultat : 8 à 12 %
- Coût total moyen : 2 000 à 5 000 € TTC
Dossiers de gravité moyenne (AIPP de 5 à 25 %)
Ces dossiers concernent des blessures plus sérieuses avec des séquelles durables : fractures complexes, lésions articulaires, traumatismes crâniens légers à modérés, lombalgies chroniques post-traumatiques. L’indemnisation finale peut atteindre 50 000 à 200 000 €.
- Forfait de base : 2 000 à 5 000 € HT
- Honoraire de résultat : 8 à 10 %
- Coût total moyen : 5 000 à 25 000 € TTC
Dossiers graves (AIPP supérieure à 25 %)
Les dossiers les plus lourds — traumatismes crâniens graves, paraplégie, tétraplégie, polytraumatisme majeur — impliquent des enjeux financiers considérables (plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’euros). L’avocat investit souvent des centaines d’heures sur plusieurs années.
- Forfait de base : 3 000 à 10 000 € HT
- Honoraire de résultat : 5 à 8 % (le pourcentage diminue car les montants en jeu sont élevés)
- Coût total : 20 000 à 100 000 € et plus
Plus le dossier est important en termes d’enjeux financiers, plus le pourcentage de résultat tend à diminuer. Un avocat facturant 10 % sur une indemnisation de 50 000 € (soit 5 000 €) pourra ne facturer que 5 à 6 % sur une indemnisation de 500 000 € (soit 25 000 à 30 000 €). La victime doit vérifier ce point dans la convention d’honoraires et ne pas hésiter à négocier un taux dégressif.
Coûts supplémentaires à prévoir
En plus des honoraires de l’avocat, la victime doit prévoir certains frais annexes :
- Honoraires du médecin-conseil de victimes : entre 600 et 2 500 € selon la complexité du dossier et le nombre d’expertises. Ce professionnel assiste la victime lors de l’expertise médicale.
- Frais de procédure : frais de greffe, frais d’huissier, éventuels droits d’enrôlement (environ 200 à 500 €).
- Frais d’expertise judiciaire : la provision pour expert judiciaire peut représenter 500 à 2 000 €.
- Frais de déplacement : certains avocats facturent les déplacements aux expertises.
En cas de procédure judiciaire, le juge peut condamner la partie adverse à verser une somme au titre de l’article 700 du Code de procédure civile pour couvrir une partie des frais d’avocat. Cette somme se situe généralement entre 1 500 et 5 000 €. Elle ne couvre pas toujours l’intégralité des honoraires, mais elle allège la charge financière pour la victime.
La convention d’honoraires : un document essentiel et obligatoire
Depuis la loi Macron du 6 août 2015, la convention d’honoraires est obligatoire. L’avocat doit remettre à son client, avant le début de sa mission, un document écrit détaillant les modalités de calcul de ses honoraires et les conditions de leur paiement.
« Les honoraires de postulation, de consultation, d’assistance, de conseil, de rédaction d’actes juridiques sous seing privé et de plaidoirie sont fixés en accord avec le client. […] Toute fixation d’honoraires qui ne le serait qu’en fonction du résultat judiciaire est interdite. Est licite la convention qui, outre la rémunération des prestations effectuées, prévoit la fixation d’un honoraire complémentaire en fonction du résultat obtenu ou du service rendu. »
La convention d’honoraires doit mentionner clairement :
- La nature précise de la mission confiée à l’avocat (phase amiable seule, phase judiciaire, assistance à expertise, etc.)
- Le mode de rémunération choisi (forfait, taux horaire, honoraire mixte)
- Le montant ou le taux des honoraires (taux horaire, montant du forfait, pourcentage de résultat)
- La base de calcul de l’honoraire de résultat (sur la totalité de l’indemnisation ? sur le gain supplémentaire ? hors provisions ?)
- Les frais et débours éventuels (déplacements, photocopies, frais de procédure)
- Les modalités de paiement (échelonnement, délais)
- Les conditions de résiliation du mandat
La victime ne doit jamais confier son dossier à un avocat sans avoir signé une convention d’honoraires écrite. Ce document protège les deux parties. En l’absence de convention, les litiges sur les honoraires sont fréquents et difficiles à résoudre. Si un avocat refuse de fournir une convention claire, il est préférable d’en consulter un autre.
Focus sur l’honoraire de résultat : les points de vigilance
L’honoraire de résultat est la formule la plus répandue en dommage corporel. Cependant, plusieurs points méritent une attention particulière.
Quelle base de calcul pour le pourcentage ?
C’est le point le plus important et le plus source de litiges. L’honoraire de résultat peut être calculé :
- Sur l’indemnisation totale : le pourcentage s’applique sur l’ensemble des sommes obtenues. C’est la formule la plus coûteuse pour la victime.
- Sur l’indemnisation hors provisions : les provisions déjà versées pendant la procédure sont déduites de la base de calcul.
- Sur le gain supplémentaire : le pourcentage ne s’applique que sur la différence entre l’offre initiale de l’assureur et le montant final obtenu. C’est la formule la plus avantageuse pour la victime.
- Sur certains postes seulement : certains avocats excluent les remboursements de frais médicaux ou les rentes déjà versées par la sécurité sociale.
Sophie, victime d’une agression, obtient une indemnisation de 80 000 € par la CIVI. L’offre initiale du FGTI (Fonds de Garantie) était de 35 000 €. Son avocat facture un honoraire de résultat de 10 %.
Calcul sur l’indemnisation totale : 10 % × 80 000 € = 8 000 € HT
Calcul sur le gain supplémentaire : 10 % × (80 000 – 35 000) = 10 % × 45 000 € = 4 500 € HT
La différence est de 3 500 €. Cela illustre parfaitement l’importance de bien lire la convention d’honoraires.
Le pourcentage est-il HT ou TTC ?
Un détail souvent négligé : le pourcentage annoncé est généralement hors taxes. La TVA de 20 % s’y ajoute. Ainsi, un honoraire de résultat annoncé à 10 % HT revient en réalité à 12 % TTC. La victime doit toujours demander le montant TTC pour évaluer le coût réel.
Que se passe-t-il si la procédure échoue ?
Si la victime n’obtient aucune indemnisation — hypothèse rare en dommage corporel mais possible — l’honoraire de résultat n’est pas dû. Toutefois, le forfait de base reste acquis à l’avocat, quel que soit le résultat. C’est le principe même de l’honoraire mixte.
Aides financières et prise en charge des honoraires d’avocat
Plusieurs dispositifs permettent de réduire, voire d’éliminer, le coût des honoraires d’avocat pour une victime de dommage corporel.
L’aide juridictionnelle
Les victimes disposant de faibles revenus peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle. L’État prend alors en charge tout ou partie des honoraires de l’avocat. Le barème de l’aide juridictionnelle est révisé chaque année.
Pour en bénéficier, la personne doit remplir un formulaire auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal. Les plafonds de ressources mensuelles (pour une personne seule) sont approximativement :
- Aide totale : revenus inférieurs à environ 1 000 € nets/mois
- Aide partielle : revenus compris entre 1 000 et 1 500 € nets/mois environ
Si la victime bénéficie de l’aide juridictionnelle totale, l’avocat ne peut pas facturer d’honoraire de résultat en complément. En revanche, en cas d’aide juridictionnelle partielle, un honoraire complémentaire peut être convenu. Ce point doit être clarifié avant la signature de la convention d’honoraires.
La protection juridique du contrat d’assurance
De nombreux contrats d’assurance (habitation, automobile, carte bancaire haut de gamme) incluent une garantie protection juridique. Cette garantie peut prendre en charge tout ou partie des honoraires de l’avocat en cas de litige lié à un dommage corporel.
Les plafonds de prise en charge varient selon les contrats, mais se situent généralement entre 5 000 et 15 000 €. La victime a le libre choix de son avocat : l’assureur ne peut pas imposer un avocat de son réseau.
La victime d’un accident ou d’une agression doit systématiquement vérifier tous ses contrats d’assurance (auto, habitation, garantie des accidents de la vie (GAV), carte bancaire, mutuelle). Plusieurs contrats peuvent contenir une garantie protection juridique. Il est parfois possible de cumuler les plafonds de prise en charge.
Les associations d’aide aux victimes
Des associations comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, orientent les victimes gratuitement et peuvent les aider à trouver un avocat pratiquant des honoraires adaptés à leur situation. Ces associations offrent un premier niveau de conseil sans aucun frais.
Les permanences associatives permettent également à la victime de mieux comprendre ses droits avant de s’engager avec un avocat, ce qui évite de signer une convention désavantageuse.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France, oriente gratuitement les victimes vers des avocats spécialisés en dommage corporel pratiquant des honoraires justes et transparents.
Le paiement différé ou échelonné
De nombreux avocats spécialisés en dommage corporel acceptent un paiement différé de l’honoraire de résultat. Concrètement, la victime ne paie cet honoraire qu’au moment où elle perçoit son indemnisation. Seul le forfait de base est versé au début de la mission, parfois avec possibilité d’échelonnement.
Ce mécanisme est particulièrement adapté aux victimes ayant des difficultés financières. Il est possible de demander une provision à l’assureur ou un référé-provision pour faire face aux frais dans l’attente de l’indemnisation définitive.
Les pièges à éviter en matière d’honoraires d’avocat en dommage corporel
Le choix d’un avocat et la négociation de ses honoraires comportent plusieurs écueils. Voici les erreurs les plus fréquentes.
Choisir l’avocat le moins cher
Opter pour l’avocat le moins cher est rarement le bon calcul. Un avocat facturant 5 % d’honoraires mais obtenant 40 000 € rapporte moins à la victime qu’un avocat facturant 12 % mais obtenant 100 000 €. La compétence et la spécialisation en dommage corporel priment sur le tarif brut.
Le coût réel de l’avocat ne se mesure pas à ses honoraires, mais au rapport entre le coût et le gain obtenu. Une victime qui paie 10 000 € d’honoraires mais obtient 60 000 € de plus que l’offre initiale de l’assureur réalise un bénéfice net de 50 000 €. Le critère déterminant est la spécialisation et l’expérience de l’avocat en réparation du dommage corporel.
Ne pas lire la convention d’honoraires en détail
Certaines victimes signent la convention d’honoraires sans la lire attentivement. Or, les clauses sur la base de calcul du résultat, les frais annexes ou les conditions de résiliation peuvent avoir un impact financier considérable. Chaque clause mérite d’être lue, comprise et éventuellement négociée.
Confondre avocat généraliste et avocat spécialisé
Un avocat généraliste, même compétent dans d’autres domaines, ne maîtrise pas nécessairement les subtilités du droit du dommage corporel. Le calcul des préjudices corporels, la discussion de la consolidation, l’analyse des taux d’AIPP/DFP exigent une expertise spécifique. La victime doit vérifier que l’avocat est réellement spécialisé dans cette matière.
Accepter l’offre de l’assureur pour éviter les frais d’avocat
C’est le piège le plus coûteux. Certaines victimes acceptent la première offre de l’assureur par crainte des honoraires d’avocat. Or, les offres des assureurs sont quasi systématiquement inférieures à ce que la victime est en droit d’obtenir.
Les compagnies d’assurance proposent généralement des offres inférieures de 30 à 70 % au montant réellement dû. Avant de signer quoi que ce soit, la victime doit impérativement se faire conseiller. Il est possible de contester un refus ou une offre insuffisante de l’assureur. Le coût de l’avocat est presque toujours inférieur au gain supplémentaire obtenu.
Que faire en cas d’honoraires excessifs ?
Si la victime estime que les honoraires facturés par son avocat sont disproportionnés par rapport au travail effectué ou au résultat obtenu, des recours existent.
La contestation amiable
La première étape consiste à écrire à l’avocat pour contester le montant et demander des explications détaillées. Beaucoup de litiges se règlent par une discussion franche.
La saisine du Bâtonnier de l’Ordre des avocats
Si le dialogue est impossible, la victime peut saisir le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau dont dépend l’avocat. Le Bâtonnier dispose d’un pouvoir de taxation des honoraires : il peut fixer le montant dû en tenant compte du travail accompli, de la difficulté du dossier et du résultat obtenu.
Toute contestation relative au montant et au recouvrement des honoraires d’avocat est soumise au Bâtonnier, qui statue dans un délai de quatre mois. Sa décision peut faire l’objet d’un recours devant le Premier Président de la Cour d’appel.
Le recours devant le Premier Président de la Cour d’appel
La décision du Bâtonnier peut être contestée devant le Premier Président de la Cour d’appel dans un délai d’un mois. Cette voie de recours est gratuite et ne nécessite pas d’être représenté par un avocat.
Récapitulatif : comment optimiser le coût de l’avocat en dommage corporel
Pour résumer, voici les bonnes pratiques à adopter pour maîtriser le coût de l’intervention d’un avocat spécialisé en dommage corporel :
- Consulter plusieurs avocats spécialisés avant de choisir — la première consultation est souvent gratuite ou peu onéreuse
- Exiger une convention d’honoraires écrite et détaillée
- Négocier la base de calcul de l’honoraire de résultat (sur le gain supplémentaire de préférence)
- Vérifier la couverture protection juridique de tous les contrats d’assurance
- Se renseigner sur l’aide juridictionnelle
- Demander un échéancier de paiement si nécessaire
- Privilégier la compétence et la spécialisation plutôt que le tarif le plus bas
- Se faire orienter par la permanence de victime-info.fr ou par une association d’aide aux victimes
Les honoraires d’un avocat spécialisé en dommage corporel se composent généralement d’un forfait de base (1 000 à 5 000 €) et d’un honoraire de résultat (8 à 12 %). La convention d’honoraires est obligatoire et doit être lue attentivement. Des aides financières existent (aide juridictionnelle, protection juridique). L’investissement dans un avocat compétent se révèle presque toujours rentable : les victimes accompagnées obtiennent en moyenne 2 à 5 fois plus que celles qui négocient seules.
Questions fréquentes sur les honoraires d’avocat en dommage corporel
Questions fréquentes
Combien coûte un avocat spécialisé en dommage corporel ?
Le coût varie selon la complexité du dossier. En moyenne, la victime doit prévoir un forfait de base de 1 000 à 5 000 € HT et un honoraire de résultat de 8 à 12 % de l’indemnisation obtenue. Pour un dossier classique d’accident de la route avec une indemnisation de 50 000 €, le coût total se situe généralement entre 5 000 et 8 000 € TTC.
L'avocat peut-il être payé uniquement au résultat ?
Non. La loi française interdit le pacte de quota litis, c’est-à-dire un accord où la rémunération de l’avocat dépend exclusivement du résultat. L’honoraire de résultat doit toujours compléter un honoraire de base fixe, même modeste. Cette règle est prévue par l’article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
La protection juridique de mon assurance peut-elle payer l'avocat ?
Oui. De nombreux contrats d’assurance (habitation, auto, carte bancaire) incluent une garantie protection juridique qui peut prendre en charge tout ou partie des honoraires d’avocat, avec des plafonds allant généralement de 5 000 à 15 000 €. La victime conserve le libre choix de son avocat.
Peut-on contester les honoraires d'un avocat ?
Oui. En cas de désaccord sur le montant des honoraires, la victime peut saisir le Bâtonnier de l’Ordre des avocats compétent, qui dispose d’un pouvoir de taxation. Sa décision peut ensuite être contestée devant le Premier Président de la Cour d’appel.
La première consultation est-elle payante ?
Cela dépend des avocats. Beaucoup d’avocats spécialisés en dommage corporel proposent une première consultation gratuite ou à tarif réduit (30 à 50 €) pour évaluer le dossier. La permanence de victime-info.fr peut orienter vers des avocats proposant une évaluation initiale sans frais.
Faut-il payer l'avocat avant de recevoir son indemnisation ?
Le forfait de base est généralement dû dès le début de la mission, mais de nombreux avocats acceptent un paiement échelonné. L’honoraire de résultat n’est dû qu’au moment de la perception de l’indemnisation. La victime peut aussi demander un référé-provision pour obtenir une avance sur son indemnisation.
Conclusion
Les honoraires d’un avocat en dommage corporel représentent un investissement, pas une dépense. La quasi-totalité des victimes accompagnées par un professionnel spécialisé obtiennent une indemnisation significativement supérieure à ce que l’assureur proposait initialement. L’essentiel est de bien comprendre les différents modes de rémunération, de lire attentivement la convention d’honoraires et de ne pas hésiter à négocier les conditions.
Pour obtenir une indemnisation corporelle juste, la victime peut s’appuyer sur la permanence de victime-info.fr pour être orientée vers un avocat compétent et transparent sur ses honoraires. Il ne faut jamais renoncer à se faire accompagner par crainte du coût : les aides financières existent et le retour sur investissement est presque toujours positif.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches et les oriente vers des avocats spécialisés en dommage corporel. N’attendez plus pour faire valoir vos droits.
Témoignages
— Laurent, 52 ans, victime d'un accident de la routeBon moi au début j’voulais pas prendre d’avocat parce que je trouvais ça cher.. l’assurance m’avait proposé 12 000€ pour ma fracture du poignet + les séquelles. J’ai finalement contacté un avocat spécialisé via victime-info.fr, il m’a expliqué que c’était largement en dessous. Convention d’honoraires claire, 10% de résultat. Au final j’ai touché 38 000€. Même après les honoraires de l’avocat il me restait beaucoup plus que les 12 000 du départ. Je regrette d’avoir hésité aussi longtemps franchement.
— Amina, 29 ans, agressée dans les transportsHonnêtement quand j’ai vu les tarifs des avocats j’ai failli laisser tomber.. j’suis étudiante j’avais pas les moyens. Mais j’ai appris que je pouvais avoir l’aide juridictionnelle et en plus ma carte bancaire avait une protection juridique dont j’avais aucune idée ! Au final mon avocat a été quasi entièrement pris en charge. J’ai obtenu 22 000€ à la CIVI alors que toute seule j’aurais jamais su quoi demander ni comment faire les démarches
— Didier, 61 ans, accident de véloJuste un retour d’expérience pour ceux qui hesitent. J’ai eu un accident de vélo ya 3 ans, renversé par une voiture. J’ai pris un avocat spécialisé, convention à 2000€ de forfait + 8% de résultat. Il a contesté l’expertise médicale de l’assurance qui minimisait mes séquelles, on est passé de 5% d’incapacité à 12%. Ça a changé toute l’indemnisation. Le médecin conseil que l’avocat m’a trouvé a vraiment fait la différence à l’expertise. Bref oui ça coute mais ça vaut le coup.



