Après un accident ou une agression, le médecin expert peut constater que la victime conserve des séquelles définitives. Ces séquelles sont évaluées sous la forme d'un taux d'incapacité permanente partielle (IPP), aujourd'hui appelé déficit fonctionnel permanent (DFP). Ce taux conditionne directement le montant de l'indemnisation du préjudice corporel. Comprendre cette notion est essentiel pour toute personne blessée qui souhaite obtenir une réparation intégrale de son dommage.
Ce guide complet détaille la définition de l'incapacité permanente partielle, son mode de calcul, les barèmes utilisés, les démarches de reconnaissance et les possibilités de contestation. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), est disponible pour accompagner toute victime dans ses démarches.
Simulateur d'indemnisation de l'IPP (déficit fonctionnel permanent)
Avant d'entrer dans le détail de la définition, il est utile de disposer d'une première estimation. Le simulateur ci-dessous permet d'obtenir une approximation du montant d'indemnisation en fonction du taux d'IPP et de l'âge de la victime au jour de la consolidation médicale.
La valeur du point DFP, en clair (tableau complet)
L'indemnité du déficit fonctionnel permanent se calcule ainsi : taux de DFP × valeur du point. La valeur du point dépend du taux et de l'âge à la consolidation. Exemple : 25 % de DFP à 35 ans → 25 × 2 830 € = 70 750 €.
| Taux de DFP | 0-10 ans | 11-20 | 21-30 | 31-40 | 41-50 | 51-60 | 61-70 | 71-80 | 81 et + |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1-5 % | 2 310 € | 2 150 € | 1 960 € | 1 770 € | 1 580 € | 1 400 € | 1 210 € | 1 050 € | 880 € |
| 6-10 % | 2 670 € | 2 475 € | 2 255 € | 2 035 € | 1 800 € | 1 560 € | 1 320 € | 1 130 € | 935 € |
| 11-15 % | 3 025 € | 2 800 € | 2 550 € | 2 300 € | 2 025 € | 1 730 € | 1 430 € | 1 210 € | 990 € |
| 16-20 % | 3 380 € | 3 135 € | 2 850 € | 2 560 € | 2 245 € | 1 890 € | 1 540 € | 1 290 € | 1 045 € |
| 21-25 % | 3 740 € | 3 465 € | 3 145 € | 2 830 € | 2 465 € | 2 060 € | 1 650 € | 1 375 € | 1 100 € |
| 26-30 % | 4 100 € | 3 795 € | 3 445 € | 3 090 € | 2 685 € | 2 220 € | 1 760 € | 1 455 € | 1 155 € |
| 31-35 % | 4 455 € | 4 125 € | 3 740 € | 3 355 € | 2 905 € | 2 390 € | 1 870 € | 1 540 € | 1 210 € |
| 36-40 % | 4 810 € | 4 455 € | 4 035 € | 3 620 € | 3 125 € | 2 550 € | 1 980 € | 1 620 € | 1 265 € |
| 41-45 % | 5 170 € | 4 785 € | 4 335 € | 3 885 € | 3 345 € | 2 715 € | 2 090 € | 1 705 € | 1 320 € |
| 46-50 % | 5 530 € | 5 115 € | 4 630 € | 4 150 € | 3 565 € | 2 880 € | 2 200 € | 1 790 € | 1 375 € |
| 51-55 % | 5 885 € | 5 445 € | 4 930 € | 4 410 € | 3 785 € | 3 045 € | 2 310 € | 1 870 € | 1 430 € |
| 56-60 % | 6 240 € | 5 775 € | 5 225 € | 4 675 € | 4 005 € | 3 210 € | 2 420 € | 1 950 € | 1 485 € |
| 61-65 % | 6 600 € | 6 105 € | 5 520 € | 4 940 € | 4 225 € | 3 375 € | 2 530 € | 2 035 € | 1 540 € |
| 66-70 % | 6 955 € | 6 435 € | 5 820 € | 5 205 € | 4 445 € | 3 540 € | 2 640 € | 2 115 € | 1 595 € |
| 71-75 % | 7 315 € | 6 765 € | 6 115 € | 5 470 € | 4 665 € | 3 705 € | 2 750 € | 2 200 € | 1 650 € |
| 76-80 % | 7 670 € | 7 095 € | 6 415 € | 5 730 € | 4 885 € | 3 870 € | 2 860 € | 2 280 € | 1 705 € |
| 81-85 % | 8 030 € | 7 425 € | 6 710 € | 5 995 € | 5 105 € | 4 035 € | 2 970 € | 2 365 € | 1 760 € |
| 86-90 % | 8 385 € | 7 755 € | 7 005 € | 6 260 € | 5 325 € | 4 200 € | 3 080 € | 2 445 € | 1 815 € |
| 91-95 % | 8 745 € | 8 085 € | 7 305 € | 6 525 € | 5 545 € | 4 365 € | 3 190 € | 2 530 € | 1 870 € |
| 96 % et + | 9 020 € | 8 415 € | 7 600 € | 6 785 € | 5 765 € | 4 530 € | 3 300 € | 2 610 € | 1 925 € |
Source : référentiel Mornet (référentiel indicatif des cours d'appel), édition septembre 2020, tableau de la valeur du point d'incapacité — la grille utilisée par le simulateur ci-dessus. Valeur strictement indicative.
Les montants affichés par le simulateur sont des fourchettes indicatives basées sur les référentiels en vigueur. Chaque situation est unique. Pour une évaluation personnalisée, il est recommandé de contacter la permanence de victime-info.fr.
D'autres simulateurs sont disponibles sur le site pour estimer l'indemnisation globale des préjudices corporels ou encore le montant lié au taux d'AIPP.
Qu'est-ce que l'incapacité permanente partielle ?
L'incapacité permanente partielle (IPP) est l'ancien terme utilisé pour désigner ce que l'on appelle aujourd'hui le déficit fonctionnel permanent (DFP). Il s'agit d'un pourcentage qui exprime l'importance des séquelles définitives conservées par la victime après la consolidation de son état de santé.
Concrètement, ce taux traduit la réduction des capacités physiques, psychiques, sensorielles ou intellectuelles de la personne blessée. Plus le taux est élevé, plus les séquelles sont importantes et plus l'indemnisation sera conséquente.
L'incapacité permanente partielle (IPP) et le déficit fonctionnel permanent (DFP) désignent la même réalité. Le terme « DFP » est celui utilisé par la nomenclature Dintilhac, qui est le référentiel officiel en matière d'indemnisation du préjudice corporel en France. Le terme « IPP » reste néanmoins très utilisé dans le langage courant et par certains organismes (sécurité sociale, assureurs).
Lorsque l'IPP est reconnue, la victime a droit à une indemnisation financière. Cette compensation vise à réparer :
- Les atteintes aux fonctions physiologiques : réduction de la mobilité, perte de force, diminution de l'acuité visuelle ou auditive, troubles cognitifs, etc.
- La douleur permanente ressentie au quotidien après la consolidation
- La perte de qualité de vie et les troubles dans les conditions d'existence au jour le jour
Il est important de distinguer l'IPP du déficit fonctionnel temporaire (DFT), qui couvre la période avant la consolidation. La gêne temporaire est classée de 1 à 4 selon son intensité, tandis que l'IPP est exprimée en pourcentage de 1 à 99 %.
Définition de l'incapacité permanente partielle par la nomenclature Dintilhac
La nomenclature Dintilhac est le document de référence qui recense et définit l'ensemble des postes de préjudice pouvant être indemnisés en droit français. Elle a été élaborée sous la direction du professeur Jean-Pierre Dintilhac et constitue le cadre utilisé par les tribunaux et les assureurs.
Le déficit fonctionnel permanent indemnise « le préjudice découlant d'une incapacité constatée médicalement qui établit que le dommage subi a une incidence sur les fonctions du corps humain de la victime. Il s'agit ici de réparer les atteintes aux fonctions physiologiques de la victime (telle que la réduction du potentiel physique, psychosensorielle ou intellectuelle), qui demeurent même après la consolidation. »
Cette définition est large et englobe plusieurs composantes. Depuis un arrêt de la Cour de cassation de 2023, le DFP intègre également les souffrances endurées permanentes (pretium doloris post-consolidation). La victime conserve cependant la possibilité de faire indemniser séparément les souffrances endurées temporaires, le préjudice esthétique ou le préjudice d'agrément.
Le déficit fonctionnel permanent est un poste de préjudice parmi d'autres. La victime peut également prétendre à l'indemnisation du préjudice esthétique, du préjudice d'agrément, du préjudice sexuel, du préjudice scolaire, ou encore des pertes de revenus professionnels. L'ensemble de ces postes est détaillé dans la nomenclature des préjudices corporels.
Comment calculer le taux d'incapacité permanente partielle ?
Le calcul de l'indemnisation de l'IPP repose sur trois éléments fondamentaux :
- Le taux de DFP (ou d'AIPP) fixé par le médecin expert, exprimé en pourcentage
- L'âge de la victime au jour de la consolidation
- Le prix du point, déterminé par les référentiels d'indemnisation
Détermination du taux par le médecin expert
C'est le médecin expert qui évalue le taux d'incapacité permanente partielle lors de l'expertise médicale. Pour cela, il s'appuie sur des barèmes médico-légaux reconnus, principalement :
- Le barème du Concours médical (le plus utilisé en droit commun)
- Le barème de la sécurité sociale (utilisé pour les accidents de travail)
- Le barème fonctionnel indicatif des incapacités en droit commun
Le taux est exprimé de 0 % (aucune séquelle) à 99 % (quasi-invalidité totale). Un taux de 100 % correspondrait à un état végétatif permanent.
- Coup du lapin avec cervicalgies persistantes : 2 à 5 % d'IPP — en savoir plus sur l'indemnisation du coup du lapin
- Fracture du poignet avec raideur résiduelle : 5 à 10 % d'IPP
- Rupture des ligaments croisés du genou avec instabilité : 5 à 15 % d'IPP
- Traumatisme crânien modéré avec troubles cognitifs : 15 à 40 % d'IPP — exemples d'indemnisation du traumatisme crânien
- Paraplégie : 60 à 75 % d'IPP
Le prix du point d'IPP
Le prix du point est la valeur monétaire attribuée à chaque point de pourcentage d'IPP. Il varie selon l'âge de la victime et le taux retenu. Ce prix est déterminé par des référentiels d'indemnisation.
La formule de calcul est la suivante :
Indemnisation IPP = taux de DFP × prix du point
Le prix du point augmente avec le taux : un point d'IPP « vaut » plus cher pour un taux de 30 % que pour un taux de 5 %. C'est la progressivité du barème. De même, une victime jeune sera davantage indemnisée qu'une victime âgée, car elle supportera ses séquelles plus longtemps.
Un homme de 35 ans présentant un taux d'IPP de 50 % : selon le référentiel Mornet, le prix du point est d'environ 4 150 €. L'indemnisation du DFP s'élève donc à : 50 × 4 150 = 207 500 €.
Barèmes et référentiels utilisés pour l'indemnisation de l'IPP
Plusieurs référentiels coexistent en France pour déterminer le prix du point d'IPP. Il est important de les connaître pour évaluer correctement le montant d'indemnisation auquel la victime peut prétendre.
Le référentiel Mornet (cours d'appel)
Le référentiel Mornet est utilisé par les cours d'appel pour évaluer les indemnisations en matière de dommage corporel. Il est régulièrement mis à jour. La version la plus récente, le référentiel Mornet 2022, propose des fourchettes de prix du point par tranche d'âge et par taux.
Le barème de capitalisation
Pour certains préjudices à caractère viager (qui durent toute la vie), un barème de capitalisation peut être utilisé. Il prend en compte l'espérance de vie de la victime et un taux d'intérêt.
Les barèmes des assureurs
Les compagnies d'assurance disposent de leurs propres barèmes internes, qui sont généralement inférieurs aux référentiels judiciaires. C'est pourquoi la première offre d'indemnisation de l'assureur est souvent en deçà de ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal.
Les compagnies d'assurance proposent systématiquement une indemnisation inférieure aux référentiels judiciaires. La victime a tout intérêt à faire vérifier l'offre par un professionnel avant de signer. Il est possible de négocier l'indemnisation avec l'assurance ou de contester une indemnisation corporelle d'assurance.
Pour mieux comprendre les écarts entre les offres des assureurs et les montants obtenus en justice, la consultation d'exemples concrets d'indemnisation de dommage corporel est très instructive.
La permanence de victime-info.fr met à disposition plusieurs simulateurs gratuits pour estimer les montants d'indemnisation.
Que se passe-t-il en cas d'aggravation de l'IPP ?
L'état de santé d'une victime peut malheureusement se dégrader après la consolidation. On parle alors d'aggravation du préjudice corporel. Cette aggravation peut se manifester de deux façons :
- Une augmentation du taux d'incapacité : les séquelles s'aggravent physiquement
- Des changements dans les conditions d'existence : la victime ne peut plus exercer certaines activités qu'elle réalisait auparavant malgré ses séquelles
Le délai de prescription pour une action en réparation d'un dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou de la date de consolidation de l'aggravation. Ce délai permet à la victime de faire valoir ses droits même plusieurs années après l'accident.
En cas d'aggravation constatée médicalement, la victime peut demander une nouvelle expertise pour réévaluer le taux de DFP. Le nouveau taux sera comparé à l'ancien, et la différence donnera lieu à un complément d'indemnisation. Les référentiels (Mornet, FGTI, ONIAM) seront consultés pour déterminer le montant de cette indemnisation complémentaire.
Si l'état de la victime s'aggrave après la consolidation initiale, un nouveau délai de prescription de 10 ans commence à courir à partir de la date de consolidation de l'aggravation. La victime ne perd donc pas ses droits.
Comment faire reconnaître l'incapacité permanente partielle ?
La reconnaissance de l'IPP passe par plusieurs étapes, selon le cadre dans lequel la victime se trouve (droit commun, accident du travail, maladie professionnelle).
En droit commun (accident de la route, agression, accident de la vie)
La reconnaissance du taux d'IPP intervient lors de l'expertise médicale. C'est le médecin expert — mandaté par l'assureur, par le tribunal ou choisi d'un commun accord — qui examine la victime et fixe le taux de DFP. La victime a tout intérêt à se faire assister par un médecin conseil de victimes (aussi appelé médecin de recours) pour s'assurer que tous les préjudices sont correctement évalués.
En accident du travail ou maladie professionnelle
Pour un accident de travail, la reconnaissance de l'IPP passe par le médecin conseil de la sécurité sociale. La victime ou son médecin traitant adresse un certificat médical au médecin conseil de la CPAM, qui examine la personne blessée et évalue le taux d'incapacité permanente en se référant au barème indicatif d'invalidité de la sécurité sociale.
Ce taux conditionne le versement d'une rente ou d'un capital :
- Taux inférieur à 10 % : versement d'un capital forfaitaire
- Taux égal ou supérieur à 10 % : versement d'une rente viagère
Marc, 42 ans, a été percuté par un véhicule alors qu'il circulait à vélo. Après 18 mois de soins et de rééducation, son état est consolidé. Lors de l'expertise médicale, le médecin expert retient un taux d'IPP de 12 % en raison de douleurs chroniques au genou et d'une limitation de la flexion. Marc, assisté d'un médecin conseil de victimes, fait valoir des troubles cognitifs post-commotionnels non évalués. Une expertise complémentaire est demandée, et le taux est réévalué à 18 %.
| Nature de l'accident | Conséquences de l'accident | Montant de l'indemnisation |
|---|---|---|
| Accident de la route en juillet 2021 | Douleurs aux cervicales | DFT de 16 jours (gêne temporaire partielle) : 100€ DFT de 169 jours (gêne temporaire partielle de classe 1) : 422,5€ DFP de 2% : 3200€ |
| Accident de voiture en juillet 2022 | Non indiqué | Gêne temporaire de 277 jours à 10% : 554€ DFP de 3% : 3891€ |
| Accident causé par un tiers | Fracture du poignet gauche (victime gauchère) | Gêne temporaire totale de 2 jours : 44€ Gêne temporaire partielle 144 jours : 642,40€ DFP de 4% : 4400€ |
| Accident scooter/poids lourd | Entorse cervicale, douleurs dorsales et au niveau des jambes | Gêne temporaire partielle : 362€ DFP de 3% : 3117 |
| Accident de la route en 2018 | Perte de connaissance, plaie à l'oreille, contusion pulmonaire, fracture vertébrale T12 | DFP 8% : 9600€ |
Contester l'indemnisation de l'IPP : les 3 hypothèses
La victime dispose de plusieurs voies de recours si elle estime que l'évaluation de son incapacité permanente partielle ou le montant de l'indemnisation proposé ne reflètent pas la réalité de ses séquelles.
Hypothèse 1 : l'expertise médicale est incomplète ou inexacte
Si la victime considère que le médecin expert n'a pas correctement évalué ses préjudices — taux trop bas, séquelles non mentionnées, examen trop rapide — elle peut demander une contre-expertise médicale.
La contre-expertise permet un nouvel examen approfondi de la victime. Le rapport sera transmis à l'assureur, qui devra réévaluer l'indemnisation en conséquence.
Lors de l'expertise médicale, la victime a le droit d'être accompagnée par un médecin conseil de recours. Ce professionnel, indépendant de l'assureur, veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués. Son intervention peut faire une différence considérable sur le taux d'IPP retenu et donc sur le montant final de l'indemnisation. En savoir plus sur les professionnels de la défense des victimes.
Hypothèse 2 : la proposition d'indemnisation est trop faible
Même si le taux d'IPP est correctement évalué, l'assureur peut proposer un montant d'indemnisation inférieur aux référentiels en vigueur. Dans ce cas, la victime peut négocier l'indemnisation point par point avec l'assureur.
Pour cela, il est recommandé de comparer l'offre de l'assureur avec les montants prévus par le référentiel Mornet ou les barèmes du déficit fonctionnel permanent. La victime peut s'appuyer sur des modèles de lettres pour formaliser sa contestation.
Hypothèse 3 : aucun accord n'est trouvé avec l'assureur
Lorsque la négociation amiable échoue, la voie judiciaire s'impose. La victime doit alors saisir le tribunal compétent — soit celui du lieu de son domicile, soit celui du lieu de l'accident. L'assistance d'un avocat spécialisé en dommages corporels est alors indispensable.
La procédure judiciaire permet généralement d'obtenir des indemnisations significativement supérieures aux offres amiables des assureurs. Le juge se réfère aux barèmes judiciaires et peut ordonner une expertise judiciaire avec un médecin expert judiciaire. Pour comprendre les différences entre les deux voies, consulter le dossier sur la procédure amiable vs judiciaire.
En moyenne, les indemnisations obtenues devant les tribunaux sont 30 à 50 % supérieures aux premières offres des compagnies d'assurance, voire davantage pour les préjudices les plus lourds.
Conseils pratiques pour optimiser l'indemnisation de l'IPP
L'indemnisation de l'incapacité permanente partielle peut varier considérablement selon la manière dont le dossier est préparé et défendu. Voici les recommandations essentielles.
Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes
Le médecin conseil de recours est un allié indispensable. Il prépare la victime à l'expertise, veille à ce que tous les préjudices soient évoqués et peut rédiger un rapport argumenté en cas de désaccord avec le médecin expert de l'assurance.
Constituer un dossier médical complet
La victime doit rassembler l'ensemble de ses pièces médicales : certificats médicaux initiaux, comptes rendus opératoires, bilans de rééducation, bilans neuropsychologiques si nécessaire, et le certificat médical de consolidation.
Ne pas se précipiter sur la consolidation
La consolidation médicale doit être prononcée lorsque l'état de la victime est réellement stabilisé. Une consolidation trop précoce risque de sous-évaluer les séquelles. Il est possible de contester une date de consolidation jugée prématurée.
- Se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de l'expertise
- Rassembler un dossier médical exhaustif
- Ne pas accepter la première offre de l'assureur
- Comparer l'offre avec les référentiels judiciaires (Mornet, barèmes DFP)
- Consulter un avocat spécialisé en dommage corporel si nécessaire
Connaître les délais de prescription
En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation (article 2226 du Code civil). Ce délai laisse le temps à la victime de bien préparer son dossier, mais il ne faut pas attendre la dernière minute.
Questions fréquentes sur l'incapacité permanente partielle
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre IPP et DFP ?
L'incapacité permanente partielle (IPP) et le déficit fonctionnel permanent (DFP) désignent le même préjudice. Le terme « DFP » est celui de la nomenclature Dintilhac, le référentiel officiel. L'expression « IPP » reste couramment utilisée, notamment par la sécurité sociale et les assureurs. Les deux termes renvoient au pourcentage de séquelles définitives conservées par la victime après la consolidation de son état de santé.
Comment est calculé le montant d'indemnisation de l'IPP ?
Le montant d'indemnisation de l'IPP est calculé en multipliant le taux de DFP (fixé par le médecin expert) par le prix du point (déterminé par les référentiels comme le référentiel Mornet). Le prix du point varie en fonction de l'âge de la victime au jour de la consolidation et du taux retenu. Plus la victime est jeune et plus le taux est élevé, plus l'indemnisation est importante.
Peut-on contester un taux d'IPP jugé trop faible ?
Oui. La victime peut demander une contre-expertise médicale si elle estime que le taux d'IPP fixé par le médecin expert est insuffisant. Elle peut également contester l'offre d'indemnisation de l'assureur en négociant ou en saisissant le tribunal. L'assistance d'un médecin conseil de victimes et d'un avocat spécialisé est fortement recommandée.
Quelle indemnisation pour un taux d'IPP de 6 % ?
Pour un taux d'IPP de 6 %, l'indemnisation varie en fonction de l'âge de la victime. À titre indicatif, pour une personne de 30 ans, le prix du point est de 2 255 € selon le référentiel Mornet (édition septembre 2020), soit une indemnisation du DFP d'environ 13 530 €. Ces montants sont donnés à titre indicatif et peuvent varier selon les juridictions. Le simulateur d'indemnisation AIPP permet d'obtenir une estimation personnalisée.
Quel est le délai de prescription pour réclamer l'indemnisation de l'IPP ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). En cas d'aggravation, un nouveau délai de 10 ans court à partir de la date de consolidation de l'aggravation. Il est néanmoins conseillé d'engager les démarches le plus tôt possible pour ne pas perdre de preuves médicales.
L'IPP est-elle la même en droit commun et en accident du travail ?
Non. En droit commun (accident de la route, agression, accident de la vie), le taux d'IPP est évalué selon des barèmes médico-légaux comme le barème du Concours médical, et l'indemnisation se fait par un prix du point. En accident du travail, le taux est fixé par le médecin conseil de la sécurité sociale selon un barème spécifique, et l'indemnisation prend la forme d'un capital (taux inférieur à 10 %) ou d'une rente (taux égal ou supérieur à 10 %). Les deux systèmes peuvent se cumuler partiellement.
Conclusion : bien comprendre l'IPP pour mieux défendre ses droits
L'incapacité permanente partielle est un poste de préjudice central dans l'indemnisation du dommage corporel. Son évaluation conditionne une part importante du montant total de l'indemnisation. Que ce soit après un accident de la route, une agression ou un accident de la vie, la victime a tout intérêt à se faire accompagner par des professionnels compétents pour obtenir une juste réparation.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans la compréhension de leurs droits et les oriente vers les professionnels adaptés à leur situation.
La permanence est disponible pour répondre aux questions sur l'incapacité permanente partielle, le taux de DFP, le calcul de l'indemnisation et les démarches à entreprendre.
Témoignages
— Laurent, 38 ans, accident de motoBon moi après mon accident de moto j'avais un taux d'IPP de 8% proposé par le médecin de l'assurance. Je trouvais ça vraiment léger vu que j'ai toujours mal au dos et que je peux plus faire de sport comme avant. Grâce aux infos que j'ai trouvé sur victime-info.fr j'ai compris que je pouvais demander une contre expertise. Résultat le taux est passé à 14% et l'indemnisation a plus que doublé.. franchement faut pas lâcher
— Marie-Christine, 56 ans, chute dans un magasinHonnêtement j'y connaissais rien à l'IPP et tout ça. J'ai glissé dans un supermarché, fracture du col du fémur, 2 opérations. L'assurance m'a proposé un taux de 5% avec une indemnisation ridicule genre 4000€. Mon avocat m'a dit que c'était largement sous évalué. Au final devant le tribunal j'ai eu 12% et presque 22000€ juste pour le DFP. Plus les autres préjudices ça a fait une grosse différence. Moralité faut jamais signer la premiere offre
— Youssef, 27 ans, victime d'agressionJ'ai été agressé ya 3 ans, j'ai des séquelles au niveau du bras gauche et des problèmes psychologiques aussi. Le médecin expert a retenu 6% d'IPP. Au debut je savais même pas ce que ça voulait dire. C'est en cherchant sur internet que je suis tombé sur ce site qui explique bien comment ça marche le calcul avec le prix du point et tout. Ça m'a aidé à comprendre mes droits et à pas me faire avoir par la CIVI
Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 27/02/2026



