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Traumatisme crânien grave : indemnisation complète et droits des victimes

Un traumatisme crânien grave bouleverse la vie entière de la victime et de ses proches. Coma prolongé, séquelles neurologiques lourdes, perte d’autonomie : les conséquences sont souvent dévastatrices et irréversibles. Face à cette situation, la question de l’indemnisation du préjudice corporel devient centrale pour financer les soins, l’aménagement du logement, l’aide humaine quotidienne et compenser toutes les pertes subies.

Ce guide détaille l’ensemble des droits des victimes de traumatisme crânien grave, les postes de préjudice indemnisables, les étapes de la procédure d’indemnisation et les montants auxquels il est possible de prétendre. Que l’accident soit survenu sur la route, au travail ou dans un autre contexte, la victime et ses proches disposent de leviers juridiques puissants pour obtenir la réparation intégrale de leur préjudice.

📌 Ce qu'il faut savoir d'emblée

Le traumatisme crânien grave (score de Glasgow entre 3 et 8) ouvre droit à une indemnisation très importante, pouvant atteindre plusieurs millions d’euros. Il est indispensable de ne jamais accepter une offre d’assurance sans être accompagné par un avocat spécialisé et un médecin conseil de victimes.

Sommaire

Qu’est-ce qu’un traumatisme crânien grave ?

Le traumatisme crânien grave désigne une lésion cérébrale causée par un choc violent à la tête, avec une altération profonde de la conscience. En médecine, la gravité est évaluée grâce au score de Glasgow (Glasgow Coma Scale), une échelle allant de 3 à 15 :

  • Score de 3 à 8 : traumatisme crânien grave (coma)
  • Score de 9 à 12 : traumatisme crânien modéré
  • Score de 13 à 15 : traumatisme crânien léger

Le traumatisme crânien grave implique presque toujours un passage en réanimation et un coma d’une durée variable. Les lésions cérébrales peuvent être de plusieurs types : contusions cérébrales, hémorragies cérébrales, oedème cérébral, lésions axonales diffuses ou encore embarrure crânienne.

⚖️ Classification de la gravité selon l'OMS

Le traumatisme crânien grave est défini par un score de Glasgow inférieur ou égal à 8, évalué au moins 6 heures après le traumatisme. Il s’accompagne d’une perte de connaissance prolongée (supérieure à 24 heures) et d’une amnésie post-traumatique souvent étendue.

Causes principales et contextes d’accident

Le traumatisme crânien grave survient dans des circonstances variées. Le contexte de l’accident détermine la procédure d’indemnisation applicable et le tiers responsable.

Les accidents de la circulation

Les accidents de la route représentent la première cause de traumatisme crânien grave chez les personnes jeunes. Les motards sont particulièrement exposés, ainsi que les cyclistes et les piétons. La loi Badinter du 5 juillet 1985 offre un régime protecteur aux victimes d’accidents de la circulation, avec une indemnisation quasi automatique pour les non-conducteurs.

Les chutes et accidents de la vie courante

Les chutes de grande hauteur (échafaudage, escalier, toiture) constituent une cause fréquente, notamment chez les personnes âgées et dans le cadre professionnel. Ces situations relèvent souvent des contrats garantie accidents de la vie (GAV) ou de la responsabilité d’un tiers.

Les agressions

Un coup violent à la tête lors d’une agression physique peut provoquer un traumatisme crânien grave. Dans ce cas, la victime peut saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) pour obtenir une indemnisation intégrale, même si l’agresseur est insolvable.

💡 Cas pratique : accident de moto avec traumatisme crânien grave

Un homme de 32 ans est victime d’un accident de moto causé par un automobiliste qui n’a pas respecté un cédez-le-passage. Il est hospitalisé en réanimation avec un score de Glasgow à 5. Après 3 semaines de coma et 18 mois de rééducation, il conserve des séquelles cognitives sévères (troubles de la mémoire, de l’attention et du comportement) et ne peut plus reprendre son activité professionnelle d’ingénieur. En tant que victime d’un accident de la circulation, il bénéficie de la loi Badinter et obtient une indemnisation de plus de 2,5 millions d’euros couvrant l’ensemble de ses préjudices.

Séquelles et conséquences à long terme

Le traumatisme crânien grave entraîne des séquelles multiples et durables. La gravité et la nature de ces séquelles varient d’une victime à l’autre, mais elles touchent presque toujours plusieurs domaines de la vie quotidienne. Chaque séquelle constitue un poste de préjudice indemnisable.

Séquelles cognitives et neuropsychologiques

Les troubles cognitifs sont parmi les conséquences les plus handicapantes du traumatisme crânien grave. Ils comprennent :

  • Troubles sévères de la mémoire (mémoire de travail, mémoire à long terme)
  • Difficultés de concentration et d’attention
  • Ralentissement du traitement de l’information
  • Troubles des fonctions exécutives (planification, organisation, prise de décision)
  • Troubles du langage (aphasie)
  • Anosognosie (la victime n’a pas conscience de ses déficits)

Un bilan neuropsychologique complet est indispensable pour objectiver ces troubles et les faire valoir dans la procédure d’indemnisation.

Séquelles comportementales et psychologiques

Le traumatisme crânien grave modifie souvent profondément la personnalité de la victime. Les proches décrivent fréquemment la sensation de vivre avec « une personne différente ». Ces troubles incluent :

  • Irritabilité, agressivité, désinhibition
  • Syndrome dépressif, anxiété chronique
  • Syndrome de stress post-traumatique
  • Apathie, perte d’initiative et de motivation
  • Difficultés dans les relations sociales

Séquelles physiques et sensorielles

Selon la localisation et l’étendue des lésions cérébrales, la victime peut présenter des séquelles motrices (hémiplégie, troubles de l’équilibre, spasticité) et sensorielles (perte de l’odorat ou du goût, troubles visuels, épilepsie post-traumatique).

Le handicap invisible du traumatisme crânien

Les séquelles cognitives et comportementales sont souvent qualifiées de « handicap invisible ». La victime peut sembler physiquement rétablie tout en étant profondément handicapée dans sa vie quotidienne. Ce handicap invisible est fréquemment sous-évalué par les assureurs. Un accompagnement par un médecin conseil de victimes est essentiel pour le faire correctement reconnaître.

Les postes de préjudice indemnisables selon la nomenclature Dintilhac

L’indemnisation d’un traumatisme crânien grave couvre un très grand nombre de postes de préjudice, répertoriés dans la nomenclature Dintilhac. Cette nomenclature distingue les préjudices patrimoniaux (à caractère économique) et les préjudices extrapatrimoniaux (à caractère personnel).

Préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation)

  • Dépenses de santé actuelles (DSA) : tous les frais médicaux, d’hospitalisation, de rééducation restés à charge
  • Frais divers (FD) : frais de déplacement, garde d’enfants, assistance administrative
  • Perte de gains professionnels actuels (PGPA) : perte de revenus pendant la période de soins
  • Tierce personne temporaire (TPT) : aide humaine nécessaire avant la consolidation

Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation)

  • Dépenses de santé futures (DSF) : traitements, médicaments, suivi médical à vie
  • Perte de gains professionnels futurs (PGPF) : perte de revenus définitive ou partielle liée à l’incapacité professionnelle
  • Incidence professionnelle (IP) : dévalorisation sur le marché du travail, pénibilité accrue
  • Tierce personne permanente (TPP) : aide humaine à vie (souvent le poste le plus important)
  • Frais de logement adapté : aménagement du domicile
  • Frais de véhicule adapté : adaptation du véhicule

Préjudices extrapatrimoniaux temporaires

Préjudices extrapatrimoniaux permanents

📊 Le poste de tierce personne : un enjeu majeur

Pour un traumatisme crânien grave nécessitant une aide humaine permanente de 8 heures par jour, le poste de tierce personne à vie peut représenter à lui seul 1 à 3 millions d’euros, selon l’âge de la victime et le coût horaire retenu (généralement entre 18 et 25 euros de l’heure).

L’expertise médicale : étape déterminante de l’indemnisation

L’expertise médicale est l’étape la plus importante de toute la procédure d’indemnisation du traumatisme crânien grave. C’est au cours de cette expertise que le médecin expert évalue chaque poste de préjudice, fixe la date de consolidation et détermine le taux de déficit fonctionnel permanent.

L’expertise amiable ou judiciaire

L’expertise peut être organisée à l’amiable par l’assureur (c’est le cas le plus fréquent dans un premier temps) ou ordonnée par un juge dans le cadre d’une procédure judiciaire. Dans les deux cas, le déroulement de l’expertise médicale doit respecter le principe du contradictoire.

⚠️ Ne jamais se rendre seul à une expertise médicale

Lors d’une expertise médicale pour traumatisme crânien grave, la victime doit impérativement être assistée par un médecin conseil de victimes (aussi appelé médecin de recours). Le médecin expert mandaté par l’assureur défend les intérêts de l’assureur, pas ceux de la victime. Sans médecin conseil, les séquelles cognitives et comportementales risquent d’être considérablement sous-évaluées.

Les examens indispensables

Pour objectiver les séquelles d’un traumatisme crânien grave, plusieurs examens sont nécessaires avant l’expertise :

Une expertise médicale spécifique au traumatisme crânien requiert idéalement un médecin expert spécialisé en neurologie, assisté d’un sapiteur neuropsychologue.

L'anosognosie : un piège pour l'expertise

L’anosognosie (le fait que la victime n’a pas conscience de ses propres déficits) est fréquente après un traumatisme crânien grave. Lors de l’expertise, la victime peut minimiser ses difficultés ou paraître en meilleur état qu’elle ne l’est réellement. Le témoignage des proches et le bilan neuropsychologique sont essentiels pour contrebalancer ce phénomène.

Montants d’indemnisation : ordres de grandeur

L’indemnisation d’un traumatisme crânien grave représente généralement des sommes très importantes, en raison de la multiplicité et de la gravité des préjudices. Chaque situation est unique, mais il est possible de donner des ordres de grandeur basés sur des exemples d’indemnisation.

📊 Fourchettes d'indemnisation pour un traumatisme crânien grave

L’indemnisation globale d’un traumatisme crânien grave se situe généralement entre 500 000 euros et plusieurs millions d’euros. Pour un DFP supérieur à 60 %, avec besoin de tierce personne permanente, les indemnisations dépassent fréquemment 2 à 4 millions d’euros. Certains dossiers exceptionnels (tétraplégie associée, victime très jeune) atteignent 5 à 10 millions d’euros.

Exemples de postes clés et leurs montants

Voici les ordres de grandeur pour les principaux postes de préjudice, pour un traumatisme crânien grave avec un taux de DFP entre 50 % et 80 % :

  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) : 250 000 à 600 000 euros selon le taux et l’âge (valeur du point d’incapacité)
  • Tierce personne permanente : 800 000 à 3 000 000 euros et plus
  • Perte de gains professionnels futurs : variable selon les revenus antérieurs, souvent plusieurs centaines de milliers d’euros
  • Souffrances endurées (6/7 ou 7/7) : 40 000 à 80 000 euros
  • Frais de logement adapté : 50 000 à 300 000 euros
  • Préjudice d’agrément : 20 000 à 60 000 euros
  • Préjudice d’établissement : 30 000 à 80 000 euros

Le référentiel Mornet et les exemples de jurisprudence permettent de se faire une idée plus précise. Pour une estimation personnalisée, la victime peut utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels.

💡 Cas pratique : indemnisation d'une jeune victime de 25 ans

Une femme de 25 ans, graphiste, subit un traumatisme crânien grave lors d’un accident de la route (piétonne renversée par un véhicule). Après 6 semaines de coma et 2 ans de rééducation intensive, elle conserve un DFP de 65 %, des troubles cognitifs majeurs et nécessite une aide humaine de 6 heures par jour. Elle ne peut plus exercer aucune activité professionnelle. L’indemnisation totale obtenue devant le tribunal judiciaire s’élève à 3,2 millions d’euros, dont 1,8 million pour la tierce personne, 420 000 euros pour le DFP, 580 000 euros pour la perte de gains professionnels futurs, et le reste réparti entre les autres postes de préjudice.

Procédure d’indemnisation étape par étape

La procédure d’indemnisation d’un traumatisme crânien grave est longue et complexe. Elle comporte plusieurs phases successives, de la constitution du dossier médical à l’obtention de l’indemnisation définitive.

1. La phase d’urgence et de soins

Dans les premiers temps suivant l’accident, la priorité est médicale : hospitalisation en réanimation, phase d’éveil du coma, stabilisation, puis rééducation intensive en centre spécialisé. Pendant cette période, les proches doivent commencer à rassembler les pièces du dossier (certificats médicaux, rapports d’hospitalisation, procès-verbal d’accident).

2. La déclaration du sinistre et la demande de provision

La victime ou ses proches doivent déclarer le sinistre à l’assureur du responsable dans les meilleurs délais. Il est recommandé de formuler une demande de provision rapidement pour financer les premiers frais (aide humaine, frais de déplacement des proches, aménagements d’urgence).

La provision : un droit de la victime

La victime d’un accident de la circulation a droit à une provision (avance sur indemnisation) dans les 8 mois suivant l’accident. L’assureur est tenu de proposer cette provision. Si la victime n’est pas en état de formuler la demande, un proche ou un avocat peut agir en son nom, notamment dans le cadre d’une mesure de protection juridique (tutelle ou curatelle).

3. La consolidation médicale

La consolidation est le moment où l’état de santé de la victime se stabilise et n’évolue plus de manière significative, même s’il subsiste des séquelles. Pour un traumatisme crânien grave, la consolidation intervient généralement entre 2 et 5 ans après l’accident, parfois plus tardivement.

4. L’expertise médicale définitive

Une fois la consolidation acquise, l’expertise médicale définitive peut avoir lieu. C’est lors de cette expertise que tous les postes de préjudice sont évalués. La victime doit être assistée par son médecin conseil de victimes et, si possible, accompagnée d’un ergothérapeute pour le poste de tierce personne.

5. L’offre d’indemnisation ou la procédure judiciaire

Après l’expertise, l’assureur formule une offre d’indemnisation. Si cette offre est insuffisante (ce qui est très fréquent pour les traumatismes crâniens graves), la victime peut contester l’offre de l’assureur et saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une indemnisation plus juste.

⚠️ Délai de prescription : 10 ans

La victime dispose d’un délai de 10 ans à compter de la date de consolidation pour agir en justice. Passé ce délai, le droit à indemnisation est perdu. Cependant, il ne faut pas attendre trop longtemps : les preuves peuvent se détériorer et les souvenirs s’estomper.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

📞 Besoin d'une estimation personnalisée ?

La victime ou ses proches peuvent utiliser le simulateur en ligne pour obtenir une première estimation des montants d’indemnisation.

Indemnisation des proches de la victime

Le traumatisme crânien grave ne dévaste pas uniquement la vie de la victime directe. Les proches (conjoint, enfants, parents, fratrie) subissent eux aussi des préjudices considérables qui ouvrent droit à indemnisation. On parle alors de victimes par ricochet ou victimes indirectes.

Les postes de préjudice des proches

  • Préjudice d’affection : souffrance morale liée au handicap grave d’un être cher (barème du préjudice moral)
  • Préjudice d’accompagnement : bouleversement des conditions de vie, charge de l’aidant familial
  • Perte de revenus du conjoint : lorsque le conjoint doit réduire ou cesser son activité professionnelle
  • Préjudice sexuel du conjoint : altération de la vie intime du couple
  • Frais divers : déplacements, hébergement pendant l’hospitalisation
💡 Cas pratique : indemnisation du conjoint d'une victime

Le mari d’une victime de traumatisme crânien grave a dû réduire son temps de travail de 50 % pour s’occuper de sa femme devenue dépendante. Outre l’indemnisation de la perte de revenus, il a obtenu 25 000 euros au titre du préjudice d’affection et 15 000 euros au titre du préjudice d’accompagnement. Ses deux enfants mineurs ont chacun reçu 20 000 euros de préjudice d’affection.

Pièges à éviter et erreurs fréquentes

L’indemnisation d’un traumatisme crânien grave est un processus long et technique. Certaines erreurs peuvent coûter des centaines de milliers d’euros à la victime et à ses proches.

⚠️ Les 5 erreurs les plus graves

  1. Accepter la première offre de l’assureur : les premières offres sont systématiquement sous-évaluées, parfois de 50 à 70 %.
  2. Se rendre à l’expertise médicale sans médecin conseil : c’est le meilleur moyen de voir ses séquelles minimisées.
  3. Accepter une consolidation trop précoce : la consolidation doit refléter la réalité médicale, pas l’impatience de l’assureur.
  4. Oublier de demander une provision : la victime a besoin de moyens financiers rapidement pour financer ses soins et son aide humaine.
  5. Négliger le poste de tierce personne : c’est souvent le poste le plus important, mais il nécessite une évaluation rigoureuse par un ergothérapeute.

La sous-évaluation du handicap invisible

Le principal piège en matière de traumatisme crânien grave concerne la sous-évaluation des séquelles cognitives et comportementales. Contrairement à un handicap physique visible, les troubles cognitifs sont difficiles à objectiver et peuvent être sous-estimés si l’expertise médicale n’est pas menée par des spécialistes. Les proches doivent tenir un journal détaillé des difficultés quotidiennes de la victime pour constituer un faisceau de preuves solide.

La question de la protection juridique

Lorsque la victime n’est plus en mesure de gérer ses propres affaires, une mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle) doit être mise en place. Cette mesure permet de protéger les intérêts de la victime et de la représenter dans la procédure d’indemnisation.

Le rôle du juge des tutelles

Le juge des tutelles peut autoriser le tuteur ou curateur à accepter une offre d’indemnisation ou à engager une procédure judiciaire au nom de la victime. Cette autorisation constitue une protection supplémentaire contre les offres insuffisantes.

Se faire accompagner par les bons professionnels

La complexité de l’indemnisation d’un traumatisme crânien grave impose de s’entourer de professionnels compétents dédiés exclusivement à la défense des victimes.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

Un avocat spécialisé en dommage corporel est indispensable pour les traumatismes crâniens graves. Il maîtrise la nomenclature Dintilhac, connaît les référentiels d’indemnisation et sait négocier efficacement avec les assureurs. Son intervention peut multiplier par deux ou trois le montant de l’indemnisation par rapport à une démarche non assistée.

Le médecin conseil de victimes

Le médecin conseil de victimes (ou médecin de recours) accompagne la victime lors de l’expertise médicale. Il connaît les pièges de l’expertise et veille à ce que toutes les séquelles soient correctement évaluées. Pour un traumatisme crânien grave, il est recommandé de choisir un médecin conseil ayant une expérience spécifique en neurologie.

Les associations d’aide aux victimes

Les associations spécialisées peuvent apporter un soutien précieux, tant sur le plan juridique que psychologique. victime-info.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), qui accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches d’indemnisation.

📌 Les trois professionnels indispensables

Pour optimiser l’indemnisation d’un traumatisme crânien grave, la victime doit être accompagnée par trois professionnels clés : un avocat spécialisé en dommage corporel, un médecin conseil de victimes et un ergothérapeute (pour l’évaluation des besoins en tierce personne et en aménagement). Ce trio d’experts permet de défendre efficacement tous les postes de préjudice.

Questions fréquentes sur l’indemnisation du traumatisme crânien grave

Questions fréquentes


Quel est le montant moyen d'indemnisation d'un traumatisme crânien grave ?

L’indemnisation d’un traumatisme crânien grave varie considérablement selon les séquelles, l’âge de la victime et ses revenus antérieurs. Les montants se situent généralement entre 500 000 et plusieurs millions d’euros. Pour un DFP supérieur à 60 % avec besoin de tierce personne permanente, l’indemnisation dépasse fréquemment 2 à 4 millions d’euros. Des exemples concrets d’indemnisation permettent de mieux appréhender ces montants.


Combien de temps dure la procédure d'indemnisation pour un traumatisme crânien grave ?

La procédure est longue. La consolidation intervient généralement entre 2 et 5 ans après l’accident, parfois plus. Après la consolidation, l’expertise définitive et les négociations ou la procédure judiciaire peuvent prendre encore 1 à 3 ans. Au total, il faut souvent compter entre 3 et 8 ans pour obtenir l’indemnisation définitive. Des provisions (avances) peuvent être obtenues en cours de procédure pour financer les besoins immédiats.


La victime peut-elle obtenir une indemnisation si elle était responsable de l'accident ?

En cas d’accident de la circulation, la victime non conductrice (piéton, passager, cycliste) est indemnisée même si elle a contribué à l’accident, sauf faute inexcusable cause exclusive de l’accident. Pour une victime conductrice, une faute peut réduire ou supprimer le droit à indemnisation. Dans les autres contextes (chute, accident de la vie), le partage de responsabilité peut diminuer l’indemnisation. Un accompagnement juridique est indispensable pour analyser la situation.


Qu'est-ce que la tierce personne et pourquoi est-ce le poste le plus important ?

La tierce personne désigne l’aide humaine dont la victime a besoin au quotidien pour compenser sa perte d’autonomie. Pour un traumatisme crânien grave, cette aide peut être nécessaire 24h/24. Capitalisée sur l’espérance de vie de la victime, ce poste représente souvent entre 1 et 3 millions d’euros. Il est évalué par un ergothérapeute lors de l’expertise médicale.


Faut-il un avocat pour un traumatisme crânien grave ?

Le recours à un avocat spécialisé en dommage corporel est vivement recommandé pour un traumatisme crânien grave. Les enjeux financiers sont considérables (souvent plusieurs millions d’euros) et la complexité médicale et juridique du dossier nécessite une expertise pointue. Un avocat spécialisé peut multiplier significativement le montant de l’indemnisation par rapport à une négociation directe avec l’assureur.


Les proches de la victime ont-ils droit à une indemnisation ?

Oui, les proches (conjoint, enfants, parents, fratrie) d’une victime de traumatisme crânien grave sont considérés comme des victimes indirectes ou « par ricochet ». Ils peuvent être indemnisés pour leur préjudice d’affection, leur préjudice d’accompagnement, leur perte de revenus et d’autres postes. Le barème du préjudice moral donne des indications sur les montants habituels.


Conclusion

Le traumatisme crânien grave constitue l’une des situations les plus complexes et les plus lourdes en matière de dommage corporel et d’indemnisation. Les enjeux financiers sont considérables, souvent de l’ordre de plusieurs millions d’euros, et les séquelles impactent durablement la victime et l’ensemble de ses proches.

La clé d’une indemnisation juste réside dans un accompagnement de qualité : un avocat spécialisé en dommage corporel, un médecin conseil de victimes expérimenté en neurologie, et un ergothérapeute pour évaluer les besoins en aide humaine. Ne jamais accepter une offre d’assurance sans l’avis de ces professionnels est la règle absolue.

victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne les victimes de traumatisme crânien grave et leurs proches dans la compréhension de leurs droits et dans les démarches d’indemnisation.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr est disponible pour orienter les victimes de traumatisme crânien grave et leurs proches vers les professionnels adaptés à leur situation. Un premier échange permet de faire le point sur les droits et les démarches à entreprendre.

Témoignages

Mon fils a eu un accident de moto il y a 3 ans, traumatisme cranien grave, 4 semaines de coma.. on a cru le perdre. L’assurance nous a proposé 380 000€ au début on pensait que c’etait correct. Heureusement qu’on a pas signé, grâce à victime-info.fr on a compris que c’etait largement en dessous de ce qu’on pouvait avoir. Au final avec l’avocat spécialisé on a obtenu plus de 2,8 millions. La difference c’est hallucinant. Je dis à tout le monde ne signez jamais sans vous renseigner d’abord

— Laurent, 45 ans, père d'une victime de traumatisme crânien grave

Bon c’est vraiment le parcours du combattant quand votre mari revient completement différent après un accident.. personellement c’est comme si je vivais avec un inconnu. Les troubles du comportement c’est ce qui est le plus dur au quotidien. Le médecin de l’assurance avait mis un DFP à 35%, notre medecin conseil a fait remonter à 62%. C’est pas les mêmes indemnisations du tout. L’expertise c’est vraiment le moment clé, allez y JAMAIS seuls

— Émilie, 38 ans, épouse d'un traumatisé crânien

Franchement je poste ici pour dire que la vie bascule en une seconde. Moi j’ai été renversé par une voiture à vélo, traumatisme cranien grave, 2 semaines de coma. Aujourd’hui j’arrive plus à travailler, j’ai des problèmes de mémoire et de concentration que les gens comprennent pas forcément parce que physiquement j’ai l’air normal. C’est le fameux handicap invisible.. ce site m’a beaucoup aidé à comprendre mes droits surtout pour la tierce personne que je connaissais même pas. Ma procédure est en cours mais au moins je sais ou je vais maintenant

— Karim, 29 ans, accidenté de vélo