Être victime d’une agression constitue une épreuve physique et psychologique majeure. Au-delà du traumatisme subi, la personne agressée dispose de droits à indemnisation souvent méconnus. Que l’agression ait eu lieu dans la rue, sur le lieu de travail, dans les transports ou même au domicile, la victime peut engager des démarches pour obtenir la réparation intégrale de ses préjudices.
Ce guide complet détaille les différentes formes d’agression au regard du droit pénal français, les étapes indispensables pour faire valoir ses droits, et les recours disponibles pour obtenir une aide à l’indemnisation. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches souvent complexes. Il est possible de contacter la permanence à tout moment pour un premier conseil.

Il est vivement recommandé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit du dommage corporel dès le début des démarches. Un accompagnement précoce permet de ne négliger aucun poste de préjudice et d’éviter les erreurs qui pourraient réduire l’indemnisation finale.
Qu’est-ce qu’une agression au sens juridique ?
En droit français, une agression correspond à une attaque violente commise volontairement contre une personne. Le terme juridique exact est celui de violences volontaires. Ces violences sont réprimées par le Code pénal en fonction de la gravité de leurs conséquences sur la victime, mesurées notamment par la durée de l’incapacité totale de travail (ITT).
Il est essentiel de comprendre que l’ITT au sens pénal ne correspond pas à un arrêt de travail professionnel. Il s’agit de la durée pendant laquelle la victime ne peut pas accomplir les actes de la vie quotidienne de manière normale. Cette notion est fondamentale car elle détermine la qualification pénale de l’infraction et, par conséquent, les peines encourues par l’agresseur.
Le Code pénal classe les violences en cinq catégories selon leurs conséquences :
- Aucune ITT : contravention de 4e classe (750 € d’amende)
- ITT inférieure ou égale à 8 jours : contravention de 5e classe (1 500 € d’amende)
- ITT supérieure à 8 jours : délit (3 ans d’emprisonnement, 45 000 € d’amende)
- Mutilation ou infirmité permanente : délit (10 ans d’emprisonnement, 150 000 € d’amende)
- Mort sans intention de la donner : crime (15 ans de réclusion criminelle)
Violences n’ayant entraîné aucune incapacité totale de travail
Il s’agit des violences les moins graves sur le plan juridique. Elles sont réprimées à l’article R.624-1 du Code pénal et constituent une contravention de 4e classe. L’auteur encourt une amende de 750 €.
« Hors les cas prévus par les articles 222-13 et 222-14, les violences volontaires n’ayant entraîné aucune incapacité totale de travail sont punies de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe. »
Même en l’absence d’ITT, la victime conserve son droit à indemnisation. Les préjudices comme la souffrance endurée, le préjudice moral ou encore le déficit fonctionnel temporaire peuvent être indemnisés.
Les violences sans ITT peuvent devenir délictuelles lorsqu’elles sont commises avec des circonstances aggravantes prévues à l’article 222-13 du Code pénal : agression sur mineur, personne vulnérable, conjoint, avec arme, en réunion, à caractère raciste, etc. Dans ce cas, les peines sont considérablement alourdies.
Violences ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 8 jours
Lorsque les violences entraînent une incapacité totale de travail d’une durée inférieure ou égale à 8 jours, l’infraction reste une contravention mais de 5e classe. L’amende encourue est de 1 500 €.
« Hors les cas prévus par les articles 222-13 et 222-14, les violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale du travail d’une durée inférieure ou égale à huit jours sont punies de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe. »
À ce stade, la victime peut déjà prétendre à une indemnisation significative, notamment si l’agression a entraîné des jours d’incapacité temporaire ayant impacté la vie quotidienne et professionnelle.
Violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours
Dès que l’ITT dépasse 8 jours, l’infraction devient un délit. L’auteur encourt alors 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
« Les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de huit jours sont punies de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. »
L’article 222-12 du Code pénal prévoit de nombreuses circonstances aggravantes qui peuvent porter la peine jusqu’à 5 ans, voire 10 ans d’emprisonnement. La victime a tout intérêt à se constituer partie civile devant le tribunal correctionnel pour obtenir des dommages et intérêts directement lors du procès pénal.
Un homme est agressé en sortant d’un restaurant. Il reçoit plusieurs coups au visage, entraînant une fracture du nez et une ITT de 15 jours. L’agresseur est identifié et poursuivi pour violences volontaires. La victime se constitue partie civile et obtient l’indemnisation de ses préjudices : souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire, préjudice esthétique temporaire et frais médicaux restés à charge. L’indemnisation totale atteint environ 6 500 €, sans compter les éventuels arrêts de travail indemnisés par la sécurité sociale.
Violences ayant entraîné une mutilation ou infirmité permanente
Il s’agit d’un délit grave puni de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende. La mutilation et l’infirmité permanente sont définies par la jurisprudence.
« Les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont punies de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. »
L’infirmité permanente correspond à la mise hors de service d’un organe ou à son ablation. Par exemple : la perte d’un oeil, la perte de la vue, l’altération définitive des facultés mentales. La mutilation désigne la perte de substance d’une partie d’un membre, comme l’arrachement du pavillon de l’oreille ou une castration.
Dans ces situations, le taux de déficit fonctionnel permanent (AIPP/DFP) attribué à la victime est généralement élevé. L’indemnisation peut alors représenter des montants très importants, notamment au titre du préjudice professionnel et de l’assistance par tierce personne.
Les circonstances aggravantes de l’article 222-10 du Code pénal peuvent alourdir considérablement les peines encourues.
Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner
Il s’agit des violences les plus graves. Ce crime est puni de 15 ans de réclusion criminelle.
« Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de quinze ans de réclusion criminelle. »
Les circonstances aggravantes prévues à l’article 222-8 du Code pénal peuvent porter la peine à 20 ans de réclusion criminelle. Dans ce cas, ce sont les proches de la victime décédée (ayants droit) qui peuvent demander l’indemnisation de leurs préjudices, notamment le préjudice d’affection.
En cas de décès de la victime, le préjudice d’affection des proches est évalué entre 20 000 € et 40 000 € pour un conjoint, entre 20 000 € et 30 000 € pour un enfant, et entre 5 000 € et 15 000 € pour un frère ou une soeur, selon les barèmes jurisprudentiels habituels.
Porter plainte après une agression : une étape indispensable
Le dépôt de plainte constitue la première démarche essentielle pour toute victime d’agression. Il permet de faire constater officiellement l’infraction et d’enclencher la procédure judiciaire. Sans plainte, il devient beaucoup plus difficile d’obtenir une indemnisation.
La victime dispose de plusieurs moyens pour porter plainte suite à une agression :
- Au commissariat de police ou à la gendarmerie le plus proche du lieu de l’infraction. Les forces de l’ordre ont l’obligation de recevoir la plainte, quel que soit le lieu de résidence de la victime.
- Par courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction ou du domicile de l’auteur. Il est possible d’utiliser un modèle de lettre de plainte auprès du procureur pour faciliter cette démarche.
- En ligne via le portail de pré-plainte en ligne, désormais élargi par la loi du 23 mars 2019 (article 15-3-1 du Code de procédure pénale).
Il est impératif de porter plainte le plus rapidement possible après l’agression. Les preuves se dégradent avec le temps : les témoins oublient, les traces de violences s’estompent, les enregistrements vidéo sont effacés. Un dépôt de plainte immédiat renforce considérablement les chances de poursuites et d’indemnisation.
Une fois la plainte déposée, le procureur de la République peut :
- Engager des poursuites contre l’auteur identifié
- Classer sans suite la plainte (par exemple si l’auteur n’est pas identifié)
- Proposer une alternative aux poursuites (médiation pénale, rappel à la loi, etc.)
En cas de classement sans suite, la victime dispose de recours. Elle peut notamment adresser une plainte avec constitution de partie civile directement auprès du juge d’instruction, ou saisir la justice par d’autres voies.
En se constituant partie civile, la victime devient partie au procès pénal. Elle peut alors demander des dommages et intérêts directement devant le tribunal qui juge l’agresseur. C’est une voie rapide et efficace pour obtenir une indemnisation.
Les différentes voies d’indemnisation pour la victime d’agression
La personne agressée dispose de plusieurs voies pour obtenir la réparation de ses préjudices. Selon la situation, une ou plusieurs de ces voies peuvent être combinées.
L’indemnisation par le tribunal pénal
Lorsque l’auteur de l’agression est identifié et poursuivi, la victime peut se constituer partie civile et demander des dommages et intérêts lors du procès pénal. Le tribunal condamnera alors l’agresseur à verser une indemnisation couvrant l’ensemble des préjudices corporels, matériels et moraux.
Pour évaluer correctement les différents postes de préjudice, il est recommandé de consulter les exemples d’indemnisation en dommage corporel et de se référer à la nomenclature Dintilhac, qui recense tous les postes de préjudice indemnisables.
L’indemnisation par la CIVI
La Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) est une juridiction spécialisée qui permet à la victime d’obtenir une indemnisation même lorsque l’auteur est insolvable, inconnu ou en fuite.
La victime peut saisir la CIVI si :
- L’infraction a causé un préjudice corporel grave (ITT supérieure ou égale à 1 mois, ou incapacité permanente)
- Ou l’infraction constitue un viol, une agression sexuelle, un vol avec violence, etc.
- La demande est faite dans un délai de 3 ans à compter de la date de l’infraction (ou 1 an après la décision de justice définitive)
Pour les infractions moins graves (ITT inférieure à 1 mois), la CIVI peut accorder une indemnisation partielle sous conditions de ressources.
L’indemnisation par le SARVI
Le Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions (SARVI) intervient lorsque la victime a obtenu des dommages et intérêts par une décision de justice pénale, mais que l’auteur ne paie pas. Le SARVI verse une avance à la victime et se charge de recouvrer les sommes auprès du condamné.
La victime d’une agression peut obtenir une première estimation de son indemnisation grâce au simulateur de victime-info.fr. Cet outil gratuit permet d’évaluer les différents postes de préjudice corporel.
Les postes de préjudice indemnisables après une agression
L’indemnisation d’une victime d’agression repose sur le principe de la réparation intégrale. Ce principe fondamental du droit français impose que la victime soit indemnisée pour l’ensemble de ses préjudices, sans perte ni profit.
Parmi les principaux postes de préjudice indemnisables selon la nomenclature Dintilhac, on retrouve :
Les préjudices patrimoniaux (économiques)
- Dépenses de santé actuelles et futures : frais médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques restés à charge
- Pertes de gains professionnels : revenus perdus pendant la période d’incapacité et après consolidation
- Frais d’assistance par tierce personne : aide nécessaire pour les actes de la vie quotidienne
- Frais de logement et de véhicule adaptés : en cas de handicap nécessitant des adaptations
- Incidence professionnelle : dévalorisation sur le marché du travail, pénibilité accrue
Les préjudices extra-patrimoniaux (personnels)
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne avant consolidation, évaluée selon 4 classes de gravité
- Souffrances endurées : douleurs physiques et morales, évaluées sur une échelle de 1 à 7
- Préjudice esthétique : atteinte à l’apparence physique (cicatrices, déformations)
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisirs
- Préjudice sexuel : atteinte à la vie sexuelle, indemnisable selon un barème spécifique
- Déficit fonctionnel permanent (DFP) : séquelles définitives après consolidation, dont la valeur du point varie selon l’âge et le taux
Les montants d’indemnisation varient considérablement selon la gravité des blessures. Pour une agression ayant entraîné une ITT de 10 à 30 jours sans séquelles permanentes, l’indemnisation se situe généralement entre 3 000 € et 15 000 €. Pour des séquelles permanentes avec un DFP de 5 à 15 %, les montants peuvent atteindre 30 000 € à 80 000 €. Pour consulter des cas concrets, voir les exemples de montants d’indemnisation après agression.
L’expertise médicale : une étape clé de l’indemnisation
L’expertise médicale est une étape déterminante dans le processus d’indemnisation. C’est au cours de cette expertise que sont évalués l’ensemble des préjudices corporels de la victime. Les conclusions de l’expert servent de base au calcul de l’indemnisation.
La victime d’une agression peut être examinée par :
- Un médecin légiste dans le cadre de la procédure pénale (réquisition du procureur) pour déterminer l’ITT
- Un médecin expert judiciaire désigné par le tribunal dans le cadre d’une procédure civile
- Un médecin expert mandaté par la CIVI
Lors de l’expertise médicale, la victime a le droit d’être assistée par son propre médecin expert (aussi appelé médecin conseil de recours ou médecin de victime). Ce professionnel veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués. Ne pas se présenter seul à l’expertise est l’un des conseils les plus importants pour maximiser son indemnisation.
Le déroulement de l’expertise médicale suit un protocole précis. Le médecin expert examine la victime, consulte les pièces médicales et évalue chaque poste de préjudice selon la nomenclature Dintilhac. La date de consolidation — moment où l’état de la victime est stabilisé — est un point essentiel car elle sépare les préjudices temporaires des préjudices permanents.
Choisir le bon professionnel pour se défendre
L’obtention d’une indemnisation juste et complète dépend en grande partie du choix des professionnels qui accompagnent la victime. Il ne suffit pas de s’adresser à n’importe quel avocat ou médecin.
L’avocat spécialisé en dommage corporel
Un avocat spécialisé en agression maîtrise à la fois le droit pénal et le droit de la réparation du dommage corporel. Il peut accompagner la victime devant le tribunal correctionnel, la CIVI ou les juridictions civiles.
Le médecin conseil de victime
Le médecin conseil intervient aux côtés de la victime lors de l’expertise médicale. Son rôle est de s’assurer que l’expertise est menée de manière équitable et que tous les préjudices sont correctement identifiés et évalués.
L’expert en indemnisation du préjudice corporel
Certains professionnels, sans être avocats, se spécialisent dans l’accompagnement des victimes pour le calcul et la négociation de l’indemnisation. Il est important de bien choisir quel professionnel solliciter en fonction de sa situation.
Avant même de consulter un professionnel, la victime a tout intérêt à constituer son dossier de manière rigoureuse : certificats médicaux, procès-verbaux, arrêts de travail, photos des blessures, factures de soins, témoignages… Plus le dossier est complet, meilleures sont les chances d’obtenir une indemnisation à la hauteur des préjudices subis.
Les délais à respecter pour agir
Les victimes d’agression doivent être attentives aux délais de prescription qui encadrent leurs recours. Passé certains délais, le droit à l’indemnisation peut être définitivement perdu.
L’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. Ce délai s’applique aussi bien aux actions contre l’auteur de l’agression qu’aux demandes d’indemnisation devant la CIVI.
- Plainte pénale : le délai de prescription de l’action publique est de 6 ans pour les délits et 20 ans pour les crimes, à compter de la date des faits
- Saisine de la CIVI : 3 ans à compter de la date de l’infraction, ou 1 an après la dernière décision de justice définitive
- Action civile en réparation : 10 ans à compter de la consolidation (article 2226 du Code civil)
Pour les victimes mineures au moment de l’agression, les délais de prescription ne commencent à courir qu’à partir de leur majorité. En cas d’agression commise par un mineur, des règles particulières s’appliquent également concernant la responsabilité des parents.
Les formes particulières d’agression et leurs recours spécifiques
Certaines formes d’agression obéissent à des régimes juridiques particuliers. La victime doit connaître les spécificités de sa situation pour optimiser ses démarches.
Agression sur le lieu de travail
Lorsque l’agression survient sur le lieu de travail ou à l’occasion de l’exercice professionnel, elle peut être qualifiée d’accident du travail. La victime bénéficie alors d’une double voie d’indemnisation : la prise en charge au titre de la législation professionnelle et les recours de droit commun contre l’agresseur. Pour en savoir plus, consulter la page sur l’agression au travail et les recours possibles.
Agression sexuelle
Les victimes d’agression sexuelle bénéficient de dispositions protectrices renforcées : délais de prescription allongés (notamment pour les faits commis sur mineurs), accès facilité à la CIVI, et indemnisation spécifique du préjudice sexuel et du préjudice moral.
Vol avec violence et racket
Le vol avec violence et le racket (extorsion) sont des infractions qui combinent atteinte aux biens et atteinte à la personne. L’indemnisation couvre alors les deux aspects : le préjudice matériel (objets volés) et le préjudice corporel et moral.
Agression dans les transports en commun
L’agression dans les transports en commun fait intervenir des responsabilités spécifiques, notamment celle du transporteur au titre de son obligation de sécurité envers les voyageurs.
Harcèlement moral ou physique
Le harcèlement moral ou physique constitue une forme de violence répétée qui peut donner lieu à une indemnisation importante, notamment au titre du préjudice psychologique et de la perte de qualité de vie.
Une salariée est violemment poussée par un collègue dans un couloir de l’entreprise. Elle chute et se fracture le poignet. L’ITT est évaluée à 21 jours. Elle dépose plainte, se constitue partie civile et fait reconnaître l’agression comme accident du travail. En parallèle, elle saisit la CIVI. Au total, entre la prise en charge au titre de l’accident du travail et l’indemnisation complémentaire de droit commun, elle obtient environ 12 000 € de dommages et intérêts pour l’ensemble de ses préjudices corporels, plus le remboursement intégral de ses frais médicaux.
Que faire immédiatement après une agression ?
Les premières heures et les premiers jours après une agression sont déterminants pour préserver ses droits. La page que faire après une agression détaille l’ensemble des étapes. Voici les actions prioritaires :
- Se mettre en sécurité et appeler les secours si nécessaire (15 pour le SAMU, 17 pour la police)
- Faire constater les blessures par un médecin ou aux urgences et conserver tous les certificats médicaux
- Porter plainte au commissariat, en gendarmerie ou par courrier auprès du procureur
- Rassembler les preuves : photos des blessures, coordonnées des témoins, vidéosurveillance
- Consulter un professionnel : avocat spécialisé, association d’aide aux victimes
- Vérifier ses contrats d’assurance : garantie individuelle accident, protection juridique
De nombreux contrats d’assurance (habitation, automobile, carte bancaire) incluent une garantie protection juridique. Cette garantie peut prendre en charge les frais d’avocat et de médecin expert. La victime a tout intérêt à vérifier ses contrats avant d’engager des dépenses.
Ressources et dossiers complémentaires
Pour approfondir la compréhension de ses droits, la victime d’agression peut consulter les ressources suivantes sur victime-info.fr :
- L’essentiel de l’indemnisation corporelle : les bases pour comprendre le droit du dommage corporel
- Les fondamentaux du droit du dommage corporel : les principes juridiques qui encadrent la réparation
- Le lexique de l’indemnisation : comprendre les termes juridiques utilisés dans les procédures
- Les modèles de lettres : courriers types pour les différentes démarches (plainte, demande de provision, etc.)
- Demande de provision à l’assurance : obtenir un acompte en attendant l’indemnisation définitive
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’agression dans leurs démarches d’indemnisation. Un conseiller spécialisé peut orienter la victime vers les bons professionnels et l’aider à constituer son dossier.
Questions fréquentes sur l’indemnisation des victimes d’agression
Questions fréquentes
Peut-on être indemnisé si l'agresseur n'est pas identifié ?
Oui. La victime peut saisir la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) même si l’auteur de l’agression n’a pas été identifié ou retrouvé. La CIVI est financée par le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI) et peut indemniser la victime de manière autonome, indépendamment de toute condamnation pénale.
Quel est le délai pour porter plainte après une agression ?
Le délai de prescription de l’action publique est de 6 ans pour les délits (violences avec ITT supérieure à 8 jours, mutilations) et de 20 ans pour les crimes (violences ayant entraîné la mort). Pour les contraventions (violences avec ITT inférieure ou égale à 8 jours), le délai est d’1 an. Toutefois, il est fortement recommandé de porter plainte le plus rapidement possible pour préserver les preuves.
Combien coûte un avocat pour une victime d'agression ?
Les honoraires d’un avocat spécialisé en agression varient selon les cabinets. Certains pratiquent un honoraire de résultat (pourcentage de l’indemnisation obtenue). La victime peut aussi bénéficier de l’aide juridictionnelle si ses revenus sont modestes, ou utiliser sa garantie protection juridique incluse dans ses contrats d’assurance.
Quelle est la différence entre ITT pénale et arrêt de travail ?
L’ITT (incapacité totale de travail) au sens pénal mesure la durée pendant laquelle la victime ne peut pas accomplir normalement les actes de la vie courante. Elle est évaluée par un médecin légiste. L’arrêt de travail, quant à lui, concerne l’impossibilité d’exercer son activité professionnelle et est prescrit par le médecin traitant. Une personne retraitée ou sans emploi peut tout à fait se voir attribuer une ITT pénale.
Peut-on cumuler l'indemnisation pénale et la CIVI ?
Non, il n’est pas possible de cumuler les deux indemnisations pour les mêmes préjudices. Cependant, la victime peut saisir la CIVI en complément si l’agresseur condamné est insolvable et ne verse pas les dommages et intérêts fixés par le tribunal. Le SARVI peut également intervenir pour aider au recouvrement.
Quels préjudices sont indemnisables après une agression ?
Tous les préjudices résultant de l’agression sont indemnisables selon le principe de la réparation intégrale : frais médicaux, pertes de revenus, souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire et permanent, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, préjudice moral, et le cas échéant, le préjudice d’affection pour les proches. La nomenclature Dintilhac sert de référence pour identifier tous les postes de préjudice.
Témoignages
— Mehdi, 35 ans, victime d'agression dans la rueBon moi j’ai été agressé en sortant du boulot ya 1 an, un mec qui m’a frappé pour me voler mon téléphone.. J’avais une ITT de 12 jours et franchement je pensais que j’allais rien toucher. Grâce à victime-info.fr j’ai compris que je pouvais saisir la CIVI vu que le gars a jamais été retrouvé. Au final j’ai eu 4800€ d’indemnisation. C’est pas énorme mais c’est déjà ça, surtout que je pensais avoir droit à rien du tout
— Isabelle, 52 ans, agressée par un voisinFranchement c’est un cauchemard quand on est victime d’agression et qu’on connait rien au juridique. Mon voisin m’a poussée dans les escaliers suite à une dispute, resultat fracture du bassin et 2 mois d’arret. J’ai porté plainte, pris un avocat spécialisé en dommage corporel et un medecin conseil pour l’expertise. J’ai obtenu au total presque 22 000€ en comptant tous les postes de préjudice. Le plus important c’est de pas rester seul et de bien se faire accompagner
— Thomas, 19 ans, agressé en soiréeSalut, juste pour partager mon experience.. j’ai été tabassé en soirée par 3 mecs, machoire cassée et dents pétées. L’assurance de ma carte bancaire avait une protection juridique j’étais meme pas au courant. Mon avocat m’a fait obtenir 9200€ de dommages et intérets au tribunal correctionnel + la CPAM a été remboursée de son coté. Renseignez vous bien sur vos droits parce que moi au début j’allais rien faire du tout



