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Accident dans un parc d’attractions : droits, démarches et indemnisation des victimes

Chaque année, des millions de visiteurs fréquentent les parcs d’attractions en France. Si ces lieux sont synonymes de divertissement, ils ne sont pas exempts de risques. Chute depuis un manège, blessure lors d’une attraction aquatique, traumatisme causé par un équipement défaillant : les accidents dans les parcs d’attractions peuvent entraîner des blessures graves, parfois invalidantes. La victime d’un tel accident dispose de droits et peut prétendre à une indemnisation de son préjudice corporel. Encore faut-il connaître les démarches à suivre et les mécanismes juridiques applicables.

Ce guide complet détaille les responsabilités en jeu, les différentes voies de recours et les postes de préjudice indemnisables pour toute personne blessée dans un parc de loisirs. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches souvent complexes.

📊 Fréquentation des parcs d'attractions en France

Plus de 70 millions de visiteurs se rendent chaque année dans les parcs de loisirs français. Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), plusieurs centaines d’accidents corporels sont signalés chaque année dans ces établissements.

Quels types d’accidents surviennent dans les parcs d’attractions ?

Les accidents dans un parc d’attractions peuvent prendre des formes très variées. Il ne s’agit pas uniquement d’incidents spectaculaires sur des manèges à sensations fortes. Bien souvent, les blessures résultent de situations plus courantes que l’on imagine.

Accidents liés aux manèges et attractions

Ce sont les accidents les plus médiatisés. Une défaillance mécanique, un harnais mal fixé, un système de freinage défectueux ou un arrêt brutal peuvent provoquer des blessures graves : fractures, traumatismes crâniens, lésions de la colonne vertébrale, voire des décès dans les cas les plus dramatiques. La victime d’un tel incident peut engager la responsabilité de l’exploitant du parc sur le fondement de son obligation de sécurité.

Chutes et glissades dans l’enceinte du parc

Les sols mouillés près des attractions aquatiques, les escaliers mal entretenus, les surfaces glissantes ou les obstacles mal signalés constituent autant de causes de chutes dans un lieu ouvert au public. Ces accidents peuvent entraîner des entorses, des fractures, des traumatismes crâniens ou des lésions ligamentaires.

Accidents impliquant des structures gonflables et aires de jeux

Les enfants sont particulièrement exposés dans les aires de jeux intégrées aux parcs d’attractions. Structures gonflables qui se dégonflent, trampolines sans surveillance, toboggans mal dimensionnés : les accidents touchant les enfants dans ces espaces sont fréquents et parfois lourds de conséquences.

Accidents dans les zones de restauration et de déambulation

La victime peut également être blessée en dehors des attractions : brûlure dans un espace de restauration, chute d’un objet de décor, bousculade lors d’un spectacle ou d’un événement spécial. Il s’agit d’accidents de la vie courante qui ouvrent eux aussi droit à indemnisation.

⚠️ Accidents impliquant des animaux

Certains parcs d’attractions comportent des espaces animaliers (zoo, ferme pédagogique, spectacles avec animaux). En cas de morsure ou de blessure causée par un animal, la responsabilité du gardien de l’animal est engagée de plein droit sur le fondement de l’article 1243 du Code civil (anciennement article 1385). La victime d’une morsure d’animal bénéficie alors d’un régime de responsabilité très favorable.

Quelle est la responsabilité de l’exploitant d’un parc d’attractions ?

Le cadre juridique applicable aux accidents dans les parcs d’attractions repose principalement sur le droit de la responsabilité civile. L’exploitant du parc est soumis à une obligation de sécurité envers ses visiteurs, dont l’intensité varie selon la nature de l’attraction.

L’obligation de sécurité de résultat

Pour les attractions dites « passives », c’est-à-dire celles où le visiteur n’a aucun rôle actif à jouer (grand huit, train fantôme, manège à sensations, téléphérique), l’exploitant est tenu d’une obligation de sécurité de résultat. Cela signifie que le simple fait qu’un accident survienne engage sa responsabilité, sauf s’il prouve un cas de force majeure ou la faute exclusive de la victime.

⚖️ Article 1242 alinéa 1 du Code civil

On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde. L’exploitant d’un parc d’attractions, en tant que gardien des installations et équipements, est responsable de plein droit des dommages qu’ils causent.

L’obligation de sécurité de moyens renforcée

Pour les attractions dites « actives », où le visiteur participe activement (karting, parcours d’accrobranche intégré, tyrolienne, paintball), l’exploitant est tenu d’une obligation de sécurité de moyens. Il doit démontrer qu’il a mis en place toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des participants : formation du personnel, entretien des équipements, consignes de sécurité claires, surveillance adaptée.

Dans ce cas, la victime doit prouver que l’exploitant a commis une faute ou un manquement à ses obligations. Cette preuve peut résulter du défaut d’entretien du matériel, de l’absence de consignes de sécurité, d’un défaut de surveillance ou d’un personnel insuffisamment formé.

La responsabilité du fait des produits défectueux

Lorsque l’accident résulte d’un défaut de fabrication d’un manège ou d’un équipement, la responsabilité du fabricant peut être recherchée sur le fondement de la responsabilité du fait des produits défectueux (articles 1245 et suivants du Code civil). Cette voie de recours est particulièrement pertinente lorsqu’un composant mécanique a cédé ou qu’une conception inadaptée est à l’origine de l’accident.

Cumul des responsabilités

Il est tout à fait possible de rechercher simultanément la responsabilité de l’exploitant du parc, du fabricant de l’attraction et de toute autre personne ayant contribué au dommage. Le principe de la réparation intégrale du préjudice impose que la victime soit indemnisée de l’intégralité de ses dommages, quel que soit le nombre de responsables.

Les démarches à effectuer après un accident dans un parc d’attractions

Les premières heures et les premiers jours après un accident dans un parc de loisirs sont déterminants pour la suite de la procédure d’indemnisation. La victime — ou ses proches — doit constituer un dossier solide dès le départ.

Sur place : les réflexes essentiels

  • Alerter les secours et demander une prise en charge médicale immédiate
  • Signaler l’accident à la direction du parc et exiger un rapport d’incident écrit (fiche d’événement)
  • Rassembler des preuves : prendre des photos des lieux, de l’attraction, des blessures visibles et de tout élément qui pourrait expliquer l’accident
  • Identifier les témoins et recueillir leurs coordonnées
  • Conserver les billets d’entrée, bracelets, reçus et tout document attestant de la présence dans le parc

Dans les jours qui suivent

  • Consulter un médecin pour obtenir un certificat médical initial (CMI) décrivant précisément les blessures constatées
  • Déclarer le sinistre à son assurance personnelle (garantie accidents de la vie, assurance habitation, carte bancaire avec assurance voyage)
  • Conserver tous les justificatifs de frais médicaux, de transport, d’arrêt de travail
  • Ne signer aucun document remis par le parc d’attractions, en particulier une décharge de responsabilité ou un accord amiable immédiat
⚠️ Ne jamais signer de décharge de responsabilité sur place

Certains exploitants de parcs d’attractions proposent à la victime de signer un document sur place, parfois présenté comme un simple formulaire administratif. Il peut s’agir en réalité d’une décharge de responsabilité ou d’une transaction limitant les droits à indemnisation. La victime ne doit jamais signer de document sans avoir préalablement consulté un professionnel du droit.

Constituer un dossier d’indemnisation

Pour maximiser les chances d’obtenir une indemnisation juste et complète, la victime doit constituer un dossier complet comprenant :

  • Le certificat médical initial et tous les comptes rendus médicaux ultérieurs
  • Les justificatifs de frais (médicaux, paramédicaux, transport, aménagement du domicile)
  • Les preuves de la perte de revenus (bulletins de salaire, avis d’arrêt de travail)
  • Les photos, vidéos et témoignages recueillis
  • Le rapport d’incident établi par le parc
  • Éventuellement, le procès-verbal de constatation si les forces de l’ordre sont intervenues

La page consacrée aux dossiers d’indemnisation détaille l’ensemble des pièces à réunir et les étapes à suivre pour préparer un dossier solide.

📞 Un accident dans un parc d'attractions ?

La permanence de victime-info.fr aide les victimes d’accidents dans les parcs de loisirs à comprendre leurs droits et à constituer leur dossier d’indemnisation. Ce service est gratuit et confidentiel.

Comment se faire indemniser après un accident dans un parc d’attractions ?

Plusieurs voies d’indemnisation s’offrent à la victime d’un accident dans un parc de loisirs. Le choix dépend des circonstances de l’accident, de la gravité des blessures et de la réponse de l’exploitant du parc.

La procédure amiable avec l’assureur du parc

La première étape consiste généralement à adresser une réclamation à l’exploitant du parc et à son assureur en responsabilité civile. La victime expose les faits, produit les preuves de l’accident et chiffre son préjudice. L’assureur mandate alors un médecin expert pour évaluer les blessures.

Cette procédure amiable peut aboutir à une offre d’indemnisation. Toutefois, la première offre proposée par l’assureur est très souvent insuffisante par rapport au préjudice réellement subi.

⚠️ Première offre de l'assureur : prudence

L’assureur du parc d’attractions a pour objectif de limiter le montant de l’indemnisation. La première offre est presque systématiquement sous-évaluée. La victime a tout intérêt à la faire analyser par un professionnel avant de l’accepter. Il est possible de contester et négocier l’offre d’indemnisation proposée.

L’expertise médicale : une étape déterminante

L’expertise médicale est le pivot central de la procédure d’indemnisation. Elle détermine la nature et l’étendue des séquelles, la date de consolidation, le taux de déficit fonctionnel et l’ensemble des préjudices subis par la victime.

Il est vivement recommandé à la victime de se faire assister par un médecin-conseil de recours lors de cette expertise. Ce professionnel, indépendant de l’assureur, défend les intérêts de la victime et veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués.

Le rôle du médecin-conseil de victime

Le médecin-conseil de recours est un médecin spécialisé en évaluation du dommage corporel qui accompagne la victime lors de l’expertise médicale. Son intervention permet de rééquilibrer les rapports de force face au médecin mandaté par l’assureur. Le rôle du médecin expert et les enjeux de l’expertise sont détaillés dans la rubrique dédiée du site.

La procédure judiciaire

Si la procédure amiable n’aboutit pas ou si l’offre d’indemnisation reste insuffisante malgré les négociations, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la condamnation de l’exploitant du parc à l’indemniser. Le recours judiciaire permet d’obtenir des indemnisations généralement plus élevées que celles proposées en amiable.

Le juge se prononce en tenant compte de la nomenclature Dintilhac, qui recense l’ensemble des postes de préjudice indemnisables, et du référentiel Mornet, qui fournit des montants indicatifs.

L’activation de son assurance personnelle

Parallèlement au recours contre l’exploitant du parc, la victime peut activer ses propres garanties d’assurance. La garantie accidents de la vie (GAV) est la plus pertinente dans ce type de situation. Elle intervient indépendamment de la responsabilité d’un tiers et couvre notamment les accidents domestiques et de loisirs.

Il est également utile de vérifier les garanties de son assurance habitation, de sa carte bancaire (certaines incluent une assurance voyage et loisirs) et de toute assurance individuelle accident souscrite.

💡 Cas pratique : chute d'un manège dans un parc de loisirs

Monsieur D., 38 ans, se rend avec sa famille dans un parc d’attractions. Lors d’un tour de manège, le système de retenue se desserre et Monsieur D. est projeté hors de son siège. Il subit une fracture du poignet, un traumatisme cervical et un choc psychologique important.

Il fait constater ses blessures aux urgences le jour même, signale l’accident à la direction du parc et recueille les coordonnées de trois témoins. Il adresse ensuite une réclamation à l’assureur du parc. L’expertise médicale, réalisée en présence d’un médecin-conseil de victime, conclut à une consolidation après 8 mois et à un déficit fonctionnel permanent de 5 %.

L’assureur propose une première offre de 12 000 euros. Monsieur D., accompagné par un avocat spécialisé en droit du dommage corporel, conteste cette offre et obtient finalement 34 000 euros, incluant les souffrances endurées, le déficit fonctionnel, le préjudice d’agrément et les pertes de revenus.

Quels préjudices sont indemnisables après un accident dans un parc d’attractions ?

L’indemnisation d’un accident dans un parc de loisirs obéit au principe de la réparation intégrale du préjudice. La victime a droit à la compensation de l’ensemble des dommages subis, qu’ils soient physiques, psychologiques ou économiques.

Les préjudices patrimoniaux (économiques)

  • Frais médicaux et paramédicaux restés à charge (hospitalisation, rééducation, appareillage, prothèses)
  • Frais d’adaptation du logement ou du véhicule en cas de handicap
  • Pertes de revenus pendant la période d’incapacité temporaire
  • Incidence professionnelle : perte d’emploi, reclassement, diminution de capacité de gains
  • Assistance par tierce personne : coût de l’aide humaine nécessaire au quotidien

Les préjudices extrapatrimoniaux (personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne subie dans la vie quotidienne avant la consolidation
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) : séquelles définitives après la consolidation, évalué par un taux d’AIPP
  • Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales subies
  • Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté à pratiquer ses activités de loisirs habituelles
  • Préjudice esthétique : atteinte à l’apparence physique (cicatrices, déformations)
  • Préjudice moral : choc émotionnel, syndrome de stress post-traumatique
📊 Ordres de grandeur des indemnisations

L’indemnisation d’un accident dans un parc d’attractions varie considérablement selon la gravité des blessures. À titre indicatif :
— Blessures légères (entorse, contusions) : 2 000 à 8 000 euros
— Fractures simples avec séquelles modérées : 10 000 à 40 000 euros
— Traumatismes graves (traumatisme crânien, lésion médullaire) : 100 000 à plusieurs millions d’euros
Le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels permet d’obtenir une première estimation.

Les préjudices des proches (victimes par ricochet)

Lorsque l’accident entraîne des blessures graves ou le décès de la victime, les proches peuvent également demander l’indemnisation de leur propre préjudice : préjudice d’affection, préjudice d’accompagnement, perte de revenus du foyer. Ce sont les victimes par ricochet.

Les délais de prescription à connaître

La question des délais est cruciale en matière d’indemnisation. Toute action tardive peut entraîner la perte définitive du droit à indemnisation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de la consolidation médicale du dommage initial ou aggravé. Ce délai de 10 ans s’applique aux accidents dans les parcs d’attractions relevant de la responsabilité civile.

Pour les victimes mineures au moment de l’accident, le délai de prescription ne commence à courir qu’à leur majorité. La consolidation médicale correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé de manière permanente, sans amélioration ni aggravation prévisible.

Consolidation et prescription

La date de consolidation est fixée par le médecin expert lors de l’expertise médicale. Elle ne doit pas être confondue avec la date de guérison. La victime peut être consolidée tout en conservant des séquelles permanentes. Un certificat médical de consolidation est établi à cette occasion. C’est à partir de cette date que court le délai de prescription de 10 ans.

Les clauses d’exonération des parcs d’attractions sont-elles valables ?

De nombreux parcs d’attractions affichent des clauses exonératoires sur leurs billets d’entrée, aux entrées des attractions ou dans leurs conditions générales : « La direction décline toute responsabilité en cas d’accident », « L’utilisation des attractions se fait aux risques et périls du visiteur ».

Ces clauses sont-elles opposables à la victime ?

📌 Les clauses d'exonération sont nulles en matière de dommage corporel

En droit français, les clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité sont réputées non écrites lorsqu’elles portent sur un dommage corporel. L’exploitant d’un parc d’attractions ne peut pas s’exonérer contractuellement de son obligation de sécurité envers les visiteurs en matière d’atteinte à l’intégrité physique. Toute clause en ce sens est sans effet juridique.

Ainsi, même si la victime a signé un document ou accepté des conditions générales comportant une clause d’exonération, celle-ci ne peut pas lui être opposée pour refuser l’indemnisation d’un préjudice corporel. Ce principe, issu de la jurisprudence constante de la Cour de cassation, protège pleinement les droits des victimes.

Le cas particulier de la faute de la victime

L’exploitant du parc peut invoquer la faute de la victime pour tenter de réduire, voire de supprimer, l’indemnisation. Cette défense est toutefois encadrée strictement par la jurisprudence.

Non-respect des consignes de sécurité

Si la victime n’a pas respecté les consignes de sécurité clairement affichées et portées à sa connaissance (taille minimale, contre-indications médicales, interdiction de se lever pendant l’attraction), un partage de responsabilité peut être retenu. La réduction de l’indemnisation est alors proportionnelle à la gravité de la faute commise.

La faute doit être la cause exclusive de l’accident

Pour que la faute de la victime exonère totalement l’exploitant, elle doit présenter les caractères de la force majeure : être imprévisible, irrésistible et extérieure. En pratique, cette exonération totale est extrêmement rare dans les accidents de parcs d’attractions.

💡 Cas pratique : faute partagée dans un parc aquatique

Madame L., 29 ans, emprunte un toboggan aquatique dans un parc de loisirs. Malgré l’interdiction affichée de descendre la tête en avant, elle s’élance dans cette position et se blesse en heurtant le fond du bassin de réception, dont la profondeur s’avère insuffisante par rapport aux normes en vigueur.

L’expertise révèle un double manquement : la victime n’a pas respecté la consigne d’utilisation, mais l’exploitant avait installé un bassin de réception non conforme. Le tribunal retient un partage de responsabilité : 30 % à la charge de la victime, 70 % à la charge de l’exploitant. L’indemnisation est réduite en conséquence, mais la victime conserve le droit à une réparation significative.

Accident dans un parc d’attractions : le cas des enfants

Les enfants constituent une part importante des visiteurs de parcs d’attractions et sont particulièrement vulnérables. Le droit protège renforcé l’enfant victime d’un accident.

L’exploitant du parc a une obligation de sécurité renforcée à l’égard des mineurs. Il doit adapter ses installations, sa signalétique et sa surveillance à la présence d’enfants. L’absence de dispositif de sécurité adapté à la taille ou à l’âge des enfants constitue une faute engageant sa responsabilité.

En cas d’accident impliquant un enfant, ce sont les parents ou le représentant légal qui exercent l’action en indemnisation au nom de l’enfant. Les règles d’indemnisation des accidents d’enfants présentent des spécificités, notamment en ce qui concerne l’évaluation du préjudice futur (incidence professionnelle, préjudice scolaire).

La prescription pour les enfants victimes

Lorsque la victime d’un accident dans un parc d’attractions est mineure, le délai de prescription de 10 ans ne commence à courir qu’à compter de sa majorité (18 ans), ou à compter de la date de consolidation si celle-ci intervient après la majorité. Les parents ont donc le temps d’engager les démarches, mais il est recommandé de ne pas attendre pour rassembler les preuves.

Se faire accompagner pour maximiser l’indemnisation

La complexité des procédures d’indemnisation après un accident dans un parc d’attractions rend l’accompagnement par des professionnels particulièrement précieux. La victime dispose de plusieurs leviers pour défendre au mieux ses intérêts.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel maîtrise les subtilités juridiques de ce domaine et connaît les montants habituellement accordés par les tribunaux. Il peut négocier avec l’assureur sur des bases solides et, si nécessaire, engager une procédure judiciaire.

Le médecin-conseil de recours

Comme évoqué précédemment, le médecin-conseil de recours accompagne la victime lors de l’expertise médicale. Son expertise permet de s’assurer que l’ensemble des séquelles est pris en compte et correctement évalué.

Les associations d’aide aux victimes

Des associations spécialisées comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, proposent un accompagnement gratuit : écoute, orientation, aide à la constitution du dossier, mise en relation avec des professionnels compétents.

📌 Les 5 réflexes après un accident dans un parc d'attractions

1. Faire constater ses blessures immédiatement et obtenir un certificat médical initial
2. Signaler l’accident à la direction du parc et demander un rapport d’incident écrit
3. Rassembler un maximum de preuves (photos, témoins, billets d’entrée)
4. Ne rien signer sur place et ne pas accepter la première offre de l’assureur
5. Se faire accompagner par un avocat spécialisé et un médecin-conseil de victime

FAQ : accident dans un parc d’attractions et indemnisation

Questions fréquentes


L'exploitant d'un parc d'attractions est-il automatiquement responsable en cas d'accident ?

Pour les attractions passives (grand huit, manège, train fantôme), l’exploitant est tenu d’une obligation de sécurité de résultat : il est responsable dès lors qu’un accident survient, sauf en cas de force majeure ou de faute exclusive de la victime. Pour les attractions actives (parcours d’accrobranche, karting), l’obligation est de moyens : la victime doit prouver un manquement de l’exploitant. Dans les deux cas, l’exploitant est soumis à une obligation de sécurité envers ses visiteurs.


Quel est le délai pour agir après un accident dans un parc d'attractions ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation médicale du dommage (article 2226 du Code civil). Pour les victimes mineures, ce délai ne commence à courir qu’à leur majorité. Il est toutefois fortement recommandé d’engager les démarches le plus rapidement possible afin de préserver les preuves.


La clause 'aux risques et périls du visiteur' peut-elle empêcher l'indemnisation ?

Non. En droit français, les clauses exonératoires de responsabilité sont nulles et sans effet lorsqu’elles portent sur un dommage corporel. L’exploitant ne peut pas opposer ce type de clause à une victime blessée dans son parc d’attractions. La victime conserve l’intégralité de ses droits à indemnisation.


Peut-on être indemnisé si l'on a commis une faute ayant contribué à l'accident ?

Oui, dans la plupart des cas. La faute de la victime (non-respect d’une consigne de sécurité par exemple) peut entraîner un partage de responsabilité et une réduction proportionnelle de l’indemnisation, mais elle n’exclut pas le droit à indemnisation, sauf dans l’hypothèse très rare d’une faute présentant les caractères de la force majeure.


Quelles assurances peuvent intervenir après un accident dans un parc d'attractions ?

Plusieurs assurances peuvent être mobilisées : la garantie accidents de la vie (GAV), l’assurance habitation (volet responsabilité civile et protection juridique), l’assurance scolaire si l’enfant était en sortie scolaire, ou encore l’assurance liée à la carte bancaire ayant servi à acheter les billets. Il convient de vérifier l’ensemble de ses contrats.


Combien de temps dure une procédure d'indemnisation pour un accident dans un parc de loisirs ?

La durée varie considérablement. En procédure amiable, il faut compter entre 6 mois et 2 ans, principalement en raison du délai nécessaire pour atteindre la consolidation médicale. En procédure judiciaire, les délais s’allongent : entre 1 et 3 ans en moyenne. La page dédiée aux délais d’indemnisation fournit des informations détaillées.


📞 Besoin d'accompagnement après un accident dans un parc d'attractions ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents dans les parcs de loisirs. Orientation juridique, aide à la constitution du dossier, mise en relation avec des professionnels spécialisés : chaque situation est étudiée individuellement.

Témoignages

Bon alors moi c’est un truc qui m’est arrivé ya un an et demi dans un parc d’attractions assez connu dans le sud. Le harnais du manège s’est desserré pendant l’attraction et j’ai été projeté sur le coté, fracture du poignet + entorse cervicale. L’assurance du parc m’a proposé 7000€ au bout de 6 mois.. j’ai refusé sur les conseils de victime-info.fr qui m’a orienté vers un avocat spécialisé. Au final j’ai obtenu 28000€ après expertise avec un médecin conseil. Franchement ça vaut le coup de pas accepter la première offre

— Marc, 42 ans, accident de manège dans un parc d'attractions

Ma fille s’est blessée dans un parc aquatique l’été dernier, elle a glissé sur une surface qui était pas sécurisée du tout près des toboggans. Résultat fracture du coude et 2 mois de plâtre en plein été.. j’ai d’abord cru qu’on pouvait rien faire puis j’ai trouvé ce site qui explique super bien les démarches. On a fait jouer la garantie accidents de la vie + la responsabilité du parc. C’est long mais au moins on sait qu’on est dans notre droit

— Céline, maman d'une fillette de 7 ans blessée dans un parc aquatique

Honnêtement si j’avais pas fait mes recherches j’aurais signé le papier que le parc m’a tendu le jour même de l’accident.. c’était genre une décharge de responsabilité déguisée en formulaire d’incident. J’ai eu un accident de kart dans le parc, l’autre véhicule avait un problème de frein et m’a percuté par l’arrière. Douleurs aux cervicales pendant des mois. J’ai tout documenté, photos témoins et tout, et j’ai contacté la permanence de victime-info qui m’a bien aiguillé. Procédure en cours mais je suis confiant

— Julien, 31 ans, blessé sur une attraction de kart