Logo victime-info.fr victime-info.fr Contacter la permanence

Intoxication alimentaire : recours et indemnisation des victimes

Salmonellose après un repas au restaurant, listériose provoquée par un produit alimentaire contaminé, intoxication collective lors d’un événement… Chaque année en France, des milliers de personnes sont victimes d’intoxication alimentaire aux conséquences parfois très graves. Diarrhées sévères, hospitalisations, séquelles digestives durables, voire décès dans les cas les plus extrêmes : les dommages causés par une toxi-infection alimentaire ouvrent droit à une indemnisation complète des préjudices subis.

Pourtant, beaucoup de victimes ignorent leurs droits ou renoncent à agir, pensant que les démarches sont trop complexes. Ce guide détaille les recours juridiques, les responsabilités engagées et les principes fondamentaux de l’indemnisation corporelle applicables aux cas d’intoxication alimentaire. L’objectif : permettre à chaque personne concernée de faire valoir ses droits et d’obtenir la réparation intégrale de son préjudice.

La permanence victime-info.fr est disponible

En cas de doute sur les démarches à entreprendre après une intoxication alimentaire, la permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter gratuitement toute personne concernée. Contacter la permanence.

Qu’est-ce qu’une intoxication alimentaire au sens juridique ?

L’intoxication alimentaire, aussi appelée toxi-infection alimentaire (TIA), désigne l’ensemble des troubles de santé provoqués par l’ingestion d’aliments ou de boissons contaminés par des bactéries, des virus, des parasites ou des toxines. Les agents pathogènes les plus fréquemment en cause sont la salmonelle, le staphylocoque doré, le campylobacter, la listeria et l’E. coli.

Du point de vue juridique, l’intoxication alimentaire constitue un dommage corporel dès lors qu’elle entraîne une atteinte à l’intégrité physique de la victime. Même si les symptômes sont temporaires (vomissements, diarrhées, fièvre), la victime subit un préjudice indemnisable. Lorsque les conséquences sont plus graves — hospitalisation, séquelles digestives chroniques, syndrome de l’intestin irritable post-infectieux —, le déficit fonctionnel temporaire et les autres postes de préjudice peuvent atteindre des montants significatifs.

📊 L'intoxication alimentaire en France

Selon Santé publique France, on recense entre 1 et 2 millions de cas d’intoxication alimentaire par an. Environ 17 000 hospitalisations et 200 à 250 décès sont liés chaque année à une toxi-infection alimentaire. Les cas les plus graves concernent la listériose et les infections à E. coli producteur de toxine Shiga.

Il est important de distinguer deux situations :

  • L’intoxication alimentaire isolée : une seule personne est touchée après un repas (restaurant, plat préparé, produit acheté en grande surface).
  • La toxi-infection alimentaire collective (TIAC) : au moins deux personnes présentent des symptômes similaires après avoir consommé le même aliment. Les TIAC font l’objet d’une déclaration obligatoire auprès de l’ARS (Agence régionale de santé), ce qui facilite ensuite la preuve du lien de causalité.

Dans les deux cas, la victime dispose de recours pour obtenir la réparation intégrale de son dommage corporel.

Qui est responsable en cas d’intoxication alimentaire ?

La question de la responsabilité est centrale dans toute démarche d’indemnisation. En matière d’intoxication alimentaire, plusieurs acteurs peuvent être mis en cause, selon les circonstances.

Le restaurateur ou traiteur

Le restaurateur est soumis à une obligation de sécurité de résultat concernant les aliments qu’il sert. Cela signifie qu’il ne suffit pas qu’il ait pris des précautions : si l’aliment servi rend malade un client, sa responsabilité est engagée. La victime n’a pas à prouver une faute, mais seulement le lien entre le repas et l’intoxication.

⚖️ Article 1245 et suivants du Code civil (responsabilité du fait des produits défectueux)

Le producteur (ou celui qui, comme un restaurateur, transforme et sert un produit) est responsable du dommage causé par un défaut de son produit, qu’il soit ou non lié par un contrat avec la victime. Un aliment contaminé est considéré comme un produit défectueux au sens de la loi.

Le fabricant ou producteur alimentaire

Lorsque l’intoxication est causée par un produit acheté en magasin (plat préparé, viande contaminée, fromage contenant de la listeria…), c’est le fabricant qui est principalement responsable au titre de la responsabilité du fait des produits défectueux. Le distributeur (supermarché, épicerie) peut également être mis en cause s’il a mal conservé le produit.

Le distributeur ou commerçant

Un magasin qui rompt la chaîne du froid, qui vend un produit dont la date limite de consommation est dépassée, ou qui stocke des aliments dans des conditions inadaptées engage sa responsabilité. La victime peut agir contre lui sur le fondement de la mise en cause du responsable.

L’organisateur d’un événement

Lors d’un mariage, d’une fête d’entreprise, d’un événement associatif, l’organisateur a une obligation de sécurité vis-à-vis de ses invités ou participants. S’il fait appel à un traiteur, il peut se retourner contre celui-ci, mais la victime peut aussi agir directement contre l’organisateur.

💡 Cas pratique : intoxication lors d'un repas de mariage

Une famille de 4 personnes est victime d’une intoxication à la salmonelle après le repas d’un mariage. Les parents et les deux enfants sont hospitalisés pendant 3 jours. Le traiteur n’avait pas respecté les normes de conservation des produits à base d’oeufs. La famille engage la responsabilité du traiteur et de l’organisateur. Après expertise, chaque adulte obtient l’indemnisation du déficit fonctionnel temporaire (classe 3 pendant 10 jours, puis classe 1 pendant 3 semaines), des souffrances endurées, et des frais médicaux non pris en charge. L’indemnisation totale pour la famille dépasse 12 000 euros.

Les différents recours pour la victime d’une intoxication alimentaire

Plusieurs voies s’offrent à la victime d’une intoxication alimentaire pour obtenir réparation. Le choix dépend de la gravité du dommage, de l’identification du responsable et du contexte (produit défectueux, faute d’un professionnel, etc.).

Le recours amiable auprès de l’assurance du responsable

La première étape consiste souvent à adresser une lettre de mise en demeure au responsable identifié (restaurateur, fabricant, distributeur), en lui demandant de transmettre le dossier à son assurance de responsabilité civile professionnelle. Cette démarche est similaire à celle décrite dans les modèles de lettres pour l’indemnisation.

L’assureur du responsable peut proposer une indemnisation amiable. Cependant, les premières offres sont souvent très insuffisantes.

⚠️ Ne pas accepter la première offre de l'assureur

Les compagnies d’assurance proposent fréquemment des montants bien en dessous de ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal. Il est indispensable de faire évaluer ses préjudices par un médecin conseil indépendant avant d’accepter toute proposition. Une fois l’offre acceptée, il est quasiment impossible de revenir dessus.

L’action en justice devant le tribunal

Si la voie amiable échoue ou si les montants proposés sont insuffisants, la victime peut saisir le tribunal. Selon les montants en jeu :

  • Tribunal judiciaire pour les demandes supérieures à 10 000 euros.
  • Tribunal de proximité (ex juge de proximité) pour les demandes inférieures à 10 000 euros.

L’action peut être fondée sur la responsabilité contractuelle (si la victime est cliente du restaurant ou a acheté le produit), sur la responsabilité du fait des produits défectueux, ou sur la responsabilité délictuelle (article 1240 du Code civil) en cas de faute avérée.

La plainte pénale

En cas d’intoxication grave ou de décès, la victime ou ses proches peuvent déposer plainte auprès du procureur de la République. Les infractions potentielles sont :

  • Blessures involontaires (article 222-19 du Code pénal) si l’intoxication a causé une ITT supérieure à 3 mois.
  • Mise en danger de la vie d’autrui (article 223-1 du Code pénal).
  • Tromperie sur les qualités substantielles d’un produit (article L441-1 du Code de la consommation).
  • Homicide involontaire en cas de décès (article 221-6 du Code pénal).

La victime peut se constituer partie civile dans le cadre de la procédure pénale afin d’obtenir des dommages et intérêts.

L'enquête sanitaire facilite les démarches

Lorsqu’une TIAC est déclarée, l’ARS et la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) mènent une enquête. Les résultats de cette enquête constituent des preuves précieuses : identification de l’agent pathogène, mise en évidence du non-respect des normes d’hygiène, traçabilité du produit contaminé. La victime a tout intérêt à demander une copie de ces rapports.

Le recours via un contrat Garantie Accidents de la Vie (GAV)

Si la victime dispose d’un contrat Garantie Accidents de la Vie, celui-ci peut couvrir les conséquences d’une intoxication alimentaire, même lorsque le responsable n’est pas identifié ou en cas d’autocontamination. La GAV intervient généralement à partir d’un certain seuil d’AIPP (souvent 30 %, ce qui limite son utilité pour les cas les moins graves). Il est essentiel de vérifier les conditions de son contrat.

Les démarches concrètes pour obtenir une indemnisation

Obtenir l’indemnisation de son préjudice après une intoxication alimentaire suppose de suivre un parcours méthodique. Voici les étapes essentielles.

Étape 1 : Consulter un médecin immédiatement

La première chose à faire est de consulter un médecin le plus rapidement possible. Ce dernier établira un certificat médical initial décrivant les symptômes, le diagnostic et le traitement prescrit. Ce document est fondamental : il constitue la preuve médicale du dommage corporel et du lien chronologique entre le repas et l’intoxication.

En cas d’hospitalisation, le dossier médical hospitalier viendra compléter les preuves.

Étape 2 : Conserver toutes les preuves

La victime doit réunir un maximum d’éléments pour prouver :

  • La consommation de l’aliment en cause : ticket de caisse, facture du restaurant, photo du plat, ticket de carte bleue, témoignages de convives.
  • Le lien de causalité : certificat médical avec l’agent pathogène identifié (coproculture), chronologie précise (délai entre le repas et les symptômes), résultats d’analyses bactériologiques.
  • Le préjudice subi : arrêt de travail, frais médicaux, frais d’hospitalisation, photos de l’état de santé, témoignages de l’entourage.
📌 Les preuves indispensables à conserver

En résumé, la victime d’une intoxication alimentaire doit conserver : le certificat médical initial, les résultats de la coproculture, les tickets de caisse et factures, les photos éventuelles de l’aliment, les témoignages de personnes ayant partagé le même repas, tous les justificatifs de frais (pharmacie, transport, perte de revenus), et si possible un échantillon de l’aliment suspect (conservé au réfrigérateur dans un sac hermétique).

Étape 3 : Signaler l’intoxication aux autorités

Il est recommandé de signaler l’intoxication :

  • À la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) ou à la DDCSPP, qui pourra diligenter un contrôle sanitaire.
  • Au médecin traitant, qui peut effectuer un signalement à l’ARS si une TIAC est suspectée.
  • Éventuellement au centre antipoison en cas d’intoxication grave.

Étape 4 : Adresser une mise en demeure au responsable

Une lettre recommandée avec accusé de réception doit être envoyée au responsable identifié pour lui demander de déclarer le sinistre auprès de son assureur. Cette lettre doit contenir un exposé des faits, les pièces justificatives et une demande d’indemnisation. Des modèles de courriers sont disponibles sur victime-info.fr.

Étape 5 : L’expertise médicale

L’assureur du responsable mandatera un médecin expert pour évaluer les préjudices. La victime a le droit — et tout intérêt — à se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de cette expertise. Ce médecin défendra les intérêts de la victime face au médecin expert de l’assurance, qui tend à minimiser les dommages.

⚠️ Ne pas se rendre seul à l'expertise médicale

L’expertise médicale est un moment décisif dans le processus d’indemnisation. Le médecin expert mandaté par l’assureur n’est pas neutre. Se faire accompagner par un médecin conseil indépendant permet de s’assurer que tous les préjudices sont correctement évalués et que rien n’est sous-estimé.

Les postes de préjudice indemnisables après une intoxication alimentaire

L’indemnisation d’une intoxication alimentaire repose sur la nomenclature Dintilhac, qui recense l’ensemble des postes de préjudice corporel. Les postes de préjudice les plus fréquemment indemnisés dans ce contexte sont les suivants.

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : il correspond à la gêne subie dans la vie quotidienne pendant la période de maladie. L’intoxication alimentaire entraîne un DFT de classe 3 ou 4 durant la phase aiguë (alitement, impossibilité de s’occuper de soi), puis un DFT de classe 1 ou 2 pendant la convalescence.
  • Souffrances endurées : douleurs abdominales, nausées, vomissements, crampes, déshydratation… Les souffrances physiques et morales sont évaluées sur une échelle de 0 à 7. Pour une intoxication classique, elles se situent entre 1/7 et 3/7. Pour les cas graves avec hospitalisation en réanimation, elles peuvent atteindre 4/7 ou plus. Voir le barème du pretium doloris.
  • Préjudice esthétique temporaire : en cas d’amaigrissement visible, de perfusion, de sonde nasogastrique durant l’hospitalisation. Voir le préjudice esthétique temporaire.
  • Frais médicaux (dépenses de santé actuelles) : hospitalisation, consultations, médicaments, analyses biologiques. Les frais non remboursés par la Sécurité sociale et la mutuelle sont indemnisés.
  • Perte de gains professionnels actuels : si la victime a dû être arrêtée et a subi une perte de revenus.

Les préjudices permanents (après consolidation)

Dans les cas les plus graves, l’intoxication alimentaire peut laisser des séquelles durables :

  • AIPP / DFP (atteinte à l’intégrité physique et psychique / déficit fonctionnel permanent) : syndrome de l’intestin irritable post-infectieux, insuffisance rénale après un syndrome hémolytique et urémique (SHU), troubles neurologiques (listériose). Voir le barème de l’AIPP.
  • Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer certaines activités (sport, loisirs) en raison des séquelles digestives.
  • Perte de gains professionnels futurs : si les séquelles empêchent la victime de reprendre son activité professionnelle antérieure.
⚖️ Article 1240 du Code civil

Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Ce texte fonde la responsabilité civile délictuelle et s’applique notamment lorsque le responsable de l’intoxication a commis une faute (non-respect des normes d’hygiène, vente d’un produit périmé, etc.).

Les préjudices des proches (victimes indirectes)

En cas de décès ou de séquelles très graves suite à une intoxication alimentaire, les proches de la victime peuvent également être indemnisés :

  • Préjudice d’affection : souffrance morale ressentie par les proches. Voir le barème d’indemnisation du préjudice moral.
  • Préjudice économique : si la victime décédée contribuait financièrement aux besoins de la famille.
  • Frais d’obsèques : en cas de décès.

Montants d’indemnisation : exemples et fourchettes

Les montants d’indemnisation varient considérablement selon la gravité de l’intoxication, la durée des symptômes, l’existence de séquelles et l’impact sur la vie professionnelle et personnelle de la victime. Voici quelques repères.

📊 Fourchettes indicatives d'indemnisation

Intoxication bénigne (quelques jours de symptômes, pas d’hospitalisation) : 500 à 3 000 euros. Intoxication modérée (hospitalisation de 2 à 7 jours, arrêt de travail de 2 à 4 semaines) : 3 000 à 15 000 euros. Intoxication grave (réanimation, séquelles permanentes, SHU, méningite à listeria) : 15 000 à plus de 200 000 euros. Décès suite à intoxication alimentaire : l’indemnisation des proches peut dépasser 100 000 euros (préjudice d’affection, préjudice économique, frais d’obsèques).

💡 Cas pratique : salmonellose après un repas au restaurant

Une personne de 45 ans contracte une salmonellose sévère après avoir consommé un tartare de boeuf dans un restaurant. Elle est hospitalisée 5 jours, en arrêt de travail pendant 3 semaines, et conserve un syndrome de l’intestin irritable pendant 6 mois. L’expert médical retient un DFT total de 5 jours (classe 4), un DFT partiel de 16 jours (classe 2), des souffrances endurées de 2,5/7 et un préjudice esthétique temporaire de 1/7. L’indemnisation obtenue après procédure amiable : environ 8 500 euros (hors remboursement des frais médicaux et perte de revenus).

Des exemples concrets d’indemnisation en dommage corporel sont consultables sur victime-info.fr. Le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels permet également d’obtenir une première estimation chiffrée.

📞 Estimer son indemnisation

Le simulateur de victime-info.fr permet d’obtenir une estimation gratuite et confidentielle des montants d’indemnisation en fonction des préjudices subis.

Délais de prescription et pièges à éviter

La victime d’une intoxication alimentaire ne dispose pas d’un temps illimité pour agir. Les délais d’indemnisation et de prescription doivent impérativement être respectés.

Délais de prescription

  • En matière civile (responsabilité du fait des produits défectueux) : la victime dispose de 3 ans à compter de la date à laquelle elle a eu connaissance du dommage, de l’identité du responsable et du défaut du produit. Un délai butoir de 10 ans court à compter de la mise en circulation du produit.
  • En matière de droit commun (responsabilité délictuelle, article 1240) : le délai est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage corporel (article 2226 du Code civil).
  • En matière pénale : le délai de prescription de l’action publique est de 6 ans pour les délits (blessures involontaires).
⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai de prescription s’applique à toutes les actions en réparation de dommage corporel, y compris celles liées à une intoxication alimentaire.

Les erreurs à ne pas commettre

⚠️ Les pièges les plus courants

Les victimes d’intoxication alimentaire commettent fréquemment ces erreurs : ne pas consulter de médecin rapidement (ce qui rend plus difficile la preuve du lien de causalité), jeter l’aliment suspect au lieu de le conserver pour analyse, accepter un chèque de « geste commercial » du restaurant en signant une décharge, ne pas faire de coproculture (analyse des selles) permettant d’identifier l’agent pathogène, et surtout accepter la première offre d’indemnisation de l’assureur sans se faire conseiller.

Se faire accompagner : avocat et médecin conseil

Le recours à des professionnels spécialisés est vivement recommandé pour optimiser l’indemnisation.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

Un avocat spécialisé en dommage corporel connaît les mécanismes d’indemnisation, les jurisprudences applicables et les techniques de négociation face aux assureurs. Son intervention est particulièrement utile dans les cas graves ou lorsque la responsabilité est contestée.

Le médecin conseil de victimes

Distinct du médecin expert mandaté par l’assureur, le médecin conseil de victimes accompagne la personne lors de l’expertise médicale. Il veille à ce que tous les préjudices soient correctement décrits et évalués. Son rôle est déterminant pour obtenir une juste indemnisation.

Victime-info.fr : un accompagnement gratuit

Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), propose un service d’information et d’orientation gratuit. La permanence aide les victimes à comprendre leurs droits, à identifier les démarches prioritaires et à être orientées vers les professionnels compétents (avocats spécialisés, médecins conseil de victimes).

L’intoxication alimentaire : un accident de la vie

L’intoxication alimentaire est juridiquement classée parmi les accidents de la vie. Comme pour une chute dans un lieu public ou un accident domestique, la victime dispose de recours permettant d’obtenir la réparation intégrale de ses préjudices. La démarche reste la même : prouver le dommage, identifier le responsable, quantifier le préjudice et négocier ou saisir la justice.

Questions fréquentes sur l’intoxication alimentaire et l’indemnisation

Questions fréquentes


Comment prouver qu'une intoxication alimentaire a été causée par un restaurant ou un produit ?

La preuve repose sur un faisceau d’indices : certificat médical avec identification de l’agent pathogène (coproculture), concordance chronologique entre le repas et les symptômes (le délai d’incubation varie selon la bactérie), ticket de caisse ou facture prouvant la consommation, témoignages d’autres personnes ayant été malades après le même repas, et éventuellement résultats de l’enquête sanitaire menée par la DDPP. En cas de TIAC (toxi-infection alimentaire collective), la preuve est facilitée par le signalement officiel et l’enquête des autorités sanitaires.


Peut-on être indemnisé pour une intoxication alimentaire sans hospitalisation ?

Oui, absolument. Même une intoxication sans hospitalisation constitue un dommage corporel indemnisable dès lors qu’elle est médicalement constatée. Les préjudices indemnisables comprennent le déficit fonctionnel temporaire (gêne dans la vie quotidienne), les souffrances endurées (douleurs, nausées), la perte de revenus en cas d’arrêt de travail, et les frais médicaux non remboursés. Les montants seront évidemment moins élevés que pour une intoxication grave, mais la victime a tout de même droit à réparation.


Quel est le délai pour agir après une intoxication alimentaire ?

En droit commun, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation du dommage corporel (article 2226 du Code civil). En matière de produits défectueux, le délai est de 3 ans à compter de la connaissance du dommage, avec un butoir de 10 ans à compter de la mise en circulation du produit. En matière pénale, le délai est de 6 ans pour un délit (blessures involontaires). Il est toutefois recommandé d’agir le plus rapidement possible, car les preuves (analyses, témoignages) sont plus faciles à réunir dans les premiers jours suivant l’intoxication.


Que faire si le restaurant refuse de reconnaître sa responsabilité ?

Si le restaurateur ou son assureur refuse de reconnaître sa responsabilité, la victime dispose de plusieurs recours : signaler les faits à la DDPP qui pourra effectuer un contrôle sanitaire, déposer plainte pour blessures involontaires ou mise en danger d’autrui, saisir le tribunal judiciaire ou de proximité selon le montant demandé, ou encore se constituer partie civile dans le cadre d’une procédure pénale. L’assistance d’un avocat spécialisé est alors particulièrement recommandée.


Le contrat Garantie Accidents de la Vie (GAV) couvre-t-il l'intoxication alimentaire ?

Oui, la plupart des contrats GAV couvrent les intoxications alimentaires, qui sont classées parmi les accidents de la vie courante. Cependant, ces contrats n’interviennent généralement qu’au-delà d’un certain seuil de gravité (souvent 30 % d’AIPP), ce qui exclut la majorité des intoxications bénignes. Il est indispensable de vérifier les conditions générales de son contrat. La GAV peut être complémentaire à une action contre le responsable.


Peut-on être indemnisé si l'intoxication alimentaire a été causée par un plat cuisiné à la maison ?

Si la personne s’est intoxiquée avec un produit acheté en magasin (viande contaminée, fromage contenant de la listeria, produit ayant un défaut de fabrication), elle peut agir contre le fabricant au titre de la responsabilité du fait des produits défectueux. En revanche, si l’intoxication résulte d’une erreur de manipulation ou de conservation de la part de la personne elle-même, la responsabilité d’un tiers ne peut pas être engagée. La GAV peut alors intervenir si les séquelles sont suffisamment graves.


Conclusion : agir vite et se faire accompagner

L’intoxication alimentaire n’est pas un simple désagrément qu’il faut subir en silence. Dès lors qu’elle est causée par la faute ou la négligence d’un professionnel (restaurateur, fabricant, distributeur), la victime a droit à une indemnisation complète couvrant l’ensemble de ses préjudices : frais médicaux, souffrances, perte de revenus, séquelles permanentes.

Les clés d’une indemnisation réussie sont la rapidité d’action (consulter, conserver les preuves, signaler), la connaissance de ses droits (ne pas accepter la première offre) et l’accompagnement par des professionnels compétents (avocat spécialisé, médecin conseil de victimes). Le lexique de l’indemnisation peut aider à mieux comprendre les termes techniques employés tout au long du processus.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), informe et oriente gratuitement les victimes d’intoxication alimentaire dans leurs démarches d’indemnisation.

Témoignages

Bon alors moi c’etait en juillet dernier, un tartare dans un resto soit disant gastronomique. Résultat salmonellose, 4 jours d’hopital, 3 semaines d’arret. Le resto voulait juste offrir un bon d’achat lol. J’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué que je pouvais demander bien plus. Au final j’ai eu 6200€ d’indemnisation après expertise. Franchement faut pas se laisser faire

— Mathieu, 38 ans, intoxication dans un restaurant

Ma fille de 8 ans a été hospitalisée 6 jours suite à une intoxication à E.coli avec un steak haché pas assez cuit acheté en supermarché. Ca a été terrible, syndrome hémolytique, on a vraiment eu très peur.. L’assurance du fabricant nous a proposé 2000€ au debut. Avec l’aide d’un avocat spécialisé qu’on nous a recommandé on a obtenu presque 18000€. Mon conseil : ne signez JAMAIS le premier truc qu’on vous propose

— Céline, 52 ans, maman d'une enfant hospitalisée

Honnêtement je savais même pas qu’on pouvait être indemnisé pour ça. Y’a eu une intoxication collective au boulot, le traiteur de la cantine avait mal conservé les plats. On était 12 malades. La DDPP est venue faire un controle et c’est là que j’ai commencé à chercher sur internet. Grâce à ce site j’ai compris les démarches, j’ai pu monter mon dossier et au final j’ai touché 2800€ pour 10 jours de galère. C’est pas énorme mais c’est mieux que rien et surtout c’est notre droit

— Antoine, 29 ans, intoxication collective au travail