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Accident domestique : indemnisation, démarches et recours pour les victimes

Chaque année en France, les accidents domestiques causent près de 20 000 décès et provoquent des millions de blessures, parfois très graves. Chute dans l’escalier, brûlure en cuisine, intoxication, électrocution, noyade dans une piscine… Ces accidents de la vie courante surviennent au domicile et peuvent laisser des séquelles lourdes. Or, de nombreuses victimes ignorent qu’il existe des possibilités d’indemnisation, même en l’absence de tiers responsable. Ce guide complet détaille les droits des personnes accidentées, les démarches essentielles à entreprendre et les recours disponibles pour obtenir la réparation intégrale du préjudice. En cas de doute, la permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter gratuitement toute personne concernée.

📊 Accidents domestiques en France

Près de 20 000 décès par an et environ 4,5 millions de victimes nécessitant des soins médicaux. Les accidents domestiques représentent la 3e cause de mortalité en France, après les cancers et les maladies cardiovasculaires.

Qu’est-ce qu’un accident domestique ?

Un accident domestique est un accident de la vie courante qui survient au domicile ou dans ses abords immédiats : maison, appartement, jardin, garage, cave, terrasse ou dépendances. Il s’agit d’un événement soudain, imprévu et involontaire qui provoque des dommages corporels plus ou moins importants.

Contrairement aux accidents de la circulation régis par la loi Badinter, les accidents domestiques ne bénéficient pas d’un régime d’indemnisation automatique. La victime doit donc bien connaître ses droits pour ne pas passer à côté d’une indemnisation légitime.

Les accidents domestiques touchent particulièrement deux populations vulnérables : les enfants de moins de 5 ans (qui représentent environ 25 % des victimes) et les personnes âgées de plus de 65 ans (pour qui les chutes sont la première cause d’accident mortel à domicile).

Les principaux types d’accidents domestiques

Les accidents au domicile prennent des formes très variées. Voici les catégories les plus fréquentes :

  • Les chutes : chute dans l’escalier, glissade dans la salle de bain, chute d’une échelle ou d’un escabeau, chute dans le jardin. C’est le type d’accident domestique le plus courant et le plus meurtrier chez les personnes âgées.
  • Les brûlures : contact avec une plaque de cuisson, eau bouillante, fer à repasser, barbecue, produit chimique ménager. Les enfants en bas âge sont particulièrement exposés.
  • Les intoxications : ingestion de produits ménagers, intoxication au monoxyde de carbone, ingestion de médicaments par erreur, ingestion de plantes toxiques.
  • Les électrocutions : installation électrique défectueuse, appareil branché à proximité d’une source d’eau, prise mal protégée.
  • Les coupures et écrasements : accident de bricolage, blessure avec un outil de jardinage, coupure en cuisine, chute d’un objet lourd.
  • Les noyades : noyade dans une piscine privée, dans une baignoire (surtout chez les très jeunes enfants).
  • Les étouffements et suffocations : inhalation de petits objets par les nourrissons, étouffement alimentaire.
Type d’accident Exemples courants Population la plus touchée
Chutes Escaliers, baignoire, échelle, lit Personnes âgées, enfants
Brûlures Eau bouillante, four, barbecue, fer à repasser Enfants, adultes
Intoxications Produits ménagers, médicaments, monoxyde de carbone Enfants, personnes âgées
Électrocutions Prises électriques, appareils défectueux Enfants, bricoleurs
Coupures et plaies Couteaux, verre brisé, outils de cuisine Adultes
Étouffements Fausse route alimentaire, petits objets Enfants, personnes âgées
Noyades Piscine, baignoire Enfants de moins de 6 ans
Accident domestique ou accident de la vie courante ?

L’accident domestique est une sous-catégorie de l’accident de la vie courante. Ce dernier englobe également les accidents de sport, les accidents scolaires, les accidents de loisirs et les chutes dans un lieu public ou un commerce. Tous ces accidents peuvent donner lieu à indemnisation selon les circonstances.

L’indemnisation d’un accident domestique quand un tiers est responsable

Lorsqu’un accident domestique a été causé par la faute d’un tiers identifié, la victime a droit à une indemnisation intégrale de ses préjudices corporels. Le principe de la réparation intégrale impose que la personne blessée soit replacée dans la situation qui aurait été la sienne sans l’accident. Plusieurs cas de figure existent.

Un produit défectueux est en cause

Si l’accident résulte d’un appareil électroménager défectueux, d’un meuble instable, d’un jouet dangereux ou d’un produit alimentaire contaminé, le fabricant ou le distributeur engage sa responsabilité. Le régime applicable est celui de la responsabilité du fait des produits défectueux.

⚖️ Articles 1245 et suivants du Code civil

Le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit. La victime n’a pas à prouver la faute du fabricant. Elle doit démontrer trois éléments : le caractère défectueux du produit, l’existence d’un dommage, et le lien de causalité entre le défaut et le dommage.

Le délai pour agir dans le cadre d’un produit défectueux est de 3 ans à compter de la date à laquelle la victime a eu (ou aurait dû avoir) connaissance du dommage, du défaut et de l’identité du producteur. Par ailleurs, la responsabilité du producteur est éteinte 10 ans après la mise en circulation du produit.

💡 Cas pratique : brûlure causée par un appareil électroménager

Une personne utilise normalement sa bouilloire électrique lorsque celle-ci explose et projette de l’eau bouillante, causant des brûlures au deuxième degré sur les mains et les avant-bras. La victime conserve l’appareil défectueux, fait constater ses blessures aux urgences, puis adresse une réclamation au fabricant. Celui-ci, par le biais de son assurance, devra indemniser l’ensemble des préjudices : frais médicaux, souffrances endurées, préjudice esthétique, déficit fonctionnel temporaire, éventuelles pertes de revenus pendant l’arrêt de travail.

Un voisin ou un visiteur est responsable

Si un tiers (voisin, invité, artisan, gardien d’animal) a causé l’accident par sa faute, sa négligence ou son imprudence, son assurance responsabilité civile doit indemniser la victime. La responsabilité peut être fondée sur plusieurs fondements juridiques :

  • Article 1240 du Code civil : responsabilité pour faute personnelle (négligence, imprudence)
  • Article 1242 alinéa 1 du Code civil : responsabilité du fait des choses dont une personne a la garde
  • Article 1243 du Code civil : responsabilité du fait des animaux (par exemple en cas de morsure de chien)

Dans ces situations, la victime doit identifier le tiers responsable puis mettre en cause sa responsabilité par courrier recommandé adressé à son assureur. Si l’assureur du responsable refuse de reconnaître la responsabilité de son assuré ou propose une indemnisation insuffisante, il est possible de se défendre en saisissant la justice.

Le propriétaire du logement est responsable

Si l’accident est lié à un défaut d’entretien du logement — escalier défectueux, rampe cassée, installation électrique non conforme, marche descellée — le propriétaire peut être tenu responsable au titre de son obligation de délivrer un logement décent et sûr. Cette situation concerne notamment les locataires victimes d’un accident dans leur logement.

En copropriété, le syndic peut également être mis en cause si l’accident survient dans les parties communes (hall d’entrée glissant, éclairage défaillant, marche cassée dans l’escalier collectif). La victime peut alors adresser sa réclamation à l’assurance de la copropriété.

⚠️ Penser à la lettre de mise en cause

Quelle que soit la situation, lorsqu’un tiers est identifié comme responsable, il est indispensable d’envoyer une lettre de mise en cause à son assureur dès que possible. Un modèle de lettre est disponible sur victime-info.fr pour faciliter cette démarche essentielle.

L’indemnisation d’un accident domestique sans tiers responsable

Dans la majorité des cas, aucun tiers responsable n’est identifiable. La victime est elle-même à l’origine de sa chute, de sa brûlure ou de sa blessure. Cette situation ne signifie pas pour autant que toute indemnisation est impossible. Plusieurs mécanismes peuvent intervenir.

La Garantie Accidents de la Vie (GAV)

La Garantie Accidents de la Vie (GAV) est le contrat d’assurance le plus adapté pour couvrir les accidents domestiques sans tiers responsable. Ce contrat, souscrit à titre individuel ou familial, prend en charge l’indemnisation des préjudices corporels lorsque la victime n’a aucun recours contre un tiers.

La GAV couvre généralement les accidents domestiques, les accidents de sport et de loisirs, les accidents médicaux, les catastrophes naturelles et les attentats. Le montant de l’indemnisation dépend de la gravité des séquelles constatées lors de l’expertise médicale.

⚠️ Attention au seuil d'intervention de la GAV

La GAV est soumise à un seuil d’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique), aussi appelé taux de déficit fonctionnel permanent (DFP). Selon les contrats, ce seuil peut être de 1 %, 5 %, 10 % ou même 30 %. Si les séquelles de la victime sont inférieures au seuil prévu au contrat, aucune indemnisation ne sera versée. Il est donc essentiel de vérifier les conditions de son contrat GAV avant et après un accident.

Pour en savoir plus sur les différents contrats Garantie Accidents de la Vie et leurs niveaux de couverture, un dossier complet est disponible sur victime-info.fr.

La prévoyance individuelle et la mutuelle

Certains contrats de prévoyance individuelle ou de mutuelle santé prévoient le versement d’indemnités journalières en cas d’arrêt de travail consécutif à un accident domestique. Ils peuvent également prévoir un capital invalidité en cas de séquelles permanentes. La victime a tout intérêt à vérifier l’ensemble de ses contrats d’assurance après un accident.

De même, les contrats de prévoyance souscrits dans le cadre professionnel (prévoyance collective d’entreprise) peuvent compléter les indemnités versées par la Sécurité sociale pendant la période d’arrêt de travail.

La Sécurité sociale

La Sécurité sociale prend en charge les frais médicaux (consultations, hospitalisations, rééducation, médicaments) dans les conditions habituelles du régime général. Elle verse également des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail.

Toutefois, la Sécurité sociale ne couvre pas les préjudices extra-patrimoniaux : souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, préjudice sexuel. Elle ne compense pas non plus l’intégralité des pertes de revenus. C’est pourquoi la souscription d’une GAV est vivement recommandée à toute personne ou famille.

📌 L'essentiel sur l'indemnisation sans tiers responsable

Sans tiers identifié comme responsable, seuls les contrats d’assurance personnels (GAV, prévoyance, mutuelle) permettent d’obtenir une indemnisation au-delà de la simple prise en charge médicale par la Sécurité sociale. La GAV est le contrat le plus complet pour indemniser les accidents domestiques, mais il faut impérativement l’avoir souscrit avant l’accident.

Les démarches à suivre après un accident domestique

Qu’il y ait ou non un tiers responsable identifié, certaines démarches sont essentielles pour protéger les droits de la victime et maximiser les chances d’indemnisation. Voici les étapes à respecter scrupuleusement.

1. Consulter un médecin immédiatement

La première démarche consiste à consulter un médecin ou à se rendre aux urgences dans les 24 à 48 heures suivant l’accident. Il est indispensable de demander un certificat médical initial (CMI) détaillant précisément les blessures constatées, la durée prévisible d’arrêt de travail et les soins prescrits.

Ce document est le fondement de tout dossier d’indemnisation. Sans certificat médical initial, il sera très difficile de prouver le lien entre l’accident et les blessures subies.

Le certificat médical initial : un document clé

Le certificat médical initial doit être le plus détaillé possible. La victime doit s’assurer que le médecin y mentionne l’ensemble des blessures, même celles qui paraissent mineures sur le moment. Certaines lésions (entorse, traumatisme crânien léger, stress post-traumatique) peuvent évoluer défavorablement et devenir des séquelles permanentes. Un certificat médical de consolidation sera établi ultérieurement, une fois l’état de santé stabilisé.

2. Rassembler les preuves

La constitution d’un dossier de preuves solide est déterminante pour le succès de la demande d’indemnisation. Voici les éléments à réunir :

  • Photographier les lieux de l’accident et les blessures (avant, pendant et après les soins)
  • Conserver l’objet ou le produit en cause (ne surtout pas le jeter)
  • Recueillir les témoignages écrits des personnes présentes au moment de l’accident
  • Conserver toutes les factures et justificatifs de frais : soins médicaux, médicaments, aide ménagère, frais de déplacement, aménagement du domicile
  • Garder les bulletins de salaire et justificatifs d’arrêt de travail pour prouver les pertes de revenus
  • Rédiger un récit circonstancié de l’accident le plus rapidement possible, tant que les souvenirs sont frais

3. Déclarer le sinistre à l’assureur

La déclaration de sinistre doit être adressée à l’assureur compétent (GAV, multirisque habitation, prévoyance) dans les 5 jours ouvrés suivant l’accident, par lettre recommandée avec accusé de réception. La lettre doit contenir un récit détaillé des circonstances, le certificat médical initial et la liste des préjudices subis.

Un modèle de lettre de déclaration de sinistre est disponible sur victime-info.fr.

4. Se préparer à l’expertise médicale

L’assureur mandatera un médecin expert pour évaluer les préjudices de la victime. Cette expertise médicale est l’étape la plus déterminante du processus d’indemnisation, car c’est elle qui fixera le montant de l’indemnisation.

⚠️ Ne jamais se rendre seul à l'expertise médicale

Il est fortement déconseillé de se présenter seul à l’expertise médicale organisée par l’assureur. La victime doit se faire accompagner par un médecin conseil de victimes, indépendant de l’assureur. Ce professionnel veillera à ce que tous les préjudices soient correctement évalués et défendra les intérêts de la personne blessée. Le médecin expert mandaté par l’assureur, même s’il doit être impartial, est rémunéré par la compagnie d’assurance. Pour connaître les honoraires d’un médecin expert de victimes, un dossier dédié est consultable sur le site.

📞 Besoin d'aide pour préparer une expertise médicale ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter les victimes d’accidents domestiques vers un médecin conseil indépendant ou un avocat spécialisé en dommage corporel.

Les postes de préjudice indemnisables après un accident domestique

En cas d’accident domestique grave, les différents postes de préjudice corporel indemnisables sont définis par la nomenclature Dintilhac. Cette nomenclature distingue les préjudices patrimoniaux (économiques) et les préjudices extra-patrimoniaux (personnels).

Les préjudices patrimoniaux (économiques)

  • Dépenses de santé actuelles et futures : frais médicaux, paramédicaux, pharmaceutiques restant à charge
  • Frais divers : aide ménagère, frais de déplacement pour les soins, assistance tierce personne temporaire
  • Pertes de gains professionnels actuels et futurs : manque à gagner pendant l’arrêt de travail et après la consolidation si la capacité de travail est réduite
  • Frais de logement adapté : si les séquelles nécessitent un aménagement du domicile (douche accessible, rampe, monte-escalier)
  • Assistance tierce personne permanente : aide humaine nécessaire au quotidien en cas de perte d’autonomie

Les préjudices extra-patrimoniaux (personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins, avant la consolidation
  • Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et psychiques subies du fait de l’accident et des traitements
  • Préjudice esthétique temporaire et permanent : altération de l’apparence (cicatrices, déformations)
  • Déficit fonctionnel permanent (AIPP/DFP) : séquelles définitives après consolidation
  • Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités sportives ou de loisirs
  • Préjudice sexuel : atteinte à la vie sexuelle
Estimer le montant de son indemnisation

Pour se faire une première idée des montants potentiels, il est possible d’utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels disponible sur victime-info.fr. Cet outil gratuit donne une estimation indicative en fonction des postes de préjudice concernés. Un barème de calcul d’indemnisation est également consultable pour mieux comprendre les fourchettes habituellement retenues par les tribunaux.

Fondement juridique Délai de prescription Point de départ
Responsabilité civile délictuelle 5 ans Date de l’accident ou consolidation
Produits défectueux 3 ans Connaissance du dommage
Contrat GAV 2 ans Date du sinistre (droit des assurances)
Action pénale (coups et blessures) 6 ans Date de l’infraction

Cas particuliers : enfants et personnes âgées

Deux catégories de la population sont particulièrement exposées aux accidents domestiques et nécessitent une attention spécifique en matière d’indemnisation.

Les accidents domestiques chez les enfants

Les enfants de moins de 5 ans sont les premières victimes des accidents domestiques : brûlures, chutes, ingestion de produits toxiques, noyades, étouffements. Pour un enfant mineur, ce sont les parents (ou les représentants légaux) qui engagent les démarches d’indemnisation.

Si l’accident est dû à un produit défectueux (jouet dangereux, meuble basculant) ou à la faute d’un tiers (défaut de surveillance d’une assistante maternelle, animal d’un voisin), l’indemnisation peut être obtenue auprès du responsable. Les accidents scolaires relèvent d’un régime spécifique. Pour les accidents domestiques survenant dans le cadre familial sans tiers responsable, seule la GAV (si elle a été souscrite en formule familiale) permet une indemnisation.

💡 Cas pratique : chute d'un enfant de 3 ans

Un enfant de 3 ans chute d’une commode non fixée au mur qui bascule sur lui, provoquant une fracture du bras et un traumatisme crânien. Si le meuble est d’origine et présente un défaut de conception (absence de dispositif anti-basculement alors que la norme l’exige), les parents peuvent engager la responsabilité du fabricant. Si le meuble a été correctement utilisé et installé mais que les parents ne l’avaient simplement pas fixé au mur, il n’y a pas de tiers responsable : seule la GAV familiale interviendra. Dans les deux cas, l’enfant pourra prétendre à l’indemnisation de l’ensemble de ses préjudices corporels, y compris un éventuel stress post-traumatique.

Les chutes des personnes âgées

Les chutes représentent la première cause d’accident mortel chez les personnes de plus de 65 ans. Chaque année, environ 12 000 décès sont attribués à des chutes chez les personnes âgées en France. Les conséquences sont souvent graves : fracture du col du fémur, traumatisme crânien, perte d’autonomie définitive.

L’indemnisation dépend des circonstances de la chute :

  • Chute au domicile sans tiers responsable : seule la GAV (si souscrite) permet une indemnisation. La Sécurité sociale prend en charge les frais médicaux.
  • Chute liée à un défaut d’entretien du logement : le propriétaire ou le syndic de copropriété peut être mis en cause.
  • Chute dans un lieu public ou un commerce : le responsable de l’établissement peut être tenu d’indemniser la victime.
  • Chute en EHPAD ou en maison de retraite : la responsabilité de l’établissement peut être engagée en cas de défaut de surveillance ou de prise en charge inadaptée.
📊 Chutes des personnes âgées

Environ 12 000 décès par an en France sont imputables à des chutes chez les plus de 65 ans. Le coût moyen d’une fracture du col du fémur (hospitalisation, rééducation, perte d’autonomie) est estimé entre 10 000 et 30 000 euros, hors préjudices extra-patrimoniaux.

Les délais de prescription pour agir

Toute victime d’un accident domestique doit connaître les délais de prescription applicables, au-delà desquels il ne sera plus possible d’engager une action en indemnisation. Ces délais varient selon la situation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai s’applique à l’action contre un tiers responsable.

  • Action contre un tiers responsable (droit commun) : 10 ans à compter de la date de consolidation médicale
  • Action contre le fabricant d’un produit défectueux : 3 ans à compter de la connaissance du dommage, du défaut et de l’identité du producteur (avec un plafond de 10 ans après la mise en circulation du produit)
  • Déclaration à la GAV : le délai est fixé par les conditions générales du contrat (généralement 2 ans à compter de l’accident ou de la consolidation selon les contrats)
⚠️ Ne pas laisser passer les délais

Il est impératif d’agir rapidement après un accident domestique. Même si le délai de prescription peut sembler long (10 ans pour le droit commun), les preuves se dégradent avec le temps et les témoins deviennent plus difficiles à retrouver. La victime a tout intérêt à engager ses démarches dès que possible, idéalement dans les premières semaines suivant l’accident.

Ne jamais accepter la première offre de l’assureur

Qu’il s’agisse de l’assureur du tiers responsable ou de sa propre compagnie d’assurance (GAV), la première offre d’indemnisation proposée est presque toujours largement inférieure à ce que la victime est en droit de recevoir. Les assureurs ont un intérêt économique évident à minimiser les montants versés.

⚠️ Première offre de l'assureur : un piège fréquent

La première offre d’indemnisation de l’assureur est souvent sous-évaluée de 30 à 70 % par rapport à ce qu’un tribunal accorderait. La victime ne doit jamais signer d’acceptation sans avoir au préalable fait vérifier l’offre par un professionnel indépendant (avocat spécialisé en dommage corporel ou association d’aide aux victimes). Il est possible de contester et négocier une offre d’indemnisation insuffisante.

Pour évaluer si une offre est correcte, la victime peut comparer les montants proposés avec les barèmes d’indemnisation et le référentiel Mornet utilisé par les tribunaux. L’accompagnement par un avocat spécialisé en dommage corporel est le meilleur moyen de s’assurer d’une indemnisation juste.

📌 Les réflexes essentiels après un accident domestique

  • Consulter un médecin immédiatement et obtenir un certificat médical initial détaillé
  • Photographier les lieux, les blessures et conserver l’objet en cause
  • Déclarer le sinistre à l’assureur dans les 5 jours ouvrés
  • Ne jamais se rendre seul à l’expertise médicale de l’assureur
  • Ne jamais accepter la première offre d’indemnisation sans l’avis d’un professionnel
  • Vérifier ses contrats : GAV, prévoyance, mutuelle, multirisque habitation

Questions fréquentes sur l’indemnisation d’un accident domestique

Questions fréquentes


Qui indemnise la victime d'un accident domestique quand personne n'est responsable ?

Lorsqu’aucun tiers responsable n’est identifié (la victime s’est blessée seule chez elle), seule la Garantie Accidents de la Vie (GAV) permet d’obtenir une indemnisation des préjudices corporels. À défaut de GAV, la Sécurité sociale prend en charge les frais médicaux, mais les préjudices personnels (souffrances, préjudice esthétique, perte de qualité de vie) ne sont pas couverts. La prévoyance et la mutuelle peuvent compléter partiellement.


Mon enfant s'est brûlé avec un appareil électroménager défectueux. Quels sont les recours ?

Si l’accident est causé par un produit défectueux, le fabricant est responsable en vertu des articles 1245 et suivants du Code civil. Les parents doivent conserver l’appareil en cause, consulter un médecin immédiatement, puis adresser une réclamation au fabricant ou au distributeur. L’ensemble des préjudices de l’enfant est indemnisable : frais médicaux, souffrances endurées, préjudice esthétique, déficit fonctionnel temporaire, etc. Le délai pour agir est de 3 ans.


Ma mère âgée est tombée chez elle et s'est cassé le col du fémur. Peut-elle être indemnisée ?

Si la chute est due uniquement à l’état de santé de la personne (malaise, perte d’équilibre liée à l’âge) et qu’aucun tiers n’est responsable, l’indemnisation dépend de l’existence d’une GAV. Si la chute est liée à un défaut d’entretien du logement (marche cassée, sol glissant), le propriétaire peut être tenu responsable. Si la chute a eu lieu en EHPAD, la responsabilité de l’établissement peut être engagée.


L'assurance me propose une indemnisation très faible pour un accident domestique. Que faire ?

Il ne faut surtout pas accepter une offre d’indemnisation sans l’avoir fait vérifier par un professionnel indépendant. La victime peut contester et négocier l’offre de l’assureur, se faire assister par un avocat spécialisé en dommage corporel, ou demander une contre-expertise médicale. Les premières offres sont fréquemment sous-évaluées de 30 à 70 %.


Quel est le délai pour demander une indemnisation après un accident domestique ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation médicale pour une action contre un tiers responsable (article 2226 du Code civil). Pour un produit défectueux, le délai est de 3 ans à compter de la connaissance du dommage. Pour la GAV, le délai dépend des conditions du contrat (généralement 2 ans). Il est toutefois recommandé d’agir le plus rapidement possible.


L'accident domestique est-il considéré comme un accident du travail si l'on est en télétravail ?

Oui, un accident survenu au domicile pendant les heures de télétravail peut être qualifié d’accident du travail, à condition de démontrer qu’il s’est produit dans le cadre de l’exercice professionnel. La qualification d’accident du travail ouvre droit à une prise en charge spécifique par la Sécurité sociale (indemnités journalières majorées, prise en charge intégrale des frais médicaux, rente en cas de séquelles permanentes).


📞 Besoin d'accompagnement après un accident domestique ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), répond gratuitement aux questions des victimes d’accidents domestiques. Orientation vers un avocat spécialisé, aide à la constitution du dossier, conseils pour l’expertise médicale : toute personne accidentée peut être accompagnée dans ses démarches.

Témoignages

Bon moi j’ai fait une chute dans ma salle de bain en novembre dernier, fracture du poignet et 2 côtes fêlées. Mon fils m’a dit de regarder sur victime-info.fr et heureusement parcque je savais même pas que j’avais une GAV dans mon assurance habitation.. Au final j’ai pu être indemnisée 6800€ pour les souffrances et le déficit temporaire. Sans ce site j’aurais rien fait du tout.

— Martine, 72 ans, chute à domicile

Franchement je voulais partager mon expérience. Mon barbecue à gaz a eu un retour de flamme, brulure au 2e degré sur le bras et la main droite. J’ai mis 4 mois à m’en remettre avec arrêt de travail et tout. L’assurance du fabricant voulait me proposer 2500€ au départ.. j’ai refusé, pris un avocat comme conseillé sur le site, et au final j’ai obtenu un peu plus de 14000€. Faut pas accepter la premiere offre c’est clair

— Julien, 38 ans, brûlure avec un barbecue

Ma fille a avalé un petit aimant qui s’était détaché d’un jouet qu’on avait acheté en grande surface. Urgences, radio, hospitalisation 3 jours.. un cauchemard. On a gardé le jouet et la boite, on a fait une reclamation au fabricant. Grâce aux conseils de victime-info.fr on a su comment monter le dossier et on a été indemnisé pour notre fille. C’est pas des sommes folles mais au moins les frais et le préjudice ont été reconnus. Merci

— Amina, 29 ans, maman d'une petite fille de 2 ans