Chaque année, des milliers d'accidents de la route surviennent en France avec des véhicules immatriculés à l'étranger. Touristes, routiers en transit, travailleurs frontaliers : les situations sont variées, mais les victimes se retrouvent souvent démunies face à des démarches d'indemnisation plus complexes que dans un accident classique. Qui contacter ? Quelle assurance va indemniser ? Que faire si le conducteur étranger repart dans son pays ?
Ce guide complet, rédigé par les experts de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), détaille toutes les étapes pour obtenir une indemnisation corporelle juste après un accident avec un véhicule étranger sur le territoire français. Que la victime soit piéton, cycliste, passager ou conducteur d'un véhicule français, les droits sont protégés par un cadre juridique spécifique.
L'indemnisation d'une victime d'accident impliquant un véhicule étranger en France est garantie. Le système européen de la carte verte, le Bureau Central Français (BCF) et le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) sont les principaux organismes qui interviennent pour protéger les victimes.
Le cadre juridique applicable aux accidents avec un véhicule étranger
Lorsqu'un accident de la circulation survient en France et implique un véhicule immatriculé à l'étranger, c'est le droit français qui s'applique. Ce principe fondamental est essentiel : la victime bénéficie de la même protection que si l'accident avait impliqué un véhicule français.
Les dispositions de la loi relative à l'indemnisation des victimes d'accidents de la circulation s'appliquent à tout accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à moteur, quel que soit le pays d'immatriculation du véhicule. La loi Badinter garantit une indemnisation rapide et intégrale des victimes, y compris en cas d'accident avec un véhicule étranger.
Plusieurs textes encadrent spécifiquement ces situations :
- La loi Badinter du 5 juillet 1985 : elle s'applique dès qu'un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans un accident sur le sol français, quelle que soit la nationalité du conducteur.
- Les directives européennes sur l'assurance automobile : elles imposent la reconnaissance mutuelle de l'assurance entre les pays membres de l'Espace Économique Européen (EEE).
- La Convention inter-bureaux (carte verte) : ce système international permet la gestion des sinistres transfrontaliers via les bureaux nationaux d'assurance.
- Le Code des assurances français : les articles L. 211-1 et suivants encadrent l'obligation d'assurance et les mécanismes de garantie.
Concrètement, les fondamentaux du droit du dommage corporel s'appliquent de la même manière, que le véhicule responsable soit français ou étranger. La victime a droit à la réparation intégrale de ses préjudices.
Le système de la carte verte couvre la quasi-totalité des pays européens, mais aussi des pays comme la Turquie, la Tunisie, le Maroc, Israël ou encore la Russie. Au total, plus de 45 pays participent à ce système. La victime est donc protégée dans la grande majorité des cas d'accident impliquant un véhicule étranger en France.
Premiers réflexes après un accident avec un véhicule étranger
Les premières minutes après l'accident sont déterminantes pour la suite de la procédure d'indemnisation. Voici les gestes essentiels que la victime ou ses proches doivent accomplir.
Sécuriser les lieux et appeler les secours
Comme pour tout accident de la route, la première priorité est la sécurité. Il est impératif d'appeler les secours (15, 18 ou 112) en cas de blessures. L'intervention des forces de l'ordre (police ou gendarmerie) est particulièrement importante lors d'un accident avec un véhicule étranger : elles établiront un procès-verbal qui constituera une pièce maîtresse du dossier.
Contrairement à un accident entre deux véhicules français où un constat amiable peut suffire, il est vivement recommandé de toujours demander l'intervention de la police ou de la gendarmerie lors d'un accident avec un véhicule étranger. Le procès-verbal officiel est beaucoup plus difficile à contester et permet de sécuriser le dossier, surtout si le conducteur étranger repart dans son pays.
Collecter un maximum d'informations
La collecte d'informations est cruciale. La victime ou un témoin doit noter :
- La plaque d'immatriculation complète du véhicule étranger (pays + numéro)
- Le numéro de la carte verte (attestation d'assurance internationale) : ce document vert est normalement apposé sur le pare-brise ou présenté par le conducteur
- Le nom et les coordonnées du conducteur (identité, adresse dans le pays d'origine)
- Le nom de la compagnie d'assurance étrangère et le numéro de contrat
- Les coordonnées des témoins présents sur les lieux
- Des photos et vidéos des véhicules, des lieux, des dégâts, des blessures visibles
Remplir le constat amiable
Même si l'intervention des forces de l'ordre est recommandée, le constat amiable européen doit être rempli. Ce document est reconnu dans tous les pays signataires de la convention carte verte. Il est important de rédiger les observations en français et de les faire traduire si nécessaire.
Un automobiliste français est percuté par un poids-lourd immatriculé en Pologne sur l'autoroute A6. La victime souffre de cervicalgies et d'une fracture du poignet. Grâce aux informations collectées sur les lieux (numéro de carte verte du camion, photos, rapport de gendarmerie), la victime peut saisir directement le correspondant français de l'assureur polonais via le Bureau Central Français. L'indemnisation suit alors la procédure française classique, avec expertise médicale et offre d'indemnisation dans les délais légaux.
Consulter un médecin et constituer son dossier médical
La victime doit impérativement consulter un médecin dans les heures qui suivent l'accident, même si les douleurs semblent légères. Le certificat médical initial est la pièce fondamentale du dossier. Il est essentiel de bien constituer son dossier dès le départ pour maximiser les chances d'obtenir une indemnisation juste.
Le rôle du Bureau Central Français (BCF)
Le Bureau Central Français (BCF) est l'organisme clé pour les victimes d'accidents impliquant un véhicule étranger en France. Géré par le GIE France Assureurs, il joue un rôle d'intermédiaire entre la victime française et l'assureur étranger.
Qu'est-ce que le BCF ?
Le BCF est le bureau national français d'assurance automobile. Il fait partie du réseau international des bureaux d'assurance créé dans le cadre du système carte verte. Sa mission principale est de garantir l'indemnisation des victimes d'accidents causés par des véhicules étrangers sur le territoire français.
Concrètement, le BCF :
- Identifie l'assureur du véhicule étranger impliqué
- Désigne un correspondant en France (un assureur français) chargé de gérer le dossier
- Garantit le paiement de l'indemnisation en cas de défaillance de l'assureur étranger
- Intervient directement si le véhicule étranger n'est pas identifié ou pas assuré
La victime n'a jamais à contacter directement l'assureur étranger ni à engager des démarches dans le pays d'immatriculation du véhicule responsable. Le BCF désigne un correspondant français qui traite le dossier en France, en français, selon le droit français. Cela simplifie considérablement les démarches.
Comment saisir le BCF
La saisine du BCF peut se faire par courrier recommandé avec accusé de réception. Il convient de joindre :
- Le constat amiable ou le procès-verbal de police/gendarmerie
- La copie de la carte verte du véhicule étranger (si disponible)
- Le certificat médical initial
- Les coordonnées complètes de la victime
- Un récit détaillé des circonstances de l'accident
Le BCF peut aussi être saisi par l'assureur de la victime, qui transmettra le dossier. Dans de nombreux cas, il est recommandé de faire une déclaration à son propre assureur, qui se chargera de saisir le BCF.
Selon les données du BCF, environ 60 000 accidents impliquant des véhicules étrangers sont traités chaque année en France. Les véhicules les plus fréquemment impliqués proviennent d'Allemagne, de Belgique, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d'Espagne et de Pologne.
La procédure d'indemnisation étape par étape
La procédure d'indemnisation après un accident avec un véhicule étranger suit un schéma similaire à celui d'un accident classique, avec quelques spécificités liées à l'intervention du BCF.
Étape 1 : Déclaration du sinistre
La victime doit déclarer l'accident à son propre assureur dans les 5 jours ouvrés. Parallèlement, il est recommandé de saisir le BCF, surtout si les informations de l'assureur étranger sont incomplètes.
Étape 2 : Identification de l'assureur étranger et désignation d'un correspondant
Le BCF identifie la compagnie d'assurance du véhicule étranger et désigne un assureur français comme correspondant. Ce correspondant prend en charge le dossier comme s'il s'agissait de son propre assuré.
Étape 3 : Expertise médicale
L'assureur correspondant (ou le BCF) organise une expertise médicale pour évaluer les préjudices corporels de la victime. Cette expertise suit les mêmes règles qu'une expertise classique en France.
Étape 4 : Offre d'indemnisation
Après l'expertise et la consolidation médicale, l'assureur correspondant formule une offre d'indemnisation. Cette offre doit respecter les délais légaux d'indemnisation imposés par le droit français.
Étape 5 : Acceptation ou contestation
La victime peut accepter l'offre, la négocier ou la contester. En cas de désaccord, il est possible de contester l'offre d'indemnisation et de saisir le tribunal compétent en France.
Les offres d'indemnisation formulées par les assureurs (qu'ils soient français ou correspondants d'assureurs étrangers) sont systématiquement sous-évaluées. La victime d'un accident avec un véhicule étranger a les mêmes droits que toute victime d'accident de la route en France : elle peut refuser l'offre, négocier et obtenir une indemnisation nettement supérieure. Il est vivement recommandé de faire analyser l'offre par un professionnel avant de signer quoi que ce soit.
La permanence de victime-info.fr peut orienter la victime vers un avocat spécialisé en dommage corporel ou un médecin conseil de victimes pour analyser l'offre d'indemnisation et maximiser le montant obtenu.
Véhicule étranger non assuré ou conducteur non identifié
Dans certains cas, la situation se complique : le véhicule étranger n'est pas assuré, le conducteur a pris la fuite, ou le véhicule n'est pas identifié. Heureusement, des mécanismes de protection existent pour garantir l'indemnisation de la victime.
Le rôle du FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires)
Le FGAO intervient lorsque :
- Le véhicule étranger n'est pas assuré
- Le conducteur a pris la fuite et n'a pas été identifié (ce qui constitue un délit de fuite)
- L'assureur étranger est en faillite ou insolvable
Le FGAO prend en charge l'indemnisation intégrale de la victime, dans les mêmes conditions que si le véhicule avait été assuré. La victime n'a pas à subir les conséquences du défaut d'assurance du véhicule étranger.
Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages indemnise les victimes d'accidents de la circulation survenus en France lorsque le responsable est inconnu ou n'est pas assuré. Cette garantie s'applique quel que soit le pays d'immatriculation du véhicule responsable.
Cas du conducteur étranger non identifié (délit de fuite)
Si le conducteur étranger a pris la fuite, la victime doit impérativement déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Il est aussi possible de déposer plainte directement auprès du procureur de la République. Le FGAO peut être saisi même si l'enquête n'a pas permis d'identifier le conducteur.
En cas de conducteur non identifié, la procédure est spécifique mais l'indemnisation reste possible. La victime a intérêt à rassembler un maximum de preuves : témoignages, vidéosurveillance, photos des lieux.
Une cycliste est renversée à Lyon par un véhicule immatriculé en Espagne. Le conducteur prend la fuite sans s'arrêter. La victime souffre d'une fracture de la clavicule et de multiples contusions. Grâce à un témoin qui a noté une partie de la plaque d'immatriculation et à la vidéosurveillance d'un commerce voisin, le véhicule est identifié. Le BCF est saisi et identifie l'assureur espagnol. Si le véhicule n'avait pas été identifié, le FGAO aurait pris en charge l'indemnisation. Dans les deux cas, la victime est indemnisée en France selon le droit français.
L'expertise médicale : une étape incontournable
L'expertise médicale est le moment clé qui détermine l'évaluation des préjudices et donc le montant de l'indemnisation. Dans le cadre d'un accident avec un véhicule étranger, cette expertise se déroule en France, selon les standards français.
Se faire assister par un médecin conseil de victimes
Il est fondamental de comprendre que le médecin expert mandaté par l'assureur (ou le correspondant du BCF) défend les intérêts de cet assureur. La victime a tout intérêt à se faire accompagner par un médecin conseil de victimes, indépendant de l'assureur, qui veillera à ce que tous les préjudices soient correctement évalués.
Il est recommandé de consulter un médecin expert de recours avant l'expertise amiable organisée par l'assureur. Ce professionnel prépare la victime, l'accompagne lors de l'examen et rédige un rapport contradictoire qui garantit une évaluation juste des préjudices. L'investissement est largement compensé par l'augmentation de l'indemnisation obtenue.
Préparer l'expertise
Une bonne préparation de l'expertise médicale est essentielle. La victime doit rassembler l'ensemble de ses documents médicaux : certificat médical initial, comptes rendus d'hospitalisation, ordonnances, résultats d'examens (IRM, scanner, radiographies), ainsi qu'un journal détaillé des douleurs et des gênes au quotidien.
Si la victime n'est pas satisfaite des conclusions de l'expertise, il est possible de contester l'expertise médicale en demandant une contre-expertise ou une expertise judiciaire.
Les postes de préjudice indemnisables
La victime d'un accident impliquant un véhicule étranger en France peut prétendre à l'indemnisation de l'ensemble des postes de préjudice prévus par la nomenclature Dintilhac. Ce référentiel, utilisé par les tribunaux et les assureurs, liste de manière exhaustive tous les préjudices indemnisables.
Préjudices patrimoniaux (économiques)
- Dépenses de santé actuelles et futures : frais médicaux, hospitalisation, rééducation, appareillage
- Pertes de gains professionnels : salaires perdus pendant la période d'arrêt de travail et après la consolidation
- Frais divers : déplacements médicaux, aide ménagère, adaptation du logement ou du véhicule
- Assistance par tierce personne : si la victime a besoin d'une aide au quotidien
Préjudices extra-patrimoniaux (personnels)
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne avant la consolidation
- Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : séquelles définitives après consolidation, évaluées en taux d'AIPP
- Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales subies
- Préjudice esthétique : cicatrices, déformations
- Préjudice d'agrément : impossibilité de pratiquer des activités sportives ou de loisirs
- Préjudice sexuel : atteinte à la vie intime
Préjudices des proches (victimes par ricochet)
Les proches de la victime peuvent également être indemnisés. En cas de blessures graves, les membres de la famille peuvent obtenir une indemnisation au titre du préjudice d'affection. En cas de décès, l'indemnisation des proches d'une victime décédée couvre le préjudice d'affection, le préjudice économique et les frais d'obsèques.
Le montant de l'indemnisation varie considérablement selon la gravité des blessures. Pour des blessures modérées (fracture simple, cervicalgies), l'indemnisation peut aller de 5 000 à 30 000 €. Pour des blessures graves (traumatisme crânien, paraplégie), les indemnisations peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, voire dépasser le million d'euros. Consulter les exemples d'indemnisation de victimes d'accident de la route permet de se faire une idée plus précise.
Délais d'indemnisation et prescription
Les délais constituent un enjeu important pour les victimes d'accidents avec des véhicules étrangers. La procédure peut être plus longue qu'avec un assureur français classique, mais des garanties existent.
Délais légaux de l'offre d'indemnisation
L'assureur correspondant désigné par le BCF est soumis aux mêmes obligations de délai que tout assureur français :
- 8 mois à compter de l'accident pour formuler une offre d'indemnisation si la responsabilité n'est pas contestée
- 3 mois à compter de la demande d'indemnisation formulée par la victime (si elle intervient après les 8 mois)
- En cas de blessures, une offre provisionnelle doit être faite dans les 8 mois, et l'offre définitive dans les 5 mois suivant la date de consolidation
En cas de retard, la victime peut demander le versement d'une provision sur indemnités pour faire face à ses besoins immédiats.
L'action en réparation du dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai de prescription de 10 ans s'applique également aux accidents impliquant un véhicule étranger, dès lors que l'accident a eu lieu en France.
Prescription et aggravation
Si l'état de santé de la victime s'aggrave après la consolidation initiale, il est possible de rouvrir le dossier. L'aggravation du préjudice corporel ouvre un nouveau délai de prescription de 10 ans à compter de la date de consolidation de l'aggravation.
Le délai de prescription de 10 ans court à compter de la consolidation médicale, pas de la date de l'accident. Toutefois, il est vivement recommandé de ne pas attendre pour engager les démarches. Plus le temps passe, plus les preuves sont difficiles à réunir et les témoins à retrouver, surtout lorsque le conducteur responsable est domicilié à l'étranger.
Les erreurs fréquentes à éviter
Les accidents avec des véhicules étrangers présentent des pièges spécifiques. Voici les erreurs les plus courantes qui peuvent compromettre l'indemnisation.
Ne pas relever les informations du véhicule étranger
C'est l'erreur la plus grave. Sans le numéro d'immatriculation ou le numéro de carte verte, les démarches deviennent extrêmement compliquées. La victime doit noter la plaque d'immatriculation, même partiellement, et prendre des photos du véhicule et de sa carte verte.
Se contenter du constat amiable sans appeler les forces de l'ordre
Un constat amiable peut être insuffisant si le conducteur étranger conteste les faits une fois rentré dans son pays. Le procès-verbal de police ou de gendarmerie constitue une preuve officielle bien plus solide.
Accepter l'offre d'indemnisation sans la faire analyser
Les offres formulées par les correspondants du BCF ne sont pas toujours plus favorables que celles des assureurs français. La victime doit faire analyser et, si nécessaire, contester l'offre d'indemnisation.
Ne pas se faire accompagner à l'expertise médicale
Se rendre seul à l'expertise médicale face au médecin mandaté par l'assureur est une erreur fréquente qui conduit à une sous-évaluation des préjudices. L'accompagnement par un médecin conseil de victimes est fortement recommandé.
Un piéton est renversé à Paris par un véhicule immatriculé en Belgique. Il souffre d'une entorse grave du genou avec rupture du ligament croisé. L'assureur correspondant du BCF propose une indemnisation de 12 000 €. La victime, conseillée par un avocat spécialisé, fait réaliser une contre-expertise par un médecin conseil de victimes. Les souffrances endurées et le déficit fonctionnel permanent sont réévalués à la hausse. L'indemnisation finale atteint 38 000 €, soit plus du triple de l'offre initiale.
Se faire accompagner par un professionnel
Face à la complexité des démarches liées à un accident avec un véhicule étranger, l'accompagnement par un professionnel spécialisé est particulièrement recommandé.
L'avocat spécialisé en dommage corporel
Un avocat spécialisé en accident de la route connaît parfaitement les mécanismes d'indemnisation transfrontaliers. Il peut :
- Saisir le BCF ou le FGAO pour le compte de la victime
- Négocier avec le correspondant de l'assureur étranger
- Saisir le tribunal compétent en cas de désaccord
- Maximiser le montant de l'indemnisation en défendant chaque poste de préjudice
Les professionnels de la défense des victimes
Plusieurs types de professionnels peuvent aider la victime tout au long de la procédure. Pour en savoir plus, consulter le guide sur les professionnels de la défense des victimes.
Victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), propose une permanence gratuite d'information et d'orientation. La victime d'un accident avec un véhicule étranger peut obtenir des renseignements sur ses droits, être orientée vers un avocat spécialisé ou un médecin conseil de victimes adapté à sa situation.
Spécificités selon le pays d'immatriculation du véhicule
Le pays d'origine du véhicule impliqué peut avoir une incidence sur le déroulement de la procédure, bien que le droit français s'applique toujours.
Véhicules de l'Union Européenne et de l'EEE
Pour les véhicules immatriculés dans un pays de l'Union Européenne ou de l'Espace Économique Européen, les directives européennes facilitent les démarches. L'assureur étranger dispose obligatoirement d'un représentant en France. Les échanges d'informations entre bureaux nationaux sont rapides et efficaces.
Véhicules du Royaume-Uni (post-Brexit)
Depuis le Brexit, le Royaume-Uni n'est plus membre de l'UE mais reste dans le système carte verte. Les véhicules britanniques sont donc toujours couverts, mais certaines procédures peuvent être légèrement plus longues en raison des nouvelles formalités administratives.
Véhicules hors système carte verte
Pour les très rares cas de véhicules provenant de pays non signataires de la convention carte verte, le conducteur étranger doit souscrire une assurance temporaire (dite « assurance frontière ») à son entrée en France. En l'absence de cette assurance, le FGAO prend en charge l'indemnisation de la victime.
Selon les statistiques du BCF, environ 70 % des accidents impliquant des véhicules étrangers en France concernent des véhicules immatriculés dans un pays de l'Union Européenne. Les pays les plus représentés sont : l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et le Portugal.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Quel droit s'applique en cas d'accident avec un véhicule étranger en France ?
C'est le droit français qui s'applique intégralement. La loi Badinter du 5 juillet 1985 protège toute victime d'accident de la circulation survenu sur le territoire français, quel que soit le pays d'immatriculation du véhicule responsable. La victime bénéficie des mêmes droits et des mêmes mécanismes d'indemnisation que si le véhicule était français.
Qui indemnise la victime si le véhicule étranger n'est pas assuré ?
Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) prend en charge l'indemnisation de la victime lorsque le véhicule étranger n'est pas assuré ou que le conducteur n'est pas identifié. La victime n'a pas à subir les conséquences du défaut d'assurance du véhicule responsable. Le FGAO indemnise tous les postes de préjudice, comme le ferait un assureur classique.
Faut-il engager des démarches dans le pays du conducteur étranger ?
Non. La victime n'a jamais à engager de démarches à l'étranger. Le Bureau Central Français (BCF) se charge d'identifier l'assureur étranger et de désigner un correspondant en France. Toutes les démarches se font en France, en français, selon la procédure française. C'est l'un des grands avantages du système carte verte.
Combien de temps dure la procédure d'indemnisation avec un véhicule étranger ?
La procédure peut être légèrement plus longue qu'avec un assureur français classique, en raison du temps nécessaire à l'identification de l'assureur étranger et à la désignation du correspondant. En moyenne, il faut compter entre 12 et 24 mois pour un dossier de complexité moyenne. L'assureur correspondant est soumis aux mêmes délais légaux qu'un assureur français (8 mois pour l'offre provisionnelle, 5 mois après consolidation pour l'offre définitive).
La victime peut-elle demander une provision en attendant l'indemnisation définitive ?
Oui. La victime peut demander le versement d'une provision sur indemnités pour couvrir ses besoins immédiats (frais médicaux, perte de revenus, aide ménagère). Cette provision est versée avant la consolidation médicale et vient en déduction de l'indemnisation finale. En cas de refus de l'assureur, le juge des référés peut ordonner le versement d'une provision.
Peut-on utiliser un simulateur pour estimer l'indemnisation ?
Oui. Les simulateurs d'indemnisation de préjudices corporels de victime-info.fr permettent d'obtenir une estimation des montants auxquels la victime peut prétendre, en fonction de la nature et de la gravité des blessures. Cette estimation reste indicative et doit être affinée avec l'aide d'un professionnel.
Conclusion
Un accident impliquant un véhicule étranger en France ne doit pas faire obstacle à l'indemnisation de la victime. Le cadre juridique français, renforcé par le système européen de la carte verte, le Bureau Central Français et le FGAO, garantit que chaque victime puisse obtenir la réparation intégrale de ses préjudices.
Les démarches peuvent être plus complexes et plus longues que pour un accident classique, mais les droits de la victime sont les mêmes. L'essentiel est de bien documenter l'accident dès les premiers instants, de ne pas accepter une offre d'indemnisation sans l'avoir fait analyser, et de se faire accompagner par des professionnels compétents.
Que la victime soit piéton, cycliste, passager ou conducteur, le montant de l'indemnisation pour un accident de la route dépend avant tout de la qualité du dossier et de l'accompagnement.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), informe et oriente gratuitement les victimes d'accidents impliquant un véhicule étranger en France. Avocat spécialisé, médecin conseil de victimes, aide aux démarches : chaque situation est unique et mérite un accompagnement personnalisé.
Témoignages
— Franck, 52 ans, accident avec un camion allemandBon franchement j'étais completement perdu quand c'est arrivé. Un camion immatriculé en Allemagne m'a percuté sur l'autoroute A4, fracture du bassin et 3 mois d'arrêt. Je savais même pas qui contacter vu que c'était un véhicule étranger. Grace à victime-info.fr j'ai compris qu'il fallait passer par le BCF et surtout ne pas signer la premiere offre.. au final j'ai eu 47 000€ au lieu des 18 000 proposés au debut. Merci vraiment
— Amina, 29 ans, percutée à vélo par un véhicule belgeJuste pour témoigner parceque j'ai galéré pendant des mois.. un véhicule belge m'a renversé à vélo à Lille, le mec s'est arrêté heureusement mais après c'était la galère pour savoir quelle assurance allait payer. Mon assureur me renvoyait vers l'assureur belge et inversement. Finalement c'est un avocat spécialisé qui a réglé tout ça en passant par le bureau central français. 8 mois de procédure mais indemnisation correcte au final
— Philippe, 44 ans, sa femme blessée par un conducteur espagnol en fuiteMa femme a été renversée sur un passage pieton par un véhicule espagnol qui a pris la fuite. On a cru qu'on pourrait jamais être indemnisés vu que le gars était parti.. mais en fait non le FGAO a pris en charge le dossier. C'est long par contre faut être patient, presque 2 ans pour tout régler. Mais au moins on a été indemnisés correctement pour ses blessures au genou et les souffrances endurées. Conseil : toujours noter la plaque meme partiellement ca peut tout changer
Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 27/02/2026



