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Préparer une expertise médicale : guide complet et conseils pratiques pour les victimes

L’expertise médicale représente une étape décisive dans le parcours d’indemnisation d’une victime de dommage corporel. C’est au cours de cette réunion que l’ensemble des préjudices sera évalué, poste par poste, selon la nomenclature Dintilhac. Un rapport d’expertise bâclé ou incomplet peut réduire considérablement le montant de l’indemnisation finale. C’est pourquoi une préparation minutieuse est absolument indispensable.

Ce guide détaille toutes les étapes de la préparation : les documents à réunir, la rédaction des doléances, le rôle du médecin-conseil de victime, le déroulement concret de l’expertise et les erreurs à éviter le jour J. Pour toute question, il est possible de contacter la permanence de victime-info.fr.

Pourquoi l’expertise médicale est-elle si importante ?

L’expertise médicale constitue le socle de l’indemnisation. C’est à partir du rapport rédigé par le médecin expert que l’assureur — ou le juge en cas de procédure judiciaire — va déterminer les montants alloués pour chaque poste de préjudice corporel. Un rapport incomplet ou sous-évalué a des conséquences directes et souvent irréversibles sur le montant final de l’indemnisation.

Que l’expertise soit amiable (organisée par l’assureur) ou judiciaire (ordonnée par un tribunal), elle obéit à des règles précises et se déroule selon un schéma similaire. Dans les deux cas, le médecin expert examine l’état de santé de la victime, analyse les documents médicaux et évalue l’ensemble des préjudices en lien avec le fait dommageable. Pour bien comprendre les différences entre ces deux types d’expertise, il est recommandé de consulter le dossier consacré à l’expertise judiciaire vs expertise amiable.

📊 Impact de l'expertise sur l'indemnisation

Selon les professionnels du dommage corporel, l’écart entre une indemnisation obtenue avec une expertise bien préparée et une expertise subie sans accompagnement peut atteindre 30 à 50 % du montant total. Pour un dossier de préjudice moyen, cela peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Chaque poste de préjudice doit être identifié, documenté et discuté lors de l’expertise : les souffrances endurées, le déficit fonctionnel temporaire, le taux d’AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique), le préjudice esthétique, le préjudice d’agrément, le préjudice sexuel, etc. Aucun de ces postes ne doit être oublié.

Un droit fondamental : se faire accompagner

La victime n’est pas obligée de se rendre seule à l’expertise médicale. Elle a le droit — et il est fortement recommandé — de se faire assister par un médecin-conseil de victime et/ou un avocat spécialisé en dommage corporel. Ce droit s’applique aussi bien en expertise amiable qu’en expertise judiciaire.

Les documents indispensables à réunir avant l’expertise

La préparation documentaire est la première étape cruciale. Plus le dossier est complet et organisé, plus le médecin expert dispose d’éléments pour évaluer correctement les préjudices. Un dossier lacunaire conduit inévitablement à une sous-évaluation.

Les documents médicaux

Voici la liste des pièces médicales essentielles à rassembler :

  • Le certificat médical initial (CMI) : il décrit les lésions constatées immédiatement après l’accident ou le fait dommageable. C’est le document fondateur du dossier d’indemnisation.
  • Les comptes-rendus d’hospitalisation : bulletins de situation, comptes-rendus opératoires, lettres de sortie.
  • Les comptes-rendus d’examens complémentaires : radiographies, IRM, scanner, bilans sanguins, EMG, etc.
  • Les ordonnances médicales et la liste complète des traitements suivis depuis l’accident.
  • Les comptes-rendus de rééducation : kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, suivi psychologique ou psychiatrique.
  • Les certificats médicaux de suivi rédigés par le médecin traitant ou les spécialistes.
  • Le dossier médical complet obtenu auprès de l’hôpital ou de la clinique (la victime peut en faire la demande en vertu de la loi du 4 mars 2002).

Les documents administratifs et financiers

  • Le procès-verbal d’accident ou le constat amiable.
  • Les arrêts de travail et les justificatifs de perte de revenus (bulletins de salaire avant et après l’accident).
  • Les factures et justificatifs de dépenses liées à l’accident : frais de déplacement, aide à domicile, aménagement du logement, appareillage médical.
  • Les relevés de la CPAM ou de la MSA détaillant les prestations versées (débours des organismes sociaux).
  • Les notifications MDPH si la victime a été reconnue en situation de handicap.
  • Tout document antérieur à l’accident montrant l’état de santé préexistant (utile pour établir l’imputabilité des lésions à l’accident).

Pour mieux comprendre la question des dépenses de santé indemnisables, il est conseillé de consulter le dossier dédié.

⚠️ Organisation du dossier : une étape capitale

Il est impératif d’organiser les documents par ordre chronologique et de préparer deux exemplaires complets : un pour le médecin expert et un à conserver. Numéroter les pièces et établir un bordereau récapitulatif facilite le travail de l’expert et démontre le sérieux de la démarche. Un dossier bien présenté inspire confiance et crédibilité.

💡 Cas pratique : accident de la route avec hospitalisation

Pierre, 45 ans, a été victime d’un accident de la route avec fracture du fémur et traumatisme cervical. Pour préparer son expertise, il a réuni : le certificat médical initial des urgences, les comptes-rendus opératoires (pose d’une broche), 14 mois de comptes-rendus de kinésithérapie, les certificats de son psychiatre (stress post-traumatique), ses arrêts de travail, ses bulletins de salaire des 3 années précédentes et les factures de l’aide à domicile pendant sa convalescence. Grâce à ce dossier complet, le médecin expert a pu évaluer l’ensemble de ses préjudices sans omission.

Préparer ses doléances : l’étape clé de la préparation

Les doléances constituent le récit détaillé du quotidien de la victime depuis l’accident et des répercussions concrètes des blessures sur sa vie. C’est un document essentiel à remettre au médecin expert le jour de l’expertise. Les doléances permettent de s’assurer qu’aucun aspect du préjudice n’est passé sous silence.

Les doléances doivent couvrir tous les aspects de la vie affectés par l’accident :

  • Les douleurs physiques : localisation, intensité, fréquence, traitements pris pour les soulager, impact sur le sommeil.
  • Les difficultés dans la vie quotidienne : toilette, habillage, cuisine, ménage, courses, conduite automobile, déplacements.
  • Les répercussions professionnelles : arrêts de travail, impossibilité de reprendre le même poste, reconversion forcée, perte de revenus et de perspectives de carrière.
  • Les répercussions sur les loisirs et le sport : activités pratiquées avant l’accident qui ne sont plus possibles (préjudice d’agrément).
  • Les conséquences psychologiques : anxiété, troubles du sommeil, dépression, syndrome de stress post-traumatique, phobies (peur de reprendre le volant, par exemple).
  • Les répercussions sur la vie familiale et affective : difficultés dans le couple, impossibilité de s’occuper des enfants, isolement social.
  • Les répercussions sexuelles : si elles existent, elles doivent être mentionnées même si le sujet est délicat. Le préjudice sexuel est un poste d’indemnisation à part entière.
Rédiger ses doléances : conseils pratiques

Il est recommandé de rédiger les doléances plusieurs semaines avant l’expertise, puis de les relire à tête reposée. Les faire relire par un proche permet souvent de se rappeler de difficultés oubliées. Le médecin-conseil de victime peut également aider à les structurer pour qu’elles correspondent aux postes de la nomenclature Dintilhac.

Les doléances doivent être sincères et précises. Il ne s’agit ni de minimiser les séquelles (par pudeur ou par habitude de « faire avec ») ni de les exagérer (ce qui décrédibiliserait le discours). La victime doit décrire sa réalité quotidienne telle qu’elle est, avec des exemples concrets : « je ne peux plus porter mes enfants », « je dois m’asseoir pour m’habiller », « je ne dors jamais plus de 4 heures d’affilée ».

⚖️ Nomenclature Dintilhac – Postes de préjudice

La nomenclature Dintilhac, du nom du groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac, constitue le référentiel utilisé par les juridictions et les assureurs pour classer les différents postes de préjudice corporel. Elle distingue les préjudices temporaires (avant consolidation) et les préjudices permanents (après consolidation), ainsi que les préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux. Pour un guide détaillé, consulter la page dédiée à la nomenclature Dintilhac.

Pourquoi se faire assister par un médecin-conseil de victime

L’une des décisions les plus déterminantes dans la préparation de l’expertise médicale est le choix de se faire accompagner par un médecin-conseil de victime (aussi appelé médecin de recours). Ce professionnel, distinct du médecin expert désigné et du médecin-conseil de l’assureur, est exclusivement au service des intérêts de la victime.

Le médecin-conseil de victime joue un rôle capital à chaque étape :

  • Avant l’expertise : il aide à préparer le dossier médical, à structurer les doléances et à identifier les postes de préjudice à évaluer. Il peut repérer des séquelles que la victime aurait tendance à minimiser.
  • Le jour de l’expertise : il accompagne la victime pour veiller à ce que tous les préjudices soient examinés et correctement retranscrits. Sa présence rééquilibre le rapport de force face au médecin-conseil de l’assureur.
  • Pendant la discussion médico-légale : il peut formuler des observations techniques que la victime ne serait pas en mesure de faire (discussion sur le taux d’AIPP, les classes de DFT, le quantum doloris, l’imputabilité de certaines lésions).
  • Après l’expertise : il rédige un rapport de recours ou des dires si les conclusions du rapport d’expertise sont contestables ou incomplètes.

Pour approfondir la question du choix du professionnel adapté, consulter le dossier sur les professionnels de la défense des victimes.

⚠️ Ne pas confondre médecin-conseil de victime et médecin-conseil de l'assureur

Le médecin-conseil de l’assureur est mandaté et rémunéré par la compagnie d’assurance adverse. Même s’il est tenu à une certaine impartialité, ses conclusions servent en pratique les intérêts financiers de l’assureur. Se rendre à une expertise sans son propre médecin-conseil revient à se présenter seul face à un expert technique qui défend les intérêts de l’adversaire. C’est la principale erreur commise par les victimes non accompagnées.

📊 Honoraires du médecin-conseil de victime

Les honoraires du médecin-conseil de victime varient généralement entre 600 et 1 500 € selon la complexité du dossier et la durée de l’expertise. Ce coût est un investissement rentable : il est souvent largement compensé par l’augmentation de l’indemnisation obtenue grâce à un rapport d’expertise plus complet et plus juste.

📞 Besoin d'un médecin-conseil de victime ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter la victime vers un médecin-conseil de recours spécialisé en dommage corporel.

Le déroulement de l’expertise médicale étape par étape

Connaître à l’avance le déroulement de l’expertise permet de mieux appréhender cette étape souvent stressante pour la victime. Voici les cinq phases classiques d’une expertise médicale en dommage corporel.

1. L’accueil et la vérification d’identité

Le médecin expert vérifie l’identité de la victime et note les personnes présentes : le médecin-conseil de la victime, son avocat le cas échéant, le médecin-conseil de l’assureur. Il rappelle l’objet de sa mission et le cadre dans lequel elle s’inscrit (expertise amiable ou judiciaire).

2. Le recueil de l’anamnèse

L’expert interroge la victime sur les circonstances de l’accident, ses antécédents médicaux, les traitements suivis depuis le fait dommageable et l’évolution de son état de santé. C’est à ce moment que les doléances sont exposées. La victime doit s’exprimer calmement, avec précision, sans rien omettre.

L'importance de tout mentionner

Lors du recueil de l’anamnèse, la victime ne doit rien passer sous silence. Les séquelles « invisibles » comme les troubles cognitifs, les douleurs chroniques, les difficultés de concentration ou les troubles du sommeil sont souvent sous-évaluées si elles ne sont pas clairement exprimées. En cas de handicap invisible, l’accompagnement par un médecin-conseil est d’autant plus crucial.

3. L’examen clinique

Le médecin expert procède à un examen physique complet : mesure des amplitudes articulaires, testing musculaire, examen neurologique, évaluation de la cicatrisation, etc. Il vérifie la concordance entre les plaintes exprimées par la victime et les constatations cliniques objectives.

La victime doit être honnête lors de cet examen : ni minimiser ses difficultés (par courage ou habitude), ni les amplifier. Toute incohérence entre les doléances et l’examen clinique peut être notée dans le rapport.

4. La discussion médico-légale

C’est la phase la plus technique. Le médecin expert, le médecin-conseil de la victime et le médecin-conseil de l’assureur discutent des conclusions à tirer de l’examen. Ils abordent les différents postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac :

  • La date de consolidation (moment où l’état de santé est stabilisé).
  • Le taux d’AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique).
  • Les classes de déficit fonctionnel temporaire (DFT).
  • L’évaluation des souffrances endurées (pretium doloris) sur une échelle de 1 à 7.
  • Le préjudice esthétique temporaire et permanent.
  • Le besoin en tierce personne (aide humaine).
  • Les besoins futurs : soins, appareillage, aménagements.

C’est à cette étape que la présence du médecin-conseil de victime est la plus déterminante. Sans lui, la victime est incapable de discuter techniquement avec le médecin expert et le médecin-conseil de l’assureur.

5. La rédaction du rapport d’expertise

Le médecin expert rédige ensuite son rapport, qui reprend l’ensemble des éléments recueillis et fixe ses conclusions pour chaque poste de préjudice. En expertise judiciaire, un pré-rapport est généralement communiqué aux parties, qui disposent d’un délai pour formuler des dires (observations écrites). En expertise amiable, le rapport est souvent définitif dès sa rédaction.

⚖️ Article 264 du Code de procédure civile

En expertise judiciaire, le médecin expert doit communiquer aux parties un pré-rapport avant de rédiger son rapport définitif. Les parties disposent d’un délai fixé par l’expert pour formuler leurs observations (dires). L’expert doit répondre à ces dires dans son rapport final. Ce droit est fondamental pour la défense des intérêts de la victime.

Les erreurs à éviter le jour de l’expertise médicale

Certaines erreurs, commises par méconnaissance ou par stress, peuvent compromettre les résultats de l’expertise. Voici les pièges les plus fréquents :

  • Se rendre seul à l’expertise : c’est l’erreur la plus courante et la plus coûteuse. Sans médecin-conseil, la victime est démunie face à la technicité de la discussion médico-légale.
  • Minimiser ses séquelles : par pudeur, par habitude ou pour « ne pas se plaindre », beaucoup de victimes décrivent un état meilleur que la réalité. L’expert ne peut évaluer que ce qui lui est décrit et montré.
  • Exagérer ses difficultés : à l’inverse, toute exagération détectée par l’expert décrédibilise l’ensemble du discours et peut conduire à une sous-évaluation par méfiance.
  • Arriver avec un dossier incomplet : l’absence de pièces médicales oblige l’expert à évaluer « à l’aveugle » et conduit à des conclusions approximatives.
  • Ne pas avoir préparé ses doléances : le stress de l’expertise fait oublier des éléments importants. Un document écrit permet de ne rien omettre.
  • Être agressif ou conflictuel : même en cas de désaccord, la victime a tout intérêt à rester calme et respectueuse. Le médecin-conseil de victime est là pour porter les arguments techniques.
  • Signer un document sans le lire : en expertise amiable, il peut être proposé de signer un document de conclusions. Il ne faut jamais signer quoi que ce soit sans l’avis de son médecin-conseil ou de son avocat.
⚠️ Attention à l'expertise amiable organisée par l'assureur

Lors d’une expertise amiable, le médecin expert est souvent choisi et rémunéré par l’assureur. La victime a parfaitement le droit de demander une contre-expertise médicale si les conclusions semblent défavorables. En cas de désaccord persistant, il est possible de demander une expertise d’arbitrage ou de saisir le tribunal pour obtenir une expertise judiciaire.

💡 Cas pratique : erreur de préparation lors d'une expertise

Marie, 52 ans, victime d’une chute dans un supermarché, s’est rendue seule à son expertise amiable sans médecin-conseil et avec un dossier médical partiel. Elle n’avait pas mentionné son suivi psychologique ni ses troubles du sommeil. Le rapport d’expertise a fixé un taux d’AIPP de 3 % et des souffrances endurées à 2/7. Après avoir consulté un médecin-conseil de victime et obtenu une contre-expertise, les conclusions ont été réévaluées à 8 % d’AIPP et 3,5/7 de souffrances endurées, soit une différence d’indemnisation de plus de 18 000 euros.

Que se passe-t-il après l’expertise médicale ?

Une fois le rapport d’expertise rédigé et transmis aux parties, le processus d’indemnisation entre dans sa phase de chiffrage. C’est à partir des conclusions du rapport que l’offre d’indemnisation sera calculée.

En procédure amiable

L’assureur utilise le rapport pour formuler une offre d’indemnisation. Cette offre est calculée poste par poste en fonction des conclusions de l’expertise et des barèmes internes de l’assureur. Il est essentiel de savoir que cette première offre est presque toujours inférieure à ce que la victime peut légitimement obtenir.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

La première offre d’indemnisation de l’assureur est systématiquement inférieure à la juste réparation du préjudice. La victime dispose d’un délai légal pour l’accepter ou la refuser. Il est vivement recommandé de faire analyser cette offre par un avocat spécialisé ou de la comparer avec les exemples d’indemnisation et les simulateurs d’indemnisation disponibles.

En procédure judiciaire

Le rapport d’expertise est transmis au juge. Les parties (la victime et le responsable ou son assureur) présentent leurs demandes d’indemnisation en s’appuyant sur les conclusions de l’expert. Le juge tranche en se référant notamment au référentiel Mornet et à la jurisprudence applicable.

En cas de désaccord avec les conclusions

Si la victime conteste les conclusions du rapport d’expertise, plusieurs recours sont possibles :

  • Formuler des dires en expertise judiciaire avant le rapport définitif.
  • Demander une contre-expertise médicale.
  • Solliciter une expertise d’arbitrage en procédure amiable.
  • Saisir le tribunal pour obtenir une expertise judiciaire si l’expertise amiable est jugée insuffisante. Plus de détails sont disponibles dans le guide comparatif amiable vs judiciaire.

Il est également important de savoir qu’en cas d’aggravation du préjudice après la consolidation, une nouvelle expertise peut être demandée pour réévaluer l’indemnisation.

⚖️ Article 2226 du Code civil – Délai de prescription

Le délai de prescription en matière de dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures. Passé ce délai, la victime ne peut plus agir en justice pour obtenir l’indemnisation de son préjudice. Il est donc essentiel de ne pas laisser le temps passer sans engager les démarches nécessaires.

Checklist de préparation : tout vérifier avant l’expertise

Pour ne rien oublier, voici un récapitulatif des actions à entreprendre avant le jour de l’expertise médicale :

📌 Checklist complète de préparation à l'expertise médicale

  • Réunir l’intégralité du dossier médical (CMI, comptes-rendus, imagerie, ordonnances)
  • Rassembler les documents administratifs et financiers (PV, arrêts de travail, factures)
  • Classer les pièces par ordre chronologique et les numéroter
  • Préparer un bordereau récapitulatif des pièces
  • Rédiger les doléances en couvrant tous les aspects de la vie affectée
  • Faire relire les doléances par un proche et par le médecin-conseil
  • Mandater un médecin-conseil de victime
  • Rencontrer le médecin-conseil avant l’expertise pour une préparation conjointe
  • Préparer deux exemplaires complets du dossier
  • Vérifier la date, l’heure et le lieu de l’expertise
  • Prévoir d’arriver 15 minutes en avance

Questions fréquentes sur la préparation de l’expertise médicale

Questions fréquentes


Combien de temps dure une expertise médicale ?

La durée d’une expertise médicale varie selon la complexité du dossier. Pour un dossier simple (entorse, fracture simple), l’expertise peut durer entre 30 minutes et 1 heure. Pour un dossier plus complexe impliquant un polytraumatisme, un traumatisme crânien ou des séquelles multiples, l’expertise peut durer 2 à 3 heures, voire davantage. La durée est un indicateur de la qualité de l’expertise : une expertise trop rapide est souvent le signe d’un examen insuffisant.


Faut-il payer le médecin-conseil de victime et combien cela coûte-t-il ?

Oui, les honoraires du médecin-conseil de victime sont à la charge de la victime. Ils varient généralement entre 600 et 1 500 € selon la complexité du dossier. Cet investissement est toutefois largement compensé par l’augmentation de l’indemnisation obtenue. Dans certains cas, les honoraires peuvent être intégrés aux frais d’indemnisation récupérables auprès de l’assureur ou du responsable.


La victime peut-elle refuser de se rendre à une expertise médicale ?

En expertise amiable, la victime n’est pas juridiquement obligée de se présenter. Toutefois, un refus peut bloquer le processus d’indemnisation, car l’assureur a besoin du rapport d’expertise pour formuler son offre. En expertise judiciaire, le refus de se soumettre à l’expertise ordonnée par le juge peut être interprété défavorablement et compromettre les droits de la victime. Il est donc fortement déconseillé de refuser une expertise sans raison valable.


Que faire en cas de désaccord avec le rapport d'expertise ?

La victime dispose de plusieurs recours : formuler des dires (observations écrites) en expertise judiciaire, demander une contre-expertise médicale, solliciter une expertise d’arbitrage en procédure amiable, ou saisir le tribunal pour obtenir une expertise judiciaire. L’accompagnement par un médecin-conseil de victime et un avocat spécialisé est indispensable pour contester efficacement un rapport défavorable. Plus de détails sur la page dédiée à la contestation d’une expertise médicale.


L'expertise médicale est-elle définitive ?

Non, l’expertise médicale n’est pas nécessairement définitive. En cas d’aggravation de l’état de santé après la consolidation, une nouvelle expertise peut être demandée pour réévaluer les préjudices et obtenir un complément d’indemnisation. C’est ce qu’on appelle la procédure en aggravation du préjudice corporel. Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation.


Peut-on demander à changer de médecin expert ?

En expertise judiciaire, la victime peut demander au juge la récusation du médecin expert pour des motifs légitimes (partialité, conflit d’intérêts, incompétence dans la spécialité concernée). En expertise amiable, la victime peut refuser le médecin choisi par l’assureur et demander la désignation d’un autre expert ou proposer un expert commun. C’est une négociation à mener avec l’aide d’un avocat spécialisé.


Conclusion : bien préparer son expertise médicale pour obtenir une juste indemnisation

L’expertise médicale est le moment clé du parcours d’indemnisation. Sa préparation ne doit rien laisser au hasard : réunir un dossier complet et organisé, rédiger des doléances détaillées, se faire accompagner par un médecin-conseil de victime et connaître le déroulement de l’expertise sont les quatre piliers d’une préparation réussie.

Chaque poste de préjudice omis ou sous-évalué lors de l’expertise se traduit par une perte financière directe pour la victime. C’est pourquoi le recours à des professionnels spécialisés — médecin-conseil de recours et avocat en dommage corporel — est vivement recommandé, quel que soit le type d’accident à l’origine du dommage.

Victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches d’indemnisation et peut les orienter vers les professionnels adaptés à leur situation.

📞 Besoin d'aide pour préparer une expertise médicale ?

La permanence de victime-info.fr peut aider la victime à comprendre ses droits, préparer son dossier et trouver un médecin-conseil de recours spécialisé en dommage corporel.

Témoignages

Franchement j’y serais allé seul à l’expertise si j’avais pas lu les conseils sur victime-info.fr.. j’ai pris un médecin conseil de victime, il a trouvé des trucs que j’aurais jamais pensé à mentionner (le préjudice d’agrément, les troubles du sommeil, etc). Au final le taux d’AIPP est passé de 5% proposé par l’assurance à 12%. Ça a changé toute l’indemnisation, on parle de + de 25000€ de difference

— Laurent, 38 ans, accident de moto

Bon moi je suis tombée dans un supermarché ya 3 ans, fracture du poignet + épaule. J’ai fait l’erreur d’aller à la première expertise sans médecin conseil, j’ai eu un rapport vraiment pas en ma faveur.. j’ai demandé une contre expertise et la deuxième fois j’étais accompagnée. Le rapport a été completement différent. Si c’était à refaire je prendrais un médecin conseil dès le départ, ça vaut vraiment le coup meme si c’est un investissement

— Isabelle, 56 ans, chute dans un magasin

Honnêtement les doléances c’est LE truc qui m’a le plus aidé. Mon médecin conseil m’a dit de tout écrire, même les choses que je trouvais « pas importantes » genre le fait que je pouvais plus faire de sport, que j’avais des angoisses le soir.. au final tout ça c’est des postes de préjudice qui sont indemnisés. Faut vraiment rien oublier quand on prépare son expertise, c’est le conseil que je donnerais

— Mehdi, 29 ans, victime d'agression