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Délit de fuite : droits de la victime, recours et indemnisation complète

Chaque année en France, des milliers de victimes d’accidents de la route sont confrontées à un délit de fuite. Le conducteur responsable quitte les lieux sans s’identifier, laissant la personne blessée seule face à ses dommages. Cette situation, aussi choquante soit-elle, ne prive jamais la victime de son droit à une indemnisation. Que le conducteur en fuite soit retrouvé ou non, des mécanismes juridiques existent pour permettre une réparation intégrale du préjudice. Ce guide détaille l’ensemble des droits, des recours et des démarches à connaître pour toute personne confrontée à un accident de la circulation suivi d’un délit de fuite.

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans ces situations complexes.

Qu’est-ce que le délit de fuite ?

Le délit de fuite est une infraction pénale clairement définie par le Code pénal. Il se produit lorsqu’un conducteur impliqué dans un accident de la circulation quitte volontairement les lieux sans s’arrêter ni se faire connaître, dans le but d’échapper à sa responsabilité pénale ou civile.

⚖️ Article 434-10 du Code pénal

Le fait, pour tout conducteur d’un véhicule ou engin terrestre, fluvial ou maritime, sachant qu’il vient de causer ou d’occasionner un accident, de ne pas s’arrêter et de tenter ainsi d’échapper à la responsabilité pénale ou civile qu’il peut avoir encourue, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Pour que le délit de fuite soit juridiquement caractérisé, trois éléments constitutifs doivent être réunis simultanément :

  • Être conducteur d’un véhicule impliqué dans un accident : il peut s’agir d’une voiture, d’une moto, d’un scooter, d’un camion ou encore d’une trottinette électrique.
  • Avoir conscience de l’accident : le conducteur doit savoir qu’un accident s’est produit. Si la personne n’a réellement rien perçu (choc très léger par exemple), l’élément intentionnel peut être discuté.
  • Ne pas s’être arrêté pour permettre l’identification et la constatation des faits. Même un départ bref suivi d’un retour tardif peut être qualifié de délit de fuite.
Le délit de fuite concerne aussi les accidents matériels

Le délit de fuite ne se limite pas aux accidents avec blessés. Il est également constitué lorsque seuls des dégâts matériels ont été causés (véhicule garé percuté, rétroviseur arraché, etc.). Toutefois, les conséquences en matière d’indemnisation diffèrent selon que la victime a subi un préjudice corporel ou uniquement des dommages matériels.

Les sanctions pénales encourues par l’auteur du délit de fuite

Le législateur a prévu des sanctions lourdes pour dissuader les conducteurs de prendre la fuite après un accident. Ces peines varient en fonction de la gravité des conséquences de l’accident sur la victime.

Infraction Sanctions encourues
Délit de fuite simple 3 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende
+ blessures involontaires (ITT ≤ 3 mois) 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende
+ blessures involontaires (ITT > 3 mois) 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende
+ homicide involontaire 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende

Les peines de base pour délit de fuite

Le délit de fuite simple, prévu à l’article 434-10 du Code pénal, est puni de :

  • 3 ans d’emprisonnement
  • 75 000 euros d’amende

Les circonstances aggravantes

Lorsque le délit de fuite est associé à d’autres infractions (conduite en état d’ivresse, excès de vitesse, usage de stupéfiants), les peines sont considérablement aggravées. Par exemple, si l’accident a causé des blessures involontaires ou un homicide involontaire, le délit de fuite constitue une circonstance aggravante qui alourdit la peine principale :

  • Blessures légères (ITT inférieure ou égale à 3 mois) + délit de fuite : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende
  • Blessures graves (ITT supérieure à 3 mois) + délit de fuite : jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende
  • Homicide involontaire + délit de fuite : jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende
📌 Peines complémentaires systématiques

En plus des peines principales, le tribunal prononce généralement des peines complémentaires : suspension ou annulation du permis de conduire, retrait de 6 points sur le permis, confiscation éventuelle du véhicule, obligation d’effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ces peines frappent l’auteur du délit de fuite indépendamment de la question de l’indemnisation de la victime.

📊 Statistiques sur le délit de fuite

En France, on estime qu’environ 10 % des accidents corporels de la route donnent lieu à un délit de fuite. Dans les zones urbaines, ce taux peut atteindre 15 à 20 %. La majorité des conducteurs en fuite sont toutefois retrouvés grâce aux caméras de vidéosurveillance, aux témoignages et aux enquêtes de police.

L’indemnisation de la victime d’un délit de fuite

Le point essentiel à retenir est le suivant : le délit de fuite du conducteur responsable ne prive jamais la victime de son droit à indemnisation. Le droit français organise la réparation intégrale du préjudice corporel quelle que soit la situation. Deux cas de figure se présentent selon que le conducteur en fuite est identifié ou non.

Premier cas : le conducteur est identifié après sa fuite

Lorsque les forces de l’ordre parviennent à identifier le conducteur en fuite (grâce à une plaque d’immatriculation relevée par un témoin, des images de vidéosurveillance, une enquête de voisinage, ou encore des traces de peinture sur le véhicule), la procédure classique d’indemnisation s’applique :

  • L’assurance de responsabilité civile du conducteur identifié doit indemniser la victime selon les règles protectrices de la loi Badinter du 5 juillet 1985.
  • La victime bénéficie du même régime d’indemnisation automatique des victimes non responsables.
  • La personne blessée peut se constituer partie civile lors du procès pénal pour obtenir des dommages-intérêts complémentaires.
  • L’assureur du responsable doit respecter les délais légaux de la convention IRCA pour formuler une offre d’indemnisation.
💡 Cas pratique : piéton renversé avec plaque relevée

Un piéton est renversé sur un passage piéton par un automobiliste qui prend la fuite. Un témoin parvient à noter les trois premiers caractères de la plaque d’immatriculation ainsi que la couleur et la marque du véhicule. Grâce à ces informations, les enquêteurs identifient le conducteur en 48 heures. L’assurance de ce dernier est alors tenue d’indemniser le piéton pour l’intégralité de ses préjudices corporels : souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire, frais médicaux, perte de revenus, etc.

Deuxième cas : le conducteur reste non identifié

Si malgré l’enquête, le conducteur en fuite n’est pas retrouvé, la victime dispose d’un recours fondamental : la saisine du Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO). Cet organisme a précisément été créé pour indemniser les victimes lorsque le responsable est inconnu ou non assuré.

Indemnisation intégrale des préjudices corporels

Le FGAO indemnise les victimes d’un délit de fuite pour l’intégralité de leurs préjudices corporels, exactement de la même manière qu’une compagnie d’assurance classique. La personne blessée n’a pas besoin que le conducteur soit identifié pour être indemnisée de son dommage corporel. Tous les postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac sont concernés.

Il est également possible, lorsque le conducteur en fuite est retrouvé mais s’avère non assuré, de saisir le FGAO qui interviendra en substitution de l’assureur défaillant.

Le rôle du FGAO dans l’indemnisation après un délit de fuite

Le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages) est un organisme d’État qui joue le rôle d’assureur de substitution. Son intervention est déterminante pour les victimes de délit de fuite dont l’auteur reste non identifié.

Les préjudices indemnisés par le FGAO

Le FGAO distingue deux types de préjudices :

Les préjudices corporels sont indemnisés intégralement, sans franchise ni plafond. La victime peut prétendre à la réparation de l’ensemble des postes de la nomenclature Dintilhac :

⚠️ Restriction pour les dommages matériels

En revanche, les préjudices purement matériels (dégâts sur le véhicule, objets endommagés) font l’objet de conditions restrictives lorsque le conducteur n’est pas identifié. Le FGAO ne les indemnise que si la victime a également subi un dommage corporel. Dans ce cas, une franchise d’environ 300 euros s’applique. Si le véhicule de la victime est seul endommagé, sans blessure corporelle, le FGAO ne pourra pas intervenir pour les dégâts matériels.

La procédure de saisine du FGAO

La procédure pour saisir le FGAO après un délit de fuite suit plusieurs étapes précises :

  1. Déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Cette étape est absolument indispensable.
  2. Adresser une demande d’indemnisation au FGAO par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant l’ensemble des pièces justificatives.
  3. Respecter le délai de saisine : la victime dispose de 3 ans à compter de l’accident pour saisir le FGAO.
  4. Se soumettre à l’expertise médicale : le FGAO mandate un médecin expert pour évaluer les préjudices corporels de la victime.
  5. Recevoir une offre d’indemnisation : le FGAO dispose de 8 mois pour formuler une proposition d’indemnisation après réception du dossier complet.
⚠️ Ne jamais accepter la première offre sans vérification

Comme pour toute offre d’indemnisation émanant d’un assureur ou du FGAO, il est fortement recommandé de ne pas accepter la première proposition sans l’avoir fait examiner par un professionnel. Les offres du FGAO peuvent parfois être inférieures à ce que la victime est en droit d’obtenir. Il est possible de contester l’offre d’indemnisation et de saisir le tribunal si nécessaire.

Le recours du FGAO contre l’auteur identifié ultérieurement

Si le conducteur en fuite est finalement identifié après que le FGAO a indemnisé la victime, le Fonds de Garantie dispose d’un recours subrogatoire contre l’auteur de l’accident. Le FGAO se retourne alors contre le conducteur ou son assureur pour récupérer les sommes versées à la victime. Cette action ne concerne pas la personne indemnisée, qui conserve l’intégralité de son indemnisation.

Les démarches essentielles après un délit de fuite

La rapidité et la qualité des démarches effectuées après un délit de fuite jouent un rôle crucial dans le succès de la procédure d’indemnisation. Voici le détail des actions à entreprendre, étape par étape. Pour un panorama complet des réflexes à avoir, la consultation du guide des premiers réflexes après un accident est vivement recommandée.

Immédiatement après l’accident

Les premières minutes sont déterminantes. La victime ou les témoins doivent :

  • Appeler les secours (15 ou 112) et les forces de l’ordre (17) immédiatement.
  • Tenter de relever la plaque d’immatriculation du véhicule en fuite, même partiellement. Quelques chiffres et lettres suffisent souvent aux enquêteurs.
  • Mémoriser les caractéristiques du véhicule : marque, couleur, modèle, type de carrosserie, direction de fuite.
  • Identifier les témoins présents et recueillir leurs coordonnées (nom, téléphone, adresse).
  • Prendre des photos des lieux de l’accident, des dégâts sur le véhicule, des traces de freinage, des débris et de ses propres blessures.
  • Vérifier la présence de caméras de vidéosurveillance aux alentours (commerces, bâtiments publics, parkings). Signaler leur existence aux forces de l’ordre pour qu’elles puissent demander rapidement les images avant leur effacement.
Astuce : utiliser son téléphone

La plupart des personnes disposent d’un téléphone portable avec appareil photo. Même en état de choc, il est utile de prendre un maximum de photos et de filmer les lieux. Un témoin peut également être invité à enregistrer un témoignage vocal sur son téléphone, décrivant ce qu’il a vu. Ces éléments constituent des preuves précieuses pour la suite de la procédure.

Dans les heures et jours qui suivent l’accident

  • Déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Le dépôt de plainte est une étape indispensable, tant pour l’enquête pénale que pour la procédure d’indemnisation auprès du FGAO. Il est possible de déposer plainte directement auprès du procureur de la République si le commissariat refuse d’enregistrer la plainte.
  • Consulter un médecin pour obtenir un certificat médical initial (CMI) détaillant l’ensemble des blessures et leur durée prévisible d’incapacité totale de travail (ITT).
  • Déclarer le sinistre à son propre assureur automobile dans les 5 jours ouvrés suivant l’accident.
  • Conserver l’ensemble des justificatifs : factures médicales, ordonnances, arrêts de travail, tickets de transport, etc.

Constitution du dossier FGAO

Si le conducteur en fuite n’est pas identifié, la victime doit constituer un dossier solide pour le FGAO. Ce dossier doit comprendre :

  • La copie du dépôt de plainte
  • Le certificat médical initial
  • Tous les documents médicaux : comptes rendus d’hospitalisation, comptes rendus opératoires, ordonnances, résultats d’examens
  • Les justificatifs de pertes de revenus : bulletins de salaire, arrêts de travail, attestation de l’employeur
  • Les factures et notes d’honoraires liées aux soins et aux déplacements
  • Les témoignages écrits (attestations sur l’honneur des témoins de l’accident)
  • Les photographies de l’accident, des blessures et de l’évolution de la guérison
📞 Besoin d'aide pour constituer le dossier FGAO ?

La constitution d’un dossier FGAO complet et bien argumenté est essentielle pour obtenir une indemnisation juste. La permanence de victime-info.fr peut orienter la victime et l’aider à identifier les pièces nécessaires.

Se constituer partie civile au procès pénal

Lorsque le conducteur en fuite est identifié et poursuivi devant le tribunal correctionnel, la victime a le droit de se constituer partie civile. Cette démarche est distincte de la procédure d’indemnisation par l’assureur ou par le FGAO, et offre des avantages supplémentaires.

La constitution de partie civile permet à la victime de :

  • Être informée de l’avancement de la procédure pénale et des dates d’audience.
  • Accéder au dossier pénal et aux éléments de l’enquête.
  • Demander des dommages-intérêts directement au tribunal correctionnel, au titre de la réparation de l’ensemble des préjudices subis.
  • Faire valoir ses préjudices devant le juge, y compris le préjudice moral lié au sentiment d’injustice causé par la fuite du conducteur.
⚖️ Article 2 du Code de procédure pénale

L’action civile en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou une contravention appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par l’infraction. La constitution de partie civile peut intervenir à tout moment de la procédure, jusqu’aux réquisitions du ministère public à l’audience.

💡 Cas pratique : cycliste victime d'un délit de fuite

Un cycliste est percuté par un véhicule qui prend la fuite. Un commerçant voisin dispose d’une caméra de surveillance qui a filmé la scène. Grâce aux images, la police identifie le conducteur en 10 jours. Le cycliste, qui souffre d’une fracture du poignet et de contusions multiples, se constitue partie civile lors du procès pénal. Le tribunal correctionnel condamne le conducteur à 2 ans d’emprisonnement avec sursis et prononce l’annulation de son permis. Par ailleurs, il accorde au cycliste 18 000 euros de dommages-intérêts au titre de ses préjudices corporels.

La victime peut également se constituer partie civile même si elle a déjà été indemnisée par l’assureur ou par le FGAO. Le tribunal pénal peut accorder des indemnités complémentaires pour des postes de préjudice non pris en compte ou insuffisamment évalués.

Les erreurs à éviter pour la victime d’un délit de fuite

Face au choc d’un accident suivi d’un délit de fuite, certaines erreurs peuvent compromettre les chances d’identification du responsable et d’indemnisation correcte. Il est important d’en avoir conscience pour mieux se défendre.

⚠️ Les 5 erreurs les plus fréquentes

  1. Ne pas déposer plainte : sans dépôt de plainte, le dossier FGAO ne peut pas être instruit et l’enquête de police ne sera pas diligentée.
  2. Tarder à consulter un médecin : plus le certificat médical initial est établi rapidement, plus il est difficile pour l’assureur ou le FGAO de contester le lien entre l’accident et les blessures.
  3. Accepter la première offre d’indemnisation sans la faire vérifier par un professionnel. Les offres initiales sont presque toujours sous-évaluées.
  4. Se rendre seul à l’expertise médicale du FGAO sans être assisté d’un médecin conseil de victimes. Le médecin mandaté par le FGAO n’est pas là pour défendre les intérêts de la victime.
  5. Ne pas conserver les preuves : jeter les factures, ne pas photographier l’évolution des blessures, ne pas conserver les arrêts de travail.

Se faire accompagner pour optimiser l’indemnisation

La procédure d’indemnisation après un délit de fuite peut être longue et complexe. Il est vivement recommandé à la victime de se faire accompagner par des professionnels spécialisés en dommage corporel. Comprendre les fondamentaux du droit du dommage corporel est un premier pas, mais un accompagnement sur mesure fait toute la différence.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

Un avocat spécialisé en dommage corporel connaît les mécanismes d’indemnisation, les barèmes utilisés par les tribunaux et les stratégies du FGAO ou des assureurs pour minimiser les offres. Son intervention permet généralement d’obtenir une indemnisation nettement supérieure à celle proposée initialement.

Le médecin conseil de victimes

Lors de l’expertise médicale, la victime a tout intérêt à se faire assister par un médecin conseil indépendant (appelé aussi médecin de recours). Ce professionnel intervient aux côtés de la victime pour veiller à ce que l’ensemble des séquelles soient correctement évaluées. Son rôle est détaillé dans la page consacrée au déroulement de l’expertise médicale.

Le droit à provision

Pendant la durée de la procédure d’indemnisation, la victime peut demander une provision sur indemnités. Il s’agit d’une avance sur l’indemnisation finale, versée par le FGAO ou l’assureur, pour faire face aux dépenses urgentes (soins médicaux, perte de revenus, aménagements). Cette demande peut être formulée dès le début de la procédure.

Récapitulatif des recours selon la situation

Voici un résumé des différents recours possibles pour la victime d’un délit de fuite, selon que le conducteur est identifié ou non :

Situation Recours principal Indemnisation
Conducteur identifié et assuré Assurance RC du conducteur ✅ Intégrale (loi Badinter)
Conducteur identifié mais non assuré FGAO ✅ Intégrale (corporel) / partielle (matériel)
Conducteur non identifié FGAO ✅ Intégrale (corporel) / ⚠️ conditionnelle (matériel)
Situation Recours principal Indemnisation corporelle Indemnisation matérielle
Conducteur identifié et assuré Assureur du responsable + partie civile au pénal Intégrale (loi Badinter) Intégrale
Conducteur identifié mais non assuré FGAO + partie civile au pénal Intégrale via le FGAO Intégrale via le FGAO (franchise possible)
Conducteur non identifié FGAO uniquement Intégrale via le FGAO Conditionnelle (si préjudice corporel associé) + franchise ~300 euros
Dommages matériels seuls, conducteur non identifié Assurance propre de la victime (garantie tous risques) Sans objet Selon les garanties du contrat
📌 Le principe fondamental

En droit français, la victime d’un accident de la circulation a toujours droit à l’indemnisation intégrale de son préjudice corporel, que le conducteur responsable soit identifié ou non, assuré ou non. C’est le principe de la loi Badinter et la raison d’être du FGAO.

Le délai de prescription en matière de délit de fuite

La question du délai de prescription est cruciale pour la victime d’un délit de fuite. Plusieurs délais coexistent :

  • Saisine du FGAO : la victime dispose de 3 ans à compter de l’accident pour adresser sa demande d’indemnisation au Fonds de Garantie.
  • Action civile en indemnisation : le délai de prescription de l’action en réparation du préjudice corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil).
  • Action pénale : le délai de prescription de l’action publique pour un délit de fuite est de 6 ans à compter de la commission des faits.
⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel, engagée par la victime directe ou indirecte des préjudices qui en résultent, se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

Questions fréquentes sur le délit de fuite

Questions fréquentes


Le conducteur a pris la fuite mais la plaque a été relevée. Que faire ?

Il est essentiel de communiquer immédiatement le numéro de plaque (même partiel) aux forces de l’ordre lors du dépôt de plainte. Avec cette information, les enquêteurs peuvent identifier le propriétaire du véhicule rapidement. Une fois identifié, c’est l’assurance de responsabilité civile du conducteur qui devra indemniser la victime selon les règles de la loi Badinter. Il est conseillé de noter également les caractéristiques du véhicule (marque, couleur, modèle) pour faciliter l’identification.


Le FGAO peut-il refuser d'indemniser une victime de délit de fuite ?

Le FGAO peut refuser l’indemnisation dans certains cas précis : si la demande est formulée hors délai (au-delà de 3 ans après l’accident), si la victime ne peut pas prouver qu’un accident de la circulation a bien eu lieu, ou si la victime a commis une faute inexcusable cause exclusive de l’accident (ce qui est très rarement retenu pour les piétons et cyclistes). En cas de refus, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour contester cette décision.


Quel est le délai pour saisir le FGAO après un délit de fuite ?

La victime dispose d’un délai de 3 ans à compter de la date de l’accident pour adresser sa demande d’indemnisation au FGAO. Ce délai est distinct du délai de prescription de l’action en réparation du préjudice corporel, qui est de 10 ans à compter de la consolidation. Il est toutefois recommandé de saisir le FGAO le plus tôt possible après l’accident pour accélérer la procédure.


Un véhicule a été endommagé par un conducteur en fuite non identifié. Les dégâts matériels sont-ils indemnisés ?

Si le conducteur en fuite n’est pas identifié et que la victime n’a subi aucun dommage corporel, le FGAO ne pourra pas intervenir pour les seuls dégâts matériels. Dans ce cas, la seule solution est de faire jouer sa propre assurance automobile, si le contrat prévoit une garantie « tous risques » ou « dommages tous accidents ». En revanche, si des blessures corporelles sont associées aux dégâts matériels, le FGAO indemnisera les deux types de préjudices, avec une franchise d’environ 300 euros sur le matériel.


Le conducteur en fuite a été retrouvé mais il n'a pas d'assurance. Que se passe-t-il ?

Si le conducteur identifié n’est pas couvert par une assurance de responsabilité civile, le FGAO intervient pour indemniser la victime en substitution de l’assureur défaillant. La victime sera indemnisée dans les mêmes conditions que si le conducteur était resté non identifié. Le FGAO se retournera ensuite contre le conducteur non assuré pour récupérer les sommes versées.


La victime d'un délit de fuite peut-elle demander une provision en attendant l'indemnisation finale ?

Oui, la victime peut demander une provision sur indemnités au FGAO ou à l’assureur du responsable identifié. Cette avance permet de faire face aux dépenses urgentes (frais médicaux, perte de revenus, aménagements du logement) en attendant la consolidation des blessures et le calcul de l’indemnisation définitive. Il est également possible de demander une provision par courrier.


Conclusion : la victime d’un délit de fuite a toujours des recours

Le délit de fuite est une infraction grave, sanctionnée pénalement et qui ajoute un traumatisme supplémentaire pour la personne accidentée. Mais il est fondamental de rappeler que cette fuite du responsable ne prive jamais la victime de son droit à une indemnisation intégrale de son préjudice corporel. Que le conducteur soit retrouvé ou non, les mécanismes juridiques français — loi Badinter, FGAO, constitution de partie civile — garantissent aux victimes un accès effectif à la réparation.

L’essentiel est d’agir vite, de réunir un maximum de preuves et de se faire accompagner par des professionnels compétents. victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France, accompagne les victimes gratuitement dans leurs démarches.

📞 Besoin d'accompagnement après un délit de fuite ?

La permanence de victime-info.fr oriente les victimes de délit de fuite vers les bons interlocuteurs : avocat spécialisé en dommage corporel, médecin conseil de victimes, FGAO. Un accompagnement adapté permet d’optimiser significativement le montant de l’indemnisation.

Témoignages

Bon moi c’etait en rentrant du boulot à vélo, un mec m’a fauché et il s’est barré.. j’étais par terre j’ai même pas eu le temps de voir la plaque. Heureusement ya eu un témoin qui a noté 3 lettres de la plaque et les flics ont retrouvé le gars en 1 semaine. Au final j’ai été indemnisé par son assurance, j’ai touché 22000€ pour fracture du coude + arret de travail 3 mois. Faut surtout pas baisser les bras même quand le mec se casse

— Marc, 52 ans, renversé à vélo par un conducteur en fuite

Franchement c’est un cauchemar quand le conducteur est jamais retrouvé.. moi j’ai été percutée en traversant, personne a vu la plaque, pas de caméra, rien. J’ai cru que j’allais rien toucher. C’est en cherchant sur internet que j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué le truc du FGAO. J’ai fait ma demande avec l’aide d’un avocat et au bout de 14 mois j’ai reçu 31000€ pour mes prejuidices corporels. C’est long mais ça marche

— Amina, 35 ans, piétonne percutée par un véhicule non identifié

Honnêtement j’étais dégouté, le type m’a coupé la route et il est parti comme si de rien était. Moi au sol avec le genou en vrac et 2 côtes fêlées. Par chance un commerçant avait une camera de surveillance et tout a été filmé. Le mec a été identifié, condamné à 18 mois avec sursis + annulation du permis. Moi j’me suis constitué partie civile et j’ai obtenu 26000€ de dommages interets. Conseil : allez pas seul à l’expertise, prenez un medecin conseil ça change tout

— Thierry, 44 ans, motard victime d'un refus de priorité avec délit de fuite