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Accident de VTC ou de taxi : guide complet d’indemnisation des passagers

Chaque jour en France, des milliers de personnes empruntent un VTC (Uber, Bolt, Marcel, Heetch…) ou un taxi pour se déplacer. Lorsqu’un accident de la circulation survient pendant la course, le passager transporté subit un préjudice qu’il n’a en aucun cas provoqué. La bonne nouvelle, c’est que le passager d’un VTC ou d’un taxi bénéficie d’un régime d’indemnisation particulièrement protecteur. En effet, la loi Badinter du 5 juillet 1985 garantit au passager victime d’un accident de la route une réparation intégrale de ses préjudices, sauf faute inexcusable de sa part — une hypothèse exceptionnelle pour un simple passager.

Ce guide détaille l’ensemble des droits des passagers victimes d’un accident de VTC ou de taxi : le cadre juridique applicable, les démarches à entreprendre, les différents postes de préjudice indemnisables selon la nomenclature Dintilhac, ainsi que les pièges à éviter face aux assureurs. La permanence de victime-info.fr accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF).

Le cadre juridique : la loi Badinter protège le passager de VTC et de taxi

L’indemnisation du passager d’un VTC ou d’un taxi repose principalement sur la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, qui régit l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur.

⚖️ Article 1er de la loi du 5 juillet 1985 (loi Badinter)

Les dispositions de la présente loi s’appliquent aux victimes d’un accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à moteur ainsi que ses remorques ou semi-remorques. Elles s’appliquent même lorsque les victimes sont transportées en vertu d’un contrat.

Ce texte est d’une importance capitale pour les passagers de VTC et de taxi. En tant que victime non conductrice, le passager bénéficie d’un statut ultra-protecteur. La loi Badinter distingue en effet plusieurs catégories de victimes. Le passager appartient à la catégorie des victimes qui n’ont pas la qualité de conducteur du véhicule impliqué. Son droit à indemnisation est donc quasiment automatique.

Concrètement, le passager ne peut se voir opposer sa propre faute pour réduire son indemnisation, sauf dans un cas extrême : la faute inexcusable et cause exclusive de l’accident. En pratique, un passager assis à l’arrière d’un VTC ou d’un taxi ne commet jamais une telle faute. L’indemnisation intégrale est donc la règle, comme pour tout passager victime d’un accident de la route.

Le passager est toujours indemnisé

Que l’accident soit causé par le chauffeur du VTC/taxi, par un tiers, ou même que l’accident soit dû à un cas fortuit (verglas, animal sur la route), le passager a droit à une indemnisation. C’est le principe même de la loi Badinter : le passager n’a pas à prouver la faute du conducteur. Il suffit qu’un véhicule terrestre à moteur soit impliqué dans l’accident. Ce régime s’applique de la même manière à un passager d’un bus ou d’un autocar.

VTC et taxi : quelles différences pour l’indemnisation du passager ?

Sur le plan de l’indemnisation corporelle, il n’existe aucune différence fondamentale entre un accident survenu dans un VTC et un accident survenu dans un taxi. Dans les deux cas, la loi Badinter s’applique et le passager bénéficie du même droit à réparation intégrale.

Les différences se situent principalement au niveau des obligations d’assurance et de la structure contractuelle :

Le taxi : un régime réglementé et une assurance dédiée

Le chauffeur de taxi est un professionnel titulaire d’une licence (autorisation de stationnement). Il est soumis à une obligation d’assurance de responsabilité civile professionnelle couvrant les dommages causés aux passagers. L’assureur du taxi est l’interlocuteur principal pour l’indemnisation.

Le VTC : la responsabilité de la plateforme et du chauffeur

Les chauffeurs de VTC exercent via des plateformes (Uber, Bolt, Marcel, Heetch, etc.). Chaque chauffeur doit disposer d’une assurance responsabilité civile professionnelle. De plus, les plateformes elles-mêmes souscrivent généralement une assurance complémentaire couvrant les passagers pendant la course.

Par exemple, Uber dispose d’une assurance responsabilité civile qui couvre les dommages corporels subis par les passagers pendant un trajet. En cas d’accident, la victime peut donc se tourner vers l’assureur du chauffeur VTC et/ou vers l’assurance de la plateforme.

💡 Cas pratique : accident d'un passager Uber

Marie, 32 ans, prend un Uber pour rentrer chez elle un vendredi soir. Le chauffeur grille un feu rouge et percute un autre véhicule. Marie souffre d’un traumatisme cervical (coup du lapin) et d’une entorse du genou. En tant que passagère, Marie bénéficie de la loi Badinter : elle n’a aucune faute à prouver. Elle déclare le sinistre à l’assureur du chauffeur VTC. L’assurance de la plateforme Uber intervient également. Après une expertise médicale, Marie obtient une indemnisation couvrant ses souffrances endurées, son déficit fonctionnel temporaire, ses frais médicaux restés à charge et la perte de revenus pendant son arrêt de travail.

L’accident impliquant un tiers

Lorsque l’accident est provoqué par un tiers (un automobiliste qui percute le taxi ou le VTC), le passager peut réclamer l’indemnisation à n’importe quel assureur impliqué : celui du chauffeur VTC/taxi ou celui du tiers responsable. C’est le principe de l’action directe contre l’assureur. Le passager choisit le débiteur le plus solvable ou le plus réactif, et les assureurs se répartissent ensuite la charge entre eux.

Accident avec un véhicule non assuré ou en fuite

Si l’accident est causé par un tiers non identifié (délit de fuite) ou non assuré, le passager peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) pour obtenir une indemnisation. Ce mécanisme garantit qu’aucun passager ne reste sans réparation.

Les démarches à suivre après un accident de VTC ou de taxi

Après un accident survenu pendant une course en VTC ou en taxi, le passager blessé doit entreprendre plusieurs démarches essentielles pour préserver ses droits à indemnisation. Chaque étape est importante et conditionne le montant final de l’indemnisation.

1. Sur les lieux de l’accident : sécuriser et documenter

  • Appeler les secours (15, 18 ou 112) si la situation l’exige
  • Faire constater l’accident par la police ou la gendarmerie — demander l’établissement d’un procès-verbal
  • Récupérer les coordonnées du chauffeur (nom, numéro de licence ou carte VTC, immatriculation, assureur)
  • Prendre des photos des dégâts, de la scène de l’accident, de la position des véhicules
  • Identifier des témoins et noter leurs coordonnées
  • Conserver la preuve de la course : capture d’écran de l’application (Uber, Bolt…), reçu du taxi, ticket de carte bancaire

2. Dans les jours suivant l’accident

  • Consulter un médecin et faire établir un certificat médical initial décrivant précisément toutes les blessures
  • Déclarer le sinistre à l’assureur du chauffeur VTC/taxi dans un délai de 5 jours ouvrés
  • Contacter la plateforme VTC (rubrique « aide » ou « signaler un accident ») pour activer leur procédure d’indemnisation
  • Déposer plainte si les circonstances le justifient (infraction au code de la route, dépôt de plainte auprès du procureur)
  • Conserver tous les justificatifs : factures médicales, prescriptions, arrêts de travail, frais de transport
⚠️ Ne pas négliger le certificat médical initial

Le certificat médical initial (CMI) est un document capital. Il doit être établi le plus rapidement possible après l’accident et décrire de manière exhaustive l’ensemble des blessures, même celles qui paraissent mineures. Un traumatisme cervical, par exemple, peut évoluer vers des douleurs chroniques. Si le CMI est incomplet, l’assureur pourra contester le lien de causalité entre l’accident et certaines séquelles. La victime ne doit pas hésiter à consulter un médecin spécialiste si nécessaire.

3. Informer sa propre assurance

Il est également recommandé de vérifier si le contrat d’assurance habitation ou le contrat de carte bancaire prévoit une garantie individuelle accident ou une garantie des accidents de la vie (GAV). Ces garanties peuvent offrir un complément d’indemnisation, notamment pour les petits préjudices non couverts par l’assureur du responsable.

Qui indemnise le passager ? Les assurances en jeu

La question de l’interlocuteur pour l’indemnisation dépend des circonstances de l’accident. Plusieurs scénarios sont possibles :

Scénario 1 : le chauffeur VTC/taxi est responsable

L’assureur du chauffeur (responsabilité civile professionnelle) prend en charge l’indemnisation du passager. La plateforme VTC peut également intervenir via son assurance complémentaire.

Scénario 2 : un tiers est responsable

L’assureur du tiers responsable doit indemniser le passager. En pratique, le passager peut aussi choisir de s’adresser à l’assureur du véhicule dans lequel il se trouvait, qui se retournera ensuite contre le tiers.

Scénario 3 : responsabilité partagée ou indéterminée

Peu importe la répartition des responsabilités entre les conducteurs. Le passager, en tant que non-conducteur, est indemnisé intégralement par l’un ou l’autre des assureurs. Les compagnies d’assurance règlent ensuite la question de la charge définitive entre elles.

Scénario 4 : accident sans tiers identifié ou véhicule non assuré

Le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires) intervient pour indemniser le passager victime. Ce cas peut se présenter notamment en cas d’accident causé par un animal sauvage ou un obstacle sur la route.

📊 Délai légal de l'offre d'indemnisation

L’assureur du véhicule impliqué dispose d’un délai de 8 mois à compter de l’accident pour présenter une offre d’indemnisation au passager blessé, ou de 5 mois à compter de la connaissance de la consolidation si celle-ci intervient plus tard (articles L. 211-9 et suivants du Code des assurances).

Les postes de préjudice indemnisables pour le passager d’un VTC ou taxi

L’indemnisation du passager blessé dans un accident de VTC ou de taxi couvre l’intégralité des préjudices subis. Ces préjudices sont classés selon la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux (économiques) et les préjudices extra-patrimoniaux (personnels).

Les préjudices patrimoniaux (pertes économiques)

  • Dépenses de santé actuelles et futures (DSA/DSF) : frais médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques, de rééducation restés à la charge de la victime après remboursement par la Sécurité sociale et la mutuelle
  • Pertes de gains professionnels actuels et futurs (PGPA/PGPF) : salaires perdus pendant l’arrêt de travail et, le cas échéant, perte de capacité de gain pour l’avenir
  • Frais d’adaptation du logement et du véhicule : en cas de handicap nécessitant des aménagements
  • Assistance par tierce personne : aide humaine nécessaire pendant la convalescence ou de façon permanente
  • Incidence professionnelle : pénibilité accrue au travail, dévalorisation sur le marché du travail, perte de chance professionnelle

Les préjudices extra-patrimoniaux (préjudices personnels)

💡 Cas pratique : indemnisation d'un passager de taxi après un carambolage

Paul, 45 ans, cadre commercial, est passager d’un taxi sur l’autoroute A6 lorsqu’un carambolage se produit. Il subit une fracture du poignet gauche et un traumatisme crânien léger. Après 4 mois d’arrêt de travail et une rééducation de 6 mois, le médecin expert fixe la consolidation avec un DFP de 8 %. Voici une estimation de son indemnisation :

  • Déficit fonctionnel temporaire (4 mois classe III) : environ 3 600 €
  • Souffrances endurées (4/7) : environ 12 000 à 18 000 €
  • Déficit fonctionnel permanent (8 % à 45 ans) : environ 18 000 à 25 000 €
  • Pertes de gains professionnels actuels : environ 16 000 € (4 mois de salaire après déduction des IJ)
  • Préjudice esthétique (cicatrice au poignet, 1,5/7) : environ 2 500 à 4 000 €
  • Frais divers (parking hôpital, transports…) : environ 800 €

Total estimé : 53 000 à 67 000 €. Bien loin des 15 000 € que l’assureur avait proposés en première offre.

📞 Estimer l'indemnisation d'un passager de VTC ou taxi

Le simulateur de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des préjudices corporels. Cette estimation est gratuite et sans engagement.

L’expertise médicale : une étape déterminante pour l’indemnisation

L’expertise médicale est l’étape qui détermine le montant de l’indemnisation. C’est au cours de cet examen que le médecin expert évalue chaque poste de préjudice : le taux de DFP, le niveau de souffrances endurées, le préjudice esthétique, la nécessité d’une aide humaine, etc.

L’expertise peut être amiable (organisée par l’assureur) ou judiciaire (ordonnée par un tribunal). Dans les deux cas, il est vivement recommandé que la victime se fasse assister par un médecin conseil de victimes.

⚠️ Ne jamais se rendre seul à l'expertise médicale

Le médecin expert mandaté par l’assureur a pour mission d’évaluer les préjudices, mais il peut inconsciemment (ou consciemment) minimiser certains postes. Un médecin conseil indépendant, qui défend les intérêts de la victime, permet de rétablir l’équilibre. Il connaît les grilles d’évaluation et sait poser les bonnes questions. Pour comprendre le rôle du médecin expert et le déroulement concret de l’expertise, des guides détaillés sont disponibles sur victime-info.fr.

Comment préparer l’expertise médicale ?

La préparation de l’expertise est aussi importante que l’expertise elle-même. La victime doit :

  • Rassembler l’intégralité de son dossier médical : certificat médical initial, comptes rendus d’hospitalisation, ordonnances, résultats d’imagerie, comptes rendus de kinésithérapie
  • Préparer un historique chronologique de son parcours de soins depuis l’accident
  • Lister ses doléances : douleurs persistantes, gêne dans les activités quotidiennes, impact sur le travail, la vie sociale, le moral
  • Apporter des preuves de sa vie avant l’accident : licences sportives, attestations d’activités, témoignages de proches

La date de consolidation médicale — c’est-à-dire le moment où l’état de santé est stabilisé — est un point clé. C’est à partir de cette date que les séquelles définitives sont évaluées et que le montant final de l’indemnisation peut être calculé.

Les erreurs fréquentes à éviter pour maximiser l’indemnisation

Face aux compagnies d’assurance, les passagers victimes d’un accident de VTC ou de taxi commettent souvent des erreurs qui réduisent considérablement le montant de leur indemnisation. Voici les pièges les plus courants.

Accepter la première offre de l’assureur

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Les premières offres des assureurs sont systématiquement inférieures au préjudice réel. L’assureur espère que la victime, pressée ou ignorante de ses droits, acceptera rapidement.

📊 Écart entre première offre et indemnisation juste

Selon les professionnels du dommage corporel, la première offre de l’assureur peut être inférieure de 30 % à 70 % au montant réellement dû à la victime. Pour un préjudice estimé à 50 000 €, l’assureur peut proposer seulement 15 000 à 35 000 € en première offre. La victime a toujours le droit de contester et négocier cette offre.

Négliger certains postes de préjudice

Beaucoup de victimes ne connaissent pas l’étendue de leurs droits. Elles se concentrent sur les frais médicaux et les pertes de salaire, en oubliant les préjudices fonctionnels temporaires, les souffrances endurées ou le préjudice d’agrément. La nomenclature Dintilhac prévoit pourtant plus d’une vingtaine de postes de préjudice indemnisables.

Ne pas se faire accompagner

Gérer seul un dossier de dommage corporel face à un assureur qui dispose de médecins experts et de juristes est un combat inégal. Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel ou par une association d’aide aux victimes change radicalement la donne. Le coût de cet accompagnement est largement compensé par l’augmentation de l’indemnisation obtenue.

Demander une provision en attendant l'indemnisation définitive

Lorsque l’accident entraîne un arrêt de travail prolongé ou des frais importants, la victime peut demander le versement d’une provision sur indemnités. Il s’agit d’une avance sur l’indemnisation finale, permettant de faire face aux dépenses urgentes sans attendre la fin du processus.

Signer un protocole transactionnel trop tôt

Le protocole transactionnel (ou quittance définitive) met fin au droit à indemnisation. Une fois signé, la victime ne peut plus réclamer quoi que ce soit, même si son état de santé se dégrade. Il ne faut jamais signer avant la consolidation médicale et sans avoir fait vérifier l’offre par un professionnel.

Délais de prescription et calendrier d’indemnisation

La question des délais est cruciale en matière d’indemnisation corporelle. La victime d’un accident de VTC ou de taxi doit agir dans les temps pour ne pas perdre ses droits.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Pour les victimes mineures, la prescription ne commence à courir qu’à la majorité.

En pratique, ce délai de 10 ans à compter de la consolidation laisse un temps suffisant pour agir. Mais il ne faut pas confondre ce délai avec celui de la déclaration du sinistre (5 jours ouvrés) ou celui imposé à l’assureur pour faire une offre (8 mois).

Le calendrier type d’une indemnisation

Voici le déroulement classique d’un dossier d’indemnisation pour un passager de VTC ou taxi :

  1. Jour 0 : accident — constatations, soins, certificat médical initial
  2. J+5 : déclaration du sinistre à l’assureur
  3. Mois 1 à 12+ : période de soins et de rééducation
  4. Consolidation : l’état de santé est stabilisé (variable selon les blessures : quelques mois à plusieurs années). Un certificat médical de consolidation est établi.
  5. Expertise médicale : évaluation de tous les postes de préjudice
  6. Offre de l’assureur : dans les 5 mois suivant la consolidation
  7. Négociation : contestation de l’offre si elle est insuffisante
  8. Indemnisation définitive : accord amiable ou décision de justice
💡 Cas pratique : passagère de VTC avec un coup du lapin

Léa, 27 ans, serveuse, est passagère d’un VTC Bolt lorsque le chauffeur freine brutalement pour éviter un piéton et percute le véhicule de devant. Léa souffre d’un « coup du lapin » (entorse cervicale) avec cervicalgies persistantes, maux de tête et vertiges. Arrêt de travail de 6 semaines. Consolidation à 4 mois avec un DFP de 3 %. L’assureur du chauffeur lui propose 4 200 €. Après avoir consulté victime-info.fr et s’être fait accompagner, Léa conteste cette offre. L’indemnisation finale s’élève à 11 800 €, soit près de 3 fois l’offre initiale.

Cas spécifiques : accidents en VTC et taxi

Certaines situations particulières méritent d’être détaillées car elles soulèvent des questions fréquentes chez les victimes.

Le passager blessé hors du véhicule (montée/descente)

Un accident survenu au moment de monter dans le VTC ou d’en descendre est couvert par la loi Badinter, dès lors que le véhicule est impliqué. Par exemple, si le chauffeur redémarre alors que le passager n’a pas encore refermé la portière, le droit à indemnisation est acquis.

L’accident avec un chauffeur VTC non déclaré

Si le chauffeur exerce sans carte VTC valide ou sans assurance professionnelle, le passager n’est pas privé de ses droits. Le FGAO peut intervenir en cas de défaut d’assurance. La faute administrative du chauffeur n’est pas opposable au passager victime.

Le passager étranger ou touriste

La loi Badinter s’applique à tout accident survenu sur le territoire français, quelle que soit la nationalité de la victime. Un touriste étranger blessé dans un taxi parisien bénéficie exactement des mêmes droits qu’un résident français. Pour les accidents survenus à l’étranger, des règles spécifiques s’appliquent (voir accident de la circulation à l’étranger).

Les proches de la victime

Si le passager est grièvement blessé ou décédé, les proches (conjoint, enfants, parents) disposent d’un droit propre à indemnisation pour le préjudice d’affection et, le cas échéant, pour le préjudice économique. L’indemnisation de la famille d’une victime d’accident de la route est un sujet à part entière, traité dans un guide dédié.

⚠️ En cas de décès du passager

Les proches d’un passager décédé dans un accident de VTC ou de taxi ont droit à une indemnisation spécifique : préjudice d’affection, préjudice économique (perte de revenus du foyer), frais d’obsèques. Il est impératif de se faire accompagner par un avocat spécialisé pour ne laisser aucun droit de côté. Consultez le guide sur l’indemnisation des proches d’une victime décédée.

Conseils pratiques pour obtenir la meilleure indemnisation

Voici une synthèse des bonnes pratiques pour maximiser les chances d’obtenir une indemnisation juste et complète.

📌 Les 7 règles d'or du passager accidenté en VTC ou taxi

  1. Faire constater l’accident immédiatement (police, constat, photos)
  2. Consulter un médecin sans délai et conserver tous les documents médicaux
  3. Déclarer le sinistre dans les 5 jours à l’assureur du véhicule
  4. Ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans avis professionnel
  5. Se faire assister lors de l’expertise médicale par un médecin conseil de victimes
  6. Ne jamais signer de quittance définitive avant la consolidation
  7. Se faire accompagner par un avocat spécialisé ou une association d’aide aux victimes

Pour aller plus loin, il est possible de consulter les exemples concrets d’indemnisation en dommage corporel ou d’utiliser le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr pour obtenir une première estimation chiffrée.

Questions fréquentes sur l’accident de VTC ou taxi

Questions fréquentes


Le passager d'un VTC ou d'un taxi est-il toujours indemnisé après un accident ?

Oui. En vertu de la loi Badinter du 5 juillet 1985, le passager d’un VTC ou d’un taxi bénéficie d’un droit à indemnisation intégrale en tant que victime non conductrice. Ce droit ne peut être réduit que dans le cas exceptionnel d’une faute inexcusable du passager, cause exclusive de l’accident — une hypothèse qui ne se rencontre quasiment jamais en pratique.


À quel assureur le passager doit-il s'adresser pour être indemnisé ?

Le passager peut s’adresser à l’assureur du véhicule dans lequel il se trouvait (VTC ou taxi) ou à l’assureur du tiers responsable de l’accident. En cas de VTC, la plateforme (Uber, Bolt, etc.) dispose généralement d’une assurance complémentaire qui peut aussi être sollicitée. Si le responsable n’est pas identifié ou pas assuré, le FGAO prend le relais.


Combien de temps dure la procédure d'indemnisation ?

La durée dépend de la gravité des blessures. Pour des blessures légères (coup du lapin, contusions), la procédure peut aboutir en 6 à 12 mois. Pour des blessures plus graves nécessitant une longue rééducation, l’indemnisation définitive peut prendre 2 à 5 ans, le temps d’atteindre la consolidation et de mener l’expertise médicale. Des provisions peuvent être versées en cours de procédure pour couvrir les besoins urgents.


Peut-on être indemnisé si l'on n'avait pas mis sa ceinture de sécurité ?

Le défaut de port de ceinture constitue une faute du passager, mais ce n’est pas une faute inexcusable au sens de la loi Badinter. En pratique, cette faute ne supprime pas le droit à indemnisation. Toutefois, si l’expertise démontre que les blessures auraient été moindres avec la ceinture, l’indemnisation peut être réduite (on parle de « partage de responsabilité sur le dommage »). C’est un point qui se discute au cas par cas.


Quels sont les montants moyens d'indemnisation pour un passager de VTC ou taxi ?

Les montants varient considérablement selon la gravité des blessures. Pour un coup du lapin sans séquelle, l’indemnisation se situe entre 3 000 et 8 000 €. Pour une fracture avec séquelles (DFP de 5 à 10 %), l’indemnisation peut aller de 20 000 à 80 000 €. Pour des blessures graves (traumatisme crânien, paraplégie), les montants dépassent souvent plusieurs centaines de milliers d’euros. Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’affiner cette estimation.


Faut-il obligatoirement prendre un avocat pour être indemnisé ?

Il n’existe aucune obligation légale de prendre un avocat pour obtenir une indemnisation amiable. Cependant, face aux compagnies d’assurance qui disposent de moyens importants, se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel ou par une association d’aide aux victimes permet d’obtenir des montants significativement plus élevés. L’accompagnement est particulièrement recommandé pour les préjudices dépassant quelques milliers d’euros.


Conclusion : ne pas laisser l’assureur décider seul de l’indemnisation

Le passager d’un VTC ou d’un taxi victime d’un accident de la circulation bénéficie d’un droit à indemnisation solide et protecteur grâce à la loi Badinter. Mais ce droit ne se transforme en indemnisation juste que si la victime connaît ses droits, prépare correctement son dossier et refuse de se laisser imposer une offre dérisoire.

L’enjeu financier est souvent considérable. Entre la première offre d’un assureur et l’indemnisation réellement due, l’écart peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros. Chaque poste de préjudice compte, chaque document médical a son importance, et chaque étape de la procédure mérite une attention particulière.

Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes accidentées dans leurs démarches d’indemnisation. La permanence est accessible pour toute question relative aux fondamentaux du droit du dommage corporel et à la constitution du dossier d’indemnisation.

📞 Passager blessé dans un VTC ou un taxi ?

La permanence de victime-info.fr répond aux questions des victimes d’accidents de la circulation. Obtenir une aide gratuite pour évaluer ses droits, préparer l’expertise médicale et contester une offre d’assurance insuffisante.

Témoignages

Bon alors moi ça m’est arrivé en septembre dernier, j’étais dans un Uber et le chauffeur a percuté un poteau en voulant éviter un scooter.. J’ai eu une belle entorse cervicale et des douleurs au dos pendant 3 mois. L’assurance m’a proposé 2800€, j’allais accepter parceque je connaissais rien. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué que c’était bien en dessous de ce que je pouvais avoir. Au final après contestation et expertise j’ai obtenu 9400€. Franchement faut jamais accepter la premiere offre

— Rachid, 38 ans, passager de VTC accidenté

Je prenais un taxi gare de Lyon pour aller à un rdv médical et un camion nous a percuté au feu rouge. Fracture du poignet + traumatisme au genou, 3 mois d’arret de travail. Les démarches c’est vraiment le parcours du combattant quand on sait pas par ou commencer.. J’ai fait une expertise médicale avec un médecin conseil qui m’a accompagné et ça a changé la donne. L’assureur voulait minimiser mes souffrances mais le medecin conseil a bien défendu mon cas. J’ai fini par obtenir plus de 35000€ d’indemnisation. Moralité : ne jamais y aller seul à l’expertise

— Caroline, 52 ans, blessée dans un taxi parisien

Honnêtement je savais même pas que j’avais droit à une indemnisation.. j’étais dans un Bolt, le chauffeur a eu un accrochage assez violent avec une voiture qui sortait d’un parking. Résultat coup du lapin et anxiété en voiture pendant des mois. C’est un pote qui m’a parlé de ce site, j’ai compris que j’avais des droits en tant que passager et que je pouvais être indemnisé pour les douleurs et la gêne dans ma vie quotidienne, pas juste les frais de médecin. J’ai obtenu 5200€ au total, c’est pas énorme mais c’est mieux que les 0€ que j’aurais eu si j’avais rien fait

— Thomas, 24 ans, étudiant, passager de Bolt