Lorsqu’une victime de dommage corporel obtient une indemnisation significative, notamment pour les préjudices futurs, une question fondamentale se pose : faut-il percevoir l’indemnité sous forme de capital (une somme versée en une seule fois) ou sous forme de rente (des versements périodiques étalés dans le temps) ? Ce choix, souvent méconnu des victimes, a des conséquences considérables sur leur sécurité financière, leur autonomie et la transmission de leur patrimoine. Qu’il s’agisse d’un accident de la route, d’une agression ou d’un accident médical, ce guide complet explique les enjeux de chaque option, les critères à prendre en compte et les aspects juridiques à connaître pour faire le choix le plus adapté. En cas de doute, la permanence de victime-info.fr peut orienter vers les professionnels compétents.
Capital et rente : de quoi parle-t-on ?
Avant de choisir entre rente et capital, il est essentiel de bien comprendre ce que recouvrent ces deux modes de versement de l’indemnisation. Le mode de versement ne modifie pas le montant total de l’indemnisation : il détermine comment la victime percevra les sommes qui lui sont dues.
Le versement en capital
Le capital correspond au versement, en une seule fois, de la totalité de l’indemnisation calculée pour un poste de préjudice donné. Concrètement, si une victime a droit à une aide humaine (tierce personne) pour le reste de sa vie, l’assureur ou le juge calcule le coût total de cette aide sur la durée de vie statistique estimée de la victime, puis verse l’intégralité de la somme en un seul paiement.
Ce calcul repose sur des tables de capitalisation (comme le barème de la Gazette du Palais ou le barème publié par le Ministère de la Justice), qui tiennent compte de l’espérance de vie de la victime et d’un taux d’intérêt actuariel. Le choix de la table de capitalisation peut avoir un impact considérable sur le montant final.
Le capital est une somme versée en une seule fois. Il met un terme définitif à l’obligation de l’assureur sur le poste concerné (sauf clause d’aggravation). La victime en dispose librement mais doit le gérer sur la durée pour couvrir ses besoins futurs.
Le versement en rente
La rente est un versement périodique — mensuel, trimestriel ou annuel — qui s’étale dans le temps. La rente peut prendre plusieurs formes :
- Rente viagère : versée jusqu’au décès de la victime, quelle que soit la durée de vie effective. C’est la forme la plus protectrice.
- Rente temporaire : versée pendant une durée déterminée. Par exemple, jusqu’à l’âge de la retraite pour compenser une perte de revenus professionnels.
- Rente indexée : revalorisée chaque année en fonction d’un indice de référence (indice des prix à la consommation, SMIC, ou indice spécifique prévu au contrat ou au jugement).
La rente indexée offre une protection naturelle contre l’inflation. Chaque année, le montant de la rente est revalorisé, ce qui préserve le pouvoir d’achat de la victime sur le long terme. C’est un avantage majeur par rapport au capital, dont la valeur réelle diminue avec le temps si les placements ne compensent pas l’inflation.
Quels postes de préjudice sont concernés ?
Le choix entre rente et capital ne se pose pas pour tous les postes de préjudice. Il concerne principalement les préjudices patrimoniaux permanents, c’est-à-dire ceux qui s’inscrivent dans la durée après la date de consolidation.
| Poste de préjudice | Capital possible | Rente possible | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Assistance par tierce personne (ATP) | ✅ Oui | ✅ Oui | Poste le plus souvent concerné par le choix |
| Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) | ✅ Oui | ✅ Oui | Rente souvent préférable pour les victimes jeunes |
| Dépenses de santé futures (DSF) | ✅ Oui | ✅ Oui | Selon la nature des soins (ponctuels ou continus) |
| Frais de logement adapté | ✅ Oui | Rarement | Généralement versé en capital |
| Frais de véhicule adapté | ✅ Oui | Possible | Renouvellement périodique à prévoir |
| Déficit fonctionnel permanent (DFP) | ✅ Oui | Rarement | Habituellement versé en capital |
Les postes pour lesquels la question se pose le plus fréquemment sont :
- Assistance tierce personne permanente : l’aide humaine nécessaire au quotidien pour les actes de la vie courante. C’est souvent le poste le plus important en valeur et celui pour lequel la rente est la plus pertinente.
- Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) : la compensation de la perte de revenus liée à l’impossibilité de reprendre son activité professionnelle antérieure.
- Dépenses de santé futures (DSF) : les frais médicaux récurrents restant à charge après consolidation.
- Frais de logement adapté : lorsque l’adaptation du logement engendre des surcoûts récurrents (entretien spécialisé, charges liées aux aménagements).
- Frais de véhicule adapté : le renouvellement régulier du véhicule aménagé.
En revanche, les préjudices extrapatrimoniaux (comme les souffrances endurées, le préjudice sexuel ou le préjudice d’agrément) sont presque toujours versés en capital, car ils correspondent à une évaluation forfaitaire d’un dommage moral, par nature difficilement convertible en versements périodiques.
La nomenclature Dintilhac, référentiel utilisé par les tribunaux pour l’évaluation du préjudice corporel, distingue les postes de préjudice patrimoniaux et extrapatrimoniaux, temporaires et permanents. La question du mode de versement (rente ou capital) concerne essentiellement les postes patrimoniaux permanents.
Les avantages et inconvénients du capital
Le versement en capital est le mode d’indemnisation le plus fréquent en pratique. Il présente des atouts indéniables, mais aussi des risques importants qu’il convient de mesurer avec précision.
Les avantages du capital
- Liberté totale de gestion : la victime dispose de la somme comme elle l’entend et peut l’investir, la placer ou l’utiliser selon ses besoins et ses projets.
- Possibilité de réaliser des projets immédiats : achat d’un logement adapté, investissement dans une reconversion professionnelle, installation d’équipements spécifiques.
- Transmission possible aux héritiers : le capital non consommé entre dans la succession de la victime, contrairement à la rente viagère qui s’éteint au décès.
- Fin de la relation avec l’assureur : le versement du capital met un terme définitif au dossier sur le poste concerné (sauf aggravation), ce qui peut être un soulagement psychologique considérable.
- Rendement potentiel : bien placé avec un accompagnement patrimonial adapté, le capital peut générer des revenus complémentaires et même dépasser les sommes qui auraient été perçues en rente.
Les inconvénients du capital
- Risque de mauvaise gestion : sans accompagnement financier professionnel, le capital peut être consommé trop rapidement, laissant la victime sans ressources pour faire face à ses besoins futurs.
- Risque de dilapidation : pression de l’entourage, dépenses inadaptées, vulnérabilité psychologique de la victime, achats impulsifs après des années de difficultés financières.
- Absence de protection contre l’inflation : le capital n’est pas indexé. Sa valeur réelle diminue avec le temps si les rendements des placements ne compensent pas l’augmentation du coût de la vie.
- Risque de sous-capitalisation : si la victime vit plus longtemps que l’espérance de vie retenue pour le calcul (ce qui est statistiquement le cas pour la moitié des personnes), le capital peut s’avérer insuffisant.
- Tentation de sous-estimer les besoins futurs : une victime jeune peut difficilement anticiper l’évolution de ses besoins sur 40 ou 50 ans.
Le risque de dilapidation du capital est particulièrement élevé pour les victimes jeunes, les victimes en situation de fragilité psychologique (notamment après un traumatisme crânien grave), et les victimes soumises à la pression d’un entourage peu scrupuleux. Dans ces situations, la rente offre une protection essentielle. De nombreux professionnels du dommage corporel rapportent des cas où un capital de plusieurs centaines de milliers d’euros a été intégralement dépensé en quelques années seulement.
Selon les retours d’expérience des professionnels de l’indemnisation, une part significative des victimes ayant perçu un capital important (supérieur à 300 000 euros) l’ont entièrement consommé dans les 5 à 10 années suivant le versement, se retrouvant alors sans ressources pour faire face à leurs besoins permanents.
Les avantages et inconvénients de la rente
La rente est souvent perçue comme un mode de versement plus contraignant. Pourtant, elle offre des garanties que le capital ne peut pas apporter, notamment en matière de sécurité à long terme.
Les avantages de la rente
- Sécurité financière à long terme : la victime est assurée de percevoir des revenus réguliers pendant toute la durée prévue, voire à vie en cas de rente viagère.
- Protection contre la dilapidation : les fonds ne peuvent pas être dépensés d’un seul coup, ce qui constitue un filet de sécurité irremplaçable.
- Indexation sur l’inflation : la rente est généralement revalorisée chaque année, préservant le pouvoir d’achat de la victime sur des décennies.
- Absence de risque de longévité : si la victime vit au-delà de l’espérance de vie retenue pour le calcul, la rente viagère continue d’être versée. C’est un avantage décisif.
- Fiscalité avantageuse : seule une fraction de la rente est imposable (la part correspondant aux intérêts). La fiscalité des indemnités est donc souvent plus favorable en rente qu’en capital placé.
Les inconvénients de la rente
- Perte de liberté : la victime ne peut pas disposer librement de l’intégralité de la somme et dépend du versement périodique.
- Maintien du lien avec l’assureur : le débiteur de la rente reste en relation avec la victime pendant des années, voire à vie. Cela peut être source de lourdeurs administratives.
- Absence de transmission intégrale : la rente viagère s’éteint au décès du bénéficiaire (sauf clause de réversion au profit du conjoint survivant). Les héritiers ne perçoivent rien.
- Risque théorique de solvabilité du débiteur : si l’assureur fait faillite, la rente pourrait être compromise. Toutefois, en pratique, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) protège les créanciers dans cette hypothèse.
- Impossibilité de financer des projets importants : la rente ne permet pas de réunir rapidement une somme importante pour un achat immobilier ou un investissement.
Marc, 35 ans, est devenu paraplégique à la suite d’un accident de la route. Son besoin en tierce personne est évalué à 8 heures par jour. Le coût annuel de cette aide est de 72 000 euros. En capital, sur la base d’une espérance de vie de 45 ans et d’un taux de capitalisation de 0,3 %, le versement serait d’environ 2 700 000 euros. En rente viagère, Marc percevrait 6 000 euros par mois, indexés sur l’inflation, jusqu’à son décès. S’il vit jusqu’à 90 ans (55 ans de rente au lieu de 45), il aura perçu au total bien plus que le capital initial. La rente le protège contre le risque de longévité.
La solution mixte : combiner capital et rente
La solution souvent la plus pertinente et la plus recommandée par les professionnels du droit du dommage corporel est la combinaison des deux modes de versement. Cette approche permet de cumuler les avantages de chaque formule tout en limitant leurs inconvénients respectifs.
Concrètement, la victime peut par exemple :
- Percevoir en capital les postes ponctuels ou nécessitant un investissement immédiat : frais de logement adapté, frais de véhicule adapté, déficit fonctionnel permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique.
- Percevoir en rente les postes récurrents et durables : tierce personne permanente, pertes de gains professionnels futurs, dépenses de santé futures.
Sophie, 30 ans, est victime d’un grave accident de la route qui la laisse en fauteuil roulant. Voici comment son indemnisation pourrait être organisée :
- En capital : aménagement du logement (150 000 euros), véhicule adapté (40 000 euros), souffrances endurées (80 000 euros), déficit fonctionnel permanent (200 000 euros), préjudice esthétique (30 000 euros).
- En rente mensuelle : tierce personne (3 000 euros/mois indexés), perte de revenus (1 500 euros/mois indexés), dépenses de santé futures (400 euros/mois indexés).
Cette combinaison lui donne les moyens d’agir immédiatement pour adapter son cadre de vie tout en garantissant une sécurité financière pérenne pour ses besoins récurrents.
Le choix entre rente et capital est déterminant pour l’avenir de la victime. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter vers un avocat spécialisé en dommages corporels ou un conseil en gestion patrimoniale.
Les critères pour faire le bon choix
Le choix entre capital et rente dépend de plusieurs facteurs propres à la situation de chaque victime. Il n’existe pas de réponse universelle. Voici les principaux critères à prendre en compte :
| Critère | Capital préférable si… | Rente préférable si… |
|---|---|---|
| Âge de la victime | Victime âgée (espérance de vie courte) | Victime jeune (besoin de sécurité sur le long terme) |
| Capacité de gestion | Bonne culture financière, capacité à gérer un patrimoine | Difficulté de gestion, risque de vulnérabilité |
| Projets immédiats | Besoin de financer un projet concret (logement, reconversion) | Pas de besoin immédiat important |
| Situation familiale | Volonté de transmettre un patrimoine aux héritiers | Besoin de sécurité pour soi-même avant tout |
| Nature du préjudice | Préjudice ponctuel ou facilement chiffrable | Préjudice récurrent (tierce personne, perte de revenus) |
| Montant en jeu | Somme modeste (risque de dilapidation limité) | Somme très importante (plusieurs centaines de milliers d’euros) |
L’âge de la victime
Plus la victime est jeune, plus la rente est protectrice. Une victime de 25 ans devra couvrir ses besoins pendant potentiellement 50 à 60 ans. Le risque de longévité (vivre plus longtemps que prévu) et de dilapidation du capital sont alors maximaux. A contrario, pour une victime de 70 ans, un capital peut être plus adapté car la durée de versement est plus courte et les besoins sont mieux prévisibles.
La nature et la gravité du handicap
Un handicap lourd (paraplégie, tétraplégie, traumatisme crânien sévère) implique des besoins récurrents et importants sur la durée. La rente est alors souvent préférable pour les postes de tierce personne et de dépenses de santé. Pour un handicap plus léger, le capital peut suffire.
La capacité de gestion financière
La capacité de la victime à gérer un patrimoine important est un critère déterminant. Une personne souffrant de troubles cognitifs après un traumatisme crânien ou placée sous tutelle ou curatelle ne pourra pas gérer seule un capital de plusieurs millions d’euros. La rente s’impose alors comme une évidence.
La situation familiale et patrimoniale
Si la victime souhaite transmettre un patrimoine à ses enfants, le capital présente un avantage certain car il entre dans la succession. Si la victime est isolée et sans héritiers directs, la rente viagère est une solution plus sécurisante car elle n’a pas vocation à être transmise.
Les projets de vie
Un projet immobilier, une reconversion professionnelle ou l’acquisition d’équipements coûteux peuvent nécessiter un capital immédiat. La solution mixte permet alors de répondre à ces besoins ponctuels tout en sécurisant l’avenir.
Quelle que soit l’option retenue, il est vivement recommandé de se faire accompagner par un professionnel de la gestion patrimoniale spécialisé dans l’indemnisation des victimes. Un accompagnement patrimonial adapté permet de faire fructifier le capital tout en préservant la sécurité financière de la victime sur le long terme. Certains conseillers se spécialisent dans le placement des indemnités de victimes de dommages corporels.
Les aspects juridiques du choix rente ou capital
Le cadre juridique entourant le choix entre rente et capital varie selon que l’indemnisation est obtenue par voie amiable ou judiciaire. Il est important de connaître ses droits et les possibilités offertes par la loi.
En voie amiable
En négociation amiable avec l’assureur, c’est en principe la victime qui choisit le mode de versement. L’assureur privilégie généralement le versement en capital car il solde définitivement le dossier et lui permet de provisionner précisément le coût du sinistre. La victime peut toutefois exiger une rente si elle le souhaite.
L’assureur propose quasi systématiquement un versement en capital, souvent assorti d’une offre insuffisante. Il est crucial de ne pas accepter la première offre sans l’avoir fait analyser par un avocat spécialisé en dommages corporels ou un médecin conseil de victimes. L’offre initiale est presque toujours inférieure à ce que la victime peut réellement obtenir. Il est possible de contester l’offre de l’assurance.
En voie judiciaire
Devant le tribunal, le juge dispose d’un pouvoir souverain pour décider du mode de versement. La loi du 5 juillet 1985 (loi Badinter) lui permet d’ordonner le versement en capital, en rente, ou de combiner les deux. Le juge tient compte de l’intérêt supérieur de la victime et peut imposer une rente même si la victime demande un capital, s’il estime que c’est dans son intérêt.
La loi Badinter, qui régit l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation, prévoit que le juge peut ordonner que l’indemnisation soit versée sous forme de capital, de rente, ou des deux. Le juge apprécie souverainement le mode de versement le plus adapté à la situation de la victime, en tenant compte de son âge, de son état de santé, de sa situation familiale et de sa capacité à gérer un patrimoine.
La Cour de cassation a rappelé à plusieurs reprises que le juge n’est pas tenu de suivre la demande de la victime quant au mode de versement. Il peut ordonner une rente lorsqu’il estime que le capital serait dilapidé, notamment pour les victimes vulnérables, les victimes mineures ou les victimes sous tutelle. C’est une protection judiciaire importante.
La conversion rente/capital
La loi prévoit la possibilité de convertir une rente en capital, et inversement, dans certaines conditions. L’article 44 de la loi du 5 juillet 1985 précise que la victime peut demander la révision de la rente en cas de modification substantielle de sa situation. Par ailleurs, l’article 1er de la loi du 24 décembre 2019 portant réforme des retraites a renforcé les mécanismes de conversion.
En pratique, la conversion d’une rente en capital est possible :
- Par accord amiable entre la victime et l’assureur, à tout moment.
- Par décision judiciaire : la victime peut saisir le juge pour demander la conversion, en justifiant d’un motif légitime (besoin ponctuel important, changement de situation, etc.).
À l’inverse, la conversion d’un capital en rente est plus rare mais pas impossible, notamment si la victime démontre qu’elle a besoin d’une sécurité financière à long terme et qu’un accord peut être trouvé avec l’assureur.
Le délai de prescription pour les actions en réparation d’un dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation. Ce délai s’applique également aux demandes de révision ou de conversion du mode de versement en cas d’aggravation du préjudice.
L’accompagnement dans la gestion de l’indemnisation
Quel que soit le mode de versement choisi, l’accompagnement de la victime est essentiel. Trop souvent, les victimes se retrouvent seules face à des décisions financières complexes et à des sommes qu’elles n’ont jamais eu l’habitude de gérer.
Le rôle de l’avocat spécialisé
Un avocat spécialisé en dommages corporels joue un rôle crucial dans le choix du mode de versement. Il analyse la situation de la victime, évalue les risques de chaque option et négocie les meilleures conditions possibles avec l’assureur. Il peut également demander au juge la solution la plus adaptée en cas de procédure judiciaire.
Le rôle du médecin conseil de victimes
Le médecin conseil de victimes intervient en amont, lors de l’expertise médicale. Son évaluation des besoins futurs de la victime (tierce personne, soins, appareillage) détermine les montants qui seront versés en rente ou en capital. Une évaluation rigoureuse est la base d’un bon choix de mode de versement.
Le conseiller en gestion patrimoniale
Si la victime opte pour un versement en capital, total ou partiel, le recours à un conseiller en gestion patrimoniale spécialisé est vivement recommandé. Ce professionnel aide à structurer les placements en fonction des besoins futurs, de l’horizon temporel et du profil de risque de la victime.
Pour les victimes de dommages corporels graves (tétraplégie, traumatisme crânien sévère), l’indemnisation totale peut atteindre 5 à 15 millions d’euros, voire davantage. Le choix entre rente et capital porte alors sur des montants considérables et a un impact déterminant sur la qualité de vie de la victime pendant des décennies. Quelques exemples d’indemnisation permettent de se faire une idée des montants en jeu.
- Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels et un médecin conseil de victimes avant toute décision.
- Privilégier la solution mixte : capital pour les besoins ponctuels, rente pour les besoins récurrents.
- Ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans analyse préalable.
- Anticiper le long terme : une victime jeune a tout intérêt à sécuriser ses revenus futurs par une rente pour les postes récurrents.
- Consulter un gestionnaire de patrimoine spécialisé si un capital important est perçu.
Pour mieux appréhender les montants en jeu et préparer ses choix, il est possible d’utiliser le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr. Cet outil gratuit donne une première estimation des montants par poste de préjudice.
Questions fréquentes sur le choix rente ou capital
Questions fréquentes
Peut-on choisir une rente pour certains postes et un capital pour d'autres ?
Oui, c’est tout à fait possible et c’est même la solution la plus recommandée. La victime peut demander un capital pour les postes nécessitant un investissement immédiat (aménagement du logement, véhicule adapté, préjudices extrapatrimoniaux) et une rente pour les postes récurrents (tierce personne, perte de revenus, dépenses de santé futures). Cette solution mixte combine les avantages des deux modes de versement.
Que devient la rente en cas de décès de la victime ?
La rente viagère s’éteint en principe au décès de la victime. Les héritiers ne perçoivent pas la suite des versements. Toutefois, il est possible de prévoir une clause de réversion au profit du conjoint survivant, qui continuera à percevoir une partie de la rente (généralement 50 à 60 %). Cette clause doit être négociée lors de la transaction ou demandée au juge. Le capital non consommé, en revanche, entre dans la succession.
La rente est-elle revalorisée chaque année ?
Oui, dans la très grande majorité des cas. La rente est indexée sur un indice de référence, le plus souvent l’indice des prix à la consommation ou le SMIC. L’indexation est soit prévue dans la transaction amiable, soit ordonnée par le juge. Elle garantit le maintien du pouvoir d’achat de la victime au fil du temps, ce qui est un avantage majeur par rapport au capital.
L'assureur peut-il imposer un capital alors que la victime préfère une rente ?
En voie amiable, l’assureur ne peut pas imposer un mode de versement. La négociation doit aboutir à un accord entre les deux parties. Si la victime souhaite une rente et que l’assureur refuse, la victime peut saisir le tribunal. En voie judiciaire, c’est le juge qui décide souverainement du mode de versement, en tenant compte de l’intérêt de la victime.
Est-il possible de convertir ultérieurement une rente en capital ?
Oui, la conversion est possible dans certaines conditions. Par accord amiable avec l’assureur, la victime peut à tout moment demander la conversion de sa rente en capital. Par voie judiciaire, la victime doit justifier d’un motif légitime (besoin ponctuel important, changement de situation). Le montant du capital est alors calculé en fonction de l’âge de la victime au moment de la conversion et des tables de capitalisation en vigueur.
Les indemnités perçues en rente sont-elles imposables ?
La rente indemnitaire perçue par une victime de dommage corporel bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Seule la fraction correspondant aux intérêts (la partie qui excède le remboursement du capital théorique) est imposable à l’impôt sur le revenu. En pratique, cela signifie qu’une part importante de la rente est exonérée d’impôt. La page sur la fiscalité des indemnités détaille ces aspects.
Conclusion
Le choix entre rente et capital est l’une des décisions les plus importantes qu’une victime de dommage corporel doit prendre. Ce choix conditionne sa sécurité financière, son autonomie et sa qualité de vie pour les années, voire les décennies à venir. Il n’existe pas de solution universelle : tout dépend de l’âge de la victime, de la gravité de son handicap, de sa situation familiale et de sa capacité à gérer un patrimoine.
La solution mixte, combinant capital pour les besoins ponctuels et rente pour les besoins récurrents, est souvent la plus judicieuse. Mais chaque situation est unique et mérite une analyse personnalisée par des professionnels compétents.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes vers des avocats spécialisés en dommages corporels et des médecins conseil de victimes. Ne restez pas seul face à cette décision cruciale.
Témoignages
— Philippe, 52 ans, paraplégique après un accident de la routeBon alors moi mon accident c’était y a 6 ans, paraplégie suite à un accident sur l’autoroute. Au debut je voulais tout en capital parce que je me disais avec 2 millions j’aurais la tranquillité.. heureusement mon avocat m’a convaincu de prendre la tierce personne en rente. Aujourd’hui je touche 4200€/mois indexés et franchement c’est ce qui me sauve parce que le capital que j’ai eu pour le reste, bah j’en ai deja bien entamé une partie pour le logement adapté et la voiture. Si j’avais tout pris en capital je sais pas où j’en serais
— Amina, 38 ans, mère d'un enfant victime d'accidentFranchement quand on m’a proposé le choix rente ou capital pour mon fils de 8 ans j’étais complètement perdue.. c’est en cherchant sur internet que j’ai trouvé victime-info.fr et la ils m’ont bien expliqué les enjeux. Au final le juge a décidé une rente pour la tierce personne et un capital pour l’aménagement de la maison. Avec le recul c’est la meilleure solution parce que mon fils il aura besoin d’aide toute sa vie et au moins la rente elle sera toujours la
— Jean-Marc, 61 ans, accident médicalMoi j’ai pris le capital pour tout, 380 000€ après une erreur médicale. Honnêtement je regrette un peu, j’aurais du prendre au moins une partie en rente. La ya 4 ans que j’ai touché et il me reste meme pas la moitié.. entre les travaux, les frais de santé et quelques mauvais placements, ça fond vite. Si c’était à refaire je ferais moitié moitié. Faites pas la meme erreur que moi, faites vous bien conseiller avant de choisir



