L’alcool au volant reste l’une des premières causes de mortalité sur les routes françaises. Chaque année, près de 30 % des accidents mortels impliquent un conducteur en état d’ivresse. Face à cette réalité, les victimes — qu’elles soient piétons, passagers, cyclistes ou même conducteurs — se posent une question essentielle : quel est le droit à indemnisation lorsque l’alcool est en cause ?
La réponse dépend de la situation précise de chaque personne au moment de l’accident. La loi Badinter du 5 juillet 1985 constitue le socle juridique de la réparation des victimes d’accidents de la circulation. Elle distingue nettement le traitement des conducteurs de celui des autres victimes. Ce guide détaillé analyse chaque cas de figure et explique les démarches pour obtenir une juste indemnisation.
L’alcool au volant en France : chiffres clés et seuils légaux
L’alcool modifie profondément les capacités du conducteur. Dès 0,5 g/l de sang, le temps de réaction s’allonge, le champ visuel se réduit et l’évaluation des distances se dégrade. Ces effets expliquent pourquoi la réglementation française est stricte en la matière.
| Profil du conducteur | Taux maximal autorisé | Type d’infraction si dépassé |
|---|---|---|
| Conducteur expérimenté | 0,5 g/L de sang | Contravention (entre 0,5 et 0,8 g/L) |
| Conducteur expérimenté | Au-delà de 0,8 g/L de sang | Délit (passage au tribunal) |
| Jeune conducteur (permis probatoire) | 0,2 g/L de sang | Contravention dès le 1er verre |
L’alcool est impliqué dans environ 30 % des accidents mortels sur les routes françaises. Ce chiffre monte à près de 48 % pour les accidents survenant la nuit, les week-ends et les jours fériés.
Les seuils légaux d’alcoolémie en France sont les suivants :
- 0,5 g/l de sang (0,25 mg/l d’air expiré) : seuil de la contravention pour les conducteurs classiques
- 0,2 g/l de sang (0,10 mg/l d’air expiré) : seuil applicable aux jeunes conducteurs (permis probatoire) et aux conducteurs de transport en commun
- 0,8 g/l de sang (0,40 mg/l d’air expiré) : seuil du délit pénal
Toute personne qui conduit un véhicule ou accompagne un élève conducteur alors qu’elle se trouve en état d’ivresse manifeste ou sous l’empire d’un état alcoolique caractérisé par une concentration d’alcool dans le sang égale ou supérieure à 0,80 gramme par litre est punie de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende.
Au-delà des sanctions pénales, la question centrale pour toute personne blessée reste celle de l’indemnisation. La réponse varie considérablement selon le statut de la victime au moment de l’accident : piéton, passager, cycliste ou conducteur.
Être victime d’un accident causé par un conducteur alcoolisé
Lorsqu’une personne est blessée dans un accident provoqué par un conducteur en état d’ivresse, et qu’elle n’est pas elle-même conductrice du véhicule responsable, son droit à indemnisation est total et inconditionnel.
Le principe de la protection intégrale par la loi Badinter
La loi Badinter protège pleinement les piétons, cyclistes, passagers et conducteurs non responsables. L’assurance du conducteur alcoolisé responsable ne peut en aucun cas refuser d’indemniser une victime tierce au motif que son assuré était sous l’emprise de l’alcool.
L’article L211-6 du Code des assurances interdit à l’assureur d’opposer la faute de son propre assuré aux victimes tierces. Même si le conducteur responsable avait 3 g/l d’alcool dans le sang, l’assurance doit indemniser intégralement la victime. L’assureur pourra ensuite se retourner contre son assuré pour récupérer les sommes versées, mais cela ne concerne pas la victime.
Concrètement, la victime d’un conducteur alcoolisé bénéficie des droits suivants :
- L’assurance RC (responsabilité civile) du conducteur alcoolisé doit indemniser l’ensemble des préjudices corporels et matériels
- Le montant d’indemnisation n’est jamais réduit du fait de l’alcoolémie du responsable
- L’assureur dispose de 8 mois après l’accident pour faire une offre d’indemnisation définitive (si l’état est consolidé), ou de 5 mois après la consolidation
- La victime peut obtenir une provision (avance sur indemnité) en attendant l’offre définitive
Un piéton traverse un passage protégé et se fait renverser par un automobiliste présentant une alcoolémie de 1,8 g/l. Le piéton souffre d’une fracture du bassin et d’un traumatisme crânien. L’assurance du conducteur alcoolisé doit prendre en charge l’intégralité des préjudices : frais médicaux, perte de revenus, souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire, etc. L’alcoolémie du conducteur ne diminue en rien les droits de la victime.
Les préjudices indemnisables pour la victime
La victime d’un conducteur alcoolisé peut prétendre à la réparation de l’ensemble de ses préjudices, conformément à la nomenclature Dintilhac. Les principaux postes sont :
- Le déficit fonctionnel temporaire (gêne dans la vie quotidienne avant consolidation)
- Les souffrances endurées (douleurs physiques et morales)
- Le déficit fonctionnel permanent (séquelles définitives après consolidation)
- Le préjudice esthétique, le préjudice sexuel et le préjudice d’établissement le cas échéant
- Les pertes de revenus professionnels et l’incidence professionnelle
- Les frais médicaux, d’assistance par tierce personne, d’aménagement du logement ou du véhicule
En cas de décès de la victime, les proches (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs) disposent également de droits à indemnisation pour leur propre préjudice (préjudice d’affection, préjudice économique, frais d’obsèques).
Être le conducteur alcoolisé et blessé dans l’accident
La situation du conducteur qui était lui-même sous l’emprise de l’alcool au moment de l’accident est nettement plus complexe. La loi Badinter traite différemment les conducteurs des autres victimes, et l’alcoolémie peut constituer une faute opposable.
L’article 4 de la loi Badinter : la faute du conducteur
L’article 4 de la loi Badinter prévoit que la faute commise par le conducteur victime peut limiter ou exclure son droit à indemnisation. L’alcoolémie au volant est précisément le type de faute que les assureurs invoquent pour réduire les indemnités.
Face à un conducteur blessé qui présentait une alcoolémie positive, les compagnies d’assurance ont tendance à systématiquement réduire, voire supprimer totalement, le droit à indemnisation. Cette position n’est pourtant pas toujours justifiée juridiquement. Il est indispensable de ne pas accepter cette réduction sans avoir consulté un professionnel spécialisé en droit du dommage corporel.
La condition essentielle : le lien de causalité entre alcoolémie et accident
La jurisprudence a posé un principe fondamental que tout conducteur alcoolisé blessé doit connaître. Un arrêt majeur de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 6 avril 2007 a clarifié la règle applicable.
L’état d’alcoolémie du conducteur victime ne suffit pas, à lui seul, à réduire ou exclure son droit à indemnisation. L’assureur doit démontrer un lien de causalité direct entre l’alcoolémie et la survenance de l’accident. Sans ce lien, l’indemnisation ne peut pas être diminuée.
En pratique, trois situations se présentent :
- L’autre conducteur est entièrement responsable (il a grillé un feu rouge, franchi une ligne continue, etc.) et l’alcoolémie de la victime n’a joué aucun rôle dans l’accident : l’indemnisation ne devrait pas être réduite
- L’alcoolémie a contribué à l’accident (temps de réaction ralenti, trajectoire incertaine, vitesse inadaptée) : l’assureur pourra réduire l’indemnisation proportionnellement à la part de responsabilité du conducteur alcoolisé
- L’alcoolémie est la cause exclusive de l’accident (sortie de route seul, collision avec un obstacle fixe sans intervention d’un tiers) : l’indemnisation par la RC du tiers est exclue
Un conducteur rentre chez lui avec 0,6 g/l d’alcool dans le sang. Un autre véhicule grille un stop et le percute violemment. L’enquête de police établit que le conducteur alcoolisé roulait à une vitesse normale et respectait sa priorité. Ici, l’alcoolémie n’a joué aucun rôle dans la survenance de l’accident. Le conducteur blessé peut prétendre à une indemnisation intégrale de ses préjudices, malgré son alcoolémie positive. Si l’assureur propose une réduction, il est possible de contester cette offre.
La garantie corporelle du conducteur : un filet de sécurité à vérifier
Lorsque la loi Badinter ne protège pas le conducteur alcoolisé — notamment en cas d’accident seul ou de faute exclusive — il reste une dernière possibilité d’indemnisation : la garantie corporelle du conducteur.
Cette garantie, souscrite en option dans le contrat d’assurance automobile, couvre les dommages corporels du conducteur même en l’absence de tiers responsable. Toutefois, un piège majeur existe.
La grande majorité des contrats de garantie corporelle du conducteur contiennent une clause d’exclusion en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool. Si cette clause figure dans le contrat, l’assureur refusera toute prise en charge des dommages corporels. Il est impératif de relire attentivement les conditions générales et particulières du contrat. En cas de doute, un avocat spécialisé en dommage corporel peut analyser la validité de cette clause.
Être passager d’un véhicule conduit par un conducteur ivre
La situation du passager est la plus favorable en termes de droit à indemnisation. La loi Badinter accorde une protection quasi absolue aux victimes non conductrices.
En tant que passager, la personne blessée est considérée comme une « victime protégée » au sens de l’article 3 de la loi Badinter. Même si cette personne savait que le conducteur avait bu, même si elle était elle-même en état d’ébriété, elle conserve un droit à indemnisation intégrale de ses préjudices corporels. Le fait d’avoir accepté de monter en voiture avec un conducteur alcoolisé ne constitue pas une faute inexcusable.
La seule exception théorique — extrêmement rare en pratique — serait la preuve d’une faute inexcusable du passager qui soit la cause exclusive de l’accident. Il faudrait par exemple que le passager ait saisi le volant ou se soit jeté hors du véhicule en marche. Les tribunaux retiennent très rarement cette exception.
En résumé, le passager d’un véhicule conduit par un conducteur ivre dispose des garanties suivantes :
- L’assurance RC du conducteur doit indemniser intégralement tous les préjudices
- L’état d’alcoolémie propre du passager n’a aucune incidence sur son droit à indemnisation
- Accepter de monter avec un conducteur ivre ne constitue pas une faute opposable
Un jeune homme de 22 ans monte en voiture avec un ami après une soirée. Le conducteur a bu et perd le contrôle du véhicule. Le passager souffre de fractures multiples. Même s’il savait que son ami avait consommé de l’alcool, ce passager a droit à une indemnisation totale. L’assurance du conducteur doit prendre en charge l’ensemble des préjudices : frais médicaux, arrêt de travail, souffrances endurées, etc.
Alcool au volant et assurance : ce que couvre (ou ne couvre pas) le contrat
Les règles de couverture d’assurance en cas d’accident impliquant l’alcool sont souvent sources de confusion. Il est essentiel de distinguer la responsabilité civile obligatoire des garanties optionnelles.
| Situation | Couverture assurance |
|---|---|
| Indemnisation des victimes tierces (passagers, piétons, autres conducteurs) | ✅ Toujours couverte par la responsabilité civile obligatoire, même si le conducteur est alcoolisé |
| Dommages matériels du conducteur alcoolisé (véhicule) | ❌ Non couverts — clause d’exclusion quasi systématique, même en « tous risques » |
| Dommages corporels du conducteur alcoolisé | ⚠️ Dépend du contrat — vérifier la garantie corporelle et ses exclusions |
La responsabilité civile (RC) : toujours applicable pour les victimes tierces
L’assurance responsabilité civile du conducteur alcoolisé fonctionne toujours vis-à-vis des victimes tierces (piétons, passagers, autres conducteurs). L’assureur ne peut pas refuser d’indemniser les tiers en invoquant l’ivresse de son assuré.
Cependant, après avoir indemnisé les victimes, l’assureur dispose d’un recours contre son propre assuré. En clair, la compagnie d’assurance peut demander au conducteur alcoolisé de rembourser tout ou partie des sommes versées aux victimes. Ce mécanisme, appelé « action récursoire », est prévu par la plupart des contrats.
Les garanties optionnelles : souvent exclues en cas d’alcoolémie
Les garanties corporelles du conducteur, les garanties dommages au véhicule (tous risques, bris de glace, etc.) et d’autres options du contrat prévoient généralement une exclusion en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool.
Chaque contrat d’assurance est différent. Certaines garanties corporelles du conducteur excluent toute prise en charge dès 0,5 g/l, d’autres fixent le seuil à 0,8 g/l. Il est indispensable de relire les conditions particulières du contrat. Un professionnel spécialisé en dommage corporel peut aider à identifier les clauses applicables et à vérifier leur validité juridique.
Le rôle du FGAO quand le conducteur alcoolisé n’est pas assuré
Il arrive que le conducteur responsable en état d’ivresse ne soit pas assuré, ait pris la fuite, ou ne soit pas identifié. Dans ce cas, la victime n’est pas laissée sans recours grâce au Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO).
| Taux d’alcoolémie | Qualification | Sanctions encourues |
|---|---|---|
| 0,5 à 0,8 g/L | Contravention | Amende de 135 €, retrait de 6 points, suspension du permis jusqu’à 3 ans |
| ≥ 0,8 g/L | Délit | Jusqu’à 4 500 € d’amende, 2 ans d’emprisonnement, retrait de 6 points, suspension ou annulation du permis |
| Récidive (≥ 0,8 g/L) | Délit aggravé | Jusqu’à 9 000 € d’amende, 4 ans d’emprisonnement, annulation du permis, confiscation du véhicule |
Le FGAO intervient pour indemniser les victimes d’accidents de la circulation lorsque le responsable n’est pas assuré, n’est pas identifié (cas de délit de fuite), ou lorsque son assureur est insolvable. La victime doit saisir le FGAO dans un délai de 3 ans à compter de l’accident, ou de 1 an à compter d’une décision judiciaire devenue définitive.
Le FGAO indemnise les préjudices corporels de manière comparable à une assurance classique. Toutefois, les délais de traitement peuvent être plus longs. Il est recommandé de se faire accompagner par un médecin expert de recours pour que l’évaluation des préjudices soit juste et complète.
La victime doit également savoir que le FGAO peut intervenir lorsque le conducteur est assuré mais que son assurance refuse la prise en charge de manière injustifiée. Le fonds joue alors un rôle subsidiaire essentiel.
Sanctions pénales et conséquences pour le conducteur alcoolisé
Au-delà de la question de l’indemnisation, le conducteur alcoolisé responsable d’un accident s’expose à de lourdes sanctions pénales. La gravité de ces sanctions augmente considérablement lorsque l’alcoolémie a causé des blessures ou un décès.
Sanctions en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool (sans accident corporel)
- Entre 0,5 et 0,8 g/l (contravention) : amende de 135 euros, retrait de 6 points sur le permis
- Au-delà de 0,8 g/l (délit) : jusqu’à 2 ans de prison, 4 500 euros d’amende, suspension ou annulation du permis, obligation de stage de sensibilisation
Sanctions aggravées en cas de blessures ou de décès
- Blessures involontaires sous l’emprise de l’alcool : jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende (ITT supérieure à 3 mois)
- Homicide involontaire sous l’emprise de l’alcool : jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende
- Cumul de circonstances aggravantes (alcool + stupéfiants, alcool + excès de vitesse) : peines encore alourdies
Lorsque l’homicide involontaire résulte de la conduite d’un véhicule terrestre à moteur et que le conducteur se trouvait en état d’ivresse manifeste ou sous l’empire d’un état alcoolique caractérisé par une concentration d’alcool dans le sang ou dans l’air expiré excédant les seuils légaux, la peine est portée à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
Pour la victime, les poursuites pénales engagées contre le conducteur alcoolisé sont l’occasion de se constituer partie civile et de demander des dommages et intérêts directement devant le tribunal correctionnel. Il est possible de déposer plainte auprès du procureur de la République si cela n’a pas été fait dans le cadre de l’enquête initiale.
Les démarches pour obtenir une indemnisation après un accident lié à l’alcool
Obtenir une indemnisation juste nécessite de suivre un processus rigoureux. Voici les étapes clés, du jour de l’accident jusqu’à l’offre définitive.
Étape 1 : Immédiatement après l’accident
- Faire constater les blessures aux urgences et obtenir un certificat médical initial (CMI) détaillé, mentionnant toutes les lésions et la durée prévisible de l’ITT
- S’assurer que les forces de l’ordre ont réalisé un procès-verbal (PV) incluant le résultat du contrôle d’alcoolémie du conducteur responsable
- Relever les coordonnées des témoins éventuels
- Prendre des photos des lieux, des véhicules et des blessures si possible
Le certificat médical initial (CMI) est la pierre angulaire du dossier d’indemnisation. Il doit être rédigé le plus tôt possible après l’accident et mentionner de manière exhaustive toutes les blessures constatées, même celles qui semblent mineures. Un CMI incomplet peut nuire à l’évaluation des préjudices lors de l’expertise médicale.
Étape 2 : Dans les 5 jours suivant l’accident
- Déclarer le sinistre à sa propre compagnie d’assurance par lettre recommandée avec accusé de réception
- Informer l’assureur de l’alcoolémie du conducteur responsable (si elle est connue)
- Si le conducteur responsable a pris la fuite ou n’est pas assuré, préparer un dossier auprès du FGAO
Étape 3 : Pendant la procédure d’indemnisation
- Constituer un dossier complet rassemblant tous les justificatifs : certificats médicaux, arrêts de travail, factures, frais de déplacement, etc.
- Se faire assister par un médecin expert de recours lors de l’expertise médicale organisée par l’assureur
- Attendre la consolidation médicale pour évaluer les séquelles définitives
- Analyser minutieusement l’offre d’indemnisation de l’assureur avant d’accepter ou de contester l’offre
Les compagnies d’assurance proposent fréquemment des offres d’indemnisation inférieures à ce que la victime est en droit d’obtenir. C’est particulièrement vrai dans les accidents impliquant l’alcool, où l’assureur peut tenter de minimiser les préjudices ou d’invoquer une part de responsabilité discutable. Il est fortement recommandé de faire évaluer l’offre par un professionnel avant de signer quoi que ce soit.
Le simulateur permet d’obtenir une première estimation des indemnités auxquelles la victime peut prétendre.
Récapitulatif : droit à indemnisation selon la situation de la victime
Pour y voir plus clair, voici un résumé des droits à indemnisation en fonction du statut de la personne blessée lors d’un accident impliquant l’alcool au volant.
| Votre situation | Droit à indemnisation |
|---|---|
| Piéton renversé par un conducteur alcoolisé | ✅ Indemnisation intégrale (victime protégée) |
| Cycliste percuté par un conducteur alcoolisé | ✅ Indemnisation intégrale (victime protégée) |
| Passager du véhicule du conducteur alcoolisé | ✅ Indemnisation intégrale (victime protégée) |
| Conducteur non responsable, contrôlé alcoolisé | ✅ Indemnisation si alcoolémie n’a pas de lien avec l’accident |
| Conducteur partiellement responsable, alcoolisé | ⚠️ Indemnisation réduite à hauteur de la faute |
| Conducteur seul responsable, alcoolisé | ❌ Pas d’indemnisation sauf garantie corporelle du conducteur |
| Situation | Droit à indemnisation | Commentaire |
|---|---|---|
| Piéton, cycliste, passager (victime d’un conducteur alcoolisé) | Indemnisation intégrale | Protection totale par la loi Badinter (articles 2 et 3) |
| Conducteur non responsable (l’autre conducteur était alcoolisé) | Indemnisation intégrale | Aucune réduction si la victime n’a commis aucune faute |
| Conducteur alcoolisé, mais pas responsable de l’accident | Indemnisation possible, potentiellement intégrale | L’assureur doit prouver le lien de causalité entre alcoolémie et accident |
| Conducteur alcoolisé ayant contribué à l’accident | Indemnisation réduite | Réduction proportionnelle à la part de responsabilité |
| Conducteur alcoolisé seul responsable (accident seul) | Exclusion de l’indemnisation par la RC tiers | Seule la garantie corporelle du conducteur peut jouer (si pas de clause d’exclusion alcool) |
| Passager ayant accepté de monter avec un conducteur ivre | Indemnisation intégrale | Monter avec un conducteur ivre n’est pas une faute inexcusable |
L’action en responsabilité tendant à la réparation d’un préjudice corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage. Ce délai de prescription s’applique à toutes les victimes d’accidents de la circulation, y compris ceux impliquant l’alcool au volant.
Questions fréquentes sur l’accident de la route et l’alcool au volant
Questions fréquentes
Un passager qui avait aussi bu a-t-il droit à une indemnisation après un accident causé par un conducteur ivre ?
Oui, le droit à indemnisation du passager est intégral, quel que soit son propre état d’alcoolémie. L’article 3 de la loi Badinter protège toutes les victimes non conductrices. L’état d’ébriété du passager ne constitue pas une faute opposable par l’assureur. Seule une faute inexcusable cause exclusive de l’accident pourrait, en théorie, limiter ce droit — mais cette hypothèse est quasi inexistante en pratique pour un passager.
Le conducteur responsable était alcoolisé et n'avait pas d'assurance. Comment la victime peut-elle être indemnisée ?
Lorsque le conducteur responsable n’est pas assuré, la victime peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO). Le FGAO prend en charge l’indemnisation des victimes de conducteurs non assurés ou non identifiés (cas de délit de fuite). La demande doit être effectuée dans un délai de 3 ans à compter de l’accident. Le FGAO indemnise les préjudices corporels et, sous certaines conditions, les dommages matériels.
Un conducteur qui a eu un accident seul en état d'ivresse peut-il être indemnisé par sa garantie corporelle ?
Cela dépend des conditions du contrat d’assurance. La garantie corporelle du conducteur peut théoriquement couvrir les blessures du conducteur même en l’absence de tiers responsable. Cependant, la plupart des contrats prévoient une clause d’exclusion en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool. Il est impératif de vérifier les conditions générales et particulières du contrat. Si la clause est ambiguë ou mal rédigée, un avocat spécialisé peut tenter de la contester.
Un conducteur alcoolisé percuté par un autre véhicule qui a grillé un feu rouge peut-il voir son indemnisation réduite ?
Pas nécessairement. Depuis l’arrêt de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 6 avril 2007, l’alcoolémie seule ne suffit pas à réduire l’indemnisation. L’assureur doit prouver un lien de causalité entre l’état d’alcoolémie et la survenance de l’accident. Si l’autre conducteur a commis une faute exclusive (griller un feu rouge, franchir un stop), l’alcoolémie du conducteur victime n’a pas causé l’accident et ne devrait pas affecter son droit à indemnisation.
Quels sont les droits des proches d'une personne décédée dans un accident causé par un conducteur ivre ?
Les proches d’une victime décédée dans un accident mortel disposent de droits propres à indemnisation. Ils peuvent demander la réparation de leur préjudice d’affection (douleur morale liée à la perte d’un être cher), de leur préjudice économique (perte de revenus du foyer), et le remboursement des frais d’obsèques. L’assurance du conducteur alcoolisé responsable doit indemniser intégralement ces préjudices.
L'assurance propose une indemnisation faible en invoquant l'alcoolémie. Que faire ?
Il ne faut jamais accepter une offre d’indemnisation sans l’avoir fait analyser par un professionnel. En cas de désaccord avec l’assureur, la victime peut contester et négocier l’offre par courrier recommandé. Il est également possible de se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel ou par une association d’aide aux victimes. En dernier recours, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour demander une juste réparation de ses préjudices.
Conclusion : faire valoir ses droits après un accident impliquant l’alcool au volant
L’alcool au volant entraîne des conséquences dramatiques pour toutes les personnes impliquées dans un accident. Le droit français, à travers la loi Badinter et le système d’assurance obligatoire, garantit une protection forte aux victimes — en particulier aux piétons, cyclistes et passagers, dont l’indemnisation est intégrale et inconditionnelle.
Pour les conducteurs alcoolisés blessés, la situation est plus nuancée mais pas désespérée. Le lien de causalité entre l’alcoolémie et l’accident doit être démontré par l’assureur. Une évaluation professionnelle du dossier est indispensable pour défendre efficacement ses droits.
Quelle que soit la situation, il est essentiel de ne pas rester seul face à une compagnie d’assurance. Se faire accompagner par un médecin expert et un professionnel du droit du dommage corporel augmente considérablement les chances d’obtenir une indemnisation juste. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches.
La permanence de victime-info.fr aide les victimes à comprendre leurs droits et à obtenir une juste indemnisation. Service gratuit et confidentiel.
Témoignages
— Mathieu, 35 ans, percuté par un conducteur ivreBon moi j’ai été percuté par un mec complètement bourré ya 1 an et demi, j’étais à un feu rouge tranquille et bam.. fracture du poignet + whiplash cervical. L’assurance du gars m’a proposé 4200€ au début. Grace à victime-info.fr j’ai compris que c’était ridicule, j’ai pris un medecin expert de recours et au final j’ai obtenu 19 000€. Faut jamais signer la premiere offre les gars
— Céline, 27 ans, passagère d'un ami alcooliséFranchement c’est la honte mais je suis montée en voiture avec un pote qui avait bu apres une soirée.. il a perdu le controle et j’ai eu 2 cotes cassées + un gros stress post-traumatique. Je pensais que j’avais aucun droit vu que j’avais accepté de monter avec lui. En fait non, j’ai été indemnisée intégralement. Si quelqu’un est dans la meme situation, renseignez-vous parce que la loi protège les passagers meme dans ce cas
— Patrick, 52 ans, conducteur avec alcoolémie légèreHonnêtement jétais pas fier, j’avais 0.6g après un repas d’affaire et un automobiliste a grillé un stop et m’a percuté. L’assurance voulait réduire mon indemnisation de 50% à cause de l’alcool. Mon avocat a démontré que l’alcool avait rien à voir avec l’accident puisque c’est l’autre qui avait grillé le stop.. au final j’ai été indemnisé normalement. Mais faut se battre, ils essayent toujours de payer moins



