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Indemnisation de l'immobilisation du véhicule après un accident de la route

Lorsqu'un véhicule est immobilisé à la suite d'un accident de la route, la victime subit un préjudice matériel souvent ignoré : l'impossibilité d'utiliser son véhicule pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Cette période d'immobilisation engendre des frais supplémentaires (transports en commun, location de véhicule, perte de mobilité professionnelle) qui doivent être indemnisés. Pourtant, les compagnies d'assurance mentionnent rarement cette indemnité de manière spontanée. Il appartient donc à la victime de la réclamer expressément. Cette page détaille les conditions d'obtention, les montants moyens d'indemnisation et les démarches à suivre pour faire valoir ce droit. Pour toute question, la permanence de victime-info.fr accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches.

Immobilisation du véhicule après un accident de la route : de quoi parle-t-on ?

L'immobilisation du véhicule désigne la période pendant laquelle la victime d'un accident de la circulation ne peut pas utiliser son véhicule. Cette période commence au jour de l'accident et se termine au moment où le véhicule est restitué en état de marche, ou au moment où la victime reçoit l'indemnisation lui permettant de racheter un véhicule de remplacement.

Un accident de la route se définit comme une collision impliquant au moins un véhicule terrestre à moteur sur le réseau routier. Ce peut être un choc entre deux voitures, entre un véhicule et un piéton, entre une moto et un obstacle fixe, etc. Dès lors que le véhicule est endommagé au point de ne plus pouvoir circuler, la question de l'indemnisation de l'immobilisation se pose.

Il est important de distinguer deux situations :

  • Le véhicule est réparable : l'immobilisation correspond à la durée des réparations, à laquelle s'ajoutent les délais d'attente avant la prise en charge par le garage (délai d'expertise, délai de commande des pièces, etc.).
  • Le véhicule est économiquement irréparable (épave) : l'immobilisation court du jour de l'accident jusqu'au jour où la victime reçoit l'indemnisation lui permettant d'acquérir un nouveau véhicule.
⚠️ Durée réelle d'immobilisation vs durée de réparation

L'expert automobile mandaté par l'assurance ne retient souvent que la durée technique des réparations. Or, la victime a droit à l'indemnisation de la durée réelle d'immobilisation, c'est-à-dire du jour de l'accident au jour de la récupération effective du véhicule. Il ne faut jamais accepter une durée réduite sans vérification.

Pourquoi les assureurs ne mentionnent-ils pas cette indemnité ?

Dans la pratique, il est très fréquent que les compagnies d'assurance ne rappellent pas spontanément aux victimes qu'elles ont droit à une indemnité d'immobilisation. Cette omission, si elle n'est pas illégale en soi, a pour conséquence de réduire le montant global de l'indemnisation versée à la victime.

La victime a pourtant droit à l'indemnisation de l'ensemble des préjudices subis lors de l'accident, y compris les préjudices matériels liés à l'immobilisation du véhicule. Ce principe découle du droit à la réparation intégrale, fondement essentiel du droit du dommage corporel et matériel en France.

✅ Un droit qu'il faut réclamer

L'indemnité d'immobilisation du véhicule fait partie des droits de la victime. Même si l'assureur ne la mentionne pas dans son offre d'indemnisation, il est tout à fait légitime — et recommandé — de la réclamer par écrit. La victime peut s'appuyer sur les modèles de lettres disponibles sur victime-info.fr pour formuler sa demande.

L'assureur est tenu d'indemniser la victime de manière intégrale. Le fait de ne pas mentionner un poste de préjudice ne signifie pas qu'il n'existe pas. C'est pourquoi il est essentiel pour toute personne accidentée de connaître l'étendue de ses droits avant d'accepter une offre d'indemnisation.

📌 Ne jamais accepter la première offre sans vérification

La première offre d'indemnisation proposée par l'assureur est presque toujours inférieure à ce à quoi la victime a réellement droit. Il est fortement recommandé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel ou de contacter une association d'aide aux victimes avant de signer quoi que ce soit.

Le cadre juridique : la loi Badinter et le droit à indemnisation

Lorsqu'un accident de la route implique un véhicule terrestre à moteur, c'est la loi Badinter du 5 juillet 1985 qui s'applique. Cette loi, officiellement intitulée « loi tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation », constitue le texte fondateur du régime d'indemnisation des victimes d'accidents de la route en France.

⚖️ Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter)

Le principe fondamental posé par la loi Badinter est le droit à indemnisation de toute victime d'un accident de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. La loi ne cherche pas à établir la responsabilité de chaque conducteur, mais à déterminer si une faute commise est de nature à limiter ou exclure le droit à indemnisation.

En pratique, cela signifie que la victime d'un accident de la route non responsable a un droit quasi-automatique à l'indemnisation intégrale de tous ses préjudices, y compris l'immobilisation de son véhicule. Même le conducteur partiellement responsable peut prétendre à une indemnisation, sous réserve que sa faute ne soit pas de nature à l'exclure totalement.

Le droit à indemnisation couvre à la fois les préjudices corporels (blessures, séquelles, souffrances) et les préjudices matériels (dommages au véhicule, immobilisation, frais annexes). La victime ne doit pas se limiter aux seuls dommages matériels visibles sur le véhicule.

💡 Cas pratique : accident non responsable avec immobilisation longue

Un artisan est percuté par un camping-car qui refuse la priorité à droite. Son véhicule utilitaire est immobilisé pendant 3 semaines au garage pour réparation. L'assureur du tiers responsable propose une indemnisation limitée à la durée des travaux (8 jours), sans mentionner l'indemnité d'immobilisation. En réclamant la prise en charge de la durée réelle d'immobilisation (21 jours à 10 €/jour), l'artisan obtient 210 € supplémentaires, auxquels s'ajoutent les frais de transport engagés pendant cette période.

Le montant de l'indemnité d'immobilisation du véhicule

Le montant de l'indemnité d'immobilisation varie selon le type de véhicule et la durée effective d'immobilisation. Il n'existe pas de barème légal strict, mais la pratique des assurances et la jurisprudence ont établi des montants de référence.

Montants moyens pratiqués

En moyenne, les indemnités journalières d'immobilisation sont les suivantes :

  • 10 € par jour pour un véhicule terrestre à moteur de moins de 3,5 tonnes (voiture, moto, scooter, utilitaire léger)
  • 20 € par jour pour un camping-car ou un véhicule de loisirs
  • Montant variable pour les véhicules professionnels (utilitaires lourds, camions), selon le préjudice économique démontré
📊 Indemnité moyenne d'immobilisation

Pour un véhicule particulier immobilisé pendant 15 jours après un accident : l'indemnité d'immobilisation s'élève en moyenne à 150 € (15 jours × 10 €/jour). Pour un camping-car immobilisé pendant la même durée : 300 € (15 jours × 20 €/jour). Ces montants ne tiennent pas compte des frais annexes (location de véhicule, transports en commun, etc.) qui peuvent être réclamés en supplément.

Indemnisation lorsque l'accident implique plusieurs véhicules

Lorsque l'accident implique deux véhicules ou plus, l'indemnisation de l'immobilisation est prise en charge par l'assurance du conducteur responsable de l'accident. Si la victime n'est pas responsable, c'est l'assureur du tiers responsable (ou le mandataire désigné dans le cadre de la convention IRSA) qui doit verser l'indemnité.

La victime doit adresser sa demande d'indemnisation directement à l'assureur qui gère son dossier. Il est recommandé d'envoyer cette demande par courrier recommandé avec accusé de réception, en précisant :

  • La date de l'accident
  • La date de récupération effective du véhicule (ou la date de versement de l'indemnité en cas de perte totale)
  • Le nombre exact de jours d'immobilisation
  • Les frais annexes engagés pendant cette période (tickets de transport, factures de location, etc.)
✅ Frais annexes récupérables

En plus de l'indemnité journalière d'immobilisation, la victime peut réclamer le remboursement des frais de transport engagés pendant la période d'immobilisation : abonnement de transport en commun, location de véhicule de remplacement, frais de covoiturage, frais de taxi pour des déplacements professionnels ou médicaux. Il convient de conserver toutes les factures et justificatifs.

Indemnisation lorsque l'accident n'implique qu'un seul véhicule

Lorsqu'un seul véhicule est impliqué dans l'accident (sortie de route, collision avec un obstacle fixe, etc.), la situation est différente. La loi Badinter ne s'applique pas en l'absence d'un tiers identifié. La victime devra alors se tourner vers ses propres garanties contractuelles.

Il convient de vérifier :

  • Le contrat d'assurance responsabilité civile automobile : certains contrats « tous risques » prévoient une prise en charge de l'immobilisation, même en l'absence de tiers responsable.
  • La garantie corporelle du conducteur : cette garantie optionnelle peut couvrir certains frais liés à l'accident, y compris l'immobilisation du véhicule selon les conditions générales du contrat.
  • La garantie accidents de la vie (GAV) : dans certains cas, cette garantie peut intervenir pour compenser le préjudice matériel subi.
⚠️ Contrats d'assurance : attention aux exclusions

Les contrats d'assurance contiennent souvent des clauses d'exclusion qui limitent les garanties. Il est essentiel de relire attentivement les conditions générales et particulières de son contrat. En cas de difficulté d'interprétation, la victime peut solliciter l'aide d'un professionnel du droit ou contacter la permanence de victime-info.fr.

Comment calculer la durée réelle d'immobilisation ?

Le calcul de la durée d'immobilisation est un point crucial qui fait souvent l'objet de contestations entre la victime et l'assurance. L'assureur a tendance à retenir la seule durée des réparations, tandis que la victime a droit à la durée réelle d'indisponibilité du véhicule.

Les éléments à prendre en compte

La durée réelle d'immobilisation comprend :

  • La période entre l'accident et le dépôt au garage : si le véhicule est immobilisé sur le lieu de l'accident ou remorqué, les jours d'attente avant la prise en charge par le réparateur comptent.
  • Le délai d'expertise : le temps nécessaire pour que l'expert automobile mandaté par l'assurance examine le véhicule et rédige son rapport.
  • La durée effective des réparations : y compris les éventuels délais de commande de pièces détachées.
  • Le délai de récupération : le temps entre la fin des réparations et la récupération effective du véhicule par la victime.

En cas de véhicule économiquement irréparable (quand le coût des réparations dépasse la valeur vénale du véhicule), la durée d'immobilisation court du jour de l'accident jusqu'au jour où la victime reçoit l'indemnisation lui permettant de racheter un véhicule équivalent.

💡 Cas pratique : véhicule économiquement irréparable d'une étudiante

Une étudiante est victime d'un accident non responsable. Son véhicule est déclaré économiquement irréparable par l'expert. L'expert conseille de retirer le véhicule du garage pour éviter les frais de gardiennage. L'étudiante, qui ne dispose que de bourses et d'une petite pension, ne peut pas racheter immédiatement un véhicule. L'immobilisation dure 45 jours, du jour de l'accident au jour de la réception de l'indemnisation. L'indemnité d'immobilisation à réclamer est donc de 45 × 10 € = 450 €, auxquels s'ajoutent les frais de covoiturage et de train engagés pendant cette période.

Immobilisation hors garage professionnel

La question se pose régulièrement : la victime peut-elle prétendre à l'indemnité d'immobilisation si le véhicule n'est pas stationné dans un garage professionnel ? La réponse est oui. L'indemnité d'immobilisation ne dépend pas du lieu de stationnement du véhicule, mais de l'impossibilité pour la victime d'utiliser son véhicule. Que le véhicule soit au garage, chez la victime, ou sur un parking, l'immobilisation est caractérisée dès lors que le véhicule ne peut pas circuler.

✅ L'indemnité d'immobilisation ne dépend pas du lieu de stationnement

Que le véhicule soit stationné au garage, chez un particulier ou sur la voie publique, le droit à l'indemnité d'immobilisation reste entier. Ce qui compte, c'est l'impossibilité d'utiliser le véhicule, pas le lieu où il se trouve. La victime peut donc retirer son véhicule du garage pour éviter les frais de gardiennage sans perdre son droit à l'indemnité d'immobilisation.

Démarches pratiques pour réclamer l'indemnité d'immobilisation

Réclamer l'indemnité d'immobilisation de son véhicule nécessite de suivre un certain nombre d'étapes. Voici la marche à suivre pour maximiser ses chances d'obtenir une indemnisation juste.

Étape 1 : Rassembler les preuves

La victime doit constituer un dossier comprenant :

  • Le certificat médical initial (si des blessures corporelles sont également en cause)
  • Le constat amiable ou le procès-verbal d'accident
  • Le rapport de l'expert automobile
  • Les factures de réparation du véhicule
  • Les justificatifs de frais de transport engagés pendant l'immobilisation (billets de train, factures de location, reçus de taxi, etc.)
  • Tout document attestant de la date de récupération effective du véhicule

Étape 2 : Envoyer une demande écrite à l'assureur

La demande doit être adressée par courrier recommandé avec accusé de réception à l'assureur en charge du dossier. Elle doit mentionner expressément la demande d'indemnité d'immobilisation du véhicule, le nombre de jours d'immobilisation et les frais annexes réclamés. Des modèles de lettres sont disponibles sur victime-info.fr pour faciliter cette démarche.

Étape 3 : Négocier ou contester la réponse de l'assureur

Si l'assureur refuse ou propose un montant insuffisant, la victime peut :

  • Adresser un courrier de relance en rappelant le principe de réparation intégrale
  • Saisir le médiateur de l'assurance
  • Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel
  • En dernier recours, engager une action en justice devant le tribunal
⚠️ Délai de prescription à respecter

La victime dispose d'un délai de 2 ans à compter de l'accident pour engager une action contre l'assureur au titre des dommages matériels (article L. 114-1 du Code des assurances). Pour les préjudices corporels, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation (article 2226 du Code civil). Il est donc essentiel de ne pas laisser traîner les démarches.

📞 Besoin d'aide pour réclamer l'indemnité d'immobilisation ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans le calcul et la réclamation de leurs indemnités. Il est également possible d'utiliser le simulateur d'indemnisation en ligne.

Indemnité d'immobilisation et préjudice corporel : ne rien oublier

Lorsqu'un accident de la route cause à la fois des dommages matériels et des blessures corporelles, il est essentiel de ne pas traiter les deux volets de manière isolée. Le préjudice matériel lié à l'immobilisation du véhicule s'ajoute aux différents postes de préjudice corporel définis par la nomenclature Dintilhac.

Parmi les postes de préjudice corporel fréquemment oubliés, on peut citer :

📌 Préjudice matériel + préjudice corporel = indemnisation globale

L'indemnité d'immobilisation du véhicule n'est qu'un élément du préjudice matériel. Si la victime a également subi des blessures corporelles, il est impératif de faire évaluer l'ensemble des préjudices (matériels et corporels) lors de l'expertise médicale. L'objectif est d'obtenir une indemnisation globale couvrant l'intégralité du préjudice subi.

Cas particuliers : accident de moto, véhicule professionnel, conducteur non assuré

Immobilisation d'une moto après un accident

Les motocyclistes ont les mêmes droits que les automobilistes en matière d'indemnisation de l'immobilisation du véhicule. La moto étant un véhicule terrestre à moteur, la loi Badinter s'applique pleinement. Pour en savoir plus sur les spécificités de l'indemnisation après un accident de moto, une page dédiée est disponible.

Véhicule professionnel immobilisé

Lorsqu'un véhicule professionnel est immobilisé, le préjudice peut être considérablement plus élevé qu'une simple indemnité journalière de 10 €. La victime peut réclamer l'indemnisation du préjudice économique réel : perte de chiffre d'affaires, report de chantiers, impossibilité d'honorer des contrats, etc. Il est alors indispensable de fournir des justificatifs comptables et de se faire accompagner par un professionnel.

💡 Cas pratique : artisan avec véhicule utilitaire immobilisé

Un artisan plombier est percuté par un véhicule tiers. Son utilitaire, contenant tout son outillage, est immobilisé pendant 3 semaines. L'assureur propose une indemnité d'immobilisation de 210 € (21 jours × 10 €). L'artisan, conseillé par un avocat spécialisé, réclame en plus l'indemnisation de sa perte de revenus professionnels sur la période (3 chantiers annulés représentant environ 4 500 € de chiffre d'affaires). Après négociation, il obtient une indemnisation globale de 3 800 € au titre du préjudice matériel et économique.

Accident avec un conducteur non assuré

Si le responsable de l'accident n'est pas assuré, la victime peut saisir le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) pour obtenir l'indemnisation de ses préjudices, y compris l'immobilisation du véhicule. Pour connaître la procédure détaillée, la page consacrée à l'accident avec un conducteur non assuré apporte toutes les informations nécessaires.

Accident avec un véhicule étranger

Lorsque l'accident implique un véhicule immatriculé à l'étranger, les démarches d'indemnisation peuvent être plus complexes. Le Bureau Central Français (BCF) intervient alors comme intermédiaire. L'indemnité d'immobilisation reste due, mais les délais de traitement peuvent être plus longs.

Délais d'indemnisation à connaître

Le délai d'indemnisation après un accident de la route est encadré par la loi. En matière de dommages matériels, l'assureur doit formuler une offre d'indemnisation dans un délai raisonnable après la déclaration de sinistre. En cas de retard injustifié, la victime peut adresser une demande de provision pour obtenir un versement anticipé.

📊 Délais légaux à connaître

3 mois : délai maximal pour que l'assureur présente une offre d'indemnisation des dommages matériels après réception de la déclaration de sinistre.

2 ans : délai de prescription pour agir en matière d'assurance (article L. 114-1 du Code des assurances).

10 ans : délai de prescription pour les préjudices corporels à compter de la consolidation (article 2226 du Code civil).

Les erreurs à éviter pour obtenir une indemnisation juste

Pour maximiser l'indemnisation de l'immobilisation du véhicule, certaines erreurs sont à éviter absolument :

  • Ne pas réclamer l'indemnité d'immobilisation : c'est l'erreur la plus fréquente. L'assureur ne la proposera pas spontanément dans la majorité des cas.
  • Accepter la durée d'immobilisation fixée par l'expert automobile : cette durée ne correspond souvent qu'à la durée technique des réparations, pas à la durée réelle d'indisponibilité du véhicule.
  • Ne pas conserver les justificatifs de frais : billets de train, factures de location, reçus de taxi — tout doit être conservé précieusement.
  • Signer un accord d'indemnisation trop vite : une fois l'accord signé, il est très difficile de revenir dessus.
  • Oublier les préjudices corporels : si la victime a été blessée lors de l'accident, l'indemnité d'immobilisation n'est qu'une composante mineure de l'indemnisation globale. Il est essentiel de faire évaluer tous les postes de préjudice.
⚠️ Piège fréquent : accepter l'offre sans vérification

L'assureur peut proposer une indemnisation rapide pour clore le dossier au plus vite. Avant de signer, la victime doit vérifier que l'offre couvre bien la durée réelle d'immobilisation et l'ensemble des frais annexes. Se faire accompagner par un professionnel permet d'obtenir en moyenne une indemnisation 2 à 3 fois supérieure à la première offre.

FAQ – Indemnisation de l'immobilisation du véhicule

Questions fréquentes


L'indemnité d'immobilisation du véhicule est-elle automatique après un accident ?

Non, l'indemnité d'immobilisation n'est pas automatiquement proposée par l'assureur. La victime doit la réclamer expressément par courrier recommandé. Cette indemnité fait partie du préjudice matériel indemnisable, mais elle est rarement mentionnée spontanément dans les offres d'indemnisation des compagnies d'assurance.


Quel est le montant de l'indemnité d'immobilisation par jour ?

Le montant moyen est de 10 € par jour pour un véhicule de moins de 3,5 tonnes et de 20 € par jour pour un camping-car. Ces montants peuvent varier selon les circonstances et le préjudice économique réel subi par la victime, notamment en cas de véhicule professionnel.


Peut-on réclamer l'indemnité d'immobilisation si le véhicule n'est pas au garage ?

Oui, absolument. L'indemnité d'immobilisation est due dès lors que le véhicule ne peut pas être utilisé, indépendamment du lieu où il est stationné. Le véhicule peut être chez un particulier, sur un parking ou sur la voie publique : le droit à l'indemnité reste entier.


Quelle est la durée d'immobilisation prise en compte pour le calcul de l'indemnité ?

La durée prise en compte doit être la durée réelle d'immobilisation, c'est-à-dire du jour de l'accident au jour de la récupération effective du véhicule en état de marche (ou au jour du versement de l'indemnisation en cas de véhicule irréparable). L'assureur ne peut pas se limiter à la seule durée technique des réparations.


Comment réclamer l'indemnité d'immobilisation à l'assureur ?

La demande doit être adressée par courrier recommandé avec accusé de réception à l'assureur en charge du dossier. Il faut préciser le nombre de jours d'immobilisation, joindre les justificatifs de frais annexes et rappeler le principe de réparation intégrale. Des modèles de lettres sont disponibles sur victime-info.fr.


Que faire si l'assureur refuse d'indemniser l'immobilisation du véhicule ?

En cas de refus, la victime peut adresser un courrier de relance, saisir le médiateur de l'assurance, ou se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel. En dernier recours, une action en justice devant le tribunal est possible. La permanence de victime-info.fr peut orienter la victime vers les recours les plus adaptés.


Conclusion : un droit souvent oublié mais bien réel

L'indemnité d'immobilisation du véhicule est un droit légitime de toute victime d'accident de la route. Trop souvent passée sous silence par les compagnies d'assurance, elle représente pourtant une compensation indispensable pour les personnes privées de leur moyen de transport pendant plusieurs jours ou semaines. Combinée aux autres postes de préjudice (matériels et corporels), elle contribue à une indemnisation plus juste et plus complète.

La clé réside dans la connaissance de ses droits et dans une démarche proactive : réclamer l'indemnité par écrit, conserver tous les justificatifs, et ne jamais accepter une offre d'indemnisation sans vérification préalable. En cas de doute ou de difficulté, se faire accompagner par un professionnel du droit ou une association d'aide aux victimes permet de sécuriser la procédure et d'obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice subi.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), répond gratuitement à toutes les questions relatives à l'indemnisation après un accident de la route. N'hésitez pas à solliciter un accompagnement personnalisé.

Témoignages

Bon moi mon utilitaire a été immobilisé 3 semaines après un accident ou j'etais pas responsable. L'assurance m'a proposé que dalle au debut, genre même pas mentionné l'immobilisation du véhicule.. j'ai trouvé cette page sur victime-info.fr et j'ai envoyé un recommandé comme ils disent. Au final j'ai recuperé 210€ pour l'immobilisation + 1200€ de perte d'exploitation que j'aurais jamais eu sinon. Faut pas lacher les gars

— Mehdi, 37 ans, artisan percuté en camionnette

Franchement j'avais aucune idée qu'on pouvait être indemnisé pour le temps ou on peut pas utiliser sa voiture.. ma voiture a été déclarée épave et pendant presque 2 mois j'ai du prendre le train pour aller en cours à 180km. L'assurance m'a rien dit sur l'indemnité d'immobilisation. C'est en cherchant sur internet que j'ai trouvé ce site. J'ai reclamé et j'ai eu 500 et quelques euros en plus. C'est pas énorme mais ca m'a bien aidée

— Claire, 24 ans, étudiante en accident non responsable

Mon camping car a été emboutit par un jeune conducteur sur un parking. 4 semaines au garage. L'expert a dit 10 jours de reparation et l'assurance voulait me payer que 10 jours à 20€. J'ai contesté en expliquant que la durée réelle c'était 28 jours vu que j'ai attendu 2 semaines avant que le garage puisse le prendre. J'ai fini par avoir les 28 jours soit 560€. Moralité faut toujours verifier ce qu'on vous propose et ne pas signer trop vite

— Patrick, 55 ans, camping-cariste

Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 28/02/2026