Chaque année en France, les accidents de chasse provoquent des dizaines de blessés graves et plusieurs décès. Tir accidentel, ricochet, chute depuis un mirador, accident de véhicule lors d’une battue : les circonstances sont variées, mais les conséquences sont souvent dramatiques. La victime d’un accident de chasse — qu’elle soit chasseur, accompagnant, promeneur ou riverain — dispose de droits solides pour obtenir une indemnisation à la hauteur de ses préjudices.
Ce guide détaille l’ensemble des démarches à suivre, les postes de préjudice indemnisables, les interlocuteurs à contacter et les pièges à éviter pour obtenir la réparation intégrale du dommage corporel subi. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes accidentées dans ces démarches souvent complexes.
- Les accidents de chasse en France : chiffres et réalités
- Les différents types d’accidents de chasse
- Responsabilité et assurance en matière de chasse
- Les démarches après un accident de chasse
- L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation
- Les postes de préjudice indemnisables
- Montants d’indemnisation : exemples et barèmes
- Les pièges à éviter face à l’assureur
- Cas particuliers : chasseur blessé, enfant, promeneur
- Se faire accompagner pour obtenir une juste indemnisation
- FAQ : accident de chasse et indemnisation
Les accidents de chasse en France : chiffres et réalités
La chasse est un loisir pratiqué par plus d’un million de personnes en France. Malgré les progrès en matière de sécurité, les accidents de chasse restent une réalité préoccupante. L’Office Français de la Biodiversité (OFB) publie chaque année un bilan des accidents de chasse.
Lors de la saison 2023-2024, l’OFB a recensé environ 80 accidents de chasse corporels en France, dont plusieurs mortels. Environ 10 % des victimes sont des non-chasseurs (promeneurs, riverains, cyclistes, agriculteurs).
Les blessures les plus fréquentes sont les plaies par projectile (plombs, balles), les traumatismes crâniens, les lésions abdominales et thoraciques, les fractures et les amputations. La gravité des séquelles est souvent majeure : un tir de fusil de chasse à courte distance peut entraîner des dommages corporels irréversibles.
Pour une victime confrontée à cette situation, connaître les fondamentaux du droit du dommage corporel est essentiel avant d’entamer toute démarche.
Les différents types d’accidents de chasse
Les accidents de chasse prennent des formes très diverses. La qualification juridique de l’accident détermine directement les voies d’indemnisation possibles.
Tir accidentel direct
C’est le cas le plus fréquent. Un chasseur atteint par erreur une autre personne (chasseur, rabatteur, promeneur). Il s’agit généralement d’un accident de la vie mettant en cause la responsabilité du tireur. La victime peut obtenir réparation via l’assurance responsabilité civile chasse obligatoire.
Ricochet ou balle perdue
Un projectile dévié par un obstacle (rocher, arbre, sol) atteint une personne. L’identification du tireur peut être plus difficile. Même si l’auteur du tir n’est pas identifié, la victime dispose de recours.
Chute depuis un mirador ou un poste surélevé
Ces chutes provoquent souvent des traumatismes rachidiens, des fractures du bassin ou des membres. La responsabilité peut être partagée entre le chasseur et le propriétaire ou l’organisateur de la chasse si l’installation était défectueuse.
Michel, 58 ans, participe à une battue au sanglier. Il monte sur un mirador mis à disposition par le propriétaire du territoire de chasse. L’échelle cède sous son poids en raison d’un défaut d’entretien. Michel chute de 4 mètres et souffre d’une fracture du rachis lombaire avec séquelles neurologiques. Après expertise médicale, un taux d’AIPP de 18 % est retenu. La responsabilité du propriétaire est engagée sur le fondement de l’article 1242 alinéa 1 du Code civil (responsabilité du fait des choses). L’indemnisation totale atteint 145 000 euros.
Accident de véhicule lors d’une action de chasse
Un véhicule utilisé pendant une battue (quad, 4×4, tracteur) provoque un accident. Dans ce cas, la loi Badinter du 5 juillet 1985 peut s’appliquer, offrant un régime d’indemnisation très favorable à la victime, similaire à celui d’un accident de la circulation.
Accident impliquant un chien de chasse
Un chien de chasse mord une personne ou provoque un accident en traversant une route. Le propriétaire du chien est responsable au titre de la garde de l’animal. Ce type de situation se rapproche d’un accident lié à une morsure de chien.
Responsabilité et assurance en matière de chasse
Le cadre juridique des accidents de chasse est structuré autour de l’obligation d’assurance et de plusieurs régimes de responsabilité complémentaires.
Toute personne qui pratique la chasse doit être couverte par un contrat d’assurance en responsabilité civile garantissant les dommages corporels et matériels causés à autrui par le fait de la chasse. Le défaut d’assurance est un délit passible de sanctions pénales.
L’assurance responsabilité civile chasse obligatoire
Tout chasseur doit souscrire une assurance responsabilité civile chasse. Cette assurance couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers. C’est l’assureur du chasseur responsable qui versera l’indemnisation à la victime.
Concrètement, après un accident, la victime déclare le sinistre à l’assureur du chasseur responsable. L’assureur doit formuler une offre d’indemnisation. Toutefois, cette offre est souvent inférieure au préjudice réel subi.
La responsabilité civile de l’organisateur de la chasse
L’organisateur d’une battue ou d’une chasse collective engage sa responsabilité s’il n’a pas respecté les règles de sécurité (placement des tireurs, signalisation, briefing de sécurité). La victime peut agir à la fois contre le tireur et contre l’organisateur.
La responsabilité pénale du chasseur
Outre l’indemnisation civile, le chasseur auteur d’un tir accidentel s’expose à des poursuites pénales pour blessures involontaires (article 222-19 du Code pénal) ou homicide involontaire (article 221-6 du Code pénal). La victime peut se constituer partie civile dans le cadre de la procédure pénale.
Les non-chasseurs (promeneurs, voisins, cyclistes, agriculteurs) bénéficient d’un régime de responsabilité très favorable. La jurisprudence considère que le tir d’un chasseur est un « fait des choses » au sens de l’article 1242 alinéa 1 du Code civil, ce qui engendre une responsabilité de plein droit du gardien de l’arme. La victime n’a pas à prouver une faute du tireur : il suffit de prouver le lien entre le tir et le dommage.
Auteur du tir non identifié : que faire ?
Lorsque l’auteur du tir n’est pas identifié (ricochet, tir anonyme lors d’une battue), la victime peut agir contre l’ensemble des participants à la chasse. La jurisprudence admet la responsabilité solidaire de tous les chasseurs présents. La victime peut également saisir la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) si l’accident est qualifié d’infraction pénale.
Les démarches après un accident de chasse
La rapidité et la rigueur des premières démarches conditionnent la réussite de l’indemnisation. Voici les étapes essentielles à suivre après un accident de chasse.
Étape 1 : Soins médicaux et certificat médical initial
La priorité absolue est la prise en charge médicale. Le certificat médical initial (CMI) est un document fondamental. Il décrit les blessures constatées et constitue la base de toute demande d’indemnisation. Il est recommandé de consulter aux urgences, même si les blessures semblent mineures.
Étape 2 : Porter plainte
Déposer plainte auprès de la gendarmerie (les accidents de chasse ont généralement lieu en zone rurale) est indispensable. L’enquête permet d’établir les circonstances de l’accident, d’identifier le ou les responsables et de recueillir les témoignages. Il est aussi possible de déposer plainte directement auprès du procureur de la République.
Étape 3 : Déclarer le sinistre à l’assurance
La victime ou ses proches doivent déclarer l’accident à l’assureur du chasseur responsable. Si la victime possède elle-même une garantie accidents de la vie (GAV), il faut aussi déclarer le sinistre à son propre assureur.
Étape 4 : Constituer le dossier de préjudice
Rassembler méthodiquement tous les justificatifs est essentiel : certificats médicaux, arrêts de travail, factures de soins, attestations de proches, photos des blessures, procès-verbal de gendarmerie. Le dossier d’indemnisation corporelle doit être le plus complet possible.
Le délai de prescription pour agir en indemnisation d’un dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil). Toutefois, il ne faut pas attendre pour engager les démarches : les preuves se perdent, les témoins oublient, et les procédures sont longues.
Étape 5 : Se faire accompagner
Le recours à un avocat spécialisé en dommages corporels et à un médecin conseil de victimes est vivement recommandé. Ces professionnels connaissent les stratégies des assureurs et veillent à ce que chaque poste de préjudice soit correctement évalué.
L’équipe de victime-info.fr oriente gratuitement les victimes d’accidents de chasse vers les professionnels compétents (avocat, médecin conseil, association d’aide aux victimes).
L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation
L’expertise médicale est l’étape déterminante du processus d’indemnisation. C’est lors de cette expertise que les séquelles sont évaluées et que les postes de préjudice sont quantifiés.
L’expertise organisée par l’assureur
L’assureur du chasseur responsable mandate un médecin expert pour évaluer les blessures de la victime. Attention : ce médecin est payé par l’assureur. Il tend naturellement à minimiser les séquelles.
Se présenter seul à l’expertise médicale organisée par l’assureur est l’une des erreurs les plus coûteuses. Le médecin mandaté par l’assureur a tendance à sous-évaluer les séquelles. La victime a le droit d’être assistée par un médecin conseil de victimes qui défendra ses intérêts.
Le rôle du médecin conseil de la victime
Le médecin expert de recours assiste la victime pendant l’expertise. Il veille à ce que toutes les séquelles soient consignées, discute les cotations avec le médecin de l’assureur et rédige un rapport contradictoire. L’écart d’indemnisation entre une victime assistée et une victime non assistée peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
La consolidation médicale
L’expertise aboutit à la fixation d’une date de consolidation médicale. C’est le moment où les séquelles sont stabilisées, même si elles ne sont pas guéries. À partir de cette date, l’indemnisation définitive peut être calculée.
La contre-expertise
Si les conclusions de l’expertise sont jugées insuffisantes ou erronées, la victime peut demander une contre-expertise médicale ou contester l’expertise.
La victime a toujours le droit de se faire assister par le médecin de son choix lors de l’expertise. Ce droit est garanti et les frais de ce médecin conseil peuvent être intégrés aux « frais divers » indemnisables dans le cadre de la nomenclature Dintilhac.
Les postes de préjudice indemnisables
L’indemnisation d’un accident de chasse repose sur la nomenclature Dintilhac, qui liste l’ensemble des postes de préjudice corporel indemnisables. L’objectif est d’atteindre la réparation intégrale du préjudice.
Préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation)
- Dépenses de santé actuelles (DSA) : frais médicaux, hospitalisation, rééducation, prothèses, déplacements pour soins
- Frais divers : aide ménagère temporaire, frais de médecin conseil, garde d’enfants, adaptations provisoires du logement
- Perte de gains professionnels actuels (PGPA) : salaires perdus pendant la période d’arrêt de travail
Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation)
- Dépenses de santé futures (DSF) : soins à vie, renouvellement de prothèses, suivi médical permanent
- Perte de gains professionnels futurs (PGPF) : perte de revenus définitive liée aux séquelles
- Incidence professionnelle : dévalorisation sur le marché du travail, pénibilité accrue, reconversion
- Tierce personne : aide humaine nécessaire au quotidien (poste souvent très important en cas de handicap lourd)
Préjudices extra-patrimoniaux temporaires
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins
- Souffrances endurées : douleurs physiques et psychologiques subies
Préjudices extra-patrimoniaux permanents
- Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : séquelles définitives affectant la qualité de vie. Le calcul se fait à partir de la valeur du point d’AIPP
- Préjudice esthétique permanent : cicatrices, déformations, modifications de l’apparence physique (très fréquent après un tir de fusil)
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisir antérieures
- Préjudice sexuel : atteinte à la vie sexuelle
Chaque poste de préjudice doit être individuellement évalué et indemnisé. La victime d’un accident de chasse ne doit jamais accepter une indemnisation « globale » sans que chaque poste soit détaillé. L’utilisation de la nomenclature Dintilhac garantit qu’aucun préjudice n’est oublié.
Préjudices des proches (victimes par ricochet)
En cas de blessures graves ou de décès, les proches de la victime peuvent aussi être indemnisés :
- Préjudice d’affection : souffrance morale des proches
- Préjudice économique des proches : perte de revenus du foyer
- Frais d’obsèques : en cas de décès
Montants d’indemnisation : exemples et barèmes
Les montants d’indemnisation pour un accident de chasse varient considérablement selon la gravité des blessures, l’âge de la victime, sa situation professionnelle et familiale. Voici des ordres de grandeur basés sur la jurisprudence et les référentiels indicatifs.
– Blessure légère par plombs (quelques plombs dans un membre, séquelles mineures) : 5 000 à 25 000 euros
– Blessure grave avec AIPP de 10 à 25 % (lésions nerveuses, perte partielle de mobilité) : 50 000 à 200 000 euros
– Blessure très grave avec AIPP supérieur à 30 % (amputation, paraplégie, lésions cérébrales) : 200 000 à plus d’1 million d’euros
– Décès : 150 000 à 500 000 euros (indemnisation des proches, selon la composition familiale)
Isabelle, 45 ans, promène son chien en forêt un samedi de novembre. Une battue est en cours à proximité, mal signalée. Elle est atteinte au visage et au bras droit par une gerbe de plombs. Après plusieurs interventions chirurgicales et deux ans de rééducation, elle conserve des cicatrices visibles au visage (préjudice esthétique coté 4/7), une limitation fonctionnelle du bras (AIPP de 12 %), et un syndrome de stress post-traumatique. L’assureur du chasseur responsable lui propose 35 000 euros. Assistée d’un avocat spécialisé et d’un médecin conseil, elle obtient finalement 125 000 euros en négociation amiable — soit plus de trois fois l’offre initiale.
Pour une estimation personnalisée, la victime peut utiliser le simulateur d’indemnisation de préjudices corporels disponible sur victime-info.fr.
Les pièges à éviter face à l’assureur
Les compagnies d’assurance ont pour objectif de réduire le montant des indemnisations versées. Après un accident de chasse, certaines pratiques sont récurrentes et doivent alerter la victime.
La première offre d’indemnisation formulée par l’assureur est presque systématiquement sous-évaluée. Des études montrent que les victimes non accompagnées acceptent en moyenne des indemnités inférieures de 30 à 60 % à ce qu’elles auraient pu obtenir avec un avocat spécialisé.
Piège n°1 : L’offre rapide avant consolidation
Certains assureurs proposent une somme « forfaitaire » très tôt, avant même que les séquelles soient stabilisées. Accepter cette offre revient à renoncer définitivement à tout recours ultérieur. Il faut impérativement attendre la consolidation médicale pour connaître l’étendue réelle des séquelles.
Piège n°2 : L’expertise médicale orientée
Le médecin mandaté par l’assureur peut sous-évaluer les séquelles, minimiser les souffrances ou fixer une date de consolidation trop précoce. La présence d’un médecin conseil de victimes lors de l’expertise est le meilleur rempart.
Piège n°3 : L’oubli de postes de préjudice
L’assureur ne propose pas spontanément d’indemniser tous les postes. Le préjudice sexuel, le préjudice d’agrément, l’incidence professionnelle ou la tierce personne sont souvent « oubliés » dans l’offre. Un calcul complet du préjudice corporel est indispensable.
Piège n°4 : La pression pour signer rapidement
L’assureur peut invoquer des « délais » ou créer un sentiment d’urgence. En réalité, la victime dispose de 10 ans pour agir. Il vaut toujours mieux prendre le temps de bien évaluer le préjudice que de signer dans la précipitation.
En cas de désaccord avec l’offre de l’assureur, il est possible de contester et négocier l’offre d’indemnisation ou de contester l’indemnisation proposée par l’assurance.
L’assureur est tenu de présenter une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident. Cette offre doit couvrir l’ensemble des postes de préjudice. En cas d’offre tardive ou manifestement insuffisante, le juge peut doubler les intérêts légaux.
Cas particuliers : chasseur blessé, enfant, promeneur
Certaines situations posent des questions spécifiques en matière d’indemnisation après un accident de chasse.
Le chasseur qui se blesse lui-même (auto-accident)
Un chasseur qui se blesse seul (chute, manipulation accidentelle de l’arme) ne peut pas engager la responsabilité d’un tiers. En revanche, s’il dispose d’une garantie accidents de la vie (GAV), il peut être indemnisé par son propre assureur. Ce type de situation relève de l’accident de la vie.
La garantie accidents de la vie (GAV) est particulièrement recommandée pour les pratiquants de chasse. En cas d’auto-accident, elle constitue souvent le seul moyen d’obtenir une indemnisation. Il est conseillé de vérifier les plafonds de garantie et les exclusions du contrat (certains contrats excluent les accidents de chasse).
L’enfant victime d’un accident de chasse
Lorsqu’un mineur est victime d’un accident de chasse (balle perdue atteignant un enfant jouant dans un jardin, par exemple), le préjudice est évalué avec une attention particulière compte tenu de la durée de vie avec séquelles. Les indemnités sont généralement plus élevées. Les parents exercent l’action en justice au nom de l’enfant. Ce cas présente des similitudes avec un accident scolaire d’un enfant en matière de procédure.
Le promeneur, le cycliste, le riverain
Les non-chasseurs bénéficient du régime de responsabilité le plus favorable. Aucune faute ne peut leur être opposée (sauf comportement manifestement déraisonnable, comme franchir des panneaux d’interdiction). L’indemnisation est intégrale.
Thomas, 32 ans, effectue une sortie à vélo sur une route départementale en zone rurale. Une balle de calibre 12 traverse un chemin forestier et l’atteint à la cuisse. Il souffre d’une fracture ouverte du fémur nécessitant plusieurs opérations. Le chasseur responsable est identifié grâce à l’enquête de gendarmerie. Thomas, assisté d’un avocat spécialisé, obtient 87 000 euros d’indemnisation (PGPA, DFT, souffrances endurées 4/7, AIPP 8 %, préjudice d’agrément). L’indemnisation couvre aussi la perte de gains pendant 14 mois d’arrêt de travail. Ce type de situation peut concerner toute personne impliquée dans un accident entre un cycliste et un piéton ou un tiers.
Accident pendant une chasse organisée (battue commerciale)
Les organisateurs de chasses commerciales ou touristiques ont une obligation renforcée de sécurité. En cas d’accident, leur responsabilité contractuelle ou délictuelle peut être engagée en plus de celle du tireur.
Se faire accompagner pour obtenir une juste indemnisation
Face à la complexité des procédures et aux stratégies des assureurs, la victime d’un accident de chasse a tout intérêt à s’entourer de professionnels compétents.
L’avocat spécialisé en dommages corporels
Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel connaît les barèmes, la jurisprudence et les techniques de négociation avec les assureurs. Il peut intervenir en phase amiable comme en phase judiciaire. La plupart des avocats spécialisés acceptent des honoraires au résultat, ce qui signifie que la victime ne paie qu’en cas de succès.
Le médecin conseil de victimes
Indépendant de l’assureur, le médecin expert de recours accompagne la victime lors de l’expertise médicale. Son intervention est souvent décisive pour obtenir une juste cotation des séquelles.
Les associations d’aide aux victimes
Victime-info.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF). Les associations d’aide aux victimes apportent un soutien juridique, psychologique et administratif gratuit. Elles orientent vers les bons interlocuteurs et accompagnent tout au long du parcours d’indemnisation.
Pour les victimes qui s’interrogent sur le déroulement d’une transaction amiable avec l’assureur, il est important de comprendre les mécanismes en jeu avant de s’engager.
1. Se faire soigner immédiatement et conserver le certificat médical initial.
2. Déposer plainte à la gendarmerie le plus rapidement possible.
3. Ne signer aucun document ni accepter aucune offre de l’assureur sans conseil préalable.
4. Se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise médicale.
5. Consulter un avocat spécialisé en dommages corporels ou contacter victime-info.fr pour être orienté gratuitement.
La permanence de victime-info.fr accompagne gratuitement les victimes d’accidents de chasse. Orientation vers un avocat spécialisé, un médecin conseil de victimes et une association d’aide aux victimes partenaire.
FAQ : accident de chasse et indemnisation
Questions fréquentes
Quel est le délai pour demander une indemnisation après un accident de chasse ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil). Toutefois, il est fortement conseillé d’engager les démarches rapidement pour préserver les preuves et accélérer l’indemnisation.
Peut-on être indemnisé si le chasseur responsable n'est pas identifié ?
Oui. Lorsque le tireur n’est pas identifié, la victime peut agir contre l’ensemble des chasseurs présents lors de la battue (responsabilité solidaire). Elle peut également saisir la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) si les conditions sont remplies. Il est aussi possible de solliciter le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI).
L'assurance chasse couvre-t-elle tous les types d'accidents ?
L’assurance responsabilité civile chasse obligatoire couvre les dommages causés à des tiers par le fait de la chasse. En revanche, elle ne couvre pas le chasseur qui se blesse lui-même. Pour cela, il faut disposer d’une garantie individuelle accident ou d’une garantie accidents de la vie (GAV).
Combien coûte un avocat spécialisé en dommages corporels ?
La plupart des avocats spécialisés en dommages corporels proposent un premier rendez-vous gratuit. Beaucoup travaillent avec des honoraires au résultat (un pourcentage de l’indemnisation obtenue, généralement entre 8 et 15 %). Les victimes aux revenus modestes peuvent aussi bénéficier de l’aide juridictionnelle.
Faut-il attendre la consolidation pour être indemnisé ?
Non. La victime peut demander des provisions sur indemnités avant la consolidation. Ces avances permettent de faire face aux dépenses immédiates (soins, aide à domicile, perte de revenus). L’indemnisation définitive est calculée après la consolidation.
Un promeneur blessé lors d'une battue a-t-il les mêmes droits qu'un chasseur blessé ?
Un non-chasseur (promeneur, cycliste, riverain) bénéficie d’un régime de responsabilité plus favorable. La responsabilité du tireur est présumée (responsabilité de plein droit du gardien de la chose). Le non-chasseur n’a pas à prouver de faute. En pratique, l’indemnisation est facilitée et aucune faute ne peut être opposée à la victime sauf comportement manifestement déraisonnable.
Témoignages
— Jean-Pierre, 63 ans, blessé lors d'une battue au sanglierBon moi j’étais postier à la battue, ya un gars qui a tiré sans verifier derrière.. j’ai pris des plombs dans le bras gauche et l’épaule. L’assurance du chasseur m’a proposé 12 000€ au bout de 6 mois, j’allais signer tellement j’en avais marre des démarches. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a orienté vers un avocat. Au final j’ai eu 47 000€ après expertise avec un médecin conseil. Franchement la différence est énorme faut pas signer direct
— Caroline, 38 ans, promeneuse touchée par une balle perdueHonnêtement c’est un cauchemard ce qui m’est arrivé.. je faisais un jogging en forêt un dimanche matin et j’ai été touchée à la jambe par un ricochet. Les chasseurs savaient même pas que quelqu’un était blessé, c’est un vtt qui m’a trouvée. 3 opérations, 8 mois d’arrêt de travail, des cicatrices.. j’ai porté plainte et l’enquête a permis de retrouver le tireur. L’assurance a mis du temps mais avec l’avocat on a obtenu plus de 80 000€ d’indemnisation. C’est pas rien quand même
— Didier, 52 ans, accident de miradorAlors moi c’est pas un tir c’est une chute de mirador pendant la chasse. L’échelle était pourrie et personne avait vérifié. Résultat 2 vertèbres cassées et des mois de kiné. J’ai d’abord cru que c’était de ma faute mais en fait non, c’est le proprio du terrain qui est responsable du matériel. Merci à ce site qui explique bien les responsabilités, sans ça j’aurais jamais fait les démarches. Mon dossier est en cours mais la provision qu’on m’a versée m’a bien aidé en attendant



