Toute personne victime d’une agression, qu’elle soit physique ou morale, a le droit de réclamer des dommages et intérêts pour agression. Cette compensation financière vise à réparer l’ensemble des préjudices subis : douleurs physiques, souffrances psychologiques, perte de revenus, frais médicaux, et bien d’autres postes de préjudice. Pourtant, de nombreuses victimes ignorent l’étendue de leurs droits ou ne savent pas comment engager les démarches nécessaires pour obtenir une indemnisation juste et complète.
Ce guide détaille toutes les étapes pour obtenir des dommages et intérêts après une agression : de la plainte à l’indemnisation, en passant par l’expertise médicale, le calcul des préjudices et les recours possibles lorsque l’agresseur est insolvable ou non identifié. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches souvent complexes.

Qu’est-ce qu’une agression au sens juridique ?
Une agression correspond à une attaque violente contre une personne. En droit pénal français, on parle plus précisément de violences volontaires. Ces violences sont classées et sanctionnées en fonction de la gravité de leurs conséquences sur la victime, c’est-à-dire la durée de l’incapacité totale de travail (ITT) qu’elles entraînent.
L’agression peut prendre plusieurs formes :
- Agression physique : coups, blessures, brutalités, étranglement, etc.
- Agression morale ou psychologique : menaces, harcèlement, intimidation répétée
- Agression sexuelle : attouchements, viol (qualifié de crime)
- Violences conjugales : violences physiques et/ou psychologiques exercées au sein du couple
Les violences sont réprimées par le Code pénal en fonction du résultat de l’atteinte portée à la victime. Par exemple, une agression entraînant une ITT inférieure ou égale à 8 jours est une contravention de 5e classe. Au-delà de 8 jours d’ITT, il s’agit d’un délit. Les violences ayant entraîné la mort ou une infirmité permanente sont qualifiées de crimes.
Les violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale du travail d’une durée inférieure ou égale à huit jours sont punies de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe.
Il est important de noter que toute victime d’agression, quelle que soit la nature des violences subies, peut prétendre à des dommages et intérêts. Cela vaut aussi pour les victimes de violences conjugales, qui disposent de droits spécifiques en matière d’indemnisation.
Que sont les dommages et intérêts ?
Les dommages et intérêts constituent la compensation financière à laquelle peut prétendre une personne qui a subi un préjudice du fait d’une agression. Le principe fondamental du droit français est celui de la réparation intégrale du préjudice : la victime doit être replacée dans la situation qui aurait été la sienne si l’agression n’avait pas eu lieu.
Les dommages et intérêts pour agression couvrent l’ensemble des préjudices subis, qu’ils soient :
- Patrimoniaux (pertes financières) : frais médicaux, perte de revenus, frais d’aménagement du logement, assistance par une tierce personne
- Extrapatrimoniaux (préjudices personnels) : souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, préjudice moral, déficit fonctionnel temporaire, déficit fonctionnel permanent
L’ensemble des postes de préjudice indemnisables est répertorié dans la nomenclature Dintilhac. Ce référentiel, utilisé par les tribunaux et les assurances, liste plus de 25 postes de préjudice différents. Connaître cette nomenclature permet à la victime de s’assurer qu’aucun poste de préjudice n’est oublié lors du calcul de l’indemnisation. Pour en savoir plus, consulter le guide des fondamentaux du droit du dommage corporel.
Comment obtenir des dommages et intérêts suite à une agression ?
Pour obtenir des dommages et intérêts après une agression, la victime doit suivre un parcours juridique précis qui commence par le dépôt de plainte et se poursuit par la constitution de partie civile.
Étape 1 : Porter plainte
La première démarche indispensable est de porter plainte. La victime peut le faire de deux manières :
- Au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche. L’officier de police judiciaire est tenu de recevoir la plainte (il ne peut pas la refuser).
- Par courrier adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction ou du domicile de l’auteur présumé. Il est possible d’utiliser un modèle de lettre pour déposer plainte auprès du procureur.
Il est essentiel de porter plainte le plus rapidement possible après l’agression. Plus le temps passe, plus il est difficile de rassembler les preuves (témoignages, vidéosurveillance, certificats médicaux). Par ailleurs, des délais de prescription s’appliquent (voir ci-dessous).
Étape 2 : Se constituer partie civile
Le dépôt de plainte seul ne suffit pas pour obtenir des dommages et intérêts. La victime doit impérativement se constituer partie civile pour réclamer une indemnisation devant le tribunal pénal.
Deux cas de figure se présentent :
- Si le procureur engage des poursuites : la victime doit adresser une lettre au juge d’instruction décrivant les faits et exprimant sa volonté de se constituer partie civile. Cette démarche doit être faite avant l’avis de fin d’information.
- Si le procureur classe sans suite : la victime peut malgré tout se constituer partie civile en saisissant directement le juge d’instruction par une plainte avec constitution de partie civile (à condition qu’une plainte simple ait été déposée au préalable et soit restée sans suite pendant 3 mois).
Le procureur de la République territorialement compétent décide s’il est opportun : 1° D’engager des poursuites ; 2° De mettre en oeuvre une procédure alternative aux poursuites ; 3° De classer sans suite la procédure dès lors que les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient.
Étape 3 : Faire constater les préjudices par une expertise médicale
Une fois la procédure pénale engagée, une expertise médicale sera organisée pour évaluer l’ensemble des préjudices corporels et psychologiques de la victime. Cette expertise est un moment clé : c’est sur la base du rapport de l’expert que le juge fixera le montant des dommages et intérêts.
Il est vivement recommandé à la victime de se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de cette expertise, afin que tous les postes de préjudice soient correctement évalués. Pour comprendre en détail le déroulement de cette étape, consulter le guide sur le déroulement de l’expertise médicale.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France, aide gratuitement les victimes d’agression à préparer leur expertise et à comprendre leurs droits.
Délais pour porter plainte après une agression
La loi impose des délais de prescription qui varient selon la nature de l’infraction pénale. Passé ce délai, la victime ne peut plus porter plainte et perd la possibilité d’obtenir des dommages et intérêts par la voie pénale.
- 1 an pour les contraventions (violences ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 8 jours)
- 6 ans pour les délits (violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours, agression sexuelle)
- 20 ans pour les crimes (viol, violences ayant entraîné la mort ou une infirmité permanente)
Indépendamment de la procédure pénale, la victime dispose d’un délai de 10 ans à compter de la date de consolidation de ses blessures pour engager une action en indemnisation devant le tribunal civil (article 2226 du Code civil). Ce délai est distinct du délai de prescription pénale. Pour mieux comprendre ces délais, consulter la page sur les délais d’indemnisation.
Comment sont calculés les dommages et intérêts pour agression ?
Le calcul des dommages et intérêts pour agression repose sur l’évaluation de chaque poste de préjudice subi par la victime. Plus les séquelles sont graves et nombreuses, plus le montant de l’indemnisation sera élevé. C’est le juge qui fixe le montant définitif, en se basant sur le rapport d’expertise médicale.
Les principaux postes de préjudice indemnisés
Voici les postes de préjudice les plus couramment indemnisés en cas d’agression :
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : indemnise la gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins, avant la consolidation. Il est évalué en classes de 1 à 4 selon la gravité.
- Souffrances endurées : évaluées sur une échelle de 1 à 7 par l’expert médical, elles indemnisent les douleurs physiques et psychologiques subies.
- Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) : indemnise les séquelles définitives. Un taux est fixé par l’expert. Pour estimer ce poste, la victime peut utiliser le simulateur de préjudice AIPP.
- Préjudice moral : lié au retentissement psychologique de l’agression (anxiété, troubles du sommeil, syndrome de stress post-traumatique). Consulter le barème du préjudice moral pour des repères chiffrés.
- Préjudice esthétique : cicatrices, déformations visibles.
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisir ou de sport. Il est possible d’en estimer le montant grâce au simulateur de préjudice d’agrément.
- Préjudice sexuel : retentissement sur la vie intime et sexuelle de la victime.
- Perte de gains professionnels : salaires perdus pendant l’arrêt de travail et éventuelle perte d’emploi.
- Frais médicaux et paramédicaux : dépenses de santé restées à charge.
- Tierce personne : aide nécessaire au quotidien pendant la convalescence ou de façon permanente.
Un homme de 35 ans est agressé par un inconnu en sortant du métro. Il souffre d’une fracture du nez, de contusions multiples et développe un syndrome de stress post-traumatique. L’expertise médicale fixe : DFT classe 3 pendant 30 jours, souffrances endurées à 3/7, DFP à 5%, préjudice esthétique à 2/7. Le tribunal lui accorde : 2 100 euros de DFT, 8 000 euros de souffrances endurées, 9 500 euros de DFP, 3 000 euros de préjudice esthétique, 4 000 euros de préjudice moral, soit un total d’environ 26 600 euros de dommages et intérêts.
Les référentiels utilisés par les tribunaux
Les juges s’appuient sur des référentiels d’indemnisation pour fixer les montants. Le plus connu est le référentiel Mornet, qui propose des fourchettes d’indemnisation pour chaque poste de préjudice en fonction de la gravité. Pour obtenir des exemples concrets de montants, consulter la page des exemples d’indemnisation de dommage corporel.
Dommages et intérêts si l’agression n’a laissé aucune séquelle
Même lorsque l’agression n’a laissé aucune séquelle physique permanente, la victime peut tout de même obtenir des dommages et intérêts. Il serait en effet injuste qu’une personne agressée ne reçoive aucune compensation sous prétexte que ses blessures ont complètement guéri.
Dans ce cas, la victime peut demander l’indemnisation de plusieurs postes de préjudice :
- Le pretium doloris (souffrances endurées) : ce poste indemnise la douleur physique et morale ressentie le jour de l’agression et pendant la période de guérison, même si celle-ci a été courte.
- Le déficit fonctionnel temporaire : même pour quelques jours, la gêne dans les actes de la vie courante est indemnisable.
- Le préjudice moral : le choc psychologique, la peur, le sentiment d’insécurité consécutifs à l’agression constituent un préjudice indemnisable à part entière.
La victime ne doit pas renoncer à porter plainte suite à une agression sous prétexte que les blessures semblent bénignes. Certaines séquelles (notamment psychologiques comme le syndrome de stress post-traumatique) peuvent apparaître plusieurs semaines après les faits. De plus, le certificat médical initial est un élément de preuve essentiel pour l’obtention de dommages et intérêts.
Qui indemnise la victime d’agression ?
La question de savoir qui va effectivement payer les dommages et intérêts est cruciale. Deux cas de figure principaux existent.
L’auteur de l’agression
Si l’auteur de l’agression est identifié, poursuivi et condamné, c’est lui qui est tenu de verser les dommages et intérêts à la victime. Le tribunal fixe le montant dans son jugement. L’agresseur peut être contraint de payer directement ou par le biais de saisies sur ses revenus et ses biens.
Toutefois, dans la pratique, de nombreux agresseurs sont insolvables : ils n’ont pas les moyens financiers de verser l’indemnisation prononcée par le tribunal. La victime se retrouve alors avec un jugement en sa faveur mais sans possibilité concrète d’être indemnisée par l’auteur.
Si l’agresseur est insolvable, la victime n’est pas pour autant privée d’indemnisation. Deux dispositifs existent pour garantir le versement des dommages et intérêts : la CIVI et le SARVI (voir ci-dessous). Il est essentiel de connaître ces recours.
Le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI)
Lorsque l’agresseur n’est pas retrouvé ou qu’il est insolvable, la victime peut se tourner vers le Fonds de Garantie des Victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI). Ce fonds, alimenté par une contribution prélevée sur les contrats d’assurance, prend en charge l’indemnisation des victimes d’infractions pénales.
Le FGTI intervient après une décision de la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI).
La CIVI et le SARVI : deux dispositifs d’indemnisation des victimes d’agression
La CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions)
La CIVI est une juridiction rattachée au tribunal judiciaire. Elle permet à la victime d’obtenir une indemnisation intégrale de ses préjudices lorsque les conditions suivantes sont réunies :
- L’infraction a entraîné une ITT supérieure à 1 mois, OU a causé la mort, OU constitue une agression sexuelle
- La demande est faite dans un délai de 3 ans à compter de l’infraction (ou 1 an après la dernière décision pénale)
Pour les agressions ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 1 mois, la CIVI peut accorder une indemnisation partielle, plafonnée, sous conditions de ressources.
La victime dispose de 3 ans à compter de la date de l’agression pour saisir la CIVI, ou de 1 an après la dernière décision de justice rendue dans l’affaire pénale. Il est possible de demander une provision en attendant la décision définitive.
Le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions)
Le SARVI est un service qui aide les victimes à recouvrer les dommages et intérêts accordés par un tribunal pénal lorsque le condamné ne paie pas. Il s’adresse aux victimes qui :
- Disposent d’une décision de justice définitive leur accordant des dommages et intérêts
- N’ont pas été indemnisées par la CIVI
- N’ont pas reçu le paiement de la part du condamné dans les 2 mois suivant la décision
Le SARVI verse une avance sur les dommages et intérêts et se charge ensuite de recouvrer les sommes auprès du condamné.
Le SARVI verse l’intégralité des dommages et intérêts si le montant est inférieur ou égal à 1 000 euros. Au-delà, il verse 30 % du montant avec un minimum de 1 000 euros et un plafond de 3 000 euros en avance, le solde étant versé ultérieurement après recouvrement.
Exemples de montants d’indemnisation pour agression
Les montants de dommages et intérêts pour agression varient considérablement en fonction de la gravité des blessures, des séquelles permanentes et de la situation personnelle de la victime. Voici quelques ordres de grandeur à titre indicatif :
– Agression sans séquelle (ITT de quelques jours) : 500 à 3 000 euros
– Agression avec ITT de 15 à 30 jours : 3 000 à 15 000 euros
– Agression avec séquelles permanentes (DFP 5 à 15 %) : 15 000 à 80 000 euros
– Agression grave avec séquelles lourdes (DFP > 20 %) : 80 000 à plusieurs centaines de milliers d’euros
– Traumatisme crânien suite à agression : les montants peuvent dépasser 500 000 euros selon le score de Glasgow
En cas de traumatisme crânien consécutif à une agression, les montants d’indemnisation peuvent être très élevés. Pour approfondir ce sujet, consulter les pages consacrées au montant d’indemnisation pour traumatisme crânien et au score de Glasgow. Pour estimer ses propres préjudices, la victime peut utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels.
Une femme de 42 ans est victime de violences conjugales répétées pendant 3 ans. Elle porte plainte et se constitue partie civile. L’expertise médicale retient : un syndrome de stress post-traumatique sévère, des souffrances endurées cotées à 4/7, un DFP de 12 %, un préjudice moral important. La CIVI lui accorde : 18 000 euros de souffrances endurées, 28 000 euros de DFP, 8 000 euros de préjudice moral, 5 000 euros de DFT, soit un total de 59 000 euros de dommages et intérêts.
Les erreurs à éviter pour maximiser son indemnisation
De nombreuses victimes d’agression commettent des erreurs qui réduisent significativement le montant de leurs dommages et intérêts. Voici les pièges les plus fréquents :
- Ne pas porter plainte ou tarder à le faire : sans plainte, pas de procédure pénale et donc pas de dommages et intérêts devant le tribunal pénal.
- Ne pas se constituer partie civile : c’est la seule façon de réclamer des dommages et intérêts dans le cadre du procès pénal.
- Ne pas conserver les preuves : certificats médicaux, photos des blessures, témoignages, arrêts de travail, factures.
- Se rendre seul à l’expertise médicale : sans médecin conseil de victimes, certains postes de préjudice risquent d’être sous-évalués.
- Accepter une offre trop basse sans négocier : que l’offre émane de l’assurance ou du FGTI.
- Ignorer le préjudice psychologique : le stress post-traumatique, l’anxiété et la dépression consécutifs à une agression sont des préjudices indemnisables souvent sous-estimés.
Que ce soit devant la CIVI ou dans le cadre d’une négociation, la victime ne doit jamais accepter une proposition d’indemnisation sans l’avoir fait vérifier par un professionnel (avocat spécialisé en dommage corporel ou association d’aide aux victimes). Les premières offres sont souvent très inférieures à ce que la victime est en droit d’obtenir. La page à lire absolument détaille les réflexes essentiels à adopter.
Se faire accompagner pour obtenir des dommages et intérêts
Les démarches pour obtenir des dommages et intérêts suite à une agression sont souvent longues et complexes. La victime n’est pas obligée de les affronter seule. Plusieurs types d’accompagnement existent :
- Un avocat spécialisé en dommage corporel : il défend les intérêts de la victime devant le tribunal et négocie le montant de l’indemnisation. Consulter le réseau de proximité pour trouver un professionnel.
- Une association d’aide aux victimes : victime-info.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) et propose un accompagnement gratuit.
- Un médecin conseil de victimes : indispensable pour l’expertise médicale.
Pour mieux comprendre l’ensemble des étapes de l’indemnisation, la page des dossiers pratiques offre de nombreuses ressources complémentaires, notamment sur l’essentiel de l’indemnisation corporelle.
La permanence de victime-info.fr accompagne gratuitement les victimes d’agression dans toutes leurs démarches : dépôt de plainte, constitution de partie civile, préparation de l’expertise médicale, saisine de la CIVI. Un accompagnement en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF).
FAQ : dommages et intérêts pour agression
Questions fréquentes
Quel est le délai pour obtenir le versement des dommages et intérêts après une agression ?
Le délai de versement dépend de la voie choisie. Si l’agresseur est condamné, il doit payer les dommages et intérêts une fois la décision de justice devenue définitive. En pratique, si l’agresseur ne paie pas dans les 2 mois, la victime peut saisir le SARVI. Si la demande est faite auprès de la CIVI, le délai moyen de traitement est de 6 à 12 mois, mais une provision peut être demandée en urgence. Pour plus de détails, consulter la page sur les délais d’indemnisation.
Peut-on obtenir des dommages et intérêts si l'agresseur n'est pas identifié ?
Oui. Si l’auteur de l’agression n’est pas retrouvé, la victime peut saisir la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) pour obtenir une indemnisation versée par le Fonds de Garantie (FGTI). Les conditions varient selon la gravité de l’atteinte (ITT supérieure à 1 mois pour une indemnisation intégrale).
Quels sont les recours si le procureur classe l'affaire sans suite ?
Le classement sans suite ne prive pas la victime de ses droits. Celle-ci peut déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès du juge d’instruction, à condition que la plainte initiale soit restée sans suite pendant au moins 3 mois. Il est également possible de saisir directement le tribunal correctionnel par voie de citation directe. Dans tous les cas, la victime conserve le droit de saisir la CIVI.
Combien coûte un avocat pour une affaire de dommages et intérêts suite à une agression ?
Les honoraires d’un avocat spécialisé en dommage corporel varient. Certains travaillent au résultat (un pourcentage de l’indemnisation obtenue), d’autres facturent des honoraires fixes. La victime peut également bénéficier de l’aide juridictionnelle si ses revenus sont modestes. Par ailleurs, des associations comme l’AVF proposent un accompagnement gratuit.
Peut-on être indemnisé pour une agression subie au travail ?
Oui. Si une personne est agressée dans le cadre de son travail (par un collègue, un client, un élève…), elle peut obtenir des dommages et intérêts en portant plainte et en se constituant partie civile. L’agression peut également être reconnue comme accident du travail par la Sécurité sociale, ouvrant droit à des prestations complémentaires. La responsabilité de l’employeur peut aussi être engagée s’il n’a pas assuré la sécurité de son salarié.
L'agression morale (sans violence physique) donne-t-elle droit à des dommages et intérêts ?
Oui. Les violences psychologiques, le harcèlement moral et les menaces sont des infractions pénales qui ouvrent droit à des dommages et intérêts. Le préjudice moral (anxiété, troubles du sommeil, dépression) est un poste de préjudice reconnu et indemnisable. Une attestation d’un psychologue ou psychiatre constitue un élément de preuve important.
Conclusion : faire valoir ses droits après une agression
Obtenir des dommages et intérêts pour agression est un droit fondamental pour toute victime. Qu’il s’agisse d’une agression physique, morale ou sexuelle, avec ou sans séquelles permanentes, la loi française prévoit des mécanismes d’indemnisation destinés à réparer l’ensemble des préjudices subis. La clé réside dans la réactivité (porter plainte rapidement), la rigueur (conserver toutes les preuves) et l’accompagnement (ne pas rester seul face aux démarches juridiques et médicales).
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’agression pour obtenir une indemnisation juste. Ne restez pas seul face à ces démarches.
Témoignages
— Mehdi, 29 ans, agressé en sortant d'un barBon alors moi j’ai été agressé ya 1 an et demi par un mec que je connaissais même pas en sortant d’un bar. Mâchoire fracturée, 45 jours d’ITT. Au début je voulais même pas porter plainte parce que je pensais que ça servirait à rien.. heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué comment faire pour la CIVI et tout. Au final j’ai touché 22 000€ de dommages et intérêts alors que l’agresseur il avait pas un rond. Franchement faut pas lacher
— Isabelle, 53 ans, victime de violences conjugalesAprès 8 ans de violences conjugales j’ai enfin trouvé le courage de porter plainte. Mon ex a été condamné mais bien sûr il a jamais payé les dommages et intérêts.. j’ai saisi la CIVI comme c’était expliqué sur le site et j’ai obtenu une provision de 5000€ en attendant la décision finale. Ca fait du bien de se sentir enfin reconnue comme victime. C’est long les démarches mais ça vaut le coup
— Thomas, 38 ans, agressé sur son lieu de travailHonnêtement j’aurais jamais pensé avoir droit à des dommages et intérêts.. j’suis prof et je me suis fait agresser par le père d’un élève devant l’école. 10 jours d’arrêt, des bleus partout et surtout une grosse angoisse d’y retourner. J’ai porté plainte, je me suis constitué partie civile et le tribunal m’a accordé 4500€. C’est pas énorme mais au moins c’est reconnu. Merci au site pour les infos claires



