Le traumatisme crânien est l’une des blessures les plus graves et les plus complexes à indemniser. Selon la sévérité — léger, modéré ou sévère — les montants d’indemnisation varient considérablement, allant de quelques milliers d’euros à plusieurs millions. Pour la victime d’un traumatisme crânien, connaître les montants habituellement accordés par les tribunaux et les assurances constitue un repère indispensable pour ne pas accepter une offre dérisoire.
Ce guide détaille les montants d’indemnisation poste par poste, avec des exemples concrets issus de la jurisprudence. Que la victime ait subi une simple contusion cérébrale ou un traumatisme crânien sévère avec séquelles lourdes, il est essentiel de comprendre comment se calcule l’indemnisation et quels sont les postes de préjudice mobilisables au titre de la nomenclature Dintilhac.
L’indemnisation d’un traumatisme crânien repose sur le principe de la réparation intégrale. La victime a droit à une indemnisation couvrant l’ensemble de ses préjudices : physiques, psychologiques, professionnels et personnels. Les montants dépendent de la gravité des séquelles, de l’âge de la victime et de sa situation personnelle.
Sommaire
- Les facteurs qui déterminent le montant d’indemnisation
- Les postes de préjudice indemnisables
- Montants d’indemnisation selon la gravité du traumatisme
- Exemples concrets issus de la jurisprudence
- Les erreurs qui réduisent le montant d’indemnisation
- Comment maximiser le montant de son indemnisation
- Questions fréquentes
Les facteurs qui déterminent le montant d’indemnisation d’un traumatisme crânien
Le montant de l’indemnisation d’un traumatisme crânien n’est jamais fixe. Il dépend d’une multitude de facteurs propres à chaque victime et à chaque situation. Comprendre ces critères permet d’anticiper l’évaluation et de mieux préparer son dossier d’indemnisation.
La gravité du traumatisme crânien
La classification médicale du traumatisme crânien est le premier critère déterminant. On distingue généralement trois niveaux :
- Traumatisme crânien léger (score de Glasgow 13-15) : il s’agit principalement des commotions cérébrales sans perte de connaissance prolongée. Les séquelles sont souvent temporaires mais peuvent persister (syndrome post-commotionnel).
- Traumatisme crânien modéré (score de Glasgow 9-12) : la victime présente une altération prolongée de la conscience. Les séquelles cognitives et comportementales sont fréquentes.
- Traumatisme crânien sévère (score de Glasgow 3-8) : il comprend les cas de coma, d’oedème cérébral, d’hématome sous-dural ou de lésion axonale diffuse. Les séquelles sont majeures et souvent définitives.
Traumatisme crânien léger : de 5 000 € à 80 000 €
Traumatisme crânien modéré : de 80 000 € à 500 000 €
Traumatisme crânien sévère : de 500 000 € à plusieurs millions d’euros
Ces fourchettes sont indicatives et varient fortement selon les circonstances.
L’âge de la victime au moment de l’accident
L’âge est un facteur déterminant dans le calcul de l’indemnisation. Un traumatisme crânien chez un enfant ou un jeune adulte entraîne mécaniquement des montants plus élevés. La raison est simple : la durée de vie restante avec les séquelles est plus longue, les pertes professionnelles futures plus importantes et l’impact sur le parcours scolaire ou la carrière considérable.
À titre d’exemple, un déficit fonctionnel permanent (DFP) de 40 % chez une victime de 20 ans sera indemnisé bien plus qu’un DFP identique chez une personne de 65 ans, car les rentes et capitaux sont calculés sur la durée de vie restante.
La situation professionnelle et les revenus antérieurs
La perte de revenus est souvent le poste le plus important dans l’indemnisation d’un traumatisme crânien. Un cadre supérieur percevant un salaire élevé avant l’accident obtiendra logiquement une indemnisation de la perte de gains professionnels bien supérieure à celle d’une personne sans emploi. Toutefois, même une personne sans revenus peut prétendre à une indemnisation au titre de l’incidence professionnelle.
Les séquelles spécifiques
Les séquelles cognitives (troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration), les troubles visuels, l’épilepsie post-traumatique, les troubles du comportement ou encore la nécessité d’une mise sous tutelle ou curatelle sont autant de séquelles qui augmentent significativement le montant global de l’indemnisation.
Le traumatisme crânien est souvent qualifié de « handicap invisible ». Les troubles cognitifs, les changements de personnalité, la fatigue chronique et les difficultés relationnelles sont des séquelles réelles qui doivent être évaluées et indemnisées. Il est essentiel que la victime les décrive précisément lors de l’expertise médicale.
Les postes de préjudice indemnisables après un traumatisme crânien
L’indemnisation d’un traumatisme crânien se décompose en plusieurs postes de préjudice, répertoriés dans la nomenclature Dintilhac. Chaque poste correspond à un type de dommage subi par la victime. Plus les séquelles sont importantes, plus le nombre de postes mobilisables est élevé.
Les préjudices patrimoniaux (économiques)
Ce sont les préjudices ayant un impact financier direct sur la victime :
- Dépenses de santé actuelles et futures (DSA/DSF) : frais médicaux, hospitalisations, rééducation, appareillage, adaptation du domicile. La rééducation après un traumatisme crânien peut durer des années.
- Frais divers : frais de déplacement pour les soins, assistance temporaire, aide ménagère pendant la convalescence.
- Perte de gains professionnels actuels (PGPA) : salaires perdus pendant la période d’arrêt de travail et de soins.
- Perte de gains professionnels futurs (PGPF) : revenus perdus définitivement du fait de l’impossibilité de reprendre son activité ou d’un déclassement professionnel.
- Incidence professionnelle : pénibilité accrue au travail, perte de chance de promotion, dévalorisation sur le marché de l’emploi.
- Tierce personne : aide humaine nécessaire au quotidien (aide à la toilette, aux repas, aux déplacements, à la gestion administrative).
Pour un traumatisme crânien sévère, le poste tierce personne peut représenter à lui seul 500 000 € à 3 000 000 € en capitalisation sur toute la vie de la victime. C’est souvent le poste le plus important en montant pour les traumatismes crâniens graves nécessitant une aide permanente.
Les préjudices extra-patrimoniaux (personnels)
Ces préjudices compensent les souffrances et la perte de qualité de vie :
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne entre l’accident et la consolidation. Il est indemnisé selon des classes de 1 à 4.
- Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales subies depuis l’accident. Évaluées sur une échelle de 1 à 7.
- Préjudice esthétique : cicatrices, déformations crâniennes, séquelles visibles.
- Déficit fonctionnel permanent (DFP) : réduction définitive des capacités physiques et mentales, évaluée en pourcentage. Anciennement appelé AIPP.
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer les activités de loisirs et sportives antérieures.
- Préjudice sexuel : troubles de la libido, impossibilité d’avoir des rapports, perte de fertilité.
La nomenclature Dintilhac, élaborée en 2005 par le groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac, sert de référence pour l’évaluation des préjudices corporels. Elle distingue les préjudices patrimoniaux (temporaires et permanents) des préjudices extra-patrimoniaux. Cette nomenclature n’a pas de force obligatoire mais est utilisée systématiquement par les juridictions et les assureurs.
Les préjudices des proches (victimes par ricochet)
Lorsque le traumatisme crânien est grave, les proches de la victime peuvent également être indemnisés au titre du préjudice moral (aussi appelé préjudice d’affection) et des pertes de revenus liées à l’accompagnement de la victime. Le conjoint, les enfants et les parents sont les principaux bénéficiaires de cette indemnisation.
Il est possible d’obtenir une première estimation du montant d’indemnisation grâce au simulateur de victime-info.fr, en renseignant les différents postes de préjudice.
Montants d’indemnisation selon la gravité du traumatisme crânien
Les montants présentés ci-dessous sont des fourchettes indicatives basées sur l’analyse de décisions de justice et de protocoles transactionnels. Chaque cas est unique, mais ces repères permettent d’évaluer si une offre d’assurance est correcte ou insuffisante.
Traumatisme crânien léger (DFP de 1 % à 10 %)
Le traumatisme crânien léger recouvre les commotions cérébrales avec syndrome post-commotionnel persistant : céphalées, vertiges, troubles de la concentration, fatigue. La consolidation intervient généralement dans un délai de 6 mois à 2 ans.
| Poste de préjudice | Montant indicatif |
|---|---|
| Déficit fonctionnel temporaire | 1 500 € à 8 000 € |
| Souffrances endurées (2/7 à 3/7) | 3 000 € à 12 000 € |
| DFP (1 % à 10 %) | 1 500 € à 25 000 € |
| Perte de gains professionnels | Variable selon revenus |
| Préjudice d’agrément | 2 000 € à 8 000 € |
| Total indicatif global | 10 000 € à 80 000 € |
Beaucoup de victimes d’un traumatisme crânien léger voient leurs séquelles minimisées par le médecin expert de l’assurance. Les maux de tête persistants, les troubles de la mémoire et la fatigue chronique sont pourtant de vraies séquelles indemnisables. Il est fortement recommandé de se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise.
Traumatisme crânien modéré (DFP de 10 % à 40 %)
Le traumatisme crânien modéré entraîne des séquelles durables : troubles cognitifs significatifs, difficultés professionnelles, fatigue invalidante, troubles du comportement. La consolidation peut prendre de 2 à 5 ans. Une embarrure crânienne ou une contusion cérébrale peut entrer dans cette catégorie.
| Poste de préjudice | Montant indicatif |
|---|---|
| Déficit fonctionnel temporaire | 8 000 € à 35 000 € |
| Souffrances endurées (4/7 à 5/7) | 12 000 € à 35 000 € |
| DFP (10 % à 40 %) | 25 000 € à 180 000 € |
| Perte de gains professionnels futurs | 50 000 € à 400 000 € |
| Tierce personne | 30 000 € à 300 000 € |
| Incidence professionnelle | 20 000 € à 100 000 € |
| Préjudice d’agrément | 5 000 € à 25 000 € |
| Préjudice sexuel | 5 000 € à 20 000 € |
| Total indicatif global | 100 000 € à 600 000 € |
Un homme de 35 ans, commercial, subit un traumatisme crânien lors d’un accident de moto. Après 3 semaines de coma et 18 mois de rééducation, il conserve un DFP de 25 %, des troubles de la mémoire à court terme et une fatigue permanente. Il ne peut pas reprendre son poste et est reclassé dans un emploi administratif à temps partiel.
Indemnisation obtenue :
– DFP 25 % : 95 000 €
– Souffrances endurées 5/7 : 28 000 €
– DFT total et partiel : 22 000 €
– Perte de gains professionnels futurs : 185 000 €
– Tierce personne temporaire : 45 000 €
– Incidence professionnelle : 60 000 €
– Préjudice d’agrément : 15 000 €
– Préjudice sexuel : 8 000 €
Total : environ 458 000 €
Traumatisme crânien sévère (DFP supérieur à 40 %)
Le traumatisme crânien sévère bouleverse définitivement la vie de la victime et de ses proches. Il peut s’agir d’un état végétatif, d’un état pauci-relationnel, ou de séquelles majeures après éveil de coma : dépendance totale, troubles cognitifs majeurs, épilepsie, troubles du comportement sévères.
| Poste de préjudice | Montant indicatif |
|---|---|
| Déficit fonctionnel temporaire | 30 000 € à 80 000 € |
| Souffrances endurées (6/7 à 7/7) | 35 000 € à 60 000 € |
| DFP (40 % à 95 %) | 180 000 € à 600 000 € |
| Perte de gains professionnels futurs | 300 000 € à 2 000 000 € |
| Tierce personne permanente | 500 000 € à 4 000 000 € |
| Adaptation du logement et véhicule | 50 000 € à 500 000 € |
| Frais futurs de santé | 100 000 € à 500 000 € |
| Préjudice d’agrément | 15 000 € à 50 000 € |
| Préjudice sexuel | 10 000 € à 40 000 € |
| Préjudice esthétique | 10 000 € à 40 000 € |
| Préjudice des proches | 50 000 € à 200 000 € |
| Total indicatif global | 1 000 000 € à 8 000 000 € |
Les tribunaux ont accordé des indemnisations dépassant 5 000 000 € dans des cas de traumatismes crâniens sévères chez des victimes jeunes nécessitant une aide humaine 24h/24. Le poste de tierce personne à lui seul peut représenter 40 à 60 % du montant total de l’indemnisation.
Exemples concrets issus de la jurisprudence
L’analyse de décisions de justice rendues par les cours d’appel et la Cour de cassation permet de comprendre comment les tribunaux évaluent concrètement les préjudices liés à un traumatisme crânien. Voici plusieurs exemples représentatifs, consultables dans les bases de données de jurisprudence en dommage corporel.
Cour d’appel de Paris, 2022
Une femme de 45 ans, enseignante, victime d’un accident de la circulation, subit un traumatisme crânien léger avec syndrome post-commotionnel persistant à 2 ans. DFP retenu : 5 %. Souffrances endurées : 3/7. La victime a repris son poste à temps partiel.
– DFP 5 % : 8 500 €
– Souffrances endurées 3/7 : 8 000 €
– DFT : 4 200 €
– PGPA : 12 000 €
– Préjudice d’agrément : 5 000 €
– Incidence professionnelle : 4 500 €
Total : 42 200 €
Cour d’appel de Lyon, 2021
Un jeune homme de 22 ans, étudiant en ingénierie, victime d’un accident de la route. Traumatisme crânien modéré avec hématome extra-dural opéré. DFP retenu : 22 %. Séquelles cognitives empêchant la poursuite des études d’ingénieur. Réorientation vers un emploi moins qualifié.
– DFP 22 % : 85 000 €
– Souffrances endurées 5/7 : 25 000 €
– DFT : 18 000 €
– PGPF (capitalisation sur carrière entière) : 165 000 €
– Incidence professionnelle : 45 000 €
– Tierce personne temporaire : 22 000 €
– Préjudice d’agrément : 12 000 €
– Préjudice sexuel : 8 000 €
Total : 380 000 €
Tribunal judiciaire de Bordeaux, 2023
Un garçon de 8 ans, renversé par un véhicule, subit un traumatisme crânien sévère avec lésion axonale diffuse. Après un coma de 6 semaines et 2 ans de rééducation intensive, il conserve un DFP de 75 %. Nécessité d’une aide humaine permanente (24h/24). Scolarisation en milieu adapté. Mise sous tutelle à sa majorité.
– DFP 75 % : 420 000 €
– Souffrances endurées 7/7 : 55 000 €
– DFT : 65 000 €
– Tierce personne permanente (capitalisation vie entière) : 2 800 000 €
– Adaptation du logement : 180 000 €
– Frais de véhicule adapté : 120 000 €
– PGPF (évaluation théorique) : 320 000 €
– Préjudice scolaire : 40 000 €
– Préjudice d’agrément : 35 000 €
– Préjudice sexuel : 25 000 €
– Préjudice esthétique : 20 000 €
– Préjudice des parents : 80 000 €
– Préjudice de la fratrie : 20 000 €
Total : environ 4 180 000 €
« L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel, engagée par la victime directe ou indirecte des préjudices qui en résultent, se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. » La victime d’un traumatisme crânien dispose donc de 10 ans à compter de la consolidation pour agir en justice.
Les erreurs qui réduisent le montant d’indemnisation
De nombreuses victimes de traumatisme crânien obtiennent un montant d’indemnisation inférieur à ce qu’elles auraient pu recevoir, en raison d’erreurs commises pendant la procédure. Voici les pièges les plus fréquents.
Accepter la première offre de l’assureur
La première offre d’indemnisation de l’assureur est presque toujours largement inférieure à ce que la victime peut obtenir. Les compagnies d’assurance minimisent systématiquement les postes de préjudice, notamment les séquelles cognitives et comportementales du traumatisme crânien. Il est fréquent que la première offre représente seulement 30 à 50 % du montant réellement dû. Il est possible de demander une provision en attendant de négocier.
Se rendre seul à l’expertise médicale
L’expertise médicale est le moment décisif de la procédure d’indemnisation. Le médecin expert évalue les séquelles et fixe les taux qui serviront de base au calcul de l’indemnisation. Se présenter seul face au médecin expert de l’assurance, c’est accepter un déséquilibre majeur. La victime devrait toujours être assistée d’un médecin conseil indépendant qui défendra ses intérêts.
Ne pas documenter les séquelles au quotidien
Les séquelles du traumatisme crânien sont souvent fluctuantes et difficiles à objectiver lors d’une expertise de quelques heures. La victime ou ses proches ont tout intérêt à tenir un journal détaillé des difficultés quotidiennes : troubles de la mémoire, épisodes de fatigue, difficultés relationnelles, impossibilité de réaliser certaines tâches. Ce document sera un élément de preuve précieux.
Sous-estimer le poste de tierce personne
Le besoin en aide humaine est souvent mal évalué, surtout pour les traumatismes crâniens modérés. Même si la victime peut se déplacer et s’alimenter seule, elle peut avoir besoin d’aide pour la gestion administrative, la planification des activités, la surveillance en raison de troubles du comportement. Toute aide, même informelle (par un proche), doit être quantifiée et indemnisée.
Lorsqu’un proche (conjoint, parent, enfant) assiste quotidiennement la victime d’un traumatisme crânien, cette aide constitue un préjudice indemnisable au titre de la tierce personne. Il n’est pas nécessaire de passer par un professionnel : l’aide familiale est valorisée selon un tarif horaire défini par les tribunaux, généralement entre 16 € et 25 € de l’heure.
Ne pas faire évaluer l’incidence professionnelle
Même lorsque la victime reprend un emploi, le traumatisme crânien peut entraîner une pénibilité accrue, une fatigabilité au travail, une perte de chance de promotion ou une dévalorisation sur le marché de l’emploi. L’incidence professionnelle est un poste de préjudice autonome qui ne doit pas être confondu avec la perte de gains professionnels.
Comment maximiser le montant de son indemnisation
Obtenir une indemnisation juste après un traumatisme crânien nécessite une démarche rigoureuse et un accompagnement adapté. Voici les étapes clés pour maximiser le montant.
Se faire accompagner par un avocat spécialisé
Le recours à un avocat spécialisé en dommage corporel est vivement recommandé dans tous les cas de traumatisme crânien, même léger. L’avocat maîtrise les postes de préjudice, les barèmes de référence et les techniques de négociation avec les assureurs. Son intervention permet en moyenne de multiplier par 2 à 3 le montant de l’indemnisation par rapport à une négociation directe avec l’assurance.
Être assisté par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise
Le médecin conseil de victimes (ou médecin de recours) est un médecin indépendant qui assiste la victime lors de l’expertise médicale. Il connaît les spécificités du traumatisme crânien, sait repérer les séquelles invisibles et veille à ce que l’expert ne minimise pas les taux. Son rôle est complémentaire de celui de l’avocat.
Constituer un dossier médical complet
Le dossier d’indemnisation doit rassembler l’ensemble des documents médicaux : comptes-rendus d’hospitalisation, IRM, scanners, bilans neuropsychologiques, certificats médicaux, ordonnances, comptes-rendus de rééducation. Plus le dossier est documenté, plus l’évaluation des séquelles sera juste.
1. Ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans l’avoir fait analyser
2. Se faire assister par un avocat spécialisé et un médecin conseil de victimes
3. Documenter minutieusement les séquelles au quotidien (journal, photos, témoignages)
4. Évaluer tous les postes de préjudice, y compris les moins évidents (incidence professionnelle, tierce personne, préjudice sexuel)
Utiliser les barèmes et référentiels à son avantage
Plusieurs outils permettent de chiffrer l’indemnisation. Le référentiel Mornet fixe des fourchettes d’indemnisation par poste de préjudice. Les barèmes AIPP/DFP permettent de calculer la valeur du point d’incapacité selon l’âge de la victime. Le calcul du pretium doloris suit des grilles indicatives. Il est essentiel de connaître ces référentiels pour contrôler les propositions de l’assureur.
Les simulateurs de victime-info.fr permettent d’obtenir une première estimation poste par poste : DFP/AIPP, préjudice d’agrément, préjudice sexuel.
Ne pas négliger le stress post-traumatique
Le stress post-traumatique est fréquemment associé au traumatisme crânien, en particulier lorsque l’accident a été violent (accident de moto, agression). Ce trouble psychologique constitue un préjudice indemnisable à part entière, qui peut majorer le DFP et les souffrances endurées.
Envisager l’action en justice si la négociation échoue
Lorsque l’assureur refuse de proposer une indemnisation correcte, la victime peut saisir le tribunal judiciaire. Les juges sont souvent plus généreux que les assureurs dans l’évaluation des préjudices liés au traumatisme crânien. Le processus d’indemnisation corporelle peut être long, mais la procédure judiciaire permet généralement d’obtenir des montants plus élevés.
Questions fréquentes sur le montant d’indemnisation d’un traumatisme crânien
Questions fréquentes
Quel est le montant moyen d'indemnisation pour un traumatisme crânien ?
Il n’existe pas de montant moyen unique car tout dépend de la gravité. Pour un traumatisme crânien léger, l’indemnisation se situe généralement entre 10 000 € et 80 000 €. Pour un traumatisme modéré, entre 100 000 € et 600 000 €. Pour un traumatisme sévère, de 500 000 € à plusieurs millions d’euros. Le montant exact dépend des séquelles, de l’âge de la victime, de sa situation professionnelle et du besoin en aide humaine.
Combien de temps faut-il pour obtenir l'indemnisation d'un traumatisme crânien ?
La durée dépend de la gravité et de la procédure choisie. Il faut d’abord attendre la consolidation médicale, c’est-à-dire le moment où les séquelles sont stabilisées. Pour un traumatisme crânien, la consolidation peut prendre de 1 à 5 ans. Ensuite, la négociation avec l’assureur dure en moyenne 6 à 18 mois. En cas de procédure judiciaire, il faut compter 2 à 4 ans supplémentaires. Il est possible de demander des provisions pendant la procédure.
L'indemnisation d'un traumatisme crânien est-elle imposable ?
En principe, les indemnités versées en réparation d’un dommage corporel sont exonérées d’impôt sur le revenu. Cela concerne l’ensemble des postes de préjudice (DFP, souffrances endurées, tierce personne, etc.). Toutefois, certaines règles spécifiques peuvent s’appliquer. Il est conseillé de consulter la page dédiée à la fiscalité de l’indemnisation.
La victime peut-elle refuser l'offre de l'assureur ?
Oui, la victime n’est jamais obligée d’accepter l’offre proposée par l’assureur. Si l’offre est jugée insuffisante, il est possible de la refuser et de négocier un montant plus élevé, ou de saisir le tribunal judiciaire. L’assistance d’un avocat spécialisé en dommage corporel est particulièrement recommandée pour analyser l’offre et déterminer si elle est conforme aux montants habituellement accordés.
Qui paie l'indemnisation d'un traumatisme crânien ?
L’indemnisation est prise en charge par l’assureur du responsable de l’accident. En cas d’accident de la circulation, c’est l’assurance auto du responsable. Si le responsable n’est pas identifié ou n’est pas assuré, le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires) peut intervenir. En cas d’agression, c’est la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) qui assure l’indemnisation via le FGTI.
Un traumatisme crânien léger peut-il être correctement indemnisé ?
Absolument. Même un traumatisme crânien léger avec des séquelles modestes (syndrome post-commotionnel, céphalées, fatigue) ouvre droit à une indemnisation. Le risque est que ces séquelles soient minimisées par l’assureur. Il est crucial de faire réaliser un bilan neuropsychologique complet et de se faire assister lors de l’expertise médicale pour que toutes les séquelles soient correctement évaluées et indemnisées.
Conclusion : obtenir une indemnisation juste après un traumatisme crânien
L’indemnisation d’un traumatisme crânien est une procédure complexe qui mobilise de nombreux postes de préjudice. Les montants en jeu sont considérables, en particulier pour les traumatismes modérés et sévères. La victime ne doit jamais sous-estimer ses droits ni accepter une offre sans l’avoir fait analyser par un professionnel.
Le site victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne les victimes de traumatisme crânien dans la compréhension de leurs droits et les oriente vers les professionnels adaptés. Chaque situation est unique et mérite une évaluation personnalisée.
La permanence de victime-info.fr est à disposition pour aider les victimes de traumatisme crânien à comprendre leurs droits, évaluer leur dossier et les orienter vers un avocat spécialisé ou un médecin conseil de victimes.
Témoignages
— Laurent, 47 ans, traumatisme crânien suite à un accident de voitureBon franchement si j’avais pas cherché sur internet j’aurais accepté les 35000€ que l’assurance me proposait pour mon traumatisme crânien.. au final avec un avocat spécialisé on a obtenu 185000€. J’avais un DFP de 18%, des troubles de mémoire et j’ai du changer de poste au boulot. L’assurance avait même pas pris en compte l’incidence professionnelle ni le prejudice d’agrément. Merci victime-info.fr pour les explications claires qui m’ont ouvert les yeux
— Christine, 52 ans, mère d'un fils de 19 ans victime d'un TC sévèreMon fils a eu un accident de moto il y a 3 ans, traumatisme crânien sévère avec coma de 4 semaines. Aujourd’hui il a des grosses séquelles cognitives et comportementales, il peut plus travailler ni vivre seul. C’est un parcours du combattant l’indemnisation mais on se bat. On a un bon avocat et un médecin conseil de victimes qui nous accompagne à chaque expertise. Pour l’instant on a eu 150000€ de provision, la procédure est toujours en cours mais on espère obtenir ce qu’il mérite. Je conseille vraiment à toutes les familles dans cette situation de pas rester seules
— Mehdi, 29 ans, commotion cérébrale après une agressionMoi j’ai été agressé ya 1 an et demi, j’ai eu une commotion cérébrale. Au debut je pensais que c’était rien mais 6 mois après j’avais toujours des maux de tête et des problèmes de concentration. L’assurance voulait me donner genre 4000€.. j’ai trouvé ce site qui expliquait bien les postes de préjudice, j’ai fait faire un bilan neuropsy et au final j’ai eu un DFP de 4% et on m’a indemnisé 28000€ au total avec la CIVI. C’est pas énorme mais c’est 7 fois plus que l’offre initiale hein



