Lorsqu’un membre de la famille est victime d’un accident grave ou décède des suites de ses blessures, les conséquences financières ne se limitent pas à la victime directe. Les proches subissent eux aussi des pertes de revenus parfois considérables : un conjoint qui doit réduire ou arrêter son activité professionnelle pour s’occuper de la victime, une famille privée du salaire du défunt… Le droit français, à travers la nomenclature Dintilhac, reconnaît ces préjudices économiques et prévoit leur indemnisation.
Ce guide détaille les mécanismes d’évaluation, les méthodes de calcul et les recours possibles pour les proches d’une victime confrontés à une perte de revenus. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les familles dans ces démarches souvent complexes.

Qu’est-ce que l’indemnisation des pertes de revenus d’un proche ?
L’indemnisation des pertes de revenus d’un proche repose sur un constat simple : la famille constitue une réalité économique. Lorsqu’un de ses membres est victime d’un dommage ayant affecté sa capacité de gain — que ce soit à la suite d’un accident de la route, d’une agression ou d’un accident domestique — les autres membres du foyer en subissent directement les conséquences financières.
Une indemnisation est une compensation financière versée en contrepartie des préjudices causés. Les blessures physiques (fracture, coup du lapin, traumatisme crânien…), psychiques (stress post-traumatique) ou encore le décès de la victime constituent le dommage. Ce dommage ouvre droit à réparation pour la victime directe, mais aussi pour ses proches.
Concrètement, les pertes de revenus d’un proche peuvent affecter :
- Les créances alimentaires dues aux enfants ou au conjoint
- La contribution aux charges du mariage ou du ménage
- Le niveau de vie global du foyer
- La capacité d’épargne et les projets familiaux
Dès lors, on distingue deux types de pertes de revenus pour les proches :
- Les pertes de revenus directes : un membre de la famille limite ou arrête totalement son activité professionnelle afin de se consacrer à la victime (accompagnement médical, soins quotidiens, présence au chevet).
- Les pertes de revenus indirectes : la perte ou la diminution des gains professionnels de la victime directe se répercute sur le budget des autres membres de la famille.
Ainsi, la nomenclature Dintilhac prévoit l’indemnisation de la perte de revenus directe des proches en cas de décès de la victime, mais également lorsque celle-ci survit avec un handicap lourd.
Les proches peuvent être indemnisés pour leurs pertes de revenus dans deux cas de figure :
– La victime est décédée : les proches perdent la contribution financière qu’elle apportait au foyer.
– La victime est gravement blessée : un proche doit réduire ou cesser son activité pour s’en occuper au quotidien.
Dans les deux cas, la perte économique doit être justifiée et chiffrée.
Évaluation de la perte de revenus directe des proches
La nomenclature Dintilhac définit la perte de revenus directe comme « la perte ou la diminution de revenus subie par les proches de la victime directe, lorsqu’ils sont obligés d’assurer jusqu’au décès de celle-ci une présence constante et d’abandonner temporairement leur emploi ».
En pratique, ce poste de préjudice concerne le plus souvent le conjoint, le parent ou l’enfant adulte qui cesse de travailler (ou passe à temps partiel) pour accompagner la victime au quotidien. Cette situation se rencontre fréquemment lorsque la victime souffre d’un handicap sévère nécessitant une présence permanente, par exemple après un traumatisme crânien grave.
Méthode de calcul de la perte directe
Pour évaluer les pertes de revenus directes d’un proche, la même méthode que celle utilisée pour la perte des gains professionnels de la victime est appliquée. Le principe est de comparer les revenus du proche avant et après l’accident.
Voici les éléments pris en compte :
- Les revenus avant impôt du proche avant le dommage (salaires bruts, primes, avantages en nature)
- Les revenus effectivement perçus après la réduction ou l’arrêt d’activité
- La durée de la période d’absence professionnelle (temporaire ou définitive)
- Les éventuelles indemnités de remplacement perçues (allocations chômage, congé de proche aidant, etc.)
Marc, ingénieur, gagnait 3 500 € nets par mois. Son épouse Sophie a été gravement blessée dans un accident de la route et souffre d’un traumatisme crânien sévère. Marc a dû passer à mi-temps pour s’occuper d’elle au quotidien. Son salaire est tombé à 1 750 € nets.
La perte de revenus directe de Marc est évaluée à 1 750 € par mois, soit 21 000 € par an. Sur une période de 3 ans (jusqu’à la consolidation de l’état de santé de Sophie), cela représente une perte totale de 63 000 €.
Le calcul de la perte de revenus directe se fait sur la base des revenus avant impôt (bruts fiscaux). Il ne faut pas confondre avec les revenus nets perçus sur le compte bancaire. Toute sous-évaluation de la base de calcul diminue mécaniquement l’indemnisation.
Évaluation des pertes de revenus indirectes des proches
Les pertes de revenus indirectes correspondent à un poste de préjudice distinct : il s’agit de compenser la diminution de revenus de chaque membre du foyer en raison du décès ou de l’incapacité d’une personne qui apportait ses gains à la cellule familiale.
Ce poste ne peut logiquement être invoqué que lorsque la victime directe apportait des revenus supérieurs à ce qu’elle consommait elle-même. En d’autres termes, la victime devait être un contributeur net au budget familial.
Ce type de perte touche principalement les proches d’une victime décédée, mais peut également concerner les familles de victimes souffrant d’un handicap lourd empêchant toute reprise d’activité professionnelle.
Méthode de calcul de la perte indirecte en trois étapes
La nomenclature Dintilhac prévoit une méthode précise pour évaluer cette perte : « il y a lieu de prendre comme élément de référence le préjudice annuel du foyer avant le dommage ayant entraîné son handicap, en tenant compte de la part d’autoconsommation de la victime directe et du salaire qui continue à être perçu par son conjoint (ou concubin) ».
Première étape : reconstituer les revenus antérieurs du foyer. Il faut additionner l’ensemble des revenus du foyer avant l’accident (salaires, revenus fonciers, pensions, allocations). Cette reconstitution se fait généralement sur la base des avis d’imposition des deux ou trois années précédant l’accident.
Deuxième étape : déduire la part d’autoconsommation de la victime. La part d’autoconsommation représente ce que la victime dépensait pour elle-même (nourriture, loisirs personnels, transport, etc.). Le référentiel de Mornet fixe des barèmes indicatifs :
- Entre 30 et 40 % pour un couple sans enfant
- Entre 15 et 20 % pour un couple avec plusieurs enfants
Plus le foyer compte de personnes à charge, plus la part d’autoconsommation de la victime est faible, et donc plus la perte pour les proches est élevée.
Troisième étape : retirer les revenus conservés par les autres membres du foyer. Si le conjoint survivant continue de travailler, ses revenus sont déduits pour obtenir la perte nette du foyer.
À partir de cette troisième étape, est déterminée la perte mensuelle ou annuelle du foyer, selon ce qui est le plus approprié à la situation.
Pierre, 45 ans, est décédé dans un accident de la route. Il gagnait 2 800 € nets par mois. Son épouse Anne gagne 1 200 € nets. Ils ont deux enfants.
Étape 1 : Revenus du foyer avant l’accident = 2 800 + 1 200 = 4 000 € / mois.
Étape 2 : Part d’autoconsommation de Pierre (couple avec enfants) estimée à 20 %, soit 800 €. Revenus du foyer hors autoconsommation = 4 000 – 800 = 3 200 € / mois.
Étape 3 : Revenus conservés par Anne = 1 200 €. Perte nette mensuelle du foyer = 3 200 – 1 200 = 2 000 € / mois, soit 24 000 € par an.
Cette perte est capitalisée sur la durée (jusqu’à la retraite théorique de Pierre, majorité des enfants, etc.) pour déterminer le montant total de l’indemnisation.
La nomenclature Dintilhac distingue clairement les pertes de revenus des proches (poste extrapatrimonial des victimes indirectes) de la perte de gains professionnels de la victime directe. Ce poste vise à réparer le préjudice économique subi par les membres du foyer du fait de la disparition ou de l’incapacité de la victime.
– Couple sans enfant : 30 à 40 % des revenus du foyer
– Couple avec 1 enfant : environ 20 à 25 %
– Couple avec plusieurs enfants : 15 à 20 %
Plus le nombre de personnes à charge est élevé, plus la perte économique pour les proches est importante.
Les pièces justificatives indispensables pour obtenir l’indemnisation
Pour faire valoir le droit à indemnisation des pertes de revenus d’un proche, il est essentiel de constituer un dossier solide. Les pièces justificatives permettent de chiffrer précisément le préjudice économique subi par la famille.
Voici les documents généralement demandés :
- Avis d’imposition du foyer des 3 dernières années précédant l’accident
- Bulletins de salaire de la victime et du proche concerné (12 derniers mois minimum)
- Contrat de travail de la victime et du proche
- Attestation de l’employeur du proche confirmant le passage à temps partiel ou l’arrêt d’activité
- Certificat médical attestant de la nécessité d’une présence permanente auprès de la victime
- Acte de décès ou certificats médicaux détaillant le handicap de la victime
- Livret de famille ou tout document prouvant le lien de parenté
Il est fortement recommandé de conserver dès le premier jour tous les documents attestant de la situation financière du foyer avant et après l’accident : fiches de paie, relevés bancaires, attestations Pôle emploi, etc. L’absence de justificatifs peut conduire à une sous-évaluation significative de l’indemnisation. La page constituer son dossier d’indemnisation détaille la marche à suivre.
Le rôle de l’expertise médicale dans l’évaluation des pertes de revenus
L’expertise médicale joue un rôle central dans la reconnaissance des pertes de revenus d’un proche. C’est en effet le médecin expert qui évalue le niveau de handicap de la victime directe et détermine si celui-ci nécessite la présence permanente ou régulière d’un tiers.
Lors de l’expertise, le médecin se prononce notamment sur :
- Le besoin d’assistance par une tierce personne
- Le taux de déficit fonctionnel permanent (AIPP/DFP)
- La date de consolidation de l’état de santé
- Les perspectives d’amélioration ou d’aggravation
Le rapport d’expertise est déterminant : si le médecin ne mentionne pas la nécessité d’une présence du proche, il sera beaucoup plus difficile de faire reconnaître la perte de revenus directe.
L’expertise médicale organisée par l’assureur est menée par un médecin mandaté par cette même compagnie d’assurance. Il est vivement conseillé de se faire accompagner par un médecin conseil de victimes indépendant. Ce professionnel veille à ce que tous les besoins de la victime soient correctement évalués, y compris la nécessité d’une présence permanente du proche.
Possibilité de contestation du montant d’indemnisation des pertes de revenus d’un proche
Le montant proposé par l’assureur au titre des pertes de revenus d’un proche n’est jamais définitif tant que la famille ne l’a pas accepté. Il est tout à fait possible — et souvent recommandé — de contester l’indemnisation proposée. Plusieurs situations peuvent se présenter.
Hypothèse 1 : le proche trouve la proposition d’indemnisation trop faible
Si le proche de la victime n’est pas d’accord avec l’indemnisation évaluée par l’assureur car il la juge insuffisante au regard des préjudices réellement subis, il peut négocier point par point chaque poste de préjudice avec l’assureur.
La négociation porte généralement sur :
- La base de calcul des revenus (l’assureur peut avoir retenu des montants trop faibles)
- La durée de la perte (l’assureur peut limiter la période indemnisée)
- La part d’autoconsommation (l’assureur peut appliquer un taux trop élevé)
- La prise en compte de revenus complémentaires que percevait la victime
Les compagnies d’assurance ont pour objectif de minimiser le montant des indemnisations. La première offre est presque toujours inférieure à ce que la famille est en droit d’obtenir. Il est indispensable de la faire analyser par un professionnel avant de la signer. Pour obtenir des modèles de lettres utiles dans cette démarche, la page dédiée de victime-info.fr propose des documents types.
Hypothèse 2 : aucun accord n’est trouvé avec l’assureur
Lorsque la négociation amiable échoue, il devient indispensable de s’adjoindre les services d’un avocat spécialisé en accident de la route ou d’un avocat spécialisé en dommages corporels pour poursuivre l’assurance en justice.
La procédure judiciaire permet d’obtenir une indemnisation qui corresponde réellement aux préjudices subis. Le proche devra saisir :
- Soit le tribunal du domicile du défendeur (l’assureur)
- Soit le tribunal du lieu où s’est produit le dommage
Le juge s’appuie sur le référentiel Mornet et sur les exemples d’indemnisation en dommage corporel pour fixer les montants.
En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation de l’état de santé de la victime (article 2226 du Code civil). En cas de décès, le point de départ est la date du décès. Passé ce délai, toute action en justice est irrecevable.
« L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel, engagée par la victime directe ou indirecte des préjudices qui en résultent, se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. »
Les garanties d’assurance mobilisables par les proches
Selon le type d’accident et les contrats souscrits, plusieurs garanties d’assurance peuvent être mobilisées pour indemniser les pertes de revenus des proches.
L’assurance du responsable (tiers)
Lorsqu’un tiers est responsable de l’accident (accident de la route, agression, faute médicale…), c’est l’assurance de responsabilité civile du responsable qui prend en charge l’indemnisation de la victime et de ses proches. La loi Badinter de 1985 facilite notamment l’indemnisation en cas d’accident de la circulation.
La garantie accident de la vie (GAV)
Lorsqu’aucun tiers n’est identifié comme responsable (accident domestique, accident de sport sans adversaire…), la garantie accident de la vie peut intervenir. Ce contrat, souscrit à titre individuel ou familial, couvre les accidents de la vie courante et prévoit une indemnisation pour les proches en cas de décès ou d’invalidité lourde de l’assuré.
La garantie accidents corporels du conducteur
En cas d’accident de la route où le conducteur est seul responsable (accident sans tiers), la garantie accidents corporels conducteurs prend le relais. Ce contrat, inclus dans certaines assurances auto, prévoit une indemnisation pour les ayants droit en cas de décès du conducteur.
Il est essentiel de passer en revue l’ensemble des contrats d’assurance du foyer :
– Assurance auto (garantie conducteur)
– Garantie accident de la vie (GAV)
– Assurance emprunteur
– Mutuelle santé (certaines prévoient un capital décès)
– Contrats de prévoyance employeur
Chaque contrat peut contenir des clauses d’indemnisation pour les proches. Un avocat spécialisé peut aider à identifier toutes les sources d’indemnisation mobilisables.
Questions de victimes : cas concrets
Perte de revenus d’un proche après le décès du conjoint : quelles démarches ?
« Mon conjoint est décédé en avril dernier. Nous sommes titulaires d’une garantie accident de la vie. J’ai 2 enfants dont 1 de 15 ans. Le tribunal a rejeté l’offre d’indemnisation. Préjudice d’affection : pour mes beaux-parents, 16 000 € chacun. Mais l’assurance n’a rien prévu pour la perte de revenus d’un proche. En effet, je n’ai qu’un travail à temps partiel et mon mari ramenait la plus grande source de revenus… Quelles sont les démarches pour obtenir une indemnisation à ce titre ? »
Dans cette situation, la perte de revenus indirecte est clairement caractérisée. Le conjoint survivant doit :
- Rassembler les justificatifs de revenus du foyer (avis d’imposition, bulletins de salaire du défunt et du conjoint)
- Calculer la perte économique nette en appliquant la méthode en trois étapes décrite plus haut
- Adresser une demande de provision à l’assureur pour couvrir les besoins immédiats
- Faire appel à un avocat spécialisé si l’assureur refuse de prendre en charge ce poste de préjudice
Indemnisation des ayants droit : le nombre de bénéficiaires impacte-t-il le montant ?
« Ma mère est décédée suite à un accident de la route. Notre assurance auto comprend une garantie accidents corporels conducteurs. Nous avons reçu une fiche d’information à remplir avec le nom de tous les ayants droit. Comme ma mère avait 7 frères et sœurs, si on inscrit leurs noms dans le tableau, est-ce que le montant que mon père, mon frère et ma sœur allons recevoir sera diminué ? »
Cette question est très fréquente. En principe, l’inscription de l’ensemble des ayants droit ne diminue pas automatiquement le montant alloué aux proches les plus directs (conjoint et enfants). Le barème d’indemnisation du préjudice moral prévoit des montants différenciés selon le degré de proximité :
- Le conjoint et les enfants perçoivent les montants les plus élevés
- Les frères et sœurs du défunt perçoivent des montants inférieurs
- Les beaux-parents, oncles et tantes reçoivent des sommes encore plus réduites
Cependant, certains contrats d’assurance prévoient un plafond global d’indemnisation. Dans ce cas, un nombre élevé d’ayants droit peut effectivement réduire la part de chacun. Il est indispensable de lire attentivement les conditions du contrat et de se faire conseiller.
Le simulateur d’indemnisation des proches en cas de décès permet d’obtenir une première estimation des montants auxquels la famille peut prétendre.
FAQ : indemnisation des pertes de revenus d’un proche
Questions fréquentes
Qui peut prétendre à l'indemnisation des pertes de revenus d'un proche ?
Le conjoint (marié, pacsé ou concubin), les enfants, les parents et tout membre du foyer qui subissait économiquement les conséquences de l’accident ou du décès de la victime. Il n’est pas nécessaire d’être marié : un concubin peut faire valoir ses droits à condition de prouver la vie commune et la participation financière de la victime au budget du foyer.
Comment prouver la perte de revenus d'un proche ?
La preuve repose principalement sur les documents fiscaux et comptables : avis d’imposition du foyer, bulletins de salaire de la victime et du proche, attestation de l’employeur confirmant un passage à temps partiel ou un arrêt d’activité, relevés bancaires montrant la baisse de revenus du foyer. Un certificat médical attestant de la nécessité d’une présence permanente auprès de la victime renforce considérablement le dossier.
Quel est le délai pour demander l'indemnisation des pertes de revenus d'un proche ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation de l’état de santé de la victime directe (article 2226 du Code civil). En cas de décès, le point de départ est la date du décès. Passé ce délai, il n’est plus possible d’engager une action en justice.
La perte de revenus d'un proche est-elle imposable ?
Non. Les indemnités versées au titre de la réparation d’un préjudice corporel (y compris les pertes de revenus des proches) sont en principe exonérées d’impôt sur le revenu. Elles ne constituent pas un revenu imposable mais une compensation pour un dommage subi. Il convient toutefois de vérifier les règles fiscales en vigueur au moment du versement.
Peut-on cumuler l'indemnisation des pertes de revenus avec d'autres postes de préjudice ?
Oui. L’indemnisation des pertes de revenus d’un proche est un poste de préjudice autonome qui se cumule avec les autres postes prévus par la nomenclature Dintilhac : préjudice d’affection, frais d’obsèques, assistance par tierce personne, etc. Le principe de la réparation intégrale impose que chaque préjudice soit indemnisé séparément.
Faut-il obligatoirement un avocat pour obtenir cette indemnisation ?
Le recours à un avocat n’est pas légalement obligatoire en phase amiable. Cependant, compte tenu de la complexité des calculs et des enjeux financiers souvent importants, il est vivement recommandé de se faire assister par un avocat spécialisé en dommages corporels. En cas de procédure judiciaire, la représentation par avocat est obligatoire devant le tribunal judiciaire.
Conclusion : faire valoir les droits des proches de victimes
L’indemnisation des pertes de revenus d’un proche constitue un droit fondamental reconnu par le droit du dommage corporel. Que la victime soit décédée ou gravement handicapée, les membres de sa famille ne doivent pas supporter seuls les conséquences économiques de l’accident.
La clé d’une indemnisation juste réside dans la qualité du dossier, la précision des justificatifs et l’accompagnement par des professionnels compétents. Chaque situation est unique et mérite une analyse personnalisée.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les proches de victimes dans leurs démarches d’indemnisation. Un conseiller spécialisé peut analyser la situation et orienter vers les bons interlocuteurs.
Témoignages
— Sandrine, 52 ans, veuve après un accident de la routeBon mon mari est décédé il y a 18 mois dans un accident de voiture. L’assurance m’a proposé une indemnisation pour le préjudice d’affection mais rien pour la perte de revenus.. alors que mon mari gagnait 2800€ par mois et moi j’suis qu’à temps partiel. Grace à victime-info.fr j’ai compris que j’avais droit à bien plus, j’ai pris un avocat et au final on a obtenu presque 180 000€ en comptant tous les postes. Franchement faut pas lacher
— Thomas, 38 ans, frère d'une victime de traumatisme crânienMon frère a eu un grave accident de moto ya 3 ans, traumatisme cranien sévère. Ma mère a du arrêter de bosser pour s’occuper de lui au quotidien, l’assurance voulait rien savoir pour sa perte de salaire à elle. On a galéré mais avec l’aide d’un médecin conseil et d’un avocat spécialisé on a réussi à faire reconnaitre la perte de revenus directe de ma mère. Ça a pris du temps mais ça valait le coup, elle a été indemnisée pour 3 ans de salaire perdu
— Isabelle, 44 ans, conjoint blessé dans un accident domestiqueHonnêtement je savais même pas que ça existait l’indemnisation des pertes de revenus d’un proche.. Mon conjoint est tombé d’une échelle, handicap lourd, j’ai du passer à mi-temps pour m’en occuper. C’est en cherchant sur internet que j’ai trouvé ce site et que j’ai compris qu’on pouvait être indemnisé pour ma perte de salaire aussi. On a fait jouer la GAV et on a obtenu une indemnisation correcte. Merci pour les explications claires



