Après un traumatisme crânien, les séquelles ne sont pas toujours visibles. Troubles de la mémoire, difficultés de concentration, fatigue cognitive, changements de comportement : ces déficits neuropsychologiques passent souvent inaperçus lors des examens médicaux classiques. C’est précisément pour objectiver ces séquelles invisibles que le bilan neuropsychologique constitue un élément déterminant dans la procédure d’indemnisation du préjudice corporel.
Sans ce bilan, de nombreuses victimes voient leurs séquelles sous-évaluées, voire ignorées. Le médecin expert mandaté par l’assurance peut alors minimiser les postes de préjudice liés aux troubles cognitifs. Or, ces troubles ont un impact considérable sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale de la personne accidentée. Comprendre le rôle du bilan neuropsychologique et savoir quand le réaliser permet à la victime d’un traumatisme crânien d’obtenir une indemnisation corporelle à la hauteur de ses préjudices réels.
Le bilan neuropsychologique est l’un des examens les plus importants pour prouver les séquelles cognitives d’un traumatisme crânien. Il influence directement le montant de l’indemnisation. Cette page explique son rôle, son déroulement, les postes de préjudice concernés et les erreurs à éviter.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un bilan neuropsychologique ?
- Traumatisme crânien et séquelles cognitives : le handicap invisible
- Le rôle du bilan neuropsychologique dans la procédure d’indemnisation
- Comment se déroule un bilan neuropsychologique ?
- Quels postes de préjudice sont concernés ?
- Bilan neuropsychologique et expertise médicale
- Les erreurs à éviter
- Se faire accompagner : professionnels et démarches
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un bilan neuropsychologique ?
Le bilan neuropsychologique est un examen approfondi réalisé par un neuropsychologue. Il a pour objectif d’évaluer l’ensemble des fonctions cognitives d’une personne : mémoire, attention, concentration, fonctions exécutives (planification, organisation, prise de décision), langage, vitesse de traitement de l’information, raisonnement logique, etc.
Contrairement à un simple examen neurologique ou à une IRM cérébrale, le bilan neuropsychologique ne se limite pas à observer la structure du cerveau. Il mesure le fonctionnement réel des capacités intellectuelles et cognitives. C’est un outil indispensable pour mettre en évidence des déficits qui n’apparaissent pas sur les imageries médicales classiques.
Le bilan neuropsychologique ne remplace pas l’IRM ou le scanner. Il les complète. Une IRM peut montrer une lésion cérébrale, mais seul le bilan neuropsychologique permet de mesurer l’impact fonctionnel de cette lésion sur la vie quotidienne de la victime. De nombreux traumatismes crâniens dits « légers » ne laissent aucune trace visible à l’imagerie, alors que le bilan neuropsychologique révèle des troubles significatifs.
L’examen comprend une série de tests standardisés, validés scientifiquement, qui permettent de comparer les performances de la victime à celles d’une population de référence du même âge et du même niveau d’éducation. Le neuropsychologue rédige ensuite un rapport détaillé mentionnant les fonctions préservées et les fonctions altérées, avec des données chiffrées.
Comprendre les séquelles d’un traumatisme crânien
Traumatisme crânien et séquelles cognitives : le handicap invisible
Le traumatisme crânien est l’une des causes les plus fréquentes de handicap acquis en France. Les accidents de la route en sont la première cause, suivis des chutes, des accidents de sport et des agressions. Les séquelles varient considérablement selon la gravité du traumatisme, mais même un traumatisme crânien dit « léger » (commotion cérébrale) peut entraîner des troubles durables.
On estime à environ 150 000 le nombre de traumatismes crâniens par an en France. Parmi eux, 80 % sont considérés comme légers. Pourtant, 15 à 25 % des victimes de traumatismes crâniens légers conservent des séquelles cognitives persistantes au-delà de 3 mois, un phénomène appelé syndrome post-commotionnel.
Les séquelles cognitives les plus fréquentes après un traumatisme crânien comprennent :
- Troubles de la mémoire : difficulté à retenir de nouvelles informations, oublis fréquents, perte de la mémoire de travail
- Troubles de l’attention et de la concentration : incapacité à maintenir son attention sur une tâche, distractibilité accrue
- Ralentissement cognitif : vitesse de traitement de l’information diminuée, temps de réaction allongé
- Troubles des fonctions exécutives : difficulté à planifier, organiser, prendre des décisions, s’adapter aux situations nouvelles
- Fatigue cognitive (fatigabilité) : épuisement rapide lors d’efforts intellectuels, même minimes
- Troubles du comportement : irritabilité, impulsivité, désinhibition, apathie
- Troubles émotionnels : labilité émotionnelle, anxiété, dépression réactionnelle
Ces séquelles sont souvent qualifiées de « handicap invisible ». La victime paraît physiquement indemne, mais sa vie quotidienne est bouleversée. Les proches constatent des changements de personnalité, une incapacité à reprendre le travail dans les mêmes conditions, un isolement social progressif. Ces difficultés sont d’autant plus difficiles à faire reconnaître qu’elles ne se voient pas.
Marc, 38 ans, est victime d’un accident de moto. Il subit un traumatisme crânien avec perte de connaissance brève. Le scanner réalisé aux urgences est normal. Après quelques semaines d’arrêt, Marc reprend le travail. Mais il ne parvient plus à gérer plusieurs tâches simultanément, oublie des rendez-vous, se fatigue très vite. Son employeur s’en plaint. Marc pense qu’il est simplement « stressé ». Ce n’est qu’après un bilan neuropsychologique, réalisé 6 mois après l’accident, que des troubles de la mémoire de travail, de l’attention soutenue et un ralentissement cognitif significatif sont objectivés. Ces résultats permettront de justifier une indemnisation pour déficit fonctionnel permanent, incidence professionnelle et préjudice d’agrément.
Le rôle du bilan neuropsychologique dans la procédure d’indemnisation
Dans le cadre de l’indemnisation du dommage corporel, le principe de la réparation intégrale impose que tous les préjudices subis par la victime soient indemnisés. Or, les séquelles cognitives d’un traumatisme crânien ne peuvent être indemnisées que si elles sont médicalement prouvées.
Le bilan neuropsychologique remplit trois fonctions essentielles dans la procédure d’indemnisation :
1. Objectiver les séquelles cognitives
Le bilan fournit des données chiffrées, comparables à des normes de référence. Il transforme des plaintes subjectives (« j’ai du mal à me concentrer ») en données objectives (« le score de mémoire de travail est inférieur au 5e percentile »). Cette objectivation est indispensable face à un médecin expert ou un assureur.
2. Évaluer l’impact fonctionnel des troubles
Au-delà du diagnostic, le bilan neuropsychologique permet de mesurer le retentissement des troubles sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale de la victime. Le neuropsychologue peut ainsi établir un lien direct entre les déficits constatés et les difficultés rapportées par la victime dans sa vie de tous les jours.
3. Influencer l’évaluation des postes de préjudice
Les résultats du bilan neuropsychologique sont pris en compte lors de l’expertise médicale. Ils peuvent directement influencer le taux de déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP), l’évaluation des souffrances endurées et la reconnaissance d’une incidence professionnelle.
Les médecins experts mandatés par les compagnies d’assurance ne réalisent pas systématiquement de bilan neuropsychologique. Si la victime ne prend pas l’initiative de faire réaliser cet examen avant l’expertise, le médecin expert pourra conclure à l’absence de séquelles cognitives, même si celles-ci sont bien réelles. Il est fortement recommandé de faire réaliser un bilan neuropsychologique avant l’expertise médicale.
Comment se déroule un bilan neuropsychologique ?
Le bilan neuropsychologique se déroule généralement en cabinet, auprès d’un neuropsychologue diplômé. Il dure en moyenne 2 à 4 heures, parfois réparties sur deux séances pour éviter la fatigue de la victime.
Les étapes du bilan
1. L’entretien clinique initial
Le neuropsychologue commence par un entretien approfondi avec la victime, et parfois avec un proche. Il recueille les antécédents médicaux, les circonstances de l’accident, les plaintes cognitives au quotidien, l’impact sur la vie professionnelle et personnelle.
2. La passation des tests
La victime passe une batterie de tests standardisés qui évaluent chaque domaine cognitif : mémoire épisodique, mémoire de travail, attention sélective et soutenue, vitesse de traitement, fonctions exécutives, langage, capacités visuo-spatiales. Des questionnaires d’auto-évaluation de la fatigue, de l’humeur et du comportement sont souvent ajoutés.
3. L’analyse et la rédaction du rapport
Le neuropsychologue analyse les résultats, les compare aux normes pour l’âge et le niveau d’éducation de la victime, et rédige un rapport détaillé. Ce rapport mentionne les scores obtenus, les fonctions préservées, les fonctions altérées, et formule des conclusions sur le retentissement fonctionnel des troubles. Le rapport peut aussi inclure des préconisations de rééducation.
Le bilan neuropsychologique en libéral coûte en moyenne entre 250 et 500 euros. Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale, mais ces frais entrent dans le poste de préjudice « frais divers » de la nomenclature Dintilhac et peuvent donc être réclamés à l’assureur responsable dans le cadre de l’indemnisation. Il est essentiel de conserver la facture.
Quand réaliser le bilan neuropsychologique ?
L’idéal est de réaliser un premier bilan neuropsychologique relativement tôt après l’accident (à partir de 3 à 6 mois), puis un second bilan à l’approche de la consolidation médicale. Ce double bilan permet de :
- Mesurer l’évolution des troubles dans le temps
- Distinguer les séquelles permanentes des troubles transitoires
- Démontrer la persistance des déficits malgré la rééducation
- Disposer de preuves solides pour l’expertise médicale
L’assureur est tenu de présenter une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident, et dans un délai de 5 mois à compter de la date à laquelle il est informé de la consolidation. La victime a donc tout intérêt à disposer de son bilan neuropsychologique avant cette étape pour que les séquelles cognitives soient pleinement prises en compte dans l’offre.
Quels postes de préjudice sont concernés par le bilan neuropsychologique ?
Le bilan neuropsychologique peut avoir un impact direct sur de nombreux postes de préjudice définis par la nomenclature Dintilhac. Voici les principaux postes concernés :
Déficit fonctionnel permanent (DFP)
C’est le poste le plus directement influencé. Le DFP (anciennement AIPP) évalue le taux d’incapacité permanente de la victime après consolidation. Les séquelles cognitives objectivées par le bilan neuropsychologique viennent s’ajouter aux séquelles physiques pour déterminer ce taux. Un trouble attentionnel modéré peut, par exemple, ajouter 5 à 10 points au taux de DFP. Le simulateur de préjudice AIPP/DFP permet d’estimer les montants correspondants.
Déficit fonctionnel temporaire (DFT)
Le déficit fonctionnel temporaire couvre la période entre l’accident et la consolidation. Les troubles cognitifs durant cette période (impossibilité de travailler, de conduire, de gérer ses affaires) justifient un DFT de classe 2 à 4 selon la gravité.
Souffrances endurées (pretium doloris)
Les souffrances endurées incluent les souffrances psychiques. L’angoisse de ne plus être capable de réfléchir comme avant, la frustration face aux oublis, la conscience de ses propres limites constituent des souffrances qui doivent être prises en compte.
Incidence professionnelle
Le bilan neuropsychologique est souvent la pièce maîtresse pour prouver l’incidence professionnelle. Si la victime ne peut plus exercer son métier ou doit accepter un poste moins qualifié à cause de ses troubles cognitifs, le bilan fournit la preuve médicale de cette impossibilité.
Préjudice d’agrément
Lorsque les troubles cognitifs empêchent la victime de pratiquer ses loisirs habituels (lecture, jeux de stratégie, activités associatives nécessitant de la concentration), le préjudice d’agrément peut être invoqué.
Assistance par tierce personne
Dans les cas les plus graves (traumatismes crâniens sévères), le bilan neuropsychologique peut justifier le besoin d’une aide humaine permanente ou partielle pour les actes de la vie quotidienne : gestion administrative, déplacements, courses, etc.
La prise en compte des séquelles cognitives après un bilan neuropsychologique peut faire varier l’indemnisation de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour un traumatisme crânien modéré avec séquelles cognitives persistantes, la différence entre une indemnisation sans bilan neuropsychologique et avec bilan peut dépasser 50 000 à 100 000 euros, voire davantage en cas de perte d’emploi ou de reconversion professionnelle.
Bilan neuropsychologique et expertise médicale : comment bien se préparer
L’expertise médicale est le moment clé de la procédure d’indemnisation. C’est lors de cette expertise que le médecin expert évalue les séquelles de la victime et fixe les taux de préjudice. Le bilan neuropsychologique joue un rôle central à cette étape.
Présenter le bilan au médecin expert
Le rapport du neuropsychologue doit être transmis au médecin expert avant l’expertise, idéalement dans le cadre du dossier médical constitué par la victime ou son conseil. Le médecin expert en prend connaissance et peut s’appuyer sur les résultats pour étayer ses conclusions.
Le rôle du médecin conseil de la victime
Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin conseil de victime lors de l’expertise. Ce professionnel connaît l’importance du bilan neuropsychologique et saura mettre en avant les résultats pertinents face au médecin expert de l’assurance. Il veillera à ce que chaque trouble objectivé soit correctement pris en compte dans l’évaluation des postes de préjudice.
Le médecin expert mandaté par la compagnie d’assurance a pour mission de limiter le coût de l’indemnisation. Il peut être tenté de minimiser les résultats du bilan neuropsychologique, voire de les contester. C’est pourquoi la présence d’un médecin conseil de victime est indispensable pour défendre les intérêts de la personne accidentée. En cas de désaccord sur les conclusions de l’expertise, il est possible de demander une contre-expertise médicale.
Constituer un dossier solide
Le bilan neuropsychologique ne doit pas être la seule pièce du dossier. Pour constituer un dossier d’indemnisation solide, la victime doit rassembler :
- Le compte-rendu d’hospitalisation et les imageries cérébrales
- Le ou les bilans neuropsychologiques (initial et de suivi)
- Les comptes-rendus de rééducation (orthophonie, ergothérapie, neuropsychologie)
- Les attestations de proches décrivant les changements observés depuis l’accident
- Les éléments professionnels (arrêts de travail, avis du médecin du travail, licenciement pour inaptitude, etc.)
- Les certificats médicaux détaillés
Pour obtenir une première estimation de l’indemnisation à laquelle la victime d’un traumatisme crânien peut prétendre, le simulateur en ligne de victime-info.fr permet un calcul indicatif basé sur les différents postes de préjudice.
Les erreurs à éviter pour la victime d’un traumatisme crânien
De nombreuses victimes de traumatismes crâniens commettent des erreurs qui réduisent significativement leur indemnisation. Voici les pièges les plus courants :
Ne pas réaliser de bilan neuropsychologique
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Sans bilan, les séquelles cognitives ne sont pas objectivées et ne seront pas indemnisées. Le médecin expert notera simplement « pas de trouble cognitif objectivé » dans son rapport.
Réaliser le bilan trop tardivement
Si le bilan est réalisé après la consolidation et après l’expertise médicale, il sera difficile de revenir en arrière. L’idéal est de réaliser un premier bilan dans les mois suivant l’accident, puis un bilan de suivi.
Accepter l’offre de l’assureur sans contester
Les compagnies d’assurance proposent souvent une première offre d’indemnisation très en dessous de ce que la victime peut réellement obtenir. Il ne faut jamais accepter une offre sans avoir fait réaliser un bilan neuropsychologique complet et sans avoir consulté un professionnel spécialisé. La possibilité de négocier avec l’assurance existe toujours, et un modèle de lettre pour contester une offre d’indemnisation est disponible sur victime-info.fr.
Les premières offres des assureurs sont systématiquement sous-évaluées, en particulier pour les traumatismes crâniens dont les séquelles cognitives sont difficiles à quantifier. La victime a tout intérêt à se faire accompagner et à disposer d’un bilan neuropsychologique solide avant d’accepter toute proposition.
Négliger les témoignages des proches
Les attestations de l’entourage (conjoint, parents, enfants, amis, collègues) décrivant les changements observés depuis l’accident sont des preuves essentielles. Elles viennent corroborer les résultats du bilan neuropsychologique et rendent les séquelles plus concrètes aux yeux du médecin expert et du juge.
Ne pas se faire accompagner par un médecin conseil de victime
Se rendre seul à l’expertise médicale, c’est se présenter sans défense face au médecin expert de l’assurance. Le médecin conseil de victime est le seul professionnel habilité à discuter les conclusions médicales et à défendre les intérêts de la victime sur le plan médical.
Se faire accompagner : professionnels et démarches
L’indemnisation d’un traumatisme crânien est l’une des procédures les plus complexes en matière de droit du dommage corporel. La technicité des enjeux médicaux et juridiques rend l’accompagnement par des professionnels spécialisés quasiment indispensable.
Le neuropsychologue
C’est le spécialiste qui réalise le bilan. Il est recommandé de choisir un neuropsychologue expérimenté en traumatismes crâniens et en expertise médico-légale, qui connaît les attentes des médecins experts et sait rédiger un rapport exploitable en procédure d’indemnisation.
Le médecin conseil de victime
Médecin indépendant spécialisé dans la défense des victimes, il accompagne la personne accidentée lors de l’expertise médicale et veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués. C’est un allié incontournable.
L’avocat spécialisé en dommages corporels
Un avocat spécialisé en dommages corporels maîtrise la nomenclature Dintilhac, connaît les barèmes de référence et sait négocier efficacement avec les assureurs. Si la négociation amiable échoue, il peut engager une procédure judiciaire.
Les associations d’aide aux victimes
Des associations spécialisées accompagnent gratuitement les victimes dans leurs démarches. Victime-info.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), qui propose une permanence d’information et d’orientation gratuite.
En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil). Il est toutefois vivement conseillé de ne pas attendre pour entamer les démarches et réaliser le bilan neuropsychologique. Plus le temps passe, plus il sera difficile d’établir un lien de causalité entre l’accident et les troubles cognitifs.
L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai s’applique tant pour les actions contre l’assureur que pour les actions devant les juridictions civiles ou pénales.
Les spécificités du bilan neuropsychologique selon le type d’accident
Le contexte de l’accident influence la procédure d’indemnisation et le rôle du bilan neuropsychologique :
Accident de la circulation
Pour les accidents de moto, de scooter ou de vélo, la loi Badinter de 1985 protège les victimes. L’assureur du responsable doit indemniser. Le bilan neuropsychologique est alors un élément clé pour justifier le montant demandé. Les délais d’indemnisation après un accident de la route peuvent être longs, ce qui laisse le temps de réaliser un bilan complet.
Accident de la vie ou accident de sport
Lorsqu’un traumatisme crânien survient lors d’un accident de sport ou d’un accident domestique, l’indemnisation peut être obtenue via une garantie des accidents de la vie (GAV), une assurance individuelle accident, ou en mettant en cause le tiers responsable. Le bilan neuropsychologique est tout aussi indispensable dans ces situations.
Agression
En cas de traumatisme crânien consécutif à une agression, l’indemnisation passe souvent par la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI). Le bilan neuropsychologique renforce considérablement le dossier déposé devant cette juridiction. La victime peut se constituer partie civile pour obtenir réparation.
Françoise, 62 ans, glisse sur un sol mouillé dans un supermarché et se cogne la tête. Hospitalisée brièvement, elle sort avec un diagnostic de traumatisme crânien léger. Les mois suivants, elle présente des troubles de mémoire importants et ne parvient plus à gérer ses comptes. Un bilan neuropsychologique réalisé 4 mois après l’accident révèle des déficits significatifs de la mémoire épisodique et des fonctions exécutives. Grâce à ce bilan, son avocat obtient une indemnisation pour accident dans un magasin incluant un taux de DFP de 12 %, le remboursement des frais de rééducation, et une aide par tierce personne.
Le bilan neuropsychologique chez l’enfant et l’adolescent
Le traumatisme crânien chez l’enfant présente des particularités importantes. Le cerveau étant encore en développement, certaines séquelles cognitives peuvent ne se manifester que plusieurs années après l’accident, au fur et à mesure que les exigences scolaires augmentent.
Le bilan neuropsychologique pédiatrique utilise des tests adaptés à l’âge de l’enfant. Il est recommandé de réaliser des bilans réguliers (tous les 1 à 2 ans) jusqu’à la fin de la scolarité pour suivre l’évolution des capacités cognitives. L’indemnisation des mineurs obéit à des règles spécifiques de protection qui renforcent l’importance de documenter minutieusement les séquelles.
- Le bilan neuropsychologique est l’outil principal pour objectiver les séquelles cognitives d’un traumatisme crânien
- Il doit être réalisé avant l’expertise médicale, idéalement à partir de 3 à 6 mois post-accident
- Un bilan de suivi près de la consolidation renforce le dossier
- Il influence directement le taux de DFP, les souffrances endurées, l’incidence professionnelle et le préjudice d’agrément
- Son coût (250 à 500 euros) est récupérable au titre des frais divers
- La victime doit être assistée d’un médecin conseil de victime lors de l’expertise médicale
- Ne jamais accepter une offre d’indemnisation sans avoir fait réaliser un bilan neuropsychologique complet
Questions fréquentes sur le bilan neuropsychologique et l’indemnisation
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un bilan neuropsychologique et à quoi sert-il après un traumatisme crânien ?
Le bilan neuropsychologique est un examen réalisé par un neuropsychologue qui évalue les fonctions cognitives : mémoire, attention, concentration, fonctions exécutives, vitesse de traitement. Après un traumatisme crânien, il permet d’objectiver des séquelles qui ne se voient ni sur un scanner ni sur une IRM. C’est un élément essentiel pour obtenir une juste indemnisation des préjudices liés aux troubles cognitifs.
Combien coûte un bilan neuropsychologique et est-il remboursé ?
Un bilan neuropsychologique coûte en moyenne entre 250 et 500 euros en cabinet libéral. Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Cependant, ce coût peut être réclamé à l’assureur responsable au titre du poste « frais divers » de la nomenclature Dintilhac. Il est possible de réaliser le bilan en milieu hospitalier (CHU, centre de rééducation), parfois à moindre coût, mais les délais d’attente sont souvent plus longs.
Quand faut-il réaliser le bilan neuropsychologique par rapport à l'expertise médicale ?
Le bilan neuropsychologique doit impérativement être réalisé avant l’expertise médicale. L’idéal est de faire un premier bilan entre 3 et 6 mois après l’accident, puis un bilan de suivi à l’approche de la consolidation. Cela permet de documenter l’évolution des troubles et de présenter des preuves solides au médecin expert.
Le bilan neuropsychologique est-il obligatoire pour être indemnisé d'un traumatisme crânien ?
Il n’est pas juridiquement obligatoire, mais en pratique il est quasi indispensable. Sans bilan, les séquelles cognitives ne sont pas objectivées et le médecin expert ne pourra pas les retenir dans son rapport. Cela peut entraîner une sous-évaluation majeure du taux de déficit fonctionnel permanent et des autres postes de préjudice liés aux troubles cognitifs.
Peut-on contester les conclusions du médecin expert si les séquelles cognitives ne sont pas prises en compte ?
Oui. Si le médecin expert n’a pas tenu compte du bilan neuropsychologique ou a sous-évalué les séquelles cognitives, la victime peut demander une contre-expertise médicale ou contester les conclusions de l’expertise. L’assistance d’un médecin conseil de victime et d’un avocat spécialisé en dommages corporels est alors fortement recommandée.
Le bilan neuropsychologique est-il utile en cas de traumatisme crânien léger ?
Absolument. Les traumatismes crâniens légers (commotions cérébrales) peuvent entraîner des troubles cognitifs persistants chez 15 à 25 % des victimes. Le bilan neuropsychologique est souvent le seul examen capable de révéler ces troubles, car l’imagerie cérébrale est fréquemment normale dans ces cas. C’est même dans les traumatismes crâniens légers que le bilan est le plus déterminant pour l’indemnisation.
Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), propose une permanence gratuite d’information et d’orientation. Que la victime souhaite savoir si un bilan neuropsychologique est pertinent dans sa situation, trouver un neuropsychologue spécialisé ou être orientée vers un avocat en dommages corporels, l’équipe de victime-info.fr est là pour aider.
Témoignages
— Stéphane, 45 ans, accident de voiture avec traumatisme crânienBon moi je voulais juste partager mon expérience. Accident de voiture ya 3 ans, TC léger soit disant. Le scanner était normal donc l’assurance voulait quasiment rien me donner. Sauf que j’avais des gros problèmes de mémoire et de concentration, j’arrivais plus à faire mon boulot correctement. C’est en cherchant des infos sur victime-info.fr que j’ai compris qu’il fallait faire un bilan neuropsychologique. Résultat : troubles avérés de la mémoire de travail et de l’attention. Mon taux de DFP est passé de 3% à 12% grâce à ça. L’indemnisation a été multipliée par 4 par rapport à la première offre de l’assurance. Faites le bilan les gens c’est vraiment important
— Valérie, 52 ans, mère d'un ado victime de TC au rugbyFranchement quand mon fils de 16 ans a eu son traumatisme crânien au rugby on savait pas du tout quoi faire. Les urgences nous ont dit « c’est une commotion ça va passer » sauf que 6 mois après il avait toujours des problèmes à l’école. Ses notes avaient chuté alors qu’il était bon élève. Le neuropsychologue a fait un bilan complet et a trouvé des vrais troubles cognitifs. Sans ça on aurait jamais su que c’était lié à l’accident et on aurait rien touché comme indemnisation. Au final on a obtenu 22000€ entre le DFP et l’incidence scolaire. Renseignez vous bien avant de laisser tomber
— David, 33 ans, agressé en sortie de barHonnêtement je savais même pas que ça existait un bilan neuropsychologique.. Moi j’ai été agressé ya 1 an et demi, j’ai pris un coup sur la tête, hospi 2 jours. Après j’avais l’impression d’être au ralenti tout le temps, j’oubliais des trucs en permanence. Mon avocat m’a envoyé faire un bilan neuro et là on a vu que j’avais un ralentissement cognitif et des troubles attentionnels. Le dossier CIVI a été beaucoup plus solide avec le rapport du neuropsychologue. Merci à ce site qui m’a bien expliqué les démarches étape par étape



