Négocier son indemnisation corporelle avec une compagnie d’assurance constitue une étape décisive dans le parcours de toute victime d’un accident de la circulation, d’un accident de la vie ou d’une agression. L’assureur dispose de moyens considérables, de médecins-conseils expérimentés et d’une parfaite connaissance des mécanismes de négociation. Face à cette réalité, la victime n’est pourtant pas démunie. Connaître ses droits, préparer minutieusement son dossier, comprendre les étapes de l’indemnisation et s’entourer des bons professionnels peut faire une différence de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le montant final obtenu. Ce guide détaille l’ensemble des stratégies, précautions et erreurs à éviter pour négocier efficacement avec l’assurance et obtenir la réparation intégrale des préjudices subis.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), répond gratuitement aux questions sur les offres d’indemnisation.
Pourquoi est-il essentiel de négocier son indemnisation avec l’assurance ?
Contrairement à une idée très répandue, la première offre d’indemnisation formulée par un assureur n’est presque jamais le montant juste auquel la victime peut prétendre. Les compagnies d’assurance sont des entreprises commerciales. Leur objectif premier est de maîtriser leurs coûts et de limiter les montants versés aux victimes. La première proposition est donc systématiquement inférieure à ce que la victime peut légitimement obtenir.
Les victimes accompagnées par un avocat spécialisé en dommage corporel obtiennent en moyenne 2 à 5 fois plus que celles qui négocient seules avec l’assureur. Ce constat est documenté par de nombreuses associations de victimes et professionnels du droit.
Plusieurs mécanismes expliquent cette sous-évaluation systématique :
- L’assureur n’évalue pas tous les postes de préjudice auxquels la victime a droit selon la nomenclature Dintilhac
- Les barèmes utilisés en interne par les compagnies sont souvent très inférieurs aux barèmes judiciaires (comme le référentiel Mornet)
- Certains préjudices sont minimisés, sous-cotés ou simplement ignorés dans l’offre initiale
- La victime, souvent fragilisée physiquement et psychologiquement, peut être tentée d’accepter rapidement pour « tourner la page »
- L’assureur joue parfois sur l’urgence financière de la victime pour obtenir une acceptation rapide
Accepter la première offre de l’assureur sans négociation revient presque toujours à renoncer à une partie significative de l’indemnisation. La victime a le droit de refuser, de demander des explications et de formuler une contre-proposition. Ce droit est fondamental et ne comporte aucun risque.
La négociation n’est pas un acte d’hostilité envers l’assureur. Il s’agit simplement d’exercer le droit à la réparation intégrale du préjudice, principe fondamental du droit français.
« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Ce principe impose la réparation intégrale : la victime doit être indemnisée de l’ensemble de ses préjudices, ni plus ni moins.
Comprendre l’offre de l’assureur : décryptage poste par poste
Avant de négocier, il est indispensable de comprendre précisément l’offre reçue. L’assureur doit détailler son offre poste par poste, conformément à la nomenclature Dintilhac. Toute offre globale, non détaillée, doit éveiller la méfiance.
Les postes de préjudice qui doivent figurer dans l’offre
Selon la nomenclature Dintilhac, référence incontournable en matière d’indemnisation du dommage corporel, l’offre doit couvrir l’ensemble des préjudices subis. Les principaux postes se répartissent en deux catégories :
Préjudices patrimoniaux (pertes financières) :
- Dépenses de santé actuelles et futures (DSA/DSF) : frais médicaux, rééducation, appareillage
- Frais divers : déplacements, aide ménagère temporaire, assistance tierce personne
- Pertes de gains professionnels actuels et futurs (PGPA/PGPF) : salaires perdus pendant l’arrêt et perte de capacité de gains future
- Incidence professionnelle : déclassement, pénibilité accrue, perte de chance professionnelle
- Frais de véhicule adapté et frais d’aménagement du logement
- Préjudice scolaire, universitaire ou de formation
Préjudices extra-patrimoniaux (souffrances et atteintes personnelles) :
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne avant la consolidation
- Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : séquelles définitives, évaluées en pourcentage d’incapacité
- Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et psychiques
- Préjudice esthétique temporaire et permanent : cicatrices, déformations
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer des activités de loisirs
- Préjudice sexuel : atteinte à la vie sexuelle
| Catégorie | Postes de préjudice |
|---|---|
| Préjudices patrimoniaux temporaires | Dépenses de santé, frais divers, pertes de gains professionnels actuels |
| Préjudices patrimoniaux permanents | Dépenses de santé futures, frais de logement/véhicule adapté, assistance par tierce personne, pertes de gains professionnels futurs, incidence professionnelle |
| Préjudices extrapatrimoniaux temporaires | Déficit fonctionnel temporaire (DFT), souffrances endurées, préjudice esthétique temporaire |
| Préjudices extrapatrimoniaux permanents | Déficit fonctionnel permanent (DFP), préjudice d’agrément, préjudice esthétique permanent, préjudice sexuel, préjudice d’établissement |
Si un poste de préjudice ne figure pas dans l’offre de l’assureur, cela ne signifie pas que la victime n’y a pas droit. Les assureurs « oublient » fréquemment certains postes comme le préjudice d’agrément, le préjudice sexuel, l’incidence professionnelle ou le préjudice psychologique. Il est indispensable de vérifier systématiquement que tous les préjudices sont pris en compte.
Comment lire et analyser une offre d’indemnisation
La victime doit examiner l’offre ligne par ligne, en comparant chaque montant proposé avec les barèmes indicatifs des tribunaux. Il convient de se poser trois questions pour chaque poste :
- Ce poste correspond-il bien à ce qui a été retenu lors de l’expertise médicale ?
- Le montant proposé est-il cohérent avec les barèmes de calcul du préjudice corporel ?
- L’assureur a-t-il correctement déduit les créances des organismes sociaux (le recours subrogatoire) sans empiéter sur les postes personnels ?
Marc, 45 ans, a été victime d’un accident de la route en tant que piéton. L’expertise médicale retient un DFP de 12 %, des souffrances endurées à 4/7, un préjudice esthétique à 2/7 et un préjudice d’agrément (impossibilité de reprendre le jogging). L’assureur propose 35 000 € au total. Après analyse par un avocat spécialisé, il apparaît que le préjudice d’agrément n’est pas indemnisé, que les souffrances endurées sont sous-évaluées de 40 % par rapport au référentiel Mornet, et que l’incidence professionnelle (Marc a dû changer de poste) est totalement absente de l’offre. L’indemnisation finale obtenue après négociation : 78 000 €, soit plus du double de l’offre initiale.
Préparer sa négociation : les étapes clés
Une négociation efficace se prépare en amont. La victime ne doit jamais entamer de discussions avec l’assureur sans avoir constitué un dossier complet et réalisé sa propre évaluation chiffrée de ses préjudices.
1. Rassembler toutes les pièces du dossier d’indemnisation
Un dossier d’indemnisation solide et complet constitue le meilleur atout dans la négociation. Voici les documents indispensables :
- Le rapport d’expertise médicale (amiable ou judiciaire)
- L’ensemble des certificats médicaux, comptes rendus d’hospitalisation et comptes rendus opératoires
- Le certificat médical de consolidation
- Les justificatifs de dépenses de santé (factures, décomptes de la sécurité sociale et de la mutuelle)
- Les preuves de perte de revenus (bulletins de salaire avant et après l’accident, avis d’imposition, attestation de l’employeur)
- Les devis et factures de frais liés au handicap (aménagement du domicile, véhicule adapté)
- Les attestations de proches décrivant l’impact de l’accident sur la vie quotidienne
- Un journal de bord retraçant l’évolution de l’état de santé et les limitations au quotidien
- Les éventuelles photographies des blessures (cicatrices, appareillages)
Tenir un journal de bord détaillé dès les premiers jours suivant l’accident constitue un atout majeur lors de la négociation. Ce document permet de prouver concrètement les souffrances endurées, les gênes dans la vie quotidienne, les activités abandonnées et l’évolution de la situation. Les juges et les assureurs y accordent une réelle importance.
2. Évaluer chaque poste de préjudice de manière indépendante
Avant de recevoir l’offre de l’assureur, il est essentiel de disposer de sa propre évaluation chiffrée de chaque poste de préjudice. Pour cela, la victime peut se référer aux barèmes indicatifs des tribunaux : le référentiel Mornet, les barèmes des cours d’appel, et les statistiques de jurisprudence. Ces barèmes sont généralement plus favorables que les barèmes internes des assureurs.
Le site victime-info.fr met à disposition plusieurs simulateurs d’indemnisation permettant d’obtenir une première estimation :
- Simulateur global d’indemnisation des préjudices corporels
- Simulateur du préjudice AIPP (déficit fonctionnel permanent)
- Simulateur du préjudice sexuel
Disposer de sa propre évaluation chiffrée avant de recevoir l’offre de l’assureur permet de savoir immédiatement si la proposition est correcte ou largement insuffisante. Un avocat spécialisé en dommage corporel connaît les barèmes judiciaires et peut chiffrer précisément chaque poste de préjudice.
3. Identifier les points de contestation de l’expertise médicale
Le rapport d’expertise médicale constitue la base de toute l’indemnisation. Si la victime estime que l’expertise n’a pas correctement évalué certains préjudices — ce qui arrive fréquemment lorsque la victime se présente seule face au médecin de l’assureur — plusieurs options existent :
- Demander une contre-expertise amiable avec un autre médecin expert
- Solliciter une expertise judiciaire auprès du tribunal si l’expertise amiable paraît défavorable
- Faire établir un avis médical contradictoire par un médecin-conseil de victimes pour contester certaines conclusions
- Demander une contestation formelle de l’expertise médicale
Se présenter à une expertise médicale sans être assisté par un médecin-conseil de recours revient à laisser le médecin de l’assureur évaluer seul les préjudices. Le médecin-conseil de victimes défend les intérêts de la personne blessée et veille à ce que chaque séquelle soit correctement identifiée et cotée.
Les stratégies de négociation efficaces avec l’assurance
La négociation avec un assureur obéit à des règles précises. Voici les stratégies les plus efficaces pour maximiser le montant de l’indemnisation.
Ne jamais accepter la première offre
C’est la règle d’or absolue. La première offre de l’assureur est toujours une offre de départ, jamais une offre définitive. L’assureur s’attend à une négociation. Accepter immédiatement, c’est presque certainement renoncer à une partie significative de l’indemnisation.
Dans la majorité des dossiers, la première offre de l’assureur représente entre 30 % et 60 % du montant finalement obtenu après négociation ou procédure judiciaire. L’écart est particulièrement important sur les préjudices extra-patrimoniaux (souffrances endurées, préjudice d’agrément, préjudice esthétique).
Formuler une contre-proposition argumentée
La victime doit répondre à l’offre de l’assureur par une contre-proposition écrite, détaillée poste par poste, en s’appuyant sur :
- Les conclusions précises de l’expertise médicale
- Les barèmes de jurisprudence (décisions de justice comparables, référentiel Mornet)
- Les justificatifs concrets de chaque préjudice (factures, attestations, photographies)
- Des décisions de justice récentes dans des affaires similaires
Des modèles de lettres pour contester et négocier une offre d’indemnisation sont disponibles sur victime-info.fr pour guider les victimes dans cette démarche.
Sophie, 32 ans, victime d’un accident de la circulation, reçoit une offre de 22 000 € de l’assureur. Son avocat rédige une contre-proposition détaillée de 48 000 €, en s’appuyant poste par poste sur le référentiel Mornet et des décisions de justice récentes de la cour d’appel. L’assureur, confronté à une argumentation solide et à la perspective d’un procès qu’il risque de perdre, rehausse son offre à 41 000 €. La transaction est conclue sur cette base, soit près du double de l’offre initiale.
Utiliser la menace judiciaire à bon escient
La perspective d’un procès est un levier de négociation puissant. Si l’assureur sait que la victime est prête à saisir le tribunal, il sera généralement plus enclin à formuler une offre correcte. Les tribunaux accordent en effet des indemnisations souvent supérieures aux propositions amiables des assureurs, et les compagnies le savent parfaitement.
Pour que cette menace soit crédible, il est préférable que la victime soit accompagnée par un avocat spécialisé en dommage corporel, qui maîtrise les procédures devant le tribunal judiciaire. Il est utile de savoir que l’aide juridictionnelle peut prendre en charge les frais d’avocat pour les victimes aux revenus modestes.
Un procès en dommage corporel coûte cher à l’assureur : frais d’avocat, frais d’expertise judiciaire, intérêts de retard, pénalités en cas de non-respect des délais légaux (doublement du taux d’intérêt légal). C’est pourquoi l’assureur préfère souvent négocier plutôt que d’aller au tribunal.
Prendre son temps et ne pas céder à la pression
L’assureur peut tenter de convaincre la victime qu’il fait sa « meilleure offre » ou que le temps joue contre elle. En réalité, tant que la prescription n’est pas acquise, la victime a le temps de négocier sereinement. Un délai de réflexion est toujours préférable à une acceptation précipitée.
Le délai de prescription en matière de dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures. Ce délai laisse à la victime le temps de constituer un dossier solide, de se faire accompagner et de négocier sans précipitation. Pour en savoir plus : la consolidation médicale en détail.
Les erreurs à éviter absolument lors de la négociation
Certaines erreurs peuvent coûter très cher à la victime et compromettre définitivement ses droits à indemnisation. Voici les pièges les plus fréquents.
- Accepter sans délai de réflexion : une fois la quittance signée, la transaction est définitive et irrévocable (article 2052 du Code civil). Il ne sera plus possible de revenir en arrière.
- Négocier sans connaître ses droits : l’assureur ne signalera pas les postes de préjudice que la victime oublie de réclamer.
- Se passer d’expertise contradictoire : se présenter seul face au médecin de l’assureur, sans son propre médecin-conseil, c’est accepter une évaluation potentiellement biaisée.
- Communiquer ses attentes trop tôt : révéler le montant que l’on espère obtenir donne un avantage à l’assureur dans la négociation.
- Signer des documents sans les comprendre : tout document envoyé par l’assureur doit être lu attentivement et, si nécessaire, soumis à un avocat ou à un médecin-conseil de victimes.
- Négocier avant la consolidation : accepter une offre avant que l’état de santé ne soit stabilisé (consolidation médicale) empêche de connaître l’étendue réelle des séquelles.
Ahmed, 38 ans, victime d’un accident de moto, accepte une offre de 18 000 € trois semaines après sa réception, sans consulter d’avocat. Il signe la quittance d’indemnisation. Six mois plus tard, un ami lui apprend que le préjudice d’agrément (il ne peut plus faire de moto ni de sport), le préjudice sexuel et l’incidence professionnelle n’étaient pas inclus dans l’offre. Malheureusement, la quittance étant signée, Ahmed ne peut plus rien réclamer. L’évaluation réaliste de son dossier aurait été d’environ 52 000 €.
Le rôle de l’avocat spécialisé en dommage corporel dans la négociation
L’accompagnement par un avocat spécialisé en dommage corporel transforme radicalement la négociation. Ce professionnel apporte une expertise que la victime ne peut pas avoir seule :
- Connaissance approfondie des barèmes judiciaires : l’avocat sait exactement ce que les tribunaux accordent pour chaque type et niveau de préjudice
- Capacité d’analyse du rapport d’expertise : l’avocat identifie les lacunes et les sous-évaluations de l’expertise médicale
- Rédaction de la contre-proposition : un courrier juridiquement argumenté a un impact bien supérieur à une simple lettre de la victime
- Crédibilité de la menace judiciaire : l’assureur sait qu’un avocat spécialisé peut effectivement saisir le tribunal
- Protection contre les pièges : l’avocat vérifie chaque document avant signature et conseille sur la stratégie à adopter
La plupart des avocats spécialisés en dommage corporel proposent un premier rendez-vous gratuit. Beaucoup travaillent avec un honoraire de résultat : ils perçoivent un pourcentage (généralement entre 8 % et 15 %) uniquement sur le supplément obtenu grâce à leur intervention. Ainsi, la victime n’avance pas de frais et ne paie que si l’avocat obtient davantage que ce que l’assureur proposait initialement.
Le rôle du médecin expert est complémentaire à celui de l’avocat. Ensemble, ces deux professionnels forment un « binôme » qui protège efficacement les intérêts de la victime, tant sur le plan médical que juridique.
La quittance d’indemnisation : le point de non-retour
La quittance d’indemnisation est le document par lequel la victime accepte définitivement le montant proposé et renonce à toute réclamation future. C’est un acte juridique lourd de conséquences.
La transaction fait obstacle à l’introduction ou à la poursuite entre les parties d’une action en justice ayant le même objet. En d’autres termes, une fois la quittance signée, la victime ne peut plus contester le montant de l’indemnisation, même si elle découvre ultérieurement que ses préjudices étaient sous-évalués.
Précautions essentielles avant de signer une quittance :
- Vérifier que tous les postes de préjudice sont mentionnés et correctement évalués
- S’assurer que la consolidation médicale est bien acquise (pas de signature avant stabilisation de l’état de santé)
- Prendre un délai de réflexion suffisant (au minimum 15 jours)
- Faire relire la quittance par un avocat spécialisé avant toute signature
- Vérifier que les postes de préjudice futurs (besoins en tierce personne, dépenses de santé futures) sont correctement capitalisés
En matière d’indemnisation corporelle, la victime dispose d’un délai de rétractation de 15 jours après la signature de la quittance dans le cadre de la loi Badinter (accidents de la circulation). Passé ce délai, la transaction est définitive. Pour les autres types d’accidents, ce droit de rétractation n’existe pas toujours : la prudence impose de ne signer qu’après une analyse complète du dossier.
Que faire si l’offre de l’assurance reste insuffisante malgré la négociation ?
Lorsque la négociation amiable n’aboutit pas à un montant satisfaisant, plusieurs voies de recours existent pour la victime :
- Saisir le tribunal judiciaire : le juge fixera l’indemnisation en fonction des barèmes judiciaires, généralement plus favorables que les propositions amiables
- Recourir à la médiation : un médiateur indépendant peut faciliter la recherche d’un accord
- Saisir le médiateur de l’assurance : cette autorité indépendante peut intervenir en cas de litige avec l’assureur
- Déposer une plainte auprès de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) si l’assureur ne respecte pas ses obligations légales (délais, détail de l’offre)
Pour les accidents de la circulation, la loi Badinter impose des délais stricts à l’assureur :
- 8 mois après l’accident pour formuler une offre d’indemnisation
- 5 mois après la consolidation pour formuler une offre définitive
En cas de non-respect de ces délais, l’indemnisation porte intérêt au double du taux légal, ce qui constitue une pénalité significative pour l’assureur. En savoir plus sur les délais d’indemnisation.
Il est utile de préciser que les modèles de lettres disponibles sur victime-info.fr incluent des courriers de mise en demeure et de contestation d’offre qui peuvent être utilisés dans le cadre de ces démarches.
Avant de négocier, il peut être utile de comparer l’offre de l’assureur avec une estimation réaliste basée sur les barèmes judiciaires.
Le délai de prescription : ne pas attendre trop longtemps
Si la victime dispose de temps pour négocier, elle ne doit pas non plus attendre indéfiniment. Le délai de prescription en matière de dommage corporel est fixé par la loi.
Les actions en réparation de dommages corporels se prescrivent par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. Ce délai s’applique aussi bien aux victimes directes qu’aux victimes indirectes (proches). Pour un dossier complet sur les délais : délai de prescription en détail.
En pratique, il est recommandé de ne pas attendre les dernières années du délai de prescription pour engager les démarches. Les preuves s’effritent avec le temps, les témoins deviennent moins disponibles, et la constitution du dossier est d’autant plus difficile que l’accident est ancien.
Conseils pratiques pour une négociation réussie
Voici un résumé des bonnes pratiques à observer tout au long du processus de négociation :
- Ne jamais accepter la première offre de l’assureur
- Toujours se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel
- Se présenter à l’expertise médicale avec un médecin-conseil de victimes
- Disposer de sa propre évaluation chiffrée avant de recevoir l’offre
- Vérifier que tous les postes de la nomenclature Dintilhac sont couverts
- Formuler une contre-proposition écrite et argumentée
- Ne jamais signer de quittance sans délai de réflexion
- Ne pas négocier avant la consolidation médicale
- Conserver tous les justificatifs et pièces du dossier
- Ne pas hésiter à saisir le tribunal si l’offre reste insuffisante
Pour approfondir la compréhension des fondamentaux du droit du dommage corporel, victime-info.fr propose un dossier complet accessible à tous, même sans formation juridique.
Questions fréquentes sur la négociation de l’indemnisation avec l’assurance
Questions fréquentes
La victime peut-elle négocier directement avec l'assureur sans avocat ?
Oui, il est juridiquement possible de négocier seul avec l’assureur. Cependant, les statistiques montrent que les victimes non accompagnées obtiennent des indemnisations nettement inférieures. L’assureur dispose de juristes expérimentés et de médecins-conseils : la victime se retrouve en position de déséquilibre. L’intervention d’un avocat spécialisé en dommage corporel rétablit ce rapport de forces et permet d’obtenir une indemnisation plus conforme à la réalité des préjudices subis.
L'assureur peut-il retirer son offre si la victime ne l'accepte pas rapidement ?
Non. L’assureur ne peut pas retirer son offre simplement parce que la victime prend le temps de la réflexion. L’offre reste valable et la victime a le droit de demander des délais de réflexion raisonnables, de solliciter des explications complémentaires et de formuler une contre-proposition. L’assureur qui tenterait de faire pression sur la victime en fixant un délai artificiel s’expose à des sanctions.
Est-il possible de revenir sur une quittance d'indemnisation déjà signée ?
En principe, la quittance d’indemnisation est définitive et irrévocable (article 2052 du Code civil). Cependant, quelques exceptions existent : si la victime peut prouver un vice du consentement (violence, dol — c’est-à-dire tromperie de l’assureur — ou erreur sur la substance), elle peut demander l’annulation de la transaction devant le tribunal. Pour les accidents de la circulation, la loi Badinter prévoit un droit de rétractation de 15 jours après la signature. Dans tous les cas, mieux vaut ne pas signer sans avoir fait vérifier le document par un professionnel.
L'assureur peut-il proposer un montant global sans détailler les postes de préjudice ?
Non. L’assureur a l’obligation légale de détailler son offre poste par poste, conformément à la nomenclature Dintilhac. Une offre globale, non ventilée, ne permet pas à la victime de vérifier si chaque préjudice est correctement indemnisé. La victime peut exiger une ventilation détaillée et refuser toute offre globale.
Combien de temps dure la négociation avec l'assurance en moyenne ?
La durée de la négociation varie considérablement selon la complexité du dossier, la gravité des blessures et l’attitude de l’assureur. En moyenne, la phase de négociation dure entre 3 et 12 mois après la consolidation médicale. Pour les dossiers complexes (préjudices lourds, contestation de l’expertise), la procédure peut prendre plus de 2 ans, surtout si une action judiciaire est engagée. Pour plus de détails : les délais d’indemnisation en détail.
La victime d'une agression peut-elle aussi négocier avec l'assurance ?
La situation est différente en cas d’agression. L’indemnisation passe le plus souvent par la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) ou par le SARVI. Cependant, si la victime dispose d’une garantie « accidents de la vie » (GAV) ou d’une assurance protection juridique, une négociation avec l’assureur est possible. Le guide complet : guide victime d’agression physique.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches d’indemnisation. Il est possible de poser toutes les questions relatives à une offre d’indemnisation, à la préparation d’une négociation ou au choix d’un avocat spécialisé.
Témoignages
— Laurent, 52 ans, accident de la routeBon moi franchement j’étais à 2 doigts de signer l’offre de mon assurance, 14 000€ pour un accident de voiture avec fracture du bassin et 6 mois d’arret.. Heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a fait comprendre que c’était vraiment pas assez. J’ai pris un avocat spécialisé, il a négocié pendant 4 mois et au final j’ai touché 47 000€. La difference c’est juste hallucinant quand on y pense
— Isabelle, 44 ans, chute dans un commerceHonnêtement je savais même pas qu’on pouvait négocier avec l’assurance. Moi je suis tombée dans un magasin (sol mouillé sans panneau), fracture du poignet, 3 mois d’arrêt. L’assurance du magasin m’a proposé 4500€ j’allais dire oui parce que je pensais que c’était tout ce que j’avais droit.. Au final avec l’aide d’un medecin conseil et les infos du site j’ai obtenu 12 800€. Faut vraiment pas accepter la 1ere offre les gens
— Mehdi, 29 ans, accident de véloJ’ai été renversé par une voiture en vélo, fracture de la clavicule + genou amoché. L’assureur du conducteur m’a fait une offre de 9000€ en mode « c’est notre meilleur prix ». J’ai refusé, j’ai fait une contre-proposition comme expliqué sur ce site en détaillant poste par poste. L’assureur a fini par monter à 23 500€. Ca m’a pris 5 mois de négo mais ça valait le coup largement. Merci pour les modèles de lettres c’est super utile



