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Retard de diagnostic de cancer : indemnisation de la perte de chance

Un cancer diagnostiqué tardivement en raison d’une erreur médicale peut avoir des conséquences dramatiques : traitements plus lourds, séquelles aggravées, réduction de l’espérance de vie, voire décès. Lorsqu’un professionnel de santé commet une faute ayant retardé le diagnostic d’un cancer, la victime — ou ses proches — peut prétendre à une indemnisation au titre de la perte de chance. Ce mécanisme juridique spécifique permet de réparer le préjudice lié à la probabilité perdue de bénéficier d’un meilleur parcours de soins. Ce guide complet, rédigé par la permanence de victime-info.fr, détaille les conditions d’indemnisation, les démarches à entreprendre et les montants envisageables en cas de retard de diagnostic de cancer. La victime d’une erreur médicale trouvera ici toutes les informations pour faire valoir ses droits.

📌 L'essentiel à retenir

En cas de retard de diagnostic d’un cancer, la victime n’est pas indemnisée pour la totalité de son préjudice, mais pour la perte de chance d’avoir pu être soignée plus tôt et plus efficacement. Le pourcentage de perte de chance est déterminé par un expert médical et conditionne le montant final de l’indemnisation.

Qu’est-ce que le retard de diagnostic de cancer ?

Le retard de diagnostic de cancer désigne la situation dans laquelle un professionnel de santé — médecin traitant, radiologue, gynécologue, gastro-entérologue ou tout autre spécialiste — n’a pas détecté un cancer dans un délai raisonnable. Ce retard peut résulter de différentes situations :

  • Non-prescription d’examens complémentaires face à des symptômes évocateurs (biopsie, scanner, IRM, mammographie, coloscopie…)
  • Erreur d’interprétation d’examens : un radiologue qui ne détecte pas une tumeur visible sur un cliché, un anatomopathologiste qui classe une biopsie comme bénigne alors qu’elle est maligne
  • Négligence dans le suivi : absence de rappel pour un examen de contrôle, retard dans la transmission des résultats
  • Erreur de diagnostic : le médecin diagnostique une pathologie bénigne à la place du cancer (exemple : diagnostiquer un kyste au lieu d’une tumeur maligne)
  • Retard dans l’orientation vers un spécialiste : le médecin traitant tarde à adresser la personne vers un oncologue ou un service hospitalier spécialisé
💡 Cas pratique : retard de diagnostic d'un cancer du sein

Madame D., 52 ans, consulte son médecin traitant après avoir palpé une masse au sein gauche. Le médecin la rassure et lui prescrit simplement une échographie de contrôle dans 6 mois. Aucune mammographie n’est prescrite dans l’immédiat. Six mois plus tard, l’échographie révèle une tumeur de 4 cm, stade III. Un expert médical établit que si une mammographie et une biopsie avaient été réalisées immédiatement, le cancer aurait été détecté au stade I, avec un taux de survie à 5 ans supérieur à 95 %. Le retard de 6 mois a fait passer la tumeur à un stade où le taux de survie à 5 ans tombe à 72 %. La perte de chance est évaluée à 40 %.

Les cancers les plus fréquemment concernés par un retard de diagnostic sont le cancer du sein, le cancer colorectal, le cancer du poumon, le cancer de la prostate et le cancer du col de l’utérus. Plus le retard est important, plus les conséquences sont graves — et plus la perte de chance est élevée.

La notion juridique de perte de chance en matière médicale

La perte de chance est un concept juridique fondamental en responsabilité médicale. Elle se distingue du préjudice classique : la victime n’est pas indemnisée pour la totalité du dommage subi, mais uniquement pour la probabilité perdue d’obtenir un meilleur résultat médical.

⚖️ Cour de cassation, 1re chambre civile, 14 octobre 2010, n° 09-69.195

La réparation d’une perte de chance doit être mesurée à la chance perdue et ne peut être égale à l’avantage qu’aurait procuré cette chance si elle s’était réalisée. Le juge doit évaluer le pourcentage de chance perdue et appliquer ce pourcentage au préjudice total.

Concrètement, si la victime subit un préjudice global de 200 000 € et que la perte de chance est évaluée à 40 %, l’indemnisation sera de 80 000 € (200 000 × 40 %). Ce mécanisme est systématiquement appliqué en cas de retard de diagnostic de cancer, car il est souvent impossible de prouver avec certitude que le patient aurait guéri si le cancer avait été détecté plus tôt.

Comment se calcule le pourcentage de perte de chance ?

Le pourcentage de perte de chance est déterminé lors de l’expertise médicale. L’expert prend en compte plusieurs critères :

  • Le type de cancer et son agressivité biologique
  • Le stade du cancer au moment où il aurait dû être diagnostiqué (stade précoce) versus le stade lors du diagnostic réel (stade avancé)
  • Les données statistiques de survie propres au type de cancer concerné
  • L’état de santé général de la victime et ses antécédents
  • La durée du retard diagnostique
  • Les traitements supplémentaires rendus nécessaires par le retard
Perte de chance : même un faible pourcentage donne droit à indemnisation

La jurisprudence admet des pertes de chance même faibles. Un pourcentage de 10 % ou 15 % ouvre droit à indemnisation. En revanche, la perte de chance doit être réelle et sérieuse — une perte de chance simplement hypothétique ou dérisoire ne sera pas retenue par les tribunaux.

Différence entre perte de chance de guérison et perte de chance de survie

Deux situations distinctes peuvent se présenter :

  • Perte de chance de guérison : la victime est toujours en vie mais subit des séquelles plus graves que si le diagnostic avait été posé à temps (traitements plus agressifs, ablation plus étendue, récidives…)
  • Perte de chance de survie : la victime est décédée. Les proches (ayants droit) peuvent demander la réparation de la perte de chance de survie, ainsi que l’indemnisation de leur propre préjudice moral

Dans les deux cas, le mécanisme de calcul est identique : un pourcentage est appliqué à l’ensemble des préjudices pour obtenir le montant final d’indemnisation.

Les conditions pour obtenir une indemnisation

Pour que la victime d’un retard de diagnostic de cancer obtienne une indemnisation, trois conditions cumulatives doivent être réunies. Ces conditions sont les mêmes que celles applicables à toute erreur de diagnostic :

1. Une faute médicale avérée

Il faut démontrer que le professionnel de santé n’a pas agi conformément aux données acquises de la science au moment des faits. Cela signifie qu’un médecin normalement compétent et diligent, placé dans les mêmes circonstances, aurait prescrit les examens nécessaires ou interprété correctement les résultats.

⚖️ Article L. 1142-1, I, alinéa 1 du Code de la santé publique

Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d’un défaut d’un produit de santé, les professionnels de santé ne sont responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu’en cas de faute.

La faute peut être une faute de diagnostic (mauvaise interprétation d’un examen), une faute de prescription (absence d’examens complémentaires), ou une faute d’organisation (résultats non transmis au patient). La preuve de la faute incombe à la victime, sauf en cas de procédure devant la CCI (Commission de conciliation et d’indemnisation) où l’expertise est gratuite et ordonnée d’office.

2. Un préjudice démontré

La victime doit établir l’existence d’un préjudice réel : aggravation de la maladie, traitements plus lourds, souffrances endurées supplémentaires, perte de revenus, incapacité permanente, voire décès. L’ensemble des postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac peut être mobilisé.

3. Un lien de causalité entre la faute et le préjudice

C’est ici qu’intervient la notion de perte de chance. Le lien de causalité entre le retard de diagnostic et le préjudice n’est jamais total : il est impossible de garantir que le patient aurait guéri sans le retard. Le mécanisme de la perte de chance permet précisément de contourner cette difficulté en évaluant statistiquement l’impact du retard sur les chances de guérison ou de survie.

⚠️ Ne pas confondre retard de diagnostic et aléa thérapeutique

Si le cancer n’a pas été détecté malgré des examens réalisés dans les règles de l’art, il ne s’agit pas d’une faute médicale mais possiblement d’un aléa thérapeutique. Dans ce cas, l’indemnisation par l’ONIAM est envisageable uniquement si le préjudice dépasse un certain seuil de gravité (déficit fonctionnel permanent supérieur à 24 % ou arrêt de travail de plus de 6 mois consécutifs).

Les démarches pour obtenir réparation

La victime d’un retard de diagnostic de cancer dispose de plusieurs voies de recours. Il est fortement recommandé de commencer par constituer un dossier médical solide en récupérant l’intégralité du dossier médical auprès de tous les praticiens et établissements de santé consultés.

La procédure amiable devant la CCI

La Commission de conciliation et d’indemnisation (CCI) offre une voie de recours gratuite, sans besoin d’avocat (même si l’accompagnement est vivement recommandé). La procédure présente plusieurs avantages :

  • Expertise médicale gratuite ordonnée par la commission
  • Délai de traitement relativement court (6 à 12 mois en moyenne)
  • Pas de frais de procédure
  • L’avis de la CCI est contraignant pour l’assureur du praticien

Pour être recevable, la demande doit concerner un acte réalisé après le 5 septembre 2001 (date d’entrée en vigueur de la loi Kouchner du 4 mars 2002).

📊 Seuil de gravité pour la CCI

La CCI est compétente lorsque le préjudice atteint un certain seuil : déficit fonctionnel permanent (DFP) supérieur à 24 %, ou arrêt temporaire d’activité de plus de 6 mois consécutifs, ou troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence. En cas de retard de diagnostic de cancer, ce seuil est souvent atteint.

La procédure judiciaire

Si la voie amiable échoue ou si la victime préfère saisir directement la justice, deux juridictions sont compétentes :

  • Le tribunal judiciaire : pour les praticiens libéraux (médecins de ville, radiologues en cabinet privé, cliniques privées)
  • Le tribunal administratif : pour les hôpitaux publics et les praticiens hospitaliers

La procédure judiciaire nécessite généralement l’intervention d’un avocat spécialisé en droit médical et la réalisation d’une expertise judiciaire contradictoire. Le médecin expert judiciaire sera désigné par le tribunal pour évaluer la faute, le préjudice et le pourcentage de perte de chance.

📞 Besoin d'un avis sur une situation de retard de diagnostic ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes vers les professionnels compétents : avocats spécialisés en droit médical et médecins-conseils de victimes.

Le rôle essentiel du médecin-conseil de victimes

Lors de l’expertise médicale, il est indispensable que la victime soit assistée par son propre médecin-conseil, indépendant de l’assureur et du professionnel mis en cause. Ce médecin-conseil :

  • Prépare le dossier médical avant l’expertise
  • Assiste la victime pendant l’examen et les discussions techniques
  • Défend les intérêts de la victime face à l’expert judiciaire ou à l’expert mandaté par l’assurance adverse
  • Vérifie que le pourcentage de perte de chance est correctement évalué

Sans médecin-conseil, la victime se retrouve seule face à des experts qui utilisent un vocabulaire technique et dont les conclusions détermineront directement le montant de l’indemnisation. Il est possible de trouver un médecin expert ou un avocat spécialisé via l’annuaire de victime-info.fr.

Quels préjudices sont indemnisables ?

L’ensemble des postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac peut être invoqué en cas de retard de diagnostic de cancer. L’indemnisation porte sur la fraction des préjudices correspondant au pourcentage de perte de chance retenu. Voici les principaux postes concernés :

Préjudices patrimoniaux (pertes financières)

  • Dépenses de santé actuelles et futures : frais médicaux non remboursés, soins complémentaires rendus nécessaires par le retard
  • Perte de gains professionnels : salaires perdus pendant les arrêts de travail supplémentaires et, le cas échéant, incapacité définitive de reprendre une activité
  • Incidence professionnelle : perte d’emploi, reconversion contrainte, déclassement professionnel
  • Frais d’assistance par tierce personne : aide à domicile nécessaire pendant les traitements ou de manière permanente

Préjudices extrapatrimoniaux (préjudices personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins
  • Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales liées aux traitements supplémentaires (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie plus invasive…)
  • Préjudice esthétique : cicatrices, perte de cheveux prolongée, mutilations
  • Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer certaines activités sportives ou de loisirs
  • Préjudice sexuel : troubles de la libido, impuissance, impossibilité de procréer
  • Préjudice d’anxiété : angoisse permanente liée à la rechute ou à l’incertitude sur l’avenir
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) : séquelles définitives après consolidation, évaluées en pourcentage d’incapacité
Les proches aussi ont droit à une indemnisation

En cas de décès de la victime, les proches (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs) peuvent demander réparation de leur préjudice d’affection et, le cas échéant, du préjudice économique lié à la perte de revenus du défunt. Le barème d’indemnisation du préjudice moral donne des ordres de grandeur pour ces postes.

Exemples d’indemnisation pour retard de diagnostic de cancer

Les montants d’indemnisation varient considérablement en fonction du type de cancer, du stade au moment du diagnostic tardif, du pourcentage de perte de chance retenu et de la situation personnelle de la victime. Voici des exemples concrets d’indemnisation inspirés de la jurisprudence :

💡 Cas n°1 : retard de diagnostic d'un cancer du sein — perte de chance de 30 %

Madame L., 48 ans, secrétaire. Son gynécologue n’a pas prescrit de mammographie malgré des antécédents familiaux. Le cancer du sein est diagnostiqué 18 mois plus tard, au stade III au lieu du stade I. Mastectomie totale suivie de chimiothérapie lourde. Perte de chance évaluée à 30 %.

Préjudice total évalué : 280 000 €
Indemnisation après application de la perte de chance (30 %) : 84 000 €
Dont souffrances endurées : 18 000 €, DFP 15 % : 30 000 €, préjudice esthétique : 9 000 €, perte de gains : 21 000 €, préjudice sexuel : 6 000 €.

💡 Cas n°2 : retard de diagnostic d'un cancer colorectal — décès — perte de chance de 50 %

Monsieur R., 62 ans, artisan. Consulte pour des troubles digestifs et du sang dans les selles. Son médecin traitant prescrit un traitement pour des hémorroïdes sans prescrire de coloscopie. Le cancer colorectal est diagnostiqué 14 mois plus tard, stade IV avec métastases hépatiques. Décès 8 mois après le diagnostic. Perte de chance de survie évaluée à 50 %.

Préjudice total évalué (victime + proches) : 420 000 €
Indemnisation après application de la perte de chance (50 %) : 210 000 €
Dont souffrances endurées avant décès : 20 000 €, préjudice d’affection des proches : 50 000 €, préjudice économique de l’épouse : 100 000 €, préjudice économique des enfants : 40 000 €.

📊 Ordres de grandeur des indemnisations

Selon la jurisprudence récente, l’indemnisation totale (après application du pourcentage de perte de chance) en cas de retard de diagnostic de cancer se situe généralement entre 30 000 € et 300 000 €. En cas de décès avec des proches à charge, les montants peuvent dépasser 400 000 €. Le pourcentage de perte de chance varie habituellement de 15 % à 80 % selon les cas.

Pour obtenir une première estimation, la victime peut utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels de victime-info.fr.

Les délais de prescription

La question des délais est cruciale. En matière de retard de diagnostic de cancer, la victime doit agir dans les délais légaux sous peine de voir son action prescrite et de perdre tout droit à indemnisation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

La consolidation correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé, c’est-à-dire lorsque les séquelles ne sont plus susceptibles d’évoluer significativement. Ce n’est pas la date de l’erreur médicale. En pratique, pour un cancer, la consolidation intervient souvent plusieurs années après la fin des traitements.

⚠️ Attention au délai de prescription

En cas de décès de la victime, le délai de prescription de 10 ans court à compter de la date du décès pour les proches. Il est essentiel de ne pas attendre pour engager les démarches. Plus le temps passe, plus il est difficile de réunir les preuves médicales nécessaires.

Par ailleurs, certaines fautes médicales peuvent constituer une infraction pénale (homicide involontaire, blessures involontaires). Dans ce cas, la victime peut également déposer plainte auprès du procureur de la République et se constituer partie civile.

Les erreurs à ne pas commettre

Face à un retard de diagnostic de cancer, certaines erreurs peuvent compromettre gravement les chances d’indemnisation. Voici les pièges les plus fréquents :

⚠️ Les 5 erreurs les plus courantes

  • Ne pas conserver les documents médicaux : ordonnances, comptes rendus d’examens, lettres de médecins. Tout document prouvant la chronologie des consultations et des examens est précieux.
  • Accepter une offre d’indemnisation sans expertise contradictoire : l’assureur du praticien propose souvent un montant très inférieur à ce que la victime pourrait obtenir.
  • Se rendre seul à l’expertise médicale : sans médecin-conseil de victimes, la personne accidentée est en position de faiblesse face aux experts.
  • Attendre trop longtemps avant d’agir : le risque de prescription et la difficulté de réunir les preuves augmentent avec le temps.
  • Confondre les voies de recours : choisir la mauvaise juridiction ou la mauvaise procédure peut faire perdre un temps précieux.

L’accompagnement par un avocat spécialisé : une nécessité

Les dossiers de retard de diagnostic de cancer sont parmi les plus complexes en droit du dommage corporel. Ils nécessitent :

  • Une analyse médicale approfondie pour établir la faute et quantifier la perte de chance
  • Une connaissance experte de la nomenclature Dintilhac pour chiffrer tous les postes de préjudice
  • Une maîtrise des procédures (CCI, tribunal judiciaire, tribunal administratif)
  • Une capacité de négociation avec les assureurs et les établissements de santé

Il est vivement recommandé de faire appel à un avocat spécialisé en droit médical qui pourra évaluer la faisabilité du dossier, organiser l’expertise médicale et défendre les intérêts de la victime jusqu’à l’obtention d’une indemnisation juste. Il est également possible de demander une provision d’indemnisation en attendant le règlement définitif du dossier, afin de faire face aux besoins urgents.

L'aide juridictionnelle peut financer l'avocat

Si la victime dispose de revenus modestes, elle peut bénéficier de l’aide juridictionnelle qui prend en charge tout ou partie des honoraires d’avocat et des frais de procédure. Certains avocats spécialisés acceptent également des honoraires de résultat, perçus uniquement en cas de succès.

Retard de diagnostic de cancer et types de cancers fréquemment concernés

Certains cancers sont statistiquement plus souvent concernés par des retards de diagnostic. Voici les principaux :

Cancer du sein

Le cancer du sein est le plus fréquemment impliqué dans les dossiers de retard de diagnostic. Les erreurs les plus courantes sont : mammographies mal interprétées, absence de prescription de biopsie devant une image suspecte, suivi insuffisant des femmes à risque (antécédents familiaux, mutation BRCA). Le pronostic du cancer du sein est excellent au stade I (survie à 5 ans supérieure à 95 %), ce qui signifie que le retard a un impact majeur sur la perte de chance.

Cancer colorectal

Le cancer colorectal fait souvent l’objet de retards liés à une mauvaise interprétation des symptômes (sang dans les selles attribué à des hémorroïdes, douleurs abdominales banalisées). L’absence de prescription de coloscopie chez des patients symptomatiques constitue une faute fréquemment retenue.

Cancer du poumon

Le cancer du poumon peut être manqué sur des radiographies thoraciques ou des scanners. Le retard est souvent lié à une confusion avec des pathologies bénignes (bronchite chronique, pneumonie) ou à l’absence de suivi radiologique chez les fumeurs.

Mélanome

Le mélanome cutané est un cancer de la peau dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et la biopsie. Un dermatologue qui ne biopsie pas un grain de beauté suspect ou qui pose un diagnostic erroné peut engager sa responsabilité. Le mélanome dépisté précocement a un taux de guérison très élevé, ce qui amplifie l’impact du retard.

📌 Points clés sur le retard de diagnostic de cancer

  • Le retard de diagnostic de cancer ouvre droit à indemnisation lorsqu’une faute médicale est démontrée
  • L’indemnisation est calculée sur la base de la perte de chance, pas sur la totalité du préjudice
  • Le pourcentage de perte de chance est déterminé par l’expertise médicale
  • La victime peut agir devant la CCI (procédure gratuite) ou devant le tribunal
  • Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation
  • L’accompagnement par un avocat spécialisé et un médecin-conseil de victimes est indispensable

FAQ : retard de diagnostic de cancer et indemnisation

Questions fréquentes


Comment prouver un retard de diagnostic de cancer ?

La preuve repose sur le dossier médical complet : comptes rendus de consultations, examens d’imagerie, résultats de biopsies, courriers entre médecins. Un expert médical compare ce qui a été fait avec ce qui aurait dû être fait selon les recommandations médicales en vigueur. La chronologie des consultations et des examens est déterminante. Il est essentiel de récupérer l’intégralité du dossier médical avant toute démarche.


Quel est le montant moyen d'indemnisation pour un retard de diagnostic de cancer ?

Il n’existe pas de montant unique. L’indemnisation dépend du pourcentage de perte de chance (généralement entre 15 % et 80 %), du type de cancer, de la gravité des séquelles et de la situation personnelle de la victime. Les montants observés en jurisprudence vont de 30 000 € à plus de 400 000 €. Des exemples chiffrés d’indemnisation permettent d’obtenir des ordres de grandeur.


Peut-on agir si le patient atteint du cancer est décédé ?

Oui. Les proches (conjoint, enfants, parents, fratrie) peuvent agir en tant qu’ayants droit pour obtenir l’indemnisation de la perte de chance de survie du défunt. Ils peuvent également demander réparation de leur propre préjudice moral (préjudice d’affection) et de leur préjudice économique. Le délai de prescription est de 10 ans à compter du décès.


Quelle est la différence entre la CCI et le tribunal pour un retard de diagnostic de cancer ?

La CCI est une procédure amiable, gratuite et plus rapide (6 à 12 mois). Elle ordonne une expertise médicale sans frais pour la victime. Le tribunal (judiciaire ou administratif) est une procédure contentieuse, plus longue (1 à 3 ans), qui nécessite un avocat, mais qui offre une force exécutoire et la possibilité de faire appel. Les deux voies ne sont pas exclusives : la victime peut d’abord tenter la CCI puis saisir le tribunal si le résultat est insatisfaisant.


Combien de temps dure une procédure d'indemnisation pour retard de diagnostic de cancer ?

Devant la CCI, la procédure dure en moyenne 6 à 12 mois entre le dépôt du dossier et l’offre d’indemnisation. Devant le tribunal, il faut compter 1 à 3 ans en première instance, plus éventuellement 1 à 2 ans en appel. L’expertise médicale elle-même peut prendre plusieurs mois. Au total, il est réaliste de prévoir 1 à 4 ans selon la voie choisie et la complexité du dossier.


L'indemnisation pour retard de diagnostic de cancer est-elle imposable ?

Les indemnités versées en réparation d’un dommage corporel sont en principe exonérées d’impôt sur le revenu. Cela concerne aussi bien les sommes obtenues par voie amiable que par décision de justice. Pour plus de détails sur la fiscalité des indemnisations, la page dédiée à l’indemnisation et fiscalité apporte toutes les précisions utiles.


📞 Victime d'un retard de diagnostic de cancer ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), aide gratuitement les victimes à constituer leur dossier et les oriente vers des avocats spécialisés en droit médical et des médecins-conseils indépendants. Ne restez pas seul face à cette épreuve.

Témoignages

Bon alors moi mon gynéco a regardé ma mammo et m’a dit que c’était rien, juste un kyste. 1 an après je retourne voir un autre médecin parce que j’avais mal et la c’était un cancer stade 3.. j’ai du subir mastectomie + chimio alors que si c’avait été pris a temps j’aurais juste eu une petite opération. Grace a victime-info.fr j’ai compris que je pouvais être indemnisée, j’ai trouvé un avocat spécialisé et j’ai obtenu 92 000€ de perte de chance évaluée a 35%. Ca remplace pas ma santé mais au moins j’ai été reconnue comme victime

— Christine, 56 ans, retard de diagnostic cancer du sein

Franchement j’écris ici parce que mon père est décédé d’un cancer du colon qui aurait pu être détecté 2 ans plus tot. Son médecin traitant lui disait que c’était des hemorroides alors qu’il avait du sang dans les selles depuis des mois. Quand on a enfin eu le diagnostic c’était trop tard, métastases au foie. On a saisi la CCI avec l’aide d’un avocat, l’expert a retenu une perte de chance de 55%. La procédure a duré 10 mois. C’est pas facile comme démarche quand on est en deuil mais c’était important pour nous

— Philippe, 63 ans, fils d'une victime de retard diagnostic cancer colorectal

Honnêtement je savais même pas qu’on pouvait porter plainte pour un truc comme ca. Mon dermatologue a vu un grain de beauté bizarre sur mon dos, il m’a dit c’est rien on surveille. 8 mois après un autre dermato m’a fait une biopsie direct et c’était un mélanome. J’ai eu de la chance dans mon malheur il s’était pas trop propagé mais j’ai quand même eu des traitements lourds. Ce site m’a vraiment aidée a comprendre la notion de perte de chance, j’ai contacté la permanence et ils m’ont orientée vers un avocat qui s’occupe de mon dossier

— Samira, 44 ans, retard de diagnostic mélanome