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Protocole transactionnel : tout ce qu’il faut vérifier avant de signer

Le protocole transactionnel est le document juridique par lequel la victime d’un dommage corporel et l’assureur formalisent leur accord définitif sur l’indemnisation. Ce contrat a une portée considérable : une fois signé, il équivaut à un jugement définitif et ne peut plus être remis en cause, sauf exceptions très rares. Il est donc impératif de vérifier chaque ligne, chaque montant et chaque clause avant d’apposer sa signature. Ce guide détaille l’ensemble des points de contrôle indispensables pour toute victime confrontée à la signature d’un protocole d’accord transactionnel, que l’accident soit un accident de la circulation, un accident médical ou une agression.

⚠️ Ne jamais signer sans accompagnement

Signer un protocole transactionnel est un acte juridique grave et définitif. Il engage l’avenir de la victime et celui de son indemnisation. Il ne faut jamais signer ce document sans l’avoir fait examiner par un avocat spécialisé en dommage corporel ou sans avoir été accompagné par un médecin-conseil de victime.

Qu’est-ce qu’un protocole transactionnel en dommage corporel ?

Le protocole transactionnel, aussi appelé protocole d’accord transactionnel ou transaction amiable, est un contrat écrit qui formalise l’accord intervenu entre la victime et la compagnie d’assurance sur le montant et les modalités de l’indemnisation du préjudice corporel. Il constitue une transaction au sens juridique du terme.

⚖️ Articles 2044 à 2058 du Code civil

La transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître. Les transactions ont, entre les parties, l’autorité de la chose jugée en dernier ressort (article 2052 du Code civil). Cela signifie qu’une fois le protocole signé et le délai de rétractation écoulé, la victime ne peut plus revenir sur les montants acceptés, ni saisir un tribunal pour obtenir davantage.

Concrètement, ce document a trois caractéristiques fondamentales :

  • Force obligatoire : la victime et l’assureur sont liés par ses termes, comme par un contrat classique.
  • Autorité de la chose jugée en dernier ressort : le protocole équivaut à un jugement définitif. Aucun tribunal ne pourra être saisi ultérieurement pour les mêmes préjudices.
  • Irrévocabilité : une fois signé et le délai de rétractation expiré, le protocole ne peut plus être annulé, sauf dans des cas très limités (vice du consentement, dol, lésion).

C’est précisément en raison de ce caractère définitif que la vérification minutieuse du protocole transactionnel est une étape cruciale. La moindre erreur, la moindre omission dans ce document peut priver la victime d’une partie significative de son indemnisation légitime.

Différence entre offre d'indemnisation et protocole transactionnel

L’offre d’indemnisation est la proposition chiffrée de l’assureur. Le protocole transactionnel est le contrat signé par les deux parties qui entérine cette offre (éventuellement après négociation). La victime peut parfaitement refuser l’offre initiale de l’assureur et négocier avant de signer le protocole.

Les mentions obligatoires à vérifier dans le protocole

Un protocole transactionnel en bonne et due forme doit comporter plusieurs mentions essentielles. L’absence ou l’inexactitude de l’une d’entre elles constitue un motif légitime de refus de signature. Voici la checklist complète.

L’identification des parties

Le protocole doit identifier correctement toutes les parties concernées :

  • L’identité complète de la victime : nom, prénom, date de naissance, adresse. En cas de victime mineure, les représentants légaux doivent être mentionnés (voir indemnisation des mineurs).
  • L’identité de l’assureur : dénomination sociale, adresse du siège, numéro de police d’assurance, nom du gestionnaire du dossier.
  • L’identité du responsable : la personne assurée dont la responsabilité civile est engagée.

Il faut vérifier que toutes ces informations sont exactes. Une erreur sur l’identité de la victime, même mineure (faute d’orthographe dans le nom, adresse erronée), peut poser des problèmes lors du versement des fonds.

Le rappel des faits et de la responsabilité

Le protocole doit contenir un rappel précis des circonstances de l’accident, de la date des faits et des conditions de la responsabilité. La victime doit vérifier que ces mentions sont conformes à la réalité :

  • Le lieu et la date de l’accident sont-ils exacts ?
  • Les circonstances décrites correspondent-elles aux faits réels ?
  • La responsabilité est-elle reconnue à 100 % ou un partage de responsabilité est-il appliqué ? Si oui, le pourcentage est-il justifié ?
⚠️ Partage de responsabilité abusif

Certaines compagnies d’assurance tentent d’introduire un partage de responsabilité dans le protocole alors que la victime n’a commis aucune faute. Si un tel partage est mentionné, la victime doit impérativement le contester avant de signer. Ce point peut réduire considérablement l’indemnisation finale. En matière d’accident de la route, la loi Badinter protège particulièrement les piétons et cyclistes.

La référence au rapport d’expertise médicale

Le protocole doit mentionner le rapport d’expertise médicale sur lequel se fonde l’indemnisation. Il convient de vérifier :

  • La date de l’expertise et le nom du médecin expert.
  • La date de consolidation retenue.
  • Les principaux éléments médicaux : taux de déficit fonctionnel permanent (DFP), cotation des souffrances endurées, du préjudice esthétique, etc.

La victime doit s’assurer que les éléments médicaux mentionnés dans le protocole correspondent exactement à ceux du rapport d’expertise. Toute discordance, même minime, doit être signalée et corrigée avant la signature.

💡 Cas pratique : erreur sur le taux de DFP

Monsieur D., victime d’un accident de la route, reçoit un protocole transactionnel. Le rapport d’expertise médicale conclut à un déficit fonctionnel permanent de 15 %. Or, le protocole mentionne un DFP de 12 %. Cette « erreur » de 3 points peut représenter une différence de plusieurs milliers d’euros sur l’indemnisation finale. Fort heureusement, Monsieur D. a fait vérifier le protocole par son avocat spécialisé qui a immédiatement relevé l’anomalie et obtenu la rectification.

Le détail de l’indemnisation poste par poste

C’est la partie la plus importante du protocole transactionnel. L’indemnisation doit être détaillée poste par poste selon la nomenclature Dintilhac, le référentiel qui recense l’ensemble des postes de préjudice indemnisables en droit français. Chaque poste doit faire l’objet d’un montant spécifique. Une indemnisation « globale » sans détail est un signal d’alerte majeur.

Préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation)

  • Dépenses de santé actuelles (DSA) : il faut vérifier que toutes les dépenses sont prises en compte, y compris les frais restés à charge (dépassements d’honoraires, soins non remboursés, appareillage).
  • Frais divers (FD) : honoraires du médecin-conseil de victime, frais de déplacement pour les consultations et expertises, aide ménagère temporaire, garde d’enfants durant l’hospitalisation. Tout doit figurer.
  • Pertes de gains professionnels actuels (PGPA) : vérifier le calcul (revenus de référence, période d’arrêt de travail, déduction des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale).
  • Assistance tierce personne temporaire (ATP) : vérifier le nombre d’heures retenu, le tarif horaire appliqué et la période couverte.
📊 Tarif horaire de l'assistance tierce personne

Le tarif horaire retenu pour l’assistance tierce personne varie considérablement selon les assureurs. Certains proposent 13 à 16 € de l’heure, alors que les tribunaux accordent généralement entre 18 et 25 € de l’heure (voire davantage pour une aide spécialisée). Sur plusieurs années, l’écart peut représenter des dizaines de milliers d’euros.

Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation)

  • Dépenses de santé futures (DSF) : vérifier que les frais futurs prévisibles sont correctement capitalisés (renouvellement de prothèses, soins au long cours, médicaments à vie).
  • Frais de logement adapté (FLA) et frais de véhicule adapté (FVA) : s’ils sont nécessaires, ils doivent impérativement figurer au protocole avec un chiffrage précis.
  • Assistance tierce personne permanente (ATP) : vérifier le nombre d’heures journalier, le tarif horaire et surtout le barème de capitalisation utilisé. Le barème de la Gazette du Palais est plus favorable aux victimes que celui habituellement utilisé par les assureurs.
  • Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) : vérifier les revenus de référence retenus et le barème de capitalisation appliqué.
  • Incidence professionnelle (IP) : ce poste autonome couvre la pénibilité accrue au travail, la dévalorisation sur le marché de l’emploi, la perte de droits à la retraite. Il ne doit pas être confondu avec les PGPF.

Préjudices extra-patrimoniaux (préjudices personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : vérifier la base journalière retenue (environ 28 à 30 € pour un DFT total selon la jurisprudence actuelle) et les périodes de DFT par classe (total, partiel classe 1 à 4).
  • Souffrances endurées (SE) : comparer le montant proposé avec les barèmes du pretium doloris et la jurisprudence locale pour le même taux.
  • Préjudice esthétique permanent (et temporaire le cas échéant) : même vérification comparative.
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) : vérifier le point d’indemnisation (valeur monétaire attribuée à chaque point de DFP selon l’âge de la victime). Les barèmes des assureurs sont souvent sensiblement inférieurs à ceux des tribunaux.
  • Préjudice d’agrément, préjudice sexuel, préjudice d’établissement : s’assurer qu’aucun poste retenu par l’expert n’est omis dans le protocole. La victime peut utiliser le simulateur de préjudice d’agrément ou le simulateur de préjudice sexuel pour comparer les montants.
Demander un chiffrage comparatif

Il est vivement recommandé de demander à un avocat spécialisé de réaliser un chiffrage comparatif entre l’offre figurant au protocole et ce que les tribunaux accordent habituellement pour des préjudices similaires. Le référentiel Mornet et les exemples d’indemnisation en dommage corporel sont des outils précieux pour cette comparaison. Ce travail permet de visualiser l’écart et de décider en connaissance de cause.

La déduction des débours des organismes sociaux

Le protocole transactionnel doit mentionner le montant des créances des organismes sociaux (CPAM, mutuelle, organisme de prévoyance) qui sont déduites de l’indemnisation brute pour calculer l’indemnisation nette revenant effectivement à la victime. Ce mécanisme s’appelle le recours subrogatoire des organismes sociaux.

Les points de contrôle essentiels sont les suivants :

  • L’imputation des débours se fait bien poste par poste et non de manière globale. Depuis la loi du 21 décembre 2006, les créances des organismes sociaux s’imputent uniquement sur les postes de préjudice qu’elles réparent effectivement.
  • Les débours de la CPAM ne sont pas imputés sur les postes extra-patrimoniaux (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, etc.). Ces postes de préjudice personnel ne supportent aucune déduction.
  • Le montant exact des débours est vérifié en demandant l’attestation définitive de la CPAM (appelée « état des débours définitifs »).
  • Le droit de préférence de la victime est respecté sur chaque poste : la victime est indemnisée en priorité, et le tiers payeur ne récupère sa créance que sur le solde éventuel.
⚠️ Imputation globale : un piège fréquent

Certains protocoles transactionnels déduisent les créances des organismes sociaux de manière globale, sans distinction entre les postes patrimoniaux et extra-patrimoniaux. Cette pratique est contraire à la loi et pénalise lourdement la victime. Si le protocole contient une imputation globale, il faut impérativement demander la correction avant toute signature.

Les clauses essentielles à ne pas négliger

Au-delà des montants, plusieurs clauses du protocole transactionnel méritent une attention particulière. L’absence ou la mauvaise rédaction de l’une d’entre elles peut avoir des conséquences graves pour la victime.

La clause de réserve d’aggravation

C’est sans doute la clause la plus importante de tout le protocole. La clause de réserve d’aggravation réserve expressément le droit de la victime de demander une indemnisation complémentaire en cas d’aggravation de son état de santé en lien avec l’accident initial.

Sans cette clause, la victime pourrait se retrouver dans l’impossibilité de rouvrir son dossier si son état venait à se dégrader des mois ou des années après la signature du protocole.

📌 La réserve d'aggravation : un droit fondamental

La clause de réserve d’aggravation doit figurer expressément dans le protocole. Elle doit mentionner que la victime se réserve le droit de réclamer une indemnisation complémentaire en cas d’aggravation médicalement constatée, en lien direct avec l’accident. Si l’assureur refuse d’inclure cette clause, c’est un motif sérieux de ne pas signer le protocole.

La clause de renonciation à recours

Cette clause est systématiquement présente dans les protocoles transactionnels. Elle stipule que la victime renonce à tout recours ultérieur contre l’assureur et le responsable pour les mêmes faits et les mêmes préjudices. C’est la contrepartie normale de la transaction.

Il faut cependant vérifier :

  • Que la renonciation porte bien sur les préjudices listés dans le protocole et non sur « tous préjudices confondus » de manière trop large.
  • Que la renonciation ne concerne pas les préjudices qui n’auraient pas été indemnisés (par oubli ou omission).
  • Que la clause de réserve d’aggravation est bien exclue du champ de la renonciation.

Les modalités de paiement

Le protocole doit préciser :

  • Le montant net revenant à la victime après déduction des débours et des éventuelles provisions déjà versées.
  • Le délai de paiement : en principe, l’assureur dispose d’un délai de 45 jours à compter de la réception du protocole signé pour procéder au versement. Passé ce délai, les sommes produisent des intérêts au double du taux légal.
  • Les modalités de versement : virement bancaire, chèque. Le RIB de la victime doit être correct.
⚖️ Article L211-17 du Code des assurances

En matière d’accident de la circulation, si l’assureur n’a pas versé l’indemnité dans un délai de 45 jours à compter de l’accord, les sommes non versées produisent de plein droit intérêt au taux légal majoré de moitié durant deux mois, puis au double du taux légal. Cette disposition protège la victime contre les retards de paiement abusifs.

Le délai de rétractation

En matière d’accident de la circulation soumis à la loi Badinter du 5 juillet 1985, la victime dispose d’un délai de rétractation de 15 jours à compter de la date de signature du protocole. Pendant ce délai, la victime peut revenir sur sa décision en envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception à l’assureur.

⚠️ Délai de rétractation : attention aux autres types d'accidents

Le délai de rétractation de 15 jours prévu par la loi Badinter ne s’applique qu’aux accidents de la circulation. Pour les autres types d’accidents (accident de la vie, accident médical, agression), il n’existe pas de délai de rétractation légal, sauf si le protocole le prévoit expressément. Une fois signé, le protocole est définitif. Cela renforce encore la nécessité de tout vérifier avant la signature.

Les erreurs graves à ne pas commettre

Certaines erreurs, malheureusement fréquentes, peuvent coûter très cher à la victime. Voici les principales à éviter absolument :

  • Signer sous la pression : certains assureurs ou leurs gestionnaires exercent une pression temporelle (« l’offre est valable 15 jours seulement »). La victime ne doit jamais céder à la précipitation. Un protocole transactionnel peut toujours être négocié et modifié avant signature.
  • Ne pas se faire accompagner : signer un protocole sans l’avis d’un avocat spécialisé en dommage corporel est l’erreur la plus coûteuse. L’avocat vérifie chaque montant, chaque clause, chaque déduction.
  • Accepter une indemnisation globale : si le protocole propose un montant « tout confondu » sans détail poste par poste, la victime doit exiger une ventilation conforme à la nomenclature Dintilhac.
  • Oublier de vérifier la déduction des provisions : les provisions déjà versées en cours de procédure doivent être déduites du montant total. Il faut vérifier que le calcul est exact et qu’aucune provision fictive n’est comptabilisée. Il est possible de demander une provision en amont si nécessaire.
  • Négliger la fiscalité : en principe, les indemnités réparant un préjudice corporel sont exonérées d’impôt sur le revenu. Mais certaines situations particulières (rentes, placements) peuvent avoir des implications fiscales. La page sur indemnisation et fiscalité détaille ces questions.
💡 Cas pratique : une signature précipitée aux conséquences lourdes

Madame L., 42 ans, victime d’un accident médical, reçoit un protocole transactionnel proposant 45 000 € « tous postes confondus ». Pressée par des difficultés financières et par le gestionnaire de l’assurance qui insiste sur l’urgence de signer, elle accepte sans consulter d’avocat. Son état s’aggrave deux ans plus tard, nécessitant une nouvelle intervention chirurgicale. Malheureusement, le protocole ne contenait aucune clause de réserve d’aggravation. Par ailleurs, un chiffrage réalisé a posteriori par un avocat estime que ses préjudices valaient au minimum 120 000 € si l’indemnisation avait été détaillée poste par poste. Madame L. a perdu plus de 75 000 € d’indemnisation.

Comment contester ou annuler un protocole transactionnel déjà signé ?

L’annulation d’un protocole transactionnel est exceptionnelle, mais elle n’est pas totalement impossible. Le droit français prévoit quelques cas limités dans lesquels la victime peut demander la nullité de la transaction :

  • Erreur sur la personne ou sur l’objet de la contestation (article 2053 du Code civil) : par exemple, si le protocole a été établi sur la base d’un dossier médical erroné.
  • Dol : si l’assureur a trompé intentionnellement la victime (dissimulation d’informations, manœuvres frauduleuses).
  • Violence ou contrainte : si la victime a été contrainte de signer sous la menace ou la pression abusive.
  • Lésion : en matière d’accident de la circulation (loi Badinter), si l’indemnité est manifestement insuffisante, la victime peut demander un complément au juge.

Dans tous les cas, la contestation d’un protocole transactionnel est une procédure judiciaire complexe qui nécessite l’assistance d’un avocat spécialisé. Le délai de prescription en dommage corporel est de 10 ans à compter de la consolidation, mais la prescription pour contester une transaction est plus courte (5 ans à compter de la découverte de la cause de nullité).

⚖️ Article 2053 du Code civil

La transaction peut être annulée lorsqu’il y a erreur dans la personne ou sur l’objet de la contestation. Elle peut l’être dans tous les cas où il y a dol ou violence. Ce texte constitue le fondement juridique d’une éventuelle action en nullité du protocole transactionnel.

📞 Besoin d'un avis sur un protocole transactionnel ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), aide les victimes à analyser leur protocole transactionnel avant signature. Il est possible d’obtenir un avis gratuit et confidentiel pour vérifier les montants proposés et les clauses du protocole. Utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels peut également donner une première estimation comparative.

Les étapes clés avant de signer un protocole transactionnel

Pour résumer la démarche à suivre, voici les étapes recommandées à toute victime qui reçoit un protocole transactionnel :

  1. Lire intégralement le protocole, sans précipitation, en prenant des notes sur chaque point qui suscite un doute.
  2. Vérifier la conformité avec le rapport d’expertise médicale : comparer chaque donnée médicale (taux de DFP, souffrances endurées, date de consolidation) avec le rapport original.
  3. Contrôler l’indemnisation poste par poste en comparant avec les barèmes d’indemnisation et la jurisprudence récente.
  4. Vérifier les déductions : provisions déjà versées, créances des organismes sociaux, imputation poste par poste.
  5. S’assurer de la présence de la clause de réserve d’aggravation.
  6. Faire examiner le protocole par un avocat spécialisé ou par la permanence de victime-info.fr.
  7. Négocier les montants insuffisants avant de signer.
  8. Signer seulement si le protocole est satisfaisant, en conservant une copie signée.
📌 L'essentiel à retenir sur le protocole transactionnel

  • Le protocole transactionnel est un acte juridique définitif et irrévocable (hors délai de rétractation de 15 jours pour les accidents de la route).
  • L’indemnisation doit être détaillée poste par poste selon la nomenclature Dintilhac.
  • La clause de réserve d’aggravation est indispensable.
  • Les débours des organismes sociaux doivent être imputés poste par poste et jamais sur les postes extra-patrimoniaux.
  • La victime ne doit jamais signer sans l’avis d’un avocat spécialisé en dommage corporel.
  • En cas de doute, la permanence de victime-info.fr peut aider gratuitement.

Questions fréquentes sur le protocole transactionnel

Questions fréquentes


La victime peut-elle modifier le protocole transactionnel avant de le signer ?

Oui, absolument. Le protocole transactionnel est un projet d’accord qui peut être négocié et modifié avant signature. La victime a parfaitement le droit de demander des corrections, de contester certains montants ou d’exiger l’ajout de clauses (notamment la réserve d’aggravation). L’assureur ne peut pas imposer un protocole « à prendre ou à laisser ». En cas de désaccord persistant, la victime peut toujours refuser l’offre et saisir le tribunal.


Que se passe-t-il si la victime ne signe pas le protocole transactionnel ?

Si la victime refuse de signer le protocole, la procédure amiable échoue et les négociations peuvent se poursuivre. Si aucun accord n’est trouvé, la victime a la possibilité de saisir le tribunal pour faire juger son affaire. Un juge fixera alors le montant de l’indemnisation. La voie judiciaire est souvent plus longue, mais elle permet parfois d’obtenir des indemnisations supérieures à l’offre de l’assureur. La victime peut également demander un référé-provision pour obtenir rapidement une avance sur indemnisation.


L'assureur peut-il revenir sur un protocole transactionnel après l'avoir signé ?

En principe, non. Le protocole transactionnel a l’autorité de la chose jugée en dernier ressort et lie les deux parties. L’assureur ne peut pas revenir unilatéralement sur les montants convenus. Toutefois, dans des cas exceptionnels (erreur matérielle, fraude de la victime), l’assureur pourrait tenter de demander la nullité de la transaction devant un tribunal.


Le protocole transactionnel doit-il être rédigé par un notaire ?

Non, le protocole transactionnel n’a pas besoin d’être établi par un notaire. C’est un acte sous seing privé (signé entre les parties sans intervention d’un officier public). Cependant, pour les indemnisations importantes ou les victimes mineures ou protégées, le recours à un notaire ou l’homologation judiciaire du protocole peut être nécessaire. En cas de victime mineure, le juge des tutelles doit autoriser la transaction.


Quel est le délai de paiement après la signature du protocole ?

En matière d’accident de la circulation, l’assureur dispose d’un délai de 45 jours à compter de la réception du protocole signé pour effectuer le versement. Au-delà, les sommes produisent des intérêts au double du taux légal. Pour les autres types d’accidents, le délai de paiement est celui prévu par le protocole lui-même (généralement 30 à 60 jours).


L'indemnisation reçue via un protocole transactionnel est-elle imposable ?

En règle générale, les indemnités versées en réparation d’un préjudice corporel sont exonérées d’impôt sur le revenu. Cela concerne aussi bien les indemnités versées en capital qu’en rente. En revanche, les intérêts produits par le placement de ces sommes sont imposables. Pour plus de détails, consulter la page indemnisation et fiscalité.


Conclusion : protéger ses droits face au protocole transactionnel

Le protocole transactionnel est l’aboutissement de tout le processus d’indemnisation du dommage corporel. C’est le moment où tout se joue : un protocole bien vérifié garantit une indemnisation juste et complète ; un protocole signé à la hâte peut priver la victime de sommes considérables, parfois de manière définitive.

Chaque victime a le droit de prendre le temps nécessaire, de poser des questions, de demander des modifications et de se faire accompagner. Le soutien d’un avocat spécialisé en dommage corporel, d’un médecin-conseil de victime et d’une association d’aide aux victimes est un investissement qui peut faire la différence entre une indemnisation au rabais et une réparation intégrale de l’ensemble des préjudices subis.

📞 Besoin d'aide pour vérifier un protocole transactionnel ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes de dommages corporels. Il est possible d’envoyer son protocole transactionnel pour une analyse gratuite et confidentielle. Ne pas signer avant d’avoir un avis éclairé.

Témoignages

Bon alors moi j’ai failli signer le protocole direct tellement j’en avais marre d’attendre.. ça faisait 3 ans que je galérais avec l’assurance. Heureusement ma fille m’a dit de le faire vérifier avant. J’ai contacté la permanence de victime-info.fr qui m’a orienté vers un avocat specialisé. Résultat : l’avocat a trouvé qu’il manquait 2 postes de préjudice et que le tarif horaire de l’aide à domicile était sous-évalué. Au final j’ai obtenu 38 000€ de plus que l’offre initiale.. je vous dit pas ce que ça aurait été si j’avais signé le premier protocole

— Patrick, 55 ans, accident de la route

Franchement quand j’ai reçu le protocole j’y comprenais rien du tout.. tous ces termes juridiques, les postes de prejudice, les débours de la sécu.. j’ai trouvé ce site qui explique vraiment bien et j’ai pu comprendre poste par poste ce qui était proposé. Après j’ai pris un avocat qui a renégocié parce qu’effectivement y avait des trucs pas normaux, notament les souffrances endurées qui étaient sous-évaluées. Moralité : faut JAMAIS signer sans comprendre ce qu’on signe

— Amina, 31 ans, victime d'agression

Moi mon cas c’était une erreur médicale, l’assurance de la clinique m’a envoyé un protocole 18 mois après l’expertise. Le montant avait l’air correct au premier coup d’oeil mais en fait il manquait la clause de réserve d’aggravation. Et vu que mon état peut encore évoluer d’après mon chirurgien, sans cette clause j’aurais été bloqué. Merci au site victime-info.fr pour l’info, c’est grace a ça que j’ai refusé de signer tant que la clause était pas ajoutée. L’assurance a fini par l’ajouter, fallait juste insister.

— Jean-Marc, 48 ans, accident médical