Logo victime-info.fr victime-info.fr Cliquez ici pour contacter la permanence

Erreur médicale en anesthésie : recours et indemnisation des victimes

L’anesthésie est un acte médical courant mais qui comporte des risques réels. Lorsqu’une erreur d’anesthésie survient — surdosage, défaut de surveillance, allergie non détectée, intubation traumatique — les conséquences pour la personne opérée peuvent être dramatiques : séquelles neurologiques, coma, voire décès. La victime d’une telle erreur médicale dispose pourtant de recours pour obtenir la réparation intégrale de ses préjudices.

Ce guide détaille les différents types d’erreurs liées à l’anesthésie, les démarches à entreprendre pour engager la responsabilité du médecin anesthésiste, les postes de préjudice indemnisables et les montants auxquels la victime peut prétendre. Pour toute question, la permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes concernées dans leurs premières démarches.

Les différents types d’erreurs d’anesthésie

L’anesthésie recouvre plusieurs techniques — anesthésie générale, anesthésie locorégionale (péridurale, rachianesthésie), sédation — et chacune comporte des risques spécifiques. Une erreur d’anesthésie peut survenir à chaque étape du processus : avant, pendant ou après l’intervention chirurgicale.

Erreurs lors de la consultation pré-anesthésique

La consultation pré-anesthésique est obligatoire avant toute intervention programmée. Elle doit avoir lieu au minimum 48 heures avant l’opération. L’anesthésiste y évalue l’état de santé du patient, ses antécédents, ses allergies et les traitements en cours. Les erreurs à ce stade incluent :

  • Défaut d’interrogatoire : l’anesthésiste ne pose pas les questions essentielles sur les allergies, les traitements anticoagulants, les antécédents cardiaques ou respiratoires
  • Défaut d’information : la personne n’est pas informée des risques liés au type d’anesthésie envisagé, en violation de la loi Kouchner de 2002
  • Absence d’examens complémentaires : bilan sanguin, ECG ou radiographie non prescrits alors que l’état du patient l’exigeait
  • Erreur d’évaluation du risque anesthésique : mauvaise classification ASA (score de risque), choix d’une technique inadaptée
⚠️ Défaut d'information : un préjudice autonome

Même en l’absence de faute technique, l’anesthésiste qui n’informe pas correctement la personne des risques encourus commet une faute. La victime peut être indemnisée au titre de la perte de chance d’avoir pu refuser l’intervention ou choisir une autre technique. Ce défaut d’information constitue un préjudice autonome reconnu par la jurisprudence.

Erreurs pendant l’anesthésie

Les erreurs peropératoires sont souvent les plus graves. Elles concernent :

  • Surdosage anesthésique : administration d’une dose trop élevée de produit anesthésique, provoquant un arrêt cardiaque, un coma ou des séquelles neurologiques
  • Sous-dosage : la personne se réveille pendant l’opération (phénomène appelé awareness), avec des conséquences psychologiques majeures (stress post-traumatique)
  • Erreur de produit : injection du mauvais produit, confusion entre deux seringues
  • Intubation traumatique : lésion des dents, de la trachée ou de l’œsophage lors de la mise en place du tube endotrachéal
  • Mauvais positionnement du patient : compression nerveuse entraînant une paralysie partielle (plexus brachial notamment)
  • Défaut de surveillance du monitorage : l’anesthésiste ne détecte pas à temps une chute de la saturation en oxygène, une hypotension ou une arythmie
  • Choc anaphylactique non géré : réaction allergique grave mal prise en charge
💡 Cas pratique : surdosage lors d'une chirurgie ambulatoire

Une femme de 52 ans subit une arthroscopie du genou sous anesthésie générale. L’anesthésiste administre une dose de propofol calculée sans tenir compte de son obésité morbide, en se basant uniquement sur son poids total au lieu du poids ajusté. Elle présente un arrêt cardiorespiratoire peropératoire. Réanimée, elle conserve des séquelles neurologiques (troubles mnésiques, difficultés de concentration). L’expertise conclut à une faute dans le calcul de la posologie. L’indemnisation couvre l’ensemble des préjudices, y compris le déficit fonctionnel temporaire et les souffrances endurées.

Erreurs en phase post-opératoire (salle de réveil)

La surveillance en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI, dite « salle de réveil ») est une obligation légale. Les erreurs à ce stade comprennent :

  • Défaut de surveillance des constantes vitales
  • Retour en chambre trop précoce alors que la personne n’a pas complètement récupéré
  • Non-détection d’un saignement, d’une détresse respiratoire ou d’une réaction allergique retardée
  • Gestion inadéquate de la douleur post-opératoire

Erreurs liées à l’anesthésie locorégionale

La péridurale, la rachianesthésie et les blocs nerveux comportent des risques spécifiques :

  • Lésion nerveuse : atteinte d’un nerf ou de la moelle épinière lors de la ponction
  • Hématome péridural : complication hémorragique pouvant comprimer la moelle
  • Infection du site de ponction (méningite, abcès épidural)
  • Céphalées post-ponction : brèche de la dure-mère non détectée ou mal traitée
Péridurale et accouchement

Les erreurs d’anesthésie péridurale lors de l’accouchement sont relativement fréquentes et peuvent entraîner des séquelles durables. La personne concernée dispose des mêmes droits à indemnisation que pour toute autre erreur médicale en maternité. Il est essentiel de conserver l’ensemble du dossier obstétrical, y compris le compte rendu d’anesthésie.

L’obligation de l’anesthésiste et la faute médicale

Pour obtenir une indemnisation en cas d’erreur d’anesthésie, il faut en principe démontrer l’existence d’une faute, d’un préjudice et d’un lien de causalité entre les deux. La nature de l’obligation de l’anesthésiste détermine le régime de responsabilité applicable.

Obligation de moyens renforcée

L’anesthésiste est tenu à une obligation de moyens : il doit mettre en œuvre tous les moyens conformes aux données acquises de la science pour assurer la sécurité de la personne anesthésiée. Cette obligation est dite « renforcée » en raison du caractère particulièrement dangereux de l’acte anesthésique.

Concrètement, l’anesthésiste doit :

  • Réaliser une consultation pré-anesthésique complète
  • Choisir la technique et les produits adaptés au profil de la personne
  • Assurer une surveillance continue pendant l’acte
  • Rester présent ou joignable pendant toute la durée de l’intervention
  • Superviser la surveillance post-opératoire en SSPI
⚖️ Article L.1142-1 du Code de la santé publique

Les professionnels de santé ne sont responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu’en cas de faute. Ce principe, posé par la loi Kouchner du 4 mars 2002, s’applique pleinement à l’anesthésiste. La victime doit prouver la faute, sauf en cas d’infection nosocomiale où la responsabilité est sans faute pour les établissements de santé.

Les cas de responsabilité sans faute

Dans certaines situations, la victime peut être indemnisée même sans faute prouvée de l’anesthésiste :

  • Infection nosocomiale : l’établissement de santé est présumé responsable (responsabilité de plein droit). Si l’infection survient dans le cadre de l’anesthésie (infection sur cathéter, abcès au point de ponction), la personne n’a pas à prouver la faute.
  • Aléa thérapeutique : lorsqu’un accident médical non fautif entraîne des conséquences anormales au regard de l’état de santé de la personne et de l’évolution prévisible, l’indemnisation peut être prise en charge par l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) au titre de la solidarité nationale.
📌 Faute ou pas faute : des droits dans les deux cas

La victime d’un accident d’anesthésie peut être indemnisée même en l’absence de faute de l’anesthésiste, si les conditions de l’aléa thérapeutique sont réunies (conséquences anormalement graves, AIPP supérieur à 24 % ou arrêt de travail supérieur à 6 mois). La demande est alors adressée à l’ONIAM via la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI).

Les conséquences d’une erreur d’anesthésie

Les séquelles d’une erreur d’anesthésie varient considérablement selon la nature et la gravité de l’accident. Elles peuvent être temporaires ou permanentes, physiques ou psychologiques.

Conséquences neurologiques

L’anoxie cérébrale (manque d’oxygène au cerveau) consécutive à un arrêt cardiorespiratoire ou à une mauvaise gestion des voies aériennes constitue la complication la plus redoutée. Elle peut entraîner :

Conséquences physiques

  • Fractures dentaires lors de l’intubation
  • Lésions des cordes vocales, enrouement chronique
  • Paralysie d’un membre (lésion du plexus brachial, lésion nerveuse lors d’un bloc)
  • Douleurs chroniques au site de ponction (lombalgies après péridurale ou rachianesthésie)

Conséquences psychologiques

Le réveil peropératoire (awareness) peut engendrer un syndrome de stress post-traumatique sévère. La personne, paralysée par les curares mais consciente, ressent la douleur et la panique sans pouvoir s’exprimer. D’autres conséquences psychologiques incluent l’anxiété généralisée, la dépression et la phobie des soins médicaux.

📊 Le réveil peropératoire en chiffres

Le phénomène de réveil sous anesthésie (awareness) touche environ 1 à 2 patients sur 1 000 sous anesthésie générale. Les études montrent que 50 à 70 % des personnes concernées développent un syndrome de stress post-traumatique nécessitant une prise en charge psychologique prolongée.

Les recours de la victime d’une erreur d’anesthésie

Plusieurs voies de recours s’offrent à la victime d’un accident d’anesthésie. Le choix dépend des circonstances (faute ou aléa), du contexte (établissement public ou privé) et des objectifs (rapidité, montant de l’indemnisation).

1. La procédure amiable auprès de l’assureur de l’anesthésiste

La victime peut adresser une demande d’indemnisation amiable à l’assureur de l’anesthésiste ou de l’établissement de santé. Cette démarche suppose de réunir un dossier médical complet et de disposer d’un avis médical étayant la faute.

2. La saisine de la CCI (ex-CRCI)

La Commission de Conciliation et d’Indemnisation (anciennement CRCI) est une procédure gratuite et relativement rapide (environ 6 à 12 mois). Elle présente plusieurs avantages :

  • Procédure gratuite : pas de frais d’avocat obligatoires, pas de frais d’expertise
  • Expertise médicale ordonnée et financée par la CCI
  • Compétence pour les accidents fautifs et non fautifs (aléa thérapeutique)

Conditions d’accès : l’accident doit avoir entraîné une AIPP (atteinte permanente à l’intégrité physique) supérieure à 24 %, ou un arrêt de travail de plus de 6 mois, ou des troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence.

⚠️ La CCI ne garantit pas l'indemnisation intégrale

Si la CCI constitue un recours accessible et gratuit, les offres d’indemnisation formulées par les assureurs à la suite d’un avis de la CCI sont souvent inférieures aux montants obtenus devant les tribunaux. La victime peut toujours refuser l’offre et saisir la justice. Il est recommandé de se faire assister par un avocat spécialisé en dommages corporels pour évaluer l’offre reçue.

3. La procédure judiciaire

La victime peut saisir directement la justice :

  • Tribunal judiciaire (anciennement TGI) pour un anesthésiste exerçant en libéral ou dans un établissement privé
  • Tribunal administratif pour un anesthésiste exerçant dans un hôpital public

La procédure judiciaire permet en général d’obtenir des indemnisations plus élevées, mais elle est plus longue (1 à 3 ans en première instance) et plus coûteuse (frais d’avocat, expertise judiciaire).

4. La plainte pénale

En cas de faute grave ayant entraîné des blessures ou un décès, la victime ou ses proches peuvent déposer plainte auprès du procureur de la République. L’anesthésiste peut être poursuivi pour :

  • Blessures involontaires (article 222-19 du Code pénal)
  • Homicide involontaire (article 221-6 du Code pénal)

La procédure pénale peut être menée parallèlement à la procédure civile d’indemnisation.

Obtenir le dossier médical : un droit fondamental

Avant d’engager tout recours, il est impératif de récupérer l’intégralité du dossier médical : compte rendu opératoire, feuille d’anesthésie, feuille de surveillance en SSPI, résultats de la consultation pré-anesthésique. L’établissement doit communiquer ces documents sous 8 jours (ou 2 mois pour les documents de plus de 5 ans). Ce droit est garanti par la loi Kouchner.

L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation

L’expertise médicale est l’étape déterminante de toute procédure d’indemnisation pour erreur d’anesthésie. C’est elle qui établit (ou non) la faute, évalue le lien de causalité et quantifie les préjudices de la victime.

Le déroulement de l’expertise

L’expertise se déroule généralement en plusieurs temps, conformément au processus classique d’expertise médicale :

  1. Examen du dossier médical complet
  2. Audition de la victime sur les circonstances de l’accident et les conséquences au quotidien
  3. Examen clinique
  4. Discussion entre les experts (expert judiciaire et médecin conseil de la victime)
  5. Rédaction du rapport d’expertise avec les conclusions

L’expert se prononce notamment sur :

  • La conformité de l’acte d’anesthésie aux règles de l’art
  • L’existence d’une faute technique ou d’un manquement aux obligations
  • Le lien de causalité entre la faute et les séquelles
  • La date de consolidation (stabilisation de l’état de santé)
  • L’évaluation de chaque poste de préjudice selon la nomenclature Dintilhac
⚠️ Ne jamais se rendre seul à une expertise médicale

L’expertise médicale est un moment crucial qui conditionne directement le montant de l’indemnisation. L’assureur de l’anesthésiste sera représenté par son propre médecin conseil. La victime doit impérativement être assistée par un médecin conseil de victimes indépendant, qui défendra ses intérêts et veillera à ce que tous les préjudices soient correctement évalués.

Le choix du médecin conseil de victimes

Le médecin conseil de victimes est un médecin spécialisé dans l’évaluation du dommage corporel qui assiste la personne blessée lors de l’expertise. Son rôle est fondamental : il prépare le dossier, accompagne la victime pendant l’expertise et conteste si nécessaire les conclusions de l’expert. Il est possible de trouver un médecin expert de victimes via l’annuaire de victime-info.fr.

📞 Besoin d'être orienté vers un médecin conseil ?

La permanence de victime-info.fr aide gratuitement les victimes d’erreurs médicales à trouver un médecin conseil de victimes et un avocat spécialisé en dommages corporels dans leur région.

Les postes de préjudice indemnisables

L’indemnisation d’un dommage corporel obéit au principe de réparation intégrale : la victime doit être replacée, autant que possible, dans la situation qui aurait été la sienne si l’accident n’avait pas eu lieu. Les préjudices sont classés selon la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux (économiques) et extrapatrimoniaux (personnels).

Préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation)

  • Dépenses de santé actuelles (DSA) : frais médicaux, hospitalisation, rééducation, appareillage
  • Frais divers (FD) : déplacements pour soins, aide ménagère, assistance par tierce personne temporaire
  • Pertes de gains professionnels actuels (PGPA) : salaires perdus pendant l’arrêt de travail

Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation)

  • Dépenses de santé futures (DSF) : soins à vie, prothèses, traitements médicamenteux
  • Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) : perte ou réduction de la capacité de travail
  • Incidence professionnelle (IP) : pénibilité accrue, dévalorisation sur le marché du travail, reconversion professionnelle
  • Assistance par tierce personne permanente : aide humaine nécessaire au quotidien

Préjudices extrapatrimoniaux temporaires

Préjudices extrapatrimoniaux permanents

Préjudice des proches : les victimes par ricochet

Les proches de la victime d’une erreur d’anesthésie grave (conjoint, enfants, parents) disposent également de droits à indemnisation. Le préjudice moral des proches (préjudice d’affection) est un poste autonome, de même que le préjudice économique subi par le foyer en raison de la perte de revenus.

Montants d’indemnisation pour une erreur d’anesthésie

Les montants d’indemnisation pour une erreur d’anesthésie varient considérablement selon la gravité des séquelles. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives et se basent sur la jurisprudence récente et les référentiels indicatifs (Mornet 2022).

📊 Fourchettes d'indemnisation selon la gravité

  • Séquelles légères (intubation traumatique, fractures dentaires, céphalées post-ponction) : 5 000 à 30 000 euros
  • Séquelles modérées (lésion nerveuse partielle, douleurs chroniques, réveil peropératoire avec PTSD) : 30 000 à 150 000 euros
  • Séquelles graves (paralysie d’un membre, troubles cognitifs importants) : 150 000 à 500 000 euros
  • Séquelles très graves (tétraplégie, état végétatif, handicap lourd) : 500 000 à plusieurs millions d’euros
  • Décès : indemnisation des proches (préjudice d’affection, préjudice économique, frais d’obsèques) : 50 000 à 400 000 euros selon la composition familiale

💡 Cas pratique : indemnisation après anoxie cérébrale

Un homme de 38 ans, menuisier, subit une intervention programmée au genou. L’anesthésiste quitte la salle d’opération pendant l’intervention. Un débranchement accidentel du circuit respiratoire passe inaperçu pendant plusieurs minutes. Le patient subit une anoxie cérébrale avec des séquelles neurologiques sévères : troubles de la mémoire, épilepsie, impossibilité de reprendre son activité professionnelle. Le taux d’AIPP est fixé à 45 %. L’indemnisation totale, incluant les pertes de gains futurs, l’assistance par tierce personne et tous les postes de préjudice personnel, atteint 820 000 euros.

Pour obtenir une estimation personnalisée de l’indemnisation, il est possible d’utiliser les outils de simulation proposés par victime-info.fr ou de contacter directement la permanence.

📞 Estimer l'indemnisation

Ce simulateur permet d’obtenir une première estimation indicative du montant des préjudices corporels en fonction du taux d’AIPP, de l’âge et des circonstances.

Délais de prescription et pièges à éviter

Le respect des délais est crucial pour préserver les droits de la victime. Une action intentée trop tardivement sera irrecevable.

Délai de prescription en matière civile

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Ce délai s’applique que la responsabilité soit contractuelle ou délictuelle.

La date de consolidation (moment où l’état de santé se stabilise) est donc le point de départ du délai. Pour les séquelles neurologiques graves consécutives à une erreur d’anesthésie, la consolidation peut intervenir plusieurs années après l’accident, laissant un délai plus long pour agir.

Délai devant la CCI

La saisine de la CCI doit intervenir dans un délai de 10 ans à compter de la consolidation. Elle suspend le délai de prescription, ce qui permet ensuite de saisir la justice si l’avis rendu est défavorable.

Délai de prescription en matière pénale

  • Blessures involontaires : 6 ans à compter de la date des faits
  • Homicide involontaire : 6 ans à compter de la date du décès
⚠️ Les pièges à éviter absolument

  • Ne jamais accepter la première offre d’indemnisation de l’assureur sans l’avoir fait vérifier par un professionnel. Les premières offres sont systématiquement sous-évaluées, parfois de 50 à 70 %.
  • Ne pas signer de quittance définitive avant la consolidation : une quittance signée est irréversible et empêche toute réclamation ultérieure.
  • Ne pas attendre trop longtemps pour réunir les preuves : comptes rendus, témoignages du personnel, dossier médical.
  • Ne pas confondre le médecin expert de l’assureur avec un médecin indépendant : le médecin désigné par l’assureur défend les intérêts de ce dernier.

Se faire accompagner : avocat et médecin conseil

Face à la complexité des procédures d’indemnisation en matière d’erreur d’anesthésie, l’accompagnement par des professionnels spécialisés est vivement recommandé. Deux intervenants sont essentiels :

L’avocat spécialisé en dommages corporels

Un avocat spécialisé en dommages corporels maîtrise à la fois le droit médical et les techniques d’évaluation des préjudices. Il intervient pour :

  • Analyser le dossier et identifier les fautes commises
  • Choisir la stratégie procédurale la plus adaptée (amiable, CCI, judiciaire)
  • Négocier avec l’assureur
  • Représenter la victime devant les juridictions
  • Vérifier que l’offre d’indemnisation couvre bien l’intégralité des préjudices

Le médecin conseil de victimes

Le médecin conseil de victimes assiste la personne lors des expertises médicales. Son intervention permet d’obtenir une évaluation juste et complète des séquelles. Il est un allié indispensable face au médecin conseil de l’assureur.

📌 Les 5 réflexes en cas d'erreur d'anesthésie

  1. Récupérer immédiatement le dossier médical complet (feuille d’anesthésie, compte rendu opératoire, SSPI)
  2. Consulter un médecin conseil de victimes pour une analyse indépendante
  3. Ne rien signer venant de l’assureur de l’établissement ou de l’anesthésiste
  4. Contacter un avocat spécialisé en dommages corporels
  5. Se rapprocher de la permanence de victime-info.fr pour une orientation gratuite

Questions fréquentes sur l’erreur d’anesthésie et l’indemnisation

Questions fréquentes


Comment prouver une erreur d'anesthésie ?

La preuve d’une erreur d’anesthésie repose principalement sur l’analyse du dossier médical : feuille d’anesthésie, feuille de surveillance peropératoire, compte rendu de SSPI. Un médecin conseil de victimes analyse ces documents pour identifier les manquements (surdosage, défaut de surveillance, absence de l’anesthésiste). L’expertise médicale ordonnée par la CCI ou le juge permet ensuite de confirmer ou non la faute. Il est essentiel de récupérer rapidement le dossier médical pour préserver les preuves.

Quel délai pour agir après une erreur d'anesthésie ?

La victime dispose de 10 ans à compter de la date de consolidation de ses blessures pour engager une action en responsabilité civile (article 2226 du Code civil). Pour une plainte pénale, le délai est de 6 ans à compter de la date des faits. La saisine de la CCI obéit également au délai de 10 ans. Il est toutefois recommandé d’agir le plus tôt possible pour faciliter la collecte des preuves.

Peut-on être indemnisé si l'anesthésiste n'a pas commis de faute ?

Oui. Si l’accident d’anesthésie constitue un aléa thérapeutique (accident médical non fautif) ayant entraîné des conséquences anormalement graves (taux d’AIPP supérieur à 24 % ou arrêt de travail de plus de 6 mois), la victime peut être indemnisée par l’ONIAM au titre de la solidarité nationale, via la procédure devant la CCI.

Combien coûte un avocat pour une erreur d'anesthésie ?

De nombreux avocats spécialisés en dommages corporels acceptent de travailler selon un honoraire de résultat : ils perçoivent un pourcentage (généralement entre 8 et 15 %) de l’indemnisation obtenue, en plus d’un honoraire fixe modéré. La consultation initiale est souvent gratuite. Par ailleurs, la procédure devant la CCI ne nécessite pas obligatoirement d’avocat et est entièrement gratuite, l’expertise étant financée par la commission.

Quels sont les recours en cas de décès suite à une erreur d'anesthésie ?

En cas de décès, les proches (conjoint, enfants, parents, frères et sœurs) peuvent engager les mêmes recours : procédure amiable, saisine de la CCI, procédure judiciaire. Ils peuvent obtenir l’indemnisation du préjudice d’affection (préjudice moral), du préjudice économique (perte de revenus du foyer), des frais d’obsèques et, le cas échéant, des souffrances endurées par la victime avant son décès.

La CCI est-elle obligatoire avant de saisir la justice ?

Non. La saisine de la CCI n’est pas un préalable obligatoire à la procédure judiciaire. La victime peut saisir directement le tribunal. Cependant, la CCI présente l’avantage d’être gratuite, rapide et de permettre une expertise médicale sans frais. Il est possible de saisir la CCI puis, en cas d’insatisfaction, de porter l’affaire devant le juge.


Conclusion : ne pas rester seul face à une erreur d’anesthésie

Une erreur d’anesthésie peut bouleverser durablement la vie de la personne concernée et de ses proches. Que l’accident résulte d’une faute de l’anesthésiste ou d’un aléa thérapeutique, des voies d’indemnisation existent. La clé réside dans la rapidité d’action : récupérer le dossier médical, consulter un médecin conseil de victimes et se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit du dommage corporel.

Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), informe et oriente gratuitement les victimes d’erreurs médicales dans leurs démarches d’indemnisation.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr est disponible pour répondre aux questions, orienter vers un avocat spécialisé ou un médecin conseil de victimes, et aider à constituer le dossier d’indemnisation. Ce service est gratuit et confidentiel.

Témoignages

Bon moi c’est un truc de fou ce qui m’est arrivé.. opération du dos en 2021, l’anesthésiste a mal dosé et je me suis retrouvé en réa pendant 3 jours. Personne me disait rien à l’hôpital évidement. C’est en cherchant sur internet que j’ai trouvé victime-info.fr, ils m’ont expliqué comment récupérer mon dossier médical et orienté vers un avocat spécialisé. Au final après expertise la faute a été reconnue et j’ai obtenu 87 000€ d’indemnisation. Ça a pris 18 mois mais sans eux j’aurais rien fait

— Laurent, 45 ans, erreur d'anesthésie lors d'une opération du dos

Franchement c’est le pire truc qui peut arriver.. moi je me suis réveillée pendant une opération de l’appendicite, j’étais paralysée mais je sentais tout. Depuis j’ai des cauchemars des crises d’angoisse, j’arrive plus à dormir normalement. J’ai saisi la CCI grace aux infos que j’ai trouvé ici, l’expertise a confirmé un défaut de monitorage. Jai eu 42 000€ pour les souffrances et le stress post traumatique. C’est pas assez a mon avis mais au moins c’est reconnu

— Amina, 32 ans, réveil peropératoire

Ma fille de 24 ans a eu une erreur de péridurale pendant son accouchement. Paralysie partielle de la jambe gauche.. on était complétement perdus, on savait pas que c’était une faute médicale. L’hôpital nous a juste dit que c’était une « complication rare ». Heureusement on a consulté un medecin conseil qui a analysé le dossier et a trouvé une erreur de ponction. Procédure en cours devant le tribunal, on demande plus de 200 000€ d’indemnisation. Renseignez vous c’est important

— Philippe, 58 ans, père d'une victime