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Erreur médicale dentaire : recours, responsabilité et indemnisation des victimes

Un acte dentaire qui tourne mal peut entraîner des douleurs chroniques, une perte de sensibilité, des troubles de la mastication ou un préjudice esthétique majeur. Extraction de la mauvaise dent, lésion nerveuse après une dent de sagesse, implants mal posés, prothèse défectueuse : les erreurs médicales dentaires sont plus fréquentes qu’on ne le pense. La victime d’une faute commise par un chirurgien-dentiste dispose de plusieurs recours en responsabilité médicale pour obtenir une réparation intégrale de ses préjudices. Ce guide complet détaille les types d’erreurs, le régime juridique applicable, les démarches à engager et les montants d’indemnisation envisageables. Pour toute question, il est possible de contacter la permanence de victime-info.fr gratuitement.

Les principales erreurs médicales dentaires

Les erreurs dentaires reconnues par les tribunaux et les Commissions de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) couvrent un large spectre d’actes. Elles se classent généralement en trois catégories : les erreurs de traitement, les erreurs prothétiques et les erreurs orthodontiques.

Erreurs de traitement dentaire

Les erreurs de traitement constituent la catégorie la plus fréquente. Elles surviennent lors d’actes courants comme les extractions, les dévitalisations ou les soins sur les dents de sagesse.

  • Extraction de la mauvaise dent — Il s’agit d’une faute inexcusable systématiquement sanctionnée par les juridictions. Le chirurgien-dentiste ne peut invoquer aucune excuse valable pour justifier une telle erreur.
  • Perforation du sinus maxillaire lors d’une extraction ou d’un soin sur les dents supérieures, provoquant une communication bucco-sinusienne.
  • Lésion du nerf alvéolaire inférieur ou du nerf lingual lors d’une extraction de dents de sagesse, entraînant une perte de sensibilité de la lèvre, du menton ou de la langue (paresthésie ou anesthésie).
  • Fracture de la mandibule lors d’une extraction difficile, complication grave nécessitant parfois une intervention chirurgicale.
  • Traitement endodontique défectueux : dévitalisation avec dépassement de pâte au-delà de l’apex, instrument fracturé dans le canal radiculaire, obturation incomplète des canaux.
  • Bris d’instrument laissé dans une racine dentaire sans que la victime en soit informée.
  • Infection post-opératoire liée à un défaut d’asepsie ou à une mauvaise prise en charge antibiotique.
💡 Cas pratique : extraction de la mauvaise dent

Une patiente de 45 ans consulte son chirurgien-dentiste pour l’extraction d’une dent de sagesse inférieure droite (dent 48). Le praticien extrait par erreur la prémolaire adjacente saine (dent 45). La patiente devra subir en plus l’extraction de la dent de sagesse initialement prévue, puis la pose d’un implant pour remplacer la dent saine perdue. Le tribunal a retenu la faute du dentiste et lui a alloué une indemnisation couvrant les frais de reprise, les souffrances endurées et le préjudice esthétique, pour un montant total d’environ 12 000 €.

Erreurs prothétiques

Les actes prothétiques (couronnes, bridges, implants) font l’objet d’un régime juridique particulier car le chirurgien-dentiste est tenu à une obligation de résultat concernant l’adaptation de la prothèse.

  • Prothèse mal ajustée (couronnes, bridges) entraînant des douleurs, un problème d’occlusion ou des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM).
  • Implants dentaires mal positionnés ou posés sans bilan préimplantaire suffisant (scanner, étude de la densité osseuse).
  • Échec implantaire répété sans remise en question du plan de traitement initial.
  • Traitement prothétique excessif : dents saines sacrifiées inutilement pour réaliser un bridge alors qu’un implant unitaire était préférable.
  • Matériaux prothétiques inadaptés ou de qualité insuffisante, entraînant une dégradation prématurée.
Obligation de résultat pour les prothèses dentaires

En matière de prothèses dentaires, la jurisprudence reconnaît une obligation de résultat concernant l’adaptation et la conformité de la prothèse. Si la prothèse est défectueuse (mauvais ajustement, matériaux inadaptés), le dentiste est présumé responsable et doit prouver que le défaut n’est pas de son fait. Cette obligation de résultat est un avantage majeur pour la victime, car c’est au praticien d’apporter la preuve de l’absence de faute, et non l’inverse.

Erreurs orthodontiques

Les traitements orthodontiques, souvent longs (12 à 36 mois), peuvent eux aussi donner lieu à des erreurs préjudiciables pour la personne soignée.

  • Traitement orthodontique inadapté entraînant des résorptions radiculaires (destruction progressive des racines des dents), complication grave pouvant aboutir à la perte de dents.
  • Plan de traitement erroné aboutissant à un résultat esthétique ou fonctionnel insatisfaisant (malocclusion persistante, asymétrie).
  • Absence de surveillance radiologique pendant le traitement, empêchant la détection précoce de résorptions radiculaires.
  • Durée excessive du traitement sans réévaluation du plan initial.
📊 Fréquence des litiges dentaires

Les erreurs dentaires représentent environ 8 à 10 % des dossiers examinés par les CCI en France. Les litiges les plus fréquents concernent l’implantologie (35 %), les soins endodontiques (25 %) et les prothèses (20 %).

Le régime de responsabilité du chirurgien-dentiste

Le chirurgien-dentiste est un professionnel de santé soumis aux mêmes règles de responsabilité médicale que tout médecin. Cependant, la nature de l’acte en cause détermine le type d’obligation applicable et, par conséquent, la charge de la preuve pour la victime.

Nature de l’acte Type d’obligation Conséquence pour la preuve
Soins dentaires (extractions, dévitalisations, soins conservateurs) Obligation de moyens Le patient doit prouver la faute du dentiste
Prothèses et implants Obligation de résultat (pour la partie technique/prothétique) Le dentiste doit prouver l’absence de défaut
Hygiène et asepsie Obligation de sécurité de résultat Le dentiste est présumé responsable en cas d’infection
Information du patient Obligation de résultat Le dentiste doit prouver qu’il a bien informé

Obligation de moyens pour les actes de soins

Pour les actes de soins courants (extractions, dévitalisations, soins conservateurs), le chirurgien-dentiste est tenu à une obligation de moyens. Cela signifie qu’il doit mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour soigner correctement la personne, conformément aux données acquises de la science. La victime doit prouver que le praticien a commis une faute (geste inadapté, manquement aux règles de l’art, défaut de prudence).

⚖️ Article L.1142-1 du Code de la santé publique

Les professionnels de santé ne sont responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu’en cas de faute. Ce principe s’applique pleinement au chirurgien-dentiste pour les actes de soins.

Obligation de résultat pour les prothèses

En matière prothétique, la jurisprudence distingue clairement deux phases :

  • La conception du plan de traitement prothétique : obligation de moyens. Le dentiste doit choisir la solution la plus adaptée au patient.
  • L’adaptation et la conformité de la prothèse : obligation de résultat. La prothèse doit être fonctionnelle, bien ajustée et réalisée avec des matériaux adaptés.

Cette distinction est fondamentale car elle facilite considérablement la démarche d’indemnisation en cas de prothèse défectueuse. La victime n’a pas à prouver la faute : elle doit simplement démontrer que la prothèse est inadaptée.

Obligation d’information renforcée

Le chirurgien-dentiste est également tenu à une obligation d’information envers la personne soignée. Il doit informer de manière claire et complète sur :

  • Le diagnostic posé et les différentes options thérapeutiques
  • Les risques prévisibles liés au traitement proposé
  • Les alternatives possibles et leurs avantages/inconvénients respectifs
  • Le coût du traitement et les éventuels dépassements d’honoraires
⚠️ Défaut d'information : une faute autonome

Le défaut d’information constitue une faute autonome du chirurgien-dentiste, indépendante de toute faute technique. Même si le geste a été réalisé conformément aux règles de l’art, la victime peut obtenir une indemnisation au titre de la perte de chance si elle n’a pas été informée d’un risque qui s’est réalisé. Par exemple, si une lésion du nerf alvéolaire survient après l’extraction d’une dent de sagesse et que la personne n’avait pas été prévenue de ce risque, le dentiste engage sa responsabilité pour défaut d’information.

Les recours possibles en cas d’erreur dentaire

Plusieurs voies de recours s’offrent à la victime d’une erreur médicale dentaire. Le choix de la procédure dépend de la gravité du préjudice, de la rapidité souhaitée et du montant en jeu. Il est possible de cumuler certaines démarches.

Le règlement amiable direct avec le chirurgien-dentiste

Dans un premier temps, il est recommandé d’adresser un courrier recommandé avec accusé de réception au chirurgien-dentiste pour lui exposer le problème et demander une prise en charge. Une copie de ce courrier doit être envoyée à son assureur en responsabilité civile professionnelle (dont les coordonnées figurent normalement dans le cabinet ou sur les documents contractuels). De nombreux litiges dentaires se règlent à ce stade, surtout lorsque l’erreur est évidente.

Modèle de lettre disponible

Pour faciliter cette démarche, il est possible d’utiliser un modèle de lettre type adapté à la mise en cause d’un professionnel de santé. Ce courrier doit décrire précisément les faits, les dommages subis et formuler une demande d’indemnisation.

La saisine de la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation)

Si le préjudice atteint un certain seuil de gravité, la victime peut saisir la CCI (anciennement CRCI). Cette procédure est gratuite et un expert médical est désigné pour évaluer la situation.

Les conditions d’accès à la CCI sont les suivantes :

  • Taux d’incapacité permanente partielle (IPP) supérieur à 24 %
  • OU arrêt de travail d’au moins 6 mois consécutifs (ou 6 mois non consécutifs sur 12 mois)
  • OU troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence
⚠️ Seuil de gravité difficile à atteindre en dentaire

Le seuil de gravité de la CCI est souvent difficile à atteindre pour les erreurs dentaires isolées. Un problème de prothèse ou l’extraction du mauvais dent, bien que préjudiciable, n’entraîne pas toujours un taux d’IPP supérieur à 24 %. En revanche, une lésion nerveuse définitive (perte totale de sensibilité de la lèvre) ou un traitement orthodontique ayant détruit plusieurs racines peut dépasser ce seuil. Lorsque les conditions ne sont pas remplies, la voie judiciaire ou la conciliation ordinale seront plus adaptées.

La conciliation auprès de l’Ordre des chirurgiens-dentistes

La victime peut saisir le Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes pour demander une conciliation. Un conseiller ordinal convoque les deux parties et tente de trouver un accord amiable. Cette procédure est gratuite, relativement rapide (quelques mois) et peut aboutir à un remboursement des soins ou à une indemnisation négociée.

La conciliation ordinale est particulièrement adaptée aux litiges de montant modéré (prothèse à refaire, remboursement de soins).

La voie judiciaire : saisine du tribunal

La victime peut saisir le tribunal judiciaire pour engager la responsabilité civile du chirurgien-dentiste. Le juge ordonnera une expertise médicale judiciaire et pourra condamner le praticien à indemniser l’ensemble des préjudices selon la nomenclature Dintilhac.

L’assistance d’un avocat spécialisé en dommages corporels est vivement recommandée pour cette procédure. Le tribunal peut également condamner le dentiste fautif à rembourser les frais d’avocat et de médecin conseil de la victime.

💡 Cas pratique : lésion nerveuse après extraction de dent de sagesse

Un homme de 32 ans subit l’extraction de ses quatre dents de sagesse sous anesthésie locale. À la suite de l’intervention, il constate une perte totale de sensibilité de la lèvre inférieure gauche et de la moitié gauche du menton. Le scanner post-opératoire révèle une lésion du nerf alvéolaire inférieur. Après une expertise judiciaire, le tribunal retient la faute du chirurgien-dentiste (geste chirurgical inadapté) et accorde à la victime une indemnisation de 35 000 € répartie entre les souffrances endurées, le déficit fonctionnel permanent et le préjudice esthétique.

La plainte disciplinaire auprès de l’Ordre

En parallèle de toute démarche indemnitaire, la victime peut déposer une plainte disciplinaire auprès du Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes si le praticien a manqué à ses obligations déontologiques. Cette procédure peut aboutir à des sanctions (avertissement, blâme, interdiction temporaire ou définitive d’exercer), mais elle ne donne pas lieu à une indemnisation financière.

La plainte disciplinaire est indépendante de l’action en indemnisation. Les deux peuvent être menées simultanément.

📞 Besoin d'un avis sur une erreur dentaire ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter la victime vers le recours le plus adapté à sa situation.

Comment constituer un dossier solide

La constitution d’un dossier complet et bien organisé est une étape déterminante pour maximiser les chances d’obtenir une indemnisation juste. Voici les pièces à rassembler :

  • Dossier dentaire complet : plan de traitement, radiographies panoramiques, clichés rétro-alvéolaires, scanner cone beam, moulages d’étude
  • Devis et factures de tous les soins réalisés par le praticien mis en cause
  • Radiographies avant et après le traitement litigieux (éléments de comparaison essentiels)
  • Certificats médicaux décrivant les dommages subis, établis par un autre praticien
  • Échanges écrits avec le chirurgien-dentiste (courriers, SMS, e-mails, messages via le secrétariat)
  • Avis d’un autre chirurgien-dentiste sur la qualité des soins réalisés
  • Justificatifs de frais engagés pour la reprise des soins (factures du nouveau praticien, frais de transport)
  • Arrêts de travail et justificatifs de pertes de revenus liés aux complications
  • Photos documentant les dommages esthétiques (avant/après si possible)
⚠️ L'expertise médicale est la clé du dossier

En matière dentaire, l’expertise médicale est absolument déterminante. L’expert désigné devra être un chirurgien-dentiste spécialisé dans le domaine concerné (implantologie, orthodontie, endodontie). Il est fortement recommandé de se faire accompagner lors de l’expertise par un médecin conseil de victimes ou un dentiste-conseil indépendant. Ce professionnel défendra les intérêts de la personne accidentée face à l’expert et veillera à ce que tous les préjudices soient correctement évalués.

Il est également recommandé de récupérer l’intégralité du dossier médical auprès du chirurgien-dentiste mis en cause. Ce droit est garanti par la loi et le praticien ne peut s’y opposer.

⚖️ Article L.1111-7 du Code de la santé publique

Toute personne a accès à l’ensemble des informations concernant sa santé détenues par des professionnels de santé. Le chirurgien-dentiste est tenu de communiquer le dossier médical dans un délai de 8 jours (ou 2 mois si les informations datent de plus de 5 ans). Le refus de communication constitue une faute.

Les préjudices indemnisables après une erreur dentaire

En cas de faute avérée du chirurgien-dentiste, la victime a droit à la réparation intégrale de l’ensemble de ses préjudices. Ceux-ci sont évalués selon la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux (économiques) et extrapatrimoniaux (personnels).

Préjudices patrimoniaux (économiques)

  • Frais de reprise des soins : reconstruction prothétique, pose de nouveaux implants chez un autre praticien, interventions chirurgicales correctrices. Ces frais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.
  • Frais médicaux restés à charge : consultations de spécialistes, radiographies, médicaments non remboursés.
  • Pertes de gains professionnels : salaires ou revenus perdus pendant les arrêts de travail liés aux complications et aux reprises de soins.
  • Frais divers : transport, hébergement, assistance d’une tierce personne dans les cas les plus graves.
  • Incidence professionnelle : si l’erreur dentaire entraîne des difficultés dans l’exercice de la profession (métiers de la parole, mannequins, musiciens à vent, etc.).

Préjudices extrapatrimoniaux (personnels)

  • Déficit fonctionnel temporaire : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins (difficultés à manger, à parler).
  • Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et psychologiques liées à l’erreur et aux soins de reprise.
  • Déficit fonctionnel permanent : troubles définitifs de la mastication, perte de sensibilité (paresthésie, anesthésie labiale ou linguale), troubles de l’élocution.
  • Préjudice esthétique : perte de dents visibles, cicatrices, asymétrie du sourire.
  • Préjudice d’agrément : restrictions alimentaires, difficultés à manger au restaurant, impact sur la vie sociale.
  • Préjudice psychologique : anxiété, phobie dentaire développée à la suite de l’erreur, perte de confiance envers les soignants.
📊 Exemples de montants d'indemnisation pour erreur dentaire

Les montants varient considérablement selon la gravité du préjudice. À titre indicatif : extraction de la mauvaise dent : 5 000 à 15 000 €. Lésion nerveuse définitive (anesthésie labiale) : 20 000 à 50 000 €. Échec implantaire complet nécessitant une reprise globale : 15 000 à 40 000 €. Traitement orthodontique ayant provoqué des résorptions radiculaires multiples : 30 000 à 80 000 €. Ces fourchettes incluent l’ensemble des postes de préjudice.

📌 Ne jamais accepter la première offre

Lorsque l’assureur du chirurgien-dentiste formule une offre d’indemnisation, celle-ci est presque toujours inférieure à ce que la victime pourrait obtenir devant un tribunal. Il est essentiel de faire évaluer cette offre par un professionnel avant de l’accepter. La signature d’un protocole d’accord met fin définitivement au litige. Pour comparer avec les montants habituellement accordés, il est possible d’utiliser le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr.

Les délais de prescription pour agir

La question des délais est cruciale en matière d’erreur médicale dentaire. La victime ne dispose pas d’un temps illimité pour agir.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. La consolidation est le moment où l’état de santé de la victime se stabilise et n’évolue plus de manière prévisible.

En matière dentaire, la date de consolidation est parfois délicate à fixer. Par exemple, après une lésion nerveuse, il faut souvent attendre 12 à 24 mois pour savoir si la sensibilité va récupérer ou si la perte est définitive. C’est à partir de cette stabilisation que le délai de 10 ans commence à courir.

Pour les personnes mineures au moment de l’erreur, le délai de prescription ne commence à courir qu’à compter de leur 18e anniversaire.

⚠️ Ne pas tarder à agir

Même si le délai légal est de 10 ans, il est vivement recommandé d’agir rapidement. Plus le temps passe, plus il est difficile de rassembler les preuves (radiographies, témoignages, dossier médical). Par ailleurs, la mémoire des faits s’estompe et le praticien peut avoir changé d’assureur ou cessé son activité.

Le rôle de l’expertise médicale dans un litige dentaire

L’expertise médicale est la pierre angulaire de tout dossier d’erreur dentaire. C’est lors de cette étape que les préjudices sont évalués et que la faute éventuelle du praticien est analysée. Le déroulement de l’expertise suit un protocole précis.

Les différents types d’expertise

  • Expertise amiable : organisée par l’assureur du dentiste. Attention, le médecin expert désigné par l’assureur défend les intérêts de ce dernier.
  • Expertise CCI : ordonnée par la Commission de Conciliation et d’Indemnisation, confiée à un expert indépendant.
  • Expertise judiciaire : ordonnée par le tribunal, réalisée par un expert judiciaire inscrit sur la liste de la cour d’appel.

Se faire assister par un médecin conseil de victimes

Quelle que soit la modalité d’expertise, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un médecin conseil de victimes ou un chirurgien-dentiste conseil. Ce professionnel indépendant :

  • Prépare le dossier médical avant l’expertise
  • Assiste la victime pendant les opérations d’expertise
  • Vérifie que tous les postes de préjudice sont bien évalués
  • Rédige un rapport critique si nécessaire (dire technique)
Honoraires du médecin conseil

Les honoraires d’un médecin conseil de victimes varient généralement entre 600 et 1 500 € selon la complexité du dossier. En cas de procédure judiciaire, ces frais peuvent être mis à la charge du praticien fautif s’il est condamné.

Négocier l’indemnisation avec l’assureur du dentiste

Lorsque la faute est reconnue et les préjudices évalués par l’expert, la phase de négociation avec l’assureur du chirurgien-dentiste commence. Cette étape est déterminante pour le montant final d’indemnisation.

L’assureur du praticien propose généralement une indemnisation en dessous de ce que les juridictions accordent habituellement. La victime ne doit jamais accepter cette première offre sans l’avoir fait examiner par un professionnel.

⚠️ Attention à la sous-évaluation par l'assureur

Les assureurs des chirurgiens-dentistes ont tendance à minimiser certains postes de préjudice, notamment les souffrances endurées et le préjudice esthétique. Il est possible de contester l’offre d’indemnisation de l’assureur et de demander une réévaluation. En cas de désaccord persistant, la voie judiciaire reste ouverte.

Pendant la phase de négociation, la victime peut demander une provision sur indemnisation pour couvrir les frais urgents (reprise des soins chez un autre praticien, frais médicaux).

Questions fréquentes sur les erreurs médicales dentaires

Questions fréquentes


Le chirurgien-dentiste a extrait la mauvaise dent. Quels sont les recours ?

L’extraction de la mauvaise dent est une faute inexcusable systématiquement reconnue par les tribunaux. La victime peut engager la responsabilité civile du chirurgien-dentiste par voie amiable (courrier à l’assureur du praticien) ou judiciaire (saisine du tribunal judiciaire). L’indemnisation couvre les frais de pose d’un implant de remplacement, les souffrances endurées, le déficit fonctionnel temporaire et le préjudice esthétique. Les montants varient généralement entre 5 000 et 15 000 € selon les circonstances.


La sensibilité de la lèvre a été perdue après une extraction de dent de sagesse. Est-ce une faute du dentiste ?

La lésion du nerf alvéolaire inférieur est un risque connu de l’extraction des dents de sagesse inférieures. Deux situations sont possibles : si le dentiste n’a pas informé la personne de ce risque avant l’intervention, il engage sa responsabilité pour défaut d’information. Si le geste chirurgical n’a pas été réalisé conformément aux règles de l’art (mauvaise technique, absence de scanner préopératoire), il engage sa responsabilité pour faute technique. Une expertise médicale permettra de trancher.


Les implants dentaires n'ont pas tenu. Le dentiste est-il responsable ?

La responsabilité du dentiste dépend de la cause de l’échec. Si le bilan préimplantaire était insuffisant (absence de scanner, densité osseuse non évaluée), si le positionnement était incorrect ou si le protocole de pose n’a pas été respecté, une faute peut être retenue. En revanche, si l’échec est lié à un facteur indépendant du praticien (tabagisme important, pathologie osseuse non détectable), la responsabilité sera plus difficile à établir. L’expertise d’un implantologue indépendant est indispensable.


Le chirurgien-dentiste refuse de communiquer les radiographies. En a-t-il le droit ?

Non. L’article L.1111-7 du Code de la santé publique garantit à toute personne l’accès à l’ensemble des informations concernant sa santé. Le chirurgien-dentiste doit communiquer les radiographies, le plan de traitement et l’intégralité du dossier dans un délai de 8 jours. En cas de refus, la victime peut saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) ou le Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes. Ce refus constitue en outre un élément défavorable pour le praticien en cas de contentieux.


Quel est le délai pour agir après une erreur dentaire ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). La consolidation correspond au moment où l’état de santé se stabilise. En matière dentaire, cette date est fixée par l’expert médical, généralement après la fin des soins de reprise. Il est néanmoins conseillé d’agir le plus rapidement possible pour préserver les preuves.


La procédure devant la CCI est-elle possible pour une erreur dentaire ?

Oui, mais sous conditions. La CCI n’est compétente que si le préjudice atteint un certain seuil de gravité : taux d’IPP supérieur à 24 %, arrêt de travail d’au moins 6 mois, ou troubles particulièrement graves. Ces seuils sont rarement atteints pour les erreurs dentaires courantes (prothèse défectueuse, extraction du mauvais dent). En revanche, une lésion nerveuse définitive ou un traitement orthodontique ayant détruit plusieurs racines peut remplir ces conditions. La procédure devant la CCI est gratuite et rapide.


Victime d’une erreur dentaire : se faire accompagner pour obtenir une juste indemnisation

L’erreur médicale dentaire est un domaine où la victime dispose de droits solides, à condition de les connaître et de les faire valoir correctement. Qu’il s’agisse d’une extraction fautive, d’une lésion nerveuse, d’un implant défectueux ou d’un traitement orthodontique raté, la personne blessée a droit à la réparation intégrale de l’ensemble de ses préjudices.

Les étapes clés sont : rassembler un dossier complet, se faire assister par un médecin conseil ou un dentiste-conseil indépendant lors de l’expertise, et ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans l’avoir fait analyser. L’aide d’un avocat spécialisé en dommages corporels et le soutien d’une association de victimes peuvent faire une différence considérable dans le montant final d’indemnisation.

Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’erreurs dentaires dans leurs démarches.

📞 Besoin d'accompagnement après une erreur dentaire ?

La permanence de victime-info.fr oriente les victimes d’erreurs médicales dentaires vers les recours les plus adaptés à leur situation : avocat spécialisé, médecin conseil, procédure CCI ou judiciaire.

Témoignages

Bon voila moi je me suis fait poser 4 implants en haut et en bas par un dentiste qui m’avait été recommandé. Au bout de 6 mois tout a commencé à bouger, infection, douleurs horribles.. J’ai du tout refaire chez un autre dentiste, ça m’a couté 8000€ de ma poche. Grâce à victime-info.fr j’ai compris que j’avais le droit de me faire rembourser et même d’avoir une indemnisation pour les douleurs. Au final j’ai récupéré 22000€ après expertise, franchement j’aurais jamais cru.

— Christelle, 52 ans, victime d'un implant défectueux

Honnêtement c’est le truc le plus flippant qui m’est arrivé. Extraction des dents de sagesse en bas, et au réveil je sentais plus rien au niveau de la lèvre et du menton coté gauche. Le dentiste m’a dit que c’était normal que ça allait revenir.. 1 an après toujours rien. J’ai fini par aller voir un avocat spécialisé, on a fait une expertise et le nerf était sectionné. J’ai eu 38000€ d’indemnisation mais bon j’aurais préféré garder ma sensibilité c’est clair

— Mehdi, 29 ans, perte de sensibilité après dent de sagesse

Mon dentiste m’a arraché la mauvaise dent ya 3 ans, je suis encore dégoûtée. Il a extrait une dent saine au lieu de celle d’à coté qui était cariée. Du coup j’ai du me faire arracher l’autre aussi et faire poser un implant. J’ai trouvé ce site qui m’a bien expliqué la marche à suivre, j’ai envoyé un recommandé à son assurance et au final on s’est mis d’accord sur 9500€ sans aller au tribunal. C’est pas énorme mais vu le stress que c’était j’ai préféré clore le dossier

— Patricia, 61 ans, extraction de la mauvaise dent