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Calcul indicatif du préjudice esthétique : barème, montants et indemnisation

Après un accident ou une agression, la personne blessée peut conserver des séquelles visibles qui altèrent son apparence physique : cicatrices, brûlures, boiterie, appareillage, modification des traits du visage. Ces atteintes constituent ce que le droit appelle le préjudice esthétique. Poste de préjudice reconnu par la nomenclature Dintilhac, il donne droit à une indemnisation spécifique, qu’il soit temporaire ou permanent.

Encore faut-il savoir comment ce préjudice est évalué, quels barèmes sont utilisés et quels montants la victime peut espérer obtenir. Ce guide complet détaille le calcul indicatif du préjudice esthétique, les étapes pour se faire indemniser et les recours possibles en cas de désaccord avec l’assureur. La permanence de victime-info.fr accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF).

Calcul indicatif des préjudices esthétiques
Calcul indicatif des préjudices esthétiques

Qu’est-ce que le préjudice esthétique ?

Le préjudice esthétique est un poste de préjudice corporel qui vise à réparer l’atteinte portée à l’apparence physique d’une personne à la suite d’un fait dommageable (accident, agression, erreur médicale). Il s’agit d’un préjudice extrapatrimonial personnel, c’est-à-dire qu’il indemnise une souffrance morale et un retentissement psychologique liés à la dégradation de l’image corporelle.

⚖️ Nomenclature Dintilhac — Rapport du groupe de travail dirigé par J.-P. Dintilhac (2005)

Le préjudice esthétique recouvre l’ensemble des atteintes physiques et les éléments de nature à altérer l’apparence physique de la victime, qu’il s’agisse de cicatrices, d’une démarche boitillante, d’une amputation, d’un appareillage, ou de toute autre modification de l’apparence.

La nomenclature Dintilhac distingue deux composantes de ce préjudice : le préjudice esthétique temporaire (PET) et le préjudice esthétique permanent (PEP). Chacun obéit à des règles d’évaluation et d’indemnisation spécifiques.

Le préjudice esthétique temporaire (PET)

Le préjudice esthétique temporaire concerne toutes les atteintes à l’apparence physique qui existent entre la date de l’accident et la date de consolidation. Il s’agit d’altérations qui disparaissent avec le temps ou qui évoluent au cours du processus de guérison.

Exemples courants de préjudice esthétique temporaire :

  • Hématomes importants sur le visage ou les membres
  • Plaies et pansements visibles
  • Port d’un plâtre, d’une minerve ou d’attelles
  • Utilisation temporaire d’un fauteuil roulant ou de béquilles
  • Perte de cheveux liée à un traumatisme crânien
  • Brûlures en cours de cicatrisation
Un préjudice souvent oublié

Le préjudice esthétique temporaire est fréquemment sous-évalué, voire omis, dans les propositions d’indemnisation des assureurs. La victime a tout intérêt à documenter son apparence (photos datées) dès les premiers jours suivant l’accident pour prouver l’existence et l’étendue de ce préjudice.

Le préjudice esthétique permanent (PEP)

Le préjudice esthétique permanent concerne les atteintes à l’apparence physique qui subsistent après la consolidation. Ces séquelles sont définitives et la victime devra vivre avec pour le reste de sa vie.

Exemples courants de préjudice esthétique permanent :

  • Cicatrices visibles (visage, mains, jambes)
  • Amputation d’un membre ou d’une phalange
  • Port permanent d’un appareillage (prothèse, corset, etc.)
  • Démarche boitillante définitive
  • Modification de la voix (suite à un traumatisme laryngé)
  • Alopécie cicatricielle (perte de cheveux définitive sur une zone)
  • Déformation du visage ou du nez

Ce préjudice est évalué sur une échelle de 0,5 à 7 par le médecin expert, en tenant compte de la localisation, de l’étendue et de la visibilité des séquelles.

Comment est évalué le préjudice esthétique ?

L’évaluation du préjudice esthétique repose sur l’expertise médicale. C’est le médecin expert qui examine la victime et détermine le niveau d’atteinte esthétique, aussi bien temporaire que permanent.

Le rôle du médecin expert dans l’évaluation

Le médecin expert doit réaliser une description détaillée de l’ensemble des atteintes esthétiques. Son rapport constitue la base sur laquelle sera calculée l’indemnisation. Il est également utilisé par le juge en cas de litige.

Lors de l’expertise, le médecin prend en compte :

  • La localisation de l’atteinte (visage, mains, zones habituellement découvertes)
  • La taille et l’étendue de la lésion
  • Le caractère visible dans la vie quotidienne
  • L’âge et le sexe de la victime (une cicatrice au visage chez une jeune femme est généralement évaluée plus sévèrement)
  • Le retentissement psychologique de l’altération physique
⚠️ L'expertise médicale de l'assureur n'est pas neutre

Le médecin mandaté par l’assureur agit dans l’intérêt de celui-ci. La victime a le droit de se faire assister par un médecin expert de son choix, appelé médecin conseil de victimes. Ce professionnel veille à ce que tous les préjudices soient correctement évalués et défend les intérêts de la personne blessée lors de l’expertise.

L’échelle d’évaluation du préjudice esthétique permanent (0,5 à 7)

Le préjudice esthétique permanent est noté sur une échelle allant de 0,5 (très léger) à 7 (très important). Cette cotation est ensuite convertie en montant financier à l’aide de barèmes indicatifs.

Voici la signification de chaque niveau :

  • 0,5/7 — Infime : altération à peine perceptible
  • 1/7 — Très léger : petite cicatrice discrète, légèrement visible
  • 2/7 — Léger : cicatrice visible mais de taille modeste
  • 3/7 — Modéré : cicatrice importante ou plusieurs petites cicatrices visibles
  • 4/7 — Moyen : altération significative de l’apparence (grande cicatrice au visage, boiterie)
  • 5/7 — Assez important : défiguration partielle, amputation visible
  • 6/7 — Important : défiguration majeure, séquelles très handicapantes sur le plan esthétique
  • 7/7 — Très important : altération extrême de l’apparence (grands brûlés, défiguration complète)
💡 Cas pratique : cicatrice au visage après un accident de vélo

Une personne de 32 ans est victime d’un accident de vélo. Elle conserve une cicatrice de 8 cm sur la joue gauche. Le médecin expert évalue le préjudice esthétique permanent à 3/7 (modéré). Sur la base des barèmes indicatifs, l’indemnisation se situe entre 3 000 et 6 000 euros. En tenant compte de l’âge de la victime et de la localisation au visage, un avocat spécialisé peut négocier un montant dans la fourchette haute, voire au-delà.

Barème indicatif du calcul du préjudice esthétique

Plusieurs référentiels permettent de chiffrer le préjudice esthétique. Les principaux sont le référentiel Mornet, le guide du FGTI (Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions) et le référentiel de l’ONIAM.

Barème indicatif du préjudice esthétique permanent

Le référentiel Mornet ne prévoit pas d’indications spécifiques pour le préjudice esthétique temporaire. En revanche, pour le préjudice esthétique permanent, il propose des fourchettes indicatives :

📊 Barème indicatif du préjudice esthétique permanent

  • Très léger (1/7) : 100 à 1 500 euros
  • Léger (2/7) : 1 500 à 3 000 euros
  • Modéré (3/7) : 3 000 à 6 000 euros
  • Moyen (4/7) : 6 000 à 10 000 euros
  • Assez important (5/7) : 10 000 à 25 000 euros
  • Important (6/7) : 20 000 euros et plus
  • Très important (7/7) : 30 000 euros et plus

Le guide du FGTI et le référentiel de l’ONIAM proposent également des indications pour le préjudice esthétique permanent, qui peuvent varier légèrement par rapport au référentiel Mornet. Il est essentiel de consulter les barèmes d’indemnisation les plus récents pour obtenir une estimation fiable.

Ces barèmes sont indicatifs, pas obligatoires

Les barèmes servent de repère aux assureurs et aux juges, mais ils ne sont pas contraignants. Le juge dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation et peut accorder des montants supérieurs, notamment si la victime est jeune, si la cicatrice est située sur une zone très visible ou si le retentissement psychologique est particulièrement important.

Le préjudice esthétique temporaire : comment est-il chiffré ?

L’indemnisation du préjudice esthétique temporaire est plus complexe car il n’existe pas de barème officiel aussi structuré. Le montant dépend de la durée pendant laquelle l’atteinte esthétique a existé, de son intensité et de la gêne sociale qu’elle a occasionnée (arrêt d’activité professionnelle, isolement social, etc.).

En pratique, l’indemnisation du PET se rapproche de celle du déficit fonctionnel temporaire dans sa logique : une évaluation globale tenant compte de la durée et de l’intensité de la gêne.

Simulateur d’indemnisation du préjudice esthétique

📌 Simulateur indicatif

Le simulateur ci-dessous fournit une estimation indicative du montant d’indemnisation du préjudice esthétique. Les montants réels peuvent varier en fonction de nombreux facteurs (âge, sexe, localisation de la lésion, jurisprudence locale). Il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel pour obtenir une évaluation précise.

Simulateur des indemnités pour les préjudices esthétiques
À combien votre préjudice esthétique a-t-il été évalué suite à l'expertise médicale ?

Pour une estimation plus complète incluant l’ensemble des postes de préjudice, la victime peut également utiliser le simulateur d’indemnisation des préjudices corporels ou le simulateur dédié au préjudice esthétique.

📞 Besoin d'une estimation personnalisée ?

Les simulateurs de victime-info.fr permettent d’obtenir une première estimation indicative de l’indemnisation. Pour une évaluation précise, il est conseillé de contacter la permanence.

Les étapes pour se faire indemniser du préjudice esthétique

L’indemnisation du préjudice esthétique suit une procédure en plusieurs étapes. La victime doit être rigoureuse dans ses démarches pour obtenir une réparation intégrale de son préjudice.

Etape 1 : consulter un médecin immédiatement après l’accident

Dès que l’accident survient, la première priorité est de consulter un médecin traitant afin qu’il recense l’ensemble des blessures. Ce médecin va établir un certificat médical initial (CMI) qui constitue la pièce fondamentale du dossier.

Plus le délai entre l’accident et la consultation est court, plus il sera aisé de lister précisément les séquelles directement liées au fait dommageable. Il est également fortement recommandé de prendre des photos datées des blessures dès les premiers jours.

⚠️ Documenter les preuves visuelles dès le premier jour

La victime doit photographier régulièrement ses blessures (hématomes, cicatrices, appareillages) avec un appareil affichant la date. Ces clichés constituent des preuves essentielles pour l’évaluation du préjudice esthétique temporaire. Sans ces éléments, le médecin expert ne pourra se fonder que sur le dossier médical, souvent moins parlant qu’une photographie.

Etape 2 : attendre la consolidation et passer l’expertise médicale

La consolidation correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé : il ne s’améliore plus, mais ne s’aggrave pas non plus. C’est à ce stade qu’un médecin expert examine la personne pour déterminer l’ensemble des préjudices subsistants, y compris les préjudices esthétiques.

Le médecin expert évalue alors le préjudice esthétique permanent sur l’échelle de 0,5 à 7 et rédige son rapport, qui détaille la description des lésions, leur localisation, leur visibilité et leur retentissement sur la vie de la victime.

Pour en savoir plus sur le déroulement d’une expertise médicale, une page dédiée explique les différentes phases de cet examen.

Etape 3 : le chiffrage financier par l’assureur

Une fois le rapport médical transmis, l’assureur procède au chiffrage financier de l’ensemble des préjudices recensés. Pour le préjudice esthétique, il convertit la cotation du médecin (1/7, 2/7, etc.) en un montant financier en s’appuyant sur les barèmes indicatifs.

L’assureur transmet ensuite une offre d’indemnisation globale, incluant le préjudice esthétique mais aussi tous les autres postes de préjudice (souffrances endurées, préjudice d’agrément, pertes de gains professionnels, etc.).

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

Les assureurs proposent systématiquement des montants inférieurs à ce que la victime est en droit d’obtenir. La première offre est presque toujours sous-évaluée. Pour en savoir plus : Pourquoi ne pas faire confiance à l’assureur ?. La victime a tout intérêt à se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels ou un médecin conseil de victimes.

Contester l’indemnisation du préjudice esthétique

La victime n’est jamais obligée d’accepter la proposition de l’assureur. Plusieurs situations peuvent justifier une contestation. Il est important de connaître les recours possibles pour obtenir une indemnisation juste.

Hypothèse 1 : l’expertise médicale est incomplète ou incorrecte

Si la victime estime que ses préjudices esthétiques ont été mal évalués, sous-cotés ou tout simplement oubliés lors de l’expertise, elle peut demander une contre-expertise médicale. La personne sera examinée à nouveau par un autre médecin expert, et le nouveau rapport servira de base à une réévaluation de l’indemnisation.

Pour savoir comment contester une expertise médicale, un guide dédié détaille les démarches à suivre.

💡 Cas pratique : sous-évaluation du préjudice esthétique

Une victime de 45 ans présente une cicatrice de 12 cm sur l’avant-bras et une légère boiterie permanente après un accident de la route. Le médecin de l’assureur évalue le préjudice esthétique permanent à 2/7 (léger) en ne tenant compte que de la cicatrice. Assistée d’un médecin conseil de victimes, la personne obtient une réévaluation à 3,5/7 (entre modéré et moyen), prenant en compte la boiterie et le retentissement global sur l’apparence. L’indemnisation passe ainsi de 2 500 euros à environ 7 000 euros.

Hypothèse 2 : la proposition financière est trop faible

Si la victime accepte le rapport médical mais considère que le montant proposé par l’assureur est insuffisant au regard de la cotation retenue, elle peut négocier poste par poste avec l’assureur. Il est possible de s’appuyer sur la jurisprudence récente pour démontrer que les tribunaux accordent habituellement des montants supérieurs.

La victime peut utiliser les modèles de lettres disponibles sur victime-info.fr pour formaliser sa contestation et engager la négociation.

Hypothèse 3 : aucun accord n’est trouvé

Si la négociation échoue, il est indispensable de recourir aux services d’un avocat spécialisé en accident de la route (ou en dommage corporel, selon la nature de l’accident) pour saisir le tribunal et obtenir une indemnisation conforme aux préjudices réellement subis.

Le tribunal compétent est soit celui du domicile du défendeur, soit celui du lieu où s’est produit le dommage. En matière de dommage corporel, le juge dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation et peut accorder des montants significativement supérieurs à ce que proposait l’assureur.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. La victime dispose donc d’un délai conséquent pour agir, mais ne doit pas attendre indéfiniment.

Les facteurs qui influencent le montant de l’indemnisation

Au-delà de la cotation sur l’échelle de 0,5 à 7, plusieurs facteurs peuvent influencer à la hausse ou à la baisse le montant final de l’indemnisation du préjudice esthétique. Il est important de les connaître pour anticiper et défendre au mieux ses droits.

L’âge de la victime

Une personne jeune vivra plus longtemps avec les séquelles esthétiques. Les tribunaux tiennent compte de ce facteur et accordent généralement des indemnisations plus élevées aux victimes jeunes. Une cicatrice au visage chez une personne de 25 ans sera indemnisée plus généreusement que la même cicatrice chez une personne de 70 ans.

La localisation de l’atteinte

Les zones habituellement découvertes (visage, mains, cou, jambes) donnent lieu à des indemnisations plus élevées que les zones habituellement couvertes. Le visage reste la localisation la plus valorisée par la jurisprudence.

Le retentissement psychologique

Le préjudice moral lié à l’altération esthétique peut être pris en compte. Si la victime développe un état dépressif, un repli social ou un stress post-traumatique en lien avec la modification de son apparence, cela peut justifier une indemnisation majorée.

Le préjudice esthétique peut se cumuler avec d'autres postes

Le préjudice esthétique est indépendant des souffrances endurées (pretium doloris) et du déficit fonctionnel permanent (AIPP/DFP). Une même victime peut être indemnisée pour ces trois postes de préjudice simultanément. L’assureur ne peut pas refuser d’indemniser le préjudice esthétique au motif que les souffrances endurées ont déjà été prises en compte.

L’impact sur la vie professionnelle et intime

Si l’atteinte esthétique a des conséquences sur la vie professionnelle (métier de représentation, mannequinat, accueil du public) ou sur la vie intime, ces éléments peuvent être invoqués pour majorer l’indemnisation. Le préjudice sexuel peut d’ailleurs être reconnu séparément si l’altération esthétique affecte la sphère intime de la victime.

Préjudice esthétique et types d’accidents

Le préjudice esthétique peut être reconnu quel que soit le type d’accident à l’origine du dommage. Voici les principales situations :

Accident de la route et préjudice esthétique

Les accidents de la circulation (voiture, moto, vélo, piéton) sont une cause majeure de préjudice esthétique. La loi Badinter de 1985 facilite l’indemnisation des victimes d’accidents de la route. Le préjudice esthétique fait partie intégrante des postes indemnisables, qu’il s’agisse d’une indemnisation pour un coup du lapin ou de séquelles plus graves.

Accident de la vie et préjudice esthétique

Un accident de la vie (accident domestique, accident sportif, morsure de chien) peut également donner lieu à une indemnisation du préjudice esthétique. Si un tiers responsable est identifié, la victime peut engager sa responsabilité. En l’absence de responsable, une garantie des accidents de la vie (GAV) peut prendre en charge ce poste.

Erreur médicale et préjudice esthétique

Une faute chirurgicale ou un accident médical peut laisser des séquelles esthétiques importantes (cicatrices chirurgicales anormales, dommages liés à une intervention ratée). La procédure d’indemnisation peut passer par les CCI (commissions de conciliation et d’indemnisation) ou par voie judiciaire. La loi Kouchner de 2002 encadre les droits des victimes d’accidents médicaux.

💡 Cas pratique : cicatrice après une erreur chirurgicale

Une patiente de 38 ans subit une intervention esthétique qui tourne mal en raison d’une faute du chirurgien. Elle conserve une cicatrice chéloïde de 15 cm sur l’abdomen. Le médecin expert évalue le préjudice esthétique permanent à 4/7 (moyen). Après négociation assistée par un avocat spécialisé, elle obtient 9 500 euros pour ce seul poste, en plus de l’indemnisation des souffrances endurées et du préjudice moral.

Agression et préjudice esthétique

Les victimes d’agression peuvent subir des atteintes esthétiques graves (coups au visage, brûlures volontaires, etc.). L’indemnisation peut être obtenue auprès de l’auteur de l’agression ou, si celui-ci est insolvable, auprès de la CIVI (Commission d’indemnisation des victimes d’infractions).

Constituer un dossier solide pour le préjudice esthétique

Pour maximiser les chances d’obtenir une indemnisation juste, il est essentiel de bien constituer son dossier. Voici les pièces indispensables :

  • Le certificat médical initial (CMI) décrivant les blessures
  • Des photographies datées des blessures à différentes étapes de la guérison
  • Le rapport d’expertise médicale avec la cotation du préjudice esthétique
  • Les comptes rendus opératoires et d’hospitalisation
  • Des attestations de proches décrivant l’impact de l’altération sur la vie quotidienne
  • Le cas échéant, un certificat du médecin traitant ou du psychiatre attestant du retentissement psychologique
📌 Les points clés pour bien préparer son dossier

La victime doit photographier ses blessures dès le premier jour, conserver tous les documents médicaux, se faire assister par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise, et ne jamais accepter la première offre de l’assureur sans l’avoir fait vérifier par un professionnel.

Questions fréquentes sur le calcul du préjudice esthétique

Questions fréquentes


Comment est calculé le montant du préjudice esthétique ?

Le montant du préjudice esthétique est calculé à partir de la cotation attribuée par le médecin expert sur une échelle de 0,5 à 7. Cette cotation est ensuite convertie en montant financier à l’aide de barèmes indicatifs (référentiel Mornet, guide du FGTI, référentiel de l’ONIAM). Les montants varient de 100 euros pour un préjudice très léger (1/7) à plus de 30 000 euros pour un préjudice très important (7/7). L’âge de la victime, la localisation de l’atteinte et le retentissement psychologique sont également pris en compte.


Quelle est la différence entre le préjudice esthétique temporaire et permanent ?

Le préjudice esthétique temporaire (PET) couvre les atteintes à l’apparence physique entre l’accident et la date de consolidation (hématomes, plâtres, pansements). Le préjudice esthétique permanent (PEP) couvre les séquelles définitives qui subsistent après la consolidation (cicatrices, amputation, boiterie permanente). Les deux sont indemnisables séparément selon la nomenclature Dintilhac.


La victime peut-elle contester l'évaluation du préjudice esthétique ?

Oui, la victime peut demander une contre-expertise médicale si elle estime que le préjudice esthétique a été sous-évalué ou oublié. Elle peut également contester le montant proposé par l’assureur en négociant directement ou en saisissant le tribunal avec l’aide d’un avocat spécialisé en dommage corporel.


Le préjudice esthétique est-il indemnisé en cas d'accident de la vie ?

Oui, le préjudice esthétique est indemnisable quel que soit le type d’accident : accident de la route, accident domestique, accident sportif, agression ou erreur médicale. Si un tiers responsable est identifié, c’est son assurance qui prend en charge l’indemnisation. En l’absence de responsable, une garantie des accidents de la vie (GAV) peut couvrir ce poste.


Faut-il un avocat pour obtenir l'indemnisation du préjudice esthétique ?

Un avocat n’est pas juridiquement obligatoire dans le cadre d’une négociation amiable avec l’assureur. Cependant, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels ou un médecin conseil de victimes. Ces professionnels permettent généralement d’obtenir des indemnisations significativement supérieures aux premières offres de l’assureur. En cas de saisine du tribunal, l’avocat est indispensable.


Quel est le délai pour demander l'indemnisation du préjudice esthétique ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). Toutefois, la victime a tout intérêt à engager ses démarches le plus tôt possible après la consolidation, car les preuves sont plus faciles à réunir et les souvenirs des témoins sont plus fiables.


Conclusion : obtenir une juste indemnisation du préjudice esthétique

Le préjudice esthétique, qu’il soit temporaire ou permanent, est un poste de préjudice à part entière qui mérite une évaluation rigoureuse et une indemnisation à la hauteur du retentissement réel sur la vie de la victime. Les barèmes indicatifs fournissent des repères utiles, mais ne doivent pas servir de plafond. Chaque situation est unique et la victime a le droit d’obtenir la réparation intégrale de son préjudice.

Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes lors de l’expertise médicale et par un avocat spécialisé lors de la négociation avec l’assureur sont les deux clés pour obtenir une indemnisation juste. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), est disponible pour orienter et accompagner gratuitement les victimes dans leurs démarches.

📞 Besoin d'accompagnement pour le préjudice esthétique ?

La permanence de victime-info.fr accompagne gratuitement les victimes dans l’évaluation et l’indemnisation de leur préjudice esthétique. Un conseiller peut orienter vers un médecin conseil de victimes ou un avocat spécialisé en dommage corporel.

Témoignages

Bon alors moi j’ai eu un accident de voiture il y a 1 an et demi, j’ai une cicatrice de 6cm sur le front.. l’assurance m’avait proposé 1200€ pour le préjudice esthétique, j’ai trouvé ça ridicule. Grâce aux infos trouvées sur victime-info.fr j’ai compris que c’était largement sous-évalué. J’ai demandé une contre expertise et au final j’ai obtenu 4800€ juste pour le préjudice esthétique permanent. Faut pas se laisser faire

— Laura, 29 ans, victime d'un accident de voiture

Franchement j’aurais jamais pensé que la boiterie pouvait être un préjudice esthétique.. moi je pensais que c’était que les cicatrices. Mon avocat m’a expliqué que la modification de la démarche c’est aussi esthétique. Au final j’ai eu 3/7 pour le préjudice esthétique permanent + tous les autres postes. Le total c’est bien plus que ce que l’assurance proposait au départ (genre 3 fois plus..)

— Philippe, 52 ans, accident de moto

Honnêtement au début je savais même pas que j’avais droit à quelque chose pour la brulure que j’ai eu au bras. C’était un accident chez moi, j’avais une GAV heureusement. Avec l’aide de la permanence de victime-info ils m’ont orientée vers un medecin conseil qui a bien évalué mon préjudice esthétique à 2.5/7 et j’ai touché environ 3000€. C’est pas énorme mais ça aide et surtout c’est mon droit

— Amina, 35 ans, brûlure suite à un accident domestique