Après une agression, l’une des premières questions qui se pose concerne le montant de l’indemnisation à laquelle la victime peut prétendre. Les sommes varient considérablement selon la gravité des blessures, les séquelles physiques et psychologiques, l’âge de la personne agressée et l’impact sur sa vie quotidienne et professionnelle. Ce guide présente des exemples concrets de montants d’indemnisation pour agression, détaillés poste de préjudice par poste de préjudice, afin d’aider chaque victime d’agression à mieux comprendre ce à quoi elle peut prétendre. Pour toute question, la permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), est disponible via la page de contact.
Les montants présentés dans ce guide sont des ordres de grandeur indicatifs basés sur la jurisprudence, les pratiques du FGTI et les décisions rendues par les CIVI. Chaque situation est unique et l’indemnisation dépend de nombreux facteurs : âge de la victime, gravité des blessures, impact sur la vie professionnelle et personnelle, qualité de l’expertise médicale. Ces exemples ne constituent en aucun cas une promesse de résultat.
Comprendre la logique d’indemnisation après une agression
Avant d’aborder les montants poste par poste, il est essentiel de comprendre comment fonctionne le mécanisme d’indemnisation des victimes d’agression en France. Contrairement à un accident de la route où c’est l’assureur du responsable qui indemnise, l’indemnisation après une agression passe le plus souvent par le Fonds de Garantie des Victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI), via la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI).
Le principe fondamental est celui de la réparation intégrale : la victime doit être indemnisée pour l’ensemble de ses préjudices, ni plus ni moins. L’indemnisation se décompose en plusieurs postes de préjudice, chacun correspondant à un aspect différent du dommage subi. C’est la nomenclature Dintilhac qui sert de référence pour classer ces postes.
La nomenclature Dintilhac, du nom du magistrat qui l’a élaborée, est le document de référence utilisé par toutes les juridictions françaises pour identifier et classer les différents postes de préjudice corporel. Elle distingue les préjudices temporaires (avant consolidation) et les préjudices permanents (après consolidation), ainsi que les préjudices patrimoniaux (financiers) et extrapatrimoniaux (moraux, physiques). Connaître cette nomenclature permet à la victime de vérifier qu’aucun poste n’a été oublié lors de l’évaluation de ses préjudices.
L’évaluation de chaque poste de préjudice est réalisée lors de l’expertise médicale, étape cruciale du processus d’indemnisation. C’est pourquoi il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin-conseil de victimes lors de cette expertise.
Les principaux postes de préjudice et leurs montants indicatifs
L’indemnisation d’une victime d’agression se décompose en plusieurs postes de préjudice. Voici les principaux postes rencontrés dans les dossiers d’agression, avec les fourchettes de montants habituellement observées en jurisprudence.
Déficit fonctionnel temporaire (DFT)
Le déficit fonctionnel temporaire indemnise la gêne dans la vie quotidienne subie par la victime pendant la période de soins, c’est-à-dire du jour de l’agression jusqu’à la date de consolidation. Il couvre la perte de qualité de vie, l’impossibilité de pratiquer ses activités habituelles et les troubles dans les conditions d’existence.
| Niveau de gêne | Montant journalier indicatif | Exemple pour 3 mois |
|---|---|---|
| DFT total (hospitalisation, alitement) | 25 à 30 €/jour | 2 250 à 2 700 € |
| DFT partiel à 50 % (gêne importante) | 12,50 à 15 €/jour | 1 125 à 1 350 € |
| DFT partiel à 25 % (gêne modérée) | 6,25 à 7,50 €/jour | 562 à 675 € |
Le DFT est calculé sur la base d’un montant journalier multiplié par la durée de la gêne. Ce montant journalier varie selon le degré de DFT (classes 1 à 4) :
- DFT total (classe 4) : la victime est alitée ou hospitalisée — environ 25 à 30 € par jour, soit 750 à 900 € par mois
- DFT partiel classe 3 (75 %) : gêne très importante — environ 19 à 23 € par jour
- DFT partiel classe 2 (50 %) : gêne modérée — environ 13 à 15 € par jour
- DFT partiel classe 1 (25 %) : gêne légère — environ 6 à 8 € par jour
Une victime d’agression physique a subi une fracture du nez et des contusions multiples. Elle a été hospitalisée 5 jours (DFT total), puis en arrêt de travail pendant 3 mois avec une gêne de classe 3 pendant 1 mois et de classe 2 pendant 2 mois.
Calcul indicatif du DFT :
– 5 jours x 28 € = 140 €
– 30 jours x 21 € = 630 €
– 60 jours x 14 € = 840 €
Total DFT : environ 1 610 €
Souffrances endurées (SE)
Les souffrances endurées, anciennement appelées pretium doloris, indemnisent les douleurs physiques et morales subies par la victime depuis l’agression jusqu’à la consolidation. Elles englobent la douleur liée aux blessures, aux soins, aux interventions chirurgicales, mais aussi la souffrance psychologique liée au traumatisme de l’agression elle-même.
| Évaluation de l’expert | Exemples types | Fourchette d’indemnisation |
|---|---|---|
| 1/7 (très légères) | Contusions légères, quelques jours de gêne | 1 500 à 3 000 € |
| 2/7 (légères) | Fracture simple, hématomes importants | 3 000 à 6 000 € |
| 3/7 (modérées) | Fracture déplacée, traumatisme crânien léger, suivi psy | 6 000 à 15 000 € |
| 4/7 (moyennes) | Multiples fractures, chirurgie, rééducation longue | 15 000 à 30 000 € |
| 5/7 (assez importantes) | Blessures graves avec hospitalisation prolongée | 30 000 à 50 000 € |
| 6/7 (importantes) | Traumatismes graves multiples, séquelles lourdes | 50 000 à 80 000 € |
| 7/7 (très importantes) | Blessures extrêmement graves, souffrances exceptionnelles | 80 000 à 150 000 € |
Les souffrances endurées sont évaluées par le médecin expert sur une échelle de 1/7 à 7/7. Voici les fourchettes de montants habituellement observées :
- 1/7 (très léger) : 1 500 à 3 000 €
- 2/7 (léger) : 3 000 à 6 000 €
- 3/7 (modéré) : 6 000 à 15 000 €
- 4/7 (moyen) : 15 000 à 30 000 €
- 5/7 (assez important) : 30 000 à 50 000 €
- 6/7 (important) : 50 000 à 80 000 €
- 7/7 (très important) : 80 000 à 150 000 €
Pour en savoir plus sur l’évaluation des souffrances endurées, la page dédiée au pretium doloris de niveau 5/7 donne des précisions utiles.
Dans les dossiers d’agression traités par les CIVI, les souffrances endurées sont le plus souvent évaluées entre 2/7 et 4/7, ce qui correspond à des montants compris entre 3 000 et 30 000 €. Les cas d’agression très violente (coups de couteau, passages à tabac graves) peuvent atteindre 5/7 à 6/7.
Déficit fonctionnel permanent (DFP)
Le déficit fonctionnel permanent, anciennement appelé AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique), indemnise les séquelles définitives que conserve la victime après la consolidation. Il est évalué en pourcentage, de 1 % à 100 %, et son montant dépend à la fois du taux retenu et de l’âge de la victime au moment de la consolidation.
| Taux de DFP | Exemples de séquelles | Indemnisation indicative (victime de 30 ans) |
|---|---|---|
| 1 à 5 % | Cicatrice douloureuse, légère raideur articulaire, stress post-traumatique léger | 2 500 à 15 000 € |
| 5 à 10 % | Perte partielle de mobilité, douleurs chroniques, PTSD modéré | 15 000 à 35 000 € |
| 10 à 20 % | Perte significative de mobilité, séquelles neurologiques, PTSD sévère | 35 000 à 90 000 € |
| 20 à 40 % | Handicap fonctionnel important, perte d’un membre | 90 000 à 250 000 € |
| 40 à 70 % | Handicap lourd, paraplégie partielle | 250 000 à 500 000 € |
| 70 à 100 % | Tétraplégie, traumatisme crânien grave, état végétatif | 500 000 à 1 000 000 € et plus |
Le calcul repose sur un système de points : chaque point de DFP correspond à une valeur monétaire qui diminue avec l’âge de la victime. La valeur du point AIPP/DFP est un repère essentiel pour estimer le montant du déficit fonctionnel permanent.
Victime de 20-30 ans : 1 800 à 3 200 € par point
Victime de 30-40 ans : 1 500 à 2 800 € par point
Victime de 40-50 ans : 1 300 à 2 500 € par point
Victime de 50-60 ans : 1 100 à 2 200 € par point
Victime de 60-70 ans : 900 à 1 800 € par point
Ces valeurs sont indicatives et varient selon les juridictions et les barèmes utilisés (référentiel Mornet, barème ONIAM, offres FGTI).
Une victime d’agression âgée de 30 ans conserve un taux de DFP de 8 % en raison de séquelles orthopédiques (raideur articulaire du genou) et d’un syndrome de stress post-traumatique.
Avec une valeur du point estimée à 2 300 € : 8 x 2 300 = 18 400 € pour le DFP.
Le même taux pour une victime de 60 ans, avec un point à 1 300 € : 8 x 1 300 = 10 400 €.
Le simulateur de préjudice AIPP/DFP permet d’obtenir une première estimation en fonction de l’âge et du taux retenu.
Préjudice esthétique (PE)
Le préjudice esthétique indemnise les altérations de l’apparence physique de la victime : cicatrices, déformations, boiterie, perte de dents, amputations visibles. Il est particulièrement fréquent dans les dossiers d’agression, où les coups portés au visage laissent souvent des traces durables.
| Évaluation | Exemples | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| 1/7 | Petite cicatrice peu visible | 1 000 à 2 500 € |
| 2/7 | Cicatrice visible au visage ou sur les mains | 2 500 à 5 000 € |
| 3/7 | Cicatrice importante au visage, boiterie | 5 000 à 10 000 € |
| 4/7 | Cicatrices multiples, déformation faciale | 10 000 à 25 000 € |
| 5/7 à 7/7 | Défiguration, amputation visible, brûlures étendues | 25 000 à 100 000 € et plus |
Évalué sur une échelle de 1/7 à 7/7, le préjudice esthétique se valorise comme suit :
- 1/7 (très léger) : petite cicatrice peu visible — 1 000 à 2 500 €
- 2/7 (léger) : cicatrice visible mais discrète — 2 500 à 5 000 €
- 3/7 (modéré) : cicatrice visible sur le visage — 5 000 à 12 000 €
- 4/7 (moyen) : cicatrices importantes, déformation — 12 000 à 25 000 €
- 5/7 à 7/7 : défiguration importante — 25 000 à plus de 100 000 €
La page sur le préjudice esthétique 1/7 et celle sur le préjudice esthétique 2/7 détaillent les critères d’évaluation pour ces niveaux.
Dans les dossiers d’agression, le préjudice esthétique est souvent sous-évalué par le FGTI, en particulier lorsque les cicatrices sont situées sur le visage. La localisation de la cicatrice, l’âge de la victime (une jeune femme sera davantage indemnisée qu’un homme de 65 ans pour une même cicatrice) et l’impact psychologique de l’altération esthétique sont des éléments à faire valoir lors de l’expertise.
Pertes de gains professionnels (PGP)
Ce poste couvre les revenus perdus du fait de l’agression. Il se divise en deux catégories :
- PGP actuelles (PGPA) : perte de salaire pendant l’arrêt de travail, déduction faite des indemnités journalières versées par la CPAM ou l’employeur. Ce poste peut représenter plusieurs milliers d’euros, voire davantage pour les victimes exerçant une profession libérale ou ayant des revenus élevés.
- PGP futures (PGPF) : si les séquelles entraînent une perte durable de capacité de gain — réduction du temps de travail, déclassement professionnel, inaptitude au poste. Ce poste peut atteindre des sommes très importantes, parfois supérieures à 100 000 € pour les cas graves.
Les montants sont calculés individuellement en fonction du salaire de la victime, de son âge et de la perte réelle ou estimée. Le calcul de l’indemnisation liée à l’ITT permet de mieux comprendre ces mécanismes.
Toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non qui présentent le caractère matériel d’une infraction peut obtenir la réparation intégrale des dommages qui résultent des atteintes à la personne, en saisissant la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI).
Autres postes de préjudice souvent oubliés
Au-delà des cinq postes principaux détaillés ci-dessus, d’autres postes de préjudice sont régulièrement oubliés dans les dossiers d’agression, entraînant une sous-indemnisation significative :
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer une activité sportive ou de loisir. La victime qui ne peut plus courir, nager ou jouer de la musique comme avant l’agression peut être indemnisée à ce titre. Le simulateur du préjudice d’agrément donne une estimation.
- Préjudice sexuel : troubles de la libido, douleurs lors des rapports, impossibilité de procréer. Le simulateur du préjudice sexuel permet d’estimer les montants.
- Préjudice d’anxiété : angoisse liée à l’évolution de l’état de santé. La page consacrée au préjudice d’anxiété détaille les conditions d’indemnisation.
- Préjudice scolaire ou de formation : pour les victimes en cours d’études. Le préjudice scolaire et universitaire est un poste à ne pas négliger.
- Incidence professionnelle : dévalorisation sur le marché de l’emploi, pénibilité accrue au travail, perte de chance de promotion
- Préjudice moral des proches (préjudice d’affection) : les membres de la famille proche de la victime peuvent être indemnisés pour leur propre souffrance
L’oubli de certains postes de préjudice est l’une des causes principales de sous-indemnisation. Le FGTI ne mentionne pas toujours spontanément tous les postes auxquels la victime a droit. Il est indispensable de vérifier que l’ensemble des préjudices — temporaires et permanents, patrimoniaux et extrapatrimoniaux — ont bien été évalués. Un avocat spécialisé en agression peut effectuer cette vérification.
Exemples concrets d’indemnisation globale après agression
Voici des exemples de montants globaux d’indemnisation observés pour différents types d’agression. Ces exemples sont basés sur des cas réels anonymisés et des montants issus de la jurisprudence des CIVI et tribunaux.
| Type d’agression | Blessures / Séquelles | Indemnisation globale indicative |
|---|---|---|
| Coups de poing au visage | Fracture du nez, ITT 15 jours, pas de séquelle | 3 000 à 8 000 € |
| Agression dans la rue | Fracture du bras, ITT 45 jours, raideur résiduelle (DFP 3 %) | 10 000 à 25 000 € |
| Violences conjugales répétées | Multiples contusions, PTSD chronique (DFP 8 %), arrêt de travail 6 mois | 30 000 à 60 000 € |
| Agression au couteau | Plaie abdominale, chirurgie, cicatrice importante, PTSD (DFP 12 %) | 50 000 à 100 000 € |
| Braquage avec séquestration | Stress post-traumatique sévère (DFP 15 %), impossibilité de reprendre le travail | 80 000 à 180 000 € |
| Agression avec traumatisme crânien | TC modéré, troubles cognitifs (DFP 25 %), perte d’emploi | 150 000 à 400 000 € |
| Agression grave avec séquelles lourdes | Paraplégie ou handicap majeur (DFP 60 %+) | 500 000 à plusieurs millions € |
Contexte : Homme de 35 ans agressé à la sortie d’un bar. Fracture du nez, contusions multiples, ITT de 21 jours. Pas de séquelles permanentes significatives.
Postes indemnisés :
– DFT : 1 200 €
– Souffrances endurées (2,5/7) : 5 000 €
– Préjudice esthétique (1/7 — cicatrice sur l’arête du nez) : 1 500 €
– Pertes de gains actuelles : 1 800 €
Total : environ 9 500 €
Contexte : Femme de 28 ans victime d’un passage à tabac. Fractures multiples (pommette, côtes), traumatisme crânien léger, syndrome de stress post-traumatique persistant. 6 mois d’arrêt de travail. DFP de 12 %.
Postes indemnisés :
– DFT (6 mois) : 4 200 €
– Souffrances endurées (4/7) : 22 000 €
– DFP 12 % (valeur point 2 500 €) : 30 000 €
– Préjudice esthétique (3/7) : 8 000 €
– Préjudice d’agrément : 5 000 €
– Pertes de gains actuelles : 8 500 €
– Incidence professionnelle : 15 000 €
Total : environ 92 700 €
Contexte : Homme de 22 ans poignardé, lésions abdominales graves nécessitant plusieurs interventions chirurgicales, 1 mois de réanimation, 8 mois d’arrêt de travail. DFP de 25 %. Cicatrices abdominales importantes.
Postes indemnisés :
– DFT (8 mois) : 6 800 €
– Souffrances endurées (5/7) : 38 000 €
– DFP 25 % (valeur point 2 800 €) : 70 000 €
– Préjudice esthétique (4/7) : 18 000 €
– Préjudice sexuel : 8 000 €
– Préjudice d’agrément : 12 000 €
– Pertes de gains actuelles et futures : 45 000 €
– Incidence professionnelle : 30 000 €
Total : environ 227 800 €
Les montants globaux d’indemnisation pour agression varient généralement de 5 000 € pour les agressions légères sans séquelles à plus de 200 000 € pour les agressions très graves avec séquelles lourdes. Les cas impliquant un traumatisme crânien sévère ou une incapacité de travail permanente peuvent dépasser les 500 000 €.
Pour les agressions ayant causé un traumatisme crânien, les montants sont généralement bien supérieurs en raison de la complexité des séquelles cognitives et comportementales.
Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des montants auxquels la victime d’agression peut prétendre, poste par poste.
Les facteurs qui influencent le montant de l’indemnisation pour agression
Les écarts importants observés entre les indemnisations s’expliquent par plusieurs facteurs déterminants :
L’âge de la victime : plus la victime est jeune, plus le DFP et les pertes de gains futures sont élevés, car elle vivra plus longtemps avec ses séquelles et la perte de revenus s’étend sur une période plus longue.
La situation professionnelle : un impact sur la carrière (perte d’emploi, impossibilité de reprendre le même poste, déclassement) augmente considérablement l’indemnisation. Les professions manuelles ou physiquement exigeantes sont souvent davantage impactées.
La qualité de l’expertise médicale : une expertise menée avec un médecin-conseil indépendant aboutit généralement à une meilleure évaluation des préjudices. Sans cette assistance, certains préjudices — notamment psychologiques — risquent d’être sous-évalués.
Le choix de la procédure : les montants peuvent varier significativement selon que la victime accepte l’offre du FGTI, se présente devant la CIVI, ou se constitue partie civile au procès pénal. La voie de la saisine du tribunal aboutit souvent à des montants plus élevés.
L’accompagnement juridique : les victimes assistées d’un avocat spécialisé obtiennent en moyenne des indemnisations 2 à 5 fois supérieures à celles des victimes non accompagnées. L’avocat connaît les barèmes, conteste les évaluations trop basses et veille à ce qu’aucun poste de préjudice ne soit oublié.
Le montant de l’indemnisation dépend directement de la qualité du dossier présenté. Rassembler l’ensemble des pièces médicales, les justificatifs de pertes de revenus, les attestations de proches et les certificats médicaux détaillés est une étape essentielle. Le guide pour constituer son dossier d’indemnisation explique la marche à suivre étape par étape.
Pourquoi les premières offres d’indemnisation sont souvent insuffisantes
Les offres du FGTI ou les montants proposés lors des premières négociations sont souvent inférieurs aux montants auxquels la victime peut légitimement prétendre. Ce constat est récurrent dans les dossiers d’agression et s’explique par plusieurs raisons :
- Sous-évaluation des préjudices lors de l’expertise médicale, notamment le préjudice psychologique (stress post-traumatique, anxiété, troubles du sommeil) qui est souvent minimisé si la victime n’est pas assistée d’un médecin-conseil
- Oubli de certains postes de préjudice : préjudice d’agrément, préjudice sexuel, incidence professionnelle, aide par tierce personne
- Utilisation de barèmes bas pour la valorisation du point de DFP. Le FGTI utilise ses propres barèmes internes, souvent inférieurs au référentiel Mornet utilisé par les juridictions
- Non prise en compte des pertes de gains futures ou sous-estimation de leur montant, en particulier lorsque la victime est jeune et en début de carrière
- Absence de médecin-conseil lors de l’expertise, ce qui laisse le champ libre à l’expert mandaté par le FGTI pour fixer seul les taux
Il est vivement déconseillé d’accepter la première offre d’indemnisation du FGTI sans l’avoir fait vérifier par un professionnel. Les dommages et intérêts pour agression sont souvent bien supérieurs à ce qui est proposé en première intention. La victime dispose d’un droit de contestation devant la CIVI.
L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Pour les victimes d’infractions pénales, des délais spécifiques peuvent s’appliquer selon la nature de l’infraction.
Le recours SARVI : une alternative lorsque l’agresseur est condamné
Lorsque l’agresseur est identifié et condamné par un tribunal correctionnel à verser des dommages et intérêts, la victime peut avoir des difficultés à obtenir le paiement effectif. Dans ce cas, le Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions (SARVI) peut intervenir pour avancer tout ou partie des sommes dues.
Le SARVI intervient lorsque les dommages et intérêts accordés par le tribunal pénal ne sont pas spontanément payés par le condamné. Si le montant total est inférieur ou égal à 1 000 €, le SARVI verse l’intégralité. Au-delà, il verse une provision de 30 % du montant, dans la limite de 3 000 €, puis se charge de recouvrer la totalité auprès du condamné.
Les démarches à entreprendre pour obtenir une juste indemnisation
Obtenir une indemnisation à la hauteur des préjudices réellement subis nécessite de suivre une démarche rigoureuse. Voici les étapes clés :
1. Porter plainte : le dépôt de plainte est indispensable pour enclencher la procédure pénale et ouvrir le droit à saisir la CIVI. La page porter plainte pour agression détaille la procédure. Il est aussi possible de déposer plainte directement auprès du procureur de la République par courrier.
2. Consulter un médecin et conserver toutes les preuves médicales : certificat médical initial, comptes rendus hospitaliers, prescriptions, arrêts de travail. Ces documents serviront lors de l’expertise médicale.
3. Se faire accompagner par un avocat spécialisé et un médecin-conseil de victimes. Le déroulement de l’expertise médicale est une étape cruciale où l’assistance d’un professionnel fait souvent la différence.
4. Saisir la CIVI ou se constituer partie civile : la victime peut saisir la CIVI pour obtenir une indemnisation par le FGTI, ou se constituer partie civile lors du procès pénal de l’agresseur, ou les deux.
5. Vérifier et contester l’offre d’indemnisation si nécessaire : comparer les montants proposés avec les barèmes judiciaires et ne pas hésiter à contester une offre insuffisante.
– Ne jamais accepter la première offre du FGTI sans vérification
– Se faire assister d’un médecin-conseil indépendant lors de l’expertise médicale
– Vérifier que tous les postes de préjudice sont bien évalués (nomenclature Dintilhac)
– Consulter un avocat spécialisé en dommage corporel
– Conserver tous les justificatifs médicaux et financiers
– Respecter les délais de prescription (10 ans à compter de la consolidation)
La page que faire après une agression récapitule les premières démarches à entreprendre, tandis que le guide de la victime d’agression physique offre un panorama complet des droits et recours.
Questions fréquentes sur les montants d’indemnisation pour agression
Questions fréquentes
Est-il possible de contester l'offre d'indemnisation du FGTI ?
Oui, et c’est souvent recommandé. La victime peut refuser l’offre du FGTI et demander que l’affaire soit examinée par la CIVI en audience. Le juge n’est pas lié par l’offre du FGTI et peut accorder des montants supérieurs. Un avocat spécialisé en dommage corporel peut évaluer si l’offre est juste ou si elle mérite d’être contestée. Il n’y a aucun risque à contester : le juge ne peut pas accorder moins que ce qui a été proposé par le FGTI.
L'indemnisation reçue après une agression est-elle imposable ?
Non. Les indemnités versées en réparation d’un préjudice corporel sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. La victime n’a pas à les déclarer. Elles ne sont pas non plus prises en compte pour le calcul du RSA, de la prime d’activité ou des aides sociales. Cette exonération s’applique que l’indemnisation provienne du FGTI, de la CIVI, d’un tribunal ou d’une transaction amiable.
Combien coûte un avocat spécialisé en dommage corporel pour un dossier d'agression ?
Les honoraires varient selon les avocats. Beaucoup fonctionnent avec un honoraire de résultat (pourcentage de l’indemnisation obtenue, généralement entre 8 et 15 %), ce qui signifie que la victime ne paie qu’en cas de succès. La victime peut également bénéficier de l’aide juridictionnelle si ses ressources sont limitées. Dans tous les cas, l’intervention d’un avocat est presque toujours rentable, car les montants obtenus avec accompagnement sont en moyenne 2 à 5 fois supérieurs.
Combien coûte un médecin-conseil pour assister la victime lors de l'expertise ?
Les honoraires d’un médecin-conseil varient généralement entre 600 et 1 500 € selon la complexité du dossier. Cet investissement est capital car il permet souvent d’obtenir une évaluation plus juste des préjudices, ce qui se traduit par une indemnisation significativement supérieure. Certains avocats avancent les frais de médecin-conseil pour leurs clients.
Dans quel délai la victime d'agression reçoit-elle son indemnisation ?
Les délais varient selon la procédure choisie. Le FGTI dispose d’un délai de 2 mois pour formuler une offre après réception du dossier complet. Si la victime saisit la CIVI, les délais sont généralement de 6 mois à 2 ans selon les juridictions. En cas de constitution de partie civile devant le tribunal correctionnel, l’indemnisation intervient à l’issue du procès, mais le recouvrement peut être long si le condamné est insolvable (d’où l’intérêt du SARVI). Il est possible de demander une provision en attendant le règlement définitif.
La victime peut-elle être indemnisée même si l'agresseur n'est pas identifié ou condamné ?
Oui. C’est précisément l’un des avantages de la procédure devant la CIVI : la victime peut être indemnisée par le FGTI même si l’agresseur n’a pas été identifié, arrêté ou condamné. Il suffit de prouver la réalité de l’agression (certificat médical, dépôt de plainte, témoignages). L’indemnisation est indépendante de l’issue de la procédure pénale.
Obtenir une évaluation personnalisée de ses préjudices
Les montants présentés dans ce guide sont des repères indicatifs. Chaque dossier d’agression est unique et mérite une évaluation personnalisée tenant compte de l’ensemble des circonstances : gravité des blessures, âge de la victime, impact sur la vie professionnelle et personnelle, qualité de la prise en charge médicale.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne les victimes d’agression dans la compréhension de leurs droits et l’évaluation de leurs préjudices. L’objectif est d’aider chaque personne agressée à obtenir la réparation intégrale à laquelle elle a droit, conformément aux fondamentaux du droit du dommage corporel.
Pour consulter des exemples d’indemnisation en dommage corporel dans d’autres contextes (accident de la route, accident de la vie), ou pour accéder au barème d’indemnisation du préjudice moral, les dossiers thématiques du site apportent des informations complémentaires.
La permanence de victime-info.fr aide les victimes d’agression à comprendre leurs droits et à obtenir une juste indemnisation. Le service est gratuit et confidentiel.
Témoignages
— Mehdi, 29 ans, victime d'agression à la sortie d'un barBon moi j’ai été agressé en sortant d’un bar ya 1 an et demi, fracture de la machoire et 2 dents cassées. L’offre du FGTI c’était 4800€ tout compris, j’allais accepter parce que je connaissais rien.. heureusement j’ai trouvé victime-info.fr qui m’a expliqué que c’était largement en dessous. J’ai pris un avocat, on a contesté devant la CIVI et au final j’ai eu 19 500€. Ya pas photo quoi
— Céline, 42 ans, agressée dans la rueFranchement c’est un parcours du combattant l’indemnisation après une agression.. moi ça fait presque 2 ans que c’est en cours. Ce que je retiens c’est surtout de pas signer trop vite, la premiere offre c’est jamais la bonne. Et prenez un medecin conseil pour l’expertise, ça change tout. Mon taux de stress post traumatique est passé de 3% à 8% grâce au medecin conseil, ça fait des milliers d’euros de difference
— Thomas, 23 ans, poignardé lors d'une altercationJuste pour partager mon experience, j’ai été poignardé y’a 3 ans, 2 operations, 6 mois d’arret de travail, des cicatrices partout sur le ventre. J’avais aucune idée de combien je pouvais avoir comme indemnisation. Grâce au site j’ai compris qu’il y avait plein de postes différents.. au final avec l’avocat on a obtenu plus de 85 000€ tous postes confondus. C’est pas rien. Par contre faut être patient parceque ça prend du temps



