La commotion cérébrale est un traumatisme crânien qualifié de « léger » sur le plan médical, mais dont les conséquences peuvent être lourdes et durables pour la personne touchée. Maux de tête persistants, troubles de la mémoire, fatigue intense, difficultés de concentration : ces symptômes bouleversent le quotidien des victimes pendant des semaines, des mois, voire des années.
Qu’elle survienne lors d’un accident de la route, d’une chute, d’un accident sportif ou d’une agression physique, la commotion cérébrale ouvre droit à une indemnisation. Pourtant, de nombreuses victimes ignorent l’étendue de leurs droits ou sous-estiment la gravité de leurs séquelles.
Ce guide complet, rédigé par les experts de victime-info.fr en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), détaille tout ce qu’il faut savoir : les symptômes à surveiller, la durée de récupération, les séquelles possibles, les postes de préjudice indemnisables et les démarches à entreprendre pour obtenir une indemnisation juste.
- Définition et mécanisme de la commotion cérébrale
- Symptômes immédiats et retardés à connaître
- Durée de récupération et syndrome post-commotionnel
- Séquelles possibles à long terme
- Tous les postes de préjudice indemnisables
- Démarches d’indemnisation étape par étape
- Erreurs à éviter face à l’assurance
Qu’est-ce qu’une commotion cérébrale ?
La commotion cérébrale est un traumatisme crânien léger (TCL) provoqué par un choc direct ou indirect à la tête. Ce choc entraîne une perturbation temporaire du fonctionnement cérébral, sans lésion structurelle visible sur les examens d’imagerie classiques (scanner, IRM standard).
Concrètement, lors d’un impact, le cerveau subit un mouvement brusque à l’intérieur de la boîte crânienne. Ce mouvement provoque un étirement des fibres nerveuses (axones) et une perturbation du métabolisme cellulaire. Il n’est pas nécessaire d’avoir perdu connaissance pour souffrir d’une commotion cérébrale : dans environ 90 % des cas, la victime reste consciente.
En médecine, le traumatisme crânien est classé « léger » lorsque le score de Glasgow (échelle mesurant l’état de conscience) est compris entre 13 et 15. Cela ne signifie pas que les conséquences sont légères. Une commotion cérébrale peut entraîner des séquelles invalidantes qui durent des mois, voire des années. Il est essentiel de ne pas minimiser ce traumatisme.
Les principales causes de commotion cérébrale
Les circonstances dans lesquelles survient une commotion cérébrale sont très variées :
- Accidents de la route : collision, choc arrière (coup du lapin associé), accident de moto, de vélo ou piéton renversé
- Chutes : chute dans un escalier, glissade sur un sol mouillé dans un magasin, chute de hauteur
- Accidents de sport : rugby, football, boxe, ski, équitation, cyclisme, sports de combat
- Agressions : coup de poing, vol avec violence, coups et blessures
- Accidents de la vie courante : chute d’un objet lourd sur la tête, accident domestique
On estime à environ 150 000 le nombre de traumatismes crâniens chaque année en France. Parmi eux, 80 à 90 % sont classés « légers » (commotions cérébrales). Les accidents de la route et les chutes constituent les deux premières causes.
Symptômes de la commotion cérébrale : les reconnaître
Les symptômes d’une commotion cérébrale sont nombreux et touchent plusieurs sphères : physique, cognitive, émotionnelle et liée au sommeil. Ils peuvent apparaître immédiatement après le choc ou se manifester de façon retardée, parfois plusieurs heures ou jours après l’accident.
Symptômes physiques
- Maux de tête (céphalées) : c’est le symptôme le plus fréquent, présent dans plus de 80 % des cas
- Nausées et vomissements
- Vertiges et troubles de l’équilibre
- Sensibilité à la lumière (photophobie) et aux bruits (phonophobie)
- Vision trouble ou double
- Fatigue intense et inhabituelle (asthénie)
- Bourdonnements d’oreilles (acouphènes)
Symptômes cognitifs
- Troubles de la mémoire : difficulté à retenir de nouvelles informations, oublis fréquents
- Difficultés de concentration : impossibilité de se concentrer longtemps, lenteur mentale
- Confusion mentale : sensation de brouillard, désorientation
- Ralentissement du traitement de l’information
Symptômes émotionnels et comportementaux
- Irritabilité et sautes d’humeur
- Anxiété et crises d’angoisse
- Dépression et perte de motivation
- Changements de personnalité
Troubles du sommeil
- Insomnie ou difficultés d’endormissement
- Hypersomnie (besoin excessif de dormir)
- Sommeil non réparateur
Certains symptômes apparaissent plusieurs jours après le choc. La victime doit consulter un médecin dès le moindre symptôme et faire constater son état par un certificat médical initial le plus tôt possible. Ce document est fondamental pour la suite des démarches d’indemnisation.
Durée de récupération après une commotion cérébrale
La durée de récupération après une commotion cérébrale varie considérablement d’une personne à l’autre. Elle dépend de la gravité du choc, de l’âge de la victime, de ses antécédents médicaux et de la qualité de la prise en charge initiale.
Récupération habituelle
Dans la majorité des cas, les symptômes s’améliorent progressivement et disparaissent en 7 à 10 jours pour les personnes les plus jeunes et en bonne santé. Chez les adultes, la récupération complète prend généralement entre 2 et 4 semaines.
Toutefois, ces délais sont des moyennes. Certains facteurs rallongent significativement la durée de récupération :
- Antécédent de commotion cérébrale (le risque de syndrome prolongé augmente à chaque nouvel épisode)
- Âge avancé
- Présence de migraines préexistantes
- Stress, anxiété ou dépression antérieurs
- Reprise trop rapide des activités
Le syndrome post-commotionnel : quand les symptômes persistent
Lorsque les symptômes persistent au-delà de 3 mois après le traumatisme initial, on parle de syndrome post-commotionnel (SPC). Ce syndrome touche environ 10 à 20 % des victimes de commotion cérébrale.
Le syndrome post-commotionnel associe de façon durable des céphalées, une fatigue chronique, des troubles de la mémoire et de la concentration, une irritabilité et des troubles du sommeil. Il peut persister pendant 6 mois, 1 an, voire plusieurs années.
Marc, 38 ans, est renversé par une voiture alors qu’il circule à vélo. Il ne perd pas connaissance mais ressent immédiatement des maux de tête et des vertiges. Après 3 mois, il souffre toujours de céphalées quotidiennes, d’une fatigue intense et ne parvient plus à se concentrer au travail. Son médecin diagnostique un syndrome post-commotionnel. Marc est placé en arrêt de travail pendant 8 mois. Au terme d’un bilan neuropsychologique complet, les experts évaluent ses séquelles cognitives et fixent sa date de consolidation à 14 mois après l’accident.
Le syndrome post-commotionnel est reconnu par la Classification internationale des maladies (CIM-10) sous le code F07.2. Il se caractérise par la persistance de symptômes cognitifs, physiques et émotionnels au-delà de 3 mois après un traumatisme crânien.
Séquelles possibles à long terme
Même si la commotion cérébrale est considérée comme un traumatisme « léger », elle peut laisser des séquelles durables, parfois définitives. Ces séquelles sont particulièrement fréquentes en cas de commotions répétées.
Séquelles cognitives
Les troubles cognitifs sont les séquelles les plus invalidantes au quotidien. La victime peut conserver des difficultés persistantes de mémoire, de concentration, de planification et de raisonnement. Ces troubles sont objectivés par un bilan neuropsychologique, un examen indispensable pour quantifier les séquelles.
Séquelles psychologiques
Un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) peut se développer après une commotion cérébrale, en particulier lorsque l’accident a été violent ou soudain. Ce trouble associe des reviviscences de l’événement traumatisant, un évitement des situations rappelant l’accident et un état d’hypervigilance permanent.
La dépression post-traumatique est également fréquente. Elle touche jusqu’à 30 % des victimes de traumatisme crânien dans l’année qui suit l’accident.
Séquelles physiques
Les maux de tête chroniques post-traumatiques constituent la séquelle physique la plus courante. Des vertiges positionnels, des troubles neurosensoriels (acouphènes, troubles visuels) et une fatigue chronique peuvent également persister.
Les commotions cérébrales répétées, fréquentes dans certains sports (rugby, boxe, football américain), augmentent considérablement le risque de séquelles permanentes. Elles peuvent conduire à une encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie neurodégénérative grave. La victime de commotions multiples doit faire l’objet d’un suivi neurologique renforcé et les séquelles cumulées doivent être prises en compte dans l’évaluation du préjudice.
Indemnisation de la commotion cérébrale : quels préjudices ?
La commotion cérébrale ouvre droit à une indemnisation au titre du dommage corporel. L’objectif est la réparation intégrale de l’ensemble des préjudices subis par la victime. Tous les postes de préjudice sont évalués selon la nomenclature Dintilhac, le référentiel utilisé par les juridictions françaises.
Les préjudices temporaires (avant consolidation)
Avant la date de consolidation (date à laquelle l’état de santé se stabilise), la victime peut être indemnisée pour :
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : indemnise la gêne dans les actes de la vie quotidienne pendant la période de guérison. Le DFT est évalué en classes de 1 à 4. Pour une commotion cérébrale avec syndrome post-commotionnel, le DFT est souvent évalué en classe 2 ou 3.
- Dépenses de santé actuelles : frais médicaux, consultations spécialisées (neurologue, neuropsychologue), examens (IRM, bilan neuropsychologique), médicaments
- Perte de gains professionnels actuels : salaires perdus pendant l’arrêt de travail
- Préjudice esthétique temporaire : cicatrices visibles, hématomes, port d’un bandage crânien
Le déficit fonctionnel temporaire est indemnisé sur une base journalière d’environ 25 à 30 € par jour pour un DFT total (classe 4). Pour une commotion cérébrale en classe 2 (gêne partielle de 25 à 50 %), l’indemnisation se situe entre 6 et 15 € par jour. Sur une période de 6 à 12 mois de syndrome post-commotionnel, cela peut représenter 1 500 à 5 500 €.
Les préjudices permanents (après consolidation)
Après consolidation, si des séquelles persistent, la victime peut obtenir une indemnisation pour :
- Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) : indemnise les séquelles définitives. Pour une commotion cérébrale avec syndrome post-commotionnel persistant, le taux se situe généralement entre 3 et 15 % selon la gravité des troubles cognitifs résiduels.
- Souffrances endurées : indemnise l’ensemble des douleurs physiques et morales subies. Évaluées sur une échelle de 0 à 7, elles sont généralement cotées entre 2 et 4/7 pour une commotion cérébrale.
- Perte de gains professionnels futurs : si les séquelles cognitives empêchent la reprise du même poste ou entraînent un reclassement professionnel
- Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté à pratiquer des activités sportives ou de loisir
- Préjudice moral : retentissement psychologique de l’accident
Sophie, 29 ans, est victime d’un vol avec violence à la sortie du métro. Elle reçoit un coup violent à la tête et tombe au sol. Diagnostic : commotion cérébrale. Après 5 mois, elle souffre encore de maux de tête quotidiens et de troubles de concentration qui l’empêchent de travailler normalement. Son médecin expert retient un DFP de 5 %, des souffrances endurées de 3/7 et un DFT classe 2 pendant 7 mois. Après saisine de la CIVI, Sophie obtient une indemnisation totale de 28 000 €.
L’indemnisation des proches
Les proches de la victime (conjoint, enfants, parents) peuvent également être indemnisés au titre du préjudice d’affection et, le cas échéant, du préjudice d’accompagnement lorsque les séquelles de la commotion cérébrale sont sévères et retentissent sur la vie familiale. Cette indemnisation des proches est un droit souvent méconnu.
Il est possible d’obtenir une première estimation des indemnités potentielles grâce au simulateur gratuit de victime-info.fr.
L’expertise médicale : une étape décisive
L’expertise médicale est l’étape la plus importante du processus d’indemnisation d’une commotion cérébrale. C’est lors de cette expertise que les séquelles sont évaluées et chiffrées. Les conclusions de l’expert déterminent directement le montant de l’indemnisation.
Se préparer à l’expertise
La commotion cérébrale présente une difficulté particulière : les lésions ne sont souvent pas visibles sur les imageries classiques. La victime doit donc constituer un dossier médical solide comprenant :
- Le certificat médical initial décrivant les circonstances et les symptômes
- Les résultats d’imagerie (scanner, IRM, IRM de diffusion si réalisée)
- Un bilan neuropsychologique réalisé par un neuropsychologue : c’est l’examen clé pour objectiver les troubles cognitifs
- Les arrêts de travail et tous les certificats médicaux de suivi
- Les comptes rendus de consultations spécialisées (neurologie, psychiatrie, ORL)
- Un journal des symptômes tenu au quotidien depuis l’accident
Le bilan neuropsychologique est l’examen de référence pour évaluer les séquelles cognitives d’une commotion cérébrale. Il mesure objectivement l’attention, la mémoire, la vitesse de traitement de l’information et les fonctions exécutives. Sans ce bilan, les séquelles cognitives risquent d’être sous-évaluées ou ignorées par l’expert. La victime doit demander à son médecin traitant une prescription pour ce bilan.
Être assisté par un médecin conseil de victimes
Lors de l’expertise, la victime est examinée par un médecin mandaté par l’assurance. Ce médecin défend les intérêts de la compagnie d’assurance, pas ceux de la victime. Il est donc essentiel de se faire assister par un médecin expert de victimes, indépendant, qui défendra les intérêts de la personne blessée.
Le médecin conseil de victimes connaît les spécificités du traumatisme crânien léger et saura mettre en avant les séquelles, même invisibles, face à l’expert de l’assurance. Les honoraires de ce médecin sont à la charge de la victime mais peuvent être inclus dans les frais indemnisables.
Le médecin de l’assurance peut être tenté de minimiser les séquelles d’une commotion cérébrale, en arguant que les imageries sont normales. C’est pourquoi le bilan neuropsychologique est si important : il apporte des preuves objectives des troubles cognitifs. La victime ne doit jamais se rendre seule à une expertise sans avoir préalablement constitué un dossier complet et sans être accompagnée d’un professionnel.
Contester une expertise défavorable
Si les conclusions de l’expertise médicale semblent insuffisantes ou ne reflètent pas la réalité des séquelles, la victime a le droit de contester l’expertise. Il est possible de demander une contre-expertise ou une expertise d’arbitrage.
Les démarches d’indemnisation étape par étape
Le parcours d’indemnisation après une commotion cérébrale suit un processus bien défini. La procédure varie selon les circonstances de l’accident.
Étape 1 : Faire constater le dommage
La victime doit, dans les premières heures suivant le traumatisme, se rendre aux urgences ou chez un médecin pour faire établir un certificat médical initial. Ce document décrit les lésions constatées, les symptômes et l’incapacité temporaire. Il constitue la base du dossier d’indemnisation.
Étape 2 : Déclarer le sinistre
Selon le contexte de l’accident :
- Accident de la route : la victime doit déclarer l’accident à son assurance et, si elle est passagère ou piéton, à l’assurance du responsable. En cas de conducteur non identifié, le Fonds de Garantie (FGAO) peut être saisi.
- Agression : la victime doit porter plainte puis saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI).
- Accident de la vie courante : la victime doit vérifier si elle dispose d’une garantie accidents de la vie (GAV) ou d’une assurance couvrant les accidents de la vie.
- Accident médical : en cas de commotion survenue lors d’un acte médical (erreur chirurgicale, par exemple), la procédure relève de la responsabilité médicale.
Étape 3 : L’expertise médicale
L’expertise médicale est organisée après stabilisation de l’état de santé. La victime doit s’y préparer minutieusement (voir section ci-dessus).
Étape 4 : L’offre d’indemnisation
Après l’expertise, l’assureur formule une offre d’indemnisation. Cette offre doit être analysée avec la plus grande attention.
Les assureurs proposent systématiquement des offres initiales très inférieures à la réalité du préjudice. Pour une commotion cérébrale, la sous-évaluation est particulièrement fréquente car les séquelles cognitives sont peu visibles. La victime ne doit jamais signer quoi que ce soit sans avoir fait vérifier l’offre par un professionnel. Il est possible de contester et négocier l’offre.
Étape 5 : Négociation ou procédure judiciaire
La victime a le choix entre une procédure amiable ou judiciaire. La négociation amiable est souvent plus rapide, mais le recours au tribunal peut s’avérer nécessaire si l’assureur refuse de proposer une indemnisation juste. Avant de signer un protocole transactionnel, la victime doit faire vérifier chaque ligne du document.
L’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Pour une victime mineure au moment de l’accident, le délai ne commence à courir qu’à sa majorité. Ce délai est un maximum : il est recommandé d’agir le plus tôt possible pour préserver les preuves.
Montants d’indemnisation pour une commotion cérébrale
Les montants d’indemnisation varient considérablement selon la gravité des séquelles, l’âge de la victime et les répercussions sur la vie professionnelle et personnelle. Voici des fourchettes indicatives basées sur la jurisprudence et le référentiel Mornet.
- Commotion sans séquelle (récupération complète en 2-4 semaines) : 2 000 à 5 000 €
- Syndrome post-commotionnel de 3 à 6 mois (DFP 1-3 %) : 8 000 à 20 000 €
- Syndrome post-commotionnel prolongé (DFP 5-10 %) : 25 000 à 80 000 €
- Séquelles cognitives sévères (DFP 10-15 % et plus) : 80 000 à 200 000 € et plus
Ces montants sont indicatifs et varient selon chaque situation. Seule une estimation personnalisée permet de connaître le montant réel.
Lorsque les séquelles d’une commotion cérébrale entraînent des pertes de revenus durables, la victime peut choisir entre une indemnisation sous forme de rente ou de capital. La rente offre une sécurité financière dans le temps, tandis que le capital permet de disposer immédiatement des fonds. Le choix doit être fait en connaissance de cause avec l’aide d’un professionnel.
Se faire accompagner : un choix déterminant
L’indemnisation d’une commotion cérébrale est un domaine complexe qui nécessite l’intervention de professionnels spécialisés. La victime ne doit pas affronter seule les compagnies d’assurance.
L’avocat spécialisé en dommages corporels
Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel maîtrise les subtilités de l’indemnisation du traumatisme crânien. Il saura valoriser les postes de préjudice spécifiques à la commotion cérébrale, notamment les séquelles cognitives souvent sous-estimées par les assureurs.
Le médecin conseil de victimes
Comme évoqué précédemment, l’assistance d’un médecin conseil de victimes lors de l’expertise médicale est quasi indispensable. Ce praticien, spécialiste de l’évaluation du dommage corporel, défend les intérêts médicaux de la personne blessée.
Les associations d’aide aux victimes
Victime-info.fr travaille en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF). Les associations de victimes offrent un soutien gratuit : écoute, orientation, accompagnement dans les démarches et mise en relation avec des professionnels compétents.
- Consulter immédiatement un médecin et faire établir un certificat médical initial détaillé
- Tenir un journal des symptômes quotidien (maux de tête, troubles cognitifs, fatigue, humeur)
- Passer un bilan neuropsychologique pour objectiver les séquelles cognitives
- Ne rien signer sans l’avis d’un professionnel (avocat spécialisé, association de victimes)
- Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes et un avocat en dommages corporels
Questions fréquentes sur la commotion cérébrale et l’indemnisation
Questions fréquentes
Peut-on être indemnisé pour une commotion cérébrale sans perte de connaissance ?
Oui, absolument. La perte de connaissance n’est pas un critère nécessaire pour qu’une commotion cérébrale soit reconnue. Environ 90 % des commotions cérébrales surviennent sans perte de connaissance. Dès lors que des symptômes post-commotionnels sont constatés médicalement (maux de tête, troubles de la mémoire, vertiges, fatigue), la victime a droit à une indemnisation. Le certificat médical initial et le suivi médical sont les preuves essentielles.
Combien de temps durent les symptômes d'une commotion cérébrale ?
La plupart des symptômes disparaissent en 2 à 4 semaines. Cependant, environ 10 à 20 % des victimes développent un syndrome post-commotionnel avec des symptômes persistant au-delà de 3 mois. Dans certains cas, les troubles cognitifs et les maux de tête peuvent durer plus d’un an. La durée de récupération dépend de nombreux facteurs : gravité du choc, âge, antécédents et qualité de la prise en charge.
Comment prouver les séquelles d'une commotion cérébrale si le scanner est normal ?
C’est une difficulté fréquente. Le scanner et l’IRM standard ne montrent souvent aucune lésion visible après une commotion cérébrale. La preuve des séquelles repose principalement sur le bilan neuropsychologique, qui mesure objectivement les fonctions cognitives (mémoire, attention, concentration). Ce bilan, associé aux certificats médicaux de suivi, aux témoignages de l’entourage et au journal des symptômes, constitue un dossier solide pour l’expertise.
Quel est le montant moyen d'indemnisation pour une commotion cérébrale ?
Le montant dépend de la gravité des séquelles. Pour une commotion sans séquelle durable, l’indemnisation se situe entre 2 000 et 5 000 €. En cas de syndrome post-commotionnel persistant avec un DFP de 5 à 10 %, l’indemnisation peut atteindre 25 000 à 80 000 €. Pour les cas les plus graves avec séquelles cognitives importantes, les montants peuvent dépasser 100 000 €. Chaque situation est unique et une estimation personnalisée est indispensable.
Faut-il un avocat pour être indemnisé après une commotion cérébrale ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est vivement recommandé, surtout en présence de séquelles. Les assureurs ont tendance à minimiser les conséquences des commotions cérébrales car les troubles sont peu visibles. Un avocat spécialisé en dommages corporels connaît les enjeux spécifiques de ce type de traumatisme et obtient en moyenne des indemnisations 2 à 5 fois supérieures aux offres initiales des assureurs.
Peut-on obtenir une indemnisation si la commotion cérébrale est survenue lors d'un sport ?
Oui, dans plusieurs hypothèses. Si la victime dispose d’une garantie accidents de la vie (GAV), elle peut être indemnisée directement par son assurance. Si un tiers est responsable (adversaire ayant commis une faute, organisateur n’ayant pas assuré la sécurité), la victime peut demander réparation au responsable ou à son assurance. L’indemnisation des accidents de sport est un domaine qui nécessite une analyse précise des responsabilités.
Conclusion
La commotion cérébrale est un traumatisme dont les conséquences sont encore trop souvent sous-estimées, tant par les victimes elles-mêmes que par les compagnies d’assurance. Les séquelles cognitives — invisibles mais bien réelles — peuvent bouleverser durablement la vie professionnelle, personnelle et familiale de la personne touchée.
Chaque victime de commotion cérébrale a droit à une indemnisation intégrale de son préjudice. Pour cela, il est essentiel de constituer un dossier médical solide, de ne pas accepter la première offre de l’assureur et de se faire accompagner par des professionnels compétents.
La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes de commotion cérébrale dans leurs démarches d’indemnisation. Un conseiller peut analyser la situation et orienter vers les professionnels adaptés.
Témoignages
— Julien, 42 ans, accident de véloBon alors moi j’ai eu une commotion cérébrale ya un an suite à un accident de vélo (renversé par une portière). Au début je pensais que c’était rien, j’avais juste mal à la tête.. mais au bout de 3 semaines j’arrivais plus à me concentrer au boulot, j’oubliais tout. L’assurance voulait me donner 3200€ en me disant que le scanner était normal donc pas de séquelles. Grâce à victime-info.fr j’ai compris qu’il fallait faire un bilan neuropsychologique. Résultat : DFP de 7%, et au final j’ai obtenu 42 000€. Rien à voir avec la première offre..
— Amina, 31 ans, chute dans un magasinFranchement je savais même pas que j’avais une commotion cérébrale. J’ai glissé sur le sol mouillé d’un supermarché, j’me suis cognée la tête en tombant. Pendant des mois j’avais des maux de tête tous les jours, j’étais épuisée, j’arrivais plus à bosser normalement. C’est mon médecin qui a fini par m’envoyer chez un neurologue et là on m’a diagnostiqué un syndrome post-commotionnel. J’ai mis 9 mois pour obtenir mon indemnisation mais ça valait le coup de se battre
— Patrick, 55 ans, père d'un rugbyman blesséMon fils de 19 ans a eu sa 3ème commotion cérébrale au rugby. Les deux premières on avait rien fait, on pensait que c’était normal dans ce sport.. mais là il avait des troubles de mémoire importants, il arrivait plus à suivre ses cours. On a trouvé ce site qui nous a bien orienté, on a vu un avocat spécialisé et un médecin expert. Son club avait une assurance, on a obtenu 18 500€. Honnêtement sans les infos de victime-info on aurait rien fait encore une fois



