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Victime d’un accident : le guide complet des premiers réflexes pour protéger ses droits

Les premières heures et les premiers jours qui suivent un accident sont déterminants pour la suite de l’indemnisation. Une preuve non recueillie, un certificat médical incomplet, une déclaration maladroite : chaque erreur commise dans les premiers instants peut coûter des milliers d’euros à la victime lors de la réparation de son préjudice corporel.

Pourtant, après un accident, la victime est souvent en état de choc. Elle ne sait pas quoi faire, à qui s’adresser, ni quels documents conserver. Ce guide détaille, étape par étape, tous les premiers réflexes à adopter immédiatement après un accident pour préserver ses droits et obtenir la meilleure indemnisation possible. Il s’adresse aussi bien aux victimes d’un accident de la route qu’aux victimes d’un accident de la vie courante, d’une agression ou d’un accident médical.

📌 Les 5 réflexes essentiels en résumé

1. Sécuriser les lieux et appeler les secours
2. Faire constater ses blessures par un médecin (certificat médical initial)
3. Rassembler et conserver toutes les preuves
4. Déclarer l’accident dans les délais légaux
5. Ne rien signer et se faire accompagner par un professionnel

Sommaire

Réflexe n°1 : sécuriser les lieux et alerter les secours

Le tout premier réflexe après un accident est de se mettre en sécurité et de protéger les autres personnes présentes. Cette étape est vitale, mais elle est aussi importante sur le plan juridique : l’intervention des secours et des forces de l’ordre permet de créer un premier dossier officiel de l’accident.

Appeler les secours d’urgence

En cas de blessure, même apparemment légère, la victime ou un témoin doit appeler immédiatement les secours. Les numéros à connaître :

  • 15 : SAMU (urgences médicales)
  • 18 : Pompiers
  • 17 : Police / Gendarmerie
  • 112 : Numéro d’urgence européen (fonctionne partout en Europe)

Lors de l’appel, il est important de préciser le lieu exact de l’accident, le nombre de blessés et la nature apparente des blessures. Ces informations sont consignées par les opérateurs et peuvent servir de preuve ultérieurement.

Demander l'intervention de la police ou de la gendarmerie

Même si l’accident semble mineur, il est fortement conseillé de demander l’intervention des forces de l’ordre. Le procès-verbal qu’elles établissent constitue une preuve officielle des circonstances de l’accident. Ce document sera déterminant lors de la procédure d’indemnisation, notamment pour établir les responsabilités.

Sécuriser la zone de l’accident

En cas d’accident de la route, si l’état de la victime le permet, il convient de :

  • Allumer les feux de détresse du véhicule
  • Enfiler un gilet de sécurité
  • Placer un triangle de signalisation à au moins 30 mètres en amont
  • Se ranger sur le bas-côté ou derrière la glissière de sécurité
  • Ne pas déplacer un blessé (sauf danger immédiat comme un incendie)

En cas d’accident domestique ou d’accident de bricolage, la priorité est d’éloigner la source de danger (couper le courant, éteindre un appareil, sécuriser une échelle) avant de porter secours.

Réflexe n°2 : faire constater ses blessures immédiatement

C’est sans doute le réflexe le plus important pour l’indemnisation. Le certificat médical initial est la pierre angulaire de tout dossier d’indemnisation corporelle. Sans ce document, il sera extrêmement difficile de prouver le lien entre l’accident et les blessures.

Pourquoi consulter un médecin dans les 24 à 72 heures

Après un accident, certaines blessures ne se manifestent pas immédiatement. Un traumatisme crânien, un whiplash cervical, un hématome interne ou un stress post-traumatique peuvent apparaître plusieurs heures, voire plusieurs jours après le choc. Si la victime attend trop longtemps pour consulter, l’assureur pourra contester le lien de causalité entre l’accident et les lésions.

⚠️ Ne jamais retarder la consultation médicale

Même si la personne accidentée ne ressent pas de douleur immédiate, elle doit consulter un médecin dans les 24 à 72 heures suivant l’accident. Le choc et l’adrénaline peuvent masquer des blessures graves. De plus, chaque jour de retard donne un argument à l’assureur pour minimiser l’indemnisation.

Que doit contenir le certificat médical initial

Le certificat médical initial (CMI) est un document rédigé par un médecin qui constate les blessures de la victime. Pour être pleinement utile dans une procédure d’indemnisation, ce certificat doit mentionner :

  • La date et les circonstances de l’accident telles que décrites par la victime
  • La description précise de toutes les lésions constatées (fractures, contusions, plaies, hématomes)
  • Les douleurs décrites par la victime, même celles qui ne sont pas objectivables
  • Les examens complémentaires prescrits (radiographies, IRM, scanner)
  • La durée prévisible de l’incapacité totale de travail (ITT)
  • Les traitements prescrits
  • Les restrictions d’activité
💡 Cas pratique : un certificat médical incomplet

Marc, 38 ans, est victime d’un accident de la route. Aux urgences, le médecin constate une fracture du poignet et rédige un certificat. Mais Marc souffre aussi de douleurs cervicales et de maux de tête qu’il juge « secondaires » et qu’il ne signale pas au médecin. Trois mois plus tard, on lui diagnostique un syndrome post-commotionnel. L’assureur conteste le lien avec l’accident car ces symptômes ne figurent pas sur le certificat initial. Marc perd une partie significative de son indemnisation.

Signaler toutes les douleurs, même les plus légères

La victime doit décrire au médecin absolument toutes ses douleurs et symptômes, même ceux qui semblent insignifiants : maux de tête, troubles du sommeil, anxiété, douleurs diffuses, vertiges, acouphènes. Chaque symptôme non mentionné sur le certificat initial sera plus difficile à faire reconnaître lors de l’expertise médicale qui aura lieu des mois plus tard.

⚖️ Article L211-9 du Code des assurances

L’assureur est tenu de présenter une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident. Mais cette offre sera calculée sur la base du certificat médical initial et des éléments du dossier médical. Un CMI complet et détaillé est donc fondamental pour obtenir une offre juste.

Réflexe n°3 : rassembler toutes les preuves dès les premières heures

En matière d’indemnisation du dommage corporel, la charge de la preuve repose en grande partie sur la victime. Plus les preuves sont rassemblées tôt, plus le dossier sera solide face à l’assureur ou devant un tribunal. C’est l’un des fondamentaux du droit du dommage corporel.

Photographier et filmer

Dès que possible, la victime ou ses proches doivent photographier :

  • Les lieux de l’accident (vue d’ensemble et détails)
  • Les dégâts matériels (véhicule, équipement, vêtements)
  • Les blessures visibles (plaies, hématomes, gonflements)
  • Les traces de freinage, les obstacles, l’état de la chaussée
  • Les panneaux de signalisation, feux de circulation
  • Les conditions météorologiques (pluie, verglas, brouillard)

Il est important de dater ces photos. La plupart des smartphones enregistrent automatiquement la date, l’heure et la géolocalisation dans les métadonnées de l’image. Il est conseillé de sauvegarder ces photos sur un cloud ou de les envoyer par e-mail pour conserver une trace horodatée.

Photographier l'évolution des blessures

La victime a tout intérêt à photographier ses blessures régulièrement (chaque jour pendant les premières semaines, puis chaque semaine). Ces photos montrent l’évolution des lésions et constituent un élément de preuve précieux lors de l’évaluation des souffrances endurées.

Recueillir les coordonnées des témoins

Les témoignages sont des preuves essentielles, en particulier lorsque les responsabilités sont contestées. La personne accidentée, ou un proche, doit noter :

  • Les nom, prénom, adresse et numéro de téléphone de chaque témoin
  • Ce que chaque témoin a vu et entendu
  • Leur position au moment de l’accident

Idéalement, il faut demander aux témoins de rédiger une attestation sur l’honneur (formulaire Cerfa n°11527*03) décrivant ce qu’ils ont constaté. Plus le témoignage est recueilli tôt, plus il est précis et fiable.

Conserver tous les documents

La victime doit constituer son dossier dès le premier jour en conservant systématiquement :

  • Le constat amiable (accident de la route)
  • Le procès-verbal de police ou de gendarmerie
  • Le certificat médical initial et tous les certificats suivants
  • Les ordonnances, résultats d’examens, comptes-rendus d’hospitalisation
  • Les factures de soins, pharmacie, appareillage, aide à domicile
  • Les justificatifs d’arrêt de travail et de perte de revenus
  • Les photos de l’accident et des blessures
  • Toute correspondance avec l’assureur (courriers, e-mails)
📊 Impact d'un dossier bien constitué

Selon les professionnels du droit du dommage corporel, un dossier complet et bien documenté peut permettre d’obtenir une indemnisation 2 à 5 fois supérieure à celle proposée initialement par l’assureur. La qualité des preuves est le facteur n°1 dans le montant de l’indemnisation finale.

Réflexe n°4 : déclarer l’accident dans les délais légaux

La déclaration de l’accident est une étape administrative incontournable. Selon le type d’accident, les démarches et les délais varient. Le non-respect de ces délais peut entraîner la perte totale du droit à indemnisation.

Accident de la circulation

En cas d’accident de la route, la victime doit déclarer le sinistre à son assureur dans un délai de 5 jours ouvrés à compter de l’accident. Cette déclaration doit être faite par lettre recommandée avec accusé de réception. Le modèle de lettre type est disponible sur le site.

Il est essentiel de remplir le constat amiable de manière précise et de ne pas admettre de responsabilité (même partielle) sans y avoir mûrement réfléchi. En cas de doute, il est préférable de noter « sous réserve » dans les observations.

⚠️ Attention au constat amiable

Le constat amiable est un document juridique engageant. Une case mal cochée, un croquis imprécis ou une signature hâtive peut inverser les responsabilités. Si la victime n’est pas en état de remplir le constat correctement, elle peut refuser de le signer sur place et l’envoyer ultérieurement à son assureur, accompagné du rapport de police.

Accident du travail ou accident de trajet

En cas d’accident sur le trajet domicile-travail ou sur le lieu de travail, la victime doit informer son employeur dans les 24 heures. L’employeur dispose ensuite de 48 heures pour effectuer la déclaration auprès de la CPAM. La victime doit s’assurer que cette déclaration a bien été faite et en conserver une copie.

Accident de la vie courante

Pour un accident de la vie courante (chute, morsure de chien, accident de sport), la déclaration dépend du contrat d’assurance. Si la victime dispose d’une garantie accidents de la vie (GAV), elle doit généralement déclarer le sinistre dans un délai de 5 jours. Le contrat d’assurance précise les modalités exactes.

Agression

En cas d’agression physique, la victime doit déposer plainte le plus rapidement possible, idéalement dans les 24 à 48 heures. Le dépôt de plainte déclenche l’enquête et permet ensuite de saisir la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) pour obtenir une indemnisation, même si l’agresseur est insolvable ou non identifié.

⚖️ Article 706-5 du Code de procédure pénale

La victime d’une infraction dispose d’un délai de 3 ans à compter de la date de l’infraction pour saisir la CIVI, ou d’un an à compter de la dernière décision de justice ayant statué sur les intérêts civils. Ce délai peut être relevé si la victime démontre qu’elle n’a pas été en mesure de faire valoir ses droits dans les temps.

Accident médical

En cas d’erreur médicale ou d’accident médical, la victime peut saisir la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) dans un délai de 10 ans à compter de la consolidation de son état de santé. Il est toutefois recommandé d’agir le plus tôt possible pour préserver les preuves médicales.

Réflexe n°5 : ne rien signer et se faire accompagner

C’est la règle d’or que toute victime d’un accident doit connaître : ne jamais rien signer sans l’avis d’un professionnel. Les premières semaines qui suivent l’accident sont une période de vulnérabilité durant laquelle l’assureur peut tenter d’obtenir des déclarations ou des signatures qui seront utilisées pour minimiser l’indemnisation.

Ne pas accepter la première offre de l’assureur

Les compagnies d’assurance ont un objectif : indemniser au moindre coût. La première offre d’indemnisation est quasiment toujours largement inférieure à ce que la victime est en droit d’obtenir. Les assureurs le savent et comptent sur la méconnaissance du droit et l’impatience de la victime pour faire accepter une offre au rabais.

📊 Première offre de l'assureur vs indemnisation finale

En moyenne, la première offre formulée par un assureur représente entre 30 % et 50 % de l’indemnisation réellement due à la victime. En se faisant accompagner par un professionnel spécialisé, il est courant d’obtenir le double, voire le triple du montant initialement proposé.

Ne pas signer de documents à portée juridique

La victime doit être vigilante face aux documents que l’assureur peut demander de signer :

  • La quittance définitive : ce document clôture le dossier. Une fois signé, la victime ne peut plus rien réclamer, même si son état de santé s’aggrave.
  • Le mandat de représentation : il autorise l’assureur à agir au nom de la victime. Cela peut limiter sa capacité à contester les décisions.
  • Les procès-verbaux de déclaration : chaque mot compte. Une phrase maladroite peut être retournée contre la victime.
⚠️ La quittance définitive est irréversible

La signature d’une quittance définitive met fin à tout recours. La victime n’a plus la possibilité de demander un complément d’indemnisation, même en cas d’aggravation de ses séquelles. Il est impératif d’attendre la consolidation médicale — c’est-à-dire le moment où l’état de santé est stabilisé — avant d’accepter toute offre définitive.

Ne pas communiquer avec le médecin-conseil de l’assureur sans accompagnement

L’assureur mandate son propre médecin-conseil pour évaluer les blessures de la victime. Ce médecin, bien que soumis au serment d’Hippocrate, défend les intérêts financiers de la compagnie d’assurance. La victime ne doit jamais se rendre seule à une expertise médicale organisée par l’assureur. Elle doit être accompagnée de son propre médecin-conseil, un médecin indépendant spécialisé dans l’évaluation du dommage corporel.

📞 Besoin de conseils après un accident ?

La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes vers les professionnels adaptés à leur situation : avocat spécialisé, médecin-conseil de victimes, association d’aide aux victimes.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter après un accident

Certaines erreurs, commises par méconnaissance ou par précipitation, peuvent compromettre gravement l’indemnisation. Les connaître permet de les éviter.

Erreur n°1 : minimiser ses blessures

Beaucoup de victimes, par courage ou par habitude de « faire avec », minimisent leurs douleurs devant le médecin ou dans leurs déclarations. C’est une erreur majeure. L’indemnisation est calculée sur la base de ce qui est médicalement documenté. Ce qui n’est pas consigné dans le dossier médical n’existe pas aux yeux de l’assureur.

Erreur n°2 : ne pas consulter rapidement

Attendre plusieurs semaines avant de voir un médecin crée un « vide médical » que l’assureur exploitera pour contester le lien de causalité entre l’accident et les lésions. La consultation doit avoir lieu dans les 24 à 72 heures.

Erreur n°3 : ne pas déposer plainte en cas d’infraction

En cas d’agression, de délit de fuite, de conduite en état d’ivresse du responsable ou de violences, le dépôt de plainte est essentiel. Il ouvre la voie à une indemnisation par la CIVI et à des dommages et intérêts devant le tribunal correctionnel. Si la victime rencontre des difficultés pour déposer plainte, elle peut écrire directement au procureur de la République.

💡 Cas pratique : le piège du « tout va bien »

Sophie, 45 ans, est percutée par un véhicule en traversant la rue. Sur le coup, elle se relève, assure aux pompiers qu’elle « va bien » et refuse d’aller aux urgences. Le lendemain, elle souffre de douleurs dorsales intenses et d’insomnies. Elle consulte son médecin une semaine après l’accident. L’assureur du conducteur responsable conteste la relation entre l’accident et les douleurs dorsales en s’appuyant sur le fait que Sophie a refusé la prise en charge médicale initiale et n’a consulté que 7 jours plus tard. Son indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire est considérablement réduite.

Erreur n°4 : gérer seul face à l’assureur

L’assureur dispose d’équipes de juristes, de médecins-conseil et d’experts. Face à cette machine, une victime isolée est en position de faiblesse. Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel rééquilibre le rapport de force. Le coût de cet accompagnement est très largement compensé par l’augmentation de l’indemnisation obtenue.

Erreur n°5 : jeter ou ne pas conserver les preuves

Vêtements déchirés, casque endommagé, équipement de protection cassé : tout doit être conservé. Ces éléments matériels peuvent servir de preuve de la violence du choc et de la réalité de l’accident. Idem pour les messages, e-mails et courriers échangés avec l’assureur.

Le journal de bord de la victime

La tenue d’un journal quotidien dans lequel la victime note ses douleurs, ses difficultés, ses rendez-vous médicaux et l’impact de l’accident sur sa vie quotidienne est un outil extrêmement précieux. Ce journal personnel peut être présenté lors de l’expertise médicale pour documenter les souffrances endurées, le déficit fonctionnel temporaire et le préjudice d’agrément.

Checklist complète : que faire dans les premiers jours après un accident

Voici un récapitulatif chronologique des actions à mener après un accident, que la victime ou ses proches peuvent utiliser comme aide-mémoire.

Le jour même de l’accident

  • Appeler les secours (15, 18, 17 ou 112)
  • Ne pas déplacer les blessés (sauf danger immédiat)
  • Sécuriser les lieux
  • Photographier les lieux, les dégâts, les blessures
  • Recueillir les coordonnées des témoins
  • Remplir le constat amiable (accident de la route) avec prudence
  • Se rendre aux urgences ou consulter un médecin
  • Obtenir un certificat médical initial détaillé

Dans les 5 jours suivant l’accident

  • Déclarer l’accident à son assureur par lettre recommandée AR
  • Déposer plainte si nécessaire (agression, délit de fuite, infraction)
  • Informer son employeur en cas d’accident de travail ou de trajet
  • Conserver tous les justificatifs de frais (pharmacie, transport, aide à domicile)
  • Commencer à tenir un journal de bord des douleurs et difficultés

Dans les semaines suivantes

  • Consulter un avocat spécialisé en dommage corporel ou contacter une association d’aide aux victimes
  • Obtenir une copie du rapport de police ou de gendarmerie
  • Faire suivre ses blessures régulièrement et conserver tous les comptes-rendus médicaux
  • Ne signer aucun document de l’assureur sans avis professionnel
  • Demander une provision d’indemnisation si les frais s’accumulent
📌 Le réflexe le plus important

Le réflexe le plus important après un accident est de ne pas rester seul. Contacter un professionnel du droit du dommage corporel (avocat spécialisé, association d’aide aux victimes) dès les premiers jours permet de structurer le dossier correctement et de ne rater aucune étape cruciale pour l’indemnisation.

Se faire accompagner : les professionnels à contacter

Plusieurs types de professionnels peuvent aider la victime à chaque étape de son parcours d’indemnisation. Connaître leur rôle permet de mieux se défendre.

L’avocat spécialisé en dommage corporel

C’est le professionnel le plus à même de défendre les intérêts de la victime face à l’assureur ou devant un tribunal. Un avocat véritablement spécialisé en dommages corporels connaît la nomenclature Dintilhac, les référentiels d’indemnisation comme le référentiel Mornet, et les stratégies des assureurs.

Concernant les honoraires de l’avocat, de nombreux avocats spécialisés en dommage corporel pratiquent l’honoraire de résultat : la victime ne paie qu’un pourcentage de l’indemnisation obtenue, uniquement en cas de succès.

Le médecin-conseil de victimes

Ce médecin indépendant accompagne la victime lors de l’expertise médicale. Il s’assure que toutes les blessures et séquelles sont correctement évaluées et que le médecin expert n’oublie aucun poste de préjudice. Son rôle est fondamental pour obtenir des taux d’AIPP (incapacité permanente) et de souffrances endurées conformes à la réalité du dommage.

Les associations d’aide aux victimes

Des associations comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, proposent un accompagnement gratuit : écoute, orientation vers les professionnels adaptés, aide dans les démarches administratives. Elles peuvent aussi accompagner la victime lors des audiences au tribunal.

📞 Être orienté gratuitement après un accident

La permanence de victime-info.fr aide gratuitement les victimes d’accidents à identifier les démarches prioritaires et les oriente vers les professionnels compétents (avocat, médecin-conseil, association).

Délais de prescription : combien de temps pour agir

La victime dispose d’un délai légal pour engager une action en indemnisation. Ce délai varie selon le type d’accident et la procédure envisagée. Le dépasser signifie perdre définitivement son droit à réparation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. Pour les victimes mineures au moment de l’accident, le délai ne commence à courir qu’à leur majorité.

  • Droit commun (dommage corporel) : 10 ans à compter de la consolidation
  • Accident de la circulation : 10 ans à compter de la consolidation
  • Accident du travail : 2 ans pour la reconnaissance par la CPAM
  • Infraction pénale (CIVI) : 3 ans à compter de l’infraction, ou 1 an après la dernière décision pénale
  • Accident médical (CCI) : 10 ans à compter de la consolidation
⚠️ Consolidation et prescription : deux notions à ne pas confondre

La consolidation est la date à laquelle l’état de santé de la victime est considéré comme stabilisé, sans amélioration ni aggravation prévisible. C’est à partir de cette date que le délai de prescription de 10 ans commence à courir. La victime a donc intérêt à bien connaître sa date de consolidation, qui sera fixée lors de l’expertise médicale.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Quel est le premier réflexe à avoir après un accident ?

Le premier réflexe est d’assurer sa sécurité et celle des autres personnes impliquées, puis d’appeler les secours (15, 18 ou 112). Ensuite, il faut consulter un médecin dans les 24 à 72 heures pour obtenir un certificat médical initial détaillé, même si les blessures semblent légères. C’est ce document qui constitue la base de tout dossier d’indemnisation.


Faut-il obligatoirement déposer plainte après un accident ?

Le dépôt de plainte n’est pas toujours obligatoire, mais il est fortement recommandé dès qu’une infraction est en cause : agression, délit de fuite, conduite sous alcool ou stupéfiants. Le dépôt de plainte est indispensable pour pouvoir saisir la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) et obtenir des dommages et intérêts au pénal.


Combien de temps la victime a-t-elle pour déclarer l'accident à son assurance ?

Le délai est généralement de 5 jours ouvrés à compter de la date de l’accident pour un accident de la circulation ou un accident de la vie. Pour un accident du travail, l’employeur doit être informé dans les 24 heures. Il est recommandé d’effectuer cette déclaration par lettre recommandée avec accusé de réception.


Peut-on refuser la première offre d'indemnisation de l'assureur ?

Oui, la victime a parfaitement le droit de refuser la première offre de l’assureur. C’est même vivement recommandé. La première offre est presque toujours inférieure à ce qui est réellement dû. La victime peut négocier, présenter un contre-argumentaire étayé par un avocat spécialisé, ou saisir le tribunal si aucun accord n’est trouvé.


La victime doit-elle se rendre seule à l'expertise médicale de l'assureur ?

Non. Il est fortement déconseillé de se rendre seul à une expertise médicale organisée par l’assureur. La victime doit être accompagnée de son propre médecin-conseil, un médecin indépendant qui défend ses intérêts et vérifie que toutes les blessures et séquelles sont correctement évaluées.


Quel est le délai de prescription pour demander une indemnisation après un accident ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage corporel (article 2226 du Code civil). La consolidation est la date à laquelle l’état de santé est stabilisé. Pour les victimes mineures, le délai ne commence qu’à leur 18 ans. En cas d’infraction pénale, le délai pour saisir la CIVI est de 3 ans à compter de l’infraction.


Conclusion : chaque minute compte après un accident

Les premiers réflexes après un accident déterminent la qualité du dossier d’indemnisation et, par conséquent, le montant de la réparation que la victime obtiendra. Consulter un médecin immédiatement, rassembler les preuves, déclarer l’accident dans les délais, ne rien signer sans avis professionnel : ces gestes simples font toute la différence entre une indemnisation juste et une indemnisation au rabais.

La victime ne doit pas rester seule face à l’assureur. Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommage corporel et un médecin-conseil de victimes est le meilleur investissement pour obtenir la réparation intégrale de son préjudice. Le site victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France, propose des simulateurs d’indemnisation et une permanence gratuite pour aider chaque victime à y voir plus clair.

📞 Besoin d'accompagnement après un accident ?

La permanence de victime-info.fr oriente gratuitement les victimes d’accidents vers les bons professionnels et les aide à comprendre leurs droits. Ne restez pas seul face à l’assureur.

Témoignages

Bon alors moi accident de voiture ya 8 mois, un gars m’a percuté au rond-point. Sur le coup jme sentais pas trop mal, juste un peu secoué. Heureusement ma femme a insisté pour que j’aille aux urgences le soir même. Résultat : 2 hernies discales cervicales. Si j’avais pas eu le certificat médical du jour même l’assurance m’aurait dit que ça venait d’avant.. le médecin m’a aussi mis les douleurs à l’épaule et les maux de tête que je trouvais pas importants. Au final j’ai eu une expertise et on attend l’offre mais mon avocat est confiant. Premier conseil : allez aux urgences même si vous pensez que c’est rien !!

— Christophe, 52 ans, accident de voiture

Franchement si j’avais pas trouvé victime-info.fr je sais pas comment j’aurais fait. Moi j’ai été renversée par une voiture en vélo, fracture du poignet + entorse cheville. L’assurance du conducteur m’a proposé 4200€ au bout de 3 mois.. j’allais accepter parce que je connaissais rien. Grâce au site j’ai compris qu’il fallait pas signer, j’ai contacté un avocat spécialisé et au final après expertise j’ai obtenu presque 19000€. La différence c’est juste de savoir quoi faire et quoi pas faire dans les premiers jours

— Amina, 29 ans, renversée à vélo

Honnêtement quand j’ai glissé sur le sol mouillé du supermarché et que jme suis cassé le col du fémur, j’ai même pas pensé à demander une indemnisation. C’est mon fils qui a pris des photos du sol mouillé avec son téléphone et qui a demandé les coordonnées des témoins le jour même. 6 mois plus tard c’est grâce à ces photos qu’on a pu prouver la faute du magasin. Sans ça c’était parole contre parole. Conseil : photographiez TOUT même si sur le moment vous pensez à autre chose

— Patrick, 61 ans, chute dans un supermarché