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Frais de logement adapté : calcul, indemnisation et démarches pour les victimes

Après un accident grave, les séquelles peuvent rendre le logement de la victime totalement inadapté à ses nouvelles conditions de vie. Impossibilité de monter un escalier, salle de bain inaccessible en fauteuil roulant, portes trop étroites : autant de situations qui nécessitent des travaux d'aménagement parfois considérables. Le poste de frais de logement adapté, prévu par la nomenclature Dintilhac, permet à la victime d'obtenir une indemnisation couvrant l'ensemble de ces dépenses.

Ce guide complet détaille la définition de ce poste de préjudice, les modalités de calcul, les démarches à entreprendre et les recours possibles en cas de contestation. Pour toute question, il est possible de contacter la permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF).

Frais de logement adapté - Calcul et indemnisation

Frais de logement adapté - Calcul et indemnisation

Qu'est-ce que les frais de logement adapté ?

Les frais de logement adapté constituent un poste de préjudice patrimonial figurant dans la nomenclature Dintilhac. Il s'agit de l'ensemble des dépenses que la victime d'un dommage corporel doit engager pour adapter son habitat à son handicap, afin de pouvoir continuer à y vivre dans des conditions décentes et autonomes.

Ce poste de préjudice concerne les victimes dont les séquelles physiques ou cognitives rendent le logement actuel partiellement ou totalement inadapté. Il peut s'agir d'une personne paraplégique qui ne peut plus accéder à l'étage de sa maison, d'une victime de traumatisme crânien grave nécessitant un environnement sécurisé, ou encore d'une personne ayant perdu l'usage d'un membre supérieur et devant adapter ses équipements quotidiens.

⚖️ Nomenclature Dintilhac – Poste « Frais de logement adapté »

La nomenclature Dintilhac définit les frais de logement adapté comme « les dépenses que doit débourser la victime directe à la suite du dommage pour adapter son logement à son handicap et bénéficier ainsi d'un habitat en adéquation avec ce handicap ».

Quels types de travaux sont concernés ?

Les travaux d'adaptation du logement peuvent être extrêmement variés selon la nature et la gravité du handicap de la victime. Voici les principaux aménagements susceptibles d'être pris en charge :

  • Gros œuvre et accessibilité : élargissement des couloirs et des portes, construction de rampes d'accès, installation d'un ascenseur ou d'un monte-escalier, mise en place de sols antidérapants
  • Sanitaires adaptés : douche à l'italienne accessible en fauteuil roulant, barres d'appui, lavabo et toilettes à hauteur adaptée
  • Domotique : électrification des ouvertures (portes, volets, fenêtres), commandes à distance, interphones vidéo, systèmes d'alerte
  • Cuisine : plan de travail à hauteur variable, placards accessibles, équipements ergonomiques
  • Espaces extérieurs : cheminements adaptés dans le jardin, parking accessible, portail automatisé
  • Chambre : agrandissement de la pièce pour permettre la circulation en fauteuil, lit médicalisé, rails de transfert au plafond
✅ L'annexe 2-5 du Code de l'action sociale et des familles

L'annexe 2-5 du Code de l'action sociale et des familles, en son chapitre 4, dresse la liste officielle des aménagements susceptibles d'être pris en compte pour le versement de l'indemnisation. Cette liste constitue une référence utile lors de la constitution du dossier d'indemnisation.

Distinction entre frais de logement adapté temporaires et permanents

Il est important de distinguer deux situations selon le moment où les frais interviennent :

  • Avant la consolidation : il s'agit des aménagements provisoires nécessaires pendant la période de soins et de convalescence. Par exemple, un logement temporaire de plain-pied en attendant la guérison ou l'adaptation définitive du logement.
  • Après la consolidation : il s'agit des aménagements définitifs rendus nécessaires par les séquelles permanentes de la victime. Ces frais sont généralement plus importants car ils doivent répondre à des besoins durables.

Dans les deux cas, la victime a droit à la prise en charge intégrale des frais engagés, conformément au principe de réparation intégrale du préjudice.

💡 Cas pratique : victime paraplégique après un accident de la route

Une personne de 35 ans est victime d'un accident de la circulation qui la rend paraplégique. Son appartement se situe au 3e étage sans ascenseur. Les frais de logement adapté comprennent : la recherche et l'acquisition d'un logement de plain-pied (différentiel de prix avec l'ancien logement), l'installation d'une douche italienne (4 500 €), l'élargissement des portes (6 000 €), l'installation de domotique (8 000 €), la construction d'une rampe d'accès extérieure (3 500 €). Le montant total des frais de logement adapté s'élève à plusieurs dizaines de milliers d'euros, intégralement pris en charge au titre de ce poste de préjudice.

Comment sont calculés et indemnisés les frais de logement adapté ?

Le calcul de l'indemnisation des frais de logement adapté repose sur une évaluation précise qui combine les besoins médicaux de la victime et les contraintes techniques du logement. Avant de procéder au calcul de l'indemnisation, il faut réunir des informations de trois ordres :

  • Les besoins de la personne : évalués lors de l'expertise médicale par le médecin expert, qui détermine les limitations fonctionnelles et les nécessités d'aménagement
  • Les possibilités d'adaptation du logement existant : un ergothérapeute ou un architecte spécialisé peut réaliser une étude de faisabilité
  • Le coût des aménagements : chiffré à partir de devis, factures ou estimations d'experts
📌 Base de calcul de l'indemnisation

Selon le rapport Dintilhac, l'indemnisation des frais de logement adapté intervient « sur la base de factures, de devis ou même des conclusions de l'expert sur la consistance et le montant des travaux nécessaires à la victime pour vivre dans son logement ». L'absence de réalisation effective des travaux ne fait pas obstacle à l'indemnisation.

Les éléments de preuve à rassembler

Il est essentiel que la victime ou ses proches rassemblent le maximum de justificatifs pour étayer la demande d'indemnisation :

  • Devis d'artisans pour les travaux d'aménagement (au moins deux ou trois devis comparatifs)
  • Rapport d'ergothérapeute détaillant les besoins d'adaptation
  • Factures pour les travaux déjà réalisés
  • Photos du logement actuel montrant les problèmes d'accessibilité
  • Certificats médicaux précisant les limitations fonctionnelles
  • Plan du logement existant et projet d'aménagement

Toutefois, la jurisprudence a reconnu que l'absence de justification de la réalisation effective des travaux ne fait pas obstacle à l'indemnisation. La victime peut être indemnisée sur la base de devis, sans avoir encore réalisé les aménagements.

Le rôle de l'expertise médicale

L'expertise médicale joue un rôle central dans l'évaluation des frais de logement adapté. Le médecin expert doit préciser dans son rapport :

  • La nature exacte du handicap et ses conséquences sur la vie quotidienne
  • Les besoins spécifiques en matière d'aménagement du logement
  • Le caractère temporaire ou définitif de ces besoins
  • La nécessité éventuelle de changer de logement si l'adaptation n'est pas possible

Il est fondamental que l'état antérieur de la victime soit pris en compte. Si le logement ne nécessitait aucune adaptation avant l'accident, l'ensemble des frais d'aménagement doit être intégralement indemnisé.

⚠️ L'importance de se faire assister lors de l'expertise

La victime ne doit jamais se rendre seule à l'expertise médicale. Il est vivement recommandé de se faire assister par un médecin expert conseil de victimes, indépendant des compagnies d'assurance, qui défendra les intérêts de la personne blessée et veillera à ce que tous les besoins en aménagement soient correctement mentionnés dans le rapport d'expertise.

Que se passe-t-il si le logement ne peut pas être adapté ?

Dans certains cas, les conséquences de l'accident sont si graves que le logement existant se révèle totalement inadaptable. Cela peut se produire lorsque :

  • L'appartement est situé en étage sans ascenseur et l'installation d'un monte-escalier est techniquement impossible
  • La configuration des lieux ne permet pas l'élargissement des portes ou des couloirs
  • Le coût de l'adaptation dépasse celui d'un nouveau logement adapté
  • Le logement est trop petit pour accueillir les équipements médicaux nécessaires

Dans cette situation, la nomenclature Dintilhac prévoit que la victime sera indemnisée pour l'acquisition ou la construction d'un nouveau logement adapté. L'indemnisation portera alors sur le surcoût lié au handicap, c'est-à-dire la différence entre le prix du nouveau logement adapté et la valeur de l'ancien logement.

📊 Montants moyens d'indemnisation

Les frais de logement adapté varient considérablement selon la nature du handicap. Pour des aménagements simples (barres d'appui, douche italienne), le montant se situe entre 5 000 et 20 000 €. Pour des adaptations lourdes (monte-escalier, domotique complète, élargissement des accès), les montants peuvent atteindre 50 000 à 150 000 €. En cas de changement de logement pour une personne tétraplégique, l'indemnisation peut dépasser 200 000 à 400 000 €.

📞 Besoin d'estimer une indemnisation ?

Le simulateur en ligne de victime-info.fr permet d'obtenir une première estimation des indemnités auxquelles la victime peut prétendre pour l'ensemble de ses préjudices corporels.

Contestation de l'indemnisation des frais de logement adapté

Il arrive fréquemment que l'indemnisation proposée par la compagnie d'assurance ne reflète pas la réalité des besoins de la victime. Plusieurs hypothèses de contestation existent.

Hypothèse 1 : l'expertise médicale est incomplète ou inexacte

Si la victime estime que le rapport du médecin expert ne reflète pas correctement ses besoins en matière d'adaptation du logement, ou que certains préjudices ont été mal évalués voire omis, il est possible de demander une contre-expertise médicale.

La contre-expertise permettra un nouvel examen approfondi de l'état de santé de la victime et de ses besoins réels en aménagement. Le nouveau rapport sera transmis à l'assureur, qui devra alors réévaluer sa proposition d'indemnisation.

✅ La contre-expertise : un droit fondamental

La victime a toujours le droit de contester les conclusions d'une expertise médicale. Il est conseillé de se faire accompagner par un médecin expert conseil de victimes lors de cette contre-expertise pour défendre au mieux ses intérêts.

Hypothèse 2 : la proposition d'indemnisation est trop faible

Si la victime considère que l'offre de l'assureur est insuffisante au regard des préjudices subis et des devis obtenus, il est possible de négocier point par point chaque poste de préjudice. Cette négociation peut porter sur :

  • Le choix des matériaux et équipements (l'assureur propose parfois des solutions bas de gamme inadaptées)
  • Le périmètre des travaux (certains aménagements nécessaires peuvent avoir été exclus)
  • Les frais annexes (déménagement, relogement temporaire pendant les travaux, honoraires d'architecte)
⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

Les premières offres d'indemnisation proposées par les compagnies d'assurance sont quasi systématiquement inférieures aux montants réellement dus. Il est fortement déconseillé d'accepter la première proposition sans l'avoir fait analyser par un professionnel. Un avocat spécialisé en dommage corporel peut permettre de multiplier significativement le montant de l'indemnisation.

Hypothèse 3 : aucun accord n'est trouvé avec l'assureur

Lorsque la négociation amiable échoue et qu'aucun accord n'est trouvé entre l'assureur et la victime, la voie judiciaire devient nécessaire. Il est alors indispensable de recourir aux services d'un avocat spécialisé en dommage corporel pour saisir le tribunal compétent.

Le tribunal compétent est soit celui du domicile du défendeur (l'assureur), soit celui du lieu où s'est produit le dommage. Le juge procédera à une évaluation indépendante des besoins et fixera le montant de l'indemnisation, souvent supérieur à la dernière offre de l'assureur.

⚖️ Article 2226 du Code civil – Délai de prescription

L'action en responsabilité pour dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage initial ou aggravé. La victime dispose donc de ce délai pour engager une action en justice si elle n'est pas satisfaite de l'indemnisation proposée.

Difficulté de l'indemnisation des frais de logement adapté

L'indemnisation des frais de logement adapté est l'un des postes de préjudice les plus complexes à évaluer et à obtenir. Plusieurs difficultés récurrentes se posent dans la pratique.

Nature de l'accidentConséquences de l'accidentMontant de l'offre
Accident de moto en 2020 Fracture de Maisonneuve ouverte cheville gauche
Lésion fragmentaire
Non retenu
Chirurgie du défilé thoraco brachial droit Atteinte modérée du nerf phrénique avec petit syndrome pulmonaire restrictif
Séquelles neurologiques
Non retenu
Accident de moto Fracture de vertèbres
Multiples contusions sur les jambes
Occupation d'un appartement pour rééducation
Non pris en charge par l'assurance

La sous-évaluation des besoins par l'assureur

Les compagnies d'assurance ont tendance à minimiser les besoins d'adaptation du logement. Elles peuvent par exemple :

  • Refuser certains aménagements jugés « de confort » alors qu'ils sont médicalement nécessaires
  • Proposer des équipements d'entrée de gamme inadaptés aux besoins réels
  • Contester la nécessité d'un changement de logement et imposer une adaptation a minima
  • Ne pas prendre en compte le coût de renouvellement des équipements dans le temps

Le renouvellement des équipements

Un aspect souvent négligé concerne le renouvellement des équipements au fil du temps. Un monte-escalier, un système de domotique ou du matériel médicalisé a une durée de vie limitée et devra être remplacé. L'indemnisation doit prendre en compte ces frais futurs de remplacement, généralement capitalisés sur l'espérance de vie de la victime.

Les frais connexes souvent oubliés

Plusieurs frais annexes aux travaux d'adaptation sont fréquemment omis dans les demandes d'indemnisation :

  • Frais d'architecte ou d'ergothérapeute pour concevoir les aménagements
  • Frais de déménagement en cas de changement de logement
  • Loyer d'un logement temporaire pendant la durée des travaux
  • Frais de notaire en cas d'acquisition d'un nouveau bien
  • Surcoût des charges lié au nouveau logement (copropriété avec ascenseur par exemple)

Tous ces frais divers doivent être intégrés dans la demande d'indemnisation globale pour respecter le principe de réparation intégrale du préjudice.

💡 Cas pratique : victime d'un accident de moto avec traumatisme crânien

Un homme de 42 ans est victime d'un accident de moto entraînant un traumatisme crânien. Il conserve des troubles de l'équilibre et des difficultés cognitives. Son pavillon de deux étages nécessite d'importants aménagements : installation d'un monte-escalier (12 000 €), sécurisation de la salle de bain (7 000 €), système de domotique avec alarme (9 000 €), aménagement de la cuisine (5 000 €). L'assureur propose initialement 18 000 €. Après intervention d'un avocat spécialisé et production d'un rapport d'ergothérapeute, l'indemnisation finale s'élève à 38 000 €, incluant les frais de renouvellement des équipements sur 25 ans.

Frais de logement adapté : les autres postes de préjudice à ne pas oublier

Les frais de logement adapté ne constituent qu'un élément parmi l'ensemble des postes de préjudice corporel auxquels la victime peut prétendre. Il est essentiel de ne négliger aucun poste pour obtenir une indemnisation complète.

Parmi les postes de préjudice fréquemment associés aux frais de logement adapté, on retrouve notamment :

✅ Le principe de réparation intégrale

Le droit français consacre le principe de réparation intégrale du préjudice : la victime doit être replacée dans la situation qui aurait été la sienne si l'accident n'avait pas eu lieu. Cela signifie que l'ensemble des frais nécessaires à l'adaptation du logement doit être couvert, sans limitation arbitraire de la part de l'assureur.

Questions de victimes sur les frais de logement adapté

Non-prise en charge des frais de logement adapté

Une victime d'accident de moto non responsable a souffert de fractures de vertèbres et de multiples contusions aux jambes. Habitant au 4e étage sans ascenseur, elle ne pouvait plus accéder à son logement après l'accident. Elle a dû demander un logement social pour raison de santé dans une commune où ses proches pouvaient l'assister pendant sa rééducation.

Dans cette situation, les frais de relogement temporaire (loyer, déménagement) ainsi que les frais liés à la recherche d'un logement adapté sont susceptibles d'être indemnisés au titre des frais de logement adapté. Il est conseillé de conserver toutes les preuves de dépenses et de faire valoir ces frais lors de l'expertise médicale.

Difficulté de prise en charge par l'assureur

Certaines victimes font face au refus partiel ou total de l'assureur de prendre en charge les frais d'adaptation. L'assureur peut arguer que les travaux demandés dépassent ce qui est strictement nécessaire, ou que des solutions moins coûteuses existent.

Face à un tel refus, la victime peut contester l'indemnisation proposée par l'assurance et demander une réévaluation. Le recours à un avocat spécialisé et la production d'un rapport d'ergothérapeute indépendant sont les meilleurs atouts pour obtenir gain de cause.

Frais de logement adapté suite à un aléa thérapeutique

En cas de séquelles résultant d'un accident médical ou d'une affection iatrogène, les frais de logement adapté peuvent également être indemnisés. La procédure passe alors généralement par la Commission de Conciliation et d'Indemnisation (CCI), qui peut ordonner la prise en charge par l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) ou par l'assureur du professionnel de santé.

⚠️ Délai de prescription à respecter

Que l'accident soit un accident de la route, un accident de la vie ou un accident médical, la victime dispose de 10 ans à compter de la date de consolidation pour engager une action en indemnisation (article 2226 du Code civil). Il est vivement recommandé de ne pas attendre pour entamer les démarches.

Logement adapté et victime locataire

La question se pose fréquemment pour les victimes locataires : peuvent-elles prétendre aux frais de logement adapté ? La réponse est oui. Si la victime est locataire, l'indemnisation peut couvrir :

  • Les travaux d'adaptation réalisés avec l'accord du propriétaire
  • Le surcoût de loyer lié au déménagement dans un logement adapté plus grand ou mieux situé
  • Les frais de déménagement
  • L'éventuel dépôt de garantie supplémentaire

Il convient de noter que si les travaux d'adaptation apportent une plus-value au logement du propriétaire, ce point peut être discuté lors de l'évaluation de l'indemnisation.

Les démarches pratiques pour obtenir l'indemnisation

Voici les étapes chronologiques pour obtenir l'indemnisation des frais de logement adapté :

  1. Déclaration du sinistre auprès de la compagnie d'assurance dans les délais impartis
  2. Expertise médicale au cours de laquelle les besoins en adaptation du logement sont documentés
  3. Évaluation des besoins par un ergothérapeute ou un architecte spécialisé
  4. Obtention de devis auprès de plusieurs artisans ou entreprises spécialisées
  5. Constitution du dossier avec l'ensemble des pièces justificatives
  6. Négociation avec l'assureur sur le montant de l'indemnisation
  7. En cas de désaccord : recours à un avocat spécialisé en dommage corporel et saisine du tribunal

Il est également possible de demander une provision d'indemnisation à l'assureur pour financer les travaux les plus urgents en attendant le règlement définitif du dossier.

✅ L'indemnisation en capital ou en rente

Pour les frais de logement adapté importants, la question du mode d'indemnisation se pose : en capital ou en rente ? Le versement en capital est généralement privilégié pour les travaux ponctuels, tandis qu'une rente peut être envisagée pour couvrir les frais récurrents (entretien des équipements, charges supplémentaires liées au handicap).

📞 Besoin d'un accompagnement personnalisé ?

Les conseillers de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), orientent gratuitement les victimes vers les professionnels adaptés à leur situation : avocat spécialisé, médecin expert conseil, ergothérapeute.

FAQ – Frais de logement adapté

Questions fréquentes


Quels types de travaux sont indemnisés au titre des frais de logement adapté ?

Les travaux indemnisés comprennent l'ensemble des aménagements rendus nécessaires par le handicap de la victime : élargissement des portes et couloirs, installation de rampes d'accès, monte-escalier, ascenseur, adaptation des sanitaires (douche italienne, barres d'appui), installation de domotique (ouvertures électrifiées, commandes à distance), aménagement de la cuisine et des espaces de vie. La liste de l'annexe 2-5 du Code de l'action sociale et des familles sert de référence. Les frais d'architecte, de déménagement et de relogement temporaire pendant les travaux peuvent également être inclus.


La victime doit-elle avoir réalisé les travaux pour être indemnisée ?

Non. La jurisprudence française reconnaît que l'absence de réalisation effective des travaux ne fait pas obstacle à l'indemnisation. La victime peut être indemnisée sur la base de devis détaillés ou des conclusions de l'expert médical. Toutefois, la production de devis précis et d'un rapport d'ergothérapeute renforce considérablement le dossier et permet d'obtenir une indemnisation plus juste.


Que faire si l'assureur refuse de prendre en charge les frais de logement adapté ?

En cas de refus ou de sous-évaluation par l'assureur, la victime dispose de plusieurs recours : demander une contre-expertise médicale, négocier point par point avec l'assureur en s'appuyant sur des devis et un rapport d'ergothérapeute, ou saisir le tribunal avec l'aide d'un avocat spécialisé en dommage corporel. Le juge dispose d'un pouvoir souverain d'appréciation et accorde souvent des montants supérieurs aux offres amiables de l'assureur.


La victime locataire peut-elle obtenir des frais de logement adapté ?

Oui. Une victime locataire peut prétendre aux frais de logement adapté au même titre qu'un propriétaire. L'indemnisation peut couvrir les travaux réalisés avec l'accord du propriétaire, le surcoût de loyer en cas de déménagement vers un logement adapté, les frais de déménagement et le dépôt de garantie supplémentaire.


Comment est évaluée l'indemnisation si la victime doit changer de logement ?

Lorsque le logement existant ne peut pas être adapté, la victime peut être indemnisée pour l'acquisition ou la construction d'un nouveau logement. L'indemnisation correspond alors au surcoût lié au handicap : différence de prix entre le nouveau logement adapté et la valeur de l'ancien, frais de notaire, frais de déménagement, et éventuellement le surcoût des charges liées au nouveau logement.


Quel est le délai pour demander l'indemnisation des frais de logement adapté ?

Le délai de prescription pour les actions en responsabilité pour dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). La victime dispose donc de ce délai pour formuler sa demande. Il est néanmoins recommandé d'agir le plus rapidement possible pour préserver les preuves et faciliter l'évaluation des besoins.


Conclusion

Les frais de logement adapté représentent un poste de préjudice essentiel pour les victimes d'accidents graves dont les séquelles impactent la vie quotidienne au domicile. Le principe de réparation intégrale impose que l'ensemble des dépenses nécessaires — aménagements du logement existant, changement de logement, frais annexes et renouvellement des équipements — soit intégralement pris en charge.

Face à la complexité de ce poste de préjudice et à la tendance des assureurs à minimiser les indemnisations, il est fondamental de se faire accompagner par des professionnels compétents : avocat spécialisé en dommage corporel, médecin expert conseil de victimes et ergothérapeute.

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Les conseillers de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), accompagnent gratuitement les victimes dans leurs démarches d'indemnisation. Chaque situation est unique : un conseiller peut orienter la personne blessée vers les professionnels les plus adaptés à son dossier.

Témoignages

Bon alors moi c'est suite à un accident de voiture que je me suis retrouvé en fauteuil. Le pire c'est que l'assurance voulait me donner 25000€ pour adapter mon pavillon alors que j'avais des devis à plus de 60000... rampe d'accès, douche, monte-escalier tout ça. C'est en lisant victime-info.fr que j'ai compris que je devais pas accepter leur première offre. J'ai pris un avocat spécialisé et au final on a obtenu 72000€ pour les travaux plus le renouvellement du matériel. Franchement faut pas se laisser faire

— Laurent, 48 ans, paraplégique suite à un accident de la route

Mon fils a eu un grave accident de moto à 24 ans, traumatisme cranien sévère. Il peut plus vivre seul et son appart était pas du tout adapté. On a galéré pendant des mois avec l'assurance qui traînait les pieds pour les frais de logement.. au final on a du déménager dans un appart plus grand avec ascenseur et tout adapter. L'indemnisation a mis presque 2 ans à arriver mais on a eu une somme correcte grâce au médecin conseil qui a bien détaillé tous les besoins de mon fils

— Marie-Claire, 56 ans, mère d'une victime de traumatisme crânien

Honnêtement j'y connaissais rien du tout en indemnisation. Après ma chute sur un chantier j'ai eu des problèmes aux jambes et je pouvais plus monter les escaliers de mon HLM au 3ème. L'assurance m'a dit que c'était pas à eux de payer le déménagement... j'ai trouvé ce site qui explique bien que même les locataires ont droit aux frais de logement adapté. J'ai fait une demande de provision et j'ai pu déménager dans un rez-de-chaussée. Merci à victime-info.fr pour les explications claires

— Rachid, 39 ans, accident du travail

Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 27/02/2026