Glissade au bord de la piscine d'un hôtel, chute dans un escalier mal éclairé d'un gîte, brûlure causée par un équipement défectueux dans une location saisonnière… Les accidents de vacances surviennent souvent quand on s'y attend le moins. Chaque année, des milliers de personnes sont blessées lors de séjours dans des hôtels, campings, gîtes ou locations Airbnb. Or, la plupart ignorent qu'il est possible d'obtenir une indemnisation de leurs préjudices corporels.
Ce guide complet explique les droits de la victime d'un accident dans un hôtel ou une location de vacances, les responsabilités en jeu, les démarches à suivre et les montants d'indemnisation envisageables. Que l'accident ait eu lieu en France ou à l'étranger, dans un hôtel-club, un camping, un meublé de tourisme ou chez un particulier, la victime dispose de recours concrets. Pour toute question, la permanence gratuite de victime-info.fr accompagne les personnes accidentées dans leurs démarches.
Les types d'accidents fréquents en hôtel et location de vacances
Les accidents survenant dans les lieux d'hébergement touristique sont plus courants qu'on ne le croit. Ils relèvent de la catégorie des accidents de la vie courante et peuvent entraîner des blessures allant de simples contusions à des traumatismes graves.
Chutes et glissades
Les chutes représentent la première cause d'accident dans les hébergements touristiques. Elles se produisent fréquemment dans les situations suivantes :
- Glissade sur un sol mouillé autour de la piscine de l'hôtel ou du camping
- Chute dans un escalier mal éclairé, sans rampe ou avec des marches inégales
- Glissade dans une douche ou une baignoire sans tapis antidérapant
- Chute sur un revêtement extérieur glissant (terrasse, allée de jardin)
- Trébuchement sur un obstacle non signalé (câble, marche, tapis mal fixé)
Accidents liés aux équipements défectueux
Un équipement en mauvais état ou mal entretenu dans l'hébergement peut causer des blessures sérieuses :
- Brûlure liée à un chauffe-eau défaillant, une plaque de cuisson mal sécurisée
- Électrocution due à une installation électrique non conforme
- Intoxication au monoxyde de carbone causée par un chauffage ou un chauffe-eau vétuste
- Chute de mobilier mal fixé (étagère, miroir, meuble TV)
- Blessure avec du mobilier cassé (lit, chaise, table de jardin)
Accidents de piscine et aires de jeux
Les zones de loisirs des hébergements touristiques sont particulièrement à risque, notamment pour les enfants. Les noyades et quasi-noyades en piscine d'hôtel ou de camping, les blessures sur des toboggans ou structures de jeux mal entretenues, ainsi que les accidents liés à des équipements sportifs défectueux constituent des situations fréquentes. La responsabilité de l'exploitant est alors souvent engagée.
En France, les accidents de la vie courante causent environ 21 000 décès par an et des millions de blessures. Les chutes représentent à elles seules plus de 75 % des accidents domestiques chez les adultes. Les hébergements touristiques ne font pas exception.
Qui est responsable ? Les fondements juridiques
La question de la responsabilité est centrale pour obtenir une indemnisation après un accident dans un hôtel ou une location de vacances. Plusieurs régimes juridiques peuvent s'appliquer selon le type d'hébergement et les circonstances de l'accident. Comprendre ces fondamentaux du droit du dommage corporel est essentiel.
L'obligation de sécurité de l'hôtelier
L'exploitant d'un hôtel est tenu d'une obligation de sécurité envers ses clients. Cette obligation découle du contrat d'hébergement : en acceptant d'accueillir un client, l'hôtelier s'engage à garantir la sécurité des lieux et des équipements mis à disposition.
Le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution. Cette disposition s'applique à l'obligation contractuelle de sécurité due par l'hôtelier à ses clients.
Cette obligation de sécurité implique concrètement que l'hôtelier doit :
- Entretenir les locaux et les équipements en parfait état de fonctionnement
- Signaler tout danger connu (sol glissant, travaux en cours)
- Respecter les normes de sécurité applicables (électricité, incendie, piscine)
- Intervenir rapidement en cas de signalement d'un problème
La responsabilité du propriétaire d'une location saisonnière
Le propriétaire d'un gîte, d'un meublé de tourisme ou d'une location Airbnb est également soumis à une obligation de sécurité. En tant que bailleur, il doit fournir un logement décent, conforme aux normes de sécurité et exempt de vices pouvant mettre en danger le locataire.
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Ce principe de responsabilité civile s'applique pleinement aux propriétaires de locations de vacances.
En cas d'accident causé par un vice caché du logement (installation électrique défectueuse, rampe d'escalier branlante, balcon fragile), le propriétaire engage sa responsabilité même s'il ignorait le danger, à condition que la victime prouve le lien entre le défaut du bien et le dommage subi.
La responsabilité du fait des choses
Lorsque l'accident est causé par une chose (équipement, mobilier, installation), la victime peut invoquer la responsabilité du fait des choses, qui permet d'engager la responsabilité du gardien de la chose sans avoir à prouver une faute.
On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde.
Lorsqu'une chose (toboggan, porte, meuble, installation) est à l'origine de l'accident, la victime n'a pas besoin de prouver une faute de l'hôtelier ou du propriétaire. Il suffit de démontrer que la chose a joué un rôle actif dans la survenance du dommage. C'est ce qu'on appelle la responsabilité du fait des choses, un régime très favorable aux victimes.
Les démarches à entreprendre après un accident dans un hébergement touristique
La réussite d'une demande d'indemnisation dépend en grande partie des démarches effectuées immédiatement après l'accident. Il est crucial de constituer un dossier solide dès le premier jour.
Les réflexes immédiats sur place
Juste après l'accident, la victime (ou ses proches) doit adopter les bons réflexes :
- Faire constater les blessures : consulter un médecin ou se rendre aux urgences, même si les blessures semblent bénignes. Un certificat médical initial est indispensable.
- Photographier les lieux : prendre des clichés de l'endroit de l'accident, du défaut à l'origine de la chute ou de la blessure (sol mouillé, marche cassée, équipement défaillant), et des blessures visibles.
- Recueillir des témoignages : noter les noms et coordonnées de toute personne ayant assisté à l'accident.
- Signaler l'accident à la direction : demander la rédaction d'un rapport d'incident ou d'un procès-verbal par la réception de l'hôtel ou le gestionnaire de la location. Conserver une copie.
- Conserver toutes les preuves : garder les factures (hébergement, soins médicaux, pharmacie, transport), les échanges écrits avec l'établissement, le contrat de location.
Après un accident dans un hôtel ou une location de vacances, il ne faut jamais signer de document de décharge, d'accord amiable ou de renonciation à indemnisation proposé par l'exploitant ou son assurance. Ce type de document vise à limiter ou supprimer les droits de la victime. Toute proposition doit être examinée calmement, après consultation d'un professionnel.
Les démarches dans les jours et semaines suivants
De retour au domicile, la victime doit poursuivre la constitution de son dossier :
- Déclarer l'accident à son assurance : assurance habitation (responsabilité civile), garantie accidents de la vie (GAV) si souscrite, mutuelle santé
- Envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à l'hôtel ou au propriétaire pour mettre en cause le responsable et demander la communication de son assurance responsabilité civile professionnelle
- Conserver l'ensemble des justificatifs médicaux : ordonnances, arrêts de travail, comptes rendus d'examens, certificats médicaux
- Faire un suivi médical rigoureux : consulter régulièrement le médecin traitant et les spécialistes nécessaires jusqu'à la consolidation médicale
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d'accidents dans leurs démarches d'indemnisation.
Les postes de préjudice indemnisables après un accident en hôtel ou location
L'indemnisation d'un accident de vacances obéit au principe de réparation intégrale du préjudice. La victime a droit à la compensation de tous les dommages subis, tant physiques que psychologiques et financiers. Les différents postes de préjudice corporel sont définis par la nomenclature Dintilhac.
Les préjudices patrimoniaux (pertes financières)
- Frais médicaux : hospitalisation, consultations, médicaments, rééducation, appareillage
- Frais de transport : ambulance, taxi, retour anticipé de vacances, rapatriement
- Perte de revenus : salaires perdus pendant la période d'arrêt de travail, incidence professionnelle à long terme
- Frais d'assistance : aide ménagère, tierce personne si la victime ne peut plus accomplir seule les actes de la vie quotidienne
- Frais de vacances perdues : remboursement du séjour interrompu, billets d'avion ou de train non utilisés
Les préjudices extra-patrimoniaux (souffrances et atteintes personnelles)
- Souffrances endurées (anciennement pretium doloris) : douleurs physiques et morales subies depuis l'accident, évaluées sur une échelle de 1 à 7. Le barème du pretium doloris permet d'estimer les montants.
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins, avant la consolidation. Le DFT est indemnisé selon différentes classes.
- Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) : séquelles définitives après consolidation, évaluées en pourcentage. La victime peut utiliser un simulateur du préjudice AIPP pour estimer l'indemnisation.
- Préjudice esthétique : cicatrices, déformations, altération de l'apparence physique
- Préjudice d'agrément : impossibilité ou difficulté à pratiquer des activités de loisirs. Un simulateur du préjudice d'agrément est disponible.
- Préjudice sexuel : atteinte à la vie sexuelle et intime
Marie, 45 ans, glisse sur le carrelage mouillé au bord de la piscine d'un hôtel 4 étoiles dans le sud de la France. Aucune signalétique de sol glissant n'était en place. Elle se fracture le poignet droit et souffre de contusions multiples. Bilan des préjudices : 4 mois d'arrêt de travail (perte de salaire : 8 000 €), frais médicaux restant à charge : 1 200 €, souffrances endurées évaluées à 3/7, DFT total puis partiel sur 4 mois, séquelles légères au poignet (DFP 5 %). Indemnisation totale obtenue après mise en cause de la responsabilité civile de l'hôtel : environ 28 000 €.
Le rôle des assurances : responsabilité civile et GAV
Plusieurs contrats d'assurance peuvent intervenir après un accident dans un hébergement touristique. Il est important de bien identifier les garanties mobilisables.
L'assurance responsabilité civile professionnelle de l'hôtelier ou du propriétaire
Tout exploitant d'hôtel ou propriétaire de location saisonnière est tenu de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle. C'est cette assurance qui indemnise la victime lorsque la responsabilité de l'établissement ou du propriétaire est engagée.
La victime doit adresser sa réclamation directement à l'assureur du responsable. Si l'exploitant refuse de communiquer les coordonnées de son assurance, un courrier recommandé de mise en demeure est nécessaire.
L'assureur de l'hôtel ou du propriétaire propose souvent une indemnisation très inférieure au préjudice réel. Il est fortement recommandé de ne jamais accepter la première offre. Faire évaluer le dossier par un professionnel permet dans la majorité des cas d'obtenir une indemnisation deux à cinq fois supérieure. Les modèles de lettres pour contester une offre d'indemnisation sont disponibles sur victime-info.fr.
La garantie accidents de la vie (GAV)
Si la victime a souscrit un contrat de garantie accidents de la vie (GAV), ce contrat peut prendre en charge l'indemnisation des préjudices corporels, même en l'absence de tiers responsable identifié. La GAV est particulièrement utile lorsque l'accident est dû à une maladresse de la victime elle-même (chute sans cause extérieure identifiable).
L'assurance multirisque habitation et la carte bancaire
Certaines assurances multirisque habitation incluent une garantie responsabilité civile vie privée qui peut couvrir les frais si la victime a elle-même causé un dommage. Par ailleurs, certaines cartes bancaires premium (Visa Premier, Gold Mastercard) incluent des garanties d'assistance et d'assurance voyage qui couvrent les accidents survenus pendant les vacances, y compris le rapatriement.
Après un accident en vacances, la victime a tout intérêt à faire un inventaire complet de ses contrats d'assurance : assurance habitation, GAV, mutuelle, assurance scolaire (pour les enfants), assurance voyage, garanties de la carte bancaire. Plusieurs contrats peuvent se cumuler et offrir une meilleure couverture. Un calcul global du préjudice corporel permet de s'assurer que l'ensemble des dommages est bien pris en compte.
Cas particuliers : Airbnb, camping, hébergement à l'étranger
Les règles d'indemnisation varient sensiblement selon le type d'hébergement et le lieu de l'accident.
Accident dans une location Airbnb ou entre particuliers
Lorsque l'accident survient dans une location entre particuliers (Airbnb, Abritel, Le Bon Coin), la responsabilité du propriétaire est engagée selon les mêmes principes que pour toute location saisonnière. La particularité est que le propriétaire particulier n'est pas toujours correctement assuré.
La plateforme Airbnb propose une assurance responsabilité civile hôte (AirCover) qui couvre certains dommages causés aux voyageurs. Cependant, les montants peuvent être limités et les exclusions nombreuses. La victime ne doit pas se contenter de la garantie proposée par la plateforme et doit systématiquement vérifier l'existence d'une assurance responsabilité civile du propriétaire.
Accident dans un camping ou un village vacances
Les campings et villages vacances sont soumis à des normes de sécurité strictes (arrêté du 11 janvier 1993 relatif à la sécurité des piscines, normes des aires de jeux, etc.). En cas d'accident, la responsabilité de l'exploitant peut être engagée sur le fondement du manquement à son obligation de sécurité ou de la responsabilité du fait des choses.
Les accidents les plus fréquents en camping concernent les piscines, les aires de jeux, les installations sportives et les équipements sanitaires (douches, sanitaires communs). Les accidents sportifs en vacances sont également couverts si l'installation est défectueuse.
Lucas, 8 ans, se blesse en tombant d'une structure de jeux dans un camping familial du littoral. Le toboggan présentait une barre de sécurité manquante, ce qui a été confirmé par les photos prises par les parents et le témoignage d'autres vacanciers. L'enfant souffre d'une fracture du bras et nécessite une intervention chirurgicale. L'assurance responsabilité civile du camping a été mise en cause. Après une expertise médicale, l'indemnisation obtenue s'est élevée à 18 500 €, couvrant les frais médicaux, les souffrances endurées (4/7) et le préjudice esthétique temporaire lié à la cicatrice chirurgicale. Le dossier a été traité dans le cadre de l'indemnisation des mineurs.
Accident dans un hébergement à l'étranger
Lorsque l'accident survient dans un hôtel ou une location à l'étranger, la situation se complique. En principe, c'est la loi du pays où l'accident a eu lieu qui s'applique. Cependant, plusieurs éléments peuvent permettre d'appliquer le droit français ou d'obtenir réparation en France :
- Si le séjour a été réservé via un tour-opérateur français, la responsabilité de ce dernier peut être engagée en France
- Si l'hôtel appartient à une chaîne internationale ayant un siège en France
- L'assurance voyage ou la GAV souscrite en France peut indemniser la victime quel que soit le lieu de l'accident
- Les garanties de la carte bancaire utilisée pour le paiement peuvent couvrir les frais
En cas d'accident dans un hébergement à l'étranger, la victime doit impérativement : faire constater les blessures par un médecin local et obtenir un certificat médical (même en langue étrangère), contacter l'assistance de sa carte bancaire ou de son assurance voyage dans les 24 heures, déposer un rapport d'incident auprès de l'établissement, et conserver tous les documents (factures, rapports médicaux, photos). De retour en France, un médecin traitant devra réévaluer les blessures.
Montants d'indemnisation et exemples chiffrés
Les montants d'indemnisation varient considérablement en fonction de la gravité des blessures, de la durée de l'arrêt de travail, des séquelles éventuelles et de l'impact sur la qualité de vie. Voici quelques repères indicatifs basés sur la jurisprudence et le référentiel Mornet.
Chute sans séquelles (entorse, contusions) : 2 000 à 8 000 €. Fracture avec arrêt de travail de 2 à 4 mois : 10 000 à 35 000 €. Traumatisme crânien avec séquelles cognitives : 50 000 à 250 000 €. Noyade avec séquelles neurologiques graves : 200 000 à plus de 1 000 000 €. Ces montants incluent l'ensemble des postes de préjudice.
Ces fourchettes sont purement indicatives. Chaque situation est unique et nécessite une évaluation précise. Le simulateur d'indemnisation des préjudices corporels permet d'obtenir une première estimation personnalisée.
Les facteurs qui influencent le montant de l'indemnisation
- La gravité des blessures : plus les séquelles sont importantes, plus l'indemnisation est élevée
- L'âge de la victime : les juridictions tiennent compte de l'espérance de vie pour calculer les préjudices futurs
- La situation professionnelle : la perte de revenus et l'incidence professionnelle sont calculées sur la base des revenus antérieurs
- La qualité de la preuve : un dossier bien documenté (photos, témoignages, rapports médicaux) permet d'obtenir une indemnisation plus juste
- L'assistance d'un médecin conseil : se faire accompagner par un médecin conseil de victimes lors de l'expertise médicale est déterminant
Le simulateur de victime-info.fr permet d'obtenir une estimation indicative de l'indemnisation en fonction des postes de préjudice. Cet outil gratuit est un premier repère avant de se faire accompagner par un professionnel.
Les erreurs à éviter pour préserver ses droits
De nombreuses victimes d'accidents en vacances commettent des erreurs qui réduisent considérablement leur indemnisation ou compromettent totalement leurs droits. Voici les pièges les plus fréquents pour mieux se défendre face aux assureurs.
Ne pas consulter de médecin ou tarder à le faire
L'absence de certificat médical initial est la première cause d'échec des demandes d'indemnisation. Sans document médical établi rapidement après l'accident, il devient très difficile de prouver le lien entre l'accident et les blessures. Même si les douleurs semblent mineures, une consultation médicale le jour même est indispensable.
Ne pas réunir de preuves sur place
Les photos, les témoignages et le rapport d'incident sont des éléments de preuve déterminants. Sans eux, c'est la parole de la victime contre celle de l'établissement, qui niera souvent toute responsabilité.
Accepter une indemnisation amiable trop rapide
Certains hôtels ou propriétaires proposent rapidement un geste commercial (remboursement du séjour, petite somme d'argent) en échange d'un désistement. Accepter ce type de proposition revient souvent à renoncer à une indemnisation bien plus importante.
La victime d'un accident corporel dispose d'un délai de 10 ans à compter de la date de consolidation de ses blessures pour agir en justice et demander réparation (article 2226 du Code civil). Ce délai peut paraître long, mais il ne faut pas attendre : les preuves disparaissent, les témoins oublient, et les dossiers sont plus difficiles à constituer avec le temps.
Ne pas se faire accompagner
Face à un hôtelier, un propriétaire ou un assureur, la victime seule est en position de faiblesse. Se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels et par un médecin conseil de victimes change radicalement l'issue du dossier. Le site victime-info.fr oriente les victimes vers les bons interlocuteurs grâce à son partenariat avec l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF).
L'expertise médicale : une étape clé de l'indemnisation
L'expertise médicale est l'étape qui détermine l'évaluation de chaque poste de préjudice. C'est le médecin expert qui fixe le taux de DFP, le niveau des souffrances endurées, la durée du DFT, le préjudice esthétique, etc.
Expertise amiable ou judiciaire
L'expertise peut être organisée à l'amiable, par l'assureur du responsable, ou ordonnée par un juge (expertise judiciaire). Dans les deux cas, la victime a le droit d'être accompagnée par un médecin conseil de son choix, distinct du médecin expert désigné.
Lors de l'expertise médicale, le médecin mandaté par l'assureur du responsable a tendance à minimiser les séquelles. La présence d'un médecin conseil de victimes à ses côtés permet à la victime de faire valoir l'ensemble de ses doléances et d'obtenir une évaluation juste de ses préjudices. Il est également recommandé de bien préparer l'expertise médicale en amont.
Contester un rapport d'expertise défavorable
Si le rapport d'expertise sous-évalue les préjudices, la victime a la possibilité de le contester. Plusieurs voies sont possibles : demander une contre-expertise, solliciter une expertise d'arbitrage, ou saisir le tribunal pour obtenir une expertise judiciaire.
Délais d'indemnisation après un accident en vacances
La durée d'une procédure d'indemnisation varie selon la complexité du dossier. Pour en savoir plus sur les délais d'indemnisation, voici les grandes étapes et leur durée moyenne.
Phase amiable simple (blessures légères, responsabilité claire) : 6 à 12 mois. Procédure amiable complexe (séquelles importantes, responsabilité contestée) : 12 à 24 mois. Procédure judiciaire (tribunal) : 18 à 36 mois, voire davantage en cas d'appel.
Pendant la durée de la procédure, si les difficultés financières sont importantes (arrêt de travail, frais médicaux élevés), la victime peut demander le versement d'une provision sur indemnités. Cette avance permet de faire face aux besoins urgents en attendant le règlement définitif.
Pour être correctement indemnisée après un accident dans un hôtel ou une location de vacances, la victime doit : 1) Consulter un médecin et obtenir un certificat médical immédiatement. 2) Photographier les lieux et réunir des témoignages. 3) Signaler l'accident à l'établissement et demander un rapport d'incident. 4) Déclarer le sinistre à toutes ses assurances (RC, GAV, carte bancaire, assurance voyage). 5) Ne jamais accepter la première offre de l'assureur. 6) Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes et un avocat spécialisé en dommages corporels.
Victime d'un accident dans un hôtel, un gîte, un camping ou une location de vacances ? La permanence de victime-info.fr, partenaire de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF), aide gratuitement les victimes à comprendre leurs droits et à obtenir une juste indemnisation.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Peut-on être indemnisé après une chute dans un hôtel si aucune faute n'est visible ?
Oui. La responsabilité de l'hôtelier peut être engagée même sans faute apparente, sur le fondement de l'obligation de sécurité contractuelle ou de la responsabilité du fait des choses (article 1242 du Code civil). La victime doit simplement prouver que l'accident a eu lieu dans l'établissement et qu'il en est résulté un dommage. C'est à l'hôtelier de prouver qu'il a respecté son obligation de sécurité.
Comment obtenir une indemnisation si le propriétaire Airbnb refuse de répondre ?
En cas de silence du propriétaire, la victime peut lui adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Si le propriétaire ne répond toujours pas, il est possible de contacter la plateforme Airbnb pour activer l'assurance AirCover, de saisir son propre assureur (GAV ou RC), ou de consulter un avocat pour engager une action en justice.
L'hôtel propose de rembourser le séjour : est-ce suffisant ?
Non, le remboursement du séjour ne constitue pas une indemnisation des préjudices corporels. Il s'agit d'un geste commercial qui ne couvre ni les souffrances endurées, ni la perte de revenus, ni les frais médicaux, ni les éventuelles séquelles. Accepter ce remboursement sans réserve peut compromettre les droits à indemnisation ultérieure. La victime ne doit rien signer.
Quel est le délai de prescription pour agir après un accident en vacances ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil). La consolidation est le moment où l'état de santé est stabilisé, même s'il subsiste des séquelles. Il est cependant recommandé d'agir le plus rapidement possible pour préserver les preuves.
La GAV couvre-t-elle un accident survenu à l'étranger ?
La plupart des contrats de garantie accidents de la vie (GAV) couvrent les accidents survenus dans le monde entier, y compris pendant les vacances à l'étranger. Il convient de vérifier les conditions particulières du contrat, notamment les plafonds d'indemnisation et les exclusions éventuelles. La GAV intervient même en l'absence de tiers responsable identifié.
Faut-il porter plainte après un accident dans un hôtel ou une location ?
Le dépôt de plainte n'est pas obligatoire pour obtenir une indemnisation civile, mais il peut être utile en cas de blessures graves ou de négligence manifeste de l'exploitant. La plainte permet de déclencher une enquête et de constituer un dossier de preuves solide. Elle peut être déposée auprès du commissariat, de la gendarmerie ou directement auprès du procureur de la République.
Témoignages
— Christophe, 52 ans, chute dans un hôtel en EspagneBon alors moi c'était pendant nos vacances en Espagne, j'ai glissé dans la salle de bain de l'hotel, le carrelage était trempé ya même pas de tapis antidérapant.. résultat fracture du coude gauche, opération et 3 mois d'arret. L'hotel voulait rien savoir, heureusement j'avais pris des photos sur le coup. J'ai contacté victime-info.fr qui m'a bien expliqué la marche à suivre, j'ai activé ma GAV et au final j'ai touché 19000€. Sans leurs conseils j'aurais surement laisser tomber
— Amina, 36 ans, accident dans un gîte en DordogneFranchement si ya des gens qui hésitent à faire les démarches, foncez.. Moi mon fils de 6 ans s'est coupé avec un morceau de verre cassé sur la terrasse du gîte qu'on avait loué sur airbnb. Le propriétaire a d'abord été sympa puis il a nié sa responsabilité. On a envoyé un recommandé comme c'est expliqué sur le site et au final son assurance a pris en charge. On a eu 4200€ pour notre petit bonhomme, c'est pas énorme mais au moins c'est reconnu
— Didier, 63 ans, glissade au campingHonnêtement c'est un peu la honte de dire ça mais j'ai glissé en sortant des douches du camping, sol super glissant sans aucune signalisation. Fracture de la hanche, ambulance, hopital, retour en avance.. les vacances étaient finies. L'assurance du camping a proposé 5000€ au début, mon avocat leur a dit non et on a fini à 32000€. Comme quoi faut jamais accepter direct la premiere offre, c'est ce que j'ai lu sur victime-info et c'est tellement vrai
Rédigé par Valentin Papet, président de l'Association d'Aide aux Victimes de France (AVF) · Dernière mise à jour : 27/02/2026



