Après un traumatisme crânien grave, modéré ou même léger, la rééducation constitue une étape essentielle du parcours de soins. Kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, neuropsychologie : les séances s’accumulent souvent pendant des mois, voire des années. Les frais engagés peuvent atteindre des sommes considérables, et la question de leur prise en charge et de leur indemnisation se pose rapidement pour la victime et ses proches.
Ce guide complet détaille les différents types de rééducation après un traumatisme crânien, les modalités de prise en charge par la Sécurité sociale et les complémentaires, ainsi que les droits de la victime en matière d’indemnisation intégrale de ces frais. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les personnes concernées dans ces démarches complexes.
Les différents types de rééducation après un traumatisme crânien
Le traumatisme crânien peut entraîner des séquelles très variées : troubles moteurs, difficultés de langage, problèmes de mémoire, fatigue chronique, troubles du comportement. La rééducation doit être adaptée à chaque patient et mobilise souvent plusieurs professionnels de santé en parallèle.
Kinésithérapie et rééducation motrice
La kinésithérapie est généralement la première forme de rééducation mise en place après un traumatisme crânien. Elle vise à restaurer les capacités motrices, l’équilibre, la coordination et la force musculaire. Selon la gravité des lésions cérébrales, les séances peuvent être quotidiennes pendant plusieurs mois. La rééducation motrice est particulièrement intensive lorsque la victime présente une hémiplégie ou des troubles de la marche consécutifs à une contusion cérébrale.
Orthophonie et rééducation du langage
Les troubles du langage (aphasie, dysarthrie) sont fréquents après un traumatisme crânien. L’orthophonie permet de travailler la parole, la compréhension, la lecture et l’écriture. Les séances d’orthophonie sont souvent nécessaires pendant une longue période, parfois plusieurs années. Cette rééducation est également utile pour les troubles de la déglutition qui peuvent survenir après un coma prolongé.
Neuropsychologie et rééducation cognitive
Les séquelles cognitives constituent souvent le handicap invisible du traumatisme crânien. Le neuropsychologue intervient pour rééduquer la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives (planification, organisation, prise de décision). Le bilan neuropsychologique initial permet d’établir un programme de rééducation personnalisé et sert de référence pour mesurer les progrès.
Les séances de neuropsychologie ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale en libéral. C’est un point crucial pour l’indemnisation, car ces frais doivent être intégralement pris en charge par le responsable de l’accident ou son assureur. La victime doit absolument conserver toutes les factures.
Ergothérapie et réadaptation fonctionnelle
L’ergothérapeute aide la victime d’un traumatisme crânien à retrouver son autonomie dans les gestes de la vie quotidienne : s’habiller, faire sa toilette, cuisiner, conduire. L’ergothérapie comprend également l’aménagement du logement et du poste de travail, la préconisation d’aides techniques (fauteuil roulant, équipements adaptés). Ces frais relèvent de plusieurs postes de préjudice dans la nomenclature Dintilhac.
Autres formes de rééducation spécialisée
Selon les séquelles identifiées, d’autres professionnels peuvent intervenir dans la rééducation :
- Psychomotricité : pour les troubles de la coordination, du schéma corporel, de la régulation tonico-émotionnelle
- Psychothérapie : pour le syndrome de stress post-traumatique, la dépression, les troubles du comportement
- Rééducation vestibulaire : pour les vertiges et troubles de l’équilibre post-traumatiques
- Orthoptie : pour les troubles visuels après un traumatisme crânien
- Rééducation olfactive : en cas d’anosmie ou d’agueusie post-traumatique
Après un traumatisme crânien modéré à sévère, la durée moyenne de rééducation intensive en centre spécialisé est de 3 à 12 mois. La rééducation ambulatoire se poursuit ensuite pendant 2 à 5 ans en moyenne. Pour les cas les plus graves, certains soins de rééducation se prolongent toute la vie.
Le parcours de soins : de l’hôpital à la rééducation ambulatoire
Le parcours de rééducation après un traumatisme crânien suit généralement plusieurs phases distinctes. Comprendre ce parcours est essentiel pour la victime et ses proches, car chaque étape génère des frais qui doivent être documentés en vue de l’indemnisation.
Phase aiguë : la réanimation et les soins hospitaliers
Immédiatement après l’accident, la victime est prise en charge en service de neurochirurgie ou de réanimation. Cette phase peut durer de quelques jours à plusieurs semaines selon la gravité des lésions. Les premiers actes de rééducation (mobilisation passive, kinésithérapie respiratoire) commencent parfois dès cette période, notamment après un hématome extra-dural ou un oedème cérébral post-traumatique.
Phase de rééducation intensive en centre spécialisé (SSR)
Après la phase aiguë, la victime est transférée dans un Service de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) spécialisé en neurologie. La rééducation y est intensive et pluridisciplinaire : plusieurs heures de soins par jour, associant kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie et neuropsychologie. L’hospitalisation en SSR peut durer de quelques semaines à plus d’un an pour les traumatismes crâniens sévères.
Julien, 29 ans, est victime d’un traumatisme crânien sévère lors d’un accident de moto. Après 3 semaines en réanimation et 1 semaine en neurochirurgie, il est transféré dans un centre de rééducation spécialisé où il reste 8 mois. À sa sortie, il poursuit une rééducation ambulatoire 4 jours par semaine : kinésithérapie (3 séances/semaine), orthophonie (2 séances/semaine), neuropsychologie (1 séance/semaine) et ergothérapie (1 séance/semaine). Deux ans après l’accident, la rééducation se poursuit à un rythme réduit. Le coût total des soins non remboursés par la Sécurité sociale dépasse 25 000 euros.
Phase de rééducation ambulatoire
Lorsque l’état de la victime le permet, la rééducation se poursuit en ambulatoire, c’est-à-dire en dehors de l’hôpital. La personne se rend chez différents praticiens libéraux ou en hôpital de jour. Cette phase est souvent la plus longue et la plus coûteuse à la charge de la victime, car de nombreuses disciplines ne sont pas ou peu remboursées par la Sécurité sociale.
Phase de maintien et de réadaptation à long terme
Après la consolidation des blessures — c’est-à-dire le moment où les séquelles sont considérées comme stabilisées — certains soins de rééducation restent nécessaires pour maintenir les acquis et prévenir les régressions. Ces frais futurs constituent un poste d’indemnisation spécifique.
Prise en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles
La prise en charge des frais de rééducation après un traumatisme crânien varie considérablement selon le type de soin et le cadre d’exercice du professionnel. Certaines disciplines sont bien remboursées, d’autres ne le sont pas du tout. La victime doit connaître ces distinctions pour pouvoir réclamer le remboursement intégral du reste à charge au responsable de l’accident.
Ce que prend en charge la Sécurité sociale
La Sécurité sociale rembourse partiellement les soins suivants, sur prescription médicale :
- Kinésithérapie : remboursement à 60 % du tarif conventionnel (100 % en ALD)
- Orthophonie : remboursement à 60 % du tarif conventionnel (100 % en ALD)
- Orthoptie : remboursement à 60 % du tarif conventionnel (100 % en ALD)
- Hospitalisation en SSR : prise en charge à 80 % (100 % au-delà du 31e jour ou en ALD)
Lorsque le traumatisme crânien entraîne des séquelles durables, la victime peut bénéficier d’une Affection de Longue Durée (ALD) qui permet une prise en charge à 100 % du tarif de la Sécurité sociale pour les soins en lien avec le traumatisme. Toutefois, cette prise en charge reste limitée aux tarifs conventionnels et ne couvre pas les dépassements d’honoraires.
Plusieurs disciplines essentielles à la rééducation d’un traumatisme crânien ne sont PAS remboursées par la Sécurité sociale en exercice libéral :
- Neuropsychologie : non remboursée en libéral
- Ergothérapie : non remboursée en libéral
- Psychomotricité : non remboursée en libéral
- Psychothérapie (hors dispositif MonPsy, très limité)
Ces frais représentent souvent plusieurs milliers d’euros par an. La victime doit impérativement les faire valoir dans sa demande d’indemnisation auprès de l’assureur ou devant le tribunal.
Le rôle de la complémentaire santé
La mutuelle ou complémentaire santé peut prendre en charge une partie du reste à charge : ticket modérateur, dépassements d’honoraires, forfaits pour certaines médecines non remboursées. Toutefois, les garanties varient considérablement d’un contrat à l’autre. Certaines mutuelles proposent des forfaits annuels pour l’ergothérapie ou la neuropsychologie, mais ces montants sont généralement très insuffisants par rapport aux besoins réels de la victime d’un traumatisme crânien.
Articulation entre Sécurité sociale, mutuelle et indemnisation
Le principe fondamental en droit du dommage corporel est celui de la réparation intégrale : la victime a droit au remboursement de l’intégralité de ses frais de santé liés à l’accident, déduction faite des prestations de la Sécurité sociale et de la mutuelle. C’est le poste « dépenses de santé » de la nomenclature Dintilhac qui couvre ce reste à charge.
L’assureur est tenu de présenter à la victime une offre d’indemnisation comprenant l’ensemble des éléments indemnisables du préjudice, y compris les frais de rééducation passés et futurs, dans un délai de 8 mois à compter de l’accident.
Indemnisation des frais de rééducation : les postes de préjudice concernés
L’indemnisation des frais de rééducation après un traumatisme crânien ne se limite pas à un seul poste de préjudice. Selon la nomenclature Dintilhac, plusieurs postes peuvent être mobilisés pour obtenir une réparation intégrale. La victime doit bien comprendre cette répartition pour ne laisser aucun préjudice dans l’ombre.
Les dépenses de santé actuelles (DSA)
Ce poste couvre l’ensemble des frais médicaux et paramédicaux engagés entre la date de l’accident et la date de consolidation. Pour la rééducation d’un traumatisme crânien, cela inclut :
- Les frais d’hospitalisation en centre de rééducation (reste à charge après Sécurité sociale et mutuelle)
- Les séances de kinésithérapie, d’orthophonie, d’ergothérapie, de neuropsychologie
- Les bilans d’évaluation (bilan neuropsychologique, bilan ergothérapique)
- Les frais de transport pour se rendre aux séances de rééducation
- Les aides techniques prescrites dans le cadre de la rééducation
Les dépenses de santé futures (DSF)
Ce poste est fondamental pour les victimes de traumatismes crâniens dont la rééducation se poursuit après la consolidation. Les frais futurs de rééducation sont évalués par l’expert médical et peuvent être considérables lorsqu’un suivi à vie est nécessaire. Ils sont indemnisés soit sous forme de capital (capitalisation), soit sous forme de rente.
Pour un traumatisme crânien sévère nécessitant une rééducation à vie (neuropsychologie, kinésithérapie, ergothérapie), le montant capitalisé des dépenses de santé futures peut atteindre 200 000 à 500 000 euros, voire davantage pour une victime jeune. C’est pourquoi ce poste doit être évalué avec la plus grande rigueur lors de l’expertise médicale.
Les frais de logement adapté et les aides techniques
Lorsque la rééducation implique l’adaptation du domicile (barres d’appui, siège de douche, rampe d’accès, domotique), ces frais relèvent du poste « frais de logement adapté ». Les aides techniques préconisées par l’ergothérapeute (fauteuil roulant, orthèses, matériel informatique adapté) sont également indemnisables.
L’assistance par tierce personne
Lorsque les séquelles du traumatisme crânien ne permettent pas à la victime de réaliser seule les actes de la vie quotidienne malgré la rééducation, le poste d’assistance par tierce personne permet d’indemniser le besoin d’aide humaine. Ce poste est souvent très important dans les cas de traumatismes crâniens sévères avec troubles cognitifs et comportementaux.
Les pertes de revenus pendant la rééducation
La période de rééducation entraîne souvent une impossibilité de travailler. Les pertes de revenus professionnels sont indemnisées au titre du déficit fonctionnel temporaire et des pertes de gains professionnels actuels (PGPA). Après la consolidation, les pertes de gains professionnels futurs (PGPF) prennent le relais si la victime ne peut reprendre son emploi.
La rééducation intensive mobilise une grande partie du temps de la victime et peut empêcher la pratique d’activités sportives ou de loisirs. Ce préjudice spécifique est indemnisable au titre du préjudice d’agrément. La victime peut utiliser le simulateur d’indemnités pour le préjudice d’agrément pour obtenir une estimation.
La victime d’un traumatisme crânien peut obtenir une première estimation de ses droits à indemnisation grâce au simulateur en ligne de victime-info.fr.
L’expertise médicale et la rééducation
L’expertise médicale est le moment clé où les besoins en rééducation de la victime sont évalués et chiffrés. Cette évaluation conditionne directement le montant de l’indemnisation. Il est absolument essentiel que la victime soit bien préparée et accompagnée lors de cette étape.
Le rôle de l’expert médical dans l’évaluation des besoins
Le médecin expert évalue l’état de la victime, les séquelles du traumatisme crânien, et les besoins en rééducation passés et futurs. Il est essentiel que l’expert prenne en compte l’ensemble des disciplines nécessaires et ne minimise pas les besoins, en particulier pour les soins non remboursés comme la neuropsychologie et l’ergothérapie.
L’expert doit notamment se prononcer sur :
- La nature et la fréquence des soins de rééducation nécessaires après la consolidation
- La durée prévisible de ces soins (à vie ou limitée dans le temps)
- Le taux d’AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique) qui reflète les séquelles définitives
- Le besoin en assistance par tierce personne
- Les aménagements du logement et du véhicule nécessaires
Lors de l’expertise médicale, l’assureur est représenté par son propre médecin conseil, dont l’objectif est de minimiser les séquelles et les besoins. La victime doit impérativement être assistée par un médecin conseil de victimes, spécialisé et indépendant de l’assureur. Ce médecin connaît les spécificités du traumatisme crânien et veille à ce que tous les besoins en rééducation soient bien pris en compte. Se rendre seul à une expertise est l’une des erreurs les plus coûteuses pour la victime.
Le déroulement de l’expertise médicale
Le déroulement de l’expertise médicale suit un protocole précis. L’expert examine la victime, étudie le dossier médical et pose des questions sur l’impact du traumatisme crânien au quotidien. Il est recommandé de préparer un mémoire détaillé décrivant la vie avant et après l’accident, incluant un historique complet de la rééducation suivie : nombre de séances, professionnels consultés, progrès réalisés, difficultés persistantes.
Les documents à rassembler
Pour que l’expertise médicale reflète fidèlement les besoins en rééducation, la victime doit rassembler les documents suivants :
- Tous les comptes-rendus d’hospitalisation et de rééducation en SSR
- Les bilans neuropsychologiques détaillés (importance du bilan neuropsychologique)
- Les prescriptions médicales pour chaque type de rééducation
- Les factures et relevés de remboursement de la Sécurité sociale et de la mutuelle
- Les attestations des professionnels de rééducation décrivant l’évolution
- Les IRM et scanners réalisés tout au long du parcours
La qualité de l’indemnisation dépend directement de la qualité du dossier médical. Chaque facture, chaque ordonnance, chaque compte-rendu de séance de rééducation constitue une pièce justificative essentielle. La victime doit conserver scrupuleusement l’ensemble de ces documents dès le premier jour. Un dossier bien documenté permet d’obtenir une indemnisation à la hauteur des préjudices réellement subis.
Frais de rééducation futurs et capitalisation
Pour les victimes de traumatismes crâniens sévères ou modérés, la rééducation se poursuit souvent bien au-delà de la consolidation. La question de la capitalisation des indemnités futures est alors centrale pour garantir une indemnisation à la hauteur des besoins réels sur l’ensemble de la vie de la victime.
Qu’est-ce que la capitalisation des frais futurs ?
La capitalisation consiste à convertir en un capital unique l’ensemble des frais de rééducation qui seront engagés tout au long de la vie de la victime. Ce calcul s’appuie sur des barèmes de capitalisation (Gazette du Palais, barème de la Cour de cassation) qui prennent en compte l’espérance de vie et un taux d’intérêt technique. Plus la victime est jeune, plus le capital est élevé.
Marie, 25 ans, est victime d’un traumatisme crânien modéré suite à un accident de vélo. L’expert médical préconise un suivi de neuropsychologie à vie (1 séance par semaine, 70 € la séance, non remboursée). Le coût annuel est de 3 640 euros. Avec un barème de capitalisation viager pour une femme de 25 ans (coefficient d’environ 45), le capital nécessaire pour couvrir ces seuls frais de neuropsychologie s’élève à environ 163 800 euros. En ajoutant la kinésithérapie et l’ergothérapie, le montant total des dépenses de santé futures capitalisées dépasse 300 000 euros.
Capital ou rente : quel mode d’indemnisation choisir ?
La victime peut recevoir l’indemnisation des frais futurs sous forme de capital (versement unique) ou de rente (versements périodiques). Chaque formule présente des avantages et des inconvénients :
- Le capital : versement immédiat, liberté de gestion, mais risque de mauvaise gestion ou d’épuisement des fonds si la victime vit plus longtemps que prévu
- La rente : sécurité à long terme, indexation possible sur l’inflation, mais moins de flexibilité et risque de sous-évaluation initiale
Le choix entre capital et rente doit être fait en concertation avec un avocat spécialisé en dommage corporel qui saura évaluer la solution la plus avantageuse en fonction de la situation personnelle de la victime.
L’action en réparation du préjudice résultant d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage. Cette prescription s’applique aux frais de rééducation passés comme futurs. La victime doit agir avant l’expiration de ce délai pour faire valoir ses droits.
Conseils pratiques pour les victimes et leurs proches
La gestion des frais de rééducation après un traumatisme crânien est un parcours complexe et souvent éprouvant pour la victime et son entourage. Voici les recommandations essentielles pour maximiser la prise en charge et l’indemnisation.
Conserver tous les justificatifs sans exception
Dès le premier jour suivant l’accident, il est impératif de conserver la totalité des documents liés à la rééducation : ordonnances, factures, relevés de remboursement, comptes-rendus de séances, bilans, prescriptions d’aides techniques. Un classeur organisé par date et par type de soin facilite grandement la constitution du dossier d’indemnisation et l’estimation du montant de l’indemnisation.
Ne pas attendre la consolidation pour agir
La victime peut demander des provisions (avances sur indemnisation) à l’assureur ou au tribunal pour financer les soins de rééducation urgents. Un modèle de demande de provision est disponible sur victime-info.fr. Cette démarche permet de ne pas renoncer à des soins essentiels faute de moyens financiers.
L’offre initiale de l’assureur est presque toujours largement insuffisante, en particulier sur les frais de rééducation futurs. L’assureur a tendance à sous-évaluer la durée et l’intensité des soins nécessaires, et à ne pas prendre en compte les disciplines non remboursées. La victime ne doit jamais signer un protocole d’accord sans avoir fait évaluer l’offre par un professionnel indépendant. En apprendre davantage sur les stratégies pour se défendre face aux assureurs.
Se faire accompagner par des professionnels spécialisés
L’accompagnement de la victime d’un traumatisme crânien dans ses démarches d’indemnisation repose sur trois piliers :
- Un avocat spécialisé en dommages corporels : il négocie avec l’assureur et, si nécessaire, saisit le tribunal pour obtenir une indemnisation juste. Le choix de l’avocat est déterminant : comment bien choisir son avocat en dommage corporel
- Un médecin conseil de victimes : il assiste la victime lors de l’expertise médicale et veille à ce que tous les besoins en rééducation soient correctement évalués
- Une association d’aide aux victimes : victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), oriente gratuitement les victimes et leurs proches
Connaître les aides complémentaires
En complément de l’indemnisation par l’assureur, plusieurs aides peuvent être mobilisées :
- La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) versée par la MDPH, qui peut financer certaines séances de rééducation non remboursées
- Le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI) en cas d’agression ou lorsque l’auteur de l’accident n’est pas assuré
- Les aides exceptionnelles de la CPAM dans le cadre de l’action sanitaire et sociale
Il ne faut pas sous-estimer les besoins en rééducation après un traumatisme crânien léger. Des troubles de la mémoire, de la concentration ou de la fatigue chronique peuvent nécessiter un suivi neuropsychologique de plusieurs mois. Ces frais sont également indemnisables même si les séquelles sont moins visibles.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Qui paie les frais de rééducation après un traumatisme crânien ?
Les frais de rééducation sont d’abord pris en charge par la Sécurité sociale et la complémentaire santé. Le reste à charge (dépassements d’honoraires, disciplines non remboursées comme la neuropsychologie ou l’ergothérapie) doit être indemnisé par l’assureur du responsable de l’accident, ou par le FGTI en cas d’agression ou d’auteur non identifié. La victime a droit à la réparation intégrale de l’ensemble de ses frais.
Combien de temps dure la rééducation après un traumatisme crânien ?
La durée de la rééducation dépend de la gravité du traumatisme crânien. Pour un TC léger, la rééducation dure quelques semaines à quelques mois. Pour un TC modéré, elle s’étend sur 1 à 3 ans. Pour un TC sévère, certains soins de rééducation peuvent être nécessaires pendant toute la vie de la victime, notamment le suivi neuropsychologique et la kinésithérapie d’entretien.
La neuropsychologie est-elle indemnisable après un traumatisme crânien ?
Oui, les séances de neuropsychologie sont indemnisables au titre des dépenses de santé actuelles (avant consolidation) et des dépenses de santé futures (après consolidation). Même si la Sécurité sociale ne rembourse pas les consultations en libéral, l’assureur du responsable doit prendre en charge l’intégralité de ces frais dans le cadre de la réparation intégrale du préjudice.
Faut-il un avocat pour l'indemnisation des frais de rééducation ?
Le recours à un avocat spécialisé en dommages corporels est très fortement recommandé, en particulier pour les traumatismes crâniens modérés et sévères. Les montants en jeu sont souvent très importants (plusieurs centaines de milliers d’euros pour les frais futurs capitalisés). Un avocat permet d’obtenir en moyenne 2 à 5 fois plus que l’offre initiale de l’assureur. Il est possible de consulter le guide pour bien choisir son avocat en dommage corporel.
Comment faire si la victime n'a pas les moyens de payer la rééducation en attendant l'indemnisation ?
La victime peut demander une provision (avance sur indemnisation) à l’assureur par lettre recommandée. Si l’assureur refuse, il est possible de saisir le juge des référés pour obtenir une provision judiciaire. Par ailleurs, la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) versée par la MDPH peut financer certains soins non remboursés. La permanence de victime-info.fr peut aider à constituer ces demandes.
Quel est le délai de prescription pour réclamer le remboursement des frais de rééducation ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). La consolidation est le moment où les séquelles sont considérées comme stabilisées. Au-delà de ce délai, la victime perd le droit de réclamer l’indemnisation de ses frais. Il est donc essentiel d’agir rapidement et de ne pas laisser le temps passer sans engager les démarches.
Conclusion
La rééducation après un traumatisme crânien est un parcours long, exigeant et coûteux. Kinésithérapie, orthophonie, neuropsychologie, ergothérapie : chaque discipline joue un rôle essentiel dans la récupération de la victime. Le droit français garantit la réparation intégrale de ces frais, à condition que la victime constitue un dossier solide, se fasse accompagner par des professionnels spécialisés et refuse les offres insuffisantes des assureurs.
Les fondamentaux du droit du dommage corporel permettent d’obtenir l’indemnisation de l’ensemble des préjudices liés à la rééducation : dépenses de santé passées et futures, assistance par tierce personne, perte de revenus, préjudice d’agrément. Pour les cas les plus graves, la capitalisation des frais futurs représente des sommes considérables qui justifient pleinement l’intervention d’un avocat spécialisé.
La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes de traumatismes crâniens et leurs proches dans leurs démarches d’indemnisation. Un conseiller peut aider à évaluer les droits, orienter vers un avocat spécialisé et un médecin conseil de victimes.
Témoignages
— Laurent, 45 ans, père d'un jeune homme victime d'un TC sévèreMon fils a eu un traumatisme cranien grave en 2021 suite à un accident de scooter. La rééducation c’est un marathon pas un sprint.. 8 mois en centre spécialisé puis des séances tous les jours pendant 1 an. L’assurance voulait nous rembourser que dalle sur la neuropsycho en disant que c’était pas reconnu.. grâce à un avocat spécialisé on a obtenu la prise en charge de tous les frais y compris les futurs. Ça change tout. Merci à victime-info.fr qui nous a orienté au début quand on savait pas par où commencer
— Amina, 33 ans, victime d'un accident de voitureBon franchement la rééducation après mon TC modéré ça a duré 2 ans. Orthophonie, kiné, neuropsy.. j’avais des factures de partout et je savais pas ce qui était remboursable ou pas. Ma mutuelle prenait en charge presque rien sur l’ergothérapie et la neuropsycho. C’est seulement quand j’ai fait une demande de provision à l’assurance que j’ai pu continuer les soins tranquillement. Premier conseil : gardez TOUTES les factures dès le jour 1 !!
— Thierry, 52 ans, TC léger après une chuteHonnêtement au début je me suis dit c’est qu’un TC léger, ça va passer.. sauf que les problèmes de concentration et la fatigue ont duré des mois. Mon médecin m’a envoyé en neuropsychologie et là surprise c’est pas remboursé par la sécu. 70 euros la séance 1 fois par semaine pendant 6 mois ça fait mal au porte monnaie. J’ai découvert sur ce site que tout ça c’était indemnisable par l’assurance du responsable. Au final j’ai récupéré tous les frais plus des indemnités pour le préjudice



